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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 11:25

Hasard du calendrier ou bien coïncidence fâcheuse ? Mardi l’Assemblée Nationale examinait deux textes qui auraient pu n’en faire qu’un : la réforme territoriale et la loi sur la fin de vie.

Je m’explique…

Le texte sur la réforme territoriale, enfin ce qu’il en reste, a été voté en première lecture par une assemblée nationale frappée par l’immobilisme et la perte de mémoire après avoir été vidée de son sens par le Sénat. Ce texte voté en première lecture repartira en seconde lecture au Sénat, lequel ne manquera pas d’annuler ce que les députés auront eu l’outrecuidance de rétablir mardi et qu’ils rétabliront à nouveau après le second passage au Sénat, etc…, etc,… Jusqu’à ce qu’un texte final revenant quasiment à la situation d’avant le projet de loi aboutisse dans quelques mois.

Ils est flagrant que nos parlementaires ont perdu toute notion du temps (puisque les compétences du conseil départemental ne seront pas connues avant les élections de fin mars), à défaut de la notion de l’espace qu’ils ont conservée puisqu’il s’agissait avant tout de préserver leurs territoires d’élections et ceux de leurs obligés, conseillers départementaux, régionaux, municipaux, syndicaux et communautaires qui font la caractéristique du paysage territorial français, de son inefficacité et de son coût.

Immobilisme, donc, mais aussi perte de mémoire

La perte de mémoire caractéristique de maladies dégénératives se traduit en l’espèce par un oubli total des intérêts du citoyen, une fois les élections passées. Ce symptôme est malheureusement quasiment irréversible et permanent, étant entendu que les élus s’accrochent à leurs mandats qu’ils cumulent allègrement jusqu’à des âges parfois avancés.

La perte de mémoire fait également des ravages saisonniers. C’est ainsi que des parlementaires UMP dont le parti s’était prononcé il y a quelques années pour la suppression des conseils généraux sont désormais contre. Faut-il y voir un comportement guidé par les prochaines élections départementales et l’espoir de pouvoir gagner quelques sièges ou quelques cumuls face à la déroute annoncée de la gauche ou bien faut-il parler de rémission saisonnière ?

Ce qui caractérise le comportement de ces élus oublieux ou désorientés semble être la confusion des esprits et les études épidémiologiques démontrent que ces comportements erratiques frappent au sein même des partis en se manifestant par la menace de vote contre ou d’abstentions, parfois guidés par la volonté d’obtenir une nouvelle investiture, un nouveau poste, une mission bien payée, voire un ministère.

Une autre caractéristique majeure de la pathologie est la générosité sans borne de nos élus vis-à-vis du monde économique, à l’instar d’une Mme Bettencourt faisant profiter quelques solliciteurs de ses largesses financières, sans que pour autant ces largesses profitent au plus grand nombre et participent à l’amélioration de la situation économique du Pays.

Pour la fin de vie parlementaire…

Nous sommes déjà entrés dans l’ère de la médecine palliative en faveur des élus, mais de plus en plus d’électeurs refusent désormais de participer à des soins coûteux et inefficaces destinés à prolonger ces malades incurables et s’abstiennent lors des élections. Les départementales vont confirmer cette tendance et feront office, en quelque sorte, de directives anticipées.

Les élus ont souhaité répondre, sans doute inconsciemment, à ce risque et ont introduit dans la loi en discussion sur la fin de vie « un droit à dormir avant de mourir pour ne pas souffrir », comme l’a présenté M. Léonetti, rapporteur du projet.

Disposition inutile diront les plus caustiques, étant entendu que le « droit de dormir » est déjà largement appliqué à l’Assemblée Nationale et au Sénat et également dans les assemblées locales qui souffrent par ailleurs d’un absentéisme chronique.

Déboussolés, frappés par des absences constantes de mémoire, oublieux chroniques de leurs promesses (mais pas des avantages qu’ils retirent de leurs « métiers d’élus »), les parlementaires n’ont pas vu l’intérêt qu’il y avait à lier les deux textes en discussion (réforme territoriale et fin de vie).

Ils n’ont pas envisagé un seul moment qu’ils étaient en train d’euthanasier la démocratie en offrant un boulevard au FN qui sera à son tour contaminé, mais il sera trop tard.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 10:12

Le service communication de l’Association des Maires de France a bien fait son boulot et les chaînes télé ont bien relayé la misère noire de communes : plus de peinture pour repeindre les lignes blanches sur les rues, la maison des associations qui ne sera pas rénovée, pas plus que la salle de sports…

A regarder ces reportages sans nuances et surtout sans véritable travail de journalistes, on en viendrait presque à oublier qu’il existe des communes qui n’ont pas de problèmes de fins de mois et qui peuvent mettre 500 000 euros sur la table pour accueillir l’élection de Miss France ou pour investir des dizaines de millions d’euros pour bâtir un musée mégalomaniaque.

Il y a le feu !

François Baroin, UMP, le Président de l’AMF, assisté de son Vice-Président, André Laignel et du trésorier (tous les deux PS) ont fait cause commune pour interpeller le premier Ministre et lui dire que les économies sur les dotations de l’Etat ne passent pas et vont conduire des communes à se retrouver dans le rouge, sous tutelle potentielle de l’Etat.

Autre effet induit, la baisse des investissements qui entraînera un recul de recettes pour l’Etat et l’augmentation du chômage dans les entreprises, comme si les petites communes avaient une quelconque capacité à investir, compte tenu de la faiblesse de leurs budgets alimentés par les seuls contribuables locaux en faible nombre (27396 communes sur les 36685 que compte notre pays ont moins de 1000 habitants).

Ce qu’il faut savoir sur cette sortie de l’AMF, fort opportune en période électorale, c’est que cette association dirigée par des élus qui ont fait toute leur carrière dans la politique, est totalement opposée à tout changement du paysage des collectivités qui entraînerait la diminution du nombre d’élus et du nombre de leurs débouchés « professionnels ».

Donc, le gouvernement est sommé de revenir sur le programme d’économies en cours en tapant sur d’autres contribuables ou de bénéficiaires de minimas sociaux ou d’allocations pour équilibrer son budget, tout cela pour faire plaisir au lobby des élus municipaux.

Dans d’autres communes…

…celles dont les élus réfléchissent avant de pétitionner (mais le font quand même), on se prépare depuis longtemps aux baisses de dotations envisagées par l’Etat en passant les dépenses au peigne fin et puisqu’il faut montrer le bon exemple, certains élus (encore trop peu nombreux) ont décidé en premier lieu de diminuer leurs indemnités de fonction et leurs dépenses de communication. On est dans le symbole, mais c’est un début.

