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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 16:19

Il y a quelques semaines, j’ai publié un article intitulé « La Préfecture de Région à Rennes verra t’elle le jour ? ».

Nous avons aujourd’hui la réponse définitive : c’est non. Le Préfet de Région vient de l’annoncer, ce projet était trop cher en période de crise (40 millions d’euros) n’était plus compatible avec les contraintes budgétaires actuelles et est donc abandonné.

Bravo, direz-vous ! L’Etat montre enfin l’exemple et semble faire des économies. Sauf que l’abandon d’un tel projet n’est jamais neutre et qu’il aura des répercussions sur d’autres collectivités, le Département, en l’occurrence, qui paye depuis trois décennies les hésitations et la radinerie de l’Etat.

Vous devez bien vous douter que l’abandon d’un tel projet qui en était arrivé au stade des appels d’offres avec les entreprises va tout de même coûter de l’argent aux contribuables. Il a bien fallu faire un concours d’architectes et indemniser ceux qui n’ont pas été retenus. Quant à celui qui a été retenu, vous devez bien vous douter également qu’il a signé un contrat en bonne et due forme prévoyant sa rémunération à différents stades d’avancement du projet et le montant du dédit en cas d’abandon du projet.

D’autres organismes et bureaux d’études (sols, sécurité, énergie,…) ont également passé des contrats avec l’Etat et ont été rémunérés pour leur travail.

Au final, le gâchis financier doit se monter autour de deux ou trois millions d’euros pour les finances de l’Etat. Pas mal pour un projet qui ne verra jamais le jour !

L’Etat n’en n’est pas à son coup d’essai puisque dans les années 80, un projet avait été monté pour que l’Etat construise ses locaux propres et rende les surfaces occupées dans la « préfecture » au Département qui en est le propriétaire. Le Département qui souhaitait faciliter ce transfert avait alors versé un fonds de concours  de 7 millions d’euros environ, somme qui ne sera remboursée après l’abandon de ce projet initial que plusieurs années plus tard, après relances, et surtout sans intérêts financiers, au Département qui a donc perdu dans l’affaire au moins un, voire deux, millions d’euros d’intérêts : encore de l’argent des contribuables jeté en l’air.

Pendant tout ce temps, et encore aujourd’hui, le Département n’a pu avoir la jouissance de ses locaux et a été contraint de louer des locaux aux alentours de la « Préfecture de Beauregard »sur le marché de l’immobilier. Deux immeubles ont ainsi été loués pendant plusieurs années qui ont couté cher aux contribuables locaux en loyers, en aménagements et en entretien.

Afin de mettre fin à ces dépenses dont on ne voyait pas le terme, le Conseil Général a monté plusieurs projets d’extensions ou de constructions de locaux pour loger ses services dont l’importance croissait au fur et à mesure des transferts liés à la décentralisation.

Difficile de chiffrer l’argent dépenser en études, en rémunérations de cabinets divers et variés et d’architectes sollicités, mais là aussi, ces sommes se chiffrent en millions d’euros.

Au final, le département a renoncé à construire de nouveaux locaux sur Beauregard et a opté pour la construction d’antennes départementales dans les Pays afin d’essayer de maintenir de manière hypothétique un ascendant sur les communautés de communes.

Si l’on ajoute le coût de l’imbrication des services de l’Etat et du Département, celui du transfert des personnels du département dans les fameuses agences, le coût de relogement de l’état major des pompiers que le département envisageait de loger dans les locaux de la Préfecture devenus vacants et le coût des études, des frais d’architectes liés aux différents projets avortés, on ne doit pas être loin des 10 millions d’euros jetés par les fenêtres depuis le début.

Alors, monsieur le Préfet de Région aura beau essayer de nous rassurer sur la gestion des deniers publics qui justifie l’abandon du projet de Préfecture, il n’en reste pas moins que le compteur va continuer à tourner pour le contribuable local.

Cela s’appelle de la communication.

 

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:05

 

Comme beaucoup de personnes, je reçois de temps à autre sur ma messagerie électronique des messages s’élevant contre le droit de vote qui pourrait être donné aux étrangers.

En général, ces messages ne donnent pas dans la nuance et le raccourci entre étranger et islamiste sert de construction à un propos qui se veut ouvertement raciste. Tout y est, de l’islamisation rampante de notre société et du danger pour la laïcité en passant par les mosquées qui remplaceront bientôt nos églises et l’obligation des menus hallal dans les cantines scolaires.

Ces messages n’invitent pas à la réflexion mais au contraire s’inscrivent dans une démarche de propagation de craintes et de peurs irraisonnées : ils assènent une vérité mais évitent bien d’engager la réflexion sur la réalité des choses.

De quoi parle-t-on ?

Il n’est pas question de la prise de pouvoir par je ne sais quel mouvement religieux qui imposerait sa loi à tous. Nous ne sommes pas dans des contrées où règnent l’ignorance et dans lesquels des groupes autoproclamés dictent leur loi.

Nous sommes en France, patrie des droits de l’homme et de l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Cela devrait suffire à contenir toute velléité de prise de pouvoir par des officines obscurantistes, à condition que l’on n’oublie pas les fondements qui font de notre démocratie un modèle.

Parmi ces fondements, il y a celui de la participation des citoyens à la désignation de leurs représentants. Par citoyen, il faut bien sûr entendre l’individu qui dispose de la nationalité française et du droit de vote.  Ce même citoyen, s’il répond à des conditions d’éligibilité propres à chaque élection peut également prétendre à représenter une population dans une circonscription électorale donnée.

Le projet sur le droit de vote des étrangers contre lequel s’élèvent les propagateurs de messages, est celui du candidat socialiste aux dernières élections présidentielles. Il consiste à donner ce droit uniquement aux élections locales pour les étrangers qui résident légalement en France depuis cinq ans, mais pas le droit d’être élu, ce qui limite les risques potentiels énumérés dans les messages électroniques reçus.

