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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 18:28

Les tenants d’une réforme constitutionnelle donnent de la voix en faveur de la 6ème république. Le Président de l’Assemblée Nationale se déclare également en faveur d’une réforme visant entre autres à diminuer le nombre de Parlementaires. Tout le monde y va de sa proposition pour tenter de faire repartir la machine.

La solution est-elle dans la réforme constitutionnelle ?

Encore faudrait-il trouver une majorité ou une formule pour voter cette réforme…

Du côté des parlementaires actuels si on reste dans le cadre actuel de révision (majorité qualifiée), on peut dire sans se tromper qu’ils ne seront pas pressés de scier la branche à laquelle ils s’accrochent avec vigueur. On voit par exemple actuellement leur peu d’empressement à avancer dans la voie d’une réforme territorial.

D’un autre côté, on connait déjà la suite négative qui serait donnée à une réforme constitutionnelle proposée aux citoyens par voie de référendum étant entendu qu’on ne répond que rarement à la question posée lors de ce type de scrutin.

Voilà l’état des lieux. Pas grand-chose à espérer de ce côté-là.

Et puis, le mal profond dont souffre notre pays provient davantage de sa classe politique, de ses errements et de la manière dont elle se protège, que de l’équilibre actuel des pouvoirs entre les chambres et l’exécutif.

Une politique à la petite semaine

Un pas en avant, deux pas en arrière, c’est sans doute ce qui caractérise le mieux la politique menée actuellement par le gouvernement. Les plus optimistes vous diront qu’il s’agit de la technique du ballon d’essai qui consiste à faire fuiter une éventuelle mesure et d’attendre les réactions afin d’amender les textes.

Le degré de défiance à l’égard du pouvoir actuel est tel que cette technique est immédiatement l’occasion de manifestations, de pétitions et autres prises de parole fermes de la part de tous les lobbies ou corporations concernés. On assiste même à des défilés de notaires ou de pharmaciens, chose impensable dans un pays où ils ne représentent pas les plus défavorisés.

Etait-ce mieux avant ? Avant, c’était plutôt la technique du bulldozer, de la prise de parole quotidienne, du « casse-toi pauvre con », de l’égo démesuré et de l’invective privée ou publique. On avait l’impression que tout irait mieux, que la loi TEPA qui consistait entre autres à rembourser des impôts aux plus riches allait favoriser l’économie comme la défiscalisation des heures supplémentaires.

Un mandat plus tard, avec 1 million de chômeurs et 600 Milliards de dette supplémentaires, on s’aperçoit que la méthode, pour volontaire qu’elle fut, n’apporte pas plus de résultats que celle menée actuellement.

Serait-ce mieux avec d’autres ? Certainement pas ! Et puis le tous pourris qui peut constituer un slogan de campagne attirant pour les déboussolés et les déçus de la politique, se révèlerait sans doute aussi décevant à terme et sans doute plus destructeur.

Du collectif à l’individualisme et au corporatisme

Il y a une quarantaine d’année, l’esprit collectif existait et se traduisait dans tous les secteurs de la vie. Le citoyen s’impliquait dans la vie associative, dans son quartier, à l’école et dans la vie syndicale. Le collectif avait un sens, là où aujourd’hui c’est le repli sur soi, la peur de l’autre, la compétition où l’on écrase le collègue : chacun pour soi, et les rares réseaux qui se constituent aujourd’hui ont du mal à faire face à faire émerger une conscience populaire, y compris politique.

A côté de cet individualisme mortifère qui exclut tout projet construit, coexiste un corporatisme d’autant plus présent que la période économique se prête à la conservation des acquis plutôt qu’à une démarche prospective.

Les manifestations de professions réglementées sont là pour confirmer ce mouvement, mais d’autres corporations qui bénéficient de la commande publique s’inquiètent de la baisse des crédits affectés à l’investissement des collectivités publiques et mettent en œuvrent des stratégies pour conserver leurs parts de marchés. Ils « conseillent » donc amicalement les élus toujours prêts à donner satisfaction à ces employeurs, au prix éventuel d’un endettement accru des collectivités et d’une fiscalité plus lourde pour les contribuables.

A bout de souffle…

Actuellement, il est difficile d’être optimiste et on ne voit pas d’où pourrait venir l’éclaircie. La politique ? Certainement pas. Elle se discrédite de jour en jour par ses positions à géométrie variable, à ses revirements, voire ses indélicatesses avec le fisc ou les magouilles immobilières. Ce sont les mêmes que nous voyons pérorer les mêmes âneries, du genre « ça ira mieux demain ». On n’y croit plus ! Les français n’en peuvent plus de leur classe politique. Le vrai pouvoir est ailleurs, il est économique et c’est l’argent qui dirige.

Le système est à bout de souffle, pas tant à cause de ses institutions que de la classe politique professionnelle dirigeante attachée à ses acquis et par conséquent inefficace.

Les électeurs se détournent des urnes de plus en plus, fatigués des promesses non tenues, par les réformes qui font pschitt.

Le refus et la défiance s’installent. Jusqu’à quand ? Quel sera le déclencheur d’une prise de conscience et surtout quelle sera la forme de la contestation qui ne manquera pas de surgir ?

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