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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 09:03

Raphaël Liogier est sociologue spécialiste des religions. Il a étudié l’apparition dans les années 2000 d’un nouveau fondamentalisme musulman à travers la question du voile intégral.

Il indique (Ouest France 26/01/2016) que les jeunes femmes qui le portaient avait selon lui un discours proche du new age : « Le voile et l’Islam sont bons pour la santé ; la prière me fait du bien ; je veux être dans le rapport à l’autre… ».

Arrêtons-nous un instant sur cette dernière affirmation : comment être dans le rapport à l’autre lorsque que l’on masque son visage ? A moins que ce principe ne s’applique uniquement que par soumission à un code édicté par des prescripteurs davantage préoccupé par leur propre souhait de domination que par l’observance d’un code religieux par ailleurs très flou, s’agissant du voile, intégral ou pas.

Une seconde hypothèse, mais qui rejoint la précédente, consiste à penser que la religion musulmane a décidé d’être visible et pour qu’elle le soit, préconise que la moitié de ses membres doit renoncer à la liberté de s’habiller comme elle le veut et donc de vivre en marge du code des femmes du pays où elles résident.

La question du « rapport à l’autre » semble d’autant plus sujette à caution que dans ce cas elle répond davantage à un prosélytisme qui impose ses codes qu’à un véritable art de vivre tenant du new age. Rappelons-nous que cette revendication du voile est relativement récente et que notre pays y est confronté depuis un peu plus d’une vingtaine d’année. Or, que je sache, notre pays n’a pas été « envahi » récemment par une immigration incontrôlée, et c’est bien à un tournant qui se prévaut de la religion mais qui sous-tend un comportement patriarcal que nous devons cette mode.

Pas sûr, donc, que toutes les femmes musulmanes acceptent de gaîté de cœur de s’habiller comme le veulent les mâles qui leur imposent leur manière de voir les choses, mais sous la pression du voisinage, du quartier, d’un prêcheur, de la famille (mais pas toujours) ou tout autre, certaines se résignent sous la pression sociale exercée.

Emportés par leur élan, certains prêcheurs devisent allégrement sur les feux de l’enfer qui guettent la femme qui sort non voilée et sur sa capacité ou non à refuser d’accomplir le devoir conjugal sous « l’injonction » de son mari.

Nous regardons ce qui se passe ailleurs, notamment dans ces pays prescripteurs de ces règles de vie qui nous sont étrangères, mais que nous regardions de loin tant que nous n’étions pas interpellés. Aujourd’hui, notre perception des choses a changé et nous ne sommes plus indifférents à ce qui se passe dans ces pays patriarcaux où la femme est considéré comme un être de seconde zone, qui peut être répudiée, violée sans que les violeurs soient inquiétés outre mesure, vitriolée ou lapidée.

Nous considérons donc cela comme un sous-statut qui nous choque parce que conduisant, selon nos critères, à la marginalisation de certaines de nos compatriotes, à leur quasi assignation à résidence, toutes choses impensables en France où l’égalité des sexes ne semble plus faire débat.

L’égalité des sexes est un acquis dans nos sociétés et nous devons combattre pour qu’il le reste et qu’il s’applique à tous, mais sommes-nous bien certains que le mouvement de libération de la femme dans les années 70 n’a pas pris un coup de vieux ?

Face à la crise économique, la pression sociale trouve toujours à s’exercer et le discours de la femme au foyer pour élever ses enfants est toujours présent. Le discours paternaliste, mais aussi religieux est toujours là avec comme arrière-plan la femme soumise. Les choses se sont encore aggravées par l’augmentation du nombre de divorces qui laissent immanquablement la femme, passé 45/50 ans, sur le carreau, sans ressources et sans statut social.

La pub et de nombreux reportages nous incitent également à considérer la femme comme seule dépositaire de l’obligation des tâches ménagères, de l’éducation des enfants, pendant que l’homme forcément très occupé ou fatigué par son travail ne participera à ces tâches que ponctuellement. C’est toujours une femme qui fait une double journée travail/maison que l’on met en scène pour vendre des produits tout préparés pour le dîner du soir qui lui faciliteront la vie pendant que les hommes s’égosilleront devant le match de foot à la télé, une bière à la main…

Tant pis pour elle, donc, si elle a choisi de travailler… Elle doit assumer, y compris quand elle est confrontée au harcèlement de rue ou aux « frotteurs » dans les transports en commun quand elle se déplace

Le machisme rampant est toujours là. Il s’exprime différemment, par les différences salariales hommes/femmes en entreprise, la difficulté qu’ont les femmes à rentrer dans les comités de direction, ou bien dans des initiatives tendant à offrir aux femmes des formations pour leur apprendre à concilier leur vie professionnelle et leur vie privée (à Europe 1). Des formations destinées à gérer le stress, mais pas les causes qui peuvent relever de la sphère privée ou du management de l’entreprise.

On disserte doctement de la place de telle ou telle religion dans notre pays, on imagine des mesures cosmétiques destinées à mieux les intégrer dans le paysage. Les musulmans sont aujourd’hui accusés de toutes les turpitudes alors qu’ils n’aspirent pour la plupart qu’à avoir les mêmes droits que les autres religions. Nous ne devons pas être choqués par ces aspirations, mais le problème n’est pas religieux et il faut que nos gouvernants arrêtent de se précipiter dans les lieux de cultes dès qu’un acte barbare ou un fait divers se produit. Il leur revient d’observer une stricte neutralité et de rappeler les règles qui s’appliquent dans notre pays, à savoir la laïcité, qu’ils ne défendent que mollement actuellement, réaffirmer fermement l’égalité entre les sexes, et appliquer le droit en vigueur pour rappeler qu’il n’existe aucune sous-catégorie de Français et aucune autre communauté que nationale.

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:50

Tel est le titre d’un édito d’un grand quotidien régional daté du 20 janvier.

Les départements ne peuvent plus faire face à leurs obligations et les Régions sont vouées à la même asphyxie programmée et l’investissement est en chute de 30% dans les communes !

La faute à qui ? Celle de l’Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales et qui les prive de 28 milliards de dotations sur trois ans !

Voilà pour la présentation : le drapeau noir flotte sur les collectivités territoriales qui vont être « obligées » d’augmenter les impôts locaux, de la faute bien sûr de l’Etat : un bel exemple de défausse et une belle histoire que les citoyens contribuables sont priés d’avaler sans broncher.

540 000 élus !

540 000 élus ce sont autant d’occasions de dépenser de l’argent public. Passons rapidement sur les indemnités en tous genres dont bénéficient principalement les élus de la République, les conseillers généraux et départementaux et les maires et adjoints des communes, en précisant que la majorité des conseillers municipaux exercent leurs fonctions bénévolement (sauf indemnités dans les syndicats intercommunaux) pour s’intéresser à leur action au quotidien.

540 000 élus, c’est avant tout une formidable machine à dépenser en fonctionnement, à investir, à verser des subventions, à verser des intérêts aux banques et à créer des emplois d’assistants, de cabinet ou de chargés de missions.

Tout cela serait bien si la rigueur était au rendez-vous, mais on voit bien que ces élus regroupés dans des partis ou des associations cultivent l’entre soi et surtout sont les fidèles toutous du monde économique auquel ils n’ont rien à refuser : il n’est que de voir le cœur des pleureuses du Medef et des différentes fédérations du BTP ou leurs menaces à peine voilées de licenciement lorsque les collectivités publiques ont l’audace de baisser leurs dépenses d’investissement.