On peut s’interroger bien sûr sur le fait que ces étrangers n’aient pas fait la demande d’acquisition de la nationalité française et pour répondre à cette question intime, il ne faut pas se cantonner à affirmer que les seuls étrangers concernés sont ceux issus des pays du bassin méditerranéen. De nombreuses nationalités sont concernées, des frontaliers suisses ou belges qui résident en France, aux nationaux des pays européens qui disposent d’un droit de circulation et d’installation en Europe, sans compter les représentants d’autres pays, qui à l’instar de français expatriés pour des raisons professionnelles, travaillent en France et souhaitent conserver leur nationalité.

Tous ces étrangers résident et travaillent en France. Ils payent des cotisations sociales et leurs impôts locaux. Ils s’acquittent de la TVA lorsqu’ils vont faire leurs achats au supermarché du coin. Bref, n’était-ce une identité différente conservée pour des raisons personnelles, ils ne différent en rien du bon français titulaire d’une carte nationale d’identité.

Dès lors, le débat sur le droit de vote aux élections locales doit être mené et la représentation nationale doit prendre ses responsabilités comme l’ont fait d’autres pays européens.

Elargir ce projet de loi

La limitation aux élections locales n’est pas discutable, pas plus que les conditions requises pour être élu, mais je pense que l’on pourrait en profiter pour modifier le code électoral sur au moins un point : la suppression du droit de vote pour les exilés fiscaux. Les exemples actuels sont éloquents : si par le passé les évadés fiscaux se sont faits discrets, ce n’est plus le cas aujourd’hui et l’exemple de Depardieu qui crache publiquement dans la soupe fortune faite et déclarant son amour pour la Russie et son dirigeant « démocrate » est là pour nous convaincre de l’impérieuse nécessité d’une modification de nos règles concernant le droit de vote.

Il faut par conséquent retirer le droit de vote aux exilés fiscaux, c'est-à-dire à ceux qui ayant largement profité du système français se mettent d’eux-mêmes hors jeu. Cela touchera nos chanteurs, qui après leurs galas en France retournent mettre leurs cachets à l’abri en Suisse ou en Belgique, nos quelques comédiens qui savent si bien profiter du système de financement public du cinéma français, et de nos sportifs en particuliers les joueurs de tennis, tous résidents fiscaux en Suisse.

On pourrait profiter également d’élargir cette loi au non bénéfice du système de protection sociale français, autrement dit, retirer la carte vitale à ces « bons français » qui veulent le beurre et l’argent du beurre.

Enfin, et la dernière promotion de la légion d’honneur est là pour nous le rappeler, cette décoration devrait être exclusivement réservée aux résidents français qui ne cherchent pas à échapper à nos règles sociales et fiscales. La même loi devrait enfin prévoir la radiation de l’ordre de la légion d’honneur pour tous les exilés fiscaux. J’ai toujours du mal à voir tel chanteur plastronner avec sa rosette à la boutonnière à la télé.

 

En conclusion, j’estime que les étrangers qui participent au contrat social dans notre pays sont plus légitimes que les français qui deviennent étranger uniquement pour garder leur pognon au chaud.

 

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 06:41

Jacques avait entre les mains un document rare.

Depuis qu’il avait commencé ses recherches généalogiques, seuls des extraits de registres paroissiaux ou municipaux ou bien encore des copies d’écran d’ordinateur, beaucoup moins poétiques, peuplaient son quotidien. Il s’efforçait de reconstituer l’histoire familiale.

Jusqu’à présent, il n’avait découvert que des laboureurs, des journaliers des domestiques ou des servantes dans son ascendance, et il avait fallu attendre le début du 20ème siècle, celui de l’industrialisation pour se découvrir un grand père chauffeur de four à l’usine à gaz.

Le document qu’il avait entre les mains ne cadrait pas avec cette histoire familiale. Son épouse l’avait découvert dans une brocante en fouillant dans une valise remplie de vieux papiers. Ce qui avait attiré son attention, c’était le nom écrit à la plume, son patronyme, qui figurait en première page précédé de la mention « Monsieur ».

Il s’agissait d’un menu de fête, sans doute de mariage, qui avait eu lieu le 5 juillet 1911 à Torcy le Grand en Seine Maritime. Le papier utilisé, bien que jauni par le temps, était de qualité. Un gaufrage en relief ornait la première page et surmontait deux lettres entrelacées, les initiales des deux familles. La typographie était soignée.

L’esprit de Jacques vagabonda et il s’imagina  observer les convives autour des tables dégustant les mets qui leur étaient servis.

Des corbeilles de roses et de lys odorants suspendus agrémentaient les murs de la salle. Un chemin de table tressé de fleurs des champs ajoutait au parfum ambiant et à la symphonie des couleurs.

Le déjeuner du 5 juillet constituait sans doute une formalité, si l’on avait pris soin de prendre un petit déjeuner léger. Jambon, crevettes, saucisson, anchois furent servis en hors d’œuvre, suivis d’un saumon du Rhin et d’un suprême de canetons grand duc en entrée. Des Chapons du Mans constituaient le plat de résistance, accompagnés de salade, de petits pois à la française. Une crème andalouse glacée et des desserts variés concluaient ce déjeuner servi avec du Chablis, du Pommerol, du Pomard et du Champagne.

A ce stade, les proches parents des mariés faisaient bonne figure. Ils avaient pris soin de manger des petites quantités : la journée allait être longue. Le recteur de la paroisse qui était de tous les mariages, et ils avaient été nombreux en 1911, arborait un embonpoint de bon aloi sous sa soutane et présentait quelques rougeurs aux joues à la fin du déjeuner. En bénissant le repas, il avait prononcé quelques mots qui laissaient entendre la conclusion d’une trêve divine de deux jours avec le créateur concernant le pêché de gourmandise.

Cela n’avait pas échappé à certains convives peu habitués à ces agapes en raison de leur rang social. Ils s’en étaient donné à cœur joie lors de ce premier repas reprenant même deux fois des plats qui leur étaient présentés.

Vers 17 heures, le tour du parc du manoir dans lequel se déroulaient ces festivités, fut le bienvenu. Il permit aux plus prudents de se reposer et de digérer à l’ombre en devisant gaiement sur la toilette de la mariée, la prestance du marié dans son uniforme de l’armée et la sollicitude non feinte des parents des époux à l’égard de tous leurs invités.

