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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 16:04

Nous assistons de nouveau à un débat essentiel : dans quelles villes situer le siège des nouvelles régions ?

Quid de Rouen ou de Caen, de Toulouse ou de Montpellier, le choix de Strasbourg de Bordeaux ou de Dijon ne risquent-ils pas de provoquer une levée de fourches de la part de ceux qui ne seront pas d’accord ? Le suspense est intolérable

Une réforme régionale qui va coûter cher aux contribuables

Au train où vont les choses les élus des villes écartées vont bientôt organiser des référendums auprès de la population pour obtenir gain de cause ou tout du moins des compensations en matière d’implantation de services régionaux, et ils pourront alors marcher la tête haute et dire à leurs concitoyens que c’est de haute lutte qu’ils ont obtenu quelques miettes. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : ne pas perdre la face lorsqu’on est élu afin de ne pas obérer les futures réélections. Peu importe que les compensations obtenues soient financées par les contribuables eux-mêmes qui ne feront pas le lien entre cette réforme régionale catastrophique et leurs impôts locaux, l’essentiel sera préservé, à savoir le maintien de la caste des élus.

Des collectivités aux compétences non stabilisées

A quelques mois des élections régionales, on ne connaît pas encore les compétences définitives de ces collectivités, mais cela ne semble embêter personne, en particulier les médias qui titrent sur les futures capitales des Régions à défaut d’éduquer les citoyens sur les véritables enjeux de cette réforme. L’indigence des rédactions et des commentateurs fait peine à voir : tout juste se situent-ils dans la veine du célèbre patron de TF1 qui disait que son boulot consistait à prévoir des espaces de cerveau disponible pour vendre du coca-cola.

Les compétences des régions ne sont donc pas stabilisées, et pour cause, puisque la loi est toujours en discussion au Parlement.

Le pire c’est que cette loi prévoit que les compétences régionales s’enrichiront de nouvelles transférées des conseils départementaux pour lesquels 50 % des électeurs ont voté le mois dernier sans savoir pour quoi ils le faisaient : bel exercice de démocratie !

Au fait, pour les départementales, vous avez voté pour quoi ?

Si vous ne connaissez pas le rôle des conseils départementaux, et vous n’étiez pas les seuls, vous avez sans doute voté par nostalgie du canton, sans trop vous appesantir sur le fait que leurs contours avaient notablement été triturés et leur nombre divisé par deux. Ou bien, vous avez voté pour le représentant d’une écurie politique, en vous bouchant le nez parfois et en faisant mine d’ignorer qu’il n’existe pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les politiques menées. Je ne parle pas bien sûr des promesses électorales qui bien évidemment n’engagent que ceux qui les écoutent. Peut-être avez-vous voté, parce que le droit de vote est essentiel et qu’il faut l’utiliser. Oui, mais pas pour n’importe quoi : cela le dévalorise.

Bref, vous avez voté en ne voulant pas savoir que le Conseil départemental est totalement inutile, qu’il coûte cher et que la répartition de ses compétences entre les régions et les intercommunalités ne se traduirait par aucun désagrément pour le citoyen qui pourrait même y gagner quelques euros sur sa feuille d’impôts locaux.

Mais vous êtes peut-être quand même satisfait d’être allés voter, ne serait-ce que pour l’instauration de la parité dans ces assemblées inutiles, en vous pinçant le nez toutefois, car cette parité ne s’est pas appliquée aux présidences puisque seulement 10 femmes ont été élues présidentes sur 101 conseils départementaux…

En 2014, de nouvelles équipes municipales ont été élues

Il est touchant de constater que certains maires de droite élus sur la modération sinon sur la baisse des impôts locaux en lieu et place d’équipes de gauche, font aujourd’hui preuve d’amnésie. C’est ainsi qu’à Toulouse en particulier, on prévoit une augmentation de 15 % sur deux ans et je vous donne en mille l’argumentaire utilisé : l’équipe précédente a laissé les caisses vides et l’Etat diminue ses dotations. C’est donc la faute de la gauche, mais cela pourrait aussi être la faute de la droite également : tout est affaire de communication politique et à ce jeu, droite et gauche savent y faire pour le plus grand bonheur de citoyens qui sont prêts à tout gober.

Tout est dans tout et inversement…

C’est ainsi, ce qui pouvait paraître une vérité hier et devenu une erreur aujourd’hui et la réflexion se limite à ces belles envolées lyriques conçues par les communicants payés par vos impôts ponctuées par des « yaka-fauqu’on » et des « c’est de la faute des autres ».

A défaut de faire participer réellement les citoyens aux destinées du pays et de ses collectivités locales, on en arrive au degré zéro de la citoyenneté et de la politique. Tout est bon désormais pour s’insurger, pour gueuler, pour vilipender, à défaut d’avoir une réflexion organisée que ni les politiques ni les médias ne veulent : trop compliqué pour les quelques neurones politiques du citoyen !

Le politique n’est plus là pour donner du sens

Cela nous donne des débats sur l’abattage des platanes sur le bord des routes au motif qu’ils provoqueraient des accidents mortels, sans savoir si l’alcool, la drogue ou la vitesse ne seraient pas le principal motif.

C’est le cas également pour les surfeurs qui se font régulièrement attaquer par les requins à la Réunion qui continuent à surfer malgré l’interdiction et qui réclament des « mesures » : il faut tuer les requins comme on doit abattre les platanes parce qu’ils sont la cause de morts qui auraient pu être évitées.

Aucune contrainte ne doit exister au souhait des individus : la négation même d’idée de Nation et de citoyenneté. Chacun pour soi !

Il y a trop d’élus, trop de collectivités et les responsabilités apparaissent comme diluées entre les conseiller de ceci ou de cela, le préfet ou le directeur, tous malléables et perméables aux différentes pressions des lobbies ou – et cela est parfois compréhensible – à la douleur de familles.

Il est urgent de redonner du sens au collectif, celui qui sert l’intérêt général et fait abstraction des pressions de groupes intéressés.

Pensez-y si vous allez voter aux prochaines élections régionales.

Dernière minute

Bartolone, missionné par le Président de la République propose de rendre le vote obligatoire : casser le thermomètre n’a jamais fait baisser la fièvre !

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