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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 20:44

 C'est un fait acquis : le gouvernement se refuse à dire que les impôts augmentent pour faire face à la crise. Tout au plus parle-t'il d'ajustements et de coups de rabot sur les niches fiscales. Pour les ministres qui interviennent dans les médias, seule l'augmentation générale des impôts pourrait justifier le terme de rigueur parce qu'elle s'appliquerait à tous. On appréciera la nuance !

Le résultat annoncé de cette politique est que seule la catégorie des classes moyennes devrait être touchée par les mesures annoncées. Sauf que l'augmentation de la TVA pour les fournisseurs d'accès internet concernera certainement d'autres populations.

Il ne faut pas oublier que d'autres mesures prise par le gouvernement se traduiront par des augmentations d'impôts, locaux, cette fois-ci. Il en va ainsi du gel des dotations d'Etat aux collectivités locales pour l'exercice des compétences transférées (dans le domaine social, en particulier), qui oblige ces collectivités à augmenter les taxes qu'elles perçoivent (taxes foncières et d'habitation, notamment). Précisons tout de même que les collectivités n'ont pas toujours fait preuve de vertu budgétaire. Sont concernés cette fois-ci un plus grand nombre de contribuables .

D'autres décisions gouvernementales, (ou non décisions), entraînent des charges supplémentaires pour la majeure partie des foyers : il s'agit des autorisations d'augmentations de 10 % pour le Gaz, et de 3 % en moyenne pour l'électricité, par exemple.

Pour cette dernière augmentation, la Ministre de l'économie disait cette été que cela ne représentait que 18 euros par an.

Il y a quelque temps, des élus locaux, justifiant les augmentations d'impôts locaux prenaient pour image le prix d'un express mensuel dans un café.

L'ennui, c'est que les euros supplémentaires d'impôts d'Etat ou locaux ajoutés aux euros des dépenses d'énergie arrivent à se cumuler et aboutir à des sommes rondelettes en fin d'année, alors même que les revenus auraient plutôt tendance à stagner.

Il y a donc des limites aux discours des politiques qui ne prennent pas leurs responsabilités et qui se réfugient trop souvent dans des postures démagogiques.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 15:37

Monsieur de Legge, sénateur d'Ille et Vilaine a une bien étrange conception du développement du territoire dont il est issu. En fait, son action semble essentiellement guidée par ce que ses adversaires politiques sont susceptibles de mettre en oeuvre afin de dynamiser leurs collectivités, pour immédiatement en prendre le contre pied.

Pas de trace donc d'un quelconque intérêt général, mais plutôt l'expression crasse d'un clivage politique entre droite et gauche avec ses petits coups tordus, comme les centristes savent si bien les pratiquer depuis des années dans notre Département.

L'objet de ce coup de gueule ? Un amendement proposé par l'intéressé au projet de loi sur la réforme des collectivités locales portant de 450 000 à 500 000 le nombre d'habitants nécessaires à la création d'une métropole (collectivité disposant de pouvoirs élargis par rapport aux grandes intercommunalités actuelles).

La collectivité visée : Rennes Métropole qui avait, dans la première mouture du texte, les moyens d'accéder à ce statut, ce qui lui sera désormais beaucoup plus difficile.

Monsieur de Legge explique d'ailleurs très bien sa démarche en affirmant (Ouest France du 3/07/2010) : « Je ne souhaite pas que dans mon département l'on organise le territoire par défaut, en fonction de ce que la capitale aura bien voulu lui laisser ». Belle affirmation d'un élu qui semble oublier qu'il est celui de la Nation.

Ce sénateur, dont on n'est pas certain qu'il fasse la fierté du Département d'Ille et Vilaine s'est à nouveau félicité que l'Assemblée Nationale ait voté à son tour cet amendement.

Rennes Métropole se voit donc condamnée, sauf à atteindre ce seuil de 500 000 habitants (et on peut faire confiance aux centristes pour que ce seuil ne soit pas atteint), a conserver son statut actuel, alors que Nantes n'aura aucun problème pour l'atteindre.

On voit bien les conséquences pour la Bretagne : avec l'aéroport de Notre Dame des Landes, l'attractivité et le développement économique se feront désormais au bénéfice de l'agglomération nantaise et au détriment de l'agglomération rennaise.

