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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:51

Disons-le tout net, la publication en 2011 de dessins brocardant l’islam dans Charlie Hebdo paraissait pour moi simplement inutile. Il faut dire que mon désamour vis-à-vis de l’hebdo satirique avait commencé avec le licenciement de Siné au motif déclaré, mais inexistant après jugement, d’antisémitisme. Ce désamour s’était poursuivi lors du départ de Philippe Val à la direction de France Inter sous le règne Sarkozy.

17 morts plus tard, et le prix payé est effarant, je constate que les publications contestées ont agi comme un formidable révélateur, un accélérateur d’une prise de conscience collective que les religions, lorsqu’on leur laisse le terrain libre, peuvent faire vaciller les démocraties.

Ouvrons les yeux

Après la mondialisation économique on assiste à celle de la religion où chacune d’entre elles raisonne en part de marché et veut imposer sa loi aux autres et aux démocraties. Les religions se situent globalement sur le terrain de la conviction, du prêche et de la conversion, objectif final, alors que certaines de leurs franges extrémistes, passent progressivement à la lutte armée et au combat anti démocratique pour imposer leurs points de vue et abattre les règles que nous nous sommes données. Ils nous entraînent progressivement dans une logique de guerre civile.

La prise de conscience a été brutale. Il a fallu 17 morts pour que nous nous apercevions du problème alors même que chaque jour au Niger ou en Syrie ou en Irak, on enlève, on tue, on lapide, on décapite, on égorge, on asservit les populations qui n’ont pour seul tort que d’appartenir à d’autres religions, ou de pratiquer d’autres rites. Il existe encore aujourd’hui des pays « amis de la France » plus pour des raisons financières, commerciales ou géostratégiques que pour le respect des droits de l’homme, où l’on emprisonne, on fouette à mort ou l’on tue pour délit d’opinion. Depuis le 7 janvier nous savons que cette « loi » barbare est désormais appliquée chez nous, contre notre gré : cette fameuse mondialisation de la religion.

Conservons notre patrimoine républicain

17 morts plus tard, chez nous, en France, nous sommes amenés à réfléchir sur le sens de ces meurtres et sur ce qui doit être mis en place pour que cela ne se reproduise plus. Les rassemblements du week-end dernier ont été l’expression d’une formidable unité nationale, mais qu’on ne se leurre pas, tout cela n’aura qu’un temps et les querelles politiques ou l’oubli feront leur œuvre. Combien seront-ils les lecteurs de Charlie Hebdo dans un ou deux ans. Combien sont-ils ceux qui se sont précipités chez leur marchand de journaux uniquement pour pouvoir dire « j’y étais » sans lire ce journal ou bien en disant « ils vont quand même un peu trop loin », justifiant par là même les débordements d’extrémistes ? A côté de ceux-là, d’autres peut-être auront acquis la conscience de ce que nous pourrions perdre si nous sommes passifs et si nous concédons un seul pouce de notre liberté aux religions en les laissant imposer leurs lois.

Les droits que nous nous sommes données et parmi ceux-ci le droit à la critique et à la caricature font partie de notre patrimoine républicain. Nous n’aspirons pas à les imposer dans les pays qui ne les veulent pas, mais nous ne tolérons pas qu’elles soient contestées sur notre propre sol par des extrémistes, au nom d’une croyance qu’ils voudraient nous imposer.

17 morts plus tard, que faire pour que cela ne se reproduise pas ? La déclaration des droits de l’homme, la constitution et des lois votées par les représentants du peuple fondent notre vivre ensemble. Ces textes ne s’inspirent pas d’une religion ou d’une autre, voire de plusieurs. Ils sont fondamentalement marqués par la laïcité et la liberté d’expression. C’est cela qui dérange. C’est cela qu’il faut préserver par tous les moyens.

Il n’y a qu’une seule communauté en France

Des apprentis sorciers ont cru intelligent d’avancer le concept imbécile de « laïcité positive » pour mieux racoler les voix des « communautés », mot vide de sens dans notre démocratie où il n’en n’existe qu’une seule : la communauté nationale. Tant que ce terme sera galvaudé par les politiques et les médias, on laissera planer le doute sur le fondement même de la République qui ne serait alors que la simple addition de « communautés » exigeant d’elle des droits particuliers propres à chacune des religions.

Codes alimentaires ou vestimentaires, pratiques religieuses s’imposant aux autres, censure de la presse, voire statut de seconde zone pour les femmes, voilà la dérive à laquelle nous sommes exposés si nous ne réaffirmons pas avec vigueur cette laïcité qui reconnait toutes les religions à partir du moment où elles adhèrent à ce principe. Ce qui nous guette, c’est une application différenciée des lois sur notre propre sol en fonction des confessions de chacun comme cela se passe dans certains pays d’Europe.

Une riposte globale et ferme

Mais le rappel de ces règles, particulièrement en milieu scolaire, s’il s’avère indispensable, au même titre que des mesures législatives et réglementaires supplémentaires pour renforcer la sécurité, à condition qu’elles ne restreignent pas les droits des citoyens, ne saurait suffire.

C’est d’abord sur le terrain économique que cette bataille se gagnera : que faire face à la désespérance de milliers de chômeurs qui voient croitre chaque mois leur nombre ? On le sait, l’inactivité se traduit par une montée en puissance de l’économie parallèle et de la délinquance qui conduisent souvent à la prison, lieu de toutes les manipulations mentales pour des personnes mal éduquées et en perte de repères.

Bien sûr l’éducation est essentielle, à condition que cela débouche sur l’insertion dans la vie active. Le gouvernement s’apprête à faire, il n’y a pas d’autres mots, un cadeau de 40 milliards aux entreprises, quasiment à fonds perdus (pas pour tout le monde), comme cela a déjà été le cas lors de l’abaissement de la TVA sur la restauration.

Il faut absolument faire cesser ce « pacte » et M. Gattaz qui défilait entre Bastille et Nation dimanche dernier serait bien inspiré de revoir sa posture.

