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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:59

Cette phrase prononcée à plusieurs reprises par ceux qui nous gouvernent justifie à chaque fois la « réforme » nécessaire, indispensable, à laquelle s’opposent bien entendu, les tenants des « droits acquis », ceux qui ne comprennent pas que la réforme est nécessaire pour leur bien.

Le chœur des « sachants »

A chaque fois qu’on nous annonce une « réforme », on voit se mobiliser les experts, les économistes, les chroniqueurs de presse qui, tels les peluches manipulées par les ventriloques, chantent les louanges des modernes contre les anciens.

« On ne peut pas faire autrement », « c’est l’avenir », « les mesures proposées vont dans le bon sens », « il faut adapter notre économie aux exigences de la mondialisation, de l’Europe (rayez la mention inutile) ».

Il faut pouvoir licencier pour recruter ensuite : on attend de voir (mais c’est tout vu), comme on a longtemps attendu les créations d’emplois suite à l’abaissement de la TVA dans la restauration

Ce sont les mêmes qui nous ont chanté les louanges du traité européen en 2005 et qui sont prêts à tout pour vendre la salade libérale, celle qui conduit à avoir aujourd’hui 62 personnes qui possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Beau progrès !

Les mobiles et les immobiles

C’est tellement facile d’opposer les « mobiles » avec les « immobiles ». Cela signifie que le mouvement est l’apanage d’une seule catégorie, sans imaginer un seul instant que chercher du boulot est un travail à temps complet qui nécessite précisément de fortes capacités à être mobile. Un bon vieux clivage binaire : noir ou blanc, 0 ou 1. Aucune nuance, c’est ainsi, le camp des réformateurs a toujours raison et le gouvernement est là pour lui passer les plats. Essayons un moment de mesurer le chemin parcouru depuis le discours du Bourget, à l’envers, bien sûr ! Une image me vient à l’esprit, celle des Shadocks qui ont fait les beaux jours de la Télé publique : « Les Shadocks pompaient, pompaient, et plus ils pompaient, plus il ne se passait rien ». Nous en sommes là et toutes les mesures prises par ce gouvernement pour l’emploi « agile », ne sont rien qu’un gouffre financier que les contribuables payent sans voir un début d’amélioration de la courbe du chômage.

Parce que bien sûr, l’immobilisme n’est jamais du côté des entrepreneurs…

Disons tout de suite que parmi les entrepreneurs les patrons de PME ou les artisans, il y a des gens qui ne sont pas dépressifs comme on nous le fait croire et qui se démènent pour trouver des marchés et créer des emplois. Il ne faudrait pas avoir le discours binaire que je dénonce plus haut.

Mais bon, il faut bien dire que cette image est largement corrompue par l’existence d’aigrefins qui passent leur temps à tendre la sébile uniquement pour améliorer les marges, la rémunération des dirigeants et les profits à deux chiffres des actionnaires, les parachutes dorés ou les retraites chapeau.

Des exemples ?

Déjà, il n’est que de voir le comportement des grandes sociétés vis-à-vis des sous-traitants pour le paiement des sommes qui leur sont dues. Des délais de paiement que même l’administration n’oserait même pas utiliser de crainte de se voir clouer au pilori par le Medef. Aux petits sous-traitants le risque, avec le tripatouillage sur les déclarations fiscales ou sociales pour d’en sortir, et aux donneurs d’ordres la bonne gestion de trésorerie et le casier judiciaire vierge. Ajoutons à cela les redressements fiscaux faramineux (14 milliard en 2015) relevant de la fraude des entreprises.

L’actualité récente sur les coûts exorbitants de traitements anti cancéreux est bien là pour nous montrer qu’il n’y a aucune morale dans le milieu du médicament. Pour justifier l’envol du coût de ces traitements, les représentants de l’industrie de cette industrie n’hésitent pas à dire que les nouveaux traitements réduisent le nombre d’hospitalisation, rendant ainsi possible des économies. Cela justifie bien évidemment le fait qu’ils s’en mettent plein les poches. Plus cynique, on a rarement vu ! Bientôt, ils nous expliquerons que proposer des traitements que certains ne peuvent plus se payer augmentera le taux de mortalité et améliorera l’équilibre des caisses de retraites. Ils en sont bien capables !

Enfin, un dernier exemple que j’aime beaucoup : les Partenariats Publics Privés signés entre l’Etat ou les collectivités territoriales et des grandes entreprises (construction du Ministère de la Défense à Balard par exemple), véritable machines à cash ou le moindre changement de prise de courant ou de sens de porte se facture très cher (5000 euros par exemple pour un œilleton à une porte….)

Les rois de l’immobilisme

Je ne voudrais pas terminer mon propos sans parler des élus et des partis politiques sortes de sculptures immobiles qui votent des lois (quand ils sont présents dans l’hémicycle…) mais ne veulent pas perdre leurs pouvoirs à l’instar du dernier des Gattaz. Ils réforment et réforment encore sur les collectivités territoriales par exemple mais ne tranchent jamais dans le vif des effectifs d’élus. Nous sommes le pays le mieux doté en ce domaine.

Des réformes pour les autres oui, mais pas pour eux, les immobiles, les inamovibles, les favorisés qui font carrière sur notre dos et mènent grand train.

Le cas de la réforme du travail est un bel exemple de duplicité de nos « élites » politiques et médiatiques : faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais !

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