D’autres sont résolument entrées dans le dur et ont repris en gestion directe la production et la gestion de l’eau en faisant baisser de manière significative le prix payé par les usagers. C’est la même chose pour les transports en autocar qui sont parfois repris en gestion directe par des collectivités avec un coût moindre pour elles.

Des groupements d’achats (fournitures diverses, énergie,…) commencent à se constituer entre communes (ou entre départements), toujours dans le but de diminuer les dépenses et désormais dans certaines communes, les personnels municipaux font preuve de leurs compétences sur des travaux de voirie qu’il aurait été autrefois impensable d’effectuer en interne pour des raisons purement dogmatiques (le privé c’est mieux que le public).

D’autres enfin sont en train de s’attaquer aux subventions des associations ou des syndicats, jusqu’à présent considérées comme intouchables. L’argument avancé par ces communes est que ces associations ou ces syndicats détiennent des comptes sur livrets sur lesquels dorment des fonds équivalents à une ou plusieurs années de fonctionnement courant de ces organismes qui bénéficient par ailleurs de condition d’hébergement et d’exercice de leur activité tout à fait acceptables. Saluons ces initiatives qui ont le mérite de mettre les associations à leur place dans un environnement financier contraint et les appeler à participer à une gestion respectueuse des finances publiques.

Tout cela est bien beau, mais…

…C’est quelque part l’arbre qui cache la forêt. Tant qu’il y aura 36685 communes en France, et que la solidarité intercommunale (financière, immobilière, technique,…) ne sera pas effective, l’AMF aura de beaux jours devant elle et elle continuera contre vents et marées à mettre en avant les difficultés de certaines petites communes en oubliant ce que d’autres pourraient faire pour elles dans une organisation différente, un peu comme le Medef qui prétend protéger les artisans et qui n’est que le représentant du CAC 40 : de la langue de bois !

On n’en prend pas le chemin

La réforme territoriale en cours et dont il ne sortira rien prévoyait l’émergence d’intercommunalités avec une taille critique pour aller au-delà de la simple inauguration de chrysanthèmes et assurer une intégration plus poussée des petites communes en matière de gestion courante. Cela va se passer dans les métropoles et dans les intercos plus importantes, mais surtout pas dans les petites : « touches pas à ma commune », semblent dire ces élus qui ne rechignent cependant jamais à pas à tendre la main pour obtenir une subvention.

Actuellement, le système est figé

Les économies réalisées par certaines communes sont ce qu’on appelle un fusil à un coup et une fois la cible atteinte, il faudra bien aller plus loin.

Aller plus loin, c’est accepter la fusion de communes à l’échelle d’intercommunalités de plus de 10 000 habitants, en diminuant le nombre d’élus de ces communes qui deviendront alors des élus de proximité chargé du bien-être des habitants et de l’Etat-civil, la programmation des investissements et de l’entretien de la voirie (la fameuse peinture blanche…) revenant à l’intercommunalité dont les membres seraient élus démocratiquement.

Aller plus loin, c’est aussi supprimer les conseils généraux qui contribuent par leurs subventions pour tout et n’importe quoi à maintenir le système actuel sous perfusion en ajoutant des coûts conséquents de fonctionnement induits par ces assemblées.

Aller plus loin, c’est réfléchir à des intercos encore plus grandes à l’échelle des pays, avec des agences départementales sous la responsabilité des Régions chargées d’assister les élus de ces intercommunalités.

Autant dire que les élus qui maintiennent l’électorat sous leur coupe, comme le curé le faisait autrefois, ne sont pas prêts à perdre une once de leur pouvoir ni leurs mandats locaux que certains cumulent allègrement.

Il faut donc que l’Etat poursuive ses économies en versant moins de dotations aux collectivités territoriales en obligeant les élus à prendre enfin leurs responsabilités. Je pense notamment aux parlementaires, en particulier les sénateurs qui tirent leurs « pouvoirs » de ce système féodal qui leur assure des retraites et des siestes bien confortables au Palais du Luxembourg, le tout à nos frais.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:44

20 heures sur France 2, Pujadas annonce d’une voix grave les résultats du second tour des départementales. Les mots sont trop faibles pour décrire ce qui s’est passé : séisme, défaite historique, déculottée, coup de tonnerre,… Tout y passe.

Pensez-donc, le Front National détient la majorité dans 5 départements et participera à l’exécutif de 7 autres grâce aux accords passés avec les sections locales de l’UMP entre les deux tours. Le P.S. et ses alliés radicaux sont laminés et perdent 35 Départements. Les centristes tirent leur épingle du jeu dans certains départements grâce à des apports de voix d’électeurs de l’UMP dégoûtés par le retour de Sarkozy. Ils gagnent aussi quelques départements avec parfois l’aide de l’électorat socialiste dont les candidats ont été éliminés dès le premier tour.

Débat en direct

Après cet énoncé et les premières réactions en direct dans les PC des principaux partis, le débat s’organise dans le studio autour des seconds couteaux des partis et des représentants des instituts de sondages qui apportent leur éclairage.

C’est ainsi que l’on apprend, selon un enquête à la sortie des urnes, que la nouvelle percée du FN dans les zones rurales est due majoritairement aux agriculteurs que l’on pensait réticents envers ce parti, favorable à la sortie de l’Europe, donc à la fin de la Politique Agricole Commune et de ses subventions.

Aussitôt, le politologue de service intervient pour dire qu’il n’est pas surpris, et ce, pour deux raisons : voter FN aux départementales n’aura aucune conséquence à court terme sur les acquis de la PAC et selon les informations dont il dispose, des contacts ont eu lieu entre les deux tours entre le FN et les syndicalistes agricoles tendant à ce que le combat anti européen de ce parti cesse en contrepartie d’un ralliement durable de la profession.

Cette annonce en direct fait l’effet d’une bombe, mais pour les observateurs de la vie politique française faite de renoncements successifs et d’abandon des promesses électorales, c’est la seule voie offerte au FN s’il veut enfin parvenir au pouvoir. Bien entendu, la classe ouvrière qui aura servi de marchepied à ce parti, aura sans doute le sentiment d’avoir été instrumentalisé, mais n’est-ce pas dans les habitudes des partis politiques ?

Pas un mot sur le plateau pour contredire le représentant du FN qui répète en boucle que le Front est le premier parti de France, malgré les 60 % d’abstentions et de votes blancs. Les politiques présents font profil bas sur ce point, compte tenu de leurs responsabilités évidentes sur cette évolution constante et le fait que les compétences définitives des Départements n’étaient pas encore connues avant les deux tours du scrutin.

