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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 16:35

Sous la pression des « marchés », l’Europe s’apprête à adopter un nouveau traité renforçant les règles d’équilibre des budgets nationaux, autrement dit la mise en place de politiques de rigueur. Les agences de notation, devenues le bras armé des marchés pour contraindre les états à plus de rigueur budgétaire maintiennent une pression quotidienne sur les politiques, d’autant plus effarés que se profilent des échéances électorales, en France et en Allemagne, notamment. Les dirigeants de ces deux pays mais aussi les opposants qui se situent dans une logique libérale font profil bas et nous annoncent quasiment chaque semaine une « réunion de la dernière chance » censée résoudre les problèmes structurels des états, c'est-à-dire l’endettement chronique, la faiblesse du secteur financier et l’absence de perspectives de croissance.

La perte de crédibilité des politiques en place

Les choses sont désormais bien établies : le politique ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre et la différence entre droite et gauche classique se résume à quelques « marqueurs » qui ne remettront pas en cause le régime sec auquel les citoyens seront soumis.

Alors, faut-il aller voter, continuer à croire que les choses peuvent encore changer, se choisir un nouveau Prince qui nous racontera de belles histoires pendant cinq ans pour nous dire au terme de son mandat qu’il n’a pas pu mettre en œuvre ses promesses de campagne à cause de la « crise »? La question mérite d’être posée d’autant que sept pays européen on voté ou se sont dotés de gouvernements d’opposition suite à des élections ou à la démission des exécutifs en place (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, Grande Bretagne, Slovaquie). Ce que l’on remarque, c’est que ce sont les partis traditionnels d’opposition qui ont remporté la mise ou bien ce sont des gouvernements « d’union nationale » allant de la gauche à l’extrême droite qui ont été mis en place. Autant dire que la réponse citoyenne n’a pas été à la hauteur des enjeux.

Pour l’instant, donc, l’électeur se comporte comme le lapin pris dans les phares d’une automobile, c'est-à-dire qu’attiré par la lumière, il ne sait plus où aller et finira par se jeter sous les roues des marchés en croyant se sauver.

La vraie gouvernance n’est plus décidée démocratiquement et la pression sur le politique s’exerce avant tout de la part de nébuleuses, de think tank et d’organismes divers qui dictent désormais aux gouvernements les politiques à mener.

Après l’Etat, les collectivités locales ?

Soyons donc prêts dans les mois qui viennent à subir la rigueur, de gauche ou de droite, rigueur qui touchera tout le monde et un peu moins les plus aisés si la droite conserve le pouvoir et surtout pas les exilés fiscaux qui continueront à se dorer la pilule à nos frais . A nous donc les augmentations de taxes de toutes sortes (TIPP, TVA,) les privatisations des services publics qui restent encore debout contre vents et marées et la RGPP qui les prive des moyens nécessaires à l’exécution de leurs missions (éducation, justice, police, concurrence et consommation, etc…).

Prochaine étape, la RGPP dans les collectivités locales, choisie par les exécutifs qui adhèrent aux thèses libérales ou subies par les autres qui verront leurs dotations d’Etat fondre comme neige au soleil et seront bien obligés de réduire leurs dépenses de fonctionnement ou se résoudre à accepter les fusions de collectivités, ce qu’ils refusent obstinément (et bêtement, selon moi) jusqu’à présent.

C’est le souhait émis par l’O.F.C.E. (Organisation de Coopération et de Développement Economique) qui déclare que le regroupement des petites communes et la suppression de l’échelon départemental pourraient engendrer des économies d’échelle substantielles : toujours cette idée fixe d’économies budgétaires, mais rien comme d’habitude sur la qualité du service public et les attentes du citoyen.

Alors, le citoyen, il est où ? Mis sous tutelle par les politiques, méprisé, ignoré par ceux qui décident pour lui sans avoir reçu un quelconque mandat, il semble arrivé au bout de la réflexion, mais tétanisé, il hésite encore à employer des moyens expéditifs : jusqu’à quand ?

 

 

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