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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 10:43

C’est le qualificatif que je donne à Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture et porte-parole du Gouvernement qui s’est fendu d’une déclaration indignée à propos de M. Varin, ex patron de PSA et de sa retraite chapeau de 300 000 euros par an.

C’est vrai que dans le cynisme, on ne fait guère mieux : après avoir renoncé à une retraite chapeau il y a deux trois ans sous la pression médiatique et celle des syndicats, il a réussi à magouiller pour au final en obtenir une au final.

Fallait-il pour autant que M. Le Foll surjoue l’indignation, juste pour dédouaner le gouvernement qui n’a jamais rien fait pour mettre un terme à ce genre de goinfrerie ?

Nous sommes loin des discours de campagne, en particulier celui, célèbre, du Bourget, lorsque le candidat Hollande parlait avec des trémolos dans la voix de son ennemi : la finance !

Rien n’a changé !

S’indigner officiellement, relève de la plus pure hypocrisie et le pays continue de fonctionner comme avant. Il y a les maîtres et les esclaves et au milieu de tout cela, une classe politique incompétente quand elle n’est pas de connivence. Et ne parlons pas de ceux qui aspirent à arriver aux responsabilités, les exemples récents de magouille autour de la rémunération d’assistants parlementaires européens ou du compte en Suisse de l’ancien roi déchu, victime d’un parricide sont là pour nous alerter.

Le premier cercle

Ses membres n’ont aucune légitimité, on ne les connait pas, ou peu. A l’abri de leurs conseils d’administrations, de leurs banques, de leurs fonds d’investissements exotiques, de leurs agences de notation, ils dirigent de fait l’économie mondiale et peuvent décider du jour au lendemain de retirer leurs billes après avoir pompé toutes les liquidités d’une entreprise parce que le rendement financier se situait en dessous des deux chiffres. C’est ce qui se passe actuellement avec l’entreprise Zodiac dont le carnet de commande est garni mais qui n’a plus l’argent pour acheter les matières premières.

« La finance s’est affranchie de toutes les règles, de toute morale, de tout contrôle. Si la finance, c’est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens, et d’abord chez nous, sans faiblesse… » C’est ce que disait M. Hollande au Bourget. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Les complices

Une fois le pouvoir conquis dans les urnes, la principale préoccupation de ses détenteurs, quel que soit le parti, consiste à faire en sorte de le conserver, d’où les renoncements successifs aux promesses électorales déclamées avec passion dans les meetings ou les anaphores télévisuelles. La réalité est là et les foudres dont on menaçait la finance, les banques, les retraites chapeaux et autres moralisations de la vie publique s’en trouvent fortement édulcorées pour ne pas dire enterrées.

Ces complices s’organisent entre eux et jouent le jeu de la fausse indignation en reprochant aux uns de ne pas mettre en place la politique qu’ils n’ont pas eu le courage de promouvoir eux-mêmes. Le jeu médiatique est désormais bien rôdé, et quand ils reviendront au pouvoir, ils s’évertueront à abroger les « réformes » votées par les précédents, à défaut d’en mettre en œuvre de nouvelles. C’est dire la vacuité des ambitions politiques !

Ce système est endogamique, c’est-à-dire qu’il n’est pas ouvert aux citoyens et qu’il favorise l’ascension sociale exclusivement au sein de la caste, en permettant d’échapper à la condition sociale des manants. Il n’est que de constater le faible nombre et le vide sidéral des textes concernant le cumul des mandats, l’absence de simplification du paysage des collectivités, ou bien les reclassements des perdants dans les fromages de la république (Conseil d’Etat, Conseil Economique et social, Préfectorale, direction de grandes entreprises, etc…) pour s’en convaincre.

Toute cette caste de privilégiés de la République attend sagement des jours meilleurs ou bien profite généreusement des subsides de l’Etat en attendant la retraite en pantouflant au frais des contribuables.

Voilà comment de candidat décidé, de syndicaliste convaincu, d’énarque ou de patron de la télévision publique ou de l’Ina, on en vient à oublier ses promesses, à taper dans la caisse pour son confort, à siéger dans des instances rémunératrices, à oublier de déclarer ses comptes en Suisse ou à minorer son patrimoine pour échapper à l’impôt, tout cela pour rester dans la lumière et profiter du système en faisant « carrière ». Etonnez-vous après cela de la faiblesse du politique et des corps intermédiaires et leurs compromissions envers l’économie et la finance.

Le fric, le flouze, le pèse, la fraîche, les artiches,....

Face à un pouvoir faible et inopérant, ceux qui détiennent le vrai pouvoir en profitent grassement : l’immoral système de retraite chapeau a encore de beaux jours devant lui. Le « cadeau de bienvenue » tend également à se développer (4 millions d’euros pour le patron de Sanofi, sans doute pour compenser le préjudice moral qu’il aura à fermer des laboratoires en France…), sans oublier les goinfres qui veulent le beurre et l’argent du beurre (cf l’affaire Proglio à Thales), les indemnités de rupture ou bien les rémunérations exorbitantes. Pourquoi se gêner ? Juste une petite indignation convenue du porte-parole du gouvernement qui veut dédouaner son patron et hop, on passe au scandale suivant !

Les déserteurs, ce sont ceux qui ne se résignent pas à payer des impôts alors qu’ils font leur carrière en France. Chanteurs, acteurs, sportifs, patrons de groupes de distribution,… goûtent les joies des montagnes Suisses, des mornes plaines Belges ou bien des conditions climatiques de Saint Barth ou des grands espaces de la Patagonie. Invités permanents des médias, à l’occasion de la sortie du disque ou du film, ou de la victoire dans une compétition dans laquelle ils portent les couleurs du pays, ils n’hésitent jamais à profiter du système, de la carte vitale quand cela est utile, en oubliant ce qu’ils doivent à leur pays d’origine.

Les fraudeurs quant à eux, se trouvent parmi ceux qui exercent des professions qui permettent de dissimuler des sommes gagnées au fisc. Parfois, le système est organisé par les vendeurs de caisses automatiques qui permettent à des commerçants peu scrupuleux de minorer leurs recettes déclarées. Parfois, c’est dans le BTP que l’on retrouve ces pratiques, organisées sous couvert de « travailleurs détachées », ou bien chez des « entreprises » organisées exclusivement autour du travail au noir. Il est toujours intéressant de voir les billets de 50 euros défiler aux caisses des magasins de bricolage, pour payer la note d’hôtel, de restaurant, ou le plein de carburant. A quand le paiement obligatoire par carte ou chèque à partir d’un certain montant pour éviter cela, M. Le Foll ?

Les autres

Les autres, c’est vous qui avez choisi ou non de rester dans la légalité avec parfois un prix à payer, celui de l’emploi précaire, mal payé, de l’instabilité, celui du rognage des retraites ou des couvertures sociales, celui du soupçon à la fraude. C’est ainsi que Pôle emploi a déployé 200 contrôleurs pour faire la chasse au fraudeur, parce qu’un chômeur de longue durée est forcément un fraudeur. Comprenez-bien, avec les 40 Milliards du pacte de responsabilité gracieusement offert aux entreprises, il n’y a plus de raison de chômer !

Faire la chasse aux chômeurs pour quelques dizaines de millions est sans doute plus rentable politiquement que de faire la chasse aux rémunérations exorbitantes, aux exilés fiscaux, à la fraude fiscale et sociale des entreprises. Le message est clair : ceux qui rapatrient leurs comptes suisses ont droit au calme feutré des bureaux moquettés de Bercy pour plaider leur cause, ceux qui ne recherchent pas activement un emploi verront leurs indemnités suspendues immédiatement.