Tous concernés

Le Président de la République, qui excelle en tant que chef de guerre sur des théâtres d’opérations extérieurs et dont la gestion de la crise intérieure récente a été unanimement reconnue, serait bien inspiré d’ouvrir un nouveau front : le combat économique. De leur côté, les médias ne peuvent plus se contenter d’éditoriaux à l’eau tiède pour ne froisser personne et s’engager rapidement, dans le respect du pluralisme religieux, dans la promotion de la laïcité, en la nommant et en l’expliquant. Les élus, quant à eux, ne doivent plus renier nos valeurs pour de sordides calculs électoraux et cesser de financer les cultes par des voies détournées et de participer es- qualité à des manifestations religieuses. Les citoyens eux-mêmes doivent être vigilants tout en ne cédant pas aux sirènes du racisme et de l’exclusion, dont certains ont fait leur fonds de commerce

Voilà, 17 morts plus tard, il est temps que chacun prenne ses responsabilités.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 09:56

Deux larmes coulent sur mes joues au moment où j’écoute Pelloux, ravagé par la douleur, commenter l’horreur à laquelle il a été confronté. Il fallait que ça sorte à un moment ou à un autre, juste pour passer de l’état de sidération à celui de la réflexion et des questions et du partage.

Mon étonnement concerne la manière dont chacun s’est approprié le slogan « je suis Charlie ». Combien parmi les porteurs de pancartes ou de badges reprenant ces mots, connait réellement Charlie-Hebdo, son combat contre l’intolérance, la connerie, et sa verve anti cléricale, pour ne parler que de cela ?

Ne boudons pas notre plaisir, ce slogan est fédérateur et c’est vrai que nous avions besoin d’un symbole pour nous rassembler, mais passé le temps de l’union, de l’émotion, certains qui n’ont jamais lu un numéro de ce journal, nous diront sans doute : « ils allaient tout de même un peu loin » à l’instar de politiques ou d’intellectuels frileux qui avaient oublié ce qu’est le droit à la caricature et à l’impertinence maintes fois consacré par les tribunaux, et qui accusaient Charlie de « mettre de l’huile sur le feu ».

Passons sur ce manque de recul et d’analyse pour nous attarder sur ceux qui nous gouvernent ou ceux qui y aspirent, qui décrètent aujourd’hui « l’union nationale » après avoir accepté depuis des décennies de s’asseoir progressivement sur la laïcité française, pourtant seule garante de notre vivre ensemble. De reculs en renoncements ou de diatribes sur la « laïcité positive », concept créé opportunément pour faire allégeance à certaines catégories d’électeurs, nous en sommes arrivés à considérer la nation comme une juxtaposition de communautés avec des revendications, des positionnements et exigences propres portés par leurs extrêmes, alors même qu’il n’existe qu’une seule communauté française.

Ce sont les mêmes et les calamiteux pédagogues qui les conseillent qui ont organisé la faillite de l’enseignement et amené des cohortes d’élèves vers l’échec et surtout ont gommé tout ce qui était susceptible de fâcher « les communautés » dans les programmes en particulier l’apprentissage de valeurs communes qui ont fondé notre nation et aussi l’esprit critique et l’esprit d’analyse qui font cruellement défaut dans la société libérale dans laquelle on n’a guère besoin de gens éduqués. Pas étonnant que des dessins puissent dès lors être considérés comme des agressions pour certains.

Le contexte économique et ses bataillons de chômeurs, ajoutés à l’échec pédagogique sont le plus sûr moyen de fabriquer de la délinquance et de la récupération malsaine de la part d’illuminés, et c’est ce qui s’est passé.

J’espère simplement que le grand mouvement auquel nous assistons aujourd’hui jouera le rôle d’électrochoc par une singulière et violente leçon d’éducation civique de rattrapage et que Charlie Hebdo pourra revivre et continuer à distiller sa pensée, mais je n’en suis pas certain. Le combat pour la laïcité et « nos valeurs » promu par le Premier Ministre dans son discours d’Evry ne sera-t-il qu’un effet d’annonce ?

Faisons crédit au gouvernement et au Président de la République d’avoir su gérer techniquement la crise de ces derniers jours, mais la tentation de récupérer cet épisode uniquement pour remonter dans les sondages et passer les échéances électorales, et ne rien faire à côté, est grande.

J’ai encore en mémoire les manifestations de 2002 pour faire barrage au Front National, qui depuis progresse sans cesse, étant entendu que Chirac, bénéficiaire de cette fameuse union nationale, s’était empressé de ne rien faire pendant son mandat pour élever le niveau de conscience des français.

Dans quelques jours, chacun retournera à ses occupations et cette belle unité nationale que l’on nous vend aujourd’hui risque fort de devenir un slogan creux qui pourrait se traduire uniquement par un renforcement des textes sécuritaires, et un vote de crédits d’équipements supplémentaires pour les forces de police, une sorte de « patriot act » à la française en quelque sorte…. Il ne faut pas se satisfaire de ce service minimum

Je serais très déçu que l’assassinat 17 personnes ne débouche sur rien d’autre que quelques mesurettes électoralistes destinées à brosser l’électeur dans le sens du poil. La réflexion à mener doit être plus globale et concerner au premier chef l’environnement économique du pays pour qu’il cesse d’être la fabrique de l’exclusion, terreau de dérives. La relecture ou la réécoute des chroniques de Bernard Maris, victime parmi les autres, s’avère indispensable. La laïcité doit être promue et réexpliquée et les principes constitutionnels de notre pays rappelés à tous. Le droit d’exprimer ses idées librement et le droit à la critique en font partie.

Ne rien faire serait une insulte à la mémoire des victimes. Ce serait comme les tuer une seconde fois.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:48

Une bonne nouvelle : l’Etat dispose de 40 milliards d’euros destinés au pacte de responsabilité.

Autre bonne nouvelle : le Medef refuse toute contrepartie dans le cadre de ce pacte.

Conclusion : On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif et le gouvernement doit utiliser efficacement cette manne financière pour lutter contre le chômage et sortir de la crise.

Gattaz le provocateur

Avec son pin’s fabriqué hors de France agrafé à la boutonnière, il nous promettait 1 million d’emplois. Désormais, il ne veut plus entendre parler de contrepartie aux 40 milliards versé par l’Etat aux entreprises. Au passage il milite pour la dérèglementation du travail en proposant un sous smic alors que lui-même a augmenté sa rémunération de 29 % l’an passé.

Il nous propose donc rien d’autre qu’un remake de « prends l’oseille et tire toi » à l’instar de ce qui s’est passé lors de la diminution de la TVA dans la restauration En fait, Gattaz est le porte-parole des grands groupes qui profitent en général pleinement des accords signés et des financements qui vont avec, alors que dans le même temps des PME et des artisans sont à la peine et voient leurs carnets de commandes fondre comme neige au soleil.

