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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:05

 

Comme beaucoup de personnes, je reçois de temps à autre sur ma messagerie électronique des messages s’élevant contre le droit de vote qui pourrait être donné aux étrangers.

En général, ces messages ne donnent pas dans la nuance et le raccourci entre étranger et islamiste sert de construction à un propos qui se veut ouvertement raciste. Tout y est, de l’islamisation rampante de notre société et du danger pour la laïcité en passant par les mosquées qui remplaceront bientôt nos églises et l’obligation des menus hallal dans les cantines scolaires.

Ces messages n’invitent pas à la réflexion mais au contraire s’inscrivent dans une démarche de propagation de craintes et de peurs irraisonnées : ils assènent une vérité mais évitent bien d’engager la réflexion sur la réalité des choses.

De quoi parle-t-on ?

Il n’est pas question de la prise de pouvoir par je ne sais quel mouvement religieux qui imposerait sa loi à tous. Nous ne sommes pas dans des contrées où règnent l’ignorance et dans lesquels des groupes autoproclamés dictent leur loi.

Nous sommes en France, patrie des droits de l’homme et de l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Cela devrait suffire à contenir toute velléité de prise de pouvoir par des officines obscurantistes, à condition que l’on n’oublie pas les fondements qui font de notre démocratie un modèle.

Parmi ces fondements, il y a celui de la participation des citoyens à la désignation de leurs représentants. Par citoyen, il faut bien sûr entendre l’individu qui dispose de la nationalité française et du droit de vote.  Ce même citoyen, s’il répond à des conditions d’éligibilité propres à chaque élection peut également prétendre à représenter une population dans une circonscription électorale donnée.

Le projet sur le droit de vote des étrangers contre lequel s’élèvent les propagateurs de messages, est celui du candidat socialiste aux dernières élections présidentielles. Il consiste à donner ce droit uniquement aux élections locales pour les étrangers qui résident légalement en France depuis cinq ans, mais pas le droit d’être élu, ce qui limite les risques potentiels énumérés dans les messages électroniques reçus.

On peut s’interroger bien sûr sur le fait que ces étrangers n’aient pas fait la demande d’acquisition de la nationalité française et pour répondre à cette question intime, il ne faut pas se cantonner à affirmer que les seuls étrangers concernés sont ceux issus des pays du bassin méditerranéen. De nombreuses nationalités sont concernées, des frontaliers suisses ou belges qui résident en France, aux nationaux des pays européens qui disposent d’un droit de circulation et d’installation en Europe, sans compter les représentants d’autres pays, qui à l’instar de français expatriés pour des raisons professionnelles, travaillent en France et souhaitent conserver leur nationalité.

Tous ces étrangers résident et travaillent en France. Ils payent des cotisations sociales et leurs impôts locaux. Ils s’acquittent de la TVA lorsqu’ils vont faire leurs achats au supermarché du coin. Bref, n’était-ce une identité différente conservée pour des raisons personnelles, ils ne différent en rien du bon français titulaire d’une carte nationale d’identité.

Dès lors, le débat sur le droit de vote aux élections locales doit être mené et la représentation nationale doit prendre ses responsabilités comme l’ont fait d’autres pays européens.

Elargir ce projet de loi

La limitation aux élections locales n’est pas discutable, pas plus que les conditions requises pour être élu, mais je pense que l’on pourrait en profiter pour modifier le code électoral sur au moins un point : la suppression du droit de vote pour les exilés fiscaux. Les exemples actuels sont éloquents : si par le passé les évadés fiscaux se sont faits discrets, ce n’est plus le cas aujourd’hui et l’exemple de Depardieu qui crache publiquement dans la soupe fortune faite et déclarant son amour pour la Russie et son dirigeant « démocrate » est là pour nous convaincre de l’impérieuse nécessité d’une modification de nos règles concernant le droit de vote.

Il faut par conséquent retirer le droit de vote aux exilés fiscaux, c'est-à-dire à ceux qui ayant largement profité du système français se mettent d’eux-mêmes hors jeu. Cela touchera nos chanteurs, qui après leurs galas en France retournent mettre leurs cachets à l’abri en Suisse ou en Belgique, nos quelques comédiens qui savent si bien profiter du système de financement public du cinéma français, et de nos sportifs en particuliers les joueurs de tennis, tous résidents fiscaux en Suisse.

On pourrait profiter également d’élargir cette loi au non bénéfice du système de protection sociale français, autrement dit, retirer la carte vitale à ces « bons français » qui veulent le beurre et l’argent du beurre.

Enfin, et la dernière promotion de la légion d’honneur est là pour nous le rappeler, cette décoration devrait être exclusivement réservée aux résidents français qui ne cherchent pas à échapper à nos règles sociales et fiscales. La même loi devrait enfin prévoir la radiation de l’ordre de la légion d’honneur pour tous les exilés fiscaux. J’ai toujours du mal à voir tel chanteur plastronner avec sa rosette à la boutonnière à la télé.

 

En conclusion, j’estime que les étrangers qui participent au contrat social dans notre pays sont plus légitimes que les français qui deviennent étranger uniquement pour garder leur pognon au chaud.

 

 

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