Mais j’allais oublier le dernier satisfecit gouvernemental : la diminution du nombre d’assujettis à l’impôt sur le revenu en oubliant de préciser que le rendement de cet impôt a augmenté grâce aux prélèvements supplémentaires opérés sur les « classes moyennes ».

Pour ma part, je rêve d’un pays où tout le monde pourrait participer aux dépenses collectives en fonction de ses revenus, que ces revenus soient intégralement déclarés, et en France.

Nous en sommes encore loin et entre le premier cercle, les complices, les fraudeurs, déserteurs, autres profiteurs et les autres, les manants, les roturiers, les assistés, c’est-à-dire vous et moi, les frontières sont bien en place.

Il n’y a aucune chance que les choses s’améliorent et ce ne sont pas quelques emportements médiatiques surfaits de M. Le Foll qui y changeront grand-chose. Il serait bon qu’il s’impose une cure de silence durable sur ces sujets.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 10:39

Le rapport que vous avez remis au Président de la République sur l’engagement républicain et l’appartenance citoyenne préconise l’instauration du vote obligatoire. Il était temps, en effet, de se préoccuper de la désaffection croissante des urnes par nos concitoyens. Mais faites-vous la bonne analyse et la bonne proposition ?

Est-ce la bonne mesure ?

Voilà la question cruciale. Toute obligation comporte des sanctions. De quelles natures seront-elles (amendes, sanctions administratives,…) et comment seront-elles mises en œuvre (timbre amende…) quelles seront les exemptions prévues ? Nul ne le sait et c’est bien cela qui gêne et qui risque de poser quelques inconvénients voire quelques dérapages : quid des français partis faire le Jihad en Syrie, des exilés fiscaux (conserveront ils leur droit de vote malgré leur fuite), des résidents à l’étranger aux fins fonds de la brousse, des électeurs décédés la veille du scrutin ou de ceux en coma dépassé dans les hôpitaux…. Les familles seront-elles obligées de produire un certificat médical après avoir reçu une lettre recommandée ?

Enfin, les électeurs obligés dont le vote blanc ne sera pas décompté dans les suffrages exprimés pour calculer le pourcentage obtenu par les candidats ne seront-ils pas tentés de voter pour les extrêmes ?

Bref, vous êtes en train d’inventer une usine à gaz, une fausse bonne mesure destinée avant tout à masquer les turpitudes d’un personnel politique indigent.

Pouvait-on faire autrement ?

Il y a bien sûr les vertus de l’exemple, mais sur ce terrain les parlementaires ne sont pas les mieux placés : carriérisme, fraude fiscale, absentéisme, cumul, tout y passe dans les assemblées de la République et du haut de votre perchoir à l’Assemblée Nationale vous êtes souvent amené à contempler le vide des travées : 40 députés seulement ont débattu le 13 avril de l’avenir de nos libertés individuelles, tout un programme pour vous qui cherchez à contraindre l’électeur au vote obligatoire !

Que dire également des « honorables parlementaires pris la main dans le sac de la fausse déclaration de patrimoine, du compte en Suisse, de l’arrosage financier des électeurs de leur circonscriptions ou mis en examen pour des financements occultes de campagnes électorales.

Pour ramener le citoyen vers les urnes, encore faudrait-il faire un grand ménage parmi les élus, les suspendre de leurs fonctions le temps du jugement ou de l’établissement de la preuve de leur bonne foi. Cela éviterait sans doute que des procès les concernant durent près de 20 ans comme cela a été le cas pour les époux Tibéri ou comme cela le sera sans doute pour les Balkany ou les Dassault et autres Copé qui continueront à poursuivre leurs carrières au service du « bien public », bien au chaud et grassement payés, sous les ors de la République.

Vous voudriez des citoyens vertueux et engagés, M. Bartolone, alors commencez à faire le ménage parmi vos rangs et demandez à votre collègue du Sénat, assemblée somnolente et concernée par les ravages de l’absentéisme et du clientélisme d’en faire autant, au lieu de vouloir forcer les citoyens à aller voter en rangs serrés pour des représentants qui ne les représentent plus.

Encore faudrait-il également que le vote des citoyens soit respecté…

2005, vous vous souvenez, le référendum sur le traité européen, rejeté par une majorité de français et qui a été adopté deux ans après dans leur dos par un congrès, gauche et droite réunies, qui a ainsi désavoué leur vote ?

Vous comprendrez bien que si on oblige le citoyen à aller voter, encore faudrait-il qu’il soit convaincu de l’utilité de son vote et que celui-ci ne sera pas dévoyé par des procédures de contournement.

Vous dites également, M. Bartolone, que « les citoyens pourraient toujours exprimer leur insatisfaction face à l’offre politique, par un vote blanc ». Outre le fait que le vote blanc ne sera sans doute jamais pris en compte, il serait intéressant que vous précisiez ce que vous entendez par « l’offre politique ».

Jusqu’à présent, les citoyens avaient l’impression de pouvoir choisir entre gauche et droite, pour simplifier, sur la base de programmes construits et donnant lieu à débats. Il faut bien constater qu’aujourd’hui, même si les débats ont toujours lieu pendant les campagnes, l’offre politique de la gauche ou de la droite se ressemble furieusement, sous les contraintes, pour ne pas dire les menaces, des mondes financier et économique et de la commission européenne de Bruxelles. La déception du citoyen est d’autant plus grande qu’il avait cru aux promesses du Bourget, par exemple, pour ne parler que du candidat de votre camp.

Par conséquent, l’offre politique, quoiqu’en disent les autres partis ou les partis extrémistes, passée au laminoir de la mondialisation, est la même, toujours de droite et marqué par le libéralisme effréné, et le citoyen ne voit plus l’intérêt d’aller voter.

Autre exemple récent : demander aux électeurs d’aller voter pour des Conseils départementaux dont ils ne savaient rien des compétences revient à aller voter comme le font les téléspectateurs pour les candidats de la « Nouvelle Star ».

Je suis étonné que vous soyez étonné, M. Bartolone.

Revenez sur terre, M. Bartolone…

Etonnez-vous après cela que les électeurs désertent de plus en plus les urnes. Ils voudraient bien faire leur « devoir citoyen », mais pas comme ça et surtout pas sous la contrainte d’une sanction pour élire une classe politique indigente, parfois incompétente ou bien délinquante, cernée par les lobbies et en perte de repères face à la violence du monde financier.

Jacques et Odette, qui vivent avec leur petite pension de retraite au fin fond d’un village rural ne découvriront jamais qu’ils possèdent un compte en Suisse, ni un immeuble de rapport dans le 16ème. Ils n’auront jamais l’opportunité de s’acheter une résidence en Belgique pour échapper au fisc, ni d’échapper à la déclaration de leurs revenus et au paiement de la taxe d’habitation. Ils espèrent simplement continuer à vivoter avec leur lopin de terre qui fournit les légumes de la soupe et les volailles qui améliorent l’ordinaire.

Ils ne vivent pas dans le même monde que vous.

Ce serait bien que vous respectiez leur choix de ne plus aller voter, comme celui de nombreux autres concitoyens, à défaut de vous remettre en question, ce dont vous êtes bien incapable.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 16:04

Nous assistons de nouveau à un débat essentiel : dans quelles villes situer le siège des nouvelles régions ?

