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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 10:31

Des élus de la commune de l'Ile-Saint-Denis ont posé samedi en caleçons sur le perron de leur mairie pour protester contre l'austérité, en espérant attirer l'attention du gouvernement sur la baisse de la dotation budgétaire aux collectivités locales.

C’est bien dans l’air du temps : il faut frapper les esprits pour faire le buzz. Cela devient banal voire déplacé en l’espèce, l’association d’une tenue vestimentaire légère avec une écharpe tricolore symbole d’une fonction républicaine étant pour le moins déplacée.

Qu’est ce qui se cache derrière cet exhibitionnisme malsain ?

Tout d’abord un formidable mépris pour les citoyens qu’on manipule et qu’on instrumentalise en lui faisant croire que cette initiative est susceptible de lui rapporter. En demandant à l’Etat de maintenir ses financements actuels, on ne fait rien d’autre que l’inviter à augmenter les impôts et taxes qu’il prélève pour éviter que les impôts locaux augmentent.

Or, s’il existe plusieurs collectivités dépensières (Etat, communes, département, région, intercommunalités, syndicats divers,…) il n’y a qu’un seul contributeur, le citoyen qui au final sera le plumé et le grand perdant de l’affaire.

Ce qui se cache ensuite derrière cette manifestation « dénudée », c’est une paresse intellectuelle doublée d’une volonté de ne pas mécontenter les électeurs. En toute logique la baisse des dotations de l’Etat devrait soit s’accompagner de la hausse des impôts locaux soit d’une diminution des programmes municipaux et ni l’une ni l’autre de ces deux options n’est envisageable pour des élus qui cherchent avant tout à se faire réélire. Le centre du monde devient donc la commune (le plus petit dénominateur commun), et l’Etat qui vit au-dessus de ses moyens est donc invité à continuer de creuser le déficit budgétaire pour faire plaisir à quelques hurluberlus en caleçons.

Le fond du problème

Le fond du problème, c’est qu’il y a en France plus de 36000 communes dont la majorité n’a pas les moyens de survivre sans aide financière d’une autre collectivité (Etat, département ou intercommunalité).

Le fond du problème c’est que chaque élu s’accroche à son écharpe et ses prérogatives et répugne à s’engager plus avant dans l’intercommunalité.

Le fond du problème, ce sont les enjeux de pouvoirs locaux et les équilibres politiques nationaux. Il faut absolument garder ses « parts de marché » par rapport à la concurrence politique et se montrer sous son meilleur jour, c’est-à-dire faire de l’activisme politique.

Les électeurs/contribuables devraient s’intéresser à ces questions plutôt que de réagir sur l’écume des choses et le brouhaha médiatique déclenché.

Rêvons un peu…

Imaginons des intercommunalités avec des compétences et des ressources financières adaptées. Cela suppose que les conseils généraux disparaissent et leur transfère une partie de leurs compétences (la proximité), le reste étant transféré aux Régions….

Imaginons la réduction drastique du nombre de syndicats intercommunaux (plus de 12000 actuellement) avec transfert de leurs compétences et de leurs financements aux intercommunalités …

Imaginons des fusions de communes avec une réduction importante du nombre de conseillers municipaux et nomination de maires délégués…

Imaginons enfin que des collectivités locales s’entendent entre elles pour passer des marchés de fourniture de bureau, de mobilier ou d’énergie.

Cela existe déjà

A part le premier cas, ces situations existent déjà et sont présentées comme des politiques innovantes destinées à faire des économies. Comme quoi la mesure de diminution des dotations prise par l’Etat produit des effets et que les élus qui posent en caleçons manquent singulièrement d’imagination…. A moins que le sectarisme de certains ne les empêche de parler à leurs voisins.

La grande crainte des élus et des partis

Oui, mais, c’est bien, mais cela ne va-t-il pas conduire à la diminution du nombre de nos collectivités ? Ce qui peut se traduire par « Est-ce que cela ne va pas se traduire par la diminution du nombre d’élus ? ».

Diminuer le nombre de collectivités et d’établissements publics de coopération intercommunale doit se traduire dans les faits par des économies importantes, à condition qu’on ne laisse pas les élus manipuler la loi pour garder leurs sièges et leurs effectifs. Rien ne se fera sans que les citoyens aient intégré et participent activement à cette révolution administrative.

Car la vraie question est là et tant que le citoyen n’aura pas intégré ce paramètre essentiel pour faire des économies, il continuera à se faire manipuler par des guignols en slips.

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Redr 04/12/2014 10:45

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