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Coups de gueule en vrac

Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 20:59

"La police vous parle tous les soirs à 20 heures"

Ce slogan de mai 1968 agrémentait un dessin où l’on voyait un policier en uniforme devant le micro de l’ORTF était destiné à mettre en lumière l’emprise du pouvoir politique sur les médias de l’époque. Le gouvernement faisait alors pression sur les patrons de presse (écrite et audio visuelle) pour minimiser les « évènements » et distiller au bon peuple une information aseptisée.

Plus de ça aujourd’hui ! La presse est libre, officiellement au moins.

Les choses se passent de manière plus feutrée : en haut de l’édifice, il y a le pouvoir qui nomme désormais les présidents de chaînes publiques et pour les chaînes privées ou pour la presse écrite, il n’y a pas trop de problème surtout lorsque l’on constate que beaucoup de titres sont  entre les mains d’amis politiques ou tout du moins de patrons de presse bienveillants cherchant davantage à vendre leurs journaux qu’à s’opposer ouvertement.

Lorsque l’on décline les choses au niveau des rédactions, force est de constater que les trublions, les enquêteurs maladroits (ceux qui mettent en cause le pouvoir), ou tout simplement ceux qui souhaitent exercer leur métier dans le respect de règles déontologiques doivent se conformer aux lignes éditoriales s’ils veulent conserver leur gagne pain. La clause de conscience n’est ainsi que peu utilisée.

La télévision est en première ligne de ce système de soumission et de prudence et les journaux télévisés de 13 ou 20 heures, obligés qu’ils sont tout de même de faire des sujets sur la crise, sont toutefois très friands d’informations ou d’évènements relevant du fait divers, qui ne manquent pas.

Crimes, délinquance, agressions de toutes sortes tiennent une place importante dans les journaux télévisés et obéissent à un scénario bien rodé :

1 – L’exposé des faits par le présentateur du journal avec la gravité qui convient

2 – L’envoyé spécial sur le terrain qui rappelle les faits, ne sait pas grand-chose et  brode (sur fond d’images pas toujours en rapport avec l’évènement et de gyrophares).

3 – L’interview d’un voisin ou d’une voisine qui n’a pas vu, ou entendu grand chose, mais qui avec une émotion palpable et compréhensible, ajoute souvent à la dramaturgie.

4 - L’interview d’une « autorité » (procureur, officier de sapeur pompier, capitaine de police ou de gendarmerie) qui rappelle les mêmes faits en langage administratif et technique froid.

5 – Souvent, désormais, nous avons également droit à une intervention d’un représentant d’un syndicat de policiers qui donne sa version protectrice (lorsque des représentants de l’ordre sont mis en cause) ou revendicative, à chaud, et pas toujours objective. On se demande pourquoi les journalistes continuent à les interviewer.

6 – Enfin, pour les évènements les plus dramatiques, nous avons droit (surtout en période pré électorale) à la visite sur place, du Ministre de l’Intérieur, voire du Président de la République en personne, qui  annonce  généralement le renforcement du dispositif répressif par le vote prochain d’une nouvelle loi en omettant de parler de celles qui existent déjà et qui ne sont pas appliquées faute de moyens ou de décrets signés.

C’est ainsi, les journaux télévisés se contentent de renouveler paresseusement à chaque fois ce type de scénario. Comment refuser une belle image à un ministre de l’intérieur qui se déplace spécialement sur le terrain ? On ne donnerait pas cher de la peau d’un rédacteur en chef qui refuserait de mettre à l’antenne l’intervention dudit Ministre.

Pour ceux qui n’auraient pas envie de s’endormir immédiatement et qui voudraient voir et revoir de belles images de la police, de gyrophares, de descentes musclées dans les banlieues ou de poursuites de délinquants sur les autoroutes, il y a aussi des chaînes privées de télé qui se sont fait une spécialité de la diffusion et de la rediffusion à 20 h 30 de ces belles images, généralement tournées la nuit, et où il n’est pas possible de distinguer grand-chose à cause du floutage (des policiers, des délinquants présumés, des plaques d’immatriculation et des façades d’habitation, des témoins,…) . Qu’importe, dans ces cas là un bon commentaire vaut toutes les images et cela conforte le citoyen dans l’idée qu’il est bien protégé, même si, RGPP oblige, les moyens attribuées à la police et à la gendarmerie diminuent chaque année.

