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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 08:33

C'est du moins ce que l'on pourrait croire à entendre les déclarations des hommes politiques au pouvoir aujourd'hui.

Pas une semaine sans que l'on nous parle de la Révision Générale des politiques Publiques (R.G.P.P.) qui sert d'argument à la réduction des effectifs de la Fonction Publique d'Etat et qui se traduit par le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite.

Plus récemment, le Président de la République s'est attaqué aux effectifs de la Fonction Publique Territoriale en disant « qu'il n'y avait aucune raison que l'Etat s'impose une gestion rigoureuse et que les collectivités continuent une politique d'augmentation du nombre de fonctionnaires ». Le Secrétaire d'Etat à la Fonction Publique, Georges TRON, évoquait une augmentation de 340 000 emplois territoriaux en disant « Il faut arrêter cette dérive ».

 

Les trois fonctions publiques (Etat, Territoriale et Hospitalière) représentent aujourd'hui un total de près de 5,5 Millions d'emplois, dont 2,5 pour l'Etat, 1,93 pour les Collectivités locales et 1,04 pour la fonction publique hospitalière.

Entre 1982 et 2003 l'augmentation totale de ces effectifs a été de 24 %, dont 14 % pour l'Etat, 28% pour les Hôpitaux publics et 42 % pour les collectivités locales, traduction respective de l'augmentation de la population, des besoins de santé (notamment du viellissement de la population) et des compétences transférées.

 

Quelle est l'origine du dogme « il y a trop de fonctionnaires » ?

 

S'agissant de l'Etat, on se réfère volontiers à la dérive des dépenses publiques, au déficit budgétaires, et plus récemment à la dette de l'Etat avec le glaive suspendu au dessus de nos têtes du déclassement de la note attribuée à la France par les agences de notation.

S'agissant du déficit budgétaire, on notera que les cadeaux fiscaux accumulés depuis 2007 par le gouvernement Sarkozy (bouclier fiscal, amendement Copé, défiscalisation des heures supplémentaires, baisse de la TVA dans la restauration, etc,...etc...), ont largement contribué à son creusement.

Parallèlement, la dérive des dépenses publiques provient pour une part des allègements de toutes sortes des charges salariales accordées aux entreprises sans discernement (certaines en ont besoin, d'autres, non).

On remarquera sur le dernier point (la notation des Etats) que ce sont désormais des organismes privés qui tiennent entre leurs mains l'avenir de pays souverains, ce qui n'est pas le moindre paradoxe, et que ces Etats, au lieu de se désendetter en période de croissance, ont préféré jouer la démagogie des dépenses publiques supplémentaires.

La résultante de ces constats est qu'il faut aujourd'hui diminuer le nombre de fonctionnaires, c'est du moins, avec le rabottage de certaines niches fiscales, le mode d'action privilégié par le gouvernement, a défaut de mettre en oeuvre une réelle révision des politiques publiques.

On est en droit de se demander si la crise que nous traversons (qui est la crise du libéralisme), n'est pas également un formidable effet d'aubaine pour les gouvernements se réclamant de cette idéologie, pour transférer encore davantage de missions de service public vers le secteur privé.

 

Gestion publique ou gestion privée ?

 

La tendance amorcée depuis une quinzaine d'année consiste pour l'Etat, mais aussi pour les collectivités locales et les hôpitaux, à faire de plus en plus appel au privé pour l'organisation et la gestion de services publics, au motif que ce n'est pas de la compétence publique que de gérer un certain nombre de services.

On voit généralement ce que cela donne pour l'usager qui passe au statut de client et qui se fait tondre la laine sur le dos : la privatisation des autoroutes, la gestion de la distribution de l'eau, la founiture d'énergie, les transports publics, sont quelques exemples parmi d'autres de l'augmentation des prix demandés aux « clients captifs» du fait de l'organisation de monopoles, ou d'ententes entre les entreprises.

Où est le choix dans ces conditions, où sont les performances du secteur privé censées nous coûter moins cher que la gestion des services en régie directe par les administrations ? L'usager n'en voit pas la trace puisque les prix augmentent souvent de manière plus rapide que pour les services gérés par les collectivités publiques et que les bénéfices sont confisqués par les actionnaires qui en vivent bien et ils vous en remercient.

La paupérisation de l'hôpital public profite au système de santé privé, la suppression de postes d'enseignants, de la police de proximité, de travailleurs sociaux ou d'éducateurs participent du délitement du lien social dans les quartiers défavorisés et débouchent sur les évènements que nous connaissons actuellement.

Pour l'instant les collectivités territoriales ne sont pas encore concernées par les réductions massives d'effectifs, mais on y vient doucement, sous l'effet dévastateur de la réduction des dépenses d'intervention de l'Etat à leur profit et de la baisse des ressources fiscales, nouvelles formes de tutelle de l'Etat.

 

Le catalogue des idées reçues

 

Pauvres fonctions publiques ! Elles sont affublées de toutes les critiques : Elles coûtent cher à la collectivité, les personnels ne sont pas performants, voire à la limite de la fénéantise, ils sont privilégiés (carrière, primes, promotions, etc, etc,...), et trop nombreux, j'en passe et des meilleures, et lorsqu'on parle de réforme c'est bien évidemment toujours dans le sens de la diminution de ces « privilèges » liés aux statuts, jamais dans celui de l'alignement des salariés du privé qui pourraient légitimement le réclamer.

