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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:46

 

« Les gens ont tort de déformer pour créer de fausses polémiques. Je n’ai jamais été dans l’invective ». (E. Macron, à propos de sa sortie sur les fainéants, les cyniques et les extrêmes)

Dont acte, mais dites-nous, M. Macron, c’était rudement bien imité. La prochaine fois souvenez-vous de l’adage populaire selon lequel il faut tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de parler.

La communication présidentielle

Votre communication, Monsieur le Président, semble s’adresser à un public restreint, sans doute celui qui vous a porté au pouvoir, c’est-à-dire ces classes aisées qui composent votre électorat qui ont été moins sensible que les autres à l’abstention ou au vote blanc ou nul, et cette armée « En Marche » qui vous représente à l’Assemblée Nationale, sans que les effets en soient actuellement perceptibles.

Bref, votre communication désastreuse ne concernerait que le cercle restreint de ceux qui marchent au pas derrière vous et qui vous font une confiance aveugle en comprenant ou en feignant de comprendre le second, troisième ou quatrième degré de vos propos. C’est ce qu’on appelle les courtisans et les profiteurs.

Pour le reste, et cela fait tout de même beaucoup de monde, (à part bien sûr des illettrés) nous en sommes réduits à une lecture simple en se disant que les mots ont un sens que votre pensée complexe vous empêche certainement d’appréhender de prime abord.

Pourquoi cette violence du propos ?

Devons-nous mettre tout cela sur Le compte des obstacles, de la contestation de votre politique, de vos résultats mitigés en matière de travailleurs étrangers ou de vos hésitations concernant la fiscalité et les cotisations des ménages français, qui commencent à faire des vagues, notamment chez les retraités ou bien encore des libéralités un peu voyantes vis-à-vis des entreprises et des assujettis à l’ISF ?

Ou bien s’agit-il de créer le buzz pour masquer l’essentiel : le choc fiscal et social que vous proposez n’aura aucun effet sur la croissance et l’emploi mais profitera pleinement à quelques-uns supposés distraire quelques milliards pour créer des emplois qui ne viendront pas.

L’enthousiasme très mesuré de M. Gattaz après la publication du contenu des ordonnances (c’est un bon début…) vous a sans doute fait prendre conscience que le chemin que vous tracez va être semé d’embûches dans les prochains mois.

Cette violence est nouvelle. Elle marque sans doute une volonté, la vôtre, de réformer, à marche forcée, en oubliant sans doute le sens de ce mot : les français ne sont pas rétifs aux réformes, mais lorsqu’elles vont uniquement dans un sens, ils deviennent méfiants. Le mot réforme (mot-valise) est tellement dévalué qu’il conviendrait peut-être de parler de « changement », mais il est vrai que ce mot nécessiterait une communication apaisée expliquant d’où on part et où on veut arriver, et vous n’en êtes pas encore là.

Vous êtes un homme de conviction

On peut difficilement vous comparer à votre prédécesseur qui avait déclaré pendant la campagne présidentielle que son ennemi était la finance et qu’il allait renégocier les traités européens et qui s’est empressé de de coucher, de taper au portefeuille des classes moyennes et de commencer à déverser des milliards sur les entreprises avec le pacte de responsabilité et le CICE, avec le succès que l’on sait.

Nous ne sommes qu’en début de mandat, et votre fébrilité inquiète, même s’il est vrai que vous aviez annoncé peu ou prou la couleur dans votre programme électoral.

En serez-vous réduit, vous aussi, à tenir la chronique de votre fin de mandat en confiant vos états d’âmes à des journalistes qui publierons un livre juste avant la prochaine campagne présidentielle et au final annoncer que vous ne vous représentez pas ?

Notre époque use beaucoup de Présidents dont on se souviendra davantage des anecdotes sur leur vie privée, leurs frasques matrimoniales ou leurs sorties médiatiques que de leur action politique. « En même temps », il faut bien reconnaître que la parcelle de pouvoir qui vous est conférée par la gouvernance mondiale des entreprises et des banques, les techniques toujours plus évoluées d’évasion fiscale, ainsi que votre trajectoire personnelle, ne laissent que peu de place à un changement en profondeur du pays allant dans le sens des plus modestes.

Le sentiment que l’on peut avoir aujourd’hui, et votre politique renforce ce sentiment, c’est que le pays est divisé en deux : d’un côté les investisseurs potentiels qui profitent des effets d’aubaine sans investir et de l’autre les salariés ou petites entreprises à qui l’on donne de la main gauche quelques miettes que l’on reprend de la main droite.

Notre pays est très généreux, mais pour certains seulement, qui oublient généralement de remercier.

Quel Président serez-vous en définitive ?

Pas un Hollande, cela nous l’avons bien compris, encore que, vous semblez chausser ses pantoufles en continuant sa politique économique en faveur de l’offre qui n’a produit aucun effet en matière d’emploi.

Un Sarkozy, peut-être, qui s’était illustré par le bouclier fiscal pour les riches et la défiscalisation des heures supplémentaires pour les pauvres et ses saillies verbales au salon de l’agriculture (« casses-toi pauvre con »). Vous semblez avoir adopté la même trajectoire économique. Nous sommes inquiets s’agissant de la trajectoire verbale…

Un Président à la Margaret Thatcher, peut-être, celle qui avait conceptualisé le fameux TINA (There is no alternative), autrement dit : il n’y a pas d’alternative et qui alliait elle aussi la conviction et la violence des propos ?

N’avez-vous pas peur de lasser les Français en ne leur proposant que des resucées de programmes libéraux dictés par M. Gattaz ?

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