Les 40 milliards sont de l’argent public

Ils proviennent des économies réalisées sur les dépenses de l’Etat et des collectivités locales et des recettes fiscales supplémentaires engrangées depuis que Bercy s’est aperçu qu’il devenait rentable de faire la chasse aux fraudeurs, notamment ceux qui détiennent des comptes non déclarés en Suisse.

Notons au passage que la fraude fiscale et sociale s’élèverait actuellement au bas mot entre 30 et 50 milliards supplémentaires ce qui donne des perspectives intéressantes en matière d’équilibre budgétaire et de réduction de la dette, à condition qu’on s’en donne les moyens.

Investir sur la seule initiative privée est une erreur

Quels seraient les effets des 40 milliards du pacte de responsabilité donnés aux entreprises sur la réduction du chômage et sur la croissance ?

Le précèdent de la baisse de la TVA sur la restauration sous le règne de Sarkozy est éclairant : où sont les emplois crées ?

Il y a trois effets au versement de la manne publique : le premier consiste à embaucher mais on voit que cela est très limité surtout si les carnets de commande des entreprises ne se garnissent pas. Le second effet porte sur l’investissement destiné à accroitre la rentabilité de l’entreprise (et aussi parfois à supprimer des emplois). Le troisième effet bien connu consiste à toucher l’argent et à en reverser un maximum aux actionnaires et aux dirigeants des entreprises dont certains iront résider dans des pays fiscalement accueillants avec l’argent des contribuables français.

Au final, c’est-à-dire après que Gattaz nous aura affirmé mordicus que l’argent public aura permis de supprimer moins d’emplois que prévu, que nous nous apercevrons, mais il sera trop tard, que ce pacte de responsabilité est un marché de dupes pour les Français.

Sortir du dogme libéral en soutenant l’activité publique

A entendre les libéraux, les banquiers et la commission européenne, il n’est de bon investissement que privé, or que peut-on espérer des 40 milliards que le gouvernement s’apprête à donner sans contreparties formelles, surtout en terme d’emplois ? 100 ou 200 000 emplois au plus ? C’est-à-dire un rendement de la somme investie de seulement 10 % par rapport au million d’emploi promis antérieurement.

Le dogme en vigueur consiste à diminuer drastiquement la dépense publique pour favoriser l’activité privée. On voit que les résultats escomptés ne seront jamais là et que le faible taux d’activité de notre économie provoque de surcroit l’abandon de toute progression des salaires.

Il faut par conséquent réorienter ces 40 milliards vers l’investissement et l’emploi public.

Investir dans de l’emploi public, c’est être certain qu’il n’y aura pas de perte en ligne et que les milliards consacrés ne seront pas détournés de leur objectif par des patrons peu scrupuleux ou pas intéressés.

C’est également être certain que les sommes versés sous forme de salaires seront soumis à l’impôt et aux cotisations sociales, d’où une perspective d’amélioration des comptes sociaux, une baisse des prestations chômage versées actuellement et, par exemple, un recentrage des conseillers de pôle emploi vers le conseil aux demandeurs d’emplois.

C’est aussi de l’honneur retrouvé et des capacités d’avoir des projets de vie qui se concrétiseront par une demande auprès des entreprises (achat de biens et de services,…).

C’est enfin remettre en état des pans entiers de notre secteur public ou para public actuellement en déshérence : la police qui se plaint des commissariats délabrés et des véhicules pourris, les personnels soignants des urgences, la justice qui tarde trop souvent à la rendre, les services de l’inspection du travail de l’Urssaf qui doivent trouver leur place en matière de respect du droit du travail et du combat contre la fraude aux cotisations sociales, sans oublier les services chargés de combattre la fraude et l’évasion fiscale ou les crédits pour la recherche dans les universités.

Un part non négligeable de ces recrutements, rentables pour la collectivité, se traduira par des effets induits sur l’économie privée et lui permettra de se remettre à flots pour les plus en difficulté et enfin de créer d’autres emplois.

Enfin, toujours dans l’idée de doper l’activité privée, une part des 40 milliards aujourd’hui disponible devra être attribuée pour combattre l’exclusion et favoriser l’intégration : je pense à cet égard aux mesures d’accessibilité pour les handicapés sans cesse honteusement repoussées, à des mesures d’accompagnement de l’emploi de services pour les personnes âgées en établissement ou non, ou bien des financements d’emplois pour les associations qui favorisent la cohésion sociale dans les villes ou le milieu rural.

Il faut pour cela que nos gouvernants ouvrent les yeux, qu’ils fassent enfin le constat que la société se délite, qu’elle participe de moins en moins au barnum politique et que ce n’est pas en donnant de l’argent les yeux fermés que l’état du pays s’améliorera.

Pour compléter le dispositif, un coup d’œil sur les 60 Milliards actuellement distribués aux entreprises au travers les quelques 6000 dispositifs serait le bienvenu. Une étude sérieuse de l’impact de ce magma administratif satisferait certainement les entreprises qui se plaignent, à juste titre, des contraintes administratives qui leurs sont imposées.

Pas sûr que M. Gattaz soit d’accord avec ce qui précède, mais on s’en fiche : c’est l’intérêt collectif qui est en jeu, pas la somme des petits intérêts particuliers et financiers de quelques dogmatiques égoïstes qui plombent le pays.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 10:31

Des élus de la commune de l'Ile-Saint-Denis ont posé samedi en caleçons sur le perron de leur mairie pour protester contre l'austérité, en espérant attirer l'attention du gouvernement sur la baisse de la dotation budgétaire aux collectivités locales.

C’est bien dans l’air du temps : il faut frapper les esprits pour faire le buzz. Cela devient banal voire déplacé en l’espèce, l’association d’une tenue vestimentaire légère avec une écharpe tricolore symbole d’une fonction républicaine étant pour le moins déplacée.

Qu’est ce qui se cache derrière cet exhibitionnisme malsain ?

Tout d’abord un formidable mépris pour les citoyens qu’on manipule et qu’on instrumentalise en lui faisant croire que cette initiative est susceptible de lui rapporter. En demandant à l’Etat de maintenir ses financements actuels, on ne fait rien d’autre que l’inviter à augmenter les impôts et taxes qu’il prélève pour éviter que les impôts locaux augmentent.