Remarquez que ce fossoyeur du développement de l'agglomération rennaise est aussi l'auteur d'un amendement dans le même texte permettant à un département de changer de Région. On pense bien sûr à la Loire Atlantique qui pourrait réintégrer la Bretagne et M. de Legge ne s'en cache pas (Ouest France du 6/02/2010).

De là à penser que la vision de ce grand homme politique consiste dans un premier temps à limiter l'action de la métropole rennaise en favorisant la nantaise pour ensuite réunir la Loire Atlantique à la Bretagne, laquelle aurait donc pour nouvelle capitale Nantes, il y a un pas que je ne franchirai pas tant la prospective et l'intelligence politique semblent des qualités étrangères au sénateur en question.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 10:23

L'annonce d'une possible transformation du Palais Saint Georges en hôtel quatre étoiles provoque des débats passionnés.

 

L'opposition municipale n'est pas en reste, qui reproche à la majorité son manque de vision à long terme.

 

En dehors de tout autre aspect, il convient avant tout de s'interroger sur l'utilité de ce bâtiment.

Soit la Ville a un projet pour son utilisation au service du public et il faut l'aménager en conséquence, soit ces locaux n'apportent rien à l'exercice des compétences communales, auquel cas il faut le vendre.

 

La solution qui consisterait à le conserver sans aucun projet d'utilisation en lien avec ces compétences serait la pire et les contribuables rennais seraient fondés à reprocher aux élus les coûts d'entretien d'un édifice non occupé.

 

Que l'on se rassure, par ailleurs, la vente du Palais Saint Georges ne signifierait pas sa disparition du paysage rennais ou sa transformation en je ne sais quel vitrine commerciale avec le clinquant qui va avec : les élus locaux et avec eux les services de l'Etat habilités à traiter du respect des règles architecturales disposent d'un arsenal juridique conséquent pour éviter toute dérive en ce domaine.

 

La Ville de Rennes ne doit pas ressembler à ces nobles ruinés qui n'ont pas les moyens de réparer la toiture du château et qui voient jour après jour disparaître leur patrimoine. Elle doit prendre les décisions de gestion qui s'imposent.

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 08:58

Dans l'entretien accordé à Ouest France (13/09), le politologue Dominique Reynié critique les propositions socialistes sur les retraites et accorde un avantage à l'UMP qui connait déjà son candidat pour 2012.

 

Il développe par ailleurs la thèse selon laquelle les gouvernements quels qu'ils soient (c'est à dire de droite ou de gauche) sont et seront amenés à prendre des décisions désagréables sous la pression notamment de l'environnement économique et financier.

 

En creux, on semble deviner que cette analyse, pas complètement neutre, devrait nous conduire logiquement a reconduire le pouvoir actuellement en place.

 

Là où son analyse semble pertinente et effrayante à la fois, c'est qu'elle acte une évolution que nous avons déjà constatée, à savoir le peu d'importance que les gouvernements représentent aujourd'hui face à la puissance de la finance et de l'économie globalisé qui détiennent le pouvoir de déclarer les états en faillite et de décider du sort de millions d'individus.

Les Etats qui se sont endettés massivement pour faire plaisir à leurs électeurs et se sont jetés ainsi dans la gueule du loup ont leur part de responsabilité dans cette mutation de la gouvernance.

 

Cetta analyse est par ailleurs effrayante, car d'une part, elle annonce d'autres mesures impopulaires qui épargneront sans doute les puissants et toucheront les faibles, mais aussi parce qu'elle consacre la fin des principes fondamentaux de Nation, de souveraineté, d'égalité, de liberté contenus dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et pour faire court, le retour de la loi du plus fort et de l'argent roi.

 

Les gouvernements sont donc instamment invités à se tranformer en exécuteurs des basses oeuvres de cette nébuleuse qui gouverne désormais la planète et à oublier le citoyen.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 20:28

Il y a quelques jours les dirigeants d'une école de musique de la périphérie rennaise exposaient dans Ouest France leurs préoccupations quant à la baisse de certaines ressources financières en particulier celles en provenance du Département.

 

Il faut dire que cette collectivité, confrontée à la crise qui a fait s'effondrer ses ressources fiscales ainsi qu'à la baisse des dotations de l'Etat, a pris la décision de baisser de manière drastique les subventions aux associations et ce, sans que les associations touchées puissent espérer un retour à la normale à court terme.