Quid de Rouen ou de Caen, de Toulouse ou de Montpellier, le choix de Strasbourg de Bordeaux ou de Dijon ne risquent-ils pas de provoquer une levée de fourches de la part de ceux qui ne seront pas d’accord ? Le suspense est intolérable

Une réforme régionale qui va coûter cher aux contribuables

Au train où vont les choses les élus des villes écartées vont bientôt organiser des référendums auprès de la population pour obtenir gain de cause ou tout du moins des compensations en matière d’implantation de services régionaux, et ils pourront alors marcher la tête haute et dire à leurs concitoyens que c’est de haute lutte qu’ils ont obtenu quelques miettes. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : ne pas perdre la face lorsqu’on est élu afin de ne pas obérer les futures réélections. Peu importe que les compensations obtenues soient financées par les contribuables eux-mêmes qui ne feront pas le lien entre cette réforme régionale catastrophique et leurs impôts locaux, l’essentiel sera préservé, à savoir le maintien de la caste des élus.

Des collectivités aux compétences non stabilisées

A quelques mois des élections régionales, on ne connaît pas encore les compétences définitives de ces collectivités, mais cela ne semble embêter personne, en particulier les médias qui titrent sur les futures capitales des Régions à défaut d’éduquer les citoyens sur les véritables enjeux de cette réforme. L’indigence des rédactions et des commentateurs fait peine à voir : tout juste se situent-ils dans la veine du célèbre patron de TF1 qui disait que son boulot consistait à prévoir des espaces de cerveau disponible pour vendre du coca-cola.

Les compétences des régions ne sont donc pas stabilisées, et pour cause, puisque la loi est toujours en discussion au Parlement.

Le pire c’est que cette loi prévoit que les compétences régionales s’enrichiront de nouvelles transférées des conseils départementaux pour lesquels 50 % des électeurs ont voté le mois dernier sans savoir pour quoi ils le faisaient : bel exercice de démocratie !

Au fait, pour les départementales, vous avez voté pour quoi ?

Si vous ne connaissez pas le rôle des conseils départementaux, et vous n’étiez pas les seuls, vous avez sans doute voté par nostalgie du canton, sans trop vous appesantir sur le fait que leurs contours avaient notablement été triturés et leur nombre divisé par deux. Ou bien, vous avez voté pour le représentant d’une écurie politique, en vous bouchant le nez parfois et en faisant mine d’ignorer qu’il n’existe pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les politiques menées. Je ne parle pas bien sûr des promesses électorales qui bien évidemment n’engagent que ceux qui les écoutent. Peut-être avez-vous voté, parce que le droit de vote est essentiel et qu’il faut l’utiliser. Oui, mais pas pour n’importe quoi : cela le dévalorise.

Bref, vous avez voté en ne voulant pas savoir que le Conseil départemental est totalement inutile, qu’il coûte cher et que la répartition de ses compétences entre les régions et les intercommunalités ne se traduirait par aucun désagrément pour le citoyen qui pourrait même y gagner quelques euros sur sa feuille d’impôts locaux.

Mais vous êtes peut-être quand même satisfait d’être allés voter, ne serait-ce que pour l’instauration de la parité dans ces assemblées inutiles, en vous pinçant le nez toutefois, car cette parité ne s’est pas appliquée aux présidences puisque seulement 10 femmes ont été élues présidentes sur 101 conseils départementaux…

En 2014, de nouvelles équipes municipales ont été élues

Il est touchant de constater que certains maires de droite élus sur la modération sinon sur la baisse des impôts locaux en lieu et place d’équipes de gauche, font aujourd’hui preuve d’amnésie. C’est ainsi qu’à Toulouse en particulier, on prévoit une augmentation de 15 % sur deux ans et je vous donne en mille l’argumentaire utilisé : l’équipe précédente a laissé les caisses vides et l’Etat diminue ses dotations. C’est donc la faute de la gauche, mais cela pourrait aussi être la faute de la droite également : tout est affaire de communication politique et à ce jeu, droite et gauche savent y faire pour le plus grand bonheur de citoyens qui sont prêts à tout gober.

Tout est dans tout et inversement…

C’est ainsi, ce qui pouvait paraître une vérité hier et devenu une erreur aujourd’hui et la réflexion se limite à ces belles envolées lyriques conçues par les communicants payés par vos impôts ponctuées par des « yaka-fauqu’on » et des « c’est de la faute des autres ».

A défaut de faire participer réellement les citoyens aux destinées du pays et de ses collectivités locales, on en arrive au degré zéro de la citoyenneté et de la politique. Tout est bon désormais pour s’insurger, pour gueuler, pour vilipender, à défaut d’avoir une réflexion organisée que ni les politiques ni les médias ne veulent : trop compliqué pour les quelques neurones politiques du citoyen !

Le politique n’est plus là pour donner du sens

Cela nous donne des débats sur l’abattage des platanes sur le bord des routes au motif qu’ils provoqueraient des accidents mortels, sans savoir si l’alcool, la drogue ou la vitesse ne seraient pas le principal motif.

C’est le cas également pour les surfeurs qui se font régulièrement attaquer par les requins à la Réunion qui continuent à surfer malgré l’interdiction et qui réclament des « mesures » : il faut tuer les requins comme on doit abattre les platanes parce qu’ils sont la cause de morts qui auraient pu être évitées.

Aucune contrainte ne doit exister au souhait des individus : la négation même d’idée de Nation et de citoyenneté. Chacun pour soi !

Il y a trop d’élus, trop de collectivités et les responsabilités apparaissent comme diluées entre les conseiller de ceci ou de cela, le préfet ou le directeur, tous malléables et perméables aux différentes pressions des lobbies ou – et cela est parfois compréhensible – à la douleur de familles.

Il est urgent de redonner du sens au collectif, celui qui sert l’intérêt général et fait abstraction des pressions de groupes intéressés.

Pensez-y si vous allez voter aux prochaines élections régionales.

Dernière minute

Bartolone, missionné par le Président de la République propose de rendre le vote obligatoire : casser le thermomètre n’a jamais fait baisser la fièvre !

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 22:28

De qui cette phrase : « La question est de savoir, maintenant, si le gouvernement grec est capable de présenter un programme de réforme sur lequel il n’a pas été élu ».

De qui cette autre : « Nous espérons que la France présentera un programme et un calendrier de reformes détaillées, réalistes et d’envergure ».

La première est de l’inénarrable Moscovici, commissaire européen et la seconde de son « tuteur » Jyrki Katainen, Vice-Président de la commission européenne, deux « démocrates » éminents qui ont une fâcheuse tendance à se substituer aux gouvernements nationaux et à s’asseoir sur la volonté des peuples, au nom d’une orthodoxie européenne rendant ainsi illusoire toute légitimité obtenue par le suffrage universel.

Ce n’est pas nouveau !

Le référendum de 2005 sur le traité européen portait en germe l’abandon des souverainetés nationales à terme et les citoyens français malgré le tapage médiatique fait autour du oui avaient répondu non, ce qui n’avait pas empêché le Parlement réuni en congrès d’avaliser ce texte mortifère deux ans après.

Les Irlandais, qui avaient eu l’impudence de répondre non en première semaine ont été sommés de se déjuger quelque temps après, c’est-à-dire après des menaces économiques des talibans de la commission européenne.

Car c’est un fait, aux yeux de ces technocrates totalement asservis au monde économique et financier, quand ils ne sont pas de mèche avec lui, le peuple est con, ignare, et si on l’écoute, pour un peu il empêcherait cette belle machine à faire de profits, à licencier et à polluer et détruire la planète de continuer son travail mortifère.

Dix ans après, la désastreuse Commission européenne a désormais les mains libres et prend peu à peu le pouvoir sur les représentants élus des pays et prépare dans le dos de tout le monde et de manière fort peu démocratique, le fameux Tafta destiné à déréguler encore un peu plus le commerce mondial au profit des Etats Unis.