Or, s’il existe plusieurs collectivités dépensières (Etat, communes, département, région, intercommunalités, syndicats divers,…) il n’y a qu’un seul contributeur, le citoyen qui au final sera le plumé et le grand perdant de l’affaire.

Ce qui se cache ensuite derrière cette manifestation « dénudée », c’est une paresse intellectuelle doublée d’une volonté de ne pas mécontenter les électeurs. En toute logique la baisse des dotations de l’Etat devrait soit s’accompagner de la hausse des impôts locaux soit d’une diminution des programmes municipaux et ni l’une ni l’autre de ces deux options n’est envisageable pour des élus qui cherchent avant tout à se faire réélire. Le centre du monde devient donc la commune (le plus petit dénominateur commun), et l’Etat qui vit au-dessus de ses moyens est donc invité à continuer de creuser le déficit budgétaire pour faire plaisir à quelques hurluberlus en caleçons.

Le fond du problème

Le fond du problème, c’est qu’il y a en France plus de 36000 communes dont la majorité n’a pas les moyens de survivre sans aide financière d’une autre collectivité (Etat, département ou intercommunalité).

Le fond du problème c’est que chaque élu s’accroche à son écharpe et ses prérogatives et répugne à s’engager plus avant dans l’intercommunalité.

Le fond du problème, ce sont les enjeux de pouvoirs locaux et les équilibres politiques nationaux. Il faut absolument garder ses « parts de marché » par rapport à la concurrence politique et se montrer sous son meilleur jour, c’est-à-dire faire de l’activisme politique.

Les électeurs/contribuables devraient s’intéresser à ces questions plutôt que de réagir sur l’écume des choses et le brouhaha médiatique déclenché.

Rêvons un peu…

Imaginons des intercommunalités avec des compétences et des ressources financières adaptées. Cela suppose que les conseils généraux disparaissent et leur transfère une partie de leurs compétences (la proximité), le reste étant transféré aux Régions….

Imaginons la réduction drastique du nombre de syndicats intercommunaux (plus de 12000 actuellement) avec transfert de leurs compétences et de leurs financements aux intercommunalités …

Imaginons des fusions de communes avec une réduction importante du nombre de conseillers municipaux et nomination de maires délégués…

Imaginons enfin que des collectivités locales s’entendent entre elles pour passer des marchés de fourniture de bureau, de mobilier ou d’énergie.

Cela existe déjà

A part le premier cas, ces situations existent déjà et sont présentées comme des politiques innovantes destinées à faire des économies. Comme quoi la mesure de diminution des dotations prise par l’Etat produit des effets et que les élus qui posent en caleçons manquent singulièrement d’imagination…. A moins que le sectarisme de certains ne les empêche de parler à leurs voisins.

La grande crainte des élus et des partis

Oui, mais, c’est bien, mais cela ne va-t-il pas conduire à la diminution du nombre de nos collectivités ? Ce qui peut se traduire par « Est-ce que cela ne va pas se traduire par la diminution du nombre d’élus ? ».

Diminuer le nombre de collectivités et d’établissements publics de coopération intercommunale doit se traduire dans les faits par des économies importantes, à condition qu’on ne laisse pas les élus manipuler la loi pour garder leurs sièges et leurs effectifs. Rien ne se fera sans que les citoyens aient intégré et participent activement à cette révolution administrative.

Car la vraie question est là et tant que le citoyen n’aura pas intégré ce paramètre essentiel pour faire des économies, il continuera à se faire manipuler par des guignols en slips.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 09:51

Imaginez une corporation qui créerait son propre code du travail, qui déciderait des créations d’emplois, qui aurait un régime spécial de retraite, au revenu non imposable, qui pourrait cumuler plusieurs fonctions qui déciderait de travailler ou non et ou la cooptation vaudrait compétence.

Impossible me diriez-vous !

Et pourtant elle existe cette corporation qui bénéficie de privilèges exorbitants. Ce sont nos élus.

Ne comptez pas sur moi pour déclamer la complainte du « tous pourris ». Non, car il existe des élus compétents, qui travaillent, mais qui bénéficient néanmoins des privilèges énoncés ci-dessus par le biais d’un statut voté par leurs ainés au Parlement et sans cesse amélioré au gré de « réformes ».

Le «numérus clausus » régional

Comme dans les professions règlementées, les élus se sont concoctés une règle pour conserver leurs effectifs. Ils la mettent à jour au gré des lois sur l’organisation territoriale. C’est le cas actuellement pour les Régions dont le nombre passe de 22 à 13. Bonne nouvelle me direz-vous : le nombre d’élus en France va donc diminuer ! Eh bien non, car les élus, dans leur « grande sagesse » ont décidé d’appliquer la loi sur la nouvelle carte des régions au 1er janvier 2016, APRES les élections régionales de décembre 2015, qui prennent en compte le découpage et consacrent les effectifs actuels. Futé, non ?

A l’occasion de ces élections régionales, nous constaterons sans doute que pas mal de députés socialistes qui anticipent une défaite certaine en 2017 ou en 2015 aux cantonales, vont se positionner en position éligible afin d’assurer leurs fins de mois et surtout éviter de chercher un vrai travail. Car cela vous aura peut-être échappé mais la fin du cumul des mandats votée au Parlement ne sera effective qu’en 2017. Ils ont tout prévu !

Et puis puisqu’on parle de 2017, rappelons également que l’ex Président de la République a déjà annoncé qu’il abrogerait cette loi sur le non cumul des mandats en rétablissant le cumul entre mandat local et mandat national. C’est donc quasiment l’union sacrée entre gauche et droite. On met donc insidieusement une alternance politique avec CDI garantis, à défaut d’une alternance sur les idées, à laquelle plus personne ne croit.

La garantie de l’emploi à vie concerne également les élections départementales

Rappelez-vous la promesse de suppression des Conseils Généraux ! Oublié, battue en brèche par tous, gauche et droite confondue et qui a fait l’objet d’un chantage de la part des radicaux de gauche qui menaçaient de quitter la majorité (on a eu très peur !).

On nous parle aujourd’hui d’un statut particulier en fonction du caractère rural ou non du Département et au final, on ne parlerait quasiment plus de suppression. Et quand bien même, l’ex dans sa furie abrogative a déjà prévenu qu’il proposerait la fusion entre conseil régional et conseil départemental, ce qui veut dire qu’on ne supprimera aucun mandat départemental.