Cette situation est-elle nouvelle, et le pouvoir en place est-il le premier à vouloir utiliser le système médiatique et policier à son profit ?

Certes non, et ce serait manquer d’objectivité que de dire que cela n’existait pas auparavant. Un exemple célèbre d’autocensure  médiatique et d’utilisation de moyens policiers pour son profit privé (masquer sa double vie) nous a été donné sous le règne de F. Mitterand.

Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 16:35

Sous la pression des « marchés », l’Europe s’apprête à adopter un nouveau traité renforçant les règles d’équilibre des budgets nationaux, autrement dit la mise en place de politiques de rigueur. Les agences de notation, devenues le bras armé des marchés pour contraindre les états à plus de rigueur budgétaire maintiennent une pression quotidienne sur les politiques, d’autant plus effarés que se profilent des échéances électorales, en France et en Allemagne, notamment. Les dirigeants de ces deux pays mais aussi les opposants qui se situent dans une logique libérale font profil bas et nous annoncent quasiment chaque semaine une « réunion de la dernière chance » censée résoudre les problèmes structurels des états, c'est-à-dire l’endettement chronique, la faiblesse du secteur financier et l’absence de perspectives de croissance.

La perte de crédibilité des politiques en place

Les choses sont désormais bien établies : le politique ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre et la différence entre droite et gauche classique se résume à quelques « marqueurs » qui ne remettront pas en cause le régime sec auquel les citoyens seront soumis.

Alors, faut-il aller voter, continuer à croire que les choses peuvent encore changer, se choisir un nouveau Prince qui nous racontera de belles histoires pendant cinq ans pour nous dire au terme de son mandat qu’il n’a pas pu mettre en œuvre ses promesses de campagne à cause de la « crise »? La question mérite d’être posée d’autant que sept pays européen on voté ou se sont dotés de gouvernements d’opposition suite à des élections ou à la démission des exécutifs en place (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, Grande Bretagne, Slovaquie). Ce que l’on remarque, c’est que ce sont les partis traditionnels d’opposition qui ont remporté la mise ou bien ce sont des gouvernements « d’union nationale » allant de la gauche à l’extrême droite qui ont été mis en place. Autant dire que la réponse citoyenne n’a pas été à la hauteur des enjeux.

Pour l’instant, donc, l’électeur se comporte comme le lapin pris dans les phares d’une automobile, c'est-à-dire qu’attiré par la lumière, il ne sait plus où aller et finira par se jeter sous les roues des marchés en croyant se sauver.

La vraie gouvernance n’est plus décidée démocratiquement et la pression sur le politique s’exerce avant tout de la part de nébuleuses, de think tank et d’organismes divers qui dictent désormais aux gouvernements les politiques à mener.

Après l’Etat, les collectivités locales ?

Soyons donc prêts dans les mois qui viennent à subir la rigueur, de gauche ou de droite, rigueur qui touchera tout le monde et un peu moins les plus aisés si la droite conserve le pouvoir et surtout pas les exilés fiscaux qui continueront à se dorer la pilule à nos frais . A nous donc les augmentations de taxes de toutes sortes (TIPP, TVA,) les privatisations des services publics qui restent encore debout contre vents et marées et la RGPP qui les prive des moyens nécessaires à l’exécution de leurs missions (éducation, justice, police, concurrence et consommation, etc…).

Prochaine étape, la RGPP dans les collectivités locales, choisie par les exécutifs qui adhèrent aux thèses libérales ou subies par les autres qui verront leurs dotations d’Etat fondre comme neige au soleil et seront bien obligés de réduire leurs dépenses de fonctionnement ou se résoudre à accepter les fusions de collectivités, ce qu’ils refusent obstinément (et bêtement, selon moi) jusqu’à présent.