D'où vient ce sentiment que les fonctionnaires sont des privilégiés ? Cela n'a pas toujours été le cas. Je me souviens que lorsque j'ai débuté ma carrière de fonctionnaire (contractuel Etat) pour la poursuivre sous statut des collectivités locales, on nous prenait pour des imbéciles : à qualification égale dans ma branche professionnelle, les salaires étaient environ 20 % plus élevés. Les crises successives étant passées par là, les salariés du privé ont souffert alors que les fonctionnaires conservaient les avantages de leurs statuts, qu'ils ont donc payé par anticipation pour les plus âgés d'entre eux.

C'est comme à la bourse si j'ose cette comparaison cynique : on est gagnant sur le long terme !

Aujourd'hui on aligne le taux de cotisation retraite des fonctionnaires sur ceux du privé et on supprime le départ en retraite anticipé des fonctionnaires mères de famille, et tout le monde d'applaudir sans se poser la question de l'origine de ce traitement différencié qui trouve sa source dans ce que je développe ci-dessus, à l'époque où la fonction publique était le parent pauvre.

Les fonctionnaires ne sont pas performants : là aussi, ma propre expérience me permet d'affirmer le contraire par rapport aux modes de gestion d'entreprise que j'ai pu constater dans le privé, où l'on était encore à la machine à écrire à boule alors que l'administration s'était informatisée depuis longtemps.

Les fonctionnaires nous coûtent cher : je souhaiterai que les contempteurs de la gestion privée établissement un tableau comparatif des coûts d'un service public géré en régie par une administration locale avec le même géré par le secteur privé (la distribution de l'eau ou les transports publics par exemple...). Il y a fort à parier que le comparatif, compte tenu des marges bénéficiaires à deux chiffres réalisées par les quasi monopoles qui gèrent ces secteurs sera à l'avantage des administrations publiques.

 

Les fonctionnaires sont trop nombreux

 

Consacrons un chapitre particulier à cette affirmation pour dire qu'il y a du vrai et du faux.

Trop nombreux, certainement pas dans les quartiers où l'ordre républicain, la citoyenneté et le vivre ensemble en prennent actuellement un sacré coup derrière les oreilles. Nous en sommes arrivés à un point où les restrictions successives de budget des associations ou des crédits affectés à la politique de la ville et les « redéploiements » des effectifs de fonctionnaires ou de leurs missions commencent à se sentir bigrement.

Trop nombreux, certainement pas non plus dans l'hôpital public, où chacun d'entre nous, le jour venu, sera content d'être pris correctement en charge sans avoir à payer pour grossir les bénéfices de praticiens et d'entreprises d'hospitalisation privés.

Trop nombreux, peut-être, au total dans les collectivités locales et leurs établissements publics, compte tenu de leur émiettement, des financements croisés, et surtout du fait que les élus locaux, toutes tendances confondues ont participé à cette inflation de structure, à la mise en place d'administrations ad hoc, parfois redondantes avec la structure voisine, et sans valeur ajoutée.

Sur le sujet du laisser aller, je citerai en particulier un Président centriste de collectivité territoriale aujourd'hui mandarin de l'assemblée nationale qui laissa filer jusqu'à l'absurde une négociation sur les 35 heures, avec création importante d'emplois, pour ne pas compromettre les élections locales suivantes.

Ce sont ces mêmes élus locaux, toutes tendances confondues encore, qui s'évertuent à torpiller le projet de réforme des collectivités locales, trop attachés qu'ils sont à leurs mandats, qu'ils cumulent souvent, pour se soucier de l'efficacité globale du système.

 

Ajoutons à ce constat sans concession que le management dans le secteur public est souvent inexistant et consiste surtout à appliquer le principe suivant : pas de vagues avec les syndicats !

Une autre orientation consiste à privilégier la méthode au résultat : c'est souvent le fait des cadres dirigeants issus des grandes écoles de la République (ENA, INET, en particulier), férus de nouveaux dispositifs, de nouvelles organisations, dont ils sauront se prévaloir plus tard pour continuer une brillante carrière, lorsqu'ils auront quitté un poste, sans pour autant laisser un souvenir impérissable.

 

En définitive, la source de nos maux ce n'est certainement pas le nombre de fonctionnaires, nouveaux boucs émissaires, mais leur répartition et leur mode de management.

C'est surtout l'idéologie libérale qui sous tend le discours et qui cherche à justifier la méthode alors même qu'elle ne produira que des effets néfastes pour l'emploi et les usagers et bénéficiaires des services publics.

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 16:38

 

Le Sénat, assemblée censée représenter les collectivités territoriales, s'est livré à un torpillage en règle du projet de loi gouvernemental et montré ainsi le caractère rétrograde de cette institution qui sombre un peu plus chaque jour dans le ridicule.

A l'occasion de l'examen en seconde lecture du projet, il s'est en effet trouvé une majorité de circonstance entre la gauche, hostile au projet principalement pour des raisons dogmatiques, et le nouveau centre, hostile au mode de scrutin des conseillers territoriaux qui favorise les partis « de gouvernement », autrement dit le P.S. et l'U.M.P. pour ruiner le projet.