Effet induit de ces revirements et promesses, nous aurons le droit à des assemblées pléthoriques. Prenez par exemple la Région Auvergne Rhône Alpes avec ses 204 conseillers régionaux auxquels viendraient se joindre l’ensemble des conseillers généraux des 13 départements qui composent la Région. Il faudra sans doute construire un Zénith dans chaque région pour accueillir les réunions de ces chers élus, sans compter les tours de bureaux nécessaires pour le personnel des cabinets et des services communication qui vont fusionner également. On aura des armées mexicaines. Cela va faire très très cher au bout du compte ! Mais puisque c’est pour votre bien….

Reste le mandat local…

Pas de problème non plus à ce niveau : les élus sont vent debout contre une rationalisation de l’intercommunalité qui viendrait diminuer leurs troupes et les précédentes expériences sont là pour prouver que là également la résistance s’organise. Déjà en 2010, ils n’avaient accepté que du bout des lèvres de supprimer quelques intercommunalités et quelques syndicats et avaient mis comme condition d’attendre 2014 (la fin des mandats municipaux) pour aller jusqu’au bout de leurs mandats.

Et lorsque des regroupements ont eu lieu, comme pour le syndicat de l’énergie dans mon département, tous les élus des anciens syndicats sont invités au festin : ils sont 69 pour gérer cette compétence unique alors que les conseillers généraux ne sont que 53 ! Ajoutez toujours une grosse pincée de fonctionnaires territoriaux pour faire fonctionner le tout et vous aurez une tambouille fiscale indigeste qu’il vous faudra payer.

Pas un élu ne doit rester sur le bord de la route !

C’est le crédo de ces privilégiés qui, tous bords confondus, se refilent les postes entre eux. On serait bienveillant devant cette nouvelle corporation si elle se bornait à parader en costume à l’instar de la confrérie de l’andouille ou du cassoulet, mais derrière le barnum médiatique qu’ils nous servent chaque jour pour dire qu’ils sont indispensables se profile le dernier rond-point ou le dernier aéroport qui fera plus surement d’eux les hommes providentiels d’un territoire que du contribuable un millionnaire et qui relancera l’économie, promis juré.

Ils se protègent en vendant à l’encan les derniers biens publics (les autoroutes) ou concèdent des pans entiers des services publics (eau, construction de bâtiments,…) à des sociétés pour lesquelles l’intérêt des actionnaires est primordial, pour pouvoir continuer à entretenir l’illusion qu’ils « font marcher l’économie ».

Ils se serrent donc les coudes. Leurs pratiques, leurs dogmes économiques et fiscaux sont identiques, gauche et droite confondues.

La France, un pays difficile à réformer ?

Vaste fable ! Ce sont avant tout les groupes d’intérêts des élus et des partis politiques et les lobbies qui s’entendent entre eux comme des larrons en foire sur notre dos, parfois de manière éhontée et en tapant dans la caisse, parfois par leur seul silence complice, pour le bien du peuple bien sûr.

Les 550 000 élus qui nous gouvernent vont bien et ils vous remercient. A l’occasion, si vous avez la chance d’en croiser un entre deux réunions, deux banquets, la bise à la centenaire ou la remise d’une médaille, faites-lui savoir fermement tout le mal que vous pensez du système dans lequel il évolue.

Cela ne changera sans doute pas les choses, mais cela vous fera du bien.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 07:07

Les élections départementales sont prévues en mars 2015 et les élections régionales en décembre et je ne participerai pas à la mascarade qui consisterait à élire des représentants dans ces assemblées à l’avenir incertain et aux compétences opaques.

Je rejoindrai donc le nombre croissant d’abstentionnistes à ces élections (55% aux cantonales en 2011 et 53 % aux régionales en 2010).

Des compétences opaques

Aujourd’hui déjà, il est très difficile pour un électeur de dire quelles sont les compétences respectives de ces deux assemblées locales et la confusion est généralement la règle avec les compétences de l’Etat ou bien de la commune ou celles des intercommunalités.

Cette opacité est par ailleurs entretenue par les élus eux-mêmes qui cumulent des mandats dans des assemblées différentes, ce qui participe à l’incompréhension de l’électeur, et qui agitent le chiffon rouge du manque de proximité entre les élus et les citoyens (vous les voyez souvent, vous, vos conseillers généraux ou régionaux ?)

Oui, mais la réforme en cours, me direz-vous ?

Sur le papier, cette réforme était censée clarifier la situation. Entre le projet présenté il y a quelques mois et ce qui ressort des débats politiciens aujourd’hui, il existe un très grand écart, au point même qu’on serait légitime à penser qu’il vaut mieux laisser les choses en l’état parce que cela coûtera moins cher.

Prenons l’exemple des régions…

Quelle urgence y avait-il à diminuer le nombre de Régions. Les souverainistes vous diront que cette décision fut imposée par Bruxelles. De manière plus pragmatique, je dirais que cette mesure est destinée à donner un contenu (fumeux) à une réforme des collectivités locales qui en manque cruellement et qui se réduit chaque jour un peu plus.

Résultats : revendications identitaires (Alsaciens et Bretons), refus d’accueil des plus pauvres que soi (Nord et Alsace), et crainte de perdre des avantages (le Concordat en Alsace), etc., etc,…

Vous me direz que pendant ce temps on ne parle pas du contenu même de la réforme, à savoir le renforcement des compétences régionales.

Prenons l’exemple des conseils départementaux (conseils généraux)

Leur disparition était programmée dans le projet initial et leurs principales compétences transférées aux régions ou aux intercommunalités. Nous n’en sommes plus là, et les calculs politiciens de quelques-uns opposés à cette disparition (les radicaux de gauche) ou qui étaient pour la réforme lorsqu’ils étaient aux affaires et qui sont désormais contre (la droite) auront certainement raison des velléités gouvernementales sur ce projet.

En attendant que les choses se décantent, ou que la droite revenue au pouvoir abroge la réforme, nous sommes conviés en mars 2015 à élire un couple homme femme dans un canton redécoupé en fonction du nombre d’habitants et non en fonction d’une quelconque cohérence territoriale (bassin de vie), sans savoir ce que serait demain le conseil départemental, ni ses compétences futures.

