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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 20:37

C’est ce que nous sommes, nous les habitants des communes, historiquement créées sur le territoire des paroisses.

Nous sommes une communauté précise de fidèles en quelque sorte et dont la charge administrative, et non plus pastorale, est confiée désormais au Maire en lieu et place du Curé. Le lieu de rassemblement n’est plus l’église, lieu d’administration des sacrements, mais la mairie, lieu de consécration des actes civils.

Dans les deux environnements, les fidèles ne se bousculent plus au portillon et la catéchèse comme la curiosité sur les affaires municipales ne font plus recette.

Il n’y a guère que les rendez-vous incontournables, les cérémonies religieuses pour les enterrements ou les mariages qui drainent encore un peu de monde dans les églises ou les mairies, encore que ces rituels aient tendance à diminuer fortement.

Le curé, comme le maire se trouvent confrontés à des problématiques financières, sauf que dans le cas des églises, la contribution est laissée à l’appréciation des fidèles alors que dans les communes elle est obligatoire.

Le denier du culte

A chaque automne, lorsque les feuilles d’impôts tombent dans les boîtes aux lettres, nous pestons contre l’augmentation constatée, supérieure à l’inflation. Et notre analyse s’arrête là, alors que l’examen précis du détail des impôts locaux nous éclairerait : pour la taxe d’habitation, nous pourrions ainsi constater que l’impôt acquitté va en partie à la commune, la paroisse en quelque sorte, et qu’une part non négligeable va à l’intercommunalité, que l’on pourrait qualifier de doyenné pour continuer à filer la métaphore. Pour le foncier bâti, la commune et l’intercommunalité prélèvent leur écot ainsi que le Département que l’on pourrait comparer à l’évêché.

Mais la vraie question que se posent les paroissiens/citoyens concerne l’utilisation de leurs impôts. Ils ont en effet le sentiment qu’une partie de ces sommes échappent à leur contrôle puisqu’elles sont utilisées par les intercommunalités pour des projets dépassant le simple cadre communal et dont ils ne voient pas l’utilité.

Les gazettes nous enseignent actuellement que les impôts locaux seront au cœur de la campagne des municipales, sauf que ni les maires sortants ni les candidats aux élections ne seront en mesure de rassurer les électeurs sur ce point.

L’intercommunalité : un bien ou un mal ?

Un bien certainement dans les zones urbaines et en expansion ou la nécessité de mutualiser des équipements et d’offrir des services d’intérêt collectif (transports, notamment), là où auparavant on était sous le régime du chacun pour soi.

Un bien également dans les zones rurales ou la problématique des services de proximité se pose avec acuité.

Sauf que dans les deux cas, les intercos se créent sur la base de l’adhésion c'est-à-dire d’une entente entre élus, souvent du même bord politique et en dépit des réels besoins des populations et des territoires et que dans certaines zones rurales ces regroupements n’ont d’intercommunalité que le nom étant entendu qu’elles ne peuvent monter aucun projet en raison de l’absence de ressources fiscales. Les départements suppléent – jusqu’à quand ? – à cette absence en subventionnant les nécessiteux.

L’absence de lisibilité

Pour le citoyen, le débat est souvent basique. Il se réduit à la lecture du total en bas de l’avertissement des services fiscaux, sans toujours savoir ce que lui apporte l’intercommunalité, ou les nombreux syndicats auxquels sa commune adhère en plus (pour la musique, le centre intercommunal d’action sociale, le service d’incendie, l’office cantonal des sports, le contrat de territoire, ou bien encore la distribution de l’eau ou de l’électricité,…).

A défaut de pédagogie, le citoyen se réfugie derrière les frontières imaginaires de sa paroisse/commune et ça le rassure. Cela induit des comportements de repli, de refus de modification de son environnement (pas de construction à côté de chez moi, pas d’HLM dans ma commune) et de revendications sur la propreté de la voirie…

Quels projets pour les Maires ?

Il est plus que temps que les élus communaux rendent lisibles les interactions entre les communes et les intercos et acceptent de dire clairement qu’ils ne sont plus omnipotents et omniscients et que les intercommunalités devront à terme se substituer aux communes sur bien des compétences.

Ils n’y sont pas préparés et beaucoup d’entre eux se refugient derrière un discours langue de bois pour essayer de faire croire qu’ils sont incontournables sur tous les dossiers, ce qui n’est plus le cas.

La baisse de leurs ressources financières sous le double effet de la baisse des dotations de l’Etat et des récriminations des contribuables les obligera à faire des choix. Certains en ont pris conscience : « le social plutôt que le goudron » déclare l’un d’entre eux, autrement dit, des maires et des conseillers plus proches des citoyens et moins enclins à se valoriser avec des ronds points ou des déviations. D’autres se refusent obstinément à devenir des « supers gardes champêtres ».

Et si c’était cela le profil de nos futurs élus : plus présents auprès des citoyens, comme l’étaient les curés autrefois. Une petite cure de modestie et d’ascèse pour des élus républicains et laïcs…

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