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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 09:43

Dans mon pauvre cerveau perturbé de gaucher contrarié, les choses étaient pourtant simples : il y avait jusqu’à présent dans le paysage politique une gauche et une droite auxquelles correspondaient une idéologie et des programmes bien définis.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui et le pays « s’américanise », parce qu’il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille à cigarette entre les programmes entre ex-gauche et droite au point que la droite classique, incapable d’avoir des propositions plus libérales que celles du gouvernement actuel, se focalise sur les thèmes de l’extrême droite et prend le nom de son pendant aux Etats-Unis – Les républicains – avant sans doute créer un Tea Party à la française.

Les idéaux de gauche sont bel et bien enterrés et il y a donc désormais de la concurrence à droite au point que la nouvelle gauche sera bientôt incarnée par Bayrou.

Il y a trois, ans, le discours du Bourget…

« Présider la République, c’est préserver l’Etat face aux puissances d’argent, face aux communautarismes, c’est être viscéralement attaché à la laïcité »

« Nous relancerons le pouvoir d’achat dont la stagnation rend la vie quotidienne de plus en plus difficile… »

« Nous lutterons contre les licenciements, combattrons vraiment le chômage »

« Nous limiterons les rémunérations abusives… »

« Nous dissuaderons les licenciements boursiers… »

« Je serai le Président de la fin des privilèges… parce que je ne peux pas admettre que pendant que certains s’enrichissent, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave… »

« Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance »

« Maitriser la finance commence par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit et leurs activités spéculatives »

« Les stock-options seront supprimées, les bonus encadrés »

« Je renégocierai le pacte européen de stabilité »

Arrêtons-là cette funeste énumération qui parle d’elle-même tant l’écart entre le discours et la réalité est patent. A la décharge de leur auteur, on pourra dire que les promesses électorales non tenues sont légions et que leur « oubli » est fréquent quel que soit le candidat ou le parti, mais cela n’excuse en rien les renoncements.

Bilan de mi-mandat

Sur le pouvoir d’achat, chacun aura déjà jugé du résultat que ce soient les salariés, les retraités ou les fonctionnaires dont le pouvoir d’achat est bloqué. Le seul résultat tangible en ce domaine n’est pas du fait du gouvernement mais de la conjoncture extérieure (baisse du prix du pétrole et baisse des taux du crédit) et ce ne sont pas les quelques mesures de simplification destinées à faire réaliser des économies aux particuliers qui convaincront les français qu’ils sont plus riches.

Mais, me direz-vous de nombreux contribuables sont désormais exonérés de l’impôt sur le revenu ! Dont acte, mais lorsqu’on sait que le rendement de cet impôt est en hausse malgré la diminution du nombre de contribuables, on se dit qu’il y en a d’autres qui payent davantage. L’ennemi, c’est donc la finance, mais ce n’est pas chez elle, ni chez les exilés fiscaux que l’on va chercher à remplir les caisses de l’Etat, c’est chez le contribuable lambda des autres tranches, sachant par ailleurs que cet impôt concerne désormais moins de la moitié des français et que les nombreuses niches fiscales qu’on préserve le réduit à l’état de gruyère .

Concernant le chômage et le combat contre les licenciements, les chiffres sont là, ils sont cruels et ils se passent de commentaires. Sur ce terrain on notera le renforcement des contrôles sur les chômeurs, le plafonnement des indemnités prud’homales de licenciement et les milliards du pacte de responsabilité versés à fond perdu et qui servent juste à « préserver l’emploi » ce qui donne l’orientation claire du gouvernement, à l’opposé du programme du candidat du Bourget.

Last but not least, les primes diverses et variées offertes aux entreprises qui souhaiteraient recruter et qui ne le feront pas parce que les carnets de commandes sont au plus bas.

Il y a donc une forme d’obstination coupable à oublier les promesses concernant le pouvoir d’achat des particuliers, seules susceptibles de relancer l’économie. A côté de ça on organise un pont d’or en faveur des mandants du Medef qui se contente juste de dire que « certaines mesures vont dans le bon sens, mais sont insuffisantes ». On voit bien ce qui se profile derrière tout cela : le détricotage du code du travail, la fin du CDI dont le renouvellement désormais permis du CDD est le cheval de Troie.

S’agissant de l’Europe, on constatera que la promesse de renégociation du pacte européen de stabilité n’aura tenu que quelques semaines et que, cruel paradoxe, Cameron devrait obtenir des assouplissements des règles européennes pour maintenir le Royaume Uni dans cet espace : tout est dit sur la « puissance » de la France en Europe déjà bien affaiblie sous Sarkozy.

Ajoutons à ce tableau déplorable les attaques sur l’hôpital public, la grande mansuétude envers les professions libérales encadrées (notaires, par exemple), la régularisation des fraudeurs fiscaux en catimini dans les couloirs feutrés de Bercy, le fiasco de la réforme territoriale, qui ne simplifie rien et entraînera sans doute des dépenses supplémentaires, les 40 milliards de fraude fiscale et sociale, etc., etc… et on comprendra l’ampleur de la perte de crédit du politique.

Alors ?

Alors quoi ? Les promesses électorales ne sont-elles là que pour conquérir le pouvoir ? Oui ! Et cela vaut pour la gauche comme pour la droite dont les élus, une fois parvenus à leurs fins, ne sont là que pour accompagner la mondialisation, la finance, mais selon les règles édictées par ces marchands du temple, pas selon la volonté exprimées par les citoyens.

Voter ? Bof ! Les résultats sont là : les électeurs désertent de plus en plus les urnes fatigués par les promesses non tenues, les coups de canifs aux contrats.

Hollande, Sarkozy, pour ne parler que de ceux qui sont ou ont été aux affaires adoptent la même posture : de l’emphase, de l’enthousiasme, de la force de conviction quand ils jouent les bateleurs sur les estrades électorales et un renoncement coupable lorsqu’ils sont aux affaires. En ce sens, je ne distingue pas vraiment de différences entre ces deux personnages, sinon la soif de pouvoir pour eux-mêmes et ceux qui les entourent.

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