C’est le souhait émis par l’O.F.C.E. (Organisation de Coopération et de Développement Economique) qui déclare que le regroupement des petites communes et la suppression de l’échelon départemental pourraient engendrer des économies d’échelle substantielles : toujours cette idée fixe d’économies budgétaires, mais rien comme d’habitude sur la qualité du service public et les attentes du citoyen.

Alors, le citoyen, il est où ? Mis sous tutelle par les politiques, méprisé, ignoré par ceux qui décident pour lui sans avoir reçu un quelconque mandat, il semble arrivé au bout de la réflexion, mais tétanisé, il hésite encore à employer des moyens expéditifs : jusqu’à quand ?

 

 

Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 22:09

Cette expression qui associe deux mots a priori contraires est largement utilisée dans les commentaires de la presse écrite et audiovisuelle.

 

Dernière utilisation en date, il y a quelques jours sur France Inter à propos du désaccord entre les Verts et le Socialistes sur le nucléaire : Eva Joly a été recadrée par les « professionnels de la politique ».

Il est curieux de constater que le citoyen accepte que son quotidien et son avenir soit entre les mains, non pas d’élus censés les représenter et les défendre dans les instances démocratiques, mais dans celles de salariés de la république en Contrat à Durée Indéterminée avec une forme de contrat de travail très avantageux. Ils sont la face visible de ces professionnels de la politique dont on parle, la face cachée étant ceux qui peuplent les allées des partis politiques.

Le peuple souverain ne l’est donc pas tant que cela. Il faut dire que c’est un peu de sa faute au peuple souverain puisque c’est tout de même lui qui envoie par son vote les mêmes élus depuis bien longtemps et qui leur permet de cumuler allègrement des mandats.

C’est juste un article dans mon quotidien régional paru le 23 novembre qui m’a fait prendre conscience réellement de ce problème qui mine notre démocratie.

Les cumulards/professionnels de la politique

Deux élus de l’Ille-et-Vilaine répondent à mon sens à cette appellation de « professionnels de la politique ».

L’un (Pierre Méhaignerie) est entré en politique en 1973 comme député et l’est toujours. Dans les intervalles de son mandat de parlementaire, il a été Ministre (garde des sceaux, Equipement, Agriculture). Il est en outre Maire de sa commune depuis 1977 sans interruption, a été conseiller général (et Président pendant une longue période de cette collectivité) de 1976 à 2001, sans parler de la Présidence d’une communauté de communes depuis 2002 et pendant deux ans conseiller régional.

Le second, (un socialiste pour équilibrer) a un palmarès un peu moins fourni, mais présente lui aussi la caractéristique d’être élu (depuis 30 ans), sans discontinuer à l’assemblée nationale et d’y avoir des responsabilités dans le secteur de la défense nationale. Il a été conseiller général de 1976 à 1994 et conseiller municipal depuis 1977. Il s’agit de Jean Michel Boucheron, plus jeune que son collègue Méhaignerie, ce qui lui laisse sans doute l’espoir de pouvoir durer encore dans la carrière politique. C’est sans doute le sens de son combat local actuel puisqu’il est en concurrence avec un autre socialiste pour l’investiture dans une circonscription nouvellement créée.

Au-delà de ce constat, peu glorieux pour la démocratie, pour la parité hommes femmes et le renouvellement du personnel politique, force est de constater que ces élus, « professionnels de la politique », dont on se demande comment ils peuvent assumer tous leurs mandats, sont totalement coupés de la société qu’ils sont censés représenter dans sa globalité.

Ils vous diront, ou pas…

Ils vous diront que le mandat local leur permet d’être en prise avec la population et leur permet bien entendu d’être plus performants au Parlement en oubliant de vous parler de l’absentéisme chronique qui mine les assemblées.

Ils ne vous diront pas par contre que leur « carrière » dans des mandats locaux et nationaux les obligent à composer avec les lobbies de toutes sortes qui œuvrent dans les couloirs des différentes assemblées en leur faisant savoir qu’en ne votant pas les dispositions souhaitées ou en n’ayant pas localement une politique hardie d’investissements (par exemple en matière de routes et de ronds points), ce serait très mauvais pour l’emploi (sous entendu que les élus porteraient la responsabilité de licenciements ou de délocalisation d’activités).