Une « réforme » faite pour les élus et les partis

Le fond de l’affaire, c’est que les citoyens, mal informés, se font balader et instrumentaliser par la caste des élus et les partis politiques qui auraient beaucoup à perdre dans une réforme réelle des collectivités locales qui diminuerait le nombre de mandats électifs : Moins de cumuls et moins de possibilités de « faire carrière », c’est cela qu’ils veulent éviter à tout prix.

Déjà, la réforme de la carte des Régions qui prévoit la fusion de certaines d’entre-elles dispose que le nombre d’élus restera le même (et par conséquent que le personnel politique des cabinets de ces grands hommes restera pléthorique…).

Cela accrédite bien la thèse que la réforme coutera plus cher qu’actuellement : salles et bureaux des assemblées à dimensionner en fonction de cette folie, sans compter avec les débats sur les « capitales régionales ».

Cerise sur le gâteau, on parle dans l’opposition si elle revient aux affaires en 2017, d’une possibilité de fusion entre les conseils généraux et les conseils régionaux, ce qui nous donnerait une armée mexicaine d’élus dans chaque région frôlant, à chaque fois, un nombre voisin de celui des sénateurs ou de l’assemblée nationale.

Je n’irai donc pas voter en 2015

Rien ne sera défini ou stabilisé avant les élections départementales de 2015 et ce qui se profile ne me convient pas. Le système qui consiste à protéger les élus et les partis en faisant payer aux contribuables locaux les frais de cette « protection » m’est insupportable. La perspective d’un retour de l’opposition aux affaires qui a prévu de chambouler une fois de plus le système, ce qui ajoutera aux dépenses, ne me convient pas non plus.

Je ne veux plus voter pour des têtes de gondoles qui me promettront monts et merveilles et qui me demanderont de les croire quand ils me diront que demain ça ira mieux.

Je veux savoir qui fera quoi demain et je souhaite une simplification du mille-feuille territorial afin que les citoyens comprennent enfin comment cela fonctionne et soient les acteurs de leur devenir démocratique.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 09:35

Vous connaissez la blague : « le foot est un sport qui se joue à 11 et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne ».

Remplacez foot par tennis et Allemagne par Suisse, ça marche aussi…

Sauf qu’en l’espèce, la Suisse avait mis toutes les chances de gagner de son côté, même en cas de défaite de son équipe nationale, compte tenu du fait que « notre équipe nationale » réside en Suisse et bénéficie de la douceur fiscale des bords du lac Léman.

Vice de forme…

De l’avis des commentateurs, nos « nationaux » ont encore raté ce rendez-vous sportif. Une méforme ou une impréparation, voire une mystérieuse blessure ont scellé leur sort. On se perd en conjecture sur l’origine de cette blessure qui empêchait ce sportif de serrer sa raquette sans ressentir une douleur. D’aucuns en voient l’origine lors de la cérémonie d’ouverture lors des hymnes nationaux, chantés la main sur le cœur, interprété en l’espèce comme un réflexe fiscal de contracture de la main sur le portefeuille, une sorte de tennis elbow fiscal en quelque sorte.

D’autres commentateurs parlent de « conflit de loyauté », trouble psychique majeur auquel se trouvent confrontés bon nombre d'enfants de parents séparés, qui doivent « jouer » entre le désir du père et celui de la mère, parfois contradictoires. Vous remplacez mère (patrie) par France et père par résidence fiscale (en Suisse) et vous aurez sans doute l’origine des troubles de notre équipe de tennis et l’explication de sa contreperformance.

Vice caché

Pour vivre heureux, vivons cachés…

Caché, oui, heureux, pas sûr ! Qui a- t-il de passionnant à pratiquer l’errance pour de simples raisons d’argent ? L’avidité, la cupidité sont uniquement les moteurs de ces pérégrinations malsaines. Bien à l’abri dans les banques Suisses, belges, luxembourgeoises ou autres paradis fiscaux qui accordent à ces exilés des faveurs qu’ils n’accordent pas toujours à leurs propres résidents, l’argent de ses bons français s’entasse en attendant leur mort.

Mais voilà, il faut bien sortir de sa cachette pour gagner un peu plus d’argent ou répondre aux obligations de la fédération ou du public, alors un petit match pour les sportifs ou un petit concert en France pour les artistes permettront de maintenir la popularité et continuer à faire fructifier leur petit commerce fiscal, même si dans ce cas l’argent gagné sera imposé aux taux français.

Comme le dit un membre de « l’équipe de France » de tennis : « pour 47 jours passés en France, j’ai payé 230 000 € d’impôts ! ». On remarquera que pour payer cette somme, il faut gagner plus du double. On a du mal à le plaindre et ceux qui font la queue au restaurant du cœur apprécieront !

Vice du consentement

Pour qu’un accord soit valide, les parties doivent échanger leurs consentements

Le consentement exprime l'accord des volontés et se matérialise dans la rencontre d’une offre précise et complète et de son acceptation.

Pour ma part, et je ne suis pas le seul, je n’ai jamais accepté que certaines personnes se prévalant de la nationalité française échappent aux règles de vie en commun, notamment à l’impôt, et surtout veuillent me représenter que se soit pas leur image de sportifs ou d’artistes ou pire encore comme parlementaires disposant d’un compte en Suisse.

Si, pour les premiers cités, je ne peux qu’afficher mon mépris et mon indifférence, j’attends que pour les parlementaires, une reconduite symbolique à la frontière Suisse assortie d’une déchéance réelle de leurs mandats électifs soit rapidement mise en œuvre.

La coupe des vices est pleine !

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 17:51

De nombreux scandales émaillent la vie publique du pays et conduisent à la démission ou au renvoi de certains. Tous ne sont cependant pas soumis à la règle de droit commun s’appliquant au citoyen de base.

Quelques exemples…

Un Ministre disposant d’un compte en Suisse ou un autre soupçonné d’avoir favorisé des proches dans l’obtention de marchés publics seront conduits à la démission. Pareil pour un conseiller présidentiel se faisant cirer les chaussures dans le palais présidentiel. Voilà la règle pour les membres du gouvernement. Elle ne souffre aucune exception et on doit se réjouir au nom de « la République exemplaire ». Les exemples sont nombreux tout au long de la 5ème république, droite et gauche confondue.