Les plus impétueux montèrent dans les barques et entamèrent une course dans la pièce d’eau, ce qui ne facilita pas une digestion sereine et provoqua deux ou trois bains forcés. Quelques couples s’éloignèrent dans les bosquets et donnèrent à cet instant de repos une touche  plus intime où l’échange de caresses et de baisers avait remplacé les propos badins et les œillades complices du repas.

L’état des troupes était mitigé lors de la reprise des hostilités, vers 21 heures, d’autant que certains, conquis par la robe du Pommerol avaient consommé discrètement les dernières bouteilles dans l’arrière salle. Erreur fatale, lorsque l’on savait ce qui les attendait au dîner : après le potage crème Argenteuil et les barquettes favorites, le turbot sauce dieppoise suivi de timbales de ris de veau et de poulets Demidoff en entrée constituèrent une sorte de point de non retour pour certains convives.

Le chef cuisinier avait, en accord avec les parents des mariés, anticipé cette situation et demandé un intermède musical de 30 minutes par l’orchestre de chambre avant de servir les dindonneaux truffés, les cœurs d’artichauts et le buisson d’écrevisses suivis d’une glace plombière, d’une pièce montée et de desserts variés.

Discrètement, les hommes desserraient leurs ceintures et les femmes regrettaient leur tenue ajustée  qui leur allait si bien, mais qui présentait un réel handicap en la circonstance. Quelques agrafes de corsets furent enlevés ce qui mit un peu plus quelques poitrines en valeur et provoqua des rougeurs chez les voisins de table qui n’avaient pas besoin de ce trouble supplémentaire. Des pieds faisaient connaissance sous la table, des mains se frôlaient.

Les moins vaillants des invités, les imprudents, ceux qui avaient goûté outre mesure au Pommerol furent terrassés rapidement par le Madère, le Château Védrines-Barsac, le Château Nénin et le Château Beycherelle. Ils n’allèrent pas au bout du repas et commencèrent, sur les coups de 23 heures à s’éclipser discrètement pour prendre l’air. Il faut dire que l’ordonnancement des tables avait intégré la faiblesse coutumière de certains convives qui avaient été placés judicieusement auprès des sorties. Seul le recteur, placé comme il se doit à la table d’honneur, et par conséquent empêché de sortir, s’était livré, les mains croisées sur son embonpoint,  à une légère somnolence postprandiale que tout le monde interpréta comme une intense méditation religieuse destinée à la protection des futurs époux et de leur descendance.

Champagne et café accompagné de liqueurs dont une délicieuse fine champagne 1856 conclurent ce repas merveilleux, préparé avec soin par le meilleur chef de la région accompagné de sa brigade.

Si l’ouverture du bal fut suivie par l’ensemble des convives, les couples de danseurs furent de moins en moins nombreux au cours de la soirée et l’on entendit même dans le parc, quelques éclats de voix féminines reprochant amèrement à leurs conjoints leur manque de tenue en société ainsi que quelques ronflements rapidement couverts par la brise nocturne. D’autres couples, plus discrets, reprirent leurs étreintes de l’après midi.

Ce fut une belle journée et une belle nuit.

Le lendemain, les troupes se présentèrent au déjeuner en ordre dispersé. Les excès de la veille avaient laissé des traces sur certains visages. L’apothicaire de la commune, invité lui aussi avait discrètement prodigué ses soins à base de comprimés, sels et autres tisanes aux plus mal en point.

La nuit avait également été courte pour ceux qui avaient rejoué leur propre nuit de noces. On pouvait le remarquer à l’ordonnancement approximatif des chignons et aux yeux bordés de bonheur.

L’idée de se remettre à table ne réjouissait pas tout le monde mais il fallait tout de même en passer par là pour faire bonne figure devant les familles invitantes. Cela commençait fort avec une tête de veau tortue suivie de filets de soles de Cancale et de salmis de canetons. La salade qui accompagnait le rosbif fut la bienvenue pour donner un peu de légèreté juste avant les langoustes à la parisienne. Le turban d’ananas au kirsch et les desserts variés marquèrent la fin de ce qui fut, pour les moins prudent, une épreuve et, pour les autres, un délice de finesse et de recherche culinaire.

Le Château Rosette, les Pommerol, Chablis, Nuits et Champagne eurent bizarrement moins de succès que la veille. Il faut dire que certaines épouses ulcérées par le comportement de leurs conjoints la veille distribuaient généreusement des coups de pieds sous la table à chaque tentative de remplissage de verres.

Jacques en était là dans son voyage culinaire et sensuel. Il avait conclu que non, décidément, ce patronyme identique au sien figurant sur le menu du 5 juillet 1911, n’avait aucun lien avec ses ascendants qui tous avaient des origines rurales et qui habitaient tous dans la campagne d’Ille et Vilaine. Il venait juste de rêver qu’il appartenait à une famille aisée pour qui la table était un signe de distinction certain, alors que dans sa famille réelle, on était sans doute davantage habitué au plat unique à base de cochonnaille, de blé noir et de poulet dans les grandes occasions.

Il rêvait encore lorsque la voix de Jeanne le sortit de sa torpeur.

« Jacques, viens dîner ! ».

Il était vingt heures passé. Un parfum de cuisine se diffusait dans le couloir et emplissait délicatement ses narines, faisant la fusion avec son vagabondage culinaire imaginaire.

« J’ai préparé des noix de coquilles Saint Jacques à l’aigre-doux accompagné de flans de carottes et en dessert un crumble fraises rhubarbe. Ce n’est peut-être pas très raisonnable pour un soir, mais ma gourmandise à pris le dessus et j’avais envie de partager cet instant avec toi ».

Encore imprégné des vingt six plats et desserts et des grands crus dont il venait d’égrener la lecture, Jacques s’entendit répondre hypocritement : « Ce n’est pas très raisonnable, en effet », avant de porter à sa bouche la première noix de saint jacques délicatement nappée de sauce aigre-doux et d’en laisser exploser les saveurs.