C'est donc sur des considérations électoralistes et non sur le fond du projet que les sénateurs ont refusé le mode de scrutin et la redistribution des compétences entre les collectivités locales, autrement dit les dernières dispositions qui faisaient sens dans ce projet, par ailleurs non exempt de critiques.

Voilà donc où nous en sommes, à la veille d'une nouvelle lecture du projet par les députés qui adopteront le texte en dernier ressort.

On reste confondu par le peu de cas que font les représentants du peuple, en mettant en avant leurs propres préoccupations de boutiquiers, de l'avis des citoyens qui les ont porté dans ces assemblées.

Plus grave, ces élus censés défendre l'intérêt général, mettent plutôt en avant les intérêts de leurs partis, ou bien leur propres intérêts locaux.

C'est le cas du Sénateur de Legge, qui s'est encore illustré en faisant adopter un amendement portant le seuil de création des métropoles à 500 000 habitants, voulant empêcher ainsi l'agglomération rennaise d'accéder à ce statut.

Entre les affaires qui secouent actuellement le gouvernement et qui ont conduit à la démission de deux sous ministres en attendant le prochain remaniement, et le comportement des parlementaires, on reste confondus par le délitement des moeurs politiques et par le mépris exprimé envers les citoyens.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 23:11

 Les exemples de vertu qui nous gouvernent – les affaires récentes ou en cours sont là pour l'illustrer - ne sont sans doute pas les mieux placés pour nous faire avaler la pilule de la rigueur qui s'annonce. Cela se confirme à la lecture d'un sondage récent selon lequel près de deux français sur trois jugent les dirigeants politiques corrompus.

 

Des élus autistes

 

Corrompus ? le mot est fort, mais il est exact en certains cas et confirmé régulièrement par les tribunaux, pour les affaires qui apparaissent sur la place publique. Ce n'est pas pour autant une généralité et il faut parler le plus souvent de mauvaises et détestables habitudes contractées par l'ivresse du pouvoir. Cela s'applique non seulement à des politiques nationaux mais également à certains élus locaux.

La décentralisation, dans ses premières années, aura à cet égard été marquée par des dérives de la part d'élus locaux qui ont vécu sur un grand pied, organisant des garden parties, construisant des hôtels départementaux et Régionaux parfois coûteux, s'entourant parfois de cabinets pléthoriques, se laissant aller sur l'utilisation des véhicules de fonction et régalant les « partenaires » autour d'une table bien garnie. Depuis quelques années ces pratiques ont toutefois tendance à diminuer.

Ces dérives du fait d'élus qui s'éloignent de plus en plus des citoyens sont d'autant plus inacceptables que ce sont les mêmes qui aujourd'hui nous demandent de faire des efforts et de nous serrer la ceinture.

 

Le rabot

 

Ce sont donc ces élus, nationaux ou locaux – mais ce sont parfois les mêmes, cumul des mandats oblige – qui vont prendre en mains ce fabuleux outil qu'est le rabot, mis à toutes les sauces depuis quelques temps.

On va donc raboter les dépenses de fonctionnement de l'Etat et les ministres seront désormais priés de payer eux-mêmes leurs cigares. On va aussi raboter les niches fiscales, sans doute avec une mansuétude particulière pour ceux qui votent bien. On va raboter le parc de véhicules de fonction des ministères, mais aussi celui des collectivités locales, mais remarquez bien que l'on va « tailler » dans les effectifs des fonctionnaires. La nuance est importante, l'action de raboter n'étant destinée seulement qu'à enlever une couche superficielle.

C'est bien là que le bât blesse, le rabotage ne remettant absolument pas en cause telle ou telle politique, ou telle ou telle subvention, on se contente d'en diminuer faiblement l'épaisseur en espérant que toutes les couches ainsi rabotées constitueront ainsi une épaisseur suffisante d'économies afin de passer le cap de la crise.

 

La connivence

 

Nos chers élus, de droite comme de gauche répugnent donc à supprimer des politiques, des niches fiscales ou des subventions pourtant devenues obsolètes, mais qui plaisent tant à ceux qui en bénéficient qui se transforment en autant d'obligés pour les élections. C'est peu de dire qu'il y a parfois des projets d'investissements (équipements publics, déviations, ronds points,...) ou des subventions dont l'utilité n'est pas forcement avérée mais qui assureront le prestige et la réélection de petits notables.

Tout notre système électif repose sur ce genre de connivence qui permet également aux partis politiques de s'implanter et de croitre en influence, oubliant souvent les attentes citoyennes.

Un autre aspect du système consiste à toujours satisfaire le « monde économique », autrement dit, le plus souvent, les lobbies qui se sont organisés pour détruire ou maîtriser la concurrence et « faire » ainsi les prix dans les marchés publics ou les délégations de service des collectivités locales en particulier. Les exigences des laboratoires lors de l'épisode calamiteux de gestion de la grippe A illustrent bien le poids des lobbies au niveau national également.