Un individu soupçonné de mauvais traitement envers un proche sera tenu de s’éloigner de la cellule familiale. Un policier ou un fonctionnaire indélicat seront suspendus à titre conservatoire et un comptable soupçonné d’avoir tapé dans la caisse sera lui aussi écarté pour éviter toute tentation de récidive.

L’actualité sportive avec ses soupçons de matches truqués nous apprend que des dirigeants mis en examen sont interdits d’exercer.

Tous ces dispositifs permettent aux mis en examen de se défendre et éventuellement de prouver leur innocence. Ils ne veulent pas dire que les intéressés sont coupables.

Tout va pour le mieux, donc…

Oui, si le système s’appliquait à tous, ce qui n’est pas le cas, puisque les parlementaires chargés de voter les lois et de les faire appliquer, bénéficient d’une étrange immunité puisqu’ils échappent aux mesures de droit commun.

Prenez ce cher M. Thévenoud qui souffre d’un mal étrange inconnu jusqu’à présent, la phobie administrative, ou encore M. Balkany mis en examen pour des indélicatesses fiscales ou bien encore Papi Dassault soupçonné d’avoir rapatrié des avoirs qu’il détient en Suisse pour arroser les électeurs de sa commune et qui siègent toujours au Parlement.

Prenez ces honorables parlementaires soupçonnés de détenir des comptes en Suisse ou bien ce parlementaire spécialisé dans les lois de finances qui « omet, de bonne foi » de déclarer une partie de son patrimoine et minorer ainsi son impôt.

Ont-ils démissionné ? Non. Ils continuent à voter les lois qui s’appliqueront aux autres et dont ils chercheront à s’exonérer le moment venu.

Tout cela parce qu’ils bénéficient d’une immunité dans l’exercice de leurs fonctions et que cette immunité ne peut être levée que par le bureau des assemblées qui se fait souvent tirer l’oreille (cf cas Dassault il y a quelques mois) : les loups ne se mangent pas entre eux…

Ajoutons à cela l’absentéisme qui sévit en particulier au Sénat où une honorable sénatrice n’hésite plus à parler d’emplois fictifs pour certain de ses collègues qui touchent cependant leurs indemnités gracieusement payées par les contribuables. Dans quelle entreprise tolèrerait-on cela ?

Il est temps de réformer ce système

Un parlementaire pris la main dans le sac et faisant l’objet d’une enquête fiscale ou policière devrait-il bénéficier d’une immunité qu’il n’accepte pas pour le commun des mortels ? La réponse est non !

Dès la découverte d’un fait le concernant, le parlementaire devrait être automatiquement et immédiatement suspendu, sans indemnités, de ses fonctions et remplacé par son suppléant jusqu’à une éventuelle mise hors cause.

Ce système aurait pour avantage de préserver les équilibres dans les assemblées entre majorité et opposition et aux parlementaires coupables de ne pas s’incruster sur leur siège en utilisant toutes les voies de recours pour faire traîner la procédure et éviter une condamnation et une inéligibilité.

Mais comme ce sont les parlementaires eux-mêmes qui votent la loi, on peut attendre longtemps.

C’est pourquoi seule la voie du référendum semble possible pour réformer ce statut inacceptable de privilégié.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 09:50

S’il revenait au pouvoir, l’ancien chef de l’Etat s’est engagé à revenir sur le mariage pour tous…

S'il revenait au pouvoir, l'ancien chef de l'Etat s'est engagé à revenir sur la réforme territoriale engagée par le gouvernement…

S’il revenait au pouvoir….

…Pour la suite des mesures sur lesquelles l’ancien chef de l’Etat s’engagera à revenir, il suffit de suivre les déclarations de l’intéressé dans les meetings qu’il va tenir en vue de rependre les manettes de l’UMP.

La loi Veil sur l’IVG ? La loi Badinter sur la peine de mort ? L’abolition du CDI ? Le retour aux 45 heures avec travail obligatoire le dimanche ? etc… Tout semble ouvert et il est temps que les lobbies de tous poil dont le Medef provoquent des réunions rapidement avec l’ex qui ne manquera pas de leur dire : « Si ça vous fait plaisir, franchement, ça ne coûte pas cher ».

Si ça vous fait plaisir…

Il est comme ça, Sarkozy, tout en panache et en finesse. Il ne cherche qu’à nous faire plaisir. Mais n’aurait-il pas changé ? Nous l’avions quitté un peu excité au terme d’un quinquennat marqué par des saillies dont tout le monde se souvient encore, du style « casses-toi pôv’con », par des jugements peu amènes en « off » distillé dans la presse sur ses collaborateurs ou par la promesse de l’utilisation du croc de boucher.

C’est devenu une vraie boule d’amour, prêt à donner satisfaction à chacun, pourvu qu’il se fasse entendre de manière claire et ferme, comme cela a été le cas avec les partisans de l’abrogation de la loi sur le mariage pour tous.

Il suffira à tous et à chacun de chanter sur l’air des lampions « a-brogation » « a-brogation » pour être immédiatement entendu par M. Sarkozy.

Une belle période s’ouvre devant nous

Finies les promesses de campagne, les programmes périssables élaborés par les communicants juste pour décrocher la timbale, M. Sarkozy innove et invente le mouvement politique perpétuel : pendant le prochain quinquennat, le parlement aura pour tâche d’abroger les lois votées lors du précédent et de procéder à leur « réécriture ». Le pays immobile se profile devant nos yeux…

Le Parlement ne perdra plus son temps à faire des lois restrictives contre les lobbies qui se seront exprimés fermement pendant la campagne et au contraire « libéralisera » le cadre juridique dont celui qui permet aux nantis de s’en mettre encore un peu plus dans les poches en pratiquant l’évasion fiscale au Luxembourg (la Suisse étant devenue « Pays à risque »). Le Parlement sera aussi chargé de réécrire la loi sur l’immunité des élus, bien entendu.

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

Doit-on croire aux propos de l’ex ? Non bien évidemment. Cette évidence se retrouve dans le personnage lui-même, capable de dire une chose et de faire le contraire (mais n’est-ce pas là le trait de caractère principal de nos politiques ?).

La vérité est beaucoup plus simple : M. Sarkozy trimbale derrière lui pas mal de casseroles juridiques en cours ou à venir. Parmi celles-ci, l’affaire Bygmalion. Qui peut croire un seul instant que l’intéressé, ainsi que M. Copé, n’aient pas été au courant ?

