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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 12:32

C’est du moins ce que les médias et partis politiques ont essayés de nous vendre ces derniers jours, avec une palme aux médias qui nous ont abreuvé d’analyses de commentaires assénés par des experts et des sondeurs qui n’hésitent jamais à expliciter leurs prédictions erronées de la veille en nous disant que la France change.

Ne boudons pas cependant notre plaisir, cette élection marque le départ définitif (on l’espère) des affaires françaises de l’inénarrable Moscovici dont la transparence, l’inefficacité et l’incompétence au Ministère de l’économie resteront longtemps dans les mémoires.

Lavage de cerveau médiatique

Ceci étant dit, le premier enseignement du scrutin de dimanche, que nos médias et experts divers et variés se sont abstenus de commenter, c’est l’abstention qui a dépassé les 60%, ou juste pour dire que s’agissant d’une partielle, gnagnagna, gnagnagna…., que la météo… ou que les réunions de famille de fin janvier,… sans compter l’épidémie de grippe, avaient notablement altérés la participation.

Difficile en effet de commenter ou de disserter sur cette abstention qui mine notre vie politique et sur l’origine de ce mal : pas vendeur, coco, pour le 20 heures ! Ce que veulent les chers téléspectateurs rivés sur leur écrans, c’est du commentaire de téléréalité bien gras des vainqueurs et des vaincus avec engueulades en direct et des relances des journalistes pour souffler sur les braises lorsque le débat est trop consensuel. Surtout pas de stimulation de la conscience politique, de débat sur les « valeurs citoyennes » qui risquerait de faire baisser le prix de la minute de pub en cas de baisse de l’audience. On est là pour vendre des minutes de cerveau disponible à coca ou aux vendeurs de bouffe formatée qui créeront les générations d’obèses de demain.

On parle beaucoup en ce moment de l’influence des réseaux sociaux sur les départs de jeunes en Syrie, mais on ferme les yeux devant cet outil d’abrutissement qu’est devenu la télé, cette machine à laver les cerveaux, à consommer du pseudo commentaire politique ingurgité entre deux tranches de pain caoutchouteux agrémentées de sauce bien grasse.

Ne rien voir, ne rien entendre

C’est le secret du bonheur des politiques et de leurs partis, ignorant superbement l’abstentionnisme qui se propage et augmente de scrutin en scrutin et surtout imperméables aux maux de la société. Ils sont dans une autre planète, une vie en marge de la vraie ou mandat électoral se confond avec travail garanti à vie et dans lequel le cumul prospère. Il n’est que de voir ce que sont devenues les bonnes résolutions sur ce thème prises par le FN avant qu’il ait des parlementaires élus pour constater que ce parti qui n’a jamais été en situation de gouverner le pays, ressemble aux autres partis.

Le FN, majoritaire chez les Français ? Chez ceux qui se déplacent pour voter, oui. Dans le Doubs, compte tenu de l’abstention massive (comme aux européennes), ce parti ne représente que 12,5% des inscrits de la circonscription et c’est encore moins pour le PS (11%) et l’UMP (10%). Pas de quoi pavoiser !

Quand se penchera-t-on sur ce phénomène de désaffection massive des urnes par les français ? Sommes-nous condamnés à être dirigés par des politiques sourds et aveugles qui se diront majoritaires alors qu’ils n’auront été élus par moins de la moitié du corps électoral ? C’est ce qui nous attend pour les prochaines élections départementales et régionales.

Divine surprise pour le PS et très mauvaise pour l’UMP/UDI

Voici comment les choses nous ont été présentées dimanche soir. D’un côté le PS qui ne croyait pas être au second tour et de l’autre des partis qui pensaient dur comme fer y être et décrocher la timbale face au FN en éliminant le PS.

Un beau scénario conforté par un sondage qui circulait à l’UMP avant le premier tour et que les « stratèges » du parti avaient choisi de ne pas diffuser « pour ne pas démobiliser l’électorat » : toujours se méfier des sondages…

Aujourd’hui, à l’UMP, c’est le marasme. Tout ce que touche Sarkozy depuis son retour aux affaires (les politiques, pas les judiciaires), se transforme en bâton merdeux : la scoumoune, la poisse, les escadrilles d’emmerdements, sans compter les mises en examen de proches sur des affaires de financement de campagne électorale ainsi que les finances du parti qui ressemblent à la dette grecque.

Cela sent la fin de règne, avec des vice-présidents qui jouent leurs cartes en se répandant dans les médias pour faire entendre leurs petites musiques personnelles sur la meilleure manière de voter au second tour : cacophonie assurée qui fait les délices des autres partis.

Et au PS, me direz-vous ? Et je vous répondrai, pas mieux que chez le voisin. On se félicite du « sursaut », imputé à la posture du Président de la République lors des évènement du début Janvier, à croire que dans ce pays, gouverné, à droite comme à gauche par des partis et des politiques qui n’ont plus aucune prise sur la vie économique et le chômage, il suffirait de meurtres odieux, ou d’une bonne guerre en Lybie ou au Mali pour retrouver la confiance et provoquer un frémissement dans les urnes. Finalement, le FN a peut-être raison, lui qui fait toute ses campagnes sur la sécurité ou l’immigration, et ne parle d’économie qu’au quarantième alinéa de son programme, au verso des professions de foi : les élections ne peuvent se gagner que sur « l’unité nationale » en cas de « danger », voire sur le rejet des autres.

Le PS et l’UMP n’ont pas encore abandonné (semble-t-il…) l’idée qu’ils pouvaient influer sur le cours de choses en matière d’économie de finance et de chômage, malheureusement, lorsqu’on voit le résultat final des textes votés, en lambeaux après le passage des rouleaux compresseurs des lobbies (comme ceux des professions règlementées pour la loi Macron), on ne peut être qu’abattus, à moins que notre discernement entre la misère des notaires et celle des sans-abris ait été notablement altéré par l’écoute des chaînes d’info en continu.

L’éducation, la citoyenneté, la sécurité, comme remèdes ?

Juste un emplâtre sur une fracture ouverte et dont les éventuels effets se feront ressentir dans 5, 10 ou 15 ans. Or il faut de l’immédiat, du court terme pour maintenir l’illusion de l’efficacité du politique. Alors, de plans en mesures d’urgence, de coup de menton et de déclaration péremptoire sur les moyens financiers qui ne viendront jamais, le bon peuple est sommé de croire que cela ira mieux demain et comme il ne croit plus à rien, il se réfugie dans l’abstention en protégeant ses petits acquis et en espérant passer entre les gouttes.

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