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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 17:31

C’est ce qu’a dit un auditeur qui est intervenu dans la matinale de France Inter ce matin au sujet du vote Front National.

La formulation est intéressante parce qu’elle sous-entend qu’on a déjà tout essayé en matière de gouvernance entre gauche et droite depuis plusieurs années, en particulier depuis la crise, sachant que celle-ci dure depuis trois décennies au moins. Cette formulation marque aussi une forme de désespérance.

Alors, pourquoi pas le Front National ? Des fois que…

Reste à savoir si la fermeté en matière migratoire, la préférence nationale et un protectionnisme économique seraient en mesure de répondre à la crise. S’agissant du protectionnisme, il y a de fortes chances que le retour de bâton serait immédiat et que nos propres exportations connaîtraient une chute importante. Pour le reste, et en l’absence d’une politique de soutien et de développement des pays du tiers monde, le discours restera dans le domaine de l’incantation et d’autres Lampédusa se créeront.

Reste que l’insécurité et la courbe du chômage et la collusion entre gauche et droite, autres thèmes de campagne du Front National, occultent toutes les failles du programme économique de ce parti.

Les électeurs du Front votent donc en fonction de ces thèmes, mais aussi de celui de l’incapacité des partis « classiques » installés à redresser l’économie du pays.

Gauche et droite, même combat ?

Ce qui caractérise les partis dits de gouvernement, c’est qu’ils s’inscrivent dans la durée, au prix parfois de renoncements, de zigs zags et de virages à 180°. La gauche de 1981 s’est évanouie dès 1983 et celle du Bourget aura mis encore moins de temps pour rentrer dans le rang de l’ordre économique mondial. La droite dirigiste et ambitieuse de de Gaulle s’est convertie plus que rapidement à l’économie de marché et aux sirènes des marchés financiers après le tournant de la rigueur de Raymond Barre.

Ce ne sont pas uniquement ces tournants idéologiques et ces mutations de la société qui déroutent l’électeur, ni le fait que ces partis traditionnels s’adaptent aussi facilement. Les choses évoluent. Non, ce qui choque les électeurs, c’est le discours des lendemains qui chantent distillé en permanence par les mêmes hommes (les femmes sont peu nombreuses). Ils se posent en hommes providentiels, alors qu’ils ne cherchent en réalité qu’à exercer le même métier toute leur vie et donc rechercher une stabilité dans l’emploi, chose devenue exceptionnelle aujourd’hui pour la majorité de la population.

Ambition personnelle, prestige de l’homme important qui vient serrer les mains du petit peuple, surtout en période de renouvellement électoral, cumul des mandats, mandarins locaux qui exercent des pressions sur le gouvernement qui irait trop loin dans les réformes des collectivités territoriales, pactes électoraux, clientélisme, voire comportement délictueux, la liste est longue des reproches que l’on peut faire à la classe politique, gauche et droite confondue.

C’est cela que le pays paye cash aujourd’hui, même s’il ne faut pas généraliser ces comportements.

Le court terme

Une partie de l’électorat choisit donc le court terme et on peut le comprendre : il veut des résultats rapides, avoir un emploi et la sécurité pour lui et ses enfants. Il n’en peut plus d’attendre en se demandant s’il sera demain sur la liste du prochain plan social.

La conscience politique est donc réduite à ce plus petit commun dénominateur. Les stratégies, l’ordre financier mondial qui possède plus de pouvoirs que le politique, la géopolitique, il n’en a cure, et il faut bien dire que les partis politiques ne font rien pour élever le débat. Juste un peu de retenue lorsqu’on est au pouvoir et la vraie nature lorsqu’on est dans l’opposition, c'est-à-dire le populisme, en essayant de faire oublier que ce que l’on propose est ce qu’on n’a pas mis en œuvre hier, par manque de courage.

Alors, pourquoi pas le F.N. ?

On ne parle de ce parti aujourd’hui que parce que les électeurs des partis traditionnels on déserté les urnes, d’où les taux d’abstention importants, et que quelques uns ont franchi le pas. A cet égard, prendre le cas d’une cantonale partielle pour analyser la percée du FN est une escroquerie médiatique sachant par ailleurs que les élections cantonales ne passionnent plus les foules depuis longtemps, et que peu d’électeurs sont capables de dire à quoi les départements servent, principalement en zones urbaines.

Alors voilà, il y a fort à parier que les électeurs du FN, confrontés à la réalité de la vie politique, se réveilleront un jour où l’autre avec la gueule de bois, comme les électeurs de gauche ou de droite avant eux

Le mythe du parti providentiel est une foutaise. Les politiques en sont réduits à gérer les désordres causés par le nouvel ordre mondial, celui de l’affairisme et de la finance et à éteindre les incendies causés par les plans sociaux, comme s’ils en étaient responsables.

Restent que les citoyens, quand ils le décideront et lorsqu’ils auront compris le système dans lequel ils vivent, feront savoir aux dirigeants ce qu’ils en pensent. Pour l’instant, ils en sont juste à déserter les urnes ou à se demander « pourquoi pas ? ».

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