 

Les dirigeants de cette école de musique cherchent donc naturellement des pistes pour boucler leur budget et évoquent la possibilité de revoir, faute de participation des communes, les interventions extérieures de leurs professeurs de musique, autrement dit les actions de sensibilisation des élèves des écoles primaires.

 

Ce dispositif, sur lequel se base en partie le Département pour attribuer ses subventions aux écoles de musique, a été mis en place suite à la défaillance de l'Education Nationale dont relève l'enseignement de la musique et qui a vu une opportunité pour faire payer les collectivités locales à sa place.

Si les écoles de musique devaient se désengager de ce dispositif, le Département serait donc légitime pour supprimer son aide qui représente une part non négligeable de la subvention versée aux écoles.

 

On voit donc bien les effets pervers de cette éventualité : des élèves dont les parents n'ont pas les moyens de payer l'adhésion à une école de musique où qui n'habitent pas à proximité d'une de ces écoles ne disposeraient plus d'enseignement musical, cet enseignement étant réservé de fait à ceux qui, bien dotés financièrement, habitent dans les bonnes communes.

 

La démocratisation de l'enseignement musical n'est donc pas en bonne voie.

 

Il y a quelques années, avant la crise, le Département s'était essayé à la rationnalisation des subventions versées aux écoles de musique et à leur fonctionnement afin de maîtriser l'évolution des dépenses consacrées à cette politique.

Il s'était heurté à un mur, ainsi qu'à une conceptualisation à outrance du dossier allié à un manque de courage politique et administratif évidents.

 

Il faut dire que certains élus départementaux titulaires de deux casquettes, l'une de conseiller général, la seconde de Président ou de membres du C.A. d'écoles de musique, n'avaient rien fait pout faire aboutir ce dossier.

 

Encore un effet pervers du cumul des mandat qui a aboutit en définitive à une augmentation du budget « musique » du Département, là où il était prévu de le baisser...

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 10:44

 Sous le titre « Isabelle Le Calennec salue la décision de N. Sarkozy », Ouest France nous apprend que l'intéressée, élue et responsable UMP, se félicite de la décision de ne pas remettre en cause le cumul du bénéfice de l'APL pour les étudiants et de la demi-part fiscale de leurs parents, décision qu 'elle qualifie de bonne nouvelle valant d'être soulignée.

 

On se rejouirait avec Mme Le Calennec si l'on n'avait pas le sentiment confus que cette information n'en n'est pas une et qu'il s'agit simplement d'effets d'annonces, n'ayant fait l'objet d'aucun début de mise en oeuvre et de débat, et dont les partis politiques usent et abusent, surtout en période de préparation budgétaire.

 

Ainsi on agite dans un premier temps le spectre d'une mesure de rabotage fiscal, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, puis dans un second temps on bat en retraite devant la levée de boucliers provoquée, pour enfin faire monter au créneau les troupes du parti qui considèrent ce retrait comme une victoire.

 

Si ce genre de « victoires » doit se multiplier, notre pays n'est pas prêt de sortir de la crise.

 

Dans un contexte morose, il faut trouver de belles histoires à raconter.

 

Cependant, en l'espèce, on a l'impression que les choses tournent en rond et que faute d'éléments concrets concernant le débat budgétaire, on en vient à appliquer des procédés qui relèvent de la communication pure et simple, sans apporter de réelle valeur ajoutée au débat démocratique.

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 16:54

 Censés amener les conducteurs de véhicules à plus de vigilance et davantage de prudence, notamment en zone urbaine ou à leur approche, les aménagements routiers (ralentisseurs, ilots, chicanes, poteaux et barrières de toutes sortes) peuvent s'avérer très dangereux

 

Dimanche dernier, à Mortagne sur Sèvre, en Vendée, un véhicule transportant cinq jeunes hommes a percuté un de ces aménagements. Le véhicule, ses deux pneus droits éclaté a été projeté à 200 mètres, s'est retrouvé sur le toit et a pris feu. Bilan : trois jeunes, prisonniers à l'arrière du véhicule, sont morts.

 

Voilà pour les faits qui ne préjugent en rien des conclusions de l'enquête en cours qui devra définir les conditions exactes de cet accident et notamment s'il est imputable à la vitesse et/ou l'alcool ou la drogue.

 

Quelles que soient les responsabilités éventuelle du conducteur, on est en droit de s'interroger sur la configuration des lieux aménagés en chicane de manière à ne laisser passer qu'un seul véhicule à la fois, sous un pont. La photo publiée dans la presse locale donne davantage une impression de dangerosité que de sécurité.