Pour faire bonne mesure, sur le plateau de France 2, les représentants des centristes et de l’UMP, voulant masquer leurs demi-succès, voire leurs défaites, réclament à cor et à cris la dissolution du Parlement.

Rien de nouveau sous le soleil, donc, sinon que le FN continue tranquillement sa progression dans le paysage politique français sous les yeux des autres partis, impuissants ou complaisants, depuis le 21 avril 2002.

Pendant ce temps, à l’UMP…

Sarkozy, comme à son habitude engueule tout le monde en oubliant ses propres responsabilités dans la déroute de ses troupes et promet des sanctions exemplaires pour ceux qui se seront alliés au FN entre les deux tours, promesses destinées aux médias et qui ne tiendront que quelques heures. NKM appelle discrètement le Président de l’UDI pour savoir s’il n’y aurait pas quelques postes dans les exécutifs centristes nouvellement élus, pendant que Wauquiez fait de même avec son contact au FN. Juppé, de son côté, qui joue au billard à trois bandes fait la même chose avec le PS et prévoit quelques ralliements respectifs.

Quelques fédérations UMP prennent également discrètement des contacts avec l’UDI ou le FN, pour négocier leur ralliement, poussés par les adhérents de base qui demandent déjà la démission de celui qu’ils considéraient comme un Dieu quelques mois auparavant, mais qui semble désormais davantage préoccupé par sa survie politique et judiciaire et son compte en banque qu’il alimente régulièrement en faisant des conférences.

Les démêlés judiciaires des époux Tibéri et des époux Balkany (dont on ne connaîtra pas le sort avant 15 ou 20 ans) se superposent à cette image dégradée du Président de l’UMP et poussent les militants à quitter le navire.

Le trésorier de l’UMP perçoit déjà les affres financières et judiciaires qui attendent le parti, devenu moribond et qui ne pèse quasiment plus rien sur l’échiquier politique Français.

Pendant ce temps, au P.S….

Rue de Solférino, c’est le calme plat. Il faut dire que le parti conscient de sa déconfiture, n’avait pas prévu de réception pour les militants qui d’ailleurs se font de plus en plus rares. Leurs seules manifestations, ces derniers temps, furent des mails et des coups de fil peu amènes pour les dirigeants du parti et de manière plus large pour un gouvernement dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Le P.S. est désormais un astre mort et le message d’attente du téléphone serine en boucle « le temps des cerises », hymne d’un autre temps.

Les recalés du suffrage universel, et ils sont nombreux, s’agitent et grenouillent dans tous les sens pour trouver un point de chute, qui dans un cabinet, qui dans une collectivité territoriale, qui leur permettra de rester au chaud en attendant des jours meilleurs et surtout éviter l’humiliation suprême d’avoir à pointer au pôle emploi.

Pendant ce temps à l’Elysée…

Passé le moment de l’abattement, les conseillers ont repris leurs occupations, et elles sont nombreuses, puisque le Président a décidé dans un premier temps de rameuter le ban et l’arrière ban du PS, y compris les représentants des frondeurs, et des radicaux de gauche pour faire un point.

Un buffet abondant les attend dans la salle des fêtes de l’Elysée.

Le Président, flanqué de son labrador et de son secrétaire général s’avance, l’air guilleret, et serre les mains, à la grande stupéfaction des présents qui se demandent s’il a bien pris connaissance des résultats ou alors s’il est en pleine possession de ses moyens.

Il prend le micro et invite ses convives à se servir copieusement, et annonce d’une voix claire et enjouée : « Mes chers camarades, voici bientôt trois ans que j’attendais ce moment. Nous sommes à poil. Après la défaite des municipales, la déroute des Départementales. C’était prévu ! Rien de tel pour provoquer un réflexe salutaire de cohésion qui commençait à faire défaut, au point que je me demandais si la fin de mon mandat ne serait pas placée sous le signe permanent du 49.3. Rien de tel qu’une bonne branlée électorale pour resserrer les liens et ramener au bercail les brebis égarées. Voilà ce que je vous propose : les municipales et les départementales sont désormais derrière nous et nous devons maintenant travailler pour gagner les régionales. J’exige que le projet de loi sur la répartition des compétences entre les départements et les régions soit voté comme un seul homme par la majorité à l’Assemblée Nationale dans les termes initiaux, c’est-à-dire qu’on siphonne dans un premier temps les compétences départementales intéressantes pour les confier aux régions et qu’on supprime le Conseil Général à l’horizon 2020, comme prévu. Comme ça, en attendant un enterrement de 1ère classe de leur joujou, les nouveaux exécutifs départementaux de droite et d’extrême droite en seront réduits à inaugurer les chrysanthèmes et à faire la bise aux centenaires dans les maisons de retraites. On expliquera ça au français, chiffres à l’appui, en leur disant qu’on fera des économies. »

Un silence stupéfait s’installa dans la salle et les plus vifs intellectuellement, enfin ceux qui n’avaient pas noyé leur chagrin dans le Pommard, se mirent à cogiter, applaudirent à tout rompre et ré attaquèrent le buffet.

« Attendez, ce n’est pas fini, reprit le Président, il nous faut travailler également sur l’horizon 2017 et je vous propose donc de signer un accord de gouvernement avec les écolos et le Front de Gauche pour les deux années à venir, sur la base de mon discours du Bourget, avec bien sûr, les quelques postes ministériels ou dans des commissions qui vont avec. Il n’est pas exclu non plus que je passe un coup de fil à Bayrou, on ne sait jamais, on pourrait en avoir besoin… »

C’est peu de dire que la perspective de bosser avec Mélenchon ou Dufflot ne réjouissait pas tout le monde, mais enfin, si c’était le prix à payer pour garder la majorité, les mandats et les indemnités qui vont avec et continuer à tutoyer les ors des palais présidentiels…

Il faudrait sans doute expliquer ce revirement aux militants et aux électeurs, mais en fait il suffirait de dire que cette stratégie avait été pensée dès 2012 et le tour serait joué…. De toute façon, les électeurs désespérés s’abstenaient davantage à chaque scrutin ou votaient pour le FN et avaient à nouveau besoin de rêver.

Les derniers petits fours eurent du mal à passer.

Plus rien à perdre. Cela valait peut-être le coup d’essayer…

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 08:07

Selon un sondage Ifop, le Front National et l’Ump associée à l’Udi arrivent à égalité aux élections départementales avec 29 % des voix devant le PS, 23%, les verts avec 10 % et le Front de gauche à 9 %.

Le second élément, majeur, puisqu’il conditionne l’élimination de candidatures au second tour, est l’abstention, record, prévue à 57 %.