Ils ne vous diront pas non plus que leur survol de dossiers, lié au papillonnage d’une assemblée à l’autre, est compensé par des assistants, personnels de cabinet  et experts de toutes sortes liés aux partis et payés aussi par la collectivité publique qui sauront leur dire en quel sens voter sur des dossiers qu’ils n’auront pas eu le temps d’étudier. On voit là une autre limite à la démocratie représentative qui est la notre.

La réserve parlementaire

Voilà donc décrites quelques recettes pour durer. Il y en a d’autres, comme cette fameuse réserve parlementaire, autrement dit une somme de 150 Millions d’euros répartie entre Députés et Sénateurs et qui leur permet de donner des « coups de pouce » à des projets locaux ou à des associations selon des critères obscurs dont la finalité ne doit pas toujours  être loin du « coup de pouce » en retour lors des élections suivantes.  

S’agissant du Département d’Ille et Vilaine on saluera la transparence affichée par tous les parlementaires sur le montant de la réserve attribuée et son utilisation (dans les grandes lignes), tous sauf un (Pierre Méhaignerie) qui a refusé de communiquer sur le sujet. On peut le comprendre lorsqu’on remarque que les parlementaires de droite disposent d’enveloppes trois à quatre fois plus importantes que leurs collègues de gauche et que sa position de Président d’une commission parlementaire lui permet sans doute d’émarger à un montant bien supérieur et ainsi s’attirer les bonnes grâces des relais locaux pour les prochaines élections.

Saluons l’honnêteté de J. M. Boucheron qui parle de « système électoraliste peu transparent » et qui n’utilise plus la réserve qui lui est attribuée.

La déconnection du réel

Enfin, ils n’avoueront pas que, n’ayant plus aucune vie professionnelle, ils ne sont sans doute pas les mieux à même d’appréhender ce qui se passe au quotidien dans les entreprises, les usines et les administrations, que leur statut de « professionnels de la politique »et les avantages qui vont avec les font vivre sur une autre planète, et que leurs votes sont parfois déconnectés de la réalité.

Un exemple : pour financer la remise en cause du 4ème jour de carence dans le privé (200 millions), il n’est pas venu à l’idée de M. Méhaignerie de proposer la suppression de la fameuse réserve parlementaire. Cela aurait pourtant eu un certain panache !

Réformer le système

Pour mettre fin à ce genre de « mandat à vie », il faut bien entendu modifier les règles, en interdisant le cumul de mandats aux parlementaires et en interdisant plus de deux mandats successifs au Parlement. Cela permettrait aux intéressés de renouer épisodiquement avec une vie professionnelle et de rentrer dans le droit commun des rémunérations et des pensions de retraites, de goûter aux joies des journées de carence en cas de maladie, d’être exposés aux aléas de la vie des entreprises avec les plans sociaux qui vont avec, bref, de tester au réel les lois votées et de revenir dans la communauté des citoyens « normaux ».

Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 17:05

Rien que le titre va me valoir une volée de bois vert de la part des libéraux de tout poil, des bons français prompt à taper sur la fonction publique mais qui aimeraient que les enfants y entre (par piston, de préférence) ou des inconditionnels des blagues à deux balles style : les balais de la DDE qui s’usent à force de s’appuyer dessus. Bref tout ceux qui ne savent pas ce que l’on fait dans les fonctions publiques (Etat, Hôpitaux et collectivités locales), qui répètent à l’envie que cela coûte trop cher mais qui sont les premiers à gueuler que la police n’est jamais là quand on en a besoin, que l’hôpital manque d’infirmières (uniquement lorsqu’ils sont malades) et que c’est scandaleux de fermer la poste dans leur quartier ou l’école de leur village.

Pas question pour autant de dire que tout va bien dans la fonction publique en mettant le couvercle sur les problèmes dont elle souffre (un management inexistant, l’absence de culture de résultat - je ne parle pas de la culture du chiffre seulement utilisée à des fins politiques - et un dialogue social inexistant, et pas toujours de la faute des patrons).

