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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 17:01

A peine les urnes de la primaire de « la belle alliance » rangées, le mercato d’hiver a commencé au PS et au PRG. C’est à qui fera la courbette la plus prononcée devant le nouveau gourou de la politique : je veux parler de M. Macron.

Pourquoi cet engouement soudain ?

Ce n’est pourtant pas le projet de l’ex ministre de l’économie qui peut attirer, il n’existe pas, tout juste de grandes envolées lyriques sur des estrades avec un enfilage de lieux communs en enjoignant à ses adeptes en transes de se mettre « en marche ». Presque un message biblique, destiné à masquer le vide du propos.

L’ex Ministre qualifié de traître il y a quelques mois se trouve désormais assailli de propositions de transfuges prêts à vendre leur honneur pour un plat de lentilles, à savoir une investiture pour les prochaines législatives.

C’est vrai que l’extrême pragmatisme dont se réclament certains « socialistes » ressemble plus aux rats quittant le navire qu’à une décision construite. Oubliées les utopies, place au pragmatisme, celui qui fait regarder la société avec les lunettes fournies par le Medef.

Le « droit de retrait » socialiste

Un groupe de capitulards s’est même formé au Parlement qui veut se prévaloir du « droit de retrait » dont on ne savait pas qu’il puisse s’appliquer aux élus de la République

Ce sont en effet les salariés qui disposent d'un droit d'alerte et de retrait dans toute situation de travail où il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

L’utilisation de ce droit par des élus de la République est une honte, de la part d’individus qui ne connaissent pas ou peu le monde du travail, qui l’ignorent et le méprisent, mais il est vrai qu’ils sont nés le lendemain de la honte comme on dit chez moi.

Il est où le danger grave et imminent ?

Quand il utilise son droit de retrait, le salarié doit alerter sans délai son employeur du danger, c’est-à-dire qu’en toute logique, les électeurs qui sont les employeurs des élus, devraient être mis au courant de cette situation de pré catastrophe qui menace le pays.

A priori, c’est donc la victoire de Benoit Hamon qui provoque ce phénomène de fuite vers des horizons plus cléments, c’est-à-dire dans le pays des bisounours proposé par Macron où il ne se passe rien et où on est assuré que l’ennemi ce ne sera toujours pas la finance.

Ce mouvement de renoncement permanent auquel nous étions déjà habitués depuis le début du quinquennat de Hollande serait donc l’alpha et l’oméga de toute politique française dont l’axe tendrait à se déplacer régulièrement vers la droite, tant et si bien que celle-ci drague désormais sur les terres du FN pour se démarquer.

Elle est où l’idée de parti politique ?

A droite où les traîtres et les coups de poignard dans le dos sont légions, on fait contre mauvaise fortune bon cœur et on se rallie comme un seul homme au vainqueur dès le soir de la primaire, ce qui donne parfois des photos et des propos cocasses, mais c’est la règle.

A gauche, on excipe d’un « droit de retrait » à défaut de se prévaloir d’une clause de confiance ce qui aurait eu davantage de panache et on s’apprête à rejoindre le traître d’hier devenu le nouveau messie, pas par conviction, non, mais pour pouvoir poursuivre sans difficultés une carrière politique bien entamée ou très prometteuse riche d’indemnités et de frais de représentation et d’enveloppes financières pour les collaborateurs d’élus.

Les convictions s’émoussent et les compromis avec le monde de la finance et celui du CAC 40 deviennent petit à petit des compromissions.

Les électeurs pris pour des imbéciles

Nous pensions benoitement que la règle qui prévalait dans les partis politiques était celle de la majorité. On ne peut pas dire que le résultat de la primaire, à presque 60/40 était serré et la légitimité de Hamon avec une progression du nombre de votants au second tour n’est pas discutable.

En acceptant ces primaires les signataires de la « belle alliance » s’étaient engagés à respecter les résultats (surtout sans doute si c’était Valls le gagnant). Ne pas reconnaître la légitimité de Hamon, c’est comme cracher à la figure des électeurs. Où sont-ils les chantres du suffrage universel, de la consultation citoyenne, du participatif et j’en passe et des meilleures ? Oubliés les grands principes. Les électeurs se sont trompés et ils ne sont pas dignes d’être représentés par nous les élus « responsables ».

Courrez-vite chez Macron !

Précipitez-vous donc bonnes gens élus ! Habillez-vous d’une chemise de nuit et de sandales. Portez une corde au cou et les clés du socialisme ancien dont les serrures sont définitivement grippées et allez-vous prosterner et faire pénitence devant votre nouveau maître Big Macron qui consentira peut être à épargner certains d’entre vous de la retraite définitive de la vie politique avec le sentiment de n’être plus rien, mais il est vrai que vous possédez déjà une réelle expérience en ce domaine avec vos traitrises et renoncements récurrents.

Et surtout, ne venez pas vous plaindre lorsque vos anciens électeurs vous cracheront à la figure dans la rue.  

 

 

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