Les entreprises défendent leurs « droits acquis » plus sûrement que les syndicats de fonctionnaires, mais on n’en parle jamais.

La question de l’efficacité des dépenses n’est jamais posée

Ces investissements (ronds-points, aménagements urbains, déviations, partenariats publics privés,…) et ces politiques de subvention sont-ils toujours utiles ou bien sommes-nous dans un système perpétuel de financement uniquement pour faire vivre des activités obsolètes au détriment des investissements d’avenir ?

La réponse est dans la question, d’autant qu’un élu, pour être réélu doit se conformer à deux règles : pas de vagues et faire du visible (bâtiment, route ou bien subvention) en flattant le plus possible les électeurs de sa circonscription.

La question des coûts facturés n’est pas posée

Retranchés derrière la sacro-sainte règle des appels d’offres, les élus détournent leur regard des ententes entre entreprises qui faussent la concurrence (combien de marchés avec une seule offre ou avec des offres bidon ?) quand ils n’organisent pas eux-mêmes le système pour favoriser les entreprises amies ou locales.

Pareil pour le subventionnement des associations qui exercent des missions de service public pour le compte des collectivités locales (dans le domaine du social en majorité) et dont les interventions sont parfois plus élevées que celles de fonctionnaires territoriaux.

Aucun recul sur ces anomalies, sur les lobbies à l’œuvre, les marges exagérées ou le train de vie d’équipes dirigeantes de pseudo associations, qui plombent les comptes des collectivités locales et de l’Etat et vident les porte monnaies des contribuables.

Tout cela grâce à 540 000 élus pris dans le système de la réélection et du cumul de mandats.

Un système à deux vitesses

D’un côté des élus qui veulent continuer à être élus et qui exercent leurs mandats dans les conditions décrites ci-dessus, c’est-à-dire de façon non satisfaisante. Sans parler d’élus corrompus, on peut dire qu’ils n’exercent pas leurs mandats de façon optimale pour le citoyen contribuable, uniquement pour faire carrière et en croyant être des acteurs de la relance économique alors qu’ils ne consacrent que son immobilisme. Le corporatisme patronal fait le reste et tend la sébile en permanence en oubliant de créer des emplois promis.

De l’autre côté, le citoyen contribuable prié de croire ce que les élus et les médias leurs disent en reportant leur vindicte sur l’autre (l’Etat qui serre la vis, mais ce sont les mêmes élus …) ou bien les fonctionnaires, qui, loin d’être le problème sont souvent la solution.

Le piège est refermé

Malgré la volonté initiale du gouvernement qui a été défait en rase campagne par le lobby des élus locaux, la réforme des collectivités territoriales a été enterrée et à part quelques modifications cosmétiques (l’intercommunalité) on a gardé toutes les strates du mille-feuille territorial avec ses 540 000 élus et donc autant de raison de dépenser notre argent parfois de manière inutile et le plus souvent sans contrôle.

La bonne question que devraient se poser les électeurs est la suivante : avec moins d’élus et moins de cumul de mandats serions-nous moins bien administrés. Là également, la réponse est dans la question.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 20:52

Depuis le désastre démocratique des Régionales, beaucoup de voix s’élèvent pour réclamer une gouvernance d’union nationale. Certains hommes politiques et beaucoup d’éditorialistes vont dans ce sens, mais quelle portée donner à leurs propos ?

Dans les faits

Dans les faits l’union nationale quant aux politiques à appliquer existe déjà. Il n’est pour s’en convaincre de mesurer le grand écart fait par le gouvernement actuel et son Président entre le discours pré-électoral de Grenelle et la réalité d’aujourd’hui, notamment sur le rapport à l’argent et aux acteurs économiques et financier qui le manipulent uniquement à leur profit. « Mon ennemi, c’est la finance » : cette déclaration guerrière faite uniquement pour caresser l’électeur dans le sens du poil a rapidement été oubliée, de même que l’idée de renégocier le traité européen.

La politique de « gauche » menée actuellement ressemble furieusement à la politique de la droite et flirte parfois avec les propositions de l’extrême droite.

Nous avons donc un gouvernement qui se déporte globalement à droite ou au centre gauche (pour les plus optimistes) et les partis de droite ou du centre accompagnent ce mouvement en se disant qu’ils n’auront pas à se salir les mains lorsqu’ils reviendront au pouvoir.

Le sale boulot

Faire le sale boulot aujourd’hui consiste à répondre favorablement à toute demande de dérégulation du travail, de « réforme » des systèmes de retraite, de protection sociale ou de la famille, en gros démolir tout ce qui fait la singularité de notre pays pour l’aligner sur les moins disant sociaux comme un peu partout dans le monde. Bien sûr, tout cela n’est pas arrivé de manière spontanée. La concurrence mondialisée, la rapacité du capitalisme qui est tout sauf social, la bêtise de nos économistes acquis à ces thèses qui squattent les médias ont instillé peu à peu l’idée qu’il n’y avait pas d’autre solution. Nos politiques ont achevé le travail en se soumettant à cette doxa comme solution exclusive uniquement pour continuer à faire semblant de diriger le pays.

Les petites PME politiques

Jusqu’à il y a peu, le système était verrouillé essentiellement par deux partis que nous nommerons gauche et droite uniquement par facilité de langage. Tout allait bien dans le meilleur des mondes puisque l’alternance permettait de réguler le système : un coup c’est toi, un coup c’est moi. Tout le monde avait ses chances et d’obscurs apparatchiks pouvaient devenir, au mérite, c’est-à-dire choisi par le parti en fonction de son allégeance, député, sénateur, voire même Ministre, et une fois sa « carrière » interrompue par les aléas du suffrage universel, être recasé comme conseiller ou au cabinet d’un Président, d’un Ministre, voire d’un Maire ou d’un Président de Région.

Pour les « meilleurs » ou bien les plus remuants susceptibles de ruer dans les brancards, c’est le Conseil d’Etat, la Cour des comptes, une Inspection (éducation, affaires sociales,…) ou bien le Conseil Economique et social, voire un poste de Préfet qui s’imposait. Combien sont-ils aujourd’hui, ceux qui nous disaient qu’il faut se serrer la ceinture et qui aujourd’hui émargent sur nos impôts dans des postes protégés, s’épargnant ainsi les vicissitudes du demandeur d’emploi qui lui émarge à Pôle Emploi ?

A côté de cette « crème » des partis, il y a aussi les petites mains, c’est-à-dire ceux et celles qui assistent les « grands hommes » au quotidien, qui leur préparent des fiches, des discours, répondent aux courriers et permettent ainsi aux régnants de cumuler allègrement plusieurs mandats ou délégations bien rémunérés dans des satellites des collectivités locales ou de l’Etat. Combien sont-ils ces petites mains ? Nul ne le sait exactement, car le système autrefois limité aux parlementaires s’est beaucoup répandu dans les collectivités locales, jusque dans les Mairies de petites communes. Impensable aujourd’hui de ne pas avoir son conseiller, son chargé de mission de ceci ou de cela ou son chef de cabinet. Pourquoi se priver puisque c’est le contribuable qui paye !

