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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 18:06

La Fédération Régionale des Travaux Publics de Bretagne, dans son rôle de lobby, monte au créneau pour s’alarmer de la baisse des crédits des collectivités territoriales consacrés aux routes, aménagements urbains, travaux de génie civil et de réseaux d’adduction d’eau.

La baisse des ressources des collectivités territoriales ainsi que la proximité des élections municipales expliquent que les carnets de commandes ont tendance à baisser. Par ailleurs, on n’augmente pas les impôts locaux l’année qui précède ces élections et les travaux du mandat précédent sont en voie d’achèvement.

C’est donc la notion de cycle électoral que l’on retrouve tous les six ans alliée à la crise qui explique cette baisse ainsi que le cri d’alarme des entreprises de travaux publics.

Il existe pourtant des besoins, et des solutions…

C’est du moins ce que nous dit le Président de la Fédération des TP qui met en avant par exemple la vétusté des canalisations d’eau et la perte de cette ressource. On ne pensait pas que les entreprises de TP dont le cœur de métier consiste à tailler dans le paysage (avec l’accord des élus locaux friands d’inaugurations) pouvaient se piquer ainsi d’écologie, sauf bien évidemment , que le mot n’est jamais prononcé et qu’il s’agit avant tout d’un argument de circonstance pour relancer la machine à travaux, sachant par ailleurs que la commande publique représente 60% de l’activité des entreprises du secteur.

Dans son élan, le Président de la Fédération des T.P. propose même des solutions aux élus et décideurs locaux pour financer des travaux. C’est pourtant simple, ils peuvent trouver des financements à des taux intéressants auprès de la Banque Postale ou la Caisse des Dépôts. 15 milliards d’euros sont ainsi disponibles au niveau national.

Tout pourrait aller bien dans le meilleur des monde si les élus et décideurs voulaient bien écouter ce qu’on leur dit, sauf, et c’est là que le bât blesse, l’argent emprunté devra être remboursé et pour cela il n’existe qu’un moyen : faire appel au contribuable qui, par le biais de ses impôts locaux remboursera le capital et les intérêts de la dette souscrite. Les contribuables sont-ils toujours d’accord ?

La commande publique est-elle toujours pertinente ?

Beaucoup de citoyens se réjouissent, ou s’indignent, c’est selon, des chantiers ouverts dans nos villes et nos campagnes destinés à favoriser, ou parfois à compliquer leur vie.

On peut en effet se réjouir de voir traités par des ralentisseurs ou des limitations de vitesse des points noirs routiers afin de diminuer le risque d’accident ou de constater la mise en place de sites routiers propres dédiés exclusivement aux transports en commun. Pareil pour les travaux destinés à moderniser les réseaux vétustes de distribution de l’eau.

On peut être davantage perplexe s’agissant de travaux destinés à ramener à une voie de circulation des axes jusqu’alors à deux voies ou bien à dissuader toute circulation de transit des automobilistes de communes situées en amont par l’utilisation abusive de ralentisseurs ou de limitations de vitesses non justifiées par une quelconque dangerosité.

Parce que c’est bien à un détournement des motivations originelles que nous assistons. Auparavant, les aménagements routiers étaient destinés à assurer la fluidité en toute sécurité du trafic routier. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où la langue de bois fait florès. On ne parle plus en effet, dans les zones agglomérées en particulier, que de « déplacements doux », de « coupures vertes apaisées » (qui remplacent des places de parking en ville), de « cheminement doux et fluide qui donnera du bien-être aux riverains (sic)»et « d’actions sur le stationnement pour accompagner le report modal ».

La palme est attribuée à un élu de Rennes qui n’hésite pas à dire «Bien sûr, quand nous bouchonnons, nous bougonnons, mais il suffit de voyager ailleurs pour se rendre compte que notre ville roule très bien, je serai même tenté de dire, trop bien ».

Que l’on ne se méprenne pas, je ne suis pas un partisan du tout voiture, mais lorsque les politiques menées ne disent pas clairement ce à quoi elles veulent aboutir c'est-à-dire supprimer autant que faire se peut la circulation et le transit automobile et lorsqu’on dépense autant d’argent pour arriver à ce but, alors qu’une véritable politique de transports collectifs serait à même d’y parvenir, on se dit que les entreprises de travaux publics n’ont pas trop à se plaindre, même si la conjoncture actuelle n’est pas favorable.

Une bulle économique

C’est bien comme cela qu’il faut appeler cette commande publique destinée à maintenir hors d’eau ce secteur économique des travaux publics. Chaque année, les élus votent des budgets pas toujours pour des raisons de nécessité mais avant tout pour répondre aux demandes pressantes des entreprises du secteur qui n’oublient jamais de mettre en avant les risques sur l’emploi (sous entendu : on saura s’en souvenir au moment des élections).

C’est ce que on appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau » : on reconduit des crédits pour des aménagements pas toujours pertinents sans se poser la question des besoins réels dans d’autres secteurs (le logement par exemple, avec la remise à niveau thermique du parc ancien).

Le lobby des travaux publics fait bien son travail, celui du bâtiment et du secteur de l’isolation un peu moins.

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