 

Jusqu'à présent la débauche d'aménagements de voirie que l'on constate s'était le plus souvent soldé par des jantes abimées, des pneus éclatés ou des bas de caisse cabossées.

 

Nous avons tous constaté l'inflation de ces équipements depuis une dizaine d'années à l'initiative des élus locaux forts bien conseillés par les bureaux d'études et autres vendeurs de ces aménagements, et sous la pression de riverains épris de sécurité.

 

On ne reprochera pas à ces derniers de vouloir vivre en paix et en sécurité, mais on reprochera aux élus de n'avoir pour seule réponse qu'une vision sécuritaire excessive qui peut s'avérer contre productive et dramatique : l'accident de dimanche est là pour illustrer ce propos.

 

La sécurité est bien dans l'air du temps et elle touche tous les domaines de la vie. On ne parle que de dissuasion, de mesures coercitives, d'amendes, voire plus. Les aménagements routiers à eux seuls ne feront jamais une politique. Ils sont coûteux, pas toujours efficace, parfois dangereux et défigurent souvent notre environnement urbain. Ils sont souvent accompagnés d'une forêt de panneaux indicateurs dont on a du mal à capter tous les messages et de limitations de vitesses pas toujours cohérentes à l'échelle d'une commune.

 

L'éducation et la prévention ne font plus partie du discours et sont les parents pauvres des dispositifs mis en oeuvre par la collectivité publique qui supprime à tour de bras des postes de fonctionnaires, là où au contraire il en faudrait plus.

 

Le Maire de la commune où s'est produit l'accident tragique vient peut-être de prendre conscience des limites de sa politique d'aménagements routiers : il vient de provoquer une réunion pour réfléchir à une action en direction des jeunes.

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 19:10

Deux petites phrases inquiétantes, parues dans Marianne, ont éveillé mon attention dans cette torpeur estivale.

L'une émane de Michel Rocard et s'adresse directement à cet hebdomadaire « Vous vous comportez, non comme des journalistes d'information, mais comme des acteurs politiques. C'est aux hommes politiques d'agir en politique ».

La seconde a été prononcée par Claude Allègre : « Dans une démocratie, le contre-pouvoir, c'est l'opposition, pas la presse ».

 

Les grands démocrates

 

Ainsi donc, certains hommes politiques considèrent que le débat politique leur appartient, que les citoyens qui les ont élus ne doivent pas, sauf lors des élections, remettre en cause leur pouvoir, et qu'entre temps la presse doit se contenter de reproduire les communiqués des services de presse et de surtout éviter de lancer des débats politiques.

Belle conception de la démocratie qu'aucun homme politique actuellement au pouvoir n'aurait osé formuler au risque de provoquer un tollé général. Il a fallu que ce soit MM. Rocard et Allegre, ex-hommes de gauche, bénéficiant d'un statut particulier de faire-valoir de la droite, qui profèrent ces absurdités en contradiction flagrante, au passage, avec l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi).

Ces hommes politiques finissants, dans leur volonté d'exister encore, ne se rendent même plus compte, en proférant de telles inepties, qu'ils se mettent au même niveau que Morano ou Lefebvre, aboyeurs patentés de l'UMP, qui ne manquent pas une occasion de taper sur les médias.

 

Comment expliquer cette volonté de museler le débat ?

 

La vie politique est principalement marquée par les échéances électorales qui donnent lieu à un grand cirque médiatique. Le citoyen se sent de plus en plus étranger à ce débat qui, sous couvert de technicité, d'Europe, de mondialisation, d'économie, lui échappe de plus en plus. Pas étonnant que le taux de participation aux élections soit de plus en plus bas, et que les élus et les partis, profitant de cette complexité, développent un discours généraliste, d'où les véritables enjeux sont absents, pour nous dire « votez pour nous, on s'occupe du reste », et surtout « ne venez pas troubler nos réflexions, et ne remettez pas en cause notre légitimité ».

La vie politique française s'est donc professionnalisée, et chaque élu se pique de maîtriser un dossier, d'être un technicien de tel ou tel domaine, ce qui ne favorise pas le renouvellement des personnels politiques et l'exercice d'une véritable démocratie.

Les partis et groupement politiques censés concourir à l'expression du suffrage (article 4 de la constitution) encadrent le système, organisent cette professionnalisation et par conséquent transforment de fait les mandats en métiers et favorisent également le cumul des mandats.

