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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 11:16

Les gentils automobilistes français

Ils sont gentils les automobilistes ! On leur dit qu’ils polluent (et c’est vrai !) et ils acceptent d’emblée la circulation alternée. Par contre ils s’opposent à une taxation supplémentaire de deux centimes sur le carburant

La manipulation des esprits

Demander à tous les français s’ils sont d’accord ou non pour des mesures qui ne concernent qu’une partie de la population relève d’une première manipulation parce que toutes les  personnes interrogées (sondage Odoxa pour « Le Parisien) n’habitent pas dans les métropoles concernées par la circulation alternée (Paris, Lyon, Grenoble,…).

Finalement, tant qu’on peut trouver une mesure qui s’applique aux autres, ça ne mange pas de pain et de toutes les façons, on ne voit pas en quoi une taxation supplémentaire, qui serait par ailleurs discriminatoire, résoudrait la question de la pollution.

Un bon sondage ne serait rien sans un micro trottoir dans les médias et là, la palme de du commentaire indigent revient à cette cycliste casquée déclarant qu’ « il faudrait une pénurie d’essence pour que les automobilistes comprennent » oubliant sans doute que son magasin bio ne pourrait plus être livré de concombres bio en provenance d’Espagne.

Tout et n’importe quoi, donc…

Les médias se livrent goulument à ce genre de manipulation qui accrédite la thèse que les automobilistes seraient les seuls responsables de la pollution, ce qui est faux puisque la circulation automobile représente 28% du total !

Encore faudrait-il déduire de ces 28 % la pollution des camions, celle des autobus urbains, celle des cars interurbains, sans oublier celle des cars « Macron ».

Mais alors me direz-vous d’où proviennent les 72 % de pollution dont on parle peu ? On en parle peu parce qu’il ne faut pas froisser quelques lobbies bruyants, ou influents dans les médias, qui pourraient être vexés d’être montrés du doigt alors qu’ils œuvrent pour l’intérêt général et l’économie : je veux parler des industriels et des agriculteurs qui représentent environ les deux tiers des 72 % de cette pollution.

Ajoutons pour être complet que le derniers tiers des 72 % provient du chauffage (individuel et chaufferies collectives) et là également, sont montrés du doigt les seuls « pollueurs » qui se chauffent au bois avec une cheminée ouverte.

Donc, les automobilistes sont priés de se convertir aux « déplacements doux » et les adeptes du feu de cheminée d’acheter des inserts.

L’écran de fumée des politiques publiques

Il pollue l’espace démocratique aussi sûrement que la pollution aux particules fines le fait pour l’air que nous respirons. Déclinées, les politiques mises en œuvre pour limiter la pollution sont un mélange de laisser-faire (pour les industriels et les agriculteurs) de coercition pour les automobilistes et d’abandon des mesures alternatives au « tout voiture et au tout camion ».

Pour les automobilistes dont c’est souvent le seul moyen de déplacement, la sanction est évidente, d’autant que les politiques en faveur des transports collectifs semblent figées. On se souviendra à cet effet que l’écotaxe destinée à financer des projets de transports collectifs a été abandonnée sous la pression des lobbies cités plus haut. Ne restent donc que les mesures d’interdiction de la circulation, la fermeture d’axes, les plans de circulation, les limitations de vitesse, les obstacles sur les chaussées (ilots, ralentisseurs,…), dont on cherche encore les effets sur la pollution.

On peut parler également du cadeau « Royal » fait aux concessionnaires d’autoroutes qui se traduira par 500 millions d’euros supplémentaires collectés sur le dos des automobilistes pour le plus grand bien des actionnaires de ces sociétés dont les dividendes ont plus que doublé en 2015 pour atteindre 3.3 Milliards.

Localement, cela donne quelques effets cocasses

Lors des enquêtes publiques pour la mise en œuvre des Plans Locaux d’Urbanisme dans les grandes agglomérations, la langue de bois technocratique est de rigueur et pour densifier l’habitat (et donc la population) dans les communes périphériques, sans mesures nouvelles en matière de transports collectifs. On semble se satisfaire de l’accroissement de la circulation avec la ville centre et les bouchons qui vont avec. C’est ce qu’on appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau ». Dès lors, on mise sur la lassitude des automobilistes qui finiront bien par se convertir au vélo : un coup de peinture sur la chaussée, ça ne coûte pas cher !

Second effet en matière d’habitat : la densification et la construction en hauteur dans des zones pavillonnaires et le bourrage urbain : là également on mise sur la lassitude des habitants qui finiront bien par partir (ou mourir) pour continuer à densifier au risque d’avoir à terme une population « exfiltrée de la ville centre » assignée à résidence faute de moyens de transports.

Pourquoi, cette densification me direz-vous ? Et c’est là qu’on boucle avec la protection du lobby agricole puisque la préservation des terres agricoles dicte la politique d’urbanisme et est érigée en dogme « incontournable » par les élus. Ils ne soucient à aucun moment du fait que la pollution agricole est certainement aussi importante que la pollution des véhicules particuliers.

Enfin, pour être complet, soulignons l’hypocrisie d’élus locaux qui font tout pour limiter l’usage de la voiture individuelle avec les mesures évoquées plus haut, tout en donnant des subventions financières directes ou déguisées à un constructeur automobile situé dans leur aire géographique afin qu’il alimente les chaînes de production avec un nouveau véhicule. Le court-termisme électoral est ici à l’œuvre. Le chantage à l’emploi des industriels également.

Le message est clair

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne les utilisez pas !

Laissez l’agriculture productiviste pourrir les terres agricoles !

Continuez à manger du bio, même si votre concombre fait mille Kms en camion pour arriver dans votre assiette !

Acceptez d’habiter loin de votre lieu de travail et allez-y en vélo : de toutes façons, il n’y a plus d’argent pour les transports collectifs !

Continuez à croire ce que les médias vous disent !

 

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