Jeanne se leva et caressa le cou de jacques. Elle lui prit la main qu’elle déposa délicatement sur son chemisier à l’endroit du cœur. Jeanne soupira. En mordillant l’oreille de Jacques, elle murmura : « Viens, le dessert peut attendre ».

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 18:05

Je ne vais pas vous parler des promesses électorales qui, comme chacun sait, n’engagent que ceux qui les écoutent, mais de cas bien concrets de communication sur la réalisation de travaux dans les collectivités territoriales.

1er exemple, dans ma commune : le syndicat de distribution de l’eau réalise actuellement des travaux de changement de canalisation. Jusque là, tout va bien. Là où les choses se gâtent, c’est dans la manière de présenter la chose aux habitants. Dans un premier temps de communication, il s’agissait de « ne pas laisser la charge de ces travaux aux générations futures ». Dans mon esprit un peu trop cartésien, j’en ai déduit que ces travaux n’étaient pas nécessaires actuellement.

Une seconde vague de communication parlant des fuites sur le réseau est venue corriger la première, mais pour moi le doute s’était installé : ces travaux étaient-ils utiles ?

2ème exemple, dans beaucoup de villes de l’agglomération où j’habite : de nombreux panneaux de communication affirmant que la ville de… va réaliser des travaux destinés à améliorer la sécurité des  habitants. En regardant de plus près, les travaux en question sont tous les mêmes : rétrécissement des voies, nouvelles bordures de trottoirs, ralentisseurs, et suppressions de places de parkings. Là également, il est permis de douter sur le motif affiché, « l’insécurité » servant de point de départ aux travaux n’ayant jamais été mise en évidence dans la plupart des endroits concernés.

En réfléchissant un peu, on s’aperçoit que ces travaux « de sécurité » sont surtout destiné à empêcher les voitures d’accéder et de stationner dans certains endroits et également éviter la circulation de transit : alors pourquoi ne pas dire les choses clairement ?

3ème exemple : Une réunion des élus de Rennes et de Nantes au sujet d’une desserte ferroviaire rapide entre ces deux villes et qui aura une station au futur aéroport de ND des Landes. Les choses sont présentées de la manière suivante : « Cette ligne ferroviaire est un outil nécessaire pour soutenir la croissance tout comme l’est Notre Dame des Landes ». Balayé l’argumentaire sur la nécessité de déménager l’aéroport pour des raisons de sécurité, de trafic croissant, de nuisances. Il s’agit donc de soutenir la croissance. Bel aveu, là encore !

Pourquoi ces discours « langue de bois » ?

Il ne vous a pas échappé que toutes les collectivités, inquiètes des conséquences éventuelles de la future loi sur la décentralisation sur leur devenir, cherchent à « exister » et communiquent beaucoup actuellement. Cela fait partie du lobbying pour dire qu’on est indispensable au niveau où on est et qu’il ne faut surtout pas remettre en cause tel ou tel échelon local.

En second lieu, toutes les collectivités, en chœur, nous disent qu’elles assurent 75 % de l’investissement en France (soit un soixantaine de milliards) ce qui veut dire également qu’elles sont soumises aux pressions « amicales » des entreprises de BTP qui ne manquent pas de leur rappeler qu’elles seront obligées de licencier si les commandes publiques diminuent (ce qui fera mauvais effet pour les élections prochaines…).

Les collectivités sont néanmoins sensibles aux plaintes des contribuables qui commencent à penser que les impôts locaux augmentent rapidement et utilisent cet argument pour calmer les entreprises de BTP.

Enfin, les collectivités territoriales les plus importantes sont majoritairement à gauche et s’estiment investies d’une mission politique de « soutien à la croissance » qui va bien au-delà d’un futile questionnement sur l’utilité des travaux réalisés ou en cours. Les citoyens sont priés de croire les élus sur parole et surtout ne pas trop réfléchir.

Un peu de courage…

Au travers des trois exemples cités plus haut, je décris donc cette fuite en avant sur des investissements dont l’utilité n’est pas toujours avérée, mais qui sont simplement destinés à alimenter la machine (« à soutenir la croissance »), en préservant au passage quelques emplois et en gonflant les bénéfices d’entreprises et les dividendes de leurs actionnaires, le tout payé par le contribuable : un système autarcique qui n’apporte aucune plus-value, le chien qui se mord la queue…

Réfléchissons : on pourrait réduire ces travaux à ceux qui sont réellement utiles et réduire le nombre de collectivités. L’argent pourrait être redéployé à l’échelon régional pour la recherche et le développement (les universités n’attendent que cela) qui alimenteraient ensuite des projets industriels qui font cruellement défaut dans notre pays.

Quel élu aura le courage de proposer un big bang des collectivités territoriales ?

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:10

Elle a fait les gros titres hier, cette étude réalisée par un cabinet britannique sur le coût des embouteillages en France.

Comme d’habitude tous les médias ont relayé l’info. Pensez-donc ! Des chiffres choc qui vont intéresser le bon peuple : 5,55 Milliards d’euros perdus chaque année dans les embouteillages, soit 623 euros par foyer et par an, des conducteurs bloqués 57 heures par an à Paris, des heures de travail perdues et une surconsommation de carburant…

Et après ? Rien : aujourd’hui on n’en parlera plus et on fera la une avec l’offensive de l’hiver. Pas une once de mise en perspective, de réflexion.

On flatte l’auditeur (ou plutôt, on le prend pour un imbécile) en lui donnant des raisons de s’étonner, de s’indigner, de gueuler, mais on ne lui donne pas les moyens de réfléchir à la situation, de se poser les bonnes questions, d’avoir une attitude réfléchie et citoyenne.

Pourquoi en est-on arrivé à cette situation ?

Il ne s’agit pas de refaire l’histoire, mais simplement de constater les évolutions enregistrées ces quatre dernières décennies : le pavillon pour tous avec son jardinet à 20 ou 30 kilomètres de la ville et de son lieu de travail et les deux bagnoles qui vont avec, parce que financièrement c’était jouable, au début.