Pas étonnant que l'on retrouve les mêmes qui parlent de la même chose depuis plus de trente ans.

 

Où se trouve le véritable pouvoir ?

 

De moins en moins dans les assemblées élues, de gauche comme de droite, qui réagissent de plus en plus aux sollicitations diverses des lobbies, aux injonctions des marchés, aux errements des traders, aux pouvoirs occultes de la finance internationale, en mettant en œuvre des politiques ou des mesures de plus en plus éloignées des attentes citoyennes.

Pas étonnant que les élus, prisonniers qu'ils sont du dogme libéral, veuillent limiter le débat et dénier aux médias le droit de faire le travail qu'ils sont en incapacité de faire.

Les politiques sont donc les fondés de pouvoir d'un ordre mondial duquel le citoyen se sent exclu et dont il ne tire aucun bénéfice tangible. Les élus prennent le risque inconsidéré de devoir répondre un jour de manière violente à une explosion sociale qui ne manquera pas de se produire. Ils s’y préparent en promulguant un arsenal législatif répressif.

 

Les plans médias gouvernementaux de l'été

 

Après un mois de juin catastrophique pour le pouvoir en palace, la rentrée s'annonce encore plus difficile avec la relance de l'affaire Woerth et le débat sur les retraites.

Le gouvernement a donc été mandaté tout au long de l'été pour essayer de détourner l'attention du bon peuple et de lui faire oublier ce qui l'attend.

Dans le genre, la palme revient sans conteste au Ministre de l'intérieur qui a su réagir à la moindre alerte sécuritaire et qui relaye si bien les propos douteux du chef de l'Etat sur les gens du voyage et les Roms.

Quasiment pas une semaine sans le voir une ou plusieurs fois devant les écrans télé, parler de guerre, de « présumés délinquants », entouré d'une masse de fonctionnaires galonnés, dont on se dit qu'ils seraient mieux sur le terrain, au lieu de faire l'ouverture du 20 heures.

En voyant cette mise en scène, cela m'a rappelé un dessin de 1968, dénonçant la mainmise du pouvoir sur les médias, où l'on voyait un policier sous slogan suivant « chaque soir à la télé, la police vous parle en direct ».

Pas mal non plus le plan com de Bachelot sur les salles de shoot pour les consommateurs de drogue : à part Gaudin qui n'avait rien compris et qui a été obligé de se rétracter après avoir jugé le projet intéressant, cela a permis au Premier Ministre d'exister pendant les vacances et de se positionner sur le volet répressif, tellement en vogue aujourd'hui.

Mention spéciale enfin pour la Bonne Mère de l'économie, notre dame de Lagarde, revenue précipitamment de sa villégiature Corse pour commenter le bon chiffre de la croissance au second trimestre et justifier au passage l'augmentation de 3% de l'électricité (4 euros « seulement » par mois...)

Les médailles en athlétisme ont permis également au Gouvernement de se refaire la cerise pendant quelques jours. Nul doute que dans le registre de l'instrumentalisation, nos nageurs auront droit prochainement à la même sollicitude.

Et le mois d'août n'est pas terminé...

 

Voilà donc le pays rêvé de nos hommes politiques, celui où les médias seraient chargés de faire de belles photos et de relayer la bonne parole, de ne pas remettre en cause le système, et de surtout ne pas engager des débats qui seraient néfastes à l'ordre social.

 

L'intimidation est en marche, et certains hommes politiques aux convictions aléatoires et à géométrie variable se font les complices de ce nouvel ordre médiatique et politique auquel les citoyens et les médias sont priés de se soumettre.

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 23:04

 Les belles images du Président à vélo accompagné de ses gardes du corps et de son fils au Cap Nègre, vues dans les médias, ne doivent pas faire oublier que se prépare en coulisse la rentrée politique, avec en point d'orgue le remaniement ministériel attendu pour octobre.

 

Un gouvernement en bout de course

 

Miné par les affaires allant de l'utilisation des fonds publics pour assouvir ses petites passions ou bien montrer que l'on est au dessus de tout (Blanc et ses cigares, Joyandet, son jet privé et son permis de construire douteux), en passant par le scandale de la vaccination contre la grippe H1N1 (Bachelot), le boomerang des notes d'hôtel en Afrique du Sud (Yade), les querelles entre les deux, la conjointe exilée fiscale repentie du ministre du budget, les blagues de mauvais goût sur les auvergnats du Ministre de l'Intérieur, les problèmes de logement de fonction (Amara et Estrosi), j'en passe et des meilleures pour arriver, cerise sur le gâteau, à l'affaire Woerth/Bettancourt, le gouvernement est désormais largement discrédité à la veille d'une rentrée qui s'annonce laborieuse.