Inutile aujourd'hui de demander à une entreprise (de transport, par exemple) de justifier le prix demandé en le décomposant entre les différents postes de dépenses (salaire, amortissement, gazole, frais de structure,...). Cela ne se fait plus : il y a un prix à prendre ou à laisser, qui a été élaboré, non pas en fonction d'un coût de prestation auquel s'ajoute une marge, mais en fonction du profit (à 2 chiffres, bien entendu) attendu par les actionnaires.

A de rares exceptions, donc, la commande publique de l'Etat et des collectivités locales est prise au piège de cette « loi du marché » qui consiste à engranger de juteux bénéfices sur le dos du contribuable.

Devant le « danger » que réprésente la réforme des collectivités locales, dont la mesure la plus visible consiste à diminuer le nombre d'élus, les patrons des exécutifs locaux (souvent de gauche), nous assènent que 75% de l'investissement public en France est le fait des collectivités locales. Il y a là matière à réflexion : on pourrait certainement faire plus avec le même argent, si l'on se donnait la peine d'examiner la mécanique de formation des prix des entreprises.

 

Les bonnes et les mauvaises dépenses

 

Au travers de ce qui précède, inutile de redéfinir les « bonnes dépenses ». Cela coule de source : ce sont celle qui permettent la « croissance ». Les mauvaises dépenses quant à elles sont les dépenses d'administraton pures au premier rang desquelles figurent celles de personnel. C'est pourquoi on ne rabote pas mais que l'on taille, en particulier dans les fonctions publiques d'Etat et hospitalière. Le résultat, on le connaît, consiste à basculer sur le secteur marchand des missions jusqu'à présent exercées par le secteur public. La crise fonctionne en ce domaine comme un véritable accélérateur pour les chantres du libéralisme qui voient se profiler à l'horizon de nouveaux profits dans des domaines tels que la médecine (et les assurances privées), l'éducation, les services de sécurité, etc, etc,...

Nous n'en sommes pas encore arrivés à tailler dans les effectifs des collectivités locales, mais on y vient tout doucement. Cela ne se fera pas sous la forme d'annonces brutales (le non remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant en retraite), mais sous couvert de « réorganisations de services », liées à des fusions d'intercommunalités par exemple.

Il faut dire que dans ce domaine, nos élus locaux, toutes tendances confondues, ont accompagné la création des intercommunalités, de créations d'administrations : il fallait bien assurer le prestige des présidences avec cet élément incontournable : un général sans troupes ne sert à rien.

Aujourd'hui donc, compte tenu de la dispertion des collectivités locales et des organismes de coopération intercommunale et des liens (financiers et politiques) tissés entre ces différents niveaux, les dossiers sont examinés à trois ou quatre reprises par des fonctionnaires territoriaux qui défendent chacun leur boutique. On attend des élus locaux qu'ils sortent de ce système par le haut, c'est à dire en ne faisant pas payer le prix de leurs erreurs à ces fonctionnaires, mais en réfléchissant à la reprise de la gestion de politiques en régie directe (transport, eau, restauration collective,...) afin de réaliser des économies budgétaires et limiter la croissance des impôts.

 

 

Ni bonnes, ni mauvaises...

 

...mais coûteuses quand même, sont les subventions aux associations, autre élément indispensable pour assurer la pérénité d'une majorité locale.

Elles vont donc passer également sous la lame du rabot, règlée plus ou moins profond selon l'activité exercée. Gageons, malgré les mauvais résultats de l'équipe de France que la coupe sera plus légère pour les clubs de foot que pour les autres sports, tant cette activité est de nature à relayer avec efficacité l'image des élus locaux.

Gageons également que le passage de la lame sera plus profond pour toutes les activités culturelles qui sont habituellement les premières à souffrir en cas de crise.

Dans le secteur associatif, il y aura donc certainement, à terme, des disparition d'emplois par contrats non renouvellés, mais dont on entendra peu parler. Les choix politiques sont clairs : on cherche à éviter l'impact négatif de la fermeture des entreprises, mais on supprime silencieusement des emplois associatifs.

Encore faut-il s'entendre sur ce qu'on appelle association : certaines d'entre-elles sont de véritables entreprises, dans le secteur social par exemple, et constituent de véritables lobbies vis à vis des élus locaux. Là également le poids politique de ces associations déterminera l'épaisseur du copeau qui sortira du rabot, plus surement que l'examen attentif de l'utilisation des subventions publiques.

 

 

Au final, et on ne sera pas surpris, la culture du contrôle de gestion qui devrait conduire à la suppression pure et simple de politiques devenues inutiles n'est pas très présente dans les collectivités publiques. Elle a cédé le pas à ce qu'on appelle pudiquement « l'évaluation des politiques publiques » dont on sait que les conclusions aboutissent généralement à ne prendre aucune disposition susceptible de porter ombrage au monde économique et d'une manière générale à ceux qui peuvent peser sur les élections.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 09:09

 

Monsieur de Legge soutient le texte sur la réforme des collectivités locales présenté par le gouvernement et examiné actuellement au Sénat (Ouest France du 3 juillet).

 

Ce texte largement amendé et revu à la baisse par les députés et les sénateurs n'apportera au final que peu de réponses au problème de l'empilement des collectivités territoriales. Tout au plus, comme l'indique ce sénateur ce texte offrira t-il une « boîte à outils  permettant aux élus de s'organiser de façon plus souple dans des coopérations ».

