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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:50

Tel est le titre d’un édito d’un grand quotidien régional daté du 20 janvier.

Les départements ne peuvent plus faire face à leurs obligations et les Régions sont vouées à la même asphyxie programmée et l’investissement est en chute de 30% dans les communes !

La faute à qui ? Celle de l’Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales et qui les prive de 28 milliards de dotations sur trois ans !

Voilà pour la présentation : le drapeau noir flotte sur les collectivités territoriales qui vont être « obligées » d’augmenter les impôts locaux, de la faute bien sûr de l’Etat : un bel exemple de défausse et une belle histoire que les citoyens contribuables sont priés d’avaler sans broncher.

540 000 élus !

540 000 élus ce sont autant d’occasions de dépenser de l’argent public. Passons rapidement sur les indemnités en tous genres dont bénéficient principalement les élus de la République, les conseillers généraux et départementaux et les maires et adjoints des communes, en précisant que la majorité des conseillers municipaux exercent leurs fonctions bénévolement (sauf indemnités dans les syndicats intercommunaux) pour s’intéresser à leur action au quotidien.

540 000 élus, c’est avant tout une formidable machine à dépenser en fonctionnement, à investir, à verser des subventions, à verser des intérêts aux banques et à créer des emplois d’assistants, de cabinet ou de chargés de missions.

Tout cela serait bien si la rigueur était au rendez-vous, mais on voit bien que ces élus regroupés dans des partis ou des associations cultivent l’entre soi et surtout sont les fidèles toutous du monde économique auquel ils n’ont rien à refuser : il n’est que de voir le cœur des pleureuses du Medef et des différentes fédérations du BTP ou leurs menaces à peine voilées de licenciement lorsque les collectivités publiques ont l’audace de baisser leurs dépenses d’investissement.

Les entreprises défendent leurs « droits acquis » plus sûrement que les syndicats de fonctionnaires, mais on n’en parle jamais.

La question de l’efficacité des dépenses n’est jamais posée

Ces investissements (ronds-points, aménagements urbains, déviations, partenariats publics privés,…) et ces politiques de subvention sont-ils toujours utiles ou bien sommes-nous dans un système perpétuel de financement uniquement pour faire vivre des activités obsolètes au détriment des investissements d’avenir ?

La réponse est dans la question, d’autant qu’un élu, pour être réélu doit se conformer à deux règles : pas de vagues et faire du visible (bâtiment, route ou bien subvention) en flattant le plus possible les électeurs de sa circonscription.

La question des coûts facturés n’est pas posée

Retranchés derrière la sacro-sainte règle des appels d’offres, les élus détournent leur regard des ententes entre entreprises qui faussent la concurrence (combien de marchés avec une seule offre ou avec des offres bidon ?) quand ils n’organisent pas eux-mêmes le système pour favoriser les entreprises amies ou locales.

Pareil pour le subventionnement des associations qui exercent des missions de service public pour le compte des collectivités locales (dans le domaine du social en majorité) et dont les interventions sont parfois plus élevées que celles de fonctionnaires territoriaux.

Aucun recul sur ces anomalies, sur les lobbies à l’œuvre, les marges exagérées ou le train de vie d’équipes dirigeantes de pseudo associations, qui plombent les comptes des collectivités locales et de l’Etat et vident les porte monnaies des contribuables.

Tout cela grâce à 540 000 élus pris dans le système de la réélection et du cumul de mandats.

Un système à deux vitesses

D’un côté des élus qui veulent continuer à être élus et qui exercent leurs mandats dans les conditions décrites ci-dessus, c’est-à-dire de façon non satisfaisante. Sans parler d’élus corrompus, on peut dire qu’ils n’exercent pas leurs mandats de façon optimale pour le citoyen contribuable, uniquement pour faire carrière et en croyant être des acteurs de la relance économique alors qu’ils ne consacrent que son immobilisme. Le corporatisme patronal fait le reste et tend la sébile en permanence en oubliant de créer des emplois promis.

De l’autre côté, le citoyen contribuable prié de croire ce que les élus et les médias leurs disent en reportant leur vindicte sur l’autre (l’Etat qui serre la vis, mais ce sont les mêmes élus …) ou bien les fonctionnaires, qui, loin d’être le problème sont souvent la solution.

Le piège est refermé

Malgré la volonté initiale du gouvernement qui a été défait en rase campagne par le lobby des élus locaux, la réforme des collectivités territoriales a été enterrée et à part quelques modifications cosmétiques (l’intercommunalité) on a gardé toutes les strates du mille-feuille territorial avec ses 540 000 élus et donc autant de raison de dépenser notre argent parfois de manière inutile et le plus souvent sans contrôle.

La bonne question que devraient se poser les électeurs est la suivante : avec moins d’élus et moins de cumul de mandats serions-nous moins bien administrés. Là également, la réponse est dans la question.

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