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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:33

Présidentielles 2017 : un coup pour rien

Quel que soit le résultat de ces élections, rien ou peu de choses sont susceptibles de changer en France, juste un asservissement supplémentaire aux lois du marché si la droite l’emporte ou quelques mesures cosmétiques si c’est la gauche. Encore faut-ils s’entendre sur le mot gauche, celle de Mélenchon ou bien celle de Valls en passant par le zeste de gauche consensuel d’un Macron qui plait tant aux bobos ?

Si la droite…

Quand on dit droite, on pense bien entendu à Fillon ou bien encore à Le Pen, encore que la frontière entre les deux soit devenue très perméable depuis la primaire des républicains. En effet, le candidat que l’on n’attendait pas a remporté le match grâce à l’électorat catho d’extrême droite du FN qui a vu en Fillon un espoir de voir leurs idées accéder au pouvoir, alors que Mme Le Pen continuera, comme d’habitude à jouer les outsiders.

C’est vrai qu’il peut rassurer, ce bon M. Fillon, avec ses airs de Conseiller Général de province, tout juste sorti du confessionnal et ses « convictions catholiques », mais rassurer seulement ceux qui partagent « ses valeurs ». Qu’importe si l’intéressé est porté aux nues par Bachar el Assad ou Poutine, deux grands démocrates, dont le premier s’évertue à tuer ses opposants avec l’aide du premier sous couvert de guerre contre Daesh, la fin justifie les moyens…

Avec Fillon, c’est le retour du confesseur rigoriste avec la mise aux bans de la société les « profiteurs » du système social ou les profiteurs de l’emploi stable. Il faut faire des sacrifices pour gagner le paradis sur terre, mais il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Pour ceux qui ne s’appellent pas Bettencourt, Arnault, Pinault ou autres milliardaires assis sur leur tas d’or, l’espérance d’une vie future meilleure dans l’au-delà est désormais la seule promesse électorale crédible.

Avec Fillon, le châtelain, c’est le retour de la France rurale, de « la terre qui ne ment pas », celle des comices agricoles, des inaugurations de ronds-points, des dépôts de gerbe, de la bise à la centenaire de la maison de retraite et du banquet des chasseurs avec photo en couleur dans la presse locale.

Tout le contraire de la France rurale qui se bouge, innove, invente pour ne pas crever et retisse des solidarités qui n’existent plus dans le paysage urbain. Tout le contraire de ce qui se passe autour de Carhaix dans le sillon du festival des Vieilles Charrues.

Avec Fillon, c’est le statut quo pendant cinq ans, l’attente que les choses bougent sans rien provoquer pour que cela se passe, le boulevard toujours grand ouvert au capitalisme qui tue l’emploi, et au bout des cinq ans, peut-être, sans doute, à l’instar du quinquennat inutile d’un Hollande, la promesse d’un avenir radieux avec le FN.

En fait, Fillon, c’est Trump sans la grossièreté, « convictions religieuses » obligent.  

Si la gauche…

Bon, disons le tout de suite pour la gauche ce sera un coup pour rien, juste un petit tour de piste destiné à savoir qui prendra les rênes du parti pendant la traversée du désert.

Si avec la droite on n’est jamais déçus, avec la gauche, le quinquennat qui vient de s’achever nous a fait prendre conscience de l’écart qui existait entre les promesses socialistes et l’application d’un programme libéral que n’imaginait pas le Medef dans ses rêves les plus fous : open bar pour les entreprises avec 40 Milliards distribués pour 150 000 emplois seulement, rabibochage avec « mon ennemi c’est la finance » et abandon de la renégociation du traité financier européen.

Ajoutons à cela la l’épisode pitoyable de la déchéance de nationalité avec sa majorité heureusement introuvable et le sentiment que l’intéressé était juste rentré à l’Elysée parce qu’il avait vu de la lumière.

Qui arrivera en tête des primaires de la « Belle Alliance » ? A vrai dire on s’en fiche un peu et les sondeurs qui ont fait preuve de leurs limites lors de la primaire de droite s’essayent mollement à pronostiquer la victoire d’un Valls qui est au socialisme ce que Cahuzac est à l’honnêteté.

Alors Montebourg, Hamon, qui se distinguent par quelques propositions dont on n’est absolument pas certains qu’elles verront un début de réalisation en l’absence de suivi citoyen, ou bien Sylvia Pinel, Bennamhias qui frisent le zéro pointé ou Jadot qui peut espérer quelques voix, quelle importance ?

Le plafond de verre pour les autres

Mélenchon qui a du mal à être crédible malgré une cote qui monte, Le Pen phagocytée par Fillon, en proie à ses oppositions internes et qui propose le repli sur soi, Macron le banquier, « ni de gauche ni de droite », c’est-à-dire de droite et les autres candidats exotiques, n’ont aucune chance de se faire une place au soleil. Ils sont juste présents comme témoins, témoins d’un système capitalistique qui verrouille tout, empêche tout avec son chantage à l’emploi, système dans lequel Bernard Arnault, une des plus grosses fortunes de France pose pour la photo avec Trump et où les médias sont quasiment tous aux mains du capital : tout est dit !

Rien ne se fera avec ce système perverti dans lequel les politiques mangent dans la main de ceux qui dirigent en fait le pays sans avoir jamais été élus.

Cela pourrait, à terme donner des idées citoyennes dépassant les clivages et refusant cette mainmise du capital et sa cohorte de courtisans qui entretiennent une carrière politique bien à l’abri des aléas économiques.

  

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