Et puis, l’évolution du marché du travail avec la mobilité forcée, les concentrations d’activités dans des zones attractives fiscalement, mais sans logique d’aménagement du territoire, et souvent le chômage et les divorces qui obligent à avoir deux résidences, où à des déplacements de plus en plus longs.

A côté de ces éléments, rien sur la gestion des temps ou si peu, avec comme corollaire l’obligation de tous rentrer en ville entre 8 et 9 heures du matin et d’en ressortir entre 18 et 19 heures : les entreprises soumises aux « lois du marché » ne cherchent pas à innover en ce domaine et laissent le soin à leurs salariés et à la puissance publique de chercher des arrangements ou des correctifs.

Du côté de la « puissance publique », c'est-à-dire en premier lieu les collectivités territoriales, on a tout d’abord accompagné le mouvement de retour à la campagne. Les petites communes qui dépérissaient ont vu une opportunité pour revivifier le tissu rural, sans se poser la question du coût de l’ouverture d’une école, d’une garderie, d’un centre aéré, de la construction d’une salle polyvalente…

Ils n’ont pas vu par contre que ces néo ruraux demandaient le même confort et les mêmes services qu’en ville mais qu’ils bouderaient le commerce local.

Les départements ont joué leur rôle de co-financeurs des projets communaux au nom de « l’aménagement du territoire » et facilité l’accès aux villes centre en créant des routes, des ponts et  des ronds points.

Tout le monde trouvait ça bien : l’industrie automobile se frottait les mains, les entreprises de Bâtiments et autres goudronneurs ont vécu leur âge d’or.

Sauf que…

Pendant ce temps ; les villes centre, qui concentrent les activités, se sont rapidement aperçues des inconvénients. Le dépeuplement des villes au profit des zones périurbaines s’est progressivement accentué avec comme autres effets le vieillissement de la population et l’arrivée quotidienne en masse de voitures ventouses.

Les réflexions sur la ville, sur l’habitat, sur les modes de déplacements intra-muros sont récentes et elles s’efforcent de promouvoir des solutions adaptées qui verront le jour au mieux dans 10 ou 15 ans.  Pourquoi ces délais ? Tout simplement parce que pour mener à bien des projets immobiliers ou des transports en sites propres, il faut maîtriser le foncier et trouver des financements, ce qui demande du temps, et dedépasser les égoïsmes et les querelles de clochers.

Comment limiter les inconvénients ?

Il devrait s’agir de mesures temporaires destinées à limiter l’afflux des véhicules aux portes de la ville, sauf que ces mesures vécues comme coercitives par les périurbains ont tendance à s’installer de manière durable faute d’une politique coordonnée entre villes, zones périurbaines et zones rurales qui participent à cette situation ou qui la subissent.

Chacun veut bien travailler avec le voisin mais n’est en général pas d’accord pour payer, ce qui limite le champ des politiques coordonnées. On voit bien là les effets de l’émiettement des collectivités territoriales, avec, phénomène plus grave, des mouvements guidés par les opinions politiques ou la fiscalité qui conduisent certaines communes à vouloir changer d’intercommunalité.

Pendant ce temps chaque commune périurbaine ou ville centre aménage son petit territoire de manière à supporter le moins d’inconvénients possibles. Le détournement de transit est devenu l’arme privilégiée : ralentisseurs, rétrécissements de voies, passage de deux voies à une seule, limitations de vitesses à 30 Km/h dans des endroits ne présentant pas de dangers majeurs, le tout bien sûr au nom de la sécurité dans des endroits peu connus pour leur insécurité.

On oblige ainsi l’automobiliste qui n’a pas d’autres choix (absence de transports adaptés aux flux, horaires de travail, déplacements en journée,…) à contourner les obstacles, à faire des kilomètres en plus et à augmenter ainsi le coût des bouchons chiffré par l’étude du cabinet anglais, ce qui marque bien l’échec du système.

Au final…

Le modèle qui s’avérait être le graal, il y a trente ou quarante ans s’avère aujourd’hui être une erreur fondamentale. Avant que les politiques publiques (transports collectifs,  habitat…) que l’on commence à percevoir produisent des effets tangibles, il passera encore de l’eau sur les ponts.

C’est pourquoi, ces politiques doivent être gérées au niveau des bassins de vie par un seul interlocuteur, une seule collectivité territoriale et non par un mille feuille dans laquelle chaque couche cherche à préserver les intérêts de ses citoyens au nom, bien évidemment, d’un intérêt électoral bien compris et de la préservation des mandats. 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 18:17

L’impayable Copé, maître-ès langue de bois, s’est d’ores et déjà félicité des résultats de l’UMP lors des législatives partielles de dimanche.

Le F.N. crie victoire par la voix de sa Présidente mais est beaucoup plus modéré par celle de son député Collard.

Le P.S. est aux abonnés absents, conscient qu’il était de la médiocrité des résultats de ses candidats compte tenu du climat actuel.

Alors, un test ?

Certainement pas, sachant que les élections partielles profitent généralement aux sortants invalidés. Les commentateurs politiques et autres représentants de partis auront beau mouliner et pérorer dans les médias, ce la ne changera rien et six mois après l’arrivée d’une nouvelle majorité aucun bouleversement n’était attendu avec ces partielles.

Pas de test, donc, mais des enseignements : Les électeurs de l’UMP ont clairement fait savoir à leurs dirigeants que les querelles d’appareil n’étaient pas de mise et qu’ils étaient en attente d’une opposition rassemblée et intelligente. Au passage, le phénomène « baron local » a joué en faveur de l’UMP, parti très bien implanté localement, ce qui est loin d’être le cas du F.N. qui a de tous temps joué sur l’image du chef pour des élections nationales et a toujours négligé l’implantation de terrain.

Dans ce contexte, et dans l’hypothèse où la guerre des égos à l’UMP cesse rapidement (ce qui n’est pas gagné), le P.S. a du mouron à se faire pour les prochaines échéances municipales de 2014.

L’abstention, enseignement principal

Il est vrai que les partielles ne mobilisent pas les foules, mais dans le cas de ces partielles le taux d’abstention est remarquable : 58% dans l’Hérault, 63 % dans les Hauts de Seine et 71 % dans le Val de Marne, c'est-à-dire que la participation a oscillé entre à peine 1 électeur sur deux et un électeur sur trois.