Plutôt que de s’enferrer dans une politique à visée exclusivement financière et à courte vue (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux), réfléchissons deux minutes à l’état du pays, à sa dette, à la perte prochaine de son triple A, aux prochains plans de rigueur (surtout à ceux qui seront mis en œuvre après le mois de mai en cas de réélection de N. Sarkozy) et demandons nous si une fonction publique renforcée et plus efficace ne pourrait pas être à même de résoudre tout ou partie de nos problèmes.

Le cas de l’Etat

Le Constat : Outre les 140 milliards de niches fiscales dont le retour, même partiel, dans le budget de l’Etat pourrait servir à la diminution de la dette, à condition que l’on se départisse du clientélisme et du poids des lobbies (on peut rêver), une partie de notre problème réside en la perte de recettes due aux fraudes diverses et variées dont le montant cumulé servirait à lui seul à effacer le déficit budgétaire de l’Etat.

Fraudes au fisc ou trop grande mansuétude des services fiscaux face à des montages juridiques acrobatiques, fraudes à la Sécurité Sociale (pas seulement des assurés comme on veut nous le faire croire, mais aussi faux actes médicaux des praticiens), fraudes à la TVA, et fraudes à l’URSSAF, avec ou non travail dissimulé, voici quelques exemples de « facilités » offertes aux magouilleurs par le manque de moyens de contrôle des différents services de l’Etat et des administrations sociales et leur manque de coordination.

Tout cela coûte tout de même à la collectivité nationale la bagatelle d’environ 90 milliards d’euros par an.

Nous ne sommes pas prêts de sortir de ce gouffre dans la mesure où le gouvernement persiste dans sa politique de non remplacement des fonctionnaires, là au contraire où il faudrait renforcer les moyens. Un exemple parlant : il n’y a aujourd’hui en France que 2200 agents de l’inspection du travail pour contrôler 19 millions de salariés et les administrations fiscales ont perdu 20000 emplois ces dernières années. Autant dire que les entreprises véreuses ont peu de chance d’être inquiétées et ce ne sont pas les opérations « coup de poing » mises en scène de temps en temps pour faire la une des journaux télévisés qui doivent nous aveugler. Les redressements pour travail dissimulé, par exemple,  n’ont rapporté à l’Etat que 850 Millions d’euros alors que la fraude est estimée à 13 Milliards.

Le manque de courage (ou la trop grande proximité avec le monde de l’entreprise ?) des élus de la majorité gouvernementale explique sans doute cette situation.

Il faut donc recruter de nouveaux fonctionnaires organisés en un corps unique de contrôle, doté de véritables pouvoirs et regroupant les différents services existants, émiettés et inefficaces par manque de moyens, et leur assurer le soutien des forces de police et de la justice.

Les hôpitaux publics

La politique actuellement menée est mortifère pour le service public hospitalier. Elle consiste essentiellement à transférer vers le secteur privé lucratif les missions rentables, laissant à l’hôpital public le poids des pathologies lourdes et coûteuses et à l’usager un ticket modérateur de plus en plus important pour une qualité de soins qui diminue.

On voit bien ce que ce système peut produire. Il n’y a qu’à mettre en perspective la politique actuelle du médicament (avec scandale du Médiator, par exemple), pour voir où l’on veut nous mener.

Il faut donc inverser cette tendance et redonner à l’hôpital public sa place prépondérante en matière d’offre de soins. Le nombre d’heures supplémentaires qui ne peuvent pas être récupérées, la gestion des infirmières, assimilables dans bien des cas à de la maltraitance institutionnelle, doit être résolu par des recrutements importants de personnels médicaux et para médicaux.

Les collectivités locales

Une dérive en matière de recrutement dans les collectivités locales ? C’est le discours que l’on entend actuellement de la part du gouvernement (de droite) à l’encontre des collectivités (majoritairement de gauche). Pas toujours faux ce discours, étant entendu que le développement des intercommunalités a été créateur d’emplois sans qu’on en supprime dans les communes pour l’exercice des compétences transférées à ces intercommunalités. Le manque de courage des élus locaux, leur « plasticité » face aux exigences du dialogue social et leur clientélisme électoral explique cette dérive relative, celle-ci n’existant pas dans tous les niveaux de collectivités.

