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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 20:27

On peut se poser la question, car le vote par défaut, ou vote contre, prend de plus en plus la place du vote « pour », pour un véritable projet qui sera mis en oeuvre. C’est ainsi, car la crédibilité des hommes et femmes politiques s’effondre de jour en jour, incapables qu’ils sont de mettre en œuvre leurs promesses de campagnes ou qui le seront pour ceux qui ambitionnent de conquérir le pouvoir.

A quoi servent les programmes des candidats ?

A faire rêver, c’est leur fonction première, mais passer du rêve à la réalité, c’est-à-dire mettre en œuvre le programme, est beaucoup plus difficile.

Les français aiment rêver, mais ils sont de moins en moins dupes. Il faut dire qu’ils ont été largement échaudés lors des deux précédents quinquennats et on se souvient notamment de la tirade du Bourget « mon ennemi c’est la finance » et « je renégocierai les traités européens », deux totems intouchables, car s’attaquer de front au monde de la finance ou bien à Mme Merkel relève de la plus haute fantaisie.

Bon, il faut bien faire rêver, après on verra ce qu’on peut faire, et on a vu.

Ce ne sont plus les parlements ou les exécutifs qui dirigent les pays mais bien les nébuleuses économiques et financières qui disposent du vrai pouvoir, celui de faire de « l’optimisation fiscale » de retirer un fonds de pension en claquant des doigts ou bien de délocaliser une activité vers des cieux socialement plus cléments.

Les politiques ont beau s’agiter à chaque scrutin, à promettre monts et merveilles, rien n’y fera et le futur locataire de l’Elysée sera, comme ses prédécesseurs, condamné à colmater les fuites en rognant çà et là sur le modèle social français pour faire plaisir aux dirigeants occultes.

Il n’y a pas un, mais plusieurs programmes par candidat

C’est une évidence dans les partis dont la désignation se fait par une primaire. Pour être élu à la primaire, il ne faut pas vendre de l’eau tiède et se démarquer nettement des autres candidats. Juppé et Valls en ont fait les frais. Les électeurs des primaires ont voulu majoritairement rêver et voter pour un candidat aux fortes convictions en passant outre les éléments forts du programme. Ils voulaient un chef, ils l’ont eu.

Le second programme, c’est celui que les candidats désignés à la primaire sont en train de décliner et oh, surprise, les éléments forts se retrouvent comme par magie, édulcorés. C’est bien sûr le cas du programme « santé » de Fillon et du revenu universel de Hamon qui ont laissé la place à d’autres thèmes propres à « rassembler » et donc à déjà accepter les renoncements.

C’est la rançon du système des primaires dans lequel une fois élu, on doit rassembler et surtout ne pas marginaliser les perdants et s’assurer de leur soutien pendant la campagne. Il faut ratisser large pour pouvoir éventuellement aller au second tour de la présidentielle.

Le troisième programme, enfin, c’est celui que le Président élu mettra en place et là, on est certain de ne pas retrouver grand-chose des promesses de campagne. Les parlementaires qui soutiendront le Président élu seront passés par là ainsi que tous les lobbies qui s’agitent dans les couloirs des assemblées. Les lobbies ne sont pas élus, mais ils représentent les intérêts de leurs mandants, c’est-à-dire les intérêts économiques et financiers qui font la pluie et le beau temps et se moquent du vote des électeurs pourvu que leurs intérêts soient garantis.

C’est donc le troisième tour, qui n’a rien de démocratique et qui s’assoit sur le vote des français.

Que faut-il donc faire pour espérer exercer un semblant de pouvoir ?

Pour les candidats sortis de primaires, le processus est déjà bien décrit : promettre beaucoup et réaliser peu.

Pour les autres candidats soit autoproclamés, soit à la carrure de chef incontesté dans leur parti, on passe directement au second programme, avec moins de chemin à parcourir des promesses aux renoncements, une fois élu.

Pour gagner cette élection, Macron, a choisi de ne pas trop parler dans le détail de son programme, ce qui évite de trop parler du chiffrage et de faire une campagne de télévangéliste propre à attirer les électeurs en souffrance et en promettant des jours meilleurs. Il a également choisi le ralliement de Bayrou et de de Rugy : l’alliance du vide, du virtuel et du rien, en quelque sorte. Pas de quoi faire une politique. Pas sûr sûr que dans le secret de l’isoloir les groupies actuelles de Macron concrétisent leur enthousiasme en vote.

Mélenchon qui fait son dernier tour de piste a choisi la formule « du passé faisons table rase ». Pas sûr que s’il était élu, il puisse éviter un avenir à la Tsypras fait de renoncements et de tutelle financière.

Pour Le Pen, le fonds de commerce c’est « on est chez nous » qui se décline en fermeture des frontières, de rejet de l’autre, et de sortie de l’UE, une politique mise en œuvre partiellement dans les mairies détenues par le FN et qui ne donne pas de résultats faramineux. Le clash est assuré avec les entreprises françaises qui seront pénalisées à l’exportation.

Pourquoi voter ?

Y a-t-il un seul candidat qui pourrait tenir ce qu’il promet ? La réponse est non et élire un candidat qui ne promet rien serait pire.

Il y a également la tentation de voter pour des candidats aux mains pas toujours très propres. C’est le cas de Fillon avec sa « collaboratrice parlementaire » fantôme et sans doute celui de Le Pen avec son garde du corps et sa chef de cabinet payés par L’Union Européenne. Les groupies de ces deux camps qui mettent la conquête du pouvoir avant la morale ne devront pas s’offusquer d’avoir été trahis, ils l’auront bien cherché.

Alors, pourquoi voter ?      

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