Ce n’est pas une nouveauté et on constate une érosion progressive de la participation à tous les scrutins, sauf peut-être à la Présidentielle en raison du battage médiatique dont bénéficie cette élection et de la trop grande importance que lui donnent les électeurs.

Evolution de l’abstention  selon les élections :

Elections

Evolution de l’abstention

Période

Européennes

De 39 à 59 %

De 1979 à 2009

Présidentielles

De 14 à 19 %

De 1981 à 2012

Législatives (1ers tours)

De 29 à 43 %

De 1981 à 2012

Régionales

De 25 à 53 %

De 1986 à 2010

Cantonales

De 44 à 55 %

De 2001 à 2011

Municipales (1ers tours)

De 20 à 35 %

De 1983 à 2008

 

A quoi peut-on attribuer ce désintérêt croissant des électeurs pour les élections ?

Sans doute à un désenchantement global face à la mondialisation économique et financière qui rogne un peu plus chaque jour le pouvoir d’intervention du politique et qui se traduit par une incapacité chronique à répondre aux attentes des citoyens.

Le désintérêt provient également du spectacle affligeant auquel se livrent  les politiques, plus concernés aux yeux des électeurs par la prise de pouvoir que par ce qu’ils feront une fois élus. Le cas actuel de l’UMP mais aussi celui du congrès de Reims pour le P.S. sont là pour nous rappeler que les trajectoires individuelles sont parfois plus importantes que les promesses électorales, d’où des reniements successifs.

On peu aussi attribuer ce désintérêt croissant à la complexité du système politique français qui veut que l’on vote régulièrement (trop, sans doute) pour désigner des représentants selon des modes de scrutins différents (majoritaire, proportionnel, uninominal, liste,…), dans des circonscriptions électorales diverses et variées (cantons, communes, circonscriptions législatives, départements, France entière).

C’est un fait, la complexité du système conjugué avec une perte de culture politique favorisée par les médias qui s’attachent davantage à commenter les petites phrases qu’à faire de la pédagogie, est un élément majeur de la désaffection des citoyens.

Cela ne va pas s’améliorer : là où la simplification et la pédagogie devraient être l’axe majeur pour revivifier la vie démocratique, on assiste à la confiscation du pouvoir par une caste de plus en plus inefficace qui préserve ses petits intérêts électoraux et son petit cumul de mandat.

La crise de confiance est profonde et il n’y a aucun changement à attendre dans les prochaines années, sauf la progression de la courbe de l’abstention aux élections.   

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 17:21

Nous habitons tous sur un même territoire, mais les disparités financières entre communes sont  fréquentes et l’absence de leur correction ne fait qu’aggraver la situation. Certaines communes rurales, ou bien d’autres qui souffrent de la désindustrialisation ou de l’importance du nombre de familles en difficulté connaissent bien les affres du bouclage de leur budget et surtout de la mise en œuvre de projets susceptibles d’apporter à terme des améliorations à la situation.

A côté de ces communes pauvres, il y en a d’autres, pour lesquelles la question de ne pose pas en raison de l’abondance de la ressource fiscale et du niveau élevé de vie de leurs habitants, lié au statut social.

Aux premières, la désertification en milieu rural ou bien l’explosion des budgets sociaux et le report des investissements nécessaires et aux secondes les équipements de prestige dans les domaines culturel ou sportif, les aménagements urbains dispendieux, les effectifs importants de police municipale et les systèmes vidéo de surveillance qui vont avec.

Deux mondes qui s’ignorent et qui vivent de manière séparée parfois à quelques kilomètres seulement de distance.

La péréquation

Il s’agit d’un système dans lequel les communes les plus riches contribuent à l’aménagement des territoires en difficulté en partageant des ressources fiscales dans le cadre d’un organisme de coopération intercommunale (communauté de commune, urbaine ou d’agglomération, notamment).

Le système fonctionne bon an mal an dans des intercommunalités urbaines dans lesquelles l’intérêt commun bien compris passait par l’organisation de transports collectifs sans lesquels aucun développement n’aurait été possible.

Il ne marche pas par contre dans les territoires où les oppositions politiques, l’histoire, mais aussi la réticence des riches à partager avec les pauvres est inscrite dans les gênes et bloque toute voie d’amélioration. C’est le cas en particulier de la Région de Marseille et aussi des départements périphériques à la Région parisienne. Le gouvernement semble vouloir se saisir du problème et a décidé d’accompagner les élus de la Région d’Aix-Marseille à réécrire la carte de l’intercommunalité, afin d’essayer de gommer les distorsions existantes entre territoire.

L’intercommunalité, solution aux problèmes ?

Il faut être prudent. Depuis leur création il y a environ 20 ans, les intercommunalités se sont formées sur des critères parfois éloignés de la solidarité intercommunale. C’est ainsi que les Conseils Généraux des Départements, craignant de la montée en puissance de ces nouvelles structures susceptibles de les concurrencer à terme, se sont évertuées à dresser une carte départementale de l’intercommunalité en zone rurale à l’image des cantons existants, périmètres totalement obsolètes et ne correspondant à aucune logique économique et de déplacements des habitants. Ils ont aussi tenu compte de la carte politique et veillé à ne pas céder un pouce de terrain à leurs oppositions.

Le résultat est là : les cartes départementales des intercommunalités, hors zones urbaines, ne correspondent à rien et ne répondent en rien aux souhaits des habitants, sauf ceux qui ne veulent pas partager avec les autres et elles répondent surtout à des considérations politiques des seuls élus. Ces cartes sont quasiment figées et évoluent peu, sauf parfois lorsqu’une commune riche ne voulant plus partager ses ressources fiscales demandent à quitter cet espace de solidarité.

Comment vivent ces intercommunalités « artificielles » ?

