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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 20:10

Chaque mois de Juillet, nous avons droit au Tour de France qui cette année a commencé aux Pays Bas. S’agissant d’un produit marketing, il faut bien promouvoir la marque pour mieux la vendre à l’étranger.

Le tour, véritable exploit sportif ou affaire commerciale ?

On pourrait également ajouter entreprise de communication pour les communes, départements, Régions, etc…

Le tour c’est quoi ? D’abord un compromis habile entre manifestation sportive et ses rendez-vous incontournables (les Alpes, les Pyrénées avec leurs cols et leurs montées mythiques), le choix des villes étapes (celles qui sauront mettre les moyens financiers nécessaires avec l’aide des autres collectivités locales du coin) et la découverte de nos beaux paysages français.

Une fois tous les ingrédients bien malaxés, vous obtenez un parcours qui n’a rien à voir avec un tour de France, mais qui est plutôt une succession de tracés ponctués de transferts et de navettes entre les villes étapes : une pour l’arrivée, l’autre pour le départ du lendemain. La machine à subventions fonctionne bien et tout le monde il est content, surtout les élus locaux qui disserteront savamment sur l’impact économique du passage du tour. En gros, il y aura d’un côté le financement initial payé par l’ensemble des contribuables et de l’autre les « retombées économiques » sur le commerce local, beaucoup plus floues.

Ce tour, les cyclistes qui le font sont sans doute les derniers à donner leur avis. Ce qu’on leur demande, c’est juste de courir là où on leur dit, le plus vite possible, en montrant bien leur maillot constellé de marque de saucisses, d’assurances, de boîtes de crédits ou de jeux d’argent aux caméras de télés.

Les coureurs, des sportifs ?

Incontestablement oui ! C’est un métier dur qui implique des sacrifices quand il est fait proprement, ce qui n’est pas toujours le cas. L’affaire Lance Amstrong est là (mais il n’est pas le seul) pour démontrer que le cyclisme (mais ce n’est pas le seul sport concerné) c’est aussi le domaine de la tricherie individuelle ou collective.

Il est toujours très intéressant de voir comment les organisateurs du tour qui connaissent bien le problème rejettent la patate chaude auprès des instances nationales ou internationales du cyclisme pour faire (doucement) le ménage. En fait, il se passe dans le cyclisme ce que nous avons découvert pour le foot avec l’affaire Blatter : de compromis en compromis, on en arrive à la compromission.

Dans un an ou deux, c’est-à-dire quand les labos arriveront à détecter les produits injectés aux coureurs cette année, on nous dira benoîtement que le tour 2015, n’a pas de vainqueur, compte tenu du fait que les second et troisième ont subi le même traitement.

En attendant, vous êtes priés d’accepter que certaines étapes se courent à des vitesses moyennes de 45/50 Kms/h et que certains coureurs montent des cols réputés à plus de 40 de moyenne.

Show must go on !

Alors le tour, fête populaire ?

Oui, également. Il n’est que de voir les spectateurs qui se pressent sur le parcours ou autour des hôtels et du village étape pour entrevoir telle ou telle célébrité invitée, que ce soit le Président de la République ou Miss France, ou bien le coureur inconnu à qui on demandera un autographe pour le cas où il deviendrait célèbre.

Le tour est donc également une entreprise de spectacle et de promotion des élus locaux que l’on retrouvera en une du journal local en train de donner le départ depuis la voiture du directeur de course.

Bon, maintenant, lorsqu’on regarde certaines étapes, on constate qu’on assiste également à un festival de la beaufferie : du spectateur hurlant qui court à côté des coureurs (alors que c’est interdit) déguisé en n’importe quoi ou le cul à l’air, en passant par le « spectateur » dans son camping-car drapé du drapeau de sa région qui regarde passer le tour à l’intérieur sur sa télé avec le Ricard à portée de main et qui passera 4 heures dans les embouteillages pour repartir, avec pour finir (liste non exhaustive) par celui qui se plante au milieu de la route pour faire un selfie au moment du passage du peloton.

C’est quoi le tour en définitive ?

Au terme de ces questionnements, de ces constats, de ces remarques acides ou désabusées, force est de constater que le tour est à l’image de notre société : la course au fric (et peut-être d’une gloire éphémère pour les coureurs), le miroir du délitement de la citoyenneté, la perte de l’esprit sportif, et sans doute un vecteur de la tricherie organisée tout cela au nom de ce « beau moment de communion nationale » qui permet d’oublier les vicissitudes de la vie actuelle.

Planté sur le parcours, le citoyen lambda voit défiler la caravane publicitaire pendant deux heures avant de voir un peloton compact qui passera en trente seconde.

Le même, devant sa télé, aura droit à la chute collective quotidienne sous toute ses coutures, seule animation de mornes étapes en plaine, avec le commentaire érudit du journaliste sur les ruines du château du 12 è siècle et de la spécialité fromagère du coin, introuvable dans le commerce.

J’ai passé de formidables siestes devant mon petit écran et j’ai décidé de ne plus regarder ce barnum.

J’aime plus le tour de France

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