Nul n’est censé ignorer la loi. Ce principe universel s’applique au commun des mortels mais pas à une certaine « élite » autoproclamée.

Dès lors que les affaires et les juges (les petits pois…) se rapprochent, « l’élite » se réfugie derrière les meilleurs cabinets d’avocats qui leurs fournissent complaisamment des téléphones portables sous des faux noms, et cherchent à se construire une immunité.

C’est ce qui se passe actuellement avec M. Sarkozy. La présidence de l’UMP constitue le premier refuge et même s’il elle n’est pas synonyme d’immunité, il n’en reste pas moins qu’elle aura pour effet de calmer les ardeurs du Parquet dans les affaires où il est impliqué, en attendant le graal : le retour à l’Elysée en 2017 et la tranquillité pour 5 ans.

Alors, non, il n’a pas changé, il s’adapte simplement aux circonstances. L’avenir du pays lui importe peu. C’est son avenir judiciaire qui est en jeu et c’est là toute sa stratégie.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 10:12

A peine oubliée la polémique sur la promesse de François Hollande de ne pas augmenter les impôts en 2015, que voici désormais les élus locaux qui montent au créneau pour dire que la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales provoquera une hausse de la fiscalité locale.

Un raisonnement binaire

Nous sommes en plein dans le jeu politique et dans celui des lobbies.

Les élus locaux réclament à cor et à cri leur autonomie mais ne peuvent se passer de la manne financière de l’Etat qui rappelons-le au passage provient directement des poches des mêmes contribuables.

Cette autonomie passe le vote du budget qui contient des dépenses de fonctionnement et d’investissement. J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il ne fallait pas préserver l’investissement à tout prix, au motif que c’est bon pour l’emploi, lorsque cet investissement s’avère parfois démesuré et est synonyme d’endettement où lorsque qu’il s’agit d’ajouter des ronds-points aux ronds-points existants juste pour faire tourner les toupies à béton et les goudronneuses.

Les dépenses de fonctionnement peuvent également être créatrices d’emplois, dans les secteurs des services à la personne par exemple, ou bien dans les économies d’énergies pour l’investissement.

Oui, mais voilà, les élus locaux (et nationaux, qui sont souvent les mêmes) sont soumis au diktat des lobbies du BTP qui veulent conserver leurs parts de marchés en bétonnant à tout va sans prendre la peine d’aborder la nécessaire reconversion de leur activité qui arrivera un jour ou l’autre.

Le jour où le café en poudre est apparu dans les magasins, que sont devenus les fabricants de moulins à café ?

Donc, les élus qui sont bien coachés par les lobbies, développent un discours unique : puisque les dotations de l’Etat baissent, il faut diminuer les dépenses de fonctionnement et continuer à augmenter l’endettement pour ne pas toucher à l’investissement. Préparez-vous en conséquence à voir fleurir de nouveaux ronds-points.

Le corollaire de ce discours est que les subventions aux associations devront être diminuées (il faut bien manipuler les bénéficiaires de ces subventions contre l’Etat, source de tous les maux locaux, bien évidemment…), notamment les associations sportives ou les écoles de musiques, par exemple. Succès garanti auprès de la population qui se fait instrumentaliser dans ce débat…

Pas un mot par contre sur les autres gisements d’économies dont les élus ne veulent pas parler.

Blackout sur tout le reste

Tout le reste ? C’est d’abord l’inflation de recrutements dans les communes et les intercommunalités dénoncé par la Cour des Comptes. En théorie, la création des intercommunalités n’aurait pas dû entraîner les 200 à 300 000 emplois créés depuis une dizaine d’années : les compétences des communes transférées aux intercommunalités aurait dû être accompagnées d’un transfert de personnel, ce qui a été rarement le cas : les élus sont de très mauvais managers et rechignent à se coltiner le personnel dans le cadre du dialogue social.

Citons le cas d’un célèbre élu professionnel centriste qui a cumulé tous les mandats dans sa vie politique, qui se permet aujourd’hui de dire que le nombre d’heures de travail en France est trop faible, et qui a signé (ou plutôt s’est défilé devant les syndicats locaux) un très bon accord sur les 35 heures qu’on ne trouve quasiment nulle part en France dans les mêmes collectivités.

Tout le reste ? C’est également le nombre de mandats locaux en France issus du nombre de strates locales et qui génère de « l’emploi » et du cumul pour les élus eux-mêmes ce dont ils ne parlent pas. Il n’est que de suivre les débats sur la réforme des collectivités territoriales pour constater que les combats principaux contre le texte proposé par le gouvernement concernent le maintien des structures (départements, régions, intercommunalités,…) en l’état ou tout du moins de conserver le nombre d’élus, même si on réforme une strate (exemple du texte sur les Régions). Le citoyen est l’oublié du débat et se mobilise parfois pour mettre en avant des questions identitaires ou des raisons de « proximité avec les conseillers généraux » qui relèvent davantage de l’instrumentalisation que d’une réelle réflexion.

Un rapide calcul sur le Conseil Général de mon département a montré que la suppression de cette assemblée (avec transfert des compétences vers d’autres collectivités, dont la Région) pouvait générer, au minimum, une économie de 11 Millions d’euros par an.

Que veut-on privilégier ? Le maintien des services, les subventions aux associations, l’investissement utile, ou bien le bien-être de rentiers de la République qui se battent pour garder leurs privilèges à vie au détriment du bien-être de leurs concitoyens.

Tout le reste ? C’est enfin le Sénat, véritable anomalie démocratique, dont les membres ne sont pas élus au suffrage universel et qui une fois « élus » désertent les bancs de l’assemblée en n’oubliant pas cependant d’encaisser les belles indemnités payées par le contribuable. 350 Millions d’économies par an sont à faire en supprimant cette maison de retraite pour élus finissants et profiteurs.

Secouons nos élus !

Le débat ne se résume pas en conséquence aux envolées lyriques d’élus qui cherchent à vous instrumentaliser, en voulant garder leurs avantages, en évitant surtout les vrais débats avec les lobbies et les syndicats. Ils ne veulent pas se remettre en question, ni bousculer « l’ordre établi ». Aidons-les en les interpelant vigoureusement ! Au besoin, relayez ce texte auprès d’eux !

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