Le paradoxe, c’est que ces intercommunalités créées artificiellement par les départements, subsistent grâce aux subventions de ces derniers. Comme les correctifs introduits ne sont pas suffisants, ces territoires politiques bénéficient également de la solidarité nationale par l’octroi de dotations. On voit donc bien que les décisions éminemment politiques et pour tout dire politiciennes ont un impact direct sur l’utilisation des ressources fiscales des contribuables départementaux et nationaux à qui on demande en quelque sorte d’assumer les querelles politiques et le maintien d’un système de superposition de structures et de collectivités locales obsolète.

Comment améliorer le système ?

La preuve est faite que lorsqu’on laisse aux seuls élus le pouvoir de dessiner les cartes de l’intercommunalité pour aller vers davantage de solidarité par la péréquation des ressources fiscales, on aboutit à des clivages qui laissent des pans entiers du territoire et les populations qui y résident dans des situations de précarité, alors que d’autres prospèrent sur leur propre égoïsme. On aboutit également à une dispersion et un émiettement des structures locales onéreux pour les contribuables.

La refonte des intercommunalités voulue par la loi du 16/12/2010 a aboutit à une véritable caricature de démocratie et n’a modifié qu’à la marge le paysage actuel. Responsables : les élus locaux qui cherchent avant tout à se faire réélire, à cumuler les mandats et les délégations et qui pour se faire s’appuient sur l’égoïsme réel ou supposé de leurs électeurs pour ne rien changer et surtout ne rien partager.

La voie de la concertation entre les élus ayant donné les résultats que l’on sait, exposés ci-dessus, ne reste plus que la voie règlementaire, c'est-à-dire que le gouvernement doit prendre la mesure du problème et faire procéder sous la direction des préfets à l’élaboration d’une nouvelle carte des intercommunalités, prévoyant une diminution drastique de leur nombre. C’est un impératif de solidarité nationale.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 15:06

Les travaux de construction qui devaient débuter avant la fin 2012 sont reportés. Le permis de construire avait pourtant été signé début 2012 et les appels d’offres lancés dans la foulée.

C’est un cabinet parisien qui avait été choisi pour concevoir ce bâtiment de 6215 m2 pouvant héberger les 350 agents des services préfectoraux pour un coût de 45 millions d’euros, coût qui serait l’une des raisons du report de ce projet en ce contexte de crise économique et de réduction des dépenses de l’Etat.

Bravo ! Direz-vous, l’Etat a pris enfin conscience de la nécessité de réduire ses dépenses et vous applaudissez des deux mains cette initiative en tant que contribuable payant des impôts et des taxes qui auraient permis à financer ce projet de l’Etat.

Sauf que… vous pouvez effectivement vous réjouir dans un premier temps, mais quand vous aurez constaté qu’en tant que contribuable local, c’est vous qui faites les frais de ce report vous commencerez à changer d’attitude.

C’est pourtant tout simple : la Préfecture de Rennes a été construite et payée par le Conseil Général (Département) en 1979, aux frais des contribuables locaux. Depuis la Décentralisation de 1982, les services de l’Etat et du Conseil Général cohabitent dans ce bâtiment, et l’Etat loge donc ses services gratuitement dans un bâtiment propriété du Département : un beau cadeau des contribuables locaux à l’Etat qui participe modestement aux frais d’entretien du bâtiment !

Si ce système pouvait se justifier il y a 30 ans, il est devenu tout à fait intolérable aujourd’hui.

Du fait de l’accroissement de ses compétences depuis plus de 30 ans, le Département a été obligé de louer des bâtiments pour loger ses services, alors qu’il disposait en théorie de surfaces « squattées » par les Services préfectoraux. Il a même envisagé à plusieurs reprises de construire des extensions ou d’acheter des nouveaux bâtiments dans le parc immobilier disponible.

L’ensemble de ces projets a fait long feu, soit en raison des coûts, soit pour des raisons politiques (un ancien Président du Conseil Général a toujours refusé la construction d’un bâtiment pour ne pas affoler l’électeur…).

Bon an mal an, la frilosité des services de l’Etat pour couper le cordon, les non décisions successives du Conseil général et les différentes études demandées aux architectes ont pesé lourd dans le porte-monnaie du contribuable local, qui a payé les loyers et les honoraires des bureaux d’études et des architectes. C’est en millions d’euros que la facture du contribuable local se monte depuis trente ans pour loger l’Etat.

Et ça continue ! Le départ de la Préfecture devait permettre l’installation par le Département de l’Etat Major du Service d’Incendie et de Secours dans les locaux libérés. Le Département  devra donc construire à ses frais (c'est-à-dire avec l’argent des contribuables locaux) un nouveau bâtiment alors qu’il dispose en théorie des surfaces nécessaires, mais qui sont occupées gratuitement par l’Etat.

Il n’y a pas de raisons pour que cela cesse et au train où vont les choses, dans trente ans nous serons encore dans la même situation.

Il serait intéressant que la Chambre Régionale des comptes se saisisse de ce dossier, mais en tant que juridiction financière placée sous l’autorité de l’Etat, elle ne le fera pas.

On peut supposer par ailleurs que ce qui se passe en Ille et Vilaine se passe également dans d’autres départements français. Ce dossier illustre très bien l’imbrication entre différents niveaux de collectivités publiques et par conséquent les tares de notre système de gouvernance locale.

Le citoyen, peu au fait de ces dossiers, se contente de payer ses impôts et participe à la survivance de ce système obsolète.

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 17:21

C’est ainsi que Manuel Valls a présenté au Conseil des ministres le nouveau mode d’élection des Conseils Généraux. En lisant le contenu de ce projet, on constate que cette réforme n’a rien de révolutionnaire mais qu’elle s’attache surtout à la forme plutôt qu’au fond.

Cette « réforme » signifie avant tout qu’on ne s’attaquera pas à l’existence du Département dirigé par son Conseil Général, alors même que le paysage territorial complexe voudrait que l’on supprime ce niveau coincé entre Région et intercommunalités et par conséquent devenu obsolète.

Quels changements ?

Tout est donc dans la forme. C’est ainsi qu’on ne parlera plus des élections cantonales mais des élections départementales et que les élus ne s’appelleront plus les conseillers généraux mais les conseillers départementaux : on perçoit déjà l’étendue de la réforme !

