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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 20:31

 Les fonctions publiques sont actuellement dans l’œil du cyclone. La Fonction Publique d’Etat essuie les plâtres depuis plusieurs années sur fond de Révision Générale des Politiques Publiques (R.G.P.P.). Cela s’accompagne de discours à l’emporte pièce de nos dirigeants et cela fait les gros titres d’une presse complaisante qui, au lieu de susciter le débat, se contente bien souvent de véhiculer des lieux communs.

Diminuer le nombre de fonctionnaires ! La fin de l’emploi à vie des fonctionnaires ! Payer les fonctionnaires à la performance ! Organiser la mobilité des fonctionnaires dont l’emploi sera supprimé ! Voici quelques thèmes d’actualité qui concernent les fonctionnaires de l’Etat.

 

Du côté de la Fonction publique Hospitalière, les choses sont un peu différentes mais ce n’est guère mieux et tout se passe sous couvert d’enveloppes budgétaires que l’on restreint et de remise en cause des organisations du travail, ceci se faisant bien entendu au détriment des personnes hospitalisées et pour le plus grand bonheur des établissements privés et des mandarins qui y exercent en pratiquant le dépassement d’honoraires.

 

Enfin, la Fonction Publique territoriale commence à subir les effets des restrictions budgétaires de l’Etat et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera bientôt plus un dogme dans les collectivités, même si les transferts de compétences en provenance de l’Etat, dans le domaine des personnes âgées par exemple justifierait amplement des créations d’emplois supplémentaires.

 

Le discours actuel consiste à dire et à répéter qu’il y a trop de fonctionnaires sans se poser la question préalable de la définition des besoins. Cela se traduira par le non remplacement de 100 000 fonctionnaires d’Etat d’ici 2013 et des redécoupages territoriaux (carte judiciaire, carte militaire, fermetures d’hôpitaux, de commissariats, de casernes de gendarmerie mobile), sans compter les fusions de service de l’Etat dont on cherche encore la cohérence.

Cela commence à se voir sur le terrain et même les fonctionnaires les plus fidèles ou les plus choyés jusqu’à présent commencent à ruer dans les brancards (police, justice, gendarmerie).

 

Pourquoi tant de haine ?

 

Il faut dire qu’avant, en période de plein emploi, pendant les trente glorieuses, on se foutait pas mal des fonctionnaires qui n’était pas considérés et qui étaient sous payés par rapport au privé. Les crises successives depuis 30 ans ont modifié cette image et les fonctionnaires en général sont devenus des nantis, et des trop payés (sauf bien sûr, lorsqu’on sonde les français, les infirmières, les enseignants, les policiers et tant d’autres qui représentent environ 90% des effectifs…Nous ne sommes pas à une contradiction près !).

En fait, toutes ces attaques sont essentiellement liées à deux choses : diminuer les dépenses de l’Etat pour faire bonne figure devant le jugement des agences de notation (et donc pouvoir continuer à endetter le pays) et, au passage, faire très plaisir au Medef en transférant au privé des missions jusqu’alors exercées par l’Etat ou les collectivités locales.

 

Les racines du mal

 

Tout n’est quand même pas rose dans la fonction publique et il serait exagéré de dire que tout fonctionne à merveille dans le meilleur des mondes. La fonction publique a aussi sa part de responsabilités dans la dégradation de son image, bien que cette dégradation soit essentiellement la traduction de la stratification du système par les parlementaires depuis la dernière guerre, du corporatisme qu’il induit, et du manque de courage des décideurs, surtout lorsque ceux-ci sont des élus, toujours soucieux de leur réélection.

On ajoutera à ce tableau l’inflation législative qui ne facilite pas le travail de terrain des fonctionnaires.

Tout cela peut induire des comportements individuels d’autant plus regrettables que les cadres de la Fonction Publique qui sortent des différentes écoles de la République qui les forment, sont en général aussi démunis qu’une poule qui a trouvé un couteau lorsqu’on leur demande de manager une équipe pour la première fois. Et quand par hasard, ils souhaitent s'impliquer dans ce domaine, il n'est pas rare que l'on bride leurs vélléités, au nom du maintien de la paix sociale.