 

Monsieur de Legge se félicite de cette boîte à outils pour laquelle il a voté au Sénat mais semble opposé à son application, s'agissant de la création d'une métropole, dans « son » département comme il le dit.

« Je ne souhaite pas que dans mon département l'on organise le territoire par défaut, en fonction de ce que la capitale aura bien voulu lui laisser » dit-il, ce qui dénote chez lui une conception bizarre de la souplesse voulue par le texte, dont l'application s'arrêterait à la porte des intérêts électoraux de l'intéressé.

 

Se serait-il aperçu soudainement, une fois de retour sur ses terres, que ces dispositions ne convenaient pas à la mouvance politique locale à laquelle il appartient et risquait de favoriser ses adversaires engagés dans la démarche de création d'une métropole rennaise ?

 

Monsieur le sénateur, vous sortez complètement de votre rôle de représentant des collectivités locales en déniant aux élus locaux le droit de s'organiser en fonction des textes que vous avez voté. Laissons la loi s'appliquer et les élus locaux organiser leurs territoires, en s'appuyant, ce qui serait tout à leur honneur, sur l'avis de leurs concitoyens, et oublions votre posture ambigue qui ne fait pas progresser le débat.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:13

Les critiques de M. MARSAC, député d'Ille et Vilaine, (Ouest France du 4/06/2010) concernant la réforme des collectivités locales, ne sont que la synthèse de propos maintes et maintes fois entendus et qui cantonnent le débat au niveau de la polémique, sans chercher à l'enrichir.

Passons sur les objectifs cachés du Gouvernement, les reculs démocratiques induits par le texte, les craintes sur le statut des élus et sur leur professionnalisation voire leur notabilisation, toutes choses dénoncées par M. MARSAC et essayons d'expliquer en quoi cette réforme n'est pas aboutie et qu'elle n'apportera pas grand chose de positif à court terme.

Tout d'abord la multiplication des collectivités et des établissements publics de coopération intercommunale depuis une vingtaine d'année a complexifié les relations, a entraîné des augmentations de structures et des dépenses. Les financements croisés ont parfois obéit à des considérations politiques par ailleurs sur des projets pas toujours pertinents.

La logique aurait voulu que l'on supprime un niveau de collectivité, en l'occurrence le Département, coincé entre la Région, sur des compétences voisines et complémentaires (éducation, transports,...) et entre les intercommunalités dont le rôle s'est considérablement renforcé. C'était une des propositions du rapport ATTALI.

Cela ne se fera pas, du moins à court terme, et deux voie principales ont été choisies par le gouvernement pour essayer d'améliorer le système : l'élection des conseillers territoriaux chargés à la fois des compétences des conseils régionaux et généraux et le renforcement de l'intercommunalité qui devraient faciliter « l'évaporation » future des Départements au sein des Régions.

Maintenant, la vraie question est de savoir pourquoi le gouvernement a t-il utilisé des voies détournées pour aboutir à ses fins (avec en accompagnement un étranglement financier des collectivités...).

C'est simple : pour supprimer une collectivité, il faut réformer la constitution, c'est à dire réunir une majorité des 3/5è au Congrès. Autant dire que cette voie était vouée à l'échec, tant les élus de gauche comme de droite sont attachés à leurs mandats qu'ils cumulent parfois allègrement, système favorisant l'absentéisme dans les différentes assemblées.

Au final, le citoyen abreuvé de faux arguments essaye de comprendre tant bien que mal les objectifs de cette réforme. Une chose est certaine, il doit se méfier des propos tenus par les élus de tous bords et des partis auxquels ils appartiennent, dont les intérêts ne sont sans doute pas les siens.

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 18:36

Le consensus règne pour dire que les sans domicile fixe doivent être accompagnés et aidés...sauf si bien sûr la solution consiste à créer un foyer d'hébergement dans un quartier « tranquille ».

 

C'est ce qui ressort d'un courrier de lecteur de « Ouest France » dont on se doute que ce journal a longtemps hésité avant de le publier. Ce faisant, le journaliste a fait son travail et mis en relief certains aspects de la « bien pensance » hypocrite.

 

« Je n'ai rien contre ces pauvres gens, mais... », cette phrase qui laisse en suspens une ou plusieurs réserves à venir fonctionne avec tout : essayez avec arabes, noirs, fonctionnaires, homosexuels, punks...et vous verrez apparaître toute une liste de clichés, de récriminations, de non-dits, de frustrations, de peurs ou de tabous issues des tréfonds de la bêtise et de l'ignorance et qui annoncent l’exclusion. Nous sommes loin du « vivre ensemble ».

 

En l'occurrence, ce qui gêne notre courageux lecteur (anonyme), tient aux considérations suivantes : il habite dans un quartier très calme dans le sud de Rennes « sans doute trop tranquille » (je cite) et la municipalité vient d'y acheter à 20 mètres environ d'une église, un bâtiment pour l'hébergement de sans domicile fixe.

 

A ce stade, notre lecteur se fait le porte parole d'un intérêt général puisqu'il craint des débordements de « locataires surexcités  accompagnés de leurs chiens » lors d'enterrements à l'église toute proche... Et de faire preuve à l'avance d'une grande compassion « pour la famille du défunt »...