 

Ecran de fumée ou profession de foi ?

 

Dans ce contexte, les dernières déclarations du Président de la République, largement relayées par les aboyeurs habituels, sur les Roms, sur la déchéance de la nationalité française pour certains délinquants ou criminels, sur la responsabilité (pouvant aller jusqu'à leur incarcération) de parents de mineurs délinquants sont-elles à mettre sur le compte d'une volonté de faire oublier l'affaire Woerth à la veille de la mise en oeuvre de la réforme des retraites ou bien ont-elles un sens ?

Et si le Président de la République amorçait tout simplement un virage sécuritaire, dans la perspective de 2012, avec la volonté cette fois d'aller au bout des choses quitte à se démarquer d'une partie de son électorat centriste mais en cherchant à draguer une partie de l'électorat du Front National ?

Il ne fait aucun doute que l'hypothèse d'un 2002 à l'envers, c'est à dire un second tour de la Présidentielle opposant le candidat du P. S. à celui du F. N., l'UMP étant hors jeu, est examinée avec attention en ce moment à l'Elysée et à l'UMP.

Dès lors, la logique de l'écran de fumée destinée à sauver le soldat Woerth disparaît au profit d'un discours sécuritaire musclé qui devrait cette fois ci être suivi d'effets pratiques, en premier lieu dans la composition du futur gouvernement.

 

A quoi sert le gouvernement ?

 

Selon l'article 20 de la constitution « le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation », postulat séduisant, sur le papier uniquement, si l'on considère qu'aujourd'hui tout s'échaffaude et se décide à l'Elysée à l'aide des conseillers qui n'ont aucune légitimité démocratique, laissant aux ministres les problèmes d'intendance et de mise en oeuvre des décisions du Prince.

Une bonne part des ministres, qui disposent de moins en moins de crédits d'intervention, sont donc surtout des faire-valoir, destinés à occuper l'espace médiatique et le terrain dès lors qu'une manifestation d'agriculteurs se profile, qu'un train déraille ou que des polémiques avec l'opposition ont besoin d'être montées en épingle.

Les Ministres sont aussi en principe les courroies de transmission entre l'Etat et ses services déconcentrés sur le terrain pilotés par les Préfets. Lorsque l'on voit la réorganisation récente des Préfectures, on se dit que l'organisation du gouvernement est loin d'être cohérente et que les Préfectures doivent avoir du mal à trouver le bon interlocuteur dans le bon Ministère.

Cela ne fait rien puisque les tâches des Préfectures sont aujourd'hui largement orientées vers la lutte contre l'immigration, la délinquance et l'ordre public et que les autres missions sont largement délaissées ou transférées progressivement aux collectivités locales.

 

Comment composer le futur gouvernement ?

 

Par le passé, il était de bon ton d'avoir des ministères représentatifs de certaines catégories professionnelles, celles qui votent bien, en principe (agriculteurs, commerçants, anciens combattants) et de caresser dans le sens du poil les fonctionnaires, par exemple.

Il était de bon ton également d'avoir une réprésentation équilibrée des différentes régions dans le gouvernement.

Exit désormais ces logiques puisque les thèmes d'actualité susceptibles de faire gagner les élections, l'immigration et la délinquance, prennent le pas sur tout le reste.

La composition du gouvernement répondra donc à des impératifs de communication politique et entrera dans le cadre d'une statégie électorale au service d'un homme.

Risquons-nous à un pronostic, celui d'un gouvernement sécuritaire, duquel seraient exclus les symboles de l'ouverture, Amara, Bockel, Kouchner peut-être également, sauf Besson parfait dans son rôle et sur lequel on pourra encore compter pour augmenter le chiffre des expulsions, autour d'un trio de choc : Alliot-Marie à Matignon, Hortefeux à l'intérieur et à la politique de la Ville et Ciotti à la Justice. La fonction de porte parole du gouvernement reviendrait à Nadine Morano qui développe des qualités indéniables dans ce domaine et Frédéric Lefevre deviendrait Ministre de la Défense, ce qui l'obligerait à davantage de retenue dans ses communiqués de presse.