Sans compter que les cadres « à haut potentiel », issus de l’ENA ou d’autres écoles similaires, en restent parfois au niveau du concept ce qui leur permettra de ne jamais se mouiller et de faire un brillant parcours dans la haute fonction publique, en singeant si possible les techniques managériales du privé.

Pour être complet, ajoutons à ce tableau l’inexistence du dialogue social qui ressemble plus au rapport entre les deux Corées, qu’à la recherche de solutions permettant de faire évoluer le service public de manière apaisée, pour le plus grand bien de ses usagers.

 

Combien ça coûte ?

 

Tout part du principe que les services transférés au privé seront mieux gérés et pour moins cher, encore faut-il s’interroger sur la nature du service délivré et sur le coût payé par l’usager devenu client et les marges bénéficiaires réalisées par les exploitants, toutes questions qui ne sont que très rarement évoquées, car susceptibles de fâcher.

Quelques exemples : les autoroutes, la restauration dans les écoles et les maisons de retraites, le fonctionnement des établissements pénitentiaires, les transports publics urbains et interurbains, sans compter toutes les études, audits, missions ou autres délégations de maîtrise d’ouvrage confiées à des cabinets privés et qui pourraient être réalisées en interne et pour beaucoup moins cher (les cadres à haut potentiel pratiquent, souvent en accord avec les élus, l’externalisation de ces études et missions : il est toujours bon d’avoir un fusible extérieur en cas de problème…).

En période de croissance, tout cela n’est pas très important puisque les impôts sont là pour payer les prestataires, mais en période de restriction budgétaire, comme celle que connaissent actuellement les collectivités locales, l’augmentation des impôts devient un sujet très sensible, et les contribuables commencent à ruer dans les brancards.

 

Le service public trop cher : un dogme mis à mal

 

Oui, les fonctionnaires sont indispensables, et pas seulement les infirmières, les enseignants ou les policiers, à condition qu'on les utilise à des missions qu'ils comprennent et dont l'utilité est avérée.

Comment peut-on expliquer par exemple, qu'en période de crise telle que celle que nous traversons, il y ait encore entre 40 et 50 milliards de fraude fiscale et sociale, (sinon par un manque de volonté politique) ?

Dans ce secteur, les moyens humains du fisc, de la Sécurité sociale et de l'URSSAF, sont notoirement insuffisants et mériteraient d'être renforcés, par redéploiement d'effectifs pour le moins.

Dans le domaine de la consommation, les services de la concurrence et de la consommation, désormais dissous dans de grandes directions administratives préfectorales, n'ont plus les moyens de contrôler les partiques commerciales illicites ainsi que le travail dissimulé. La aussi, le manque de volonté politique, voire la complaisance, sont patents.

Paradoxalement c'est des collectivités territoriales que pourrait venir l'espoir, à condition que celle-ci acceptent de faire leur autocritique et acceptent de se regrouper pour être plus efficace.

Certaines d'entre-elles, prises dans l'étau financier de l'Etat qui limite ses dotations, commencent à réflechir à exploiter elles-mêmes des services de transports interurbains. C'est le cas de l'Ille et Vilaine qui vient de créer une régie. De nombreuses communes ont choisi récemment de reprendre en régie la distribution de l'eau. Deux exemples démontrant que l'on peut se soucier de bonne gestion et ne plus faire une confiance aveugle au entreprises privées

Pour quelle raisons, observe t-on ce type de revirement alors même que le secteur privé a toujours affirmé être en mesure d'apporter aux collectivités le meilleur rapport qualité/prix ? Tout simplement parce que ces entreprises, qui se sont regroupées au fil du temps contrôlent, par leurs fialiales interposées des pans entiers de marchés des collectivités locales et se croient tout permis en matière de prix.

 

Il est temps de faire comprendre à ces profiteurs que la puissance publique a les moyens techniques et intellectuels de réaliser elle même les prestations de service public au profit des usagers : ce sont les agents publics. Il doivent saisir cette opportunité et dépasser certains blocages. C'est à ce prix qu'ils seront considérés et qu'ils pourront continuer à exister.

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