L’essentiel se passe désormais ailleurs…

…Ailleurs que dans les pays qui constituent l’Union européenne, c’est-à-dire à Bruxelles qui prépare le terrain à Monsanto, Google, et autres vendeurs de viandes bodybuildées aux hormones qui écraseront irrémédiablement toutes velléités de protection des productions nationales auxquelles nous tenons. Le marché européen deviendra pour ces géants, qui œuvrent bien évidemment « pour le bien de la planète » une simple plateforme de distribution pour leurs cochonneries et leurs polluants.

L’essentiel se passe ailleurs, donc, et vous pouvez le constater chaque jour, en France ou en Grèce par exemple, ailleurs que dans les urnes, puisque ce mode d’expression devient de plus en plus « has been » pour la commission européenne et la banque centrale européenne dirigée par un ancien de Goldman Sachs, qui n’était sans doute pas ignorant des magouilles de la banque qui l’employait pour minorer la dette souveraine grecque : un jour on maquille les comptes d’un pays et le lendemain, à la tête de la BCE, on prépare les crises financières à venir qui justifieront encore plus d’austérité et de misère sociale.

Nous avons désormais le choix entre une politique libérale et une politique ultra libérale, c’est-à-dire que la marge est faible et que ni la droite, qui s’est empressée de ratifier le traité européen en 2007, ni la gauche, qui mène la même politique que la droite ou bien le FN qui prédit des lendemains qui chantent avant des surlendemains qui déchanteront irrémédiablement, ne sont à même d’influer sur le sort funeste qui attend les populations européennes.

Et en France, pendant ce temps…

« Mon adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti » disait-il dans son fameux discours du Bourget qui résonne encore dans nos oreilles. Il voulait parler de la finance qui a fini par avoir raison de sa (molle) résistance et de sa conviction électoraliste.

Les banques, les notaires, les avocats, les pharmaciens, les médecins, les actionnaires des sociétés d’autoroute, le Medef, et tant d’autre nécessiteux, ont eu raison –mais ont-ils eu besoin seulement de combattre – de ces promesses illusoires étant entendu qu’elles n’étaient pas compatibles avec l’orthodoxie économique européenne, représentée par la dogmatique commission non élue.

Alors pour masquer l’impuissance face au monstre européen ou l’impuissance tout court de ceux qui nous gouvernent, voire leur incompétence, on nous bricole quelques réformes sociétales qui éloignent le débat des véritables enjeux, on part en guerre sur la seule décision du président de la République, on commémore à tour de bras et on remet des médailles et on continue de faire voter les citoyens, comme récemment pour les départementales, sans qu’ils sachent pour quoi ils votaient.

Les résultats sont là, comme pour les élections européennes, moins de la moitié des électeurs se sont exprimés. Prochaine bérézina démocratique annoncée et prochaine déroute électorale : les régionales.

Mais ça ne fait rien et ça ne changera rien à l’ordre des choses : gauche et droite sont devenues les fondés de pouvoirs d’une hydre supra nationale chargé d’écraser la volonté et le besoin démocratique des peuples au nom du profit.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 17:16

Voilà, les élections départementales ont eu lieu. Triste bilan, puisqu’au premier tour, seulement un électeur sur deux s’est déplacé pour voter, et encore, ne parlons pas des bulletins blancs ou nuls qui n’auront servi à rien mais qui auront satisfait ceux qui placent le « devoir citoyen » bien au-dessus du reste.

Le reste ?

Ce sont les interrogations légitimes que les votants auraient dû avoir avant de se déplacer : qu’est-ce que cela va changer ? Et les impôts locaux dans tout ça ? L’alternance va-t-elle être bénéfique ? Ne pourrait-on pas se passer du Conseil départemental ?

Je me les suis posées et voilà mes réponses, dans l’ordre : Pas grand-chose, attendez-vous au pire, sans doute pas, oui.

Qu’est-ce que cela va changer ?

Pas grand-chose effectivement, parce qu’il faut savoir que le Conseil Départemental est surtout une collectivité de gestion et que ses marges de manœuvre sont faibles dans un contexte où c’est l’Etat qui détermine la règlementation et détient le pouvoir normatif (action sociale, normes de construction, sécurité dans les transports,…) ainsi que les cordons de la bourse pour les dotations qu’il verse à toutes les collectivités. La décentralisation, si elle a été bénéfique à ses débuts, devient donc davantage une charge de gestion qu’une réelle opportunité de changer la vie dans un territoire donné d’autant que les élus ont envahi tous les espaces, sans que pour autant la démocratie y ait gagné et qu’ils s’y incrustent.

Et les impôts locaux dans tout ça ?

Compte tenu de la baisse des dotations de l’Etat et de l’atonie de l’économie qui plombe les recettes fiscales locales, si les nouveaux exécutifs élus veulent mettre en place leurs promesses électorales (gardez bien les professions de foi), il va falloir casquer.

Bon, maintenant que la majorité des départements a basculé à droite, vous allez avoir droit à d’intenses campagnes de communication sur les départements étranglés par l’Etat, à l’instar de ce qui s’est déjà passé il y a quelques semaines pour le lobby des communes de France (cornaqué par M. Baroin) réclamant à cor et à cri des rallonges budgétaires pour pouvoir continuer à arroser les associations amies et à faire des ronds-points.

N’oubliez jamais une chose : ce sont les mêmes qui hurlent mais qui ne font rien quand ils sont au pouvoir. Ce sont simplement des postures politiques destinées à caresser dans le sens du poil l’électeur lambda et faire les gros titres des gazettes. Il existe donc une alternance de l’indignation politique aussi peu efficace que l’alternance politique elle-même.

L’alternance va-t-elle être bénéfique ?

Non, car comme vous le savez, le conseil départemental fait avant tout de la gestion et ses marges de manœuvre pour impulser des politiques originales et innovantes sont quasi-nulles, d’autant que la loi en discussion sur les compétences des collectivités pourrait retirer au Conseil Départemental, toute compétence « générale », c’est-à-dire tout ce qui n’est pas expressément confié par la loi à cette collectivité (social, collèges, transports, routes,…par exemple).

Par ailleurs, vous vous apercevrez rapidement que des projets initiés sous l’ancienne majorité, et que la nouvelle n’a pas cessé de dénoncer, seront tout de même repris : il ne faut pas désespérer le milieu associatif ou d’autres lobbies ainsi que les entreprises qui seront chargées de faire les travaux envisagés. Politiquement, ce ne serait pas tenable, et cela pourrait compromettre la réélection future, alors, c’est le principe de réalité qui prime…

Pas d’économies majeures non plus à prévoir du côté des coûts de fonctionnement des assemblées départementales : elles continueront à « communiquer » massivement pour faire oublier qu’elles ne servent plus à grand-chose et elle continueront à employer une kyrielle de collaborateurs politiques qui feront vivre le parti et aideront les Présidents ou les vice-présidents à mieux vivre leur cumul de mandats.

On continuera aussi à faire appel à des cabinets conseils, à des experts à qui on demandera des études et des évaluations « impartiales » pour dire combien l’ancienne majorité était dépensière et justifier les augmentations d’impôts « en raison de la situation catastrophique que nous avons trouvée à notre arrivée », en sachant que ces études ont un coût, et qu’elles sont parfois réalisées par des sociétés « amies » qui reverseront leur obole au parti, le tout pour avoir « les éléments de langage » souhaités.

Bon, bien sûr, il y aura du symbole, parce que les électeurs ne comprendraient pas…. Peut-être y aura t-il un collège Denoix de Saint Marc pour faire plaisir aux nostalgiques, des caméras de surveillance à la porte de collèges, des maîtres chien dans les autocars ou d’autres marqueurs tels que l’augmentation des subventions aux écoles confessionnelles, des grandes messes avec le Medef pour relancer l’économie locale et des suppressions de subvention aux associations culturelles. Cela ne dépassera pas le symbole, mais cela suffira à satisfaire ceux qui sont allés voter en fonction de « convictions » et non en fonction de l’efficacité réelle des Conseils départementaux et cela fera également la une des gazettes et des télés. Et tout le monde sera content…

Ne pourrait-on pas se passer du Conseil Départemental ?