Lors des alternances, ce sont donc ces amis fidèles et dévoués qu’il faut essayer de recaser ailleurs, quitte d’ailleurs à négocier avec les nouveaux tenants du pouvoir pour employer ces personnes sur des missions peu exposées politiquement mais néanmoins rémunératrices.

Les partis politiques classiques fonctionnent dont comme des PME dont l’objet est la conquête du pouvoir (et pas le triomphe d’idées) et qui, lorsqu’elles perdent des «marchés », s’efforcent de préserver l’emploi dans leurs rangs. Nous sommes loin de l’idée des licenciements économiques nécessaires qu’ils nous assènent constamment.

Le loup dans la bergerie

Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’à l’arrivée d’un troisième larron, le FN, qui n’en doutons pas, pratiquera, et pratique déjà, les modes de fonctionnement en vigueur chez les deux autres : la soupe est bonne, à défaut de mettre en œuvre autre chose que des mesures symboliques comme les crèches de Noël dans les Mairies. N’en doutons pas, le FN enfilera les pantoufles des prédécesseurs et adoptera la même bienveillance que les autres vis-à-vis de ce cher M. Gattaz, en distribuant des milliards et en pratiquant les allègements de charges qui videront les caisses sociales sans aucun effet sur l’emploi (rappelons-nous la baisse de la TVA dans les restaurants qui a finalement coûté à l’Etat 150 000 € par emploi créé).

Le danger est là, clament en chœur gauche et droite, pas tant en raison des mesures que professent le FN, (puisque certaines d’entre-elles comme la déchéance de nationalité, par exemple sont reprises allègrement, puisque « nous sommes en guerre »), que parce que le FN menace leur petit commerce, tout entier porté par la soumission au monde économique et financier et qui leur permet de se protéger eux-mêmes à défaut de trouver des solutions pour les demandeurs d’emploi, par exemple.

Ces partis politiques fonctionnent comme les grandes sociétés : un peu de concurrence ne nuit pas, puisque de toute façon on s’arrangera entre nous pour fixer les prix, mais trop, ce n’est pas bon pour nos marges. C’est ce qui s’est passé depuis plusieurs années dans la téléphonie mobile avec l’arrivée d’un quatrième opérateur. Les choses sont en train de se « réguler » par le mariage annoncé de Bouygues avec Orange. C’est la même logique qui prévaut à la fameuse union nationale.

Attendons donc l’union nationale annoncée et réclamée à cor et à cri par les fossoyeurs de la démocratie et dont le héraut n’est autre que M. MACRON qui saura expliquer, n’en doutons pas, aux citoyens qu’il faut remettre un cran supplémentaire à la ceinture pour que M. Gattaz commence à concéder quelques emplois.

Ce jour-là il ne sera plus nécessaire d’aller voter.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 09:45

J’ai suffisamment pesté contre les textes bavards et inefficaces concernant la réforme des collectivités territoriales votée en 2015, pour ne pas me réjouir d’une disposition discrète de la loi de 2010 (votée sous Sarkozy) et complétée en 2015 (sous Hollande) concernant les communes nouvelles.

Résultat de ces dispositions

Profitant des dispositions de ces textes, 921 communes se sont mariés en donnat naissance à 257 communes nouvelles au 1er janvier, c’est-à-dire qu’elles se sont engagées dans un processus de fusion sur la base d’un consensus entre les élus. C’est cela qui est nouveau, tant la commune, cellule de base, est plébiscité par les citoyens, souvent hostiles à toute modification de son périmètre et « protégée » par les partis politiques qui voient dans cet émiettement de plus de 36000 communes la possibilité d’avoir des élus.

Que s’est-il donc passé ?

Il semble que la façon de faire de la politique locale « à la papa », c’est-à-dire en maintenant la tutelle des partis, des parlementaires (avec leur fameuse réserve parlementaire qui sert à acheter des voix locales) et qui consiste encore pour les Maires à tendre la sébile pour avoir une subvention auprès des autres collectivités, commence à être dépassée. La solution viendrait-elle désormais de la base ?

Il faut dire que la prise de conscience des élus courageux qui se sont engagées dans la voie des communes nouvelles a sans doute été dopée par la baisse annoncée des dotations versées aux collectivités locales prévue par l’Etat et la diminution des marges de manœuvre sur les impôts locaux.

Comment faire lorsqu’on a moins d’argent, que la situation démographique de la commune n’est pas au beau fixe et que l’on est confronté à des dépenses obligatoires ainsi qu’à des investissements annoncés lors de la campagne électorale municipale ?

C’est sans doute autour de ces questions que la recherche d’un accord consensuel entre communes voisines s’est fait pour aboutir à ces mariages.

La carotte financière

Le législateur, qui pour une fois, en matière de collectivité territoriale a accepté de perdre de son influence sur les communes, a même fait preuve d’inventivité financière en maintenant pour trois ans les dotations financières de l’Etat pour ces communes nouvelles, alors que pour les autres communes la baisse annoncée est confirmée.

De plus, les communes nouvelles dont la population est comprise entre 1 000 et 10 000 habitants bénéficieront également d’une majoration de 5% de leur dotation forfaitaire sur les trois premières années suivant leur création.

Une attention particulière pour les élus

Il est prévu qu’en cas de délibérations concordantes prises avant création de la commune nouvelle, le conseil municipal est composé de l’ensemble des membres des anciens conseils municipaux dont l’effectif total ne pourra cependant pas dépasser 69 membres jusqu’aux prochaines élections municipales.

On voit là que la loi a pris en compte la « psychologie » des élus qui auraient eu du mal à abandonner leurs mandats en cours d’exercice. Cela donnera sans doute des difficultés en matière de débats municipaux compte tenu de ces effectifs pléthoriques, mais il fallait sans doute en passer par là.

Une réforme intelligente, donc…

…mais aussi un résultat à relativiser. Il restera quand même 35721 communes en France (contre 36685 avant cette réforme) et notre pays détiendra encore le record absolu en Europe du nombre de communes, mais il ne faut pas minimiser ce qui se passe et surtout saluer le courage des élus municipaux qui se sont engagés dans la voie de ces « mariages », quitte à devoir renoncer à leur mandat futur ou bien à être désavoués dans les urnes lors du prochain renouvellement.

Souhaitons que ces dispositions puissent continuer à s’appliquer pour d’autres communes et que l’intérêt collectif de la population d’un bassin de vie autour d’un véritable projet de territoire prenne enfin le pas sur les égoïsmes municipaux et les querelles de clocher.

Les non-dits de la réforme

Il va falloir convaincre les populations du bien-fondé de ces mariages, c’est-à-dire que les services publics de proximité devront continuer à être assurés voire amplifiés afin d’éviter le discours du « c’était mieux avant », souvent infondé mais souvent utilisés par les réfractaires au changement.

Cela passe par l’implication des personnels communaux et sans doute la remise en cause de leurs modes de fonctionnement actuels. Il faudra donc que les élus s’impliquent en matière de management, ce qu’ils ne font pas toujours spontanément.

S’agissant des personnels communaux, la question des doublons sur certaines fonctions (directeur des services, responsable du budget ou des services techniques) devra être posée à terme, c’est-à-dire qu’il est envisageable que des départs (retraite, mutation,…) ne puissent pas être remplacé parce que non nécessaires dans la nouvelle organisation.

On le sait, la carotte financière ne durera pas tout le temps, et c’est sur les frais de fonctionnement et les frais de personnel que les élus devront porter une attention particulière pour qu’au terme des trois ans, l’équilibre financier soit réalisé.

Enfin, dernier non-dit, celui de la vie associative pour laquelle des regroupements devront être suscités, mais là, ce sera moins facile. Sans doute que l’incitation financière utilisée pour le mariage des communes pourrait-il l’être également ?

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:22

Souvenez-vous, lorsqu’il était premier secrétaire du PS, Hollande était reconnu pour ses capacités à réaliser la synthèse entre les différentes motions lors des congrès du parti en glissant la poussière sous le tapis.

Aujourd’hui, le Président de la République, ne dirigerait-il pas le pays comme il le faisait jadis avec le PS, au risque de l’affaiblir, lui aussi ?

Une lente évolution vers la droite

Entre le discours du Bourget, résolument à gauche avec ses envolées lyriques sur « son ennemi, la finance », Hollande avait placé la barre très haut, ce qui lui a permis de remporter l’élection présidentielle et d’avoir une majorité à l’Assemblée Nationale.

Pouvait-il avoir alors un autre discours ? Non, bien entendu, sinon Sarkozy aurait été reconduit, mais on a rapidement mesuré l’écart existant entre le discours de campagne et la réalité des actes, même si l’épisode Ayrault Premier Ministre a pu donner le change pendant un certain temps.

Aujourd’hui, avec Valls comme chef du gouvernement, le doute n’est plus permis, c’est un glissement constant vers une politique libérale à laquelle nous assistons, avec notamment le pacte de responsabilité et ses milliards versés aux entreprises qui ont « juste reconstitué leurs marges » et « oublient » d’en affecter ne serait-ce qu’une infime partie à la création d’emplois.

C’est bien évidemment la conséquence de cette politique mortifère de l’offre dont on voit qu’elle ne marchera jamais tant que le pouvoir d’achat des français sera en berne.

L’actualité au secours du Président

Les actualités tragiques des 7 janvier et 13 novembre ont permis à Hollande d’acquérir une dimension de « chef » qui lui était contestée depuis longtemps.

Son positionnement de « chef de guerre » est aujourd’hui reconnu et ni sa présence lors des évènements ni ses actions n’ont été semble-t-il contestées, comme le prouve sa cote de popularité actuelle.

Défiance en ce qui concerne la politique économique, mais confiance s’agissant de la gestion de crise, voilà le paradoxe actuel. Sentant une ouverture politique et en bon politique habitué aux synthèses, Hollande pousse son avantage en recherchant le consensus politique, allant même proposer des mesures que ne renieraient pas le Front National en matière de sécurité (contrôle des frontières, déchéance de nationalité), même si ces actions sont avant tout de l’ordre du cosmétique et destinées à rassurer les français.

Hollande peut-il capitaliser à court terme sur cette séquence ?

Le verdict viendra des urnes lors des régionales. Le fait de chasser sur les terres du FN surtout pour bloquer le parti de Sarkozy, redonnera-t-il confiance aux électeurs dont on sait déjà qu’ils seront à peine un sur deux à aller voter (et moins à s’exprimer compte tenu du vote blanc ou nul) ?

La nationalisation d’un vote local est-elle une bonne chose ? Certainement pas ! Tous les débats actuels tournent autour de la sécurité dont on sait qu’elle ne fait pas partie des compétences régionales et on parie sur l’ignorance des électeurs pour gagner des sièges locaux : tout le contraire de ce qu’il faut faire. Ou alors, puisque l’habitude semble prise de politiser chaque scrutin local pour lui donner une dimension politique nationale, autant prévoir un renouvellement global des mandats électifs des collectivités territoriales à date fixe. On gagnerait du temps, et de l’argent !

Le mythe de l’union nationale

C’est dans ce climat délétère que l’hebdomadaire « Marianne » publie un sondage sur le gouvernement attendu des français qui nous indique en particulier les quatre personnalités qu’ils attendent de voir rentrer dans un gouvernement d’union nationale (Juppé – Le Pen – Bayrou – Hulot) et fait la part belle aux « idées pour se réunir dans la République ».

Dont acte… Ainsi les sympathisants du FN sondés sont-ils à 72% favorables à cette union, ce qui s’explique « par le désir de voir Marine Le Pen accéder aux affaires fut-ce en partageant les responsabilités ».

Passons sur les autres motivations des sondés pour cette union nationale et interrogeons-nous sur ce curieux attelage allant du PS au FN en passant par le centre et « les républicains » avec une dose de personnalités civiles.

La situation de crise dans laquelle se trouve le pays, et ce, depuis au moins deux décennies résulte davantage des renoncements successifs à leurs idées de ceux qui ont gouverné le pays qu’à une union nationale rêvée.

L’addition d’échecs passés (gauche et droite) et à venir (FN) ne donnera jamais, une politique cohérente capable de redresser le pays, compte tenu par ailleurs des concessions que les uns et les autres devront faire quitte à braquer leurs électeurs.

Cette envie de gouvernement d’union nationale relève donc d’une grande lassitude populaire amplifiée par les évènements du 13 novembre et ses répliques probables à venir. Pire, il donne une idée de l’impuissance des politiques face aux défis économiques actuels et à la toute-puissance du pouvoir économique et financier.

Le désir d’union que véhicule ce sondage ne doit pas faire illusion. Il est par ailleurs désastreux pour la classe politique dans sa totalité en donnant l’image de cette classe qui se partage le pouvoir et les avantages qui vont avec.

Il donne aussi l’illusion que les électeurs n’ont plus besoin de se déplacer et que les élections doivent désormais être considérées comme une formalité sur laquelle on peut s’asseoir comme on l’a fait lors du référendum de 2005 sur la constitution européenne.

Laissez-nous faire : voilà en quelque sorte le message principal de ce que nous vivons actuellement et l’état d’urgence n’en n’est que la partie visible. Le reste viendra.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 10:35

A peine les plaies pansées, à peine les cercueils fermés, que des députés de droite à l’Assemblée Nationale s’empressent de jeter dessus les dernières pelletées de terre afin de pouvoir recommencer le cœur léger leur travail de fossoyeur de la démocratie.

Les bas du front

Certes, le pouvoir en place ne brille pas dans sa façon de tenir ses promesses, mais faut-il que des abrutis s’estimant légitimes parce qu’élus se permettent n’importe quoi, en invectivant publiquement et devant les caméras les Ministres lors de la séance des questions à l’Assemblée.

Qu’auront ressenti les familles des victimes et les blessés encore dans les hôpitaux ? Du dégoût, certainement !

On peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Hollande, mais pas sa manière de gérer la situation lors des évènements de la semaine passée ou de ceux du mois de janvier. Son discours devant le Congrès à Versailles a été applaudi par l’ensemble des Parlementaires et certaines des mesures proposées ont repris les suggestions des chefs de partis politiques accueillis à l’Elysée la veille.

Reste la proposition de révision de la constitution pour donner plus de poids à l’état d’urgence : la droite qui cherche par tous les moyens à s’opposer à la majorité actuelle, n’est pas pressée de voter avec elle cette mesure : la stratégie électorale avant tout !

Faire consensus auprès des français, faire mieux que la droite sur le terrain sécuritaire est intolérable pour « les républicains », surtout à 1 mois des élections régionales avec l’épée de Damoclès Front National qui en rajoute en matière sécuritaire.

Le débat, si on peut qualifier ainsi la bataille de chiffonniers à laquelle nous avons assisté a eu cependant quelques mérites, dont celui de mettre en lumière le fossé entre les déclarations de Sarkozy et les mesures prises par lui en tant que Ministre de l’Intérieur ou de Président de la République.

Mise au point

Le procès en sorcellerie fait à Hollande concernant la baisse des effectifs de policiers, de gendarmes ou de militaires est singulièrement mis à mal par le fait que c’est sous la férule de Sarkozy que les effectifs ont le plus baissé.

Cela a d’ailleurs été confirmé par Hortefeux, invité de la matinale de France inter qui a justifié ces coupes sombres par des économies budgétaires nécessaires à l’époque : excuse minable lorsqu’il s’agit de la sécurité nationale. Ces économies sont toujours d’actualité mais Hollande a affirmé que le « pacte de sécurité passait avant le pacte financier » ce qui le qualifie davantage que son prédécesseur pour gérer les évènements.

Cruel rappel, comme celui du fameux terroriste condamné huit fois sans faire de prison, mis en avant par Sarkozy qui oublie de rappeler que c’était lorsqu’il était aux affaires.

Lors de la matinale de France Inter, ces faits ont été rappelé par des auditeurs dont un ancien commissaire de police et un autre qui a ajouté à l’intention de Hortefeux : « Je n’aimerais pas être à vos côtés s’il fallait combattre ». Tout est dit !

C’est la faute du Gouvernement !

Ben oui, l’erreur vient du pouvoir en place qui a maintenu la séance des questions au Gouvernement hier et qui a pris ainsi le risque des débordements d’hier. Rien ne nous sera épargné en matière de justifications foireuses et de petits calculs politiques pour essayer d’atténuer l’image minable de ces excités de droite.

On rajoutera au palmarès de la bêtise une députée « LR » d’Ille et Vilaine qui reproche à Bartolone de maintenir l’examen des textes de lois prévus à l’Assemblée Nationale, dont bien sûr l’examen de la loi santé dont ne veulent pas les médecins : comme c’est bizarre…

En fait, cette députée dont je ne citerai pas le nom, demande expressément au Gouvernement de bloquer le Pays : exactement ce que veulent les terroristes.

Vite des mesures !

Devant tant de conneries entendues et accumulées, certains blessés, sur leur lit d’hôpital se sont sans doute demandé dans quel pays ils s’étaient réveillés après s’être fait tirer dessus. Je ne parle pas de l’état des familles des tués…

Les forces de l’ordre, les militaires et les juges anti terroristes ont sans doute eu également un gros coup de blues devant l’instrumentalisation dont ils font l’objet, mais c’est le pays tout entier qui est ulcéré par l’attitude de ces politicards à la petite semaine.

C’est pourquoi je propose que des mesures d’éloignements de l’Assemblée Nationale soient prises à l’encontre de ces imbéciles qui ont perturbé la séance d’hier à l’Assemblée Nationale, avec assignation à résidence et pose d’un bracelet électronique.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 11:01

« Pas de stigmatisation », « Nous devons dépasser nos différences pour faire front à la barbarie », « Toutes les religions sont paix et amour »… Tels sont quelques propos entendus diffusés sur les principaux médias.

Pas si clair que ça…

A y regarder de plus près, les religions de « paix et d’amour » peuvent être dévoyées au nom d’un intégrisme qui se transforme parfois en appel à la stigmatisation, voire l’extermination de ceux qui ont le tort de ne pas vivre en harmonie avec telle ou telle doxa. Toutes les religions ont été, sont ou seront porteuses de ses dérives et leur aptitude à les régler en interne ne sont pas toujours avérées.

Est-on libre de vivre une religion qui n’est pas celle d’un pouvoir théocratique en place ou fortement soumis à la religion et qu’est-ce qui se passe si l’on enfreint les règles établies par ces intégristes ? La réponse est donnée en Syrie et en Irak dans les zones administrées par Daesh, avec bien évidemment la tragédie subie par les Yézidis, mais aussi en Birmanie où la chasse aux musulmans Rohingas est organisée par des Bouddhistes extrémistes. La réponse vient également de pays dans lesquels la contestation du pouvoir en place, qui utilise le dogme religieux à son unique profit, décrète que les femmes ne sont pas l’égale de l’homme ou que des populations entières doivent vivre avec moins de droits. L’interprétation des textes sacrés est alors vue comme un instrument de domination.

Les exemples dans le monde sont nombreux qui nous donnent à penser que la gouvernance par l’homme est souvent polluée, instrumentalisée, quand elle n’est pas totalement soumise à d’autres règles non écrites ou interprétées, qui tendent à s’imposer au corpus légal ou à en diminuer la force lorsque une ou plusieurs religions s’immiscent dans la vie publique.

Et en France ?

« Dieu merci ! » Nous sommes a priori épargnés par cette mainmise du religieux sur les affaires publiques, sauf bien évidemment lorsque des évènements tragiques viennent nous bousculer dans cette certitude fasse à une organisation terroriste qui cherche à faire éclater notre consensus national et à nous imposer par la violence un mode de vie qui est étranger à la majorité des citoyens de notre pays. Et là, on entend tout le monde dire que la religion ce n’est pas ça, que la majorité des croyants dans notre pays sont des gens intégrés qui ne cherchent jamais à remettre en cause l’ordre républicain établi.

J’ai tendance à croire ce qui est dit. Mais cette certitude est parfois bousculée par des revendications ou agissements, certes marginaux mais qui ne demandent qu’à s’amplifier par l’endoctrinement d’esprits faibles voire par des alliances politiques ou philosophiques opportunistes.

Du 7 janvier au 13 novembre

Que peut-on dire de plus depuis le 7 janvier, sinon que la barbarie est montée d’un cran ? A y regarder de plus près, il sera difficile de se retrancher derrière quelques arguments de bas étages justifiant les actes du 7 janvier : tous les « oui, mais » relatifs aux massacres de Charlie Hebdo et de l’hyper casher, pour dire « Ils l’ont bien cherché ».

Plus d’excuses aujourd’hui, car ce massacre a touché toutes les composantes de notre Nation et en particulier les jeunes en devenir, sans distinction de religion, d’opinion ou de couleur de peau. Les terroristes ont envoyé un message on ne peut plus clair pour ceux qui n’avaient pas voulu le comprendre après le 7 janvier. Ce sont nos valeurs, nos modes de fonctionnement, de vie, notre culture, notre multiculturalisme devrais-je dire, et notre histoire, qui ont été visés le 13 novembre.

Restera-t-il quelques imbéciles ou idiots utiles pour trouver des excuses à ce massacre ?

La laïcité bafouée

Il est indispensable de se souvenir du caractère laïc de la France qui fait sa singularité vis-à-vis des religions. J’avais été étonné en janvier de l’importance donnée aux religions dans le débat qui a suivi les évènements et de la précipitation de l’exécutif et du Gouvernement vers les lieux de culte des trois principales religions présentes dans notre pays oubliant de fait les victimes qui n’en faisaient pas partie.

J’avais été rassuré lorsque le mot « laïcité » avait été prononcé, comme un rappel à cet héritage commun qui doit nous guider. Dire que j’ai été déçu par l’usage qui en a été fait par la suite ou même de l’entreprise de déconstruction de ce mot est un euphémisme.

Entre ceux qui ont associé la laïcité à un « cheval de Troie de la banalisation du racisme par nos élites » ou à une pratique quasi occulte et non dénuée d’arrières pensées de la part de «laïcards bouffeurs de curés » ou bien encore les mesures à l’eau tiède prises par la Ministre de l’Education, on constate un écart majeur entre les valeurs portées par la laïcité et l’usage qu’on en fait, ou pas.

Que faire ?

C’est la notion même de vivre ensemble qui doit être redéfinie autour du concept de laïcité existant, en se rappelant que ce vivre ensemble et cette laïcité ne sont pas la somme des exigences de chaque religion par rapport à l’éducation, à la place des femmes, aux codes vestimentaires, ou à l’exercice des cultes, par exemple, mais une ligne de partage bien définie et infranchissable. Cela passe bien évidemment par une prise de conscience par chacun des cultes de leurs propres limites quant à leur intervention dans la vie et l’espace public.

Des mesures législatives et réglementaires et leur traduction répressive devront être prises afin de garantir ce socle commun de libertés.

A qui faire confiance ?

Difficile de faire confiance aux élus qui par lâcheté, opportunisme ou simple calcul politique se sont évertués à mettre soit la question sous l’étouffoir, soit à exacerber les tensions par leurs prises de positions.

Que dire de la mollesse du gouvernement actuel après le 7 janvier sur le thème de la laïcité, sinon qu’elle procédait sans doute de la volonté de ne pas faire fuir l’électorat musulman ? Lâcheté et électoralisme sont les mots qui viennent immédiatement à l’esprit.

Que dire de l’ex Président de la République avec son discours de Latran dans lequel il déclarait faire davantage confiance au curé qu’à l’instituteur : tout un programme !

Que dire enfin de la posture Du FN ouvertement laïc, mais uniquement pour stigmatiser les autres religions et une en particulier (suivez mon regard), et d’une de ses candidates aux régionales en région PACA qui, par ses propos, définit une nouvelle forme de laïcité basée sur notre « identité chrétienne ». Tout un programme là également !

Autant dire que le salut ne viendra sans doute pas des élus, soucieux de conserver ou de conquérir leurs parts de marchés et segmentant l’électorat croyant par simple calcul électoral.

Il faudra bien que croyants et non croyants refusent de se faire instrumentaliser et se réunissent dans la recherche d’un point d’équilibre et son application future et surtout se réunissent pour dire clairement leur refus de l’intégrisme.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 07:16

Je ne suis pas un perdreau de l’année et jusqu’à il y a peu j’ai toujours voté, à tous les scrutins, pour faire mon devoir de citoyen et pour respecter la mémoire de ceux qui se sont battus pour que je vive dans un pays libre.

Comment en suis-je arrivé là ?

Depuis quelques temps je me pose des questions sur l’utilité de mon vote et je me demande si je ne suis pas devenu le spectateur voire le complice d’une mascarade en continuant à voter.

Les premières questions ont commencé à surgir après le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel et depuis les choses ont empiré : de Sarkozy en Hollande en passant par des épisodes Mélenchonesques, la pitoyable volonté suicidaire des verts et par la sempiternelle rengaine et les affaires de la famille Le Pen, j’ai fini par comprendre que quel que soit le résultat d’une élection, nous n’échapperions pas à la logique libérale et à sa gouvernance occulte. Il faut dire que l’épisode Grec a conforté pleinement ce sentiment diffus.

J’ai tout de même cru longtemps que la gouvernance locale échapperait à cette logique mortifère auto destructrice, jusqu’à ce que le débat sur la réforme des collectivités territoriales m’ôte mes dernières illusions. J’ai donc franchi le pas et je me suis abstenu lors des dernières élections départementales après moultes réflexions et, pour tout dire, je n’ai eu aucun sentiment de culpabilité après ce que d’aucuns considèrent comme une trahison aux valeurs républicaines.

Je ne me sens pas seul, compte tenu des taux de participation à ces élections et ceux encore pire que l’on nous annonce pour les régionales.

J’ai enfin compris (il n’est jamais trop tard) que le triste spectacle politique fait de renoncements, de promesses non tenues, de soumission aux marchés et aux banques, voire de non-respect des résultats électoraux avait envahi toute la classe politique, des plus hauts sommets de l’Etat jusqu’aux communes, en passant par les (nombreuses) strates intermédiaires.

Votez pour moi !

« Je vous promets une France passée au Karcher, une finance moralisée, une laïcité sans faille, un pays sans immigrés et des valeurs judéo chrétienne ». Rien qu’en énonçant cette triste litanie, on se fait déjà une idée du débat politique national.

Le pire c’est que ce débat est le même pour les élections locales et on ne voit pas poindre le moindre début de réflexion et de programme basé sur les compétences respectives de ces collectivités.

D’ailleurs, pour revenir aux régionales, les électeurs sont à peine 30 % à répondre lorsqu’on les interroge sur les compétences de ces collectivités et sur ces 30 %, combien iront voter ? Je ne prétends pas qu’il faille connaître tout ce que fait telle ou telle collectivité, mais un minimum serait le bienvenu. Encore faudrait-il que les élus eux-mêmes et les partis se départissent du poujadisme de leurs propos pour expliquer l’utilité de leur mandat autrement que par leur propre stabilité professionnelle. Au lieu de cela, on maintient le bon peuple dans une ignorance crasse et on lui demande de voter comme on demande d’acheter le produit en tête de gondole au supermarché.

La politique, une nouvelle race de marketing !

Sur ce même fil, un commentateur s’indignait qu’un auteur utilise le terme « optimisation » emprunté au secteur privé pour parler des économies à faire dans les communes en les fusionnant. Et pourtant, en regardant de plus près, la frontière entre commerce et politique est plus que ténue. Voici une définition empruntée à wikipedia qui valide cette affirmation :

« Le marketing est une méthodologie concurrentielle de gestion de la compétitivité des marques d’une entreprise ou d’une organisation ; et, simultanément, de l'établissement d'une relation interactive de fidélisation à long terme, si possible à vie, par la cocréation de services pour ses clients et ses partenaires. »

Voilà, je pense qu’il est inutile de se livrer à une analyse plus poussée, sauf à dire que la relation de fidélisation politique à long terme découle de la multiplication des collectivités territoriales qui offrent chacune des services pour lesquels, paradoxalement, il n’est jamais fait état dans les campagnes électorales.

On pourrait dire, pour pousser la comparaison, que, compte tenu de la défection croissante de la « clientèle » abstentionniste, les produits proposés ne sont plus dans l’air du temps et que le « bien-être futur » véhiculé par le marketing politique ne tient plus ses promesses.

Les sous-traitants

En fait les partis politiques actuels, avec leur offre dépassée, me font penser aux sous-traitants des multinationales que l’on laisse vivoter gentiment afin de garder au chaud les parts de marchés et en donnant l’illusion de la concurrence. Ils sont justes là comme passeurs des idées les plus libérales qui vont de la dérégulation constante du droit social jusqu’à envisager un traité commercial transatlantique qui mettra un point final à nos illusions démocratiques.

Localement, le ton est donné par les succursales du Medef qui montent en première ligne pour exiger que les futures Régions s’interrogent en permanence sur chaque dépense, chaque subvention et proposent de réduire les effectifs de fonctionnaires en ne remplaçant pas deux fonctionnaires sur trois, sans doute pour mieux dégager des crédits à leurs profits exclusifs et pour des investissements pas toujours utiles.

Plus haut, c’est l’incroyable morgue bancaire qui prépare tranquillement l’explosion d’un nouvelle bulle spéculative et qui tisse constamment ses réseaux avec le pouvoir politique : de Macron issu de la banque à Villeroy de Galhau qui y retourne après un passage sous les ors de la République, pour ne parler que du quinquennat Hollande. Le renflouement par nos impôts en cas de faillite bancaire est déjà assuré.

Enfin, les sous-traitants, ce sont les multiples collectivités territoriales dont font partie les Régions, converties à la logique libérale. Ils s’apprêtent devant la crise des finances publiques et le ras le bol des français devant l’impôt à préférer l’investissement clinquant qui fera plaisir au Medef et aux banques en sucrant les subventions aux associations, en diminuant la qualité de l’accueil des usagers les plus faibles parmi lesquels les personnes âgées et la petite enfance. Un plan social en quelque sorte…

Trop, ils sont trop. Ils ne sont plus que des sous fifres de la doxa économique et financière ou bien pour être plus clair, des syndics de faillite chargés de nous faire passer la pilule. Leur récompense : des miettes pour les plus petits, c’est-à-dire le port d’une écharpe symbolique ou bien la photo officielle d’une inauguration dans le journal local. Au stade départemental ou régional, les mêmes hochets avec en plus le parfum enivrant de la tutelle sur les petits et les sans grades locaux et en sus parfois le cumul des mandats.

Au « sommet », c’est le jackpot bien payé et avec une retraite confortable. Des petites mains payées par le contribuable pour gérer l’image et le cumul qui sévit également dans les sphères parlementaires. Et surtout, surtout, la sollicitude jouissive des lobbies de tous poils, ceux qui vous dénaturent en moins de deux un projet de loi dont on avait cru qu’il pourrait changer les choses pour les citoyens.

La loi « Macron 1 » malgré ses ambitions (à moins que ce ne fussent que des postures), n’a pas réussi à réformer certaines professions réglementées comme les notaires. La « Macron 2 » envisage de déréglementer la profession de coiffeur dont on ne savait pas qu’elle avait une place aussi importante dans notre économie. Tout est dit !

Aucun parti, aucun projet ne répond aujourd’hui à mes attentes et c’est pourquoi je m’abstiendrais en décembre lors des élections régionales.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 22:29

La campagne des régionales est lancée et le premier souci des médias est de faire des sujets et des débats sur le futur nom de ces collectivités territoriales, c’est dire leur désir de promouvoir la citoyenneté dans notre pays.

Il y avait peut être autre chose de plus urgent…

Je ne sais pas, moi, par exemple informer les français sur les compétences de ces Régions. Combien d’électeurs connaissent-ils les missions des régions et sont capables d’expliquer leur vote en fonction d’un programme clairement établi sur la base de ces compétences ?

Que va faire telle ou telle majorité pour les lycées, la formation, en matière de développement économique, d’aménagement et de développement durable ou bien encore de transports scolaires ou de transports interurbains ?

La bonne démarche pour des médias sérieux aurait d’abord été d’informer les citoyens sur ces compétences afin qu’ils puissent exiger des engagements clairs de la part des candidats sur l’ensemble de ces points au lieu d’aller voter pour la plus belle gueule, pour celui qui parle le plus fort, ou qui proposera le plus beau nom de Région, ou aveuglément pour un parti qui de toutes façons les trahira.

Un débat hystérisé

Les médias fainéants servent la soupe aux partis politiques qui nationalisent la moindre élection locale en obligeant les électeurs à se prononcer sur des thématiques hors sujet, c’est-à-dire l’immigration, la sécurité, par exemple ou qui globalisent la thématique des impôts qui mériterait à elle seule un cours particulier d’instruction civique, au lieu de débattre sur ce qui fait le quotidien de la gestion locale.

Un débat par défaut

Gauche et droite ont fait la preuve de leur incapacité à redresser le pays et à donner une vision au peuple. Ils se trouvent en face d’un troisième larron, le FN, qui ne fera rien d’autre que les deux autres.

Le FN prend une place de plus en plus importante dans le débat actuel et les médias sont là aussi en première ligne. Nous sommes quasiment sommés d’entrer dans le moule du « vote républicain » qui fait désormais office de programme à gauche comme à droite, sans oublier le durcissement du ton des leaders de ces deux partis sur la thématique sécuritaire, preuve s’il en était de la vacuité des programmes et propositions politiques locales.

Ce débat dure depuis près de 15 ans et on nous demande de voter non pas « pour » un parti et son programme, mais « contre » le troisième larron : ça suffit !

Qui seront les vrais patrons des collectivités après les élections ?

Il faut savoir que toute assemblée élue est la proie des lobbies de tous genres qui attendent tous les contrats, les marchés, les aides ou les subventions. Le système est complètement perverti. La réelle marge de manœuvre financière des collectivités locales, compte tenu de cet environnement contraint, est très faible.

Question : doit-on continuer à goudronner, à bétonner uniquement pour répondre à « l’amicale » pression des entreprises (les entreprises du BTP, prévoient 15000 suppressions d’emploi en cas de baisse des commandes publiques), sans examiner les réels besoins des citoyens en ces domaines, ou dans d’autres ? Des communes, des Départements ou des Régions se sont endettés ou ont augmenté les impôts au-delà du raisonnable uniquement pour répondre à ce chantage à l’emploi. Ce n’est rien d’autre qu’une politique de fainéants destiné à favoriser la réélection. On devrait être en droit d’exiger autre chose….

En augmentant régulièrement les impôts locaux des particuliers, les collectivités ont ainsi asséché d’autres secteurs économiques.

Quel intérêt à aller voter en décembre ?

On a du mal à voir ce que ce scrutin changera : les partis et leurs programmes (ou plutôt leur absence de programme), sont interchangeables. Ce qui changera, c’est que des élus devront quitter leurs fauteuils confortables et se recycler ailleurs (ne vous inquiétez pas pour eux), et que d’autres qui attendaient la place, seront ravis et mettront tout en œuvre pour la garder.

Question compétences et moyens financiers, le vote récent de la dernière loi sur les compétences respectives des collectivités a fait en sorte de ne pas changer grand-chose afin de ne pas diminuer le nombre « d’emplois » d’élus (pas de plan social à craindre chez les élus) et le gouvernement qui souhaitait diminuer le nombre de collectivités a dû reculer devant le Parlement qui voulait les maintenir, utilise désormais l’arme de la baisse des dotations financières.

Enfin, le choix a été fait de conserver des départements croupions qui ne sont plus que des administrations et dont certaines sont déjà au bord du gouffre financier, alors même que les Régions ou d’autres institutions (sociales, notamment) auraient été à même de gérer leurs compétences résiduelles. On aurait pu ainsi éviter de continuer à « nourrir » inutilement plus de 4000 conseillers départementaux et leurs conseillers politiques, c’est-à-dire faire des économies.

Pour finir

Le débat sur le nom des futures Régions est un formidable enfumage. La diminution de leur nombre n’a été qu’un tour de passe-passe gouvernemental qui fera des économies en diminuant le nombre de fonctionnaires et de services d’Etat dans les Régions, alors que ces dernières vont se trouver confrontées à des surcoûts que vous devrez payer (construction de nouveaux palais régionaux pour loger les élus, alignement des primes des fonctionnaires territoriaux, explosion des frais de déplacements,…).

En ce qui me concerne, je ne cautionnerai pas cette mascarade : je n’irai pas voter.

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 18:08

Pas un jour sans mauvaise nouvelle, sans alerte sur le climat, sans entreprise qui ferme, ou sans risque cancérogène lié à la charcuterie, au tabac ou à la conduite automobile… Les experts ratiocinent à longueur de journaux télévisés, disent parfois le contraire des autres au nom d’intérêts parfois particuliers et non d’intérêt général…

Le spectateur a l’occasion de s’indigner dix fois par jour, sans souvent percevoir la réalité de ce qui se trame dans son dos.

Dernier exemple : 15000 emplois menacés dans les travaux publics

C’est de la faute à la baisse des commandes des collectivités ! C’est de la faute à l’Etat qui diminue leurs dotations ! On pourrait ajouter que les limitations de vitesses font que les routes s’usent moins vite.

La voiture pollue, davantage même depuis qu’on s’est aperçu que les tests étaient trafiqués, et si la voiture pollue il faut en limiter l’usage. Jusque-là tout va bien. Là où ça se corse, c’est que la voiture fait vivre beaucoup d’entreprises et de salariés : les constructeurs en premier, leurs sous-traitants, les garagistes, les fabricants de pneumatiques, mais aussi tout un environnement comme les sociétés d’autoroutes, les entreprises du BTP qui construisent et entretiennent les routes et les ouvrages d’art (celles qui s’estiment menacées actuellement), sans compter les sociétés qui fabriquent les parcmètres et celles qui vendent des ronds-points ou des équipements divers et variés destinés à ralentir la vitesse.

Dans une société intelligente, on chercherait à résoudre la question plus rapidement en mettant le paquet sur la recherche d’un véhicule propre ou bien en densifiant les transports collectifs en site propre, ou en ayant une réflexion poussée sur l’urbanisme, par exemple. Mais voilà, on ne peut pas demander à ceux qui profitent du système actuel de scier la branche sur laquelle ils sont assis, y compris l’Etat et les collectivités locales qui perçoivent des impôts et taxes.

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne vous en servez pas.

Prenons l’exemple de l’agglomération rennaise, siège d’une usine PSA, en difficulté, et dont les effectifs fondent à vue d’œil depuis 10 ans. Les collectivités territoriales se sont entendues avec PSA pour lui racheter des terrains en contrepartie d’un maintien de l’activité. Voilà pour la façade. Le côté obscur, c’est la limitation de vitesse à 70 Km/h sur la rocade à 4 voies rennaise, avec de fortes chances de choper un PV lorsqu’on circule aux heures creuses. Tout cela au nom de la lutte contre la pollution, bien sûr. Pour ma part, j’ai choisi de ne plus utiliser cette rocade en passant par les voies urbaines : la pollution se déplace, c’est tout !

Ce point illustre également l’incohérence des politiques publiques en raison de l’émiettement des collectivités territoriales. Pour faire court les Conseils généraux qui cherchaient à repeupler les territoires ruraux (mais également pour de basses raisons politiques), ont construit de belles routes départementales en incitant les primo accédant à venir construire en campagne. Résultat : les villes et les communes périphériques se protègent en limitant la vitesse et en créant toutes sortes d’obstacles (rétrécissement de voiries, ralentisseurs, chicanes) pour dissuader les néo ruraux de transiter par leurs territoires pour aller travailler. Tout ce système fait vivre des entreprises et maintient des emplois, bien sûr, mais ce que l’on constate, c’est que le citoyen qui se déplace est en même temps un contribuable qui paye des impôts et des taxes et qui par conséquent paye ces équipements qui sont une entrave permanente à ses déplacements. Un peu maso, le citoyen ?

Le temps de la décision et le temps de la réélection.

Dans une société avec des élus responsables, on pourrait espérer que choses aillent plus vite, mais ce serait sans compter sur les industriels et vendeurs de pansements de tous poils assis sur leurs rentes, qui ne veulent pas la lâcher, et qui demandent chaque jour un peu plus aux contribuables pour pouvoir « sauver des emplois ».

Ce serait sans compter également sur la duplicité des élus qui cherchent avant tout à se faire réélire et qui cherchent à colmater les brèches tant bien que mal. Dernier revirement en date, le maintien en 2016 des dotations de l’Etat aux collectivités, sachant que le problème n’est pas de faire plaisir aux Maires qui pourront financer leur rond-point et se faire réélire la prochaine fois, mais le nombre pléthorique de collectivités territoriales en France.

Les limites du modèle

Tout allait bien en période de croissance, les impôts rentraient, les collectivités pouvaient goudronner et bétonner, en s’endettant jusqu’à plus soif, avec des investissements parfois prestigieux à défaut d’être utiles, mais aujourd’hui nous n’avons plus les moyens de maintenir ce train de vie. L’Etat est en déficit chronique et on ne voit pas les choses s’améliorer. Il en est réduit à signer des Partenariats Publics Privés très coûteux en faisant investir des sociétés privées à sa place, ce qui n’est rien d’autre que de la cavalerie financière http://www.ouest-france.fr/hexagone-balard-les-devis-faramineux-du-ministere-creent-la-polemique-3818446

Les collectivités locales réclament également leur dose de chair fraîche, c’est-à-dire qu’ils demandent alternativement aux contribuables locaux ou aux contribuables nationaux (ce sont les mêmes) de mettre la main à la poche pour calmer leur boulimie d’investissement.

Enfin, soulignons le rôle du Medef, avec l’inénarrable Gattaz paradant avec son pin’s « 1 million d’emplois » qu’on attend toujours qui a obtenu de l’Etat pour les entreprises un effort sans précédent de la part du gouvernement sans que l’on constate de résultats tangibles en matière d’emploi. L’argent engrangé, le Medef joue désormais la carte de la réforme du code du travail qui serait bien entendu la solution au problème du chômage. Rien à espérer non plus de ce côté !

Nous sommes arrivés à l’os en matière d’impôts et le gouvernement cherche désespérément de nouvelles recettes, chez les personnes âgées ou les handicapés. C’est dire l’état de délitement de la pensée politique. Bientôt, un impôt sur les fauteuils roulants ou sur les poils de nez qui dépassent ? Le concours de conneries est ouvert

Autre piste (partagée avec Sarkozy), confier à des sociétés privées le contrôle de la vitesse des véhicules sur le réseau routier. Le démantèlement de l’Etat, y compris sur des missions régaliennes est en cours…

Les politiques sont aux abois et ceux qui prétendent prendre la place feront pareil, c’est-à-dire qu’ils lâcheront tout face aux pressions du pouvoir économique et financier. A quel prix pour les citoyens ? Aujourd’hui, la fiscalité, demain sans doute les restrictions sociales, et la privatisation des missions régaliennes de l’Etat.

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