Conséquences…

Beaucoup de candidats notamment socialistes, verts ou Front de gauche n’atteindront pas les 12.5% des inscrits compte tenu de l’abstention massive et seront éliminés dès le premier tour. Dans le meilleur des cas pour la gauche, celle-ci pourrait se maintenir ce qui provoquera des triangulaires mortifères. Beaucoup de départements vont être perdus par les socialistes ou les radicaux de gauche qui deviendront minoritaires en nombre de conseils départementaux détenus. Des conseils départementaux vont être gagnés par le Front National ou l’Ump, seuls, ou après des accords locaux par des candidats appâtés par l’odeur du pouvoir et qui seront juste légèrement tancés par les instances nationales.

Merci pour ce moment !

Depuis deux ans, la majorité en place s’évertue à tourner autour du pot de la réforme des collectivités territoriales. Après avoir supprimé la réforme Sarkozy, puis y être revenu en partie (la clause de compétence générale), après avoir promis la suppression des Conseils Généraux puis y être revenu sous la pression des radicaux de gauche, après avoir découpé des Régions sans que l’on sache ce que cela va améliorer, après avoir créé quelques métropoles, voici venu le temps du renoncement ultime : je veux parler de la loi en cours de discussion au Parlement, totalement étrillée par le Sénat en première lecture et qui sortira exsangue de l’Assemblée Nationale, c’est-à-dire que la majorité des transferts prévus du Conseil Départemental vers le Conseil Régional vont être supprimés et que l’on devrait retrouver le Conseil Départemental en son état presque initial. Une loi pour rien, donc, mais sans doute essentielle puisque le nom de la collectivité change, et que le nombre de cantons a été divisé par deux pour instaurer la parité : une vraie révolution !

Pourquoi conserver une collectivité inutile

… étant entendu que toutes les compétences dévolues aux conseils départementaux pourraient être exercées par la Région, les intercommunalités, les communes ou un établissement public ou une agence (pour le social), le tout aussi bien et pour moins cher ?

Parce que le gouvernement ne gouverne plus rien et surtout pas sa majorité et que la suppression d’un niveau de collectivité se traduirait par la diminution du nombre « d’emplois » d’élus et du nombre de cumuls possibles, une sorte de plan social inconcevable pour ces notables prompts à nous demander des efforts qu’ils ne veulent pas s’appliquer à eux-mêmes.

Remarquez bien qu’au final, si la déroute annoncée se confirme (ce qui devrait être le cas), le nombre d’emplois « socialistes » devrait diminuer fortement, mais sera compensé par une forte hausse d’emplois « Ump et Fn », ce qui n’impactera globalement pas la « courbe du chômage » chez les élus.

Il y avait bien une solution pour réformer : le 49.3 ! Bien expliquée aux citoyens, cette procédure aurait vraisemblablement provoqué la guerre civile chez les élus de tous bords, mais elle aurait eu le mérite de faire avancer les choses vers plus de démocratie et moins de dépenses inutiles, mais on a préféré utiliser ce fusil à un coup pour une réformette économique qui sera vite oubliée.

Au final…

Le 43 % d’électeurs qui envisagent de se déplacer pour voter le 22 mars ne sauront pas quelles seront les compétences définitives dévolues aux conseils départementaux, mais ce n’est pas grave puisqu’ils iront voter pour une étiquette politique, comme on supporte une équipe de foot, et qu’ils acceptent d’avance de payer les impôts inutiles que les nouveaux exécutifs voteront pour assurer leur emploi, leurs cumuls et la paye des collaborateurs de cabinet ainsi que leurs dépenses de communication.

Nous aurons donc de belles majorités élues par moins d’un électeur sur deux, signe d’une démocratie moribonde dans laquelle la survie d’une caste politique vaut davantage qu’une action publique et des réformes axées sur la citoyenneté.

Encore merci pour ce moment auquel je ne participerai pas.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 11:01

C’est tout de même dommage d’avoir gâché le 49.3 pour la loi Macron qui aurait été votée sans cela et qui, selon les dires de François Hollande lui-même, n’était pas la loi du siècle, alors même que cette procédure aurait pu être utilisée pendant la session parlementaire actuelle sur un sujet plus important.

Mais voilà, c’est plus fort que toi, il a fallu que tu roules des épaules devant les frondeurs de ton parti, qui ne demandaient pas grand-chose pour voter le texte : juste des garanties sur les majorations des heures effectuées le dimanche par les salariés.

Cette loi, vidée de son sens par les différents lobbies qui se sont agités et sont intervenus auprès des députés, qui sont devenus à cette occasion les rois du copier/coller d’amendements, est adoptée. Elle ne révolutionnera pas le paysage économique.

Il y avait plus important

Rappelles-toi Manuel, il y a actuellement un texte en cours d’examen au Parlement : le projet de loi NOTRe (Nouvelle Organisation du Territoire de la République) qui commence sérieusement à prendre l’eau au point que cette grande ambition de réforme territoriale ressemblera bientôt à un changement de calendrier de comice agricole.

Pourtant ce projet déposé le 18 juin sur le bureau du Sénat avait quelques qualités : rationalisation des compétences entre collectivités, suppression de la clause générale de compétences pour les Départements et les Régions, disparition des Conseils Généraux à l’horizon 2020 et réforme de l’intercommunalité. De quoi simplifier le paysage territorial et le rendre compréhensible par les citoyens et de quoi également réaliser des économies, à terme.

Mais voilà, le Sénat a mis le holà à ces velléités réformatrices en disant que rien ne devait changer et surtout pas le nombre de collectivités, des fois que la « Chambre Haute », celle où on somnole souvent, se voit privée de quelques grands électeurs bienveillants utiles pour la poursuite de la sieste sénatoriale.

Dans la foulée, l’Assemblée Nationale, est en train d’ajouter un clou au cercueil de la nouvelle organisation du territoire, puisqu’en définitive les seules mesures « significatives » concerneraient le transfert de la compétence transport (scolaires et interurbains) à la Région ainsi qu’un encadrement de la compétence économique, soit moins de 10 % du budget du Conseil Général : quelle révolution !!!

Vite, un nouveau 49.3 !

Autant les parlementaires sont sensibles aux lobbies qui vident de leur sens les lois qui les empêchent de racketter tranquillement les citoyens, autant, s’agissant de l’organisation de leur propre fromage, nos élus n’ont besoin de personne pour torpiller un projet de loi qui va à l’encontre de leurs intérêts de boutiquiers.