La véritable question dans les collectivités locales pourrait être celle-ci : des emplois publics pour faire quoi ?

La mode est depuis quelques années à l’externalisation des tâches et missions vers le secteur privé. Les personnels sont alors souvent cantonnés à l’élaboration et au suivi relatif (les élus sont réticents à mettre en œuvre des pénalités) de conventions ou contrats administratifs complexes

Les compétences existent dans les collectivités locales, mais elles sont rarement utilisées en raison du dogme qui énonce que le privé travaille mieux que le public. Les entreprises, les consultants et auditeurs de tous poils ont bien compris ce message et certains d’entre eux se gavent abondamment en argent public qui pourrait être économisé.

Quelques collectivités locales commencent à comprendre que leur bienveillance à l’égard d’entreprises racketteuses d’argent public commence à poser problème en période de vaches maigres et mettent en place des systèmes de gestion en régie qui leur permet de faire des économies notables. C’est le cas dans les domaines des transports et de la gestion de l’eau, par exemple.

Il n’est par ailleurs pas prouvé que pour l’exécution de certaines prestations (Etudes et audits divers, programmation de constructions publiques, maîtrise d’ouvrage,…) l’augmentation du nombre d’agents publics soit nécessaire, le redéploiement et la formation pouvant s’avérer suffisants. Ce système passe cependant sur la rationalisation de notre système administratif local (fusion des départements et des régions et rationalisation des intercommunalités).

 

Pour conclure, les fonctions publiques sont actuellement étrillées, essorées, dévalorisées. Les agents qui appartiennent à ces institutions doivent réfléchir sur leur devenir : soit ils disparaîtront, soit ils devront faire des concessions sur le périmètre de leurs attributions et leurs manières d’exercer leurs missions et ne plus se retrancher derrière un certain corporatisme qui plombe le dialogue social.

Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 15:51

Sous le titre « quand les projets d’hôtels de luxe fleurissent », Ouest France de vendredi dernier nous informe de quatre projets en cours à Rennes.

Normalement, nous devrions nous féliciter de l’implantation d’hôtels, de luxe ou non, à Rennes, car cela témoigne d’une vitalité économique qui sera accompagnée de créations d’emplois et d’un surcroît de notoriété pour la Ville qui cherche à se faire une place sur le marché des villes de congrès.

Mais voilà, notre enthousiasme est tempéré par un article de la page précédente de ce journal du même jour qui parle de la mise en place du plan hivernal d’hébergement d’urgence pour les sans-abris et qui comporte un dispositif complémentaire de nuits d’hôtels.

Pas dans les mêmes, sans doute.

Dans les deux cas, c’est nous qui payons ces nuitées d’hôtel, par la solidarité nationale plus que nécessaire en ces temps de récession, pour les familles qui seraient à la rue sans les dispositifs sociaux, et par le prix que nous payons lorsque nous achetons le moindre produit manufacturé, la moindre prestation et dont une part sert à alimenter ces hébergements luxueux.

L’écart entre riches et pauvres devient de plus en plus grand, la bonne fortune des premiers se faisant souvent au détriment des seconds qui subissent, sans espoir de pouvoir bénéficier de quelques miettes de l’accroissement de richesses, exonérées d’impôts au titre de la compétitivité, ou partent dans des paradis fiscaux.

La pauvreté est discrète, honteuse, quand le luxe est souvent tapageur et ostentatoire et en décalage complet avec la société actuelle.

Les hôtels de luxe permettront aux exilés fiscaux suisses qui viennent chanter à Rennes à des tarifs prohibitifs (60 et 100 € la place pour Charles Aznavour !) d’assouvir leur besoin de luxe, de calme et de volupté sans percevoir le silence assourdissant de la pauvreté dans les refuges temporaires ou les logements non chauffés ou insalubres.

L’argent est roi, l’argent rend fou. La société subit ce règne et les conséquences de cette folie. Il devient urgent de revoir notre système de valeurs.

 
 
Par ielosubmarine - Publié dans : Coups de gueule en vrac
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