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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:53

 

C’est vrai qu’il n’a jamais été élu et ça commence à se voir qu’il n’y connait pas grand-chose en collectivités territoriales. Il est juste capable de nous parler comme un technocrate, ce qu’il est, sans connaître la réalité du terrain, ou bien alors juste pour enfumer l’électeur.

Les petites phrases de Macron

Il y a peu, il s’est lancé sur deux terrains glissants : la colonisation et le mariage pour tous. Aucune sincérité dans tout cela, juste l’envie de ratisser des voix un peu partout. Résultat : un tollé général dans les rangs des pieds noirs et une remise au point bienvenue de la part de Christiane Taubira. N’est pas politique qui veut et Macron a encore beaucoup de chose à apprendre. La stratégie choisie par le jeune homme politique entouré par une équipe de politiciens et de conseillers hors d’âge a consisté jusqu’à présent à ne pas dire grand-chose sur son futur programme et à draguer catégories après catégories d’électeurs avec plus ou moins de bonheur, mais il est vrai que le paysage politique français ressemble tellement à un désert que seule la pseudo-nouveauté peut aujourd’hui faire office de programme : la télé réalité s’invite dans les débats…

Les collectivités locales sur la sellette

Une fois de plus, Macron se laisse entraîner sur un terrain glissant : faire plaisir aux contribuables locaux en proposant de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des contribuables et en proposant la suppression de 70 000 emplois dans la fonction publique territoriale.

C’est bien, c’est dans l’air du temps, « on paye trop d’impôts et il y a trop de fonctionnaires ». Macron nous propose donc du sous-Fillon, avec le dogme de la diminution de la dépense publique qui devrait se traduire mécaniquement par une baisse de la pression fiscale.

Sauf que, cela ne marche pas tout à fait comme ça et l’exemple de la LGV Tours Bordeaux dont l’exploitation a été concédée au privé (Vinci), se traduira dans les faits par le versement d’une redevance d’exploitation versée par la SNCF qui augmentera le prix du billet. Le passager du train sera le cocu de l’affaire.

En effet, la suppression des services publics, sensée diminuer la charge publique est toujours payée par le consommateur final qui engraissera au passage les actionnaires des groupes privés.

Les petites manipulations de Macron

La moindre des choses lorsqu’on prétend à devenir Président de la République, c’est de bosser un peu les principes qui régissent l’organisation des collectivités territoriales en France, sauf si l’on veut sciemment laisser l’électeur dans l’ignorance.

Depuis 1982, les collectivités locales s’administrent librement et l’Etat n’exerce plus de tutelle sur elles.

Cela signifie qu’elles peuvent recruter du personnel pour les besoins des administrations et services publics locaux sans avoir à demander à l’Etat, à partir du moment où les dépenses de ce personnel sont inscrites au budget local.

La libre administration trouve toutefois ses limites en matière financière puisque que c’est le Parlement qui décide de la fiscalité et qui verse par ailleurs des dotations aux collectivités locales qui sans cela n’auraient pas les moyens de vivre : une forme subtile de tutelle, donc. « Vous êtes libres, mais, moi, Etat, je tiens les cordons de la bourse ».

Mais comme la majorité des français n’y comprennent rien dans le mille-feuille territorial, la tentation sera forte de plébisciter cette promesse électorale.

La fonction de la promesse électorale est de faire rêver, de faire oublier une bourde précédente, ou des affaires judiciaires dans lesquelles sont impliqués des candidats, pas d’être mise en œuvre….

Concrètement, ces promesses sont-elles tenables ?

C’est non pour les 70 000 postes de fonctionnaires territoriaux dont le recrutement ou le remplacement relèvent du pouvoir du Maire ou du Président de la collectivité. On voit mal un élu être réélu après avoir supprimé massivement des emplois dans sa collectivité.

Pour la taxe d’habitation, sa suppression pour 80 % des contribuables locaux serait compensée par l’Etat, ce qui augmenterait de fait sa tutelle financière sur les communes et les intercommunalités bénéficiaires de cet impôt et donnerait un sérieux coup de canif à la décentralisation et à la libre administration de collectivités locales. Au passage, il faudrait bien financer cette perte de fiscalité locale et ce qui ne relèverait plus de l’impôt serait sans doute récupéré par le biais de la CSG : encore des cocus en perspective.

Les élus locaux sont bien évidemment vent debout contre cette réforme.

Macron, un réformateur ?

Les propositions de Macron relèvent de la même veine que celles promises par Hollande : beaucoup de vent pendant la campagne, mais une ardeur réformatrice sommes toutes très limitée et surtout le dogme complètement éculé,  mais toujours très présent, que plus on donnera de l’argent au privé, mieux cela marchera. Avec 6 Millions de chômeurs, on cherche en vain la réussite du modèle.

Sur les collectivités territoriales, Macron ne touchera rien, comme ses prédécesseurs : s’il est élu, il aura trop besoin des élus locaux et des parlementaires, dont la réélection repose sur ce subtil maillage local et le cumul de mandats.

Donc, l’histoire de la taxe d’habitation et de la diminution du nombre de fonctionnaires locaux, c’est du vent, juste pour exister pendant la campagne, comme Fillon avec ses propositions sécuritaires et ses envolées outrées sur la quasi guerre civile en France.

Macron et les autres : les mêmes discours !

Tant qu’on n’aura pas réformé sérieusement les collectivités locales, en supprimant un niveau (le Conseil Départemental, par exemple), on s’exposera à ce genre de débats foireux qui polluent les campagnes électorales.

A quand de vrais débats, dans lesquels les citoyens seront conviés pour parler de leur avenir local et du niveau de service public qu’ils souhaitent ?

Ces débats sont confisqués actuellement par les politicards de tous bords, y compris Macron, qui vivent bien sur le système, racontent n’importe quoi, et surtout gouvernent comme l’ancien temps en considérant le citoyen comme quantité négligeable.    

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commentaires

Pierre 03/03/2017 08:49

Triste constat effectivement. Dans C dans l'air Elie Cohen a parlé d'un magot de recettes (1,5 inflation 1,5 croissance) sur 2000 milliards soit 600 millions de plus. 300M pour compenser TH, ce n'est rien!! alors pourquoi retraites est un problème, pourquoi toucher à la CSG? Juste qu'on risque aussi une augmentation de 1 ou 2 points d'intérêt de la dette aussi 2000 Mds soit 1 milliard par an vite atteint.

ielosubmarine 04/03/2017 09:40

Rien sur le fond, c'est à dire que Macron ne remet aucunement en cause les pouvoirs économiques et financiers. Il travaille juste à la marge, c'est à dire à l'intérieur du périmètre qui lui est assigné par le vrai pouvoir.
Cela nous donne la TH en moins, mais une augmentation de la CSG pour compenser. Juste une opération de vases communicants.... Communicant, un terme qui va très bien à Macron

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