Ils sont prêts à tout pour éviter que leur corporation soit touchée, jusqu’à se moquer ouvertement de toi, mon cher Manuel et de tes insignifiants collaborateurs es-qualité, à savoir Mme Lebranchu et M. Vallini qui nous promettait monts et merveilles et des économies en veux-tu en voilà, à moins que tu ne sois complice de ce fiasco.

C’est pourquoi, cher Manuel, si tu veux de dédouaner et ne pas perdre la face, il faut dégainer à nouveau le 49.3 sur ce projet de loi vital pour les citoyens lors de la prochaine session, puisque tu as gâché l’occasion lors de la présente. Il en va de ta crédibilité réformatrice.

Le mal est déjà fait

Lors des élections départementales, fin mars, les électeurs qui se déplaceront se feront avoir dans les grandes largeurs puisqu’ils ne connaîtront pas les compétences dévolues aux futurs conseillers : un comble ! Et un cas unique dans l’histoire de la République…

Ils iront voter, - innovation essentielle ! – pour des couples homme/femme dans chaque canton. Une sorte de mariage pour tous en quelque sorte…

A cette occasion, nous aurons sans doute l’occasion de voir des couples FN et UMP opposés au mariage pour tous, en découvrir les vertus politiques en s’alliant au second tour pour constituer des majorités contre les sortants socialistes.

C’est cela qui va se passer, cher Manuel, et tu porteras la responsabilité d’avoir consacré ces unions en ne supprimant pas les conseils généraux plus vite.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 09:09

Ce slogan emprunté à une entreprise de pompes funèbres qui disait « Mourrez, nous ferons le reste », peut s’appliquer à la démocratie de notre pays, tant la caste politique, de reniements en renoncements et de promesses non tenues s’échine à balancer des pelletées de terre sur ce corps moribond.

On vote pour qui, à défaut de savoir pour quoi on vote ?

L’idéal serait de voter pour un programme, pour un projet, et en pleine connaissance des compétences dévolues à tel ou tel niveau, mais voilà, à force de constater que la pluie accompagne le Président de la République lors de ses sorties officielles on en vient à croire qu’il est responsable de tout et qu’il est capable de faire la pluie et le beau temps.

Le Front National a bien saisit cette perte de repères consécutive à l’émiettement des responsabilités puisqu’il met en avant un programme unique quel que soit le type d’élection : la sécurité, l’immigration sont ses thèmes récurrents et peu importe que les départements ou les régions n’aient aucune compétence en ces domaines puisqu’il s’agit de masquer la complexité du système territorial français derrière un discours facile à assimiler.

A défaut de savoir pourquoi on vote, on nous assène des messages simplistes distillés par des têtes de gondoles du supermarché de la politique, brushing à l’appui et portrait photoshopée sur les tracts. Demain, c’est sûr, on rase gratis, et vous allez voir ce que vous allez voir, sauf qu’on ne voit pas grand-chose, sinon des impôts et des taxes qui augmentent et des débats indigents relayés par les chaînes d’info en continu.

Si, tout de même, parfois on nous dit pour quoi voter lorsqu’on nous parle du fameux front républicain qui n’est que le énième avatar de l’indigence des fameux « partis de pouvoir » dont la crainte est devoir céder la place à d’autres tout aussi indigents.

Votez, et ne vous posez pas de questions

Votez pour que la fraude fiscale soit réprimée mollement et que les sportifs et artistes réfugiés fiscaux en Suisse ou en Belgique continuent à représenter la France et vous chantent la Marseillaise la main sur le cœur.

Votez pour que des députés achètent des voix, pour que des ministres et des députés planquent leurs économies à Genève ou à Singapour « en toute bonne foi »

Votez pour les déremboursements des frais de santé, la diminution des prestations sociales, et bientôt la diminution des pensions de retraite.

Votez pour que les lobbies agricoles et les industries chimiques continuent à déverser du poison dans les sols.

Votez pour que le Medef continue son travail de sape du code du travail et refuse le dialogue social et ignore les difficultés des PME et des artisans.

Votez pour que le CAC 40 continue d’augmenter les dividendes aux actionnaires et continue ses plans sociaux.

Votez pour verser 40 Milliards d’euros aux entreprises sans contreparties dans le cadre du pacte de responsabilité.

Votez pour pérenniser la réserve parlementaire qui n’est rien d’autre qu’un achat de voix.

Votez pour garder vos 560 000 élus, et des Conseils Généraux inutiles et coûteux.

Votez pour le cumul des mandats locaux et les rentiers de la politique prêts à toutes les concessions pour durer.

Votez pour avoir des élus professionnels qui ignorent la réalité du terrain.

Votez pour des parlementaires qui introduisent dans les projets de loi des amendements rédigés par les notaires, profession en péril, comme chacun le sait ou par le Medef, les pharmaciens…

Votez pour les contrats de Partenariat Public Privé, véritable gouffre financier, coûteux pour le contribuable.

Votez pour que les concessionnaires des autoroutes continuent à s’engraisser sur votre dos.

Votez pour l’austérité à la grecque qui précipite les gens dans la misère alors que le clergé et les armateurs sont exonérés d’impôts.

Votez, votez,

…puisque vous semblez convaincu que l’étiquette prime sur l’action politique et que ça pourrait être pire si c’était les autres qui étaient au pouvoir. Votez sans savoir pourquoi vous votez et surtout votez pour que vos droits sociaux soient écornés chaque jour un peu plus et que la dérèglementation du commerce international vous impose de consommer n’importe quoi à n’importe quel prix.

Continuer à voter pour éviter que tel ou tel parti accède au pouvoir, alors même que le vote devrait être positif, argumenté, et basé sur des politiques identifiées selon les différents niveaux de collectivité, et non un vote par défaut.

Quand les scores de participations aux différents scrutins se seront effondrés au point que les « élus » ne seront plus légitimes, alors il sera temps de reconstruire le pays.

En attendant, votez si vous voulez, mais sans moi.

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 22:19

Quel beau titre relevé dans la presse, et qui ne correspond à rien puisque précisément les élus et les partis politiques ne veulent rien changer, pour ne pas perdre leur joujou.

Un projet calamiteux depuis le début

Rappelez-vous, le PS à peine arrivé au pouvoir s’est empressé de tirer un trait sur la réforme du précédent gouvernement : exit le conseiller départemental (qui ne cassait pas non plus 4 pattes à un canard !) et rétablissement de la clause générale de compétences des départements et des régions pour ensuite reproposer sa suppression (comprenne qui pourra).

Un projet calamiteux mené tambour battant par la Ministre Le Branchu, spécialiste de l’avalage de couleuvres et son secrétaire d’Etat Vallini qui nous a promis 10 Milliards d’économies induits par cette réforme : on attend avec impatience !

