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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:22

Présidentielles : procédons par élimination

Vous connaissez l’adage : au premier tour on choisit, au second, on élimine.

Et si on faisait l’inverse, c’est-à-dire éliminer dès le premier tour ?

Nous avons en effet suffisamment d’éléments afin de dépasser notre attirance profonde pour tel ou tel programme et juger principalement sur l’honnêteté de ceux qui les portent.

Finis le doux rêve socialiste, la fermeture des frontières ou bien encore la suppression massive de fonctionnaires, ne pensez plus programme mais morale : pourquoi des candidats corrompus, traînant des casseroles ou attendus de pied ferme par les juges seraient-ils dignes de vous représenter ?

Pourquoi penser ne serait-ce qu’un seul instant que ce ramassis de profiteurs pourrait tout à coup oublier ses propres intérêts pour enfin s’occuper de ceux du pays ?

Le mis en examen

Celui qui avait dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen, et qui ne le fait pas, mérite t’il vos suffrages ? Assurément non !

Chaque jour amène son lot de révélation : de costumes de luxe payés par des « amis » en rémunération de femme et enfants sur des crédits publics pour des emplois pas encore avérés, en passant par des soupçons de faux et usage de faux et de rémunérations pour son entremise auprès de Poutine, rien ne nous aura été épargné du feuilleton dont on ne sait pas s’il est encore terminé.

Fillon s’inscrit ainsi dans la tradition du parti de droite (je ne dis pas Gaulliste – imagine-t-on le Général de gaulle mis en examen ?) connu pour avoir abrité de nombreux délinquants et protéger encore de nos jours les turpitudes des Dassault et autres Balkany.

Imagine-t-on Fillon Président de la République et de ce fait bénéficier d’une immunité pour au moins cinq ans ? La réponse est non !

Tout cela met en lumière les pratiques d’une caste politique pour laquelle la seule réponse valable aux questions légitimement posées sur son comportement est : « et alors ? »

La presque mise en examen

Le suspense est intolérable : Mme Le Pen est-elle une justiciable comme les autres ? Contrairement à Fillon, elle a choisi de jeter un voile pudique sur les affaires qui la concernent en étant dans le déni et en refusant d’obtempérer aux convocations de la puissance publique.

C’est bien évidemment le complot qui justifie tout. On lui en veut, on veut priver le peuple de sa victoire (un peu comme Fillon qui clame que le peuple est le seul juge). Un peu léger quand même quand on se veut la représentante et la garante des institutions du pays comme la police et la justice.

Mme Le Pen qui se bat bec et ongles contre les travailleurs étrangers a mis elle-même en place un système de travailleurs détachés (des collaborateurs payés par Bruxelles et travaillant au siège du FN). Un peu contradictoire, non ?

On lui reproche également de salarier un bon pote aux idées sulfureuses et extrêmes, qui est soupçonné entre autres d’avoir monté un dispositif de vente de kits de campagnes (très chers) aux candidats FN aux élections locales, remboursés par l’Etat et d’avoir sous-estimé son patrimoine immobilier.

Des broutilles tout cela pour ses partisans, qui seraient bien avisés tout de même de savoir pour qui ils vont voter et de se renseigner également sur les causes de la débandade des élus frontistes en Paca.

Les honnêtes, mais pas trop…

Je veux parler des socialistes, enfin ce qu’il en reste, qui cumulent les affaires depuis quelques années : Cahuzac, Thévenoud et, cerise sur le gâteau, Bruno Le Roux, le Thénardier moderne qui faisait bosser (?) ses filles aux frais du contribuable. Voilà pour la question de l’honnêteté de certains individus, ce qui ne devrait pas remettre en cause le parti lui-même si malheureusement il ne s’était pas assis sur ses promesses de campagne (comme beaucoup de partis, toutefois).

Oubliées les promesses du discours du Bourget, les belles envolées sur l’ennemi (la finance) et l’impérieuse nécessité de renégocier les traités européens.

Au lieu du programme annoncé, nous avons eu du Macron avant l’heure, avec en prime un débat indigne sur la déchéance de nationalité que n’aurait pas renié Mme Le Pen.

Le PS applique aujourd’hui la théorie des « faits alternatifs » chère à Trump qui consiste à nier les faits et à en proposer d’autres érigés en réalité nouvelle indiscutable.

C’est ainsi que les frondeurs (dont Hamon) sont présentés comme des parasites qui ont bloqué l’action gouvernementale pendant le quinquennat alors même qu’ils voulaient appliquer la ligne de 2012, les promesses sur lesquelles ils avaient été élus.

Comment faire confiance à ces hommes et ces femmes qui, sentant l’odeur de la gamelle, se rallient sans vergogne à Macron en se fichant allègrement de leurs électeurs ?

La bande des trois

Fillon, Le Pen, Macron, oui Macron l’hologramme de Hollande qui va continuer à appliquer la politique du mandat qui s’achève en plus libéral encore, et qui est en train de réussir son OPA sur le PS, ces trois-là sont à éviter, à éliminer dès le premier tour.

Que reste-t-il ?

Ne nous faisons pas d’illusions, les noyaux durs des tribus des « et alors » et des « On est chez nous » résisteront en s’assoyant sur la morale ainsi que les transfuges du PS qui se jettent dans les bras de Macron oubliant les « promesses de leur baptême » juste pour faire un autre mandat en attendant la prochaine trahison.

Il y a bien sûr les candidatures dites « de témoignages », celles dont on est certain qu’elles auront du mal à passer le premier tour et les 5 %, l’extrême gauche, par exemple, qui ne veut surtout pas du pouvoir mais veut promouvoir la lutte sociale ou bien encore les candidats du « c’était mieux avant » On peut donc se faire plaisir à peu de frais.

Bon, il y a aussi deux candidats de la « bande des cinq » dont je n’ai pas encore parlé : Hamon et Mélenchon.

Le premier est quasiment grillé par le discours de ses anciens camarades qui font tout pour lui savonner la planche, Valls le premier. Cela commence à se sentir dans les sondages qu’il n’a aucune chance et qu’il est même en train de se faire déborder sur sa gauche par Mélenchon qui cultive son indépendance et qui, lui, ne trimbale a priori aucune casserole.

Voilà, le choix est là pour les électeurs qui font de la morale en politique un principe incontournable : éliminer les corrompus et ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses, se faire plaisir à peu de frais en votant pour un petit candidat, s’interroger sur un choix entre Hamon et Mélenchon ou bien s’abstenir.

Il est à craindre que le parti des abstentionnistes soit le gagnant du premier tour et que la malhonnêteté de certains candidats ou partis ne fassent pas le poids face à des convictions bien ancrées.

 

 

 

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