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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 18:05

Je ne vais pas vous parler des promesses électorales qui, comme chacun sait, n’engagent que ceux qui les écoutent, mais de cas bien concrets de communication sur la réalisation de travaux dans les collectivités territoriales.

1er exemple, dans ma commune : le syndicat de distribution de l’eau réalise actuellement des travaux de changement de canalisation. Jusque là, tout va bien. Là où les choses se gâtent, c’est dans la manière de présenter la chose aux habitants. Dans un premier temps de communication, il s’agissait de « ne pas laisser la charge de ces travaux aux générations futures ». Dans mon esprit un peu trop cartésien, j’en ai déduit que ces travaux n’étaient pas nécessaires actuellement.

Une seconde vague de communication parlant des fuites sur le réseau est venue corriger la première, mais pour moi le doute s’était installé : ces travaux étaient-ils utiles ?

2ème exemple, dans beaucoup de villes de l’agglomération où j’habite : de nombreux panneaux de communication affirmant que la ville de… va réaliser des travaux destinés à améliorer la sécurité des  habitants. En regardant de plus près, les travaux en question sont tous les mêmes : rétrécissement des voies, nouvelles bordures de trottoirs, ralentisseurs, et suppressions de places de parkings. Là également, il est permis de douter sur le motif affiché, « l’insécurité » servant de point de départ aux travaux n’ayant jamais été mise en évidence dans la plupart des endroits concernés.

En réfléchissant un peu, on s’aperçoit que ces travaux « de sécurité » sont surtout destiné à empêcher les voitures d’accéder et de stationner dans certains endroits et également éviter la circulation de transit : alors pourquoi ne pas dire les choses clairement ?

3ème exemple : Une réunion des élus de Rennes et de Nantes au sujet d’une desserte ferroviaire rapide entre ces deux villes et qui aura une station au futur aéroport de ND des Landes. Les choses sont présentées de la manière suivante : « Cette ligne ferroviaire est un outil nécessaire pour soutenir la croissance tout comme l’est Notre Dame des Landes ». Balayé l’argumentaire sur la nécessité de déménager l’aéroport pour des raisons de sécurité, de trafic croissant, de nuisances. Il s’agit donc de soutenir la croissance. Bel aveu, là encore !

Pourquoi ces discours « langue de bois » ?

Il ne vous a pas échappé que toutes les collectivités, inquiètes des conséquences éventuelles de la future loi sur la décentralisation sur leur devenir, cherchent à « exister » et communiquent beaucoup actuellement. Cela fait partie du lobbying pour dire qu’on est indispensable au niveau où on est et qu’il ne faut surtout pas remettre en cause tel ou tel échelon local.

En second lieu, toutes les collectivités, en chœur, nous disent qu’elles assurent 75 % de l’investissement en France (soit un soixantaine de milliards) ce qui veut dire également qu’elles sont soumises aux pressions « amicales » des entreprises de BTP qui ne manquent pas de leur rappeler qu’elles seront obligées de licencier si les commandes publiques diminuent (ce qui fera mauvais effet pour les élections prochaines…).

Les collectivités sont néanmoins sensibles aux plaintes des contribuables qui commencent à penser que les impôts locaux augmentent rapidement et utilisent cet argument pour calmer les entreprises de BTP.

Enfin, les collectivités territoriales les plus importantes sont majoritairement à gauche et s’estiment investies d’une mission politique de « soutien à la croissance » qui va bien au-delà d’un futile questionnement sur l’utilité des travaux réalisés ou en cours. Les citoyens sont priés de croire les élus sur parole et surtout ne pas trop réfléchir.

Un peu de courage…

Au travers des trois exemples cités plus haut, je décris donc cette fuite en avant sur des investissements dont l’utilité n’est pas toujours avérée, mais qui sont simplement destinés à alimenter la machine (« à soutenir la croissance »), en préservant au passage quelques emplois et en gonflant les bénéfices d’entreprises et les dividendes de leurs actionnaires, le tout payé par le contribuable : un système autarcique qui n’apporte aucune plus-value, le chien qui se mord la queue…

Réfléchissons : on pourrait réduire ces travaux à ceux qui sont réellement utiles et réduire le nombre de collectivités. L’argent pourrait être redéployé à l’échelon régional pour la recherche et le développement (les universités n’attendent que cela) qui alimenteraient ensuite des projets industriels qui font cruellement défaut dans notre pays.

Quel élu aura le courage de proposer un big bang des collectivités territoriales ?

 

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