Rappelez-vous : la fin des conseils généraux nous était promise, l’intercommunalité rationnalisée, les compétences redistribuées, la Région et les Métropoles comme fers de lance de la nouvelle organisation territoriales…

Où en sommes-nous ?

On ne sait plus où on habite : après un redécoupage incompréhensible des Régions, l’émergence d’une douzaine de Métropoles, l’intervention des radicaux de gauche pour conserver les conseils généraux pour des considérations uniquement électorales, voici que l’Assemblée Nationale s’apprête à perdre son temps autour d’un projet de loi devenu inutile, plutôt que de s’occuper de la situation économique du pays.

La seule chose qui restait dans ce projet était la rationalisation des compétences au travers du transfert aux régions de compétences départementales actuelles : collèges, voiries, transports scolaires et interurbains. Cela pouvait avoir du sens, mais c’était encore trop pour les élus départementaux qui auraient été privés d’inaugurations de ronds-points et de collèges et auraient été cantonnés à la compétence sociale qui ne les passionne pas.

Donc, on s’achemine vers la conservation par les conseils généraux des compétences collèges et voirie, au détriment de la cohérence, de la maîtrise des dépenses locales et donc de vos impôts.

Ce n’est pas grave, puisque le joujou des élus restera quasi intact et qu’ils pourront continuer à faire carrière dans la politique locale dans des collectivités devenues inutiles, à cumuler les mandats locaux (voire nationaux) et les partis politiques conserveront leurs incubateurs à élus.

Bref, nous sommes en présence d’une caste politique qui vote elle-même les lois qui la préserve.

Cerise sur le gâteau…

Au moment où vous êtes conviés à voter pour le renouvellement des conseils départementaux, vous ne savez toujours pas quelles seront les compétences qui seront dévolues à cette docte assemblée de rentiers de la politique. En effet, le projet de loi auquel « s’attaque » aujourd’hui l’Assemblée Nationale ne sera pas voté avant les élections, si bien que vous êtes priés d’aller voter les yeux fermés (et surtout ne pas venir dire après qu’on vous a roulé dans la farine).

Selon un des « penseurs » de l’Ump, B. Hortefeux, « pour la première fois dans l’histoire de la république, les électeurs français vont participer à un scrutin pour une collectivité dont nous ne connaîtrons les compétences (provisoires, en attendant la seconde lecture du projet au Sénat et le vote définitif) que 11 jours avant le vote ».

Il n’a pas tort, sur le fond, mais rien ne vous oblige à participer à cette mascarade, à ce déni de démocratie, en n’allant pas voter, comme je m’apprête à le faire, à moins que pour vous le vote se résume à un choix politique avant même de savoir pourquoi on élit un conseiller départemental et à quoi il sert.

Les nostalgiques des anciens cantons, dont le nombre a été divisé par deux pour de simples considérations électoralistes et un pseudo argument de parité homme/femme et qui iront voter dans les conditions énoncées ci-dessus devront se torturer l’esprit pout trouver encore une raison d’aller voter.

Voilà !

Nos chers (très chers élus) viennent d’inventer le scrutin qui ne sert à rien, sauf à conserver des mandats, à continuer leur petit train-train, à figurer dans la presse locale en train de remettre une médaille ou embrasser la centenaire.

Ils sont tellement convaincus que rien ne sortira du texte qu’ils s’apprêtent à voter en matière d’intercommunalité et de diminution du nombre de communes qu’ils viennent de voter une loi sur les « communes nouvelles » destinée à favoriser les fusions de communes. Mais, comme le rappelle le rapporteur du projet de loi, malgré les tentatives pour réaliser les fusions à grande échelle, le nombre de communes n’a diminué que de 5% en soixante ans : bel aveu d’impuissance (et de connivence entre élus) !

D’ailleurs, pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus des forces conservatrices en présence, les Maires ruraux, représentés par leurs lobbies, brandissent le spectre apocalyptique de « l’anéantissement des échelons de proximité » et dénoncent « l’acharnement injustifié à l’endroit des communes rurales » alors même que rien dans les projets de lois actuels ne vient confirmer ces envolées guerrières uniquement justifiées par la crainte de perdre leurs écharpes.

Tout est en place pour que rien ne bouge…

…et qu’au final, cela coûte plus cher au contribuable local. Il suffit pour se convaincre que rien ne bougera de regarder la répartition de la réserve parlementaire : l’arrosage continue entre les petits projets des communes qui n’ont pas les moyens des promesses électorales de leurs élus et le saupoudrage auprès des associations locales, meilleure assurance de la réélection de nos parlementaires.

Nos parlementaires, à défaut d’être efficaces sur la baisse de la courbe du chômage ou sur l’environnement, inventent et réinventent chaque jour les débats à la con destinés uniquement à préserver leur statut et leurs privilèges.

Et ils voudraient que l’on continue à voter !

Pour moi, c’est non aux prochaines élections départementales.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:26

Cette question posée dans la revue du Conseil Général de mon département a retenu mon attention et disons-le tout net m’a conforté dans ma position déjà exprimée de ne pas voter aux prochaines élections départementales (ex Conseil Général).

Rappel des chantiers en cours

Ce qui est déjà acté, c’est la modification des circonscriptions électorales (les cantons) dont le nombre a été divisé par deux dans chaque département ainsi que le mode de scrutin (élection d’un binôme homme/femme par canton) destiné à favoriser la parité dans les assemblées locales.

En ce qui concerne, les cantons, les farouches partisans de la conservation du découpage antérieur seront bien sûr déçus et devront se contenter de circonscriptions taillées en fonction de considérations électoralistes ou de seuils de population et n’ayant pas grand-chose à voir avec les anciens cantons qui correspondaient à des territoires de vie bien ancrés dans l’esprit des électeurs.

Mention spéciale aux cantons urbains qui ne correspondent toujours à rien sinon à des arrières pensées électoralistes (demandez donc à un habitant d’une zone urbaine ce qu’est un canton et s’il connait le nom de son élu actuel…))

S’agissant de la parité, qui obligera de fait deux personnes à se mettre d’accord à chaque fois qu’un vote concernera leur canton, on attend de voir : si la décision à prendre concerne une partie du canton au détriment de l’autre, on verra sans doute les couples se déchirer et voter de manière différente. Autant dire que je ne crois pas un seul instant à l’utilité de ce dispositif paritaire, placébo à une parité inexistante dans les principaux partis politiques aux comportements machistes.

Revenons à l’article de la revue du conseil général

Afin d’appâter l’électeur, qui s’abstient de plus en plus (plus de 50% aux dernières élections cantonales), on lui indique quelles sont les compétences exercées par le Conseil Général, en prenant bien la précaution d’indiquer « aujourd’hui ».