La réponse est oui pour l’assemblée élue et les cohortes de berniques politiques qui s’accrochent au rocher et vivent bien grâce aux indemnités et salaires prélevés sur nos impôts.

La réponse est oui également parce que sur le plan technique, les compétences de gestion des Conseils Départementaux peuvent être transférées soit aux Régions, soit aux intercommunalités, la gestion de proximité étant assurée par les services sociaux, techniques et administratifs existants qui changeront simplement de patron et continueront à gérer localement les affaires au sein d’agences. Rappelons que les Conseillers Régionaux sont élus dans des sections départementales et qu’ils pourraient tout à fait remplir le rôle et des missions des ex-conseillers départementaux.

Vous êtes prévenus !

Au-delà des sentiments de victoire, de défaite, de revanche que vous éprouverez à partir d’aujourd’hui, du sentiment que vous aurez eu d’avoir rempli votre rôle de citoyen en déposant votre bulletin dans l’urne sans vous apercevoir que vous étiez victime d’une arnaque politique, il faut que vous sachiez que vous n’avez pas provoqué le grand soir des collectivités locales, malgré les changements intervenus.

Il faut que vous sachiez que vous venez de signer un contrat de six ans avec un peu plus de 4000 élus et d’un nombre significatif de collaborateurs ou contractuels politiques dont il vous faudra assurer leurs fins de mois, sans possibilité de licenciement.

Par conséquent, avant de hurler au loup sur l’augmentation des impôts locaux posez-vous la question de savoir si on n’aurait pas pu faire aussi bien, voire mieux et à moindre coût en supprimant le Conseil Départemental. La réponse est oui, mais c’est trop tard !

Fallait pas les élire !

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:37

J’aime bien cette phrase de Condorcet : « Le suffrage universel peut conduire à la dictature des imbéciles lorsqu’il n’est pas assorti d’une instruction publique éclairant les esprits ».

C’est précisément au nom de ce principe que je m’abstiendrai de voter dimanche pour les élections au Conseil départemental.

Je me suis déjà exprimé sur cette abstention

Certains comprennent ma position qui n’est pas basée essentiellement sur des considérations politiques mais également sur le fait qu’on nous demande de légitimer une assemblée départementale dont on pourrait fort bien se passer.

D’autres prônent le vote blanc, c’est-à-dire qu’ils légitiment malgré tout cette collectivité inutile en se déplaçant, sachant que leur vote blanc ne sera à aucun moment pris en compte.

Enfin, il y a ceux qui ne comprennent pas ma position et me le font savoir parfois vertement. C’est ainsi que j’ai été comparé à un intellectuel fuyant le nazisme en laissant le soin au résistants de le combattre tout en continuant à leur prodiguer leçons et conseils. Mazette !

Il y a également ceux qui me reprochent de déserter devant l’ennemi.

Dans les deux cas, on place le Front National au centre du débat et cette posture annihile et interdit toute autre réflexion, notamment celles basées sur l’opportunité de garder une collectivité inutile.

Le droit de vote

Certaines critiques portent sur le droit de vote : « Comment ne pas être indigné au regard de ceux et celles qui sont morts et se battent encore pour avoir ce droit », me fait-on savoir pour critiquer ma posture d’abstentionniste.

Tant que le vote n’est pas obligatoire, je considère que l’abstention n’est pas répréhensible. Mais ce qui gêne ceux qui critiquent l’abstention, c’est qu’elle n’est plus uniquement désormais le fait de fainéants qui ne veulent plus se déplacer, de gens qui s’en foutent, ou de nihilistes ou antisystème de tous poils, mais qu’elle procède d’une réflexion construite sur l’instrumentalisation politique du vote, voire même sur le rejet des résultats. Le cas du non au référendum de 2005 est à cet égard exemplaire. Aujourd’hui, c’est le rejet important de la classe politique et de son fonctionnement qui génère l’abstention.

S’agissant du droit de vote, on pourra citer des exemples à l’étranger où son exercice n’est pas synonyme de démocratie. Les scrutins/plébiscites en faveur d’un candidat unique ou simplement accompagné d’adversaires « faire-valoir » sont encore courants, de même que les jeux de chaises musicales à la « Poutine/Medvedev ».

En conséquence, le suffrage universel et son corollaire, l’exercice du droit de vote, comme le dit Condorcet doit être assorti d’une instruction publique éclairant les esprits sous peine d’aboutir à la dictature des imbéciles.

Demain, si nous n’y prenons garde, on multipliera les scrutins et les occasions de voter. On nous fera voter pour tout et pour rien, pour élire les gardes champêtres, les gardiens de phare, les vigiles de supermarchés ou bien les concierges d’immeubles, tout cela bien sûr au nom de la démocratie. On votera comme on vote pour son artiste préféré à la Nouvelle Star ou comme on répond à un sondage : êtes-vous pour ou contre ?

Etes-vous pour ou contre ?

La vraie question est là dans le débat politique français et ce depuis le 21 avril 2002 où on nous demanda de voter contre, au nom de la démocratie, bien sûr. Que s’est-il passé de majeur sur le plan démocratique dans notre pays depuis cette date ? Rien, ou plutôt si : le pouvoir n’est plus politique, il est économique et financier et il dicte sa loi aux nations. Le pouvoir politique est donc réduit à sa plus simple expression et ne trouve plus une légitimité que dans l’accompagnement de la mondialisation et du libéralisme.

Vous pouvez donc bien voter, cela ne risque pas de provoquer les bouleversements nécessaires ou promis, d’où la fin des idéologies politiques. C’est pourquoi, lorsqu’on vous demande de voter pour un programme, vous devriez vous méfier : Les armoires des partis politiques regorgent de promesses non tenues, que ce soit à l’Ump qui nous promet encore de faire demain ce qu’ils n’ont pas fait hier ou au PS où le discours du Bourget provoque encore beaucoup de prurits.

Demain, ce sera la même chose pour les promesses alléchantes de Mme Le Pen.

On en est toujours là ! Le vote contre qui a animé et anime encore cette campagne sur les départementales. Pour seul programme le PS nous propose de nous mobiliser pour voter contre le FN. A défaut, à l’instar du PS d’avoir des propositions construites, l’UMP fait campagne sur le rejet du PS et de Hollande.

Cette campagne pour les départementales a été nationalisée alors même que les conseils départementaux détiennent des compétences sur lesquelles il aurait été intéressant de faire de la pédagogie (cette fameuse instruction publique dont parle Condorcet) auprès des citoyens. On aurait même pu trouver, au terme de cet exercice, un consensus pour dire que le Conseil départemental, lieu d’administration de dispositifs sociaux, de gestion des collèges, des transports ou de la voirie, ne nécessitait pas une assemblée élue et que les fonctionnaires de cette collectivité, rattachés à la Région ou aux intercommunalités pouvaient très bien gérer ces dispositifs et pour moins cher.

C’est cela le vote « pour ».

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:45

« Je le dis dans tous mes meetings : c’est quand même étrange de constater le niveau élevé de nos taux d’abstention quand on voit l’envie que suscite la France dans certains pays qui aimeraient avoir le droit de vote. La démocratie, ça s’entretient et le vote est une manière de l’irriguer. Trop nombreux sont ceux qui ont tendance à l’oublier ».

De qui, cette belle envolée lyrique ? De Claude Bartolone, le Président de l’Assemblée Nationale interviewé dans Ouest France.