D'autre part, « le voisinage, constitué de personnes âgées, souvent seules, ne pourront plus assister à la messe sans craindre d'être importunées ».

 

C'est bien connu, les S.D.F. adorent faire peur au pratiquants des cultes, perturber les cérémonies religieuses, et plus particulièrement les enterrements.

 

On sent que la religion a une grande importance dans la vie de notre lecteur mais qu'au fil du temps l'enseignement des évangiles et l'écoute des sermons ont laissé la place à une pratique plus pragmatique et routinière.

 

Notre courageux anonyme ne se contente pas de faire part de ses peurs. Il est aussi force de proposition, sans doute contraint par un reste d'humanité, puisqu'il juge « préférable et humain de consacrer ce lieu à une crèche ou une maison de retraite, dont le manque se fait sentir » et demande au Maire de faire annuler au moins la deuxième tranche du projet, le limitant ainsi à 11 appartements au lieu de 29 (proposition faite pour se donner bonne conscience mais dont on se doute qu'elle n'a pas la faveur de notre lecteur).

 

Cerise sur le gâteau : après avoir prêté des intentions malveillantes aux SDF vis-à-vis de l’église et de ceux qui la fréquentent et proposé l'ouverture d'un équipement public destiné à la petite enfance ou aux anciens, notre Monsieur X nous délivre un argument imparable « 40 locataires risquent d'apporter leurs nuisances à 4000 habitants, provoquant ainsi une baisse de l'immobilier de tout le secteur ».

 

Voilà, tout est dit, c'est l'expression de la bêtise crasse, celle de petits rentiers minables qui pensent que leur capital risque d'être déprécié, en oubliant que leur compte bancaire, leur coffre fort et leur patrimoine immobilier ne les suivront pas au cimetière, même après être passé par l'église... sous l'œil goguenard des SDF.

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 09:17

A l'invitation du Préfet, les intercommunalités sont amenées à réfléchir à leur avenir, en vue de les rationnaliser et de les renforcer.

Le débat qui a eu lieu à Rennes Metropole fin avril se situe dans ce cadre. L'enjeu est de taille, si j'ose dire, puisque l'agglomération définie à l'issue des débats pourrait obtenir le statut de Métropole au sens des textes en cours de discussion au Parlement, au cas où la population totale atteindrait 450 000 habitants, avec à la clé des pouvoirs renforcés.

Le critère pris pour appréhender l'aire urbaine qui pourrait servir à étudier les futures limites d'une agglo a consisté à inclure toutes les communes dont 50 % des actifs travaillent dans le même secteur (alors que la définition INSEE retient 40 %), soit pour l'agglo rennaise 92 communes et 500 000 habitants, ce qui permettrait d'accéder au statut de Métropole au sens de la loi.

A côté de cette agglomération, 4 villes majeures sont identifiées (Saint Malo, Fougères, Vitré et Redon), ainsi que 5 pôles intermédiaires de 40 à 50 000 habitants (Bain, Brocéliande/Guer, Montauban/Montfort, La Guerche et la Bretagne Romantique).

Ainsi identifiés, ces 10 bassins de vie donnent une bonne image de ce que pourrait être la carte de l'intercommunalité en Ille et Vilaine, en lieu et place des 28 intercommunalités existantes.

Simple me direz-vous, trop simple en effet, puisque cette vision technique, mais non dénuée de bon sens, ne prend pas en compte les volontés des communes concernées exprimées par leurs édiles, et oublie au passage d'intégrer le Département dans la réflexion.

Sur ce dernier point, on remarquera que cette collectivité, étranglée financièrement, est condamnée à terme à fusionner avec la Région : c'est le sens de la loi, au travers notamment de l'élection des futurs conseillers territoriaux.

Cette disparition programmée par le Gouvernement semble déjà actée, y compris par Guy Jouhier cumulant un mandat à Rennes Métropole et au Département, qui renonce donc à le défendre et reporte son énergie à la construction de la future Métropole rennaise ce qui n'est pas sans poser problème d’ambiance parmi les élus de gauche.

S 'agissant des élus de droite qui agitent le spectre de la « Métropolisation du Département » et qui préfèreraient sans doute la « Départementalisation de la Métropole », on feint de croire que le modèle actuel des communautés de communes dispersées, avec un nettoyage à la marge, pourrait perdurer et résister à la volonté d'expansion de l'agglomération rennaise.

C'est sembler ignorer que ce modèle a vécu et ne peut exister qu'avec un Département fort apportant des subsides, alors même que le gouvernement que ces élus centristes soutiennent a programmé la disparition de cette collectivité et la baisse des dépenses d’intervention de l’Etat au profit des collectivités locales.

L’élue UMP du canton de Vitré pousse la provocation un peu plus loin en réclamant un débat au Conseil Général sur les limites des intercommunalités espérant faire sans doute apparaître les clivages dans la majorité de gauche.

Et les Maires des communes concernées dans tout cela ? Certains d'entre eux annoncent d'ores et déjà leur volonté de ne pas rejoindre l'agglomération rennaise tablant parfois sur le résultat de consultations locales défavorables (Talensac). Encore faudrait-il vérifier que toutes les données du dossier ont bien été exposées avant le vote. D'autres, bien sûr n'envisagent aucune adhésion à Rennes Métropole, et appréhendent déjà l’idée de communautés de communes élargies.

