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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 22:29

La campagne des régionales est lancée et le premier souci des médias est de faire des sujets et des débats sur le futur nom de ces collectivités territoriales, c’est dire leur désir de promouvoir la citoyenneté dans notre pays.

Il y avait peut être autre chose de plus urgent…

Je ne sais pas, moi, par exemple informer les français sur les compétences de ces Régions. Combien d’électeurs connaissent-ils les missions des régions et sont capables d’expliquer leur vote en fonction d’un programme clairement établi sur la base de ces compétences ?

Que va faire telle ou telle majorité pour les lycées, la formation, en matière de développement économique, d’aménagement et de développement durable ou bien encore de transports scolaires ou de transports interurbains ?

La bonne démarche pour des médias sérieux aurait d’abord été d’informer les citoyens sur ces compétences afin qu’ils puissent exiger des engagements clairs de la part des candidats sur l’ensemble de ces points au lieu d’aller voter pour la plus belle gueule, pour celui qui parle le plus fort, ou qui proposera le plus beau nom de Région, ou aveuglément pour un parti qui de toutes façons les trahira.

Un débat hystérisé

Les médias fainéants servent la soupe aux partis politiques qui nationalisent la moindre élection locale en obligeant les électeurs à se prononcer sur des thématiques hors sujet, c’est-à-dire l’immigration, la sécurité, par exemple ou qui globalisent la thématique des impôts qui mériterait à elle seule un cours particulier d’instruction civique, au lieu de débattre sur ce qui fait le quotidien de la gestion locale.

Un débat par défaut

Gauche et droite ont fait la preuve de leur incapacité à redresser le pays et à donner une vision au peuple. Ils se trouvent en face d’un troisième larron, le FN, qui ne fera rien d’autre que les deux autres.

Le FN prend une place de plus en plus importante dans le débat actuel et les médias sont là aussi en première ligne. Nous sommes quasiment sommés d’entrer dans le moule du « vote républicain » qui fait désormais office de programme à gauche comme à droite, sans oublier le durcissement du ton des leaders de ces deux partis sur la thématique sécuritaire, preuve s’il en était de la vacuité des programmes et propositions politiques locales.

Ce débat dure depuis près de 15 ans et on nous demande de voter non pas « pour » un parti et son programme, mais « contre » le troisième larron : ça suffit !

Qui seront les vrais patrons des collectivités après les élections ?

Il faut savoir que toute assemblée élue est la proie des lobbies de tous genres qui attendent tous les contrats, les marchés, les aides ou les subventions. Le système est complètement perverti. La réelle marge de manœuvre financière des collectivités locales, compte tenu de cet environnement contraint, est très faible.

Question : doit-on continuer à goudronner, à bétonner uniquement pour répondre à « l’amicale » pression des entreprises (les entreprises du BTP, prévoient 15000 suppressions d’emploi en cas de baisse des commandes publiques), sans examiner les réels besoins des citoyens en ces domaines, ou dans d’autres ? Des communes, des Départements ou des Régions se sont endettés ou ont augmenté les impôts au-delà du raisonnable uniquement pour répondre à ce chantage à l’emploi. Ce n’est rien d’autre qu’une politique de fainéants destiné à favoriser la réélection. On devrait être en droit d’exiger autre chose….

En augmentant régulièrement les impôts locaux des particuliers, les collectivités ont ainsi asséché d’autres secteurs économiques.

Quel intérêt à aller voter en décembre ?

On a du mal à voir ce que ce scrutin changera : les partis et leurs programmes (ou plutôt leur absence de programme), sont interchangeables. Ce qui changera, c’est que des élus devront quitter leurs fauteuils confortables et se recycler ailleurs (ne vous inquiétez pas pour eux), et que d’autres qui attendaient la place, seront ravis et mettront tout en œuvre pour la garder.

Question compétences et moyens financiers, le vote récent de la dernière loi sur les compétences respectives des collectivités a fait en sorte de ne pas changer grand-chose afin de ne pas diminuer le nombre « d’emplois » d’élus (pas de plan social à craindre chez les élus) et le gouvernement qui souhaitait diminuer le nombre de collectivités a dû reculer devant le Parlement qui voulait les maintenir, utilise désormais l’arme de la baisse des dotations financières.

Enfin, le choix a été fait de conserver des départements croupions qui ne sont plus que des administrations et dont certaines sont déjà au bord du gouffre financier, alors même que les Régions ou d’autres institutions (sociales, notamment) auraient été à même de gérer leurs compétences résiduelles. On aurait pu ainsi éviter de continuer à « nourrir » inutilement plus de 4000 conseillers départementaux et leurs conseillers politiques, c’est-à-dire faire des économies.

Pour finir

Le débat sur le nom des futures Régions est un formidable enfumage. La diminution de leur nombre n’a été qu’un tour de passe-passe gouvernemental qui fera des économies en diminuant le nombre de fonctionnaires et de services d’Etat dans les Régions, alors que ces dernières vont se trouver confrontées à des surcoûts que vous devrez payer (construction de nouveaux palais régionaux pour loger les élus, alignement des primes des fonctionnaires territoriaux, explosion des frais de déplacements,…).

En ce qui me concerne, je ne cautionnerai pas cette mascarade : je n’irai pas voter.

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commentaires

Pierre 08/11/2015 10:09

Et la formation des listes, le choix des projets ? Quelle démocratie? Un bel enfumage en effet.

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