Car le problème est bien là, le Conseil Général, « aujourd’hui » s’occupe, parmi les principales compétences, de l’aide sociale, des collèges, de la voierie départementale, des transports interurbains et scolaires. Il aide également et conseille les communes, gère les espaces naturels sensibles, et est compétent en matière de lecture.

« Aujourd’hui », mais demain ?

Le projet de loi sur la nouvelle organisation du territoire de la Républiques est actuellement examiné par le Parlement. Le Sénat, opposé à toute réforme l’a déjà vidé de son contenu qui n’était par ailleurs pas brillant, mais l’Assemblée Nationale devrait rétablir le projet dans le sens voulu par le Gouvernement, c’est-à-dire que le Conseil Général devait perdre un partie de ses compétences actuelles et pas des moindres puisque les routes et les collèges seraient transférées à la Région.

Les compétences du Conseil Général tourneraient donc principalement autour de l’aide sociale et de l’aide aux communes puisque le projet n’envisage pas de supprimer cette forme de tutelle et de copinage entre élus qui veulent garder leurs mandats et cultiver l’entre soi. Tout cela nous coûte bien cher, mais d’aucun vous dirons que c’est le prix à payer pour la démocratie, ce que je ne crois pas un seul instant.

Imaginons le Conseil général (départemental) demain…

…sans des compétences qui ravissent aujourd’hui les élus et qui se traduisent par de superbes inaugurations de déviations, de ronds-points ou de collèges, avec de belles photos dans la presse et dans la revue du Conseil Général.

… amputé de 30 % ou plus de ses agents transférés aux Régions ou aux métropoles suite aux transferts de compétences.

…. avec comme principale compétence l’aide sociale qui mobilisera près de 80% du budget, ce qui ne laissera pas grand-chose pour le reste.

…avec des élus qui s’enquiquineront comme des rats morts à voter ce budget quasi unique sur lequel ils n’auront aucune prise, qui passeront leur temps à embrasser les centenaires dans les maisons de retraites et à faire de la câlinothérapie aux travailleurs sociaux qui ne seront pas d’accord avec cette vision électoraliste des conseillers départementaux.

…où siègeront des élus de grandes villes qui ne gèreront pas grand-chose puisqu’une partie des compétences sociales pourra être transmise aux métropoles. Ces élus urbains seront juste là pour faire de la figuration et toucher leurs indemnités.

…où le nouveau découpage ainsi que l’air du temps fera entrer dans cette assemblée des élus frontistes dont les arguments de campagne (immigration, insécurité,…), n’ont rien à voir avec les compétences actuelles ou futures du Conseil Départemental.

Imaginons ce qui aurait pu être fait…

…mais que les élus refusent absolument pour garder leurs écharpes :

  • disparition définitive du conseil départemental et mise en place de véritables intercommunalités dotées de moyens (financiers et humains) capables de gérer la proximité sans attendre l’obole du Conseil Général pour rénover l’école,
  • gestion de l’action sociale par des agences départementales,
  • arrêter de penser que les élus d’une commune de moins de 1000 habitants peut tout gérer, et regrouper les services et les décisions d’investissement au niveau des intercommunalités en laissant la dimension « proximité » à des élus de terrain moins nombreux.

Mais voilà…

Ce qui préoccupe les élus et les partis politiques, c’est garder toutes les couches du mille-feuille qui produisent plus de 540 000 élus permanents avec tout ce que cela suppose de dépenses de fonctionnement (Indemnités, communication, personnel affecté aux assemblées, doublons entre collectivités,…), que vous payez, bon gré mal gré avec vos impôts locaux, assemblées inutiles devenues incubateurs de jeunes pousses politiques ou maison de retraites pour élus vieillissants ou ayant subi des revers électoraux dans d’autres scrutins et qui veulent se refaire la cerise en attendant des jours meilleurs.

Ce n’est pas ma conception de la démocratie !

C’est pourquoi, loin des débats qui agitent le Landerneau politique autour du front républicain ou de pseudos querelles gauche-droite, en m’appuyant sur les éléments objectifs qui précèdent, et en sachant que les compétences futures du Conseil Départemental ne seront pas votée avant le scrutin de fin mars, j’ai pris la décision de ne pas voter les 22 et 29 mars pour ne pas cautionner cette mascarade.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 12:32

C’est du moins ce que les médias et partis politiques ont essayés de nous vendre ces derniers jours, avec une palme aux médias qui nous ont abreuvé d’analyses de commentaires assénés par des experts et des sondeurs qui n’hésitent jamais à expliciter leurs prédictions erronées de la veille en nous disant que la France change.

Ne boudons pas cependant notre plaisir, cette élection marque le départ définitif (on l’espère) des affaires françaises de l’inénarrable Moscovici dont la transparence, l’inefficacité et l’incompétence au Ministère de l’économie resteront longtemps dans les mémoires.

Lavage de cerveau médiatique

Ceci étant dit, le premier enseignement du scrutin de dimanche, que nos médias et experts divers et variés se sont abstenus de commenter, c’est l’abstention qui a dépassé les 60%, ou juste pour dire que s’agissant d’une partielle, gnagnagna, gnagnagna…., que la météo… ou que les réunions de famille de fin janvier,… sans compter l’épidémie de grippe, avaient notablement altérés la participation.

Difficile en effet de commenter ou de disserter sur cette abstention qui mine notre vie politique et sur l’origine de ce mal : pas vendeur, coco, pour le 20 heures ! Ce que veulent les chers téléspectateurs rivés sur leur écrans, c’est du commentaire de téléréalité bien gras des vainqueurs et des vaincus avec engueulades en direct et des relances des journalistes pour souffler sur les braises lorsque le débat est trop consensuel. Surtout pas de stimulation de la conscience politique, de débat sur les « valeurs citoyennes » qui risquerait de faire baisser le prix de la minute de pub en cas de baisse de l’audience. On est là pour vendre des minutes de cerveau disponible à coca ou aux vendeurs de bouffe formatée qui créeront les générations d’obèses de demain.

On parle beaucoup en ce moment de l’influence des réseaux sociaux sur les départs de jeunes en Syrie, mais on ferme les yeux devant cet outil d’abrutissement qu’est devenu la télé, cette machine à laver les cerveaux, à consommer du pseudo commentaire politique ingurgité entre deux tranches de pain caoutchouteux agrémentées de sauce bien grasse.