Seconde modification « d’importance », la parité homme femme présentée comme disposition « extrêmement importante, voire historique » par la Ministre des droits des femmes et qui sera réalisée par l’élection d’un binôme homme femme dans chaque canton. On a les victoires qu’on peut face au machisme ambiant dans les partis politiques. Il eut été plus glorieux d’exiger la parité à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Un binôme homme/femme sera élu dans chaque canton, mais comme le nombre d’élus restera inchangé dans chaque conseil départemental, le nombre de canton sera divisé par deux avec un nouveau découpage destiné à améliorer la représentation démographique. Attention ! on parle bien d’amélioration et non pas de représentativité démographique stricte, ce qui signifie que les projets de découpages qui seront présentés à chaque assemblée donneront lieu à des débats enflammés entre urbains et ruraux et que ces derniers bénéficieront encore d’une surreprésentation à terme.

Il eut été plus pertinent de prévoir un mode de scrutin proportionnel  dans le cadre départemental et d’abandonner la notion de canton qui ne veut plus rien dire et qui ne correspond plus à rien face à l’intercommunalité.

Enfin, et il s’agit d’une constante, on peut supposer que les nouveaux découpages ne chercheront pas à aboutir à une logique territoriale mais seront guidés, comme d’habitude par la logique électorale et la logique politique. Le parti au pouvoir fera comme ses prédécesseurs, c'est-à-dire un découpage destiné à ne pas perdre de circonscriptions face à l’opposition mais au contraire à en gagner.   

Quelles compétences ?

C’est la vraie question, mais elle n’est pas traitée dans ce projet de loi. Elle le sera peut être dans le projet de répartition des compétences en gestation chez Marylise Lebranchu, mais il ne faut pas espérer grand-chose de ce côté, compte tenu du conservatisme ambiant et des déclarations de l’intéressée. On devrait donc continuer à évoluer dans le cadre des compétences et des financements croisés entre les collectivités, auquel  les citoyens ne comprennent plus rien.

Il faudra sans doute attendre encore 15 ou 20 ans pour qu’on se décide à supprimer le Département et à confier ses compétences de proximité à l’intercommunalité élargie et les autres (collèges, infrastructures, transports, à la Région.

Une réforme pour qui ?

Une réforme pour les élus et pour les partis politiques avant tout qui conserveront toutes les possibilités actuelles de cumul, et pour les parlementaires la possibilité « d’ancrage local », si pratique pour justifier le cumul des mandats auquel s’adonnent 60% d’entre eux.

Un coup pour rien pour le citoyen !

 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 09:55

 

Nous sommes toujours surpris par les réactions corporatistes qui font suite à des annonces gouvernementales et surtout par la précisions des argumentaires : là ce sont x milliers d’emplois emplois qui seront supprimés si le gouvernement maintien son projet de taxation, là encore ce sont des milliers d’entreprises qui seront en difficulté, ou bien ce sont encore des centaines d’entreprises qui se délocaliseront, etc…

A chaque fois, les chiffres précis annoncés sont censés attirer l’attention non seulement des politiques mais surtout frapper l’opinion publique stressée par la crise. Inutile de dire que ces chiffres ne sont jamais confirmés par la suite. La baisse de la TVA dans la restauration, les milliers d’emplois qu’elle devait créer et la baisse des prix qu’elle devait entraîner, est là pour nous rappeler l’intoxication médiatique qui est la règle dans ce genre de procédé.

On pensait jusque là que ce procédé était réservé aux lobbies du privé. Ce n’est malheureusement plus le cas et la sphère publique s’adonne également à ce jeu pervers.

C’est le cas pour la mise en œuvre de la semaine de 4,5 jours à l’école primaire qui donne lieu actuellement à des débats, ce qui n’est jamais inutile en démocratie, mais également à l’échange d’arguments financiers : « la mesure va coûter 600 Millions d’euros aux communes » braillent en cœur les lobbies des maires en montant au créneau.

Et ça marche ; Comme pour les fameux pigeons qui sont en passe d’obtenir l’annulation d’un amendement défavorable à leurs intérêts, les Maires vont obtenir l’étalement de la mesure sur 2 ans et une enveloppe de 200 Millions d’euros pour la mise en œuvre du dispositif.

A croire que la chose publique ne se distingue plus en rien des intérêts privés alors que la première poursuit en principe l’intérêt général et que les seconds l’enrichissement individuel.

Offrir de bonnes conditions de scolarisation pour nos enfants est désormais vu à l’aune de ce que ça coûte et non pas de ce que cela sera susceptible de rapporter au pays en compétences et en intelligence. L’intérêt de l’enfant est totalement ignoré.

Déjà, la semaine de 4,5 jours déplaisait au secteur du tourisme et aux bobos qui voulaient pouvoir continuer à partir en week-end dès le vendredi soir. Ils ont obtenu que le demi-jour supplémentaire ne soit pas mis le samedi matin. Ils pourront toujours payer des cours particuliers à leurs gosses s’ils ont des difficultés, ce qui ne sera jamais le cas pour ceux des cités.

Mais revenons aux Maires, si soucieux des dépenses publiques et si oublieux de l’intérêt des enfants dans ce dossier.

Ils se sentent, avec les autres collectivités territoriales,  très concernés par le maintien de leur réputation de principaux investisseurs publics en France et de meilleurs soutiens aux entreprises locales et veulent absolument conserver cette image flatteuse pour leur électorat : « c’est bon pour l’emploi ».

Lorsqu’on gratte un peu et que l’on regarde de près la nature de ces investissements, la perplexité nous gagne. Ce sont en effet des aménagements urbains récurrents souvent inutiles, mais qui tapent à l’œil de l’électeur, qui font l’objet de travaux dans les communes.

Petit problème d’arithmétique pour terminer : « Sachant qu’un aménagement de carrefour dans une commune, avec pavé, bordures en granit barrière et poteaux en alu a coûté 350 000 euros, et que le renforcement du service périscolaire nécessaire à la mise en œuvre de la semaine de 4,5 jours coûtera 35 000 euros par an, calculez la propension du Maire de la commune qui hurle contre la mesure à se payer la tête de ses administrés ».

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