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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 23:13

Cela fait quinze ans que nous avons inauguré ce front républicain et voté massivement pour Chirac face à Le Pen, avec le succès que l’on sait : le mandat de Chirac, pourtant plébiscité, fut calamiteux.

A chaque élection c’est désormais la même ritournelle : il faut faire barrage au FN, et à chaque élection, le Front National gagne des voix.

Le front républicain, la connivence au pouvoir

Aucun enseignement n’a été tiré et il est probable que la prochaine fois, devant l’incurie des politiques qui se partagent le pouvoir de manière alternative, le Front National arrivera à ses fins, c’est-à-dire aux affaires.

Les places sont bonnes et chacun veut sa part du pouvoir : entre les 36000 communes les 2000 intercommunalités, les 101 départements, les 13 régions, le Palais Bourbon et celui du Luxembourg avec leurs fauteuils confortables pour les députés et les sénateurs, elles sont nombreuses les opportunités de faire carrière, à condition simplement de ne pas vouloir renverser la table, de ne pas être pris la main dans le sac de la fraude fiscale ou bien dans celui des emplois d’assistants parlementaires pour sa femme ou ses enfants et de simplement faire allégeance au bon moment.

Pas de bruit, donc, garder les mains propres, au prix de concessions morales ou politiques. Voyez donc avec quel empressement tout ce beau monde s’empresse actuellement de rallier le quasi vainqueur de cette présidentielle afin de garder quelques miettes de pouvoir. Ils ne sont plus de gauche ni de droite, ils sont désormais les deux à la fois, nos Fregolis multicartes de la politique.

Ils n’oublient surtout pas de justifier leur ralliement au nom du combat contre le Front National, argument tellement plus beau que celui qui consiste à dire qu’ils veulent surtout encore pouvoir profiter des privilèges divers et variés liés à la fonction élective.

Le front républicain, une posture de fainéants

Que s’est-il passé depuis 2002 ? Qu’ont fait les partis dits de gouvernement pour endiguer la montée du Front National, à part, pour certains d’entre eux leur piquer leur idées extrêmes racistes et xénophobes ? Rien, ou pas grand-chose. Mous du genou sur la laïcité pour certains afin de préserver les votes communautaires dans leurs circonscriptions, politique du chiffre pour d’autres et comble du cynisme, proposition d’une loi sur la déchéance de nationalité. Avec ça, le FN est tranquille et il prospère.

Qu’ont-ils fait pour la France périphérique, celle qui voit chaque jour un peu plus partir ses services publics au nom d’une illusoire modernité liée au numérique. Qu’ont-ils fait pour les banlieues ghettos tellement pratiques pour éviter la mixité sociale dont ne veulent surtout pas leurs électeurs : rien ou pas grand-chose, juste le strict nécessaire en cas de tensions trop forte, c’est à dire envoyer les pandores pour remettre de l’ordre et un obscur sous-préfet pour promettre le déblocage d’une enveloppe. Le Front National prospère sur cette fainéantise politique, sur cette politique qui consiste à se boucher le nez ou bien à détourner le regard.  

Le front républicain, avatar de la politique libérale

Pas d’états d’âmes chez « les républicains », le libéralisme, c’est leur thématique préférée. Ce qui les freine un peu, ce sont les acquis du Conseil National de la Résistance, avec sa protection sociale ruineuse, maintenant que la bourse et les banques fixent les taux de rentabilité à atteindre, incompatibles avec cette politique de protection sociale.

Chez les socialistes, ça commence toujours bien : « mon ennemi, c’est la finance », ou bien « je renégocierai les traités européens » et ça se termine par des attaques contre le code du travail et l’allongement de la durée de cotisation pour prendre sa retraite ou bien encore par des dizaines de milliards donnés à fonds perdu aux patrons, qui n’ont jamais créé d’emplois, juste préservé quelques-uns. Et les quelques frondeurs qui se sont avisés d’être seulement fidèles à leurs engagements de 2012, l’ont payé chèrement.

Il faut juste se rappeler que le gouvernement ne gouverne plus, il enregistre simplement les désidératas des milieux financiers et économiques. Une fois que l’on a compris cela, on ne s’illusionne plus sur les avantages supposés de tel ou tel candidat ou parti pour diriger le pays.

Macron est le chaînon manquant de cette évolution

Ni de gauche, ni de droite, un programme qui préserve l’art de vivre de la FNSEA et de son agriculture intensive, une enveloppe de 50 Milliards d’euros pour relancer l’investissement, c’est-à-dire faire plaisir aux grands groupes de BTP, chouchouter les métropoles, fer de lance de l’économie (pour les zones rurales, il faudra attendre le ruissellement…)

Autre mesure phare, la suppression de la taxe d’habitation qui fait un tabac, mais qui devra être compensée par une hausse générale de la CSG : à tous les coups on perd, avec au passage une mise sous tutelle des communes qui verront disparaître la seule ressource fiscale sur laquelle ils avaient encore la main.

Du recyclage au sein d’un périmètre d’intervention constant, c’est-à-dire qui exclut les détenteurs du capital, les rentiers, les multinationales qui, d’un claquement de doigt décident de délocaliser leur production ou leurs profits, voilà ce que propose Macron et ce que Hollande a rêvé de faire : redistribuer les cartes entre les salariés, les commerçants et les PME en évitant de mécontenter le niveau au-dessus : le Médef veille mais il n’a plus rien à craindre avec Macron.

Les limites du front républicain

Le hic, c’est que dans cinq ans, on n’aura réglé ni le problème de l’emploi, ni celui de la pauvreté ni celui du communautarisme avec comme corollaire la poursuite de la montée du racisme et de la xénophobie.

On n’aura rien réglé des problèmes qui font que le FN continue de monter. On a juste trouvé un mec jeune, super sympa qui s’occupe juste de refaire la déco de la vitrine sans toucher au fonds de commerce vieillissant. Juste un sparadrap…

Il est de bon ton de vilipender Mélenchon qui a osé s’en remettre aux militants de son parti pour dire ce qu’ils devaient faire pour le second tour. C’est peut-être le seul homme politique digne de ce nom qui subsiste dans notre pays, le seul qui n’ait pas renié ses convictions pour un plat de lentilles.    

 

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