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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 20:31

« Pour les rennais, les cantonales restent un mystère » titrait Ouest France le 23 février. Pas étonnant, il est difficile pour eux, mais aussi pour les non rennais de connaître les compétences du Conseil Général et donc les enjeux de cette élection : la faute sans doute à la superposition des (trop) nombreuses structures ; communales, intercommunales, départementales et régionales.

De plus,  si le canton signifie quelque chose en zone rurale, il ne correspond à rien en zone urbaine. Ce découpage administratif artificiel se confond très souvent avec  le quartier. Dès lors, on constate que ce sont les élus municipaux délégués dans ces quartiers qui se présentent aux élections cantonales, entretenant  ainsi la confusion dans l’esprit des électeurs.

On ne s’étonnera donc pas, les véritables  enjeux n’étant pas définis, et le mélange des casquettes entretenu, que les cantonales soient le réceptacle d’un grand n’importe quoi. D’aucun donnent à ces élections la valeur d’un test national, d’autres nous parlent de sujets étrangers à cette élection (la fermeture des centres de rétention administrative).

Le soir du second tour, nous écouterons  les responsables politiques nous délivrer les fameux « éléments de langage » pour expliquer soit leur victoire, soit une défaite moins importante que prévue.

Pour ma part, je serai attentif au taux d’abstention, que l’on annonce très important, et qui est le véritable indicateur de l’état de notre démocratie locale.

Par ielosubmarine - Publié dans : collectivités locales - Communauté : Collectivités locales
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 21:11

J’ai mis du temps, mais j’ai lu le bouquin de Zoe Sheppard « Absolument dé-bor-dée, ou le paradoxe du fonctionnaire ». Le buzz produit à sa sortie avec les démêlés disciplinaires entre l’auteure et le Conseil Régional d’Aquitaine qui s’était considéré diffamé, ainsi que les réactions diverses et variées ne m’avaient pas incité à entrer dans le débat.

J’ai franchi le pas, cela m’a coûté 19 €, et j’avoue que je ne me suis pas ennuyé : le style est alerte, le récit rythmé et l’humour présent.

D’où vient alors cette gêne que l’on ressent en refermant ce livre, dont on ne sait pas s’il s’agit d’un roman, d’un récit, d’un témoignage ou d’un document ? C’est de là que provient le malaise qui aurait perduré si l’auteure n’avait pas été démasquée. Il faut en effet lire les commentaires postérieurs à cet épisode et celui de la commission de discipline pour lire des propos justifiant  rétrospectivement le contenu du bouquin et lui donner une dimension que l’on ne perçoit à aucun moment à sa lecture : « J’ai le droit de dénoncer des dysfonctionnements » « Ce genre de livre est utile parce qu’il peut permettre à l’administration de se remettre en cause ». Même le syndicat Sud vole au secours de l’intéressée en défendant son droit d’expression. Zoé Sheppard aurait donc été en croisade, à lire ces commentaires !

Ce qui dérange, c’est que ce qui est décrit dans ce livre a été pris au premier degré par beaucoup de personnes qui n’avaient pas forcement lu ce livre mais hurlaient toutes au loup contre la Fonction Publique Territoriale. Cela est confirmé par un sondage de Sud Ouest auquel 82,5 % de personnes ont répondu « qu’il était temps que la Fonction Publique prenne conscience de tout ce gaspillage » en répondant par la négative à la question « pensez-vous que Z. Sheppard mérite une suspension de 2 ans ? ».

Nous sommes bien dans l’air du temps : « tous pourris » clame le bon peuple dès que les juges sont montrés du doigt pour leur laxisme, qu’un ministre se fait rincer par un autocrate méditerranéen au pouvoir ou qu’un négociant chaptalise un peu trop son pinard.

Aucun recul, aucune vue d’ensemble, aucune intention de savoir et de débattre, mais la simple volonté de taper sur l’autre, surtout, comme c’est le cas de la Fonction Publique Territoriale, ses membres font figure de privilégiés (ce qui n’était pas le cas en période de plein emploi) : Voilà ce que je reproche au livre de Zoé Sheppard.