Ne rien voir, ne rien entendre

C’est le secret du bonheur des politiques et de leurs partis, ignorant superbement l’abstentionnisme qui se propage et augmente de scrutin en scrutin et surtout imperméables aux maux de la société. Ils sont dans une autre planète, une vie en marge de la vraie ou mandat électoral se confond avec travail garanti à vie et dans lequel le cumul prospère. Il n’est que de voir ce que sont devenues les bonnes résolutions sur ce thème prises par le FN avant qu’il ait des parlementaires élus pour constater que ce parti qui n’a jamais été en situation de gouverner le pays, ressemble aux autres partis.

Le FN, majoritaire chez les Français ? Chez ceux qui se déplacent pour voter, oui. Dans le Doubs, compte tenu de l’abstention massive (comme aux européennes), ce parti ne représente que 12,5% des inscrits de la circonscription et c’est encore moins pour le PS (11%) et l’UMP (10%). Pas de quoi pavoiser !

Quand se penchera-t-on sur ce phénomène de désaffection massive des urnes par les français ? Sommes-nous condamnés à être dirigés par des politiques sourds et aveugles qui se diront majoritaires alors qu’ils n’auront été élus par moins de la moitié du corps électoral ? C’est ce qui nous attend pour les prochaines élections départementales et régionales.

Divine surprise pour le PS et très mauvaise pour l’UMP/UDI

Voici comment les choses nous ont été présentées dimanche soir. D’un côté le PS qui ne croyait pas être au second tour et de l’autre des partis qui pensaient dur comme fer y être et décrocher la timbale face au FN en éliminant le PS.

Un beau scénario conforté par un sondage qui circulait à l’UMP avant le premier tour et que les « stratèges » du parti avaient choisi de ne pas diffuser « pour ne pas démobiliser l’électorat » : toujours se méfier des sondages…

Aujourd’hui, à l’UMP, c’est le marasme. Tout ce que touche Sarkozy depuis son retour aux affaires (les politiques, pas les judiciaires), se transforme en bâton merdeux : la scoumoune, la poisse, les escadrilles d’emmerdements, sans compter les mises en examen de proches sur des affaires de financement de campagne électorale ainsi que les finances du parti qui ressemblent à la dette grecque.

Cela sent la fin de règne, avec des vice-présidents qui jouent leurs cartes en se répandant dans les médias pour faire entendre leurs petites musiques personnelles sur la meilleure manière de voter au second tour : cacophonie assurée qui fait les délices des autres partis.

Et au PS, me direz-vous ? Et je vous répondrai, pas mieux que chez le voisin. On se félicite du « sursaut », imputé à la posture du Président de la République lors des évènement du début Janvier, à croire que dans ce pays, gouverné, à droite comme à gauche par des partis et des politiques qui n’ont plus aucune prise sur la vie économique et le chômage, il suffirait de meurtres odieux, ou d’une bonne guerre en Lybie ou au Mali pour retrouver la confiance et provoquer un frémissement dans les urnes. Finalement, le FN a peut-être raison, lui qui fait toute ses campagnes sur la sécurité ou l’immigration, et ne parle d’économie qu’au quarantième alinéa de son programme, au verso des professions de foi : les élections ne peuvent se gagner que sur « l’unité nationale » en cas de « danger », voire sur le rejet des autres.

Le PS et l’UMP n’ont pas encore abandonné (semble-t-il…) l’idée qu’ils pouvaient influer sur le cours de choses en matière d’économie de finance et de chômage, malheureusement, lorsqu’on voit le résultat final des textes votés, en lambeaux après le passage des rouleaux compresseurs des lobbies (comme ceux des professions règlementées pour la loi Macron), on ne peut être qu’abattus, à moins que notre discernement entre la misère des notaires et celle des sans-abris ait été notablement altéré par l’écoute des chaînes d’info en continu.

L’éducation, la citoyenneté, la sécurité, comme remèdes ?

Juste un emplâtre sur une fracture ouverte et dont les éventuels effets se feront ressentir dans 5, 10 ou 15 ans. Or il faut de l’immédiat, du court terme pour maintenir l’illusion de l’efficacité du politique. Alors, de plans en mesures d’urgence, de coup de menton et de déclaration péremptoire sur les moyens financiers qui ne viendront jamais, le bon peuple est sommé de croire que cela ira mieux demain et comme il ne croit plus à rien, il se réfugie dans l’abstention en protégeant ses petits acquis et en espérant passer entre les gouttes.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 10:40

D'après un récent sondage Ipsos, pour près d’un Français sur deux, l'islam est compatible avec les valeurs de la société française. Un chiffre qui a doublé depuis deux ans.

93% des Français trouvent la religion catholique compatible avec ces mêmes valeurs, 81% pour la religion juive, et 47% ont la même opinion pour la religion musulmane.

Mais c’est quoi les « valeurs de la société française » ?

Selon la religion à laquelle on appartient, ou si on se définit comme athée, selon ses origines, son éducation ou ses convictions politiques, ces « valeurs » peuvent être différentes et par conséquent la question posée ne veut rien dire, sauf qu’elle arrive à point nommé après les meurtres de début janvier pour conforter le mouvement d’union nationale. Il serait intéressant sans doute d’aller plus loin dans le détail des sondages pour connaître l’échantillonnage des personnes interrogées et savoir, si avant de répondre, ces notions de « valeurs » et de « société française » était partagée par tous.

Les « valeurs » qui nous unissent sont simples et sont rappelées dans les textes fondateurs de notre république et la jurisprudence. La liberté d’expression en fait partie, l’égalité homme femme également, ainsi que les libertés syndicale ou religieuse. Elles passent également par le respect d’obligations en matière de contributions à la dépense publique, par exemple ou le respect de bornes définies par la loi.

Ainsi donc, à une question générale sur l’adhésion aux « valeurs » de la « société française » par l’Islam, on peut penser, en allant dans le détail, que l’adhésion à toutes ces valeurs déclinées et explicitées serait susceptible de poser problème aux croyants de toutes les religions.

Les religions et les affaires publiques

Si l’Islam est aujourd’hui pointé du doigt pour ses tentatives d’ingérence dans les affaires publiques dans notre pays en réclamant des droits particuliers pour ses membres, n’oublions pas que toutes les autres religions, en France ou dans le monde ont été, sont ou seront, à un moment ou à un autre, attirées par ces dérives visant à établir la primauté du religieux sur le laïc.

Les exemples sont nombreux de différents opposant les religions aux Etats ou les religions entre elles et menant parfois à des guerres civiles ou la prise du pouvoir par une théocratie, imposant, parfois de manière violente, leur dogme aux autres ou obtenant des privilèges particuliers aux vainqueurs et marginalisant les vaincus.

Heureusement, la France est un pays laïc !

On voudrait se rassurer en disant que le rempart de la laïcité est là pour