Un expert, puisque dans son Département, on ne compte pas moins de 63 % d’abstentions ! C’est sans doute pour cela que le Président de la République lui a confié une mission sur l’engagement citoyen.

Les pompiers pyromanes

On aimerait tout d’abord que M. Bartolone prenne conscience que lorsqu’on demande son avis au citoyen, celui-ci souhaiterait qu’il soit respecté. L’exemple désastreux du référendum sur le traité européen en 2005, rejeté par les électeurs et voté ensuite par le Parlement ne constitue certainement pas un signal fort pour le citoyen qui y a vu déni de démocratie.

On souhaiterait également que M. Bartolone prenne en compte la cacophonie et les revirements successifs de l’exécutif sur la réforme territoriale pour analyser le taux d’abstention aux dernières élections départementales. Car enfin, entendre hier M. Valls ne dire que du bien de ces conseils départementaux pour inciter les électeurs à aller voter, alors même qu’il y a quelques mois il jugeait le conseil général inutile et proposait même sa disparition à l’échéance 2020, peut provoquer des allergies bien compréhensibles.

Il n’est donc pas étonnant que ce soit aux élections européennes et aux élections départementales que les taux d’abstention soient désormais les plus élevés.

Ce questionnement sur l’abstention parait d’autant plus suspect qu’il émane d’un parti qui vient (et qui va) de subir une déculottée aux élections départementales. Notons que l’UMP ne paraît pas plus que cela affecté de la désaffection des urnes, pas plus que le FN, les deux revendiquant le titre de premier parti de France, alors que c’est le parti des abstentionnistes qui détient ce titre.

Il y a donc une bonne et une mauvaise abstention, la mauvaise étant celle qui fait perdre, la bonne étant celle qui permet de gagner des sièges dans les assemblées départementales avec seulement 25 % du corps électoral !

La détérioration des taux de participation

Elle touche actuellement deux scrutins, mais ne nous faisons pas d’illusions, lors de la prochaine présidentielle, le taux de participation sera en chute libre, compte tenu des promesses non tenues, des renoncements ou des promesses irréalistes qui elles également ne seront pas mises en œuvre.

Il est clair que le fameux discours du Bourget aura laissé des traces parmi l’électorat de gauche, dans un premier temps en favorisant l’élection de François Hollande, puis dans un second son rejet dans l’opinion publique.

Pas mieux pour Nicolas Sarkozy dont le retour met cruellement en relief les promesses non tenues qu’il réitère pour son éventuel futur quinquennat et pour le coup porté à la fonction de Président avec les affaires, ses conseillers sulfureux et sa propension à draguer les électeurs du front national.

Pour Marine Le Pen, nul besoin d’être devin pour dire que son programme économique qui tient davantage de l’extrême gauche que de la droite classique nous emmènera droit dans le mur. Lorsque son parti, une fois bien intégré dans le paysage (Mairies, Conseils départementaux, Parlement européen,…), aura trouvé que la soupe est bonne, l’heure des renoncements aura sonné et le FN contentera de quelques mesures symboliques et médiatiques en abandonnant ce qui fâche (sortie de l’Europe et de la PAC par exemple).

Mais il ne serait pas logique de ne fustiger que les têtes de gondoles, les chefs de rayons ayant aussi une responsabilité très forte dans la progression des taux d’abstention, en ce sens où, eux également se sentent bien dans leurs mandats nationaux et locaux qu’ils cumulent allègrement encore (pas après 2017, paraît-il…) et que le cumul des mandats locaux, qui lui n’est pas interdit, constitue un vrai sport national pour ceux qui veulent bien vivre et longtemps aux crochets de la société, tout en fustigeant les « assistés » ou en prenant des décisions visant à diminuer les droits des plus faibles.

Mention spéciale également aux partis politiques qui vivent bien sur la bête grâce aux financements publics et dont les petites mains peuplent toutes les assemblées élues qui les payent grâce à vos impôts et qui permettent aux « grands hommes » de vivre mieux leurs cumuls de mandats et de déserter les bancs des assemblées.

L’abstention, c’est tout cela…

Des élus et des partis décrédibilisés et hors sol, un spectacle affligeant dans les hémicycles où l’absentéisme et le lobbyisme règnent et où se trouvent parfois des parlementaires en délicatesse avec la justice ou le fisc et qui siègent toujours et touchent leurs indemnités.

Ce sont des lois qui mettent un temps infini à être votées alors que l’urgence est là, au quotidien pour les personnes privées d’emplois, de logements, de citoyenneté, en fait : ne soyons pas étonnés que la courbe de l’abstention suive celle de l’exclusion.

Ajoutons à ce constat que c’est dans les quartiers périphériques aux grandes villes, les grands ensembles où le taux de chômage est un des plus importants, que le taux d’abstention est le plus important.

L’abstention, c’est également un Sénat réactionnaire et obsolète, qu’il soit de gauche ou de droite, et qui freine l’action publique, et qui n’est rien d’autre qu’une maison de retraite pour élus finissants.

L’abstention, ce sont aussi les tergiversations ou les reniements des hommes politiques en place sur la question de la laïcité, l’un pour ne pas froisser un électorat communautaire qu’il souhaite conserver, l’autre pour piquer l’électorat d’un troisième, alors que la laïcité demande à être appliquée sans que la main tremble et qu’elle ne doit pas être instrumentalisée.

C’est enfin la multiplication des structures locales dont les compétences se chevauchent et qui demanderaient à être rationnalisées pour ne pas dire supprimées pour certaines

Que va-t-il en sortir de la mission confiée à M. Bartolone ?

Hormis un beau rapport remis en grandes pompes au Président de la République, il n’en sortira pas grand-chose, mais le plus grand danger, serait qu’il fasse l’économie d’une analyse complète des causes pour ne proposer que quelques moyens, comme le calamiteux vote obligatoire.

Soyons clairs, je me suis abstenu dimanche et je ferai de même dimanche prochain, pas par gaité de cœur, parce que je suis convaincu que la participation citoyenne est essentielle, mais les conditions démocratiques ne sont plus réunies aujourd’hui pour que je participe à ce que je qualifie désormais de mascarade démocratique.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 20:15

Vous avez été un peu plus d’un électeur sur deux à voter dimanche, soit un score légèrement amélioré par rapport à 2011, encore faudra-t-il prendre en compte les votes blancs ou nuls pour avoir une idée précise des suffrages exprimés avant de se réjouir. Pas très glorieux comme résultat.

Quelles ont été les motivations des votants ?

On peut penser que certains se seront déplacés pour voter comme d’habitude pour le parti pour lequel ils avaient l’habitude de voter, sans se poser de question.

Certains auront voté pour protester devant l’impuissance des partis traditionnels, sans se douter que ce sera la même chose avec les nouveaux venus.

D’autres seront allés voter non par conviction, mais seulement pour faire barrage aux précédents.

Enfin, l’attrait de la nouveauté introduite par la parité homme/femme aura sans doute provoqué quelques votes supplémentaires ainsi que l’épouvantail du vote obligatoire.

N’en déplaise à ceux qui vont se réjouir de ce résultat, il n’en reste pas moins que le taux d’abstention aux cantonales est beaucoup plus important que pour toutes les autres élections (sauf les européennes), ce qui veut bien dire que le rôle cette collectivité territoriale est largement méconnu, en particulier dans les zones urbaines, ou que son utilité est contestée.