Cela transparaît dès la lecture des premières pages ou l’auteure nous explique comment rouler dans la farine le jury du grand oral du concours d’administrateur territorial. On a tout de suite conscience de l’importance du rédacteur, et de son intelligence supérieure, ceci étant destiné à nous convaincre de la crédibilité du reste du bouquin.

Et elle n’y va pas de main morte, la petite Zoé ! :

« Dans la Fonction Publique Territoriale, c’est le décolleté qui doit être rempli, pas le CV » (page 94)

« Ah, les arrosages dans la Fonction Publique territoriale…Nous sommes avant même d’être des glandeurs patentés, de biens joyeux lurons…Nous adorons faire la fête… , finir dignement nos journées à la limite du coma éthylique et de l’indigestion… le tout au frais du contribuable » (p. 232)

Pour moi qui ait passé pas mal de temps dans une collectivité, j’ai pris soudainement conscience d’être passé à côté de beaucoup de chose : pas dans le bon service, pas au bon moment, bref, une carrière incomplète !

C’est dommage, car à côté de ces outrances, la petite Zoé met le doigt sur un certain nombre de problèmes :

« La continuité du service public est aussi celle des problèmes qui ne se résoudront jamais, comme celui d’amener plusieurs services à travailler efficacement ensemble » (page 167)

« La nullité et la vacuité intellectuelle des consultants » (page 215) Pas faux, surtout si le recours au consultant est systématique et essentiellement destiné à « couvrir » la hiérarchie (dont les administrateurs territoriaux) vis-à-vis des élus, en cas de pépin.

Elle met aussi en relief la propension de certains élus mégalos à créer des services dont le nom ronflant (affaires internationales, mission Europe, prospection économique,…) est principalement destiné à promouvoir l’action d’un élu en mal de reconnaissance sur ses compétences obligatoires (social, lycée, formation, transports,…) qui ne le valorisent pas assez et à favoriser sa réélection et à conserver son petit cumul de mandats. Cela se traduira bien sûr par de belles photos dans le journal de la collectivité ou dans la presse locale à l’occasion de la signature du moindre avant-projet de protocole d’accord.

Mais malheureusement pour Zoé, elle ne nous décrit en réalité que le fonctionnement de ces services qui ne représentent qu’une infime partie des administrations territoriales. Elle ne nous propose que la caricature de quelques agents zélés, corrompus et incompétents. Elle ne nous parle pas, sans doute parce qu’elle n’en connait rien, des services qui se coltinent les problèmes de terrain au quotidien et avec efficacité, le plus souvent.

Malheureusement pour elle, elle n’aborde pas la délicate question du management des équipes qui est un véritable problème, sans doute à cause de son statut d’administratrice encore imprégnée d’un soupçon d’esprit de corps et pour ne pas ternir une image techno qui peine à affirmer une crédibilité dans le paysage territorial.

Zoé Sheppard, malgré ces impasses et ses lacunes, a tout de même bien assimilé le statut des fonctionnaires, qui permet le cumul entre une rémunération publique et des droits d’auteur, ce qui me laisse penser qu’elle a fait fausse route en intégrant la fonction publique : une école de commerce aurait mieux collé à son profil.

En attendant, nous sommes suspendus à ses prochaines publications : à quand « Zoé Sheppard chez les Chtis » se terminant par une reconduite forcée à la frontière régionale, ou « Zoé Sheppard à Levallois Perret » dénonçant les frais de réception de la Mairie, ou bien un désopilant « Zoé Sheppard, chargée de mission pour le logement social à Neuilly » ?

Vite, la suite !

Par ielosubmarine - Publié dans : collectivités locales - Communauté : Collectivités locales
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 08:39

Dans l’article « le bâtiment tire la sonnette d’alarme » paru dans Ouest France le 16 février, on apprend avec étonnement que le coût de construction d’une maison (hors coût du terrain) ne représente plus aujourd’hui que 40 % du prix de vente final, contre 50% auparavant.

