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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 18:08

Pas un jour sans mauvaise nouvelle, sans alerte sur le climat, sans entreprise qui ferme, ou sans risque cancérogène lié à la charcuterie, au tabac ou à la conduite automobile… Les experts ratiocinent à longueur de journaux télévisés, disent parfois le contraire des autres au nom d’intérêts parfois particuliers et non d’intérêt général…

Le spectateur a l’occasion de s’indigner dix fois par jour, sans souvent percevoir la réalité de ce qui se trame dans son dos.

Dernier exemple : 15000 emplois menacés dans les travaux publics

C’est de la faute à la baisse des commandes des collectivités ! C’est de la faute à l’Etat qui diminue leurs dotations ! On pourrait ajouter que les limitations de vitesses font que les routes s’usent moins vite.

La voiture pollue, davantage même depuis qu’on s’est aperçu que les tests étaient trafiqués, et si la voiture pollue il faut en limiter l’usage. Jusque-là tout va bien. Là où ça se corse, c’est que la voiture fait vivre beaucoup d’entreprises et de salariés : les constructeurs en premier, leurs sous-traitants, les garagistes, les fabricants de pneumatiques, mais aussi tout un environnement comme les sociétés d’autoroutes, les entreprises du BTP qui construisent et entretiennent les routes et les ouvrages d’art (celles qui s’estiment menacées actuellement), sans compter les sociétés qui fabriquent les parcmètres et celles qui vendent des ronds-points ou des équipements divers et variés destinés à ralentir la vitesse.

Dans une société intelligente, on chercherait à résoudre la question plus rapidement en mettant le paquet sur la recherche d’un véhicule propre ou bien en densifiant les transports collectifs en site propre, ou en ayant une réflexion poussée sur l’urbanisme, par exemple. Mais voilà, on ne peut pas demander à ceux qui profitent du système actuel de scier la branche sur laquelle ils sont assis, y compris l’Etat et les collectivités locales qui perçoivent des impôts et taxes.

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne vous en servez pas.

Prenons l’exemple de l’agglomération rennaise, siège d’une usine PSA, en difficulté, et dont les effectifs fondent à vue d’œil depuis 10 ans. Les collectivités territoriales se sont entendues avec PSA pour lui racheter des terrains en contrepartie d’un maintien de l’activité. Voilà pour la façade. Le côté obscur, c’est la limitation de vitesse à 70 Km/h sur la rocade à 4 voies rennaise, avec de fortes chances de choper un PV lorsqu’on circule aux heures creuses. Tout cela au nom de la lutte contre la pollution, bien sûr. Pour ma part, j’ai choisi de ne plus utiliser cette rocade en passant par les voies urbaines : la pollution se déplace, c’est tout !

Ce point illustre également l’incohérence des politiques publiques en raison de l’émiettement des collectivités territoriales. Pour faire court les Conseils généraux qui cherchaient à repeupler les territoires ruraux (mais également pour de basses raisons politiques), ont construit de belles routes départementales en incitant les primo accédant à venir construire en campagne. Résultat : les villes et les communes périphériques se protègent en limitant la vitesse et en créant toutes sortes d’obstacles (rétrécissement de voiries, ralentisseurs, chicanes) pour dissuader les néo ruraux de transiter par leurs territoires pour aller travailler. Tout ce système fait vivre des entreprises et maintient des emplois, bien sûr, mais ce que l’on constate, c’est que le citoyen qui se déplace est en même temps un contribuable qui paye des impôts et des taxes et qui par conséquent paye ces équipements qui sont une entrave permanente à ses déplacements. Un peu maso, le citoyen ?

Le temps de la décision et le temps de la réélection.

Dans une société avec des élus responsables, on pourrait espérer que choses aillent plus vite, mais ce serait sans compter sur les industriels et vendeurs de pansements de tous poils assis sur leurs rentes, qui ne veulent pas la lâcher, et qui demandent chaque jour un peu plus aux contribuables pour pouvoir « sauver des emplois ».

Ce serait sans compter également sur la duplicité des élus qui cherchent avant tout à se faire réélire et qui cherchent à colmater les brèches tant bien que mal. Dernier revirement en date, le maintien en 2016 des dotations de l’Etat aux collectivités, sachant que le problème n’est pas de faire plaisir aux Maires qui pourront financer leur rond-point et se faire réélire la prochaine fois, mais le nombre pléthorique de collectivités territoriales en France.

Les limites du modèle

Tout allait bien en période de croissance, les impôts rentraient, les collectivités pouvaient goudronner et bétonner, en s’endettant jusqu’à plus soif, avec des investissements parfois prestigieux à défaut d’être utiles, mais aujourd’hui nous n’avons plus les moyens de maintenir ce train de vie. L’Etat est en déficit chronique et on ne voit pas les choses s’améliorer. Il en est réduit à signer des Partenariats Publics Privés très coûteux en faisant investir des sociétés privées à sa place, ce qui n’est rien d’autre que de la cavalerie financière http://www.ouest-france.fr/hexagone-balard-les-devis-faramineux-du-ministere-creent-la-polemique-3818446

Les collectivités locales réclament également leur dose de chair fraîche, c’est-à-dire qu’ils demandent alternativement aux contribuables locaux ou aux contribuables nationaux (ce sont les mêmes) de mettre la main à la poche pour calmer leur boulimie d’investissement.

Enfin, soulignons le rôle du Medef, avec l’inénarrable Gattaz paradant avec son pin’s « 1 million d’emplois » qu’on attend toujours qui a obtenu de l’Etat pour les entreprises un effort sans précédent de la part du gouvernement sans que l’on constate de résultats tangibles en matière d’emploi. L’argent engrangé, le Medef joue désormais la carte de la réforme du code du travail qui serait bien entendu la solution au problème du chômage. Rien à espérer non plus de ce côté !

Nous sommes arrivés à l’os en matière d’impôts et le gouvernement cherche désespérément de nouvelles recettes, chez les personnes âgées ou les handicapés. C’est dire l’état de délitement de la pensée politique. Bientôt, un impôt sur les fauteuils roulants ou sur les poils de nez qui dépassent ? Le concours de conneries est ouvert

Autre piste (partagée avec Sarkozy), confier à des sociétés privées le contrôle de la vitesse des véhicules sur le réseau routier. Le démantèlement de l’Etat, y compris sur des missions régaliennes est en cours…

Les politiques sont aux abois et ceux qui prétendent prendre la place feront pareil, c’est-à-dire qu’ils lâcheront tout face aux pressions du pouvoir économique et financier. A quel prix pour les citoyens ? Aujourd’hui, la fiscalité, demain sans doute les restrictions sociales, et la privatisation des missions régaliennes de l’Etat.

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