On voit bien que les adeptes du statu quo sont nombreux, que le mythe du secteur rural que l'on oppose fréquemment à la ville reste vif, même si cela doit se traduire par un frein au développement et par la fuite des jeunes.

De plus, les considérations et les petits calculs politiques, les trajectoires personnelles ou parfois même le manque d'ambition ou de vision de certains élus ne sont pas loin et plombent le débat démocratique.

Et les citoyens dans tout cela ? Bien entendu, ils ne seront pas invités à la table du débat et se contenteront d'observer de loin, parfois sans les comprendre, les gesticulations et les effets de manche des élus.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 21:37

Le forum internet sur la circulation et les transports à Rennes lancé sur Ouest France a suscité de nombreux commentaires pas toujours négatifs d'ailleurs.

Il a été également l'occasion pour les tenants du tramway de faire entendre à nouveau leur voix, comme si on devait passer par perte et profit le choix du métro fait à l'origine pour repartir sur un nouveau mode de transport de surface.

L'argument le plus extraordinaire lu sur le sujet aura été le coût de la seconde ligne de métro, avec lequel « on pourrait faire 53 km de tramway » (Ouest France du 6 mai dernier).

A titre d'exemple, si l'on considère que ce réseau serait contenu dans les limites de la Ville de Rennes (à défaut de population agglomérée suffisante dans les communes périphériques), ce sont dont 5 lignes de tramway qui pourraient être mises en service pour un coût équivalent à celui d'une ligne de métro

Chiche serait-on tenté de dire à l'auteur de cette affirmation ! Mais allez plus loin et dites-nous comment allez vous organiser le réseau de ces nouvelles lignes de transport de surface compte tenu du réseau et de la largeur des voies existantes en ville ?

Avez-vous pensé que de nombreuses rues et boulevards seront réservées exclusivement au tramway et de fait interdites à la circulation de véhicules (particuliers ou de livraison), notamment dans l'hypercentre étant entendu que des lignes de tramway qui ne seraient pas en correspondance entre-elles ne serviraient à rien ?

On aura tout entendu sur le sujet depuis le projet de première ligne. On aura aussi assisté à de nombreuses manoeuvres politiques pour empêcher le projet de voir le jour et qui auront de fait contribué au renchérissement de son coût. On aura même assisté à l'époque à l'élection de nouveaux conseillers généraux centristes dont le programme politique était exclusivement anti-Val et qui n'intervenaient en séance publique que sur ce sujet qui ne relevait pas de la compétence du Conseil Général.

Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que tout le monde doit impérativement utiliser les transports en commun, circuler à bicyclette ou à pied et que la ville doit être interdite à la circulation des automobiles, mais que les différents modes doivent trouver leur place.

Pour avoir participé à un voyage organisé par l'agglomération rennaise vers le milieu des années 90 à Lille (pour le métro) et à Grenoble (pour le tramway), j'ai pu voir in-situ les inconvénients du tramway (vibrations, neutralisation de voies de circulation) qui n'auraient pas été sans soulever de nombreux problèmes à Rennes en cas de choix de cette technologie. J'ai pu constater que les reproches faits au Val (son bruit, sur les tronçons aériens) ne tenaient pas la route.

Je n'ai pas changé d'avis et je trouve que le choix du Val était et est toujours pertinent pour une ville comme Rennes et j'attends des opposants au Métro qu'ils sortent des arguments purement financiers et qu'ils creusent (si j'ose dire) un peu plus le dossier.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 21:48
Les collectivités locales votent actuellement leurs budgets et les augmentations d'impôts qui vont avec. L'argument le plus utilisé pour justifier les hausses fiscales tient souvent au nécessaire soutien de l'investissement, en particulier celui qui donnera du travail aux entreprises de bâtiments et de travaux publics (B.T.P.). En ce sens, les responsables du B.T.P. Breton qui, dans Ouest France, il y a quelques semaines disaient de manière délicate « qu'il y avait urgence à remettre du carburant dans la chaudière », auront été entendus par les élus.

Pour le simple contribuable que je suis, je m'étonne de l'importance que l'on donne à l'investissement, « partie noble » des budgets contrairement au fonctionnement qu'il faudrait absolument contenir.

Je m'en étonne parce que je ne suis pas convaincu de l'utilité de tous les investissements routiers ou urbains qui sont décidés. Par exemple, les routes à 4 voies, à l'heure où l'on s'interroge sur la fin des ressources en pétrole. Par exemple également les aménagements urbains contraignants et les ronds points ou bien encore le remplacement des abribus sur Rennes Métropole alors que les anciens ne me paraîssaient pas usagés.

Je suis étonné par ailleurs parce que tout investissement génére, à terme, des coûts de fonctionnement (réfection des enrobés, entretien des bas côtés, nettoyage, éclairage public,...) ce qui met à mal le raisonnement des élus.

Finalement dans les collectivités locales, ont a inventé une sorte de mouvement perpétuel : on prélève des impôts qui vont servir à des investissements pas toujours utiles, uniquement pour maintenir l'activité de certains secteurs économiques.