Bien sûr l’inflation du coût du foncier explique en partie la diminution relative de la part du budget consacré à la construction, mais elle n’explique pas tout.

Une opération de construction nécessite aujourd’hui l’intervention de plus en plus importante  de professionnels qualifiés (maître d’œuvre, coordinateur sécurité, organismes de contrôle divers,…) et cela a un coût, bien sûr, mais il est permis de se poser quelques questions sur les rémunérations et les marges financières de certains promoteurs et autres bureaux d’études dont les coûts sont facturés à chaque fois alors qu’ils sont déjà largement amortis.

Le marché de l’immobilier fonctionne dans une bulle et n’est plus connecté sur le coût réel des prestations. Ce marché s’éloigne de plus en plus de sa fonction première qui est de loger des gens pour se situer désormais dans une logique financière et de profit et les entreprises de bâtiment se trouvent  marginalisées et sont souvent à la peine.

C’est cette même logique financière qui pousse à la faillite les producteurs de lait ou de viande par exemple.

Il est plus que temps pour relancer l’économie que l’on se penche sur la formation des coûts payés par le consommateur final et que la valeur travail soit remise à une place plus importante que la valeur profit.

Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 08:37

Le Parlement vote les lois applicables à tous et sur tout le territoire de la République. La loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) impose aux communes un seuil de 20 % de logements sociaux et celles qui ne se conforment pas à ce texte doivent payer une amende. Cela n’a pas à être discuté et l’Etat doit faire respecter la loi, avec discernement toutefois, comme il le fait, puisqu’il est tenu compte des efforts réalisés par les communes.

Ne nous plaignons pas : à Rennes Métropole, la loi est globalement respectée et les amendes payées par certaines communes n’ont aucune mesure avec celles réglées, rubis sur l’ongle, par certaines communes de la couronne dorée parisienne qui n’ont aucune envie d’accueillir des logements sociaux. On pense en particulier à Neuilly dont le parc de logements sociaux atteint péniblement 3,6 %.

Dans ce cas, les communes le non respect pas la loi vise avant tout à satisfaire une  « clientèle » particulière pour laquelle le vivre ensemble et la mixité sociale sont des notions étrangères.

Non seulement la loi doit être respectée, mais les élus qui ne s’y conformeraient pas doivent être sanctionnés personnellement (suspension par le Préfet) et doivent être, en cas de mauvaise volonté manifeste, démis de leurs fonctions.

Par ielosubmarine - Publié dans : collectivités locales - Communauté : Collectivités locales
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 23:02

L'impérieuse obligation de « loger tout le monde, riches compris », énoncée par M. CHAPUIS, Vice Président de Rennes Métropole, (Ouest France du 8/02) est de nature à heurter bon nombre de rennais qui ont des difficultés à se loger décemment.

 

En effet, en période de crise, lorsque les écarts de revenus entre riches et pauvres s'accroissent et où ces derniers ont de plus en plus de mal à se loger à des coûts acceptables en raison de la bulle spéculative autour de l'immobilier, il peut paraître indécent de se préoccuper du logement des riches, même si cela se fait au nom de la « mixité sociale ».

 

Les riches eux-mêmes, ceux qui peuvent payer 6000 € le m2, sont-ils sensibles à cette sollicitude de l'élu ? Sans doute pas : à ce niveau, on a les moyens de se loger où l'on veut et on n'attend pas grand'chose de la part des élus.

 

Comment expliquer alors ce faux pas de M. CHAPUIS en matière de communication? Sans doute par une volonté de faire du marketing politique, c'est-à-dire de faire parler de l'agglomération.

 

On peut préférer entendre parler de Rennes Métropole pour sa politique en faveur du logement social : c'est mon cas.

Par ielosubmarine - Publié dans : collectivités locales - Communauté : Collectivités locales
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