Pour le reste, et puisqu'il s'agira de constituer une équipe plus réduite, trois ou quatre ministères techniques, pourvus de deux ou trois secrétaires d'Etat chacun, calqués sur l'organisation des services déconcentrés de l'Etat en Région et dans les départements devraient suffire à gérer une politique et une administration d'Etat moribondes, faute de moyens.

Plus la peine en effet de mettre en avant des compétences ronflantes comme l'industrie, l'aménagement du territoire, la recherche ou bien encore l'écologie, dont la mise en oeuvre est désormais soumise au seul bon vouloir des marchés.

J'allais oublier : il serait sans doute utile pour parachever la logique sécuritaire de nommer quelqu'un dont les idées sont proches de celles du Front National comme secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Intérieur. Les candidats ne devraient pas manquer...

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 19:58

 Monsieur Jean ARTHUIS, sénateur de la Mayenne, Président de la commission des finances du Sénat, ex ministre, ex Maire et Président du Conseil Général de la Mayenne,... vient de publier dans Ouest France du 27 juillet dernier un point de vue intitulé « Pacte républicain et niches fiscales ».

 

S'appuyant sur l'article 13 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (« Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle est répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés »), il en vient à dire que la règle fiscale devrait être claire, compréhensible et juste, ce qui sous entend que cela ne serait pas le cas actuellement.

 

A l'appui de son raisonnement, il prend pour exemple les niches fiscales qui, selon lui, « répondent à des attentes catégorielles, à des revendications corporatistes, à de supposés impératifs conjoncturels ou à des suppliques clientélistes que notre démocratie a cru devoir prendre en compte au nom de l'intérêt général ».Bel aveu !

 

Ces niches, toujours selon M. ARTHUIS, présentent trois défauts majeurs. Elles rendent notre fiscalité illisible et constituent une véritable rente pour les champions de l'optimisation fiscale. En second lieu, la niche fiscale devient un substitut aux crédits d'interventions mis à la disposition des ministres et enfin elles faussent les mécanismes de fixation des prix.

 

Sans être experts en matière de finances publiques on se sera aperçu, avant que M. ARTHUIS ne nous en parle, de l'existence de cabinets spécialisés dans l'optimisation fiscale. L'affaire Bettencourt est là pour illustrer ce propos.

S'agissant de l'impact des niches fiscales sur la fixation des prix, on a pu constater que la baisse de la TVA dans la restauration n'a que très peu profité aux consommateurs mais surtout aux restaurateurs. Pareil pour les niches fiscales en matière d'achat d'appartements pour la mise en location ou pour les équipements de chauffage éligibles aux réductions d'impôts : dans ces cas également les prix de vente et d'installation ont gonflé et confisqué en partie l'avantage de la niche fiscale pour le consommateur final.

 

Sénateur depuis 1983, maire entre 1991 et 1995 et secrétaire d'Etat et Ministre sous les gouvernements Chirac et Juppé, Monsieur ARTHUIS vient de découvrir les tares d'un système pour lequel il a constamment voté et on ne peut que s'étonner de cette révélation tardive : pourquoi, dans quel but ?

 

Est-ce un sursaut de lucidité qui devrait bientôt conduire l'intéressé à voter avec l'opposition ?

Est-il sorti d'un long sommeil pendant lequel il aura voté sans s'en rendre compte des mesures fiscales qui privent le budget de l'Etat de 75 Milliards d'euros de recettes chaque année ?

M. ARTHUIS est-il en service commandé et par conséquent chargé de préparer l'opinion (en particulier les bénéficiaires de niches) à la remise en cause de certaines d'entre-elles ?

 

On serait tenté de dire que son point de vue publié récemment a surtout un objectif électoraliste. En communiquant avec les lecteurs de la presse écrite, en particulier celle qui est implantée dans son département, le sénateur essaye surtout de se refaire une virginité et de placer son mouvement (Alliance centriste) dans une orbite gouvernementale.

Peut-être prépare t-il tout simplement le terrain pour un futur poste de secrétaire d'Etat ou de Ministre dans le prochain gouvernement ?

Quelle que soit sa motivation, il n'aura pas donné une image positive du Parlement et de la responsabilité des élus, et tenté de prendre le lecteur pour un imbécile.

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