En faisant cela, on bloque toute prospective et on écarte du développement des secteurs économiques innovants. On se prive également de la possibilité d'intervenir en fonctionnement, par exemple, au profit d'associations locales (sportives, sociales, culturelles,...) dont on connaît la valeur ajoutée dans le domaine du vivre ensemble.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 21:23

Les experts es-pourcentages commentent doctement les résultats de régionales en oubliant de s'appesantir sur l'indicateur essentiel de ces élections : le nombre de suffrages exprimés, soit 21 194 314, à comparer avec le nombre d'inscrits, 43 350 204, ce qui nous donne moins de 50%. A quoi attribuer à ce taux ridiculement bas ?

 

D'aucun parlent de révolte civique, d'autres de protestation pour expliquer ce taux record d'abstention, justifiant ainsi la campagne nationale décalée a laquelle nous avons eu droit. C'est vrai que sur ce point, rien ne nous aura été épargné : si le chômage s'est aggravé, c'est presque de la faute des Régions, de même si l'insécurité croit. C'est ce genre de propos colportés par l'UMP, en premier lieu les têtes de gondoles et autres aboyeurs engagés dans cette campagne, que les médias ont complaisamment rapportés privilégiant le sensationnel à l'information et à l'éducation civique. De leur côté, les sortants PS. parlant peu de leur bilan et de leurs projets, se sont lancés dans une campagne nationale, pressés qu'ils sont de faire oublier leurs dissensions internes et de redorer leur blason terni par leurs querelles d'égo. Ils se sont aussi positionnés non seulement pour 2012, mais, en cas d'échec, pour 2014, date des prochaines élections régionales avec le nouveau dispositif d’élection de conseillers territoriaux. Les verts, forts de leur succès aux européennes ont cherché à confirmer leur implantation dans le paysage politique national. Enfin le F.N. a parlé, comme d'habitude, d'immigration, et les partis d'extrême gauche nous ont servi leur discours anticapitaliste habituel, avec le succès que l'on sait.

 

Tout ce petit monde, avec ses petites stratégies de boutiquiers, occupé à conserver ou à accroître ses parts de marché national a oublié simplement de nous parler des Régions et de leurs compétences. A part l'économie, sujet central de tous les discours, et parfois les transports régionaux, on a rarement entendu de débats concernant les programmes d'investissement dans les lycées, ou bien les politiques régionales en matière de formation par exemple. Pourtant lorsque l'on regarde les budgets régionaux, on s'aperçoit que ces sujets non ou mal traités pendant la campagne représentent près de 80 % du budget d'une Région (c'est le cas pour la région Bretagne). Avant de me promettre monts et merveilles sur des dossiers ne relevant pas expressément de la compétence des Régions, j'aurais aimé pour ma part que l'on me dise, par exemple, comment est dépensé cet argent, comment le contrôle des subventions versées s'effectue, en particulier les sommes versées aux organismes de formation et surtout comment on mesure l'efficacité des politiques régionales.

 

Rien de tout cela, bien évidemment, et le débat s'est concentré, outre sur les problèmes de politique nationale cités plus haut, sur des sujets forts intéressants, certes, mais non directement liés au coeur de compétences des Régions (à part l'économie) et pour lesquels les crédits restants après avoir dépensé les 80 % du budget dans les compétences obligatoires seront largement insuffisants si l'on veut les mettre toutes en œuvre. Il n'y a qu'à lire les professions de foi des candidats pour être convaincu du décalage entre les promesses et les moyens financiers disponibles, sachant, par ailleurs que les budgets cumulés de toutes les Régions ne totalisent que 25 Milliards d'euros (budget de l'Etat : 380 Milliards...), et qu'une fois dépensées les sommes relatives aux compétences obligatoires, il ne reste plus qu'environ 5 Milliards d'euros pour toutes les Régions pour les autres politiques.

 

Voilà pourquoi, peut-être, beaucoup d’abstentionnistes n'ayant vu qu'un remake des élections nationales précédentes et peu au fait des compétences et des moyens réels des Régions ont préféré rester chez eux, conforté dans leur abstention par les promesses non tenues d'un pouvoir national inopérant et inexistant face aux forces des « marchés » financiers qui continuent tranquillement leur petit travail de sape des économies.

 

Voilà, les élections sont passées. Quelques ministres viennent d'être changés, juste pour dire que l'on « prend en compte les résultats des élections », même si personne n’est dupe.

Pour le reste, pas question d'arrêter les réformes ! On se contentera simplement de les mettre aux oubliettes, une fois votée, comme cela a été fait pour la taxe carbone. L'essentiel est préservé : on aura de beaux débats nationaux entre partis politiques, de belles envolées lyriques, et on votera des textes qui feront les unes de journaux, mais qui seront inapplicables ou dont on oubliera de voter les décrets d'application.

 

Et les collectivités territoriales, dans tout cela ? C'est une réforme vidée de son contenu qui nous attend parce que ceux qui voteront le texte sont aussi les cumulards qui les dirigent.

 

Le citoyen dans tout cela ? Bof, on ne lui demandera pas son avis, comme d'habitude.

 

Etonnez-vous après cela, qu'il boude les urnes.

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