Peu d’électeurs se sont posé la question de l’utilité des conseils départementaux…

Il n’y a pas si longtemps, l’UMP parlait de la fusion des conseils régionaux et départementaux, projet annulé par le PS et ses alliés qui malgré tout a relancé l’idée de la suppression des conseils généraux avant de décider de les conserver sous la pressions des lobbies des élus : comprenne qui pourra. Encore que rien n’est figé puisque le projet de loi sur la répartition des compétences entre conseils départementaux et régionaux n’étant pas encore voté, rien n’empêche que les conseils départementaux nouvellement élus consacrent dans le futur leur temps à inaugurer les chrysanthèmes ou au contraire voient leurs compétences augmenter. Tout est possible !

Une curieuse impression…

Tout cela laisse penser que les motivations des électeurs auront été souvent étrangères aux compétences qui seront au final exercées par les conseils départementaux. C’est tout de même un exercice particulier que de convoquer 44 millions d’électeurs pour leur demander d’élire des représentants dont on ne sait pas au moment où on vote quelles seront leurs attributions. J’y vois pour ma part un risque de dérive totalitariste : « puisque nous avons été élus, nous sommes donc légitimes et il ne vous reste plus qu’à être les spectateurs de nos décisions et payer les impôts qu’on vous demandera », semble-t-on nous dire au travers de ce simulacre de démocratie.

A ce rythme on vous demandera bientôt de prendre modèle sur la téléréalité en tapant 1 ou 2 sur votre portable : ça coûtera moins cher.

Quelles seront les conséquences de votre vote ?

…Puisque vous êtes nombreux à ne pas connaître les compétences des futurs conseils départementaux…

Vous avez de fait donné votre feu vert à l’embauche d’un peu plus de 4000 conseillers départementaux qui seront payés grâce à vos impôts, qui vont dépenser environ 3.20 € par an et par habitant pour leurs dépenses de communication et qui auront besoin de petites mains, toujours payés par vos impôts, directement issus des partis politiques et qui ne sont pas forcément compétents pour gérer des compétences mais qui savent y faire pour protéger les élus et favoriser leur réélection, ainsi que des services destinés au fonctionnement des assemblées (chauffeurs, huissiers, secrétariats, hôtesses d’accueil, etc…).

Certains d’entre vous disent que les dépenses de personnel et de fonctionnement des collectivités locales sont trop élevées, mais sont quand même allés voter… Où est la logique ? Trop de fonctionnaires ? Pas forcément, mais trop d’élus, certainement !

En donnant une légitimité à cette collectivité territoriale dont on pourrait se passer au travers des 4000 élus et sans doute autant de « collaborateurs politiques », vous avez évité un plan social qui aurait touché directement les partis politiques notamment leurs ressources financières : vous êtes bien bons !

On comprend mieux pourquoi tous les élus et tous les partis se sont opposés à la disparition des conseils généraux. Ce n’est pas pour cette fameuse gestion de proximité et le pseudo contact avec les citoyens, mais simplement pour conserver un système qui fait les choux gras de tous les élus et partis politiques et qui maintient l’entre soi, le corporatisme et le conservatisme dont l’ultime expression est celle des sénateurs.

Ce n’est pas demain que le paysage administratif français sera lisible et efficace et moins coûteux.

Une autre organisation était-elle possible ?

Oui, en supprimant le conseil départemental, c’est-à-dire les élus et les collaborateurs. Elle consistait à transférer à la Région les compétences en matière de routes, de collèges et de transports, tout en organisant sous forme d’agences départementales (pour éviter les transferts géographiques de personnels) ces compétences pour garder la gestion de proximité. Pour les compétences sociales, la gestion par une agence départementale à laquelle les élus communaux participeraient serait à même de suppléer la gestion par des élus départementaux. Enfin, les intercommunalités (élargies) prendraient en charge la gestion des affaires de proximité et gèreraient les maisons de services publics.

C’est simple, mais les élus et les partis ancrés dans leurs corporatismes et leurs intérêts de boutique n’en veulent pas et les citoyens ne sont pas suffisamment au fait de ce qui se joue dans leur dos subissent et vont voter en croyant que c’est pour leur bien.

Un chiffre pour finir…

En supprimant le conseil départemental dans mon département, les économies réalisables (indemnités d’élus, collaborateurs des partis, communication, etc.,…) se chiffrent à 11 millions d’euros par an, soit le prix d’un collège….

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:06

Vous avez bien du mérite ! Vous ne serez en effet d’après les sondages qu’entre 40 et 45 % à aller voter dimanche, ce qui ne veut pas dire que vous allez voter pour les candidats en lice, le vote blanc et le vote nul étant également une possibilité, mais non comptabilisée.

En l’état actuel des choses, 30 % d’entre vous devraient voter pour le FN, 27% pour l’UMP/UDI et 20% pour le PS, autrement dit, au second tour, compte tenu d’un taux d’abstention plus important qu’au premier, vous devriez confier les rênes des conseils départementaux à des « majorités » ayant été élues avec parfois moins de 25 % des électeurs inscrit : beau score et belle démocratie !

Le vote « citoyen »

Voter est un droit chèrement acquis, nous disent ceux qui se déplaceront les 22 et 29 mars prochains et c’est être pleinement citoyen. Certains proposent même de sanctionner ceux qui ne se déplacent pas. D’autres, pour masquer leurs incompétences et faire oublier leurs ratés permanents, essayent de vous motiver en brandissant l’épouvantail FN et prônent le front républicain, c’est-à-dire le degré zéro de la politique (ne votez pas pour puisque vous n’êtes pas convaincus, mais votez contre…Quel programme !).

Donc vous êtes encore 40 à 45 % à vouloir aller voter, soit par habitude, par réflexe ou par fidélité à un parti ou à un candidat, soit par un mauvais réflexe, pour le FN, par rejet des partis « dits de gouvernement » qui se vautrent lamentablement de manière régulière, et par attrait d’un fausse nouveauté qui s’effacera bien vite et qui vous fera vous abstenir la prochaine fois, comme déjà la majorité des électeurs.

Votez pour la nouveauté, alors…

Avec votre vote vous allez faire des conseils départementaux la première assemblée paritaire, puisque ce sont des couples homme/femme qui se présentent à vos suffrages : super ! Sauf qu’une fois élu, le couple retrouvera sa liberté de vote, c’est-à-dire que dans le même canton, vous pourrez assister à des votes différents sur des projets pourtant destinés à faire le bonheur des citoyens, c’est-à-dire que c’est une parité qui n’est absolument pas accompagnée d’un projet politique cohérent.

Vous allez également voter dans des cantons remaniés qui ne correspondent plus à rien et surtout pas à l’idée que s’en faisaient ceux qui tenaient absolument aux cantons actuels.

Dans les villes, vous allez voter pour des cantons qui ne correspondent à rien et qui sont des découpages urbains artificiels dans lesquels se présenteront des candidats déjà élus dans la ville : bonjour les confusions de casquettes et les petits cumuls !

Vous l’aurez compris, la pseudo nouveauté de la parité et du canton retaillé est un leurre.

Oui, mais, le conseil départemental, c’est important…

Vous êtes combien à vous interroger sur ce que sont les compétences exercées par les conseils départementaux ? Ce n’est pas la lecture des tracts distribués dans les boîtes à lettres qui vont vous aider : des généralités, des banalités, un verbiage infâme et indigeste qui vous ferait croire tout et n’importe quoi, que la sécurité et l’immigration serait une compétence départementale par exemple, alors que cela relève de l’Etat.

Cerise sur le gâteau, au moment où vous déposerez consciencieusement votre bulletin dans l’urne, vous serez incapable de dire pour quoi vous votez parce que la répartition des compétences entre les collectivités territoriales ne sera pas encore votée par le Parlement : vous êtes de vrais saints !

Le conseil départemental gère quoi, finalement ?

Actuellement, il gère l’action sociale, les transports la construction et le fonctionnement des collèges, la voirie départementale, la lecture publique, les archives et les espaces naturels sensibles. Il intervient également en matière d’emploi, et de développement économique, de sport…

Le projet de loi en cours de discussion prévoit que le développement économique, l’emploi, les transports et les collèges devraient être transférés à la Région. Devraient, car, en coulisse les élus se livrent à une bataille de chiffonniers pour garder un maximum de compétences au conseil départemental. Pas pour vos beaux yeux vous vous en doutez bien, mais parce qu’un élu qui serait réduit à ne faire que de la gestion plan-plan autour du social, ne servirait plus à grand-chose. Se poserait alors la question de la survie des conseils départementaux qui avait été posée dans le projet Valls, à l’horizon 2020, disposition qui a été retirée pour ne pas froisser les élus.

On se rend compte que la majorité des compétences du conseil départemental pourrait être transférée soit aux Régions (avec la cohérence globale collèges, lycées, transports scolaires et voirie) ou aux intercommunalités (gestion de proximité). Ce serait cohérent et cela vous coûterait bien moins cher, mais puisque vous êtes décidés à aller voter pour un truc inutile, alors…

Votre vote est inutile

Il conforte simplement un système d’entre soi des élus qui ne veulent pas voir leur corporation frappée par une diminution de leur nombre. Il conforte un système de dépendance des communes vis-à-vis des élus départementaux, (et ce sont parfois les mêmes qui votent et qui profitent…) pourvoyeurs de subventions, ce qui empêche de se questionner sur le nombre de communes en France ou pour le moins de leur regroupement au sein d’intercommunalités. Cela fait également l’affaire des sénateurs qui sont élus par ces petits maires toujours en quête de trois francs, six sous pour fleurir la Mairie. C’est tout ce système pyramidal, inutile pour vous, qui vous coûte très cher en impôts locaux que vous n’avez pas le droit de critiquer et qui fleure bon le corporatisme et pour lequel vous allez tout de même voter : vous êtes admirables d’abnégation !

Vous ne voterez pas pour une collectivité ou des compétences, mais pour un système.

Ce système c’est celui porté par les partis politiques et les élus est une vaste escroquerie.

Le droit de décider d’investissements parfois inutiles et de se faire photographier sur la gazette locale pour montrer « l’efficacité » des élus lors des inaugurations en fait partie, de même que celui de recruter des amis politiques qui peuplent les cabinets et parfois les services des conseils départementaux. Le PS s’attend au départ de plusieurs milliers de ces collaborateurs suite aux résultats catastrophiques du 29 mars, mais rassurez-vous, vous continuerez à payer pour des collaborateurs qui les remplaceront et qui seront recrutés par l’UMP ou l’UDI ou bien encore pour le FN.

La distribution de subventions aux associations amies est également consubstantielle à ce système, de même que les pressions amicales des investisseurs pour conserver le niveau de crédits d’investissement au moins identique à l’année passée, d’autant que les lobbies du BTP ou des transports par exemple savent très bien convaincre les élus avec la menace des licenciements.

Ce système c’est aussi celui qui prévaut à tous les niveaux de gestion territoriale, y compris l’Etat : cela coûte cher, très cher, mais cela fait le bonheur des 560 000 élus et des milliers de militants partisans qui œuvrent pour leurs partis mais que vous payez avec vos impôts.

Le vrai vote citoyen :

C’est désormais l’abstention. J’espère vous avoir convaincu.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 21:08

Ce n’est pas un hasard si François de Rugy, un des verts qui aspire à entrer au gouvernement après la déculottée prévue aux départementales propose aujourd’hui de rendre le vote obligatoire. La démarche punitive est en effet souvent proposée par certains écologistes qui verraient bien le litre d’essence à 2 euros et la suppression de toutes les voitures en ville. En plus, dans l’attente de la nomination de verts au gouvernement, ça ne mange pas de pain de donner un coup de main à Hollande effaré par l’abstention massive prévue les 22 et 29 mars.

La boîte à conneries est ouverte

Dès cette annonce, les micros trottoirs se sont succédés sur les ondes avec la spontanéité, la dose de bêtise et le manque de recul et d’analyse qui vont avec dans ce genre d’exercice. Les commentateurs s’y sont mis également en proposant des variantes à l’amende prévue en cas d’abstention. C’est ainsi qu’une abstention pourrait entraîner la radiation pour le vote suivant ou entraîner des sanctions d’ordre administratif pour la délivrance de papiers par exemple (Christophe Barbier). A la décharge de l’intéressé, il propose cependant que le vote blanc soit reconnu. On pourrait aussi, pourquoi pas, mettre la liste des noms des abstentionnistes à la porte des bureaux de votes, ou les publier dans les bulletins municipaux, comme on met celui des personnes soupçonnées de vol dans les supérettes. Le concours continue…

La reconnaissance du vote blanc n’est pas suffisante

Avant de penser à une quelconque sanction envers les abstentionnistes, il faudrait, s’agissant toujours de mesures techniques, conditionner l’élection à l’obtention d’un nombre de suffrages représentant la majorité des électeurs inscrits, ce qui serait bien le moins. Cela éviterait d’avoir des candidats élus avec seulement 20, 30 ou 40 % des inscrits, ce qui va devenir de plus en plus fréquents et qui risque d’être quasiment la règle lors des prochaines départementales. Cela éviterait également pour certain de s’autoproclamer le premier parti de France alors que ce sont les abstentionnites qui sont sur le podium.

Au-delà de mesures techniques…

Il conviendrait surtout de s’interroger sur le phénomène abstentionniste et ne pas vouloir essayer de casser le thermomètre pour stopper la maladie. De reniements en renoncements, les partis dits « de pouvoir » ont largement écœuré les électeurs qui désertent massivement les bureaux de vote. Pour nous inciter désormais à voter, faute de programme cohérent et respecté, on nous agite désormais l’épouvantail FN comme on le fait à chaque fois depuis 2003. Cela ne peut tenir lieu de programme en aucun cas, pas plus que les réformes avortées auxquelles les citoyens ne comprennent plus rien : je veux parler de la pseudo réforme des collectivités territoriales, dont le seul objectif aura été de préserver un nombre de sièges suffisant pour conserver leurs privilèges aux rentiers de la politique et aux apparatchiks qui les suivent et sont payés par nos impôts.

Un mot encore sur la vacuité des programmes annoncés et qui ne seront pas réalisés : à l’Ump, le seul programme actuellement connu consiste à remettre en cause trois lois votées par le Parlement actuel (le mariage pour tous, la réforme territoriale et le non-cumul des mandats) ! Au FN, on parle, en marge des mesures habituelles contre l’immigration et l’insécurité, la nationalisation partielle des banques, la baisse des tarifs de 5 % du gaz, de l’électricité et du train, la baisse de 20 % de la taxe sur les carburants, une augmentation de 200 euros des salaires jusqu’à 1500 euros, un revenu parental à hauteur de 80 % du SMIC, etc.,…

Pourquoi se priver ?

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et à ce petit jeu, le FN ne s’est pas encore fait prendre la main dans le pot de confitures comme les autres partis, mais rassurez-vous, s’il devait arriver au pouvoir le FN deviendrait un parti comme les autres et aux élections futures les abstentionnistes augmenteraient encore, mais ce n’est pas grave puisqu’on sera revenu à un vote censitaire où seuls certains auront encore le droit de vote.

Alors, au lieu de proposer des âneries, M. de Rugy ferait bien de s’interroger sur les raisons de cette désaffection des urnes, à savoir sa propre inconséquence, son ignorance des réalités vécues, ses petits arrangements politiques et ses reniements, à l’instar de l’ensemble du personnel politique qui vit à nos crochets au lieu de vouloir considérer les électeurs comme des fainéants.

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