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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 08:47

Comme d’habitude, les agriculteurs, en l’occurrence les légumiers du Finistère, ont choisi la méthode forte pour appuyer leurs revendications : un hôtel des impôts dévasté et un bâtiment de la Mutualité Sociale Agricole à reconstruire. Tout cela a bien sûr un coût qui sera payé collectivement, comme si le pays en avait encore les moyens.

Motif affiché de la colère, le « ras le bol fiscal », revendication qui rejoint celle des Bonnets Rouges qui semble t-il ont participé au raid sur Morlaix et à la destruction des bâtiments administratifs. Bel exemple d’opportunisme politique de la part de Thierry Merret, porte parole des Bonnets Rouges (et par ailleurs Président de la FDSEA du Finistère) qui se dédouane en disant qu’il est dépassé par sa base, manière de dire qu’il n’y est pour rien tout en soutenant en filigrane des troupes dont il n’aurait plus le contrôle, et surtout éviter des ennuis judiciaires.

Sur cette base du ras le bol fiscal, le citoyen lambda, moyennement informé, pourrait donc estimer « légitimes » les destructions de bâtiments publics, beaucoup moins cependant ceux de la MSA, qui gère le régime social des agriculteurs et qui par conséquent sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

En fait, le « message » envoyé par les producteurs est subliminal. Il cache un motif principal à ce coup de force : la chute des cours en raison de la surproduction et de l’embargo russe, mis à toutes les sauces, ces temps ci, comme si une partie essentielle de la production française de fruits et légumes était vendu aux russes.

Mais cet embargo, s’il pénalise en partie les producteurs, ne donne pas toutes les clés de ce conflit. La vraie raison n’est pas nouvelle : elle concerne le prix payés aux producteurs par la grande distribution.

Là est le vrai motif. Un producteur d’échalotes disait samedi aux médias que sa production qui lui était payée 6 centimes d’euros au kilo était revendue 4 euros dans la grande distribution.

Or, à part quelques opérations « coup de poing » feutrées et bon enfant mais bien médiatisées, dans les magasins de la grande distribution, véritable responsable de la situation, les producteurs ne mettront jamais le feu à une grande surface, ce qui serait très impopulaire, alors que les bâtiments des impôts… Voilà pourquoi, les agriculteurs ont de tout temps privilégié le fait de faire payer la collectivité publique, c'est-à-dire nous, plutôt que les vrais responsables du marasme et de leurs difficultés et en demandant bruyamment aux pouvoirs publics de régler leurs problèmes par des subventions ou des échelonnements de dettes, alors que le problème est ailleurs.

Aujourd’hui, les légumiers et les producteurs de fruits sont dans l’œil du cyclone, hier c’étaient les producteurs porcins, demain sans doute les viticulteurs : tous ont ou auront des raisons objectives de se plaindre. Ils doivent cependant éviter plusieurs écueils :

  • Occulter les vraies responsabilités qui sont celles de la grande distribution et éviter de faire payer le contribuable.
  • Eviter les manipulations, les alliances de circonstances et les confusions de casquettes (cf Thierry Merret « Bonnet rouge » et FDSEA).
  • Fuir la récupération politique pour ne pas dire la confusion, quand on connaît les liens qui unissent droite et mouvement agricole majoritaire.

Est-ce trop demander ? Que les responsabilités de chacun soient établies et que le dialogue social s’engage sur ces bases, le gouvernement, quelle que soit sa couleur, n’étant présent qu’en tant qu’arbitre et non premier responsable. Il faudrait que les représentants majoritaires du mouvement agricole fassent leur révolution interne et coupent enfin le lien le cordon ombilical qui les unit avec le monde politique et celui des affaires et découvrent enfin les vertus du véritable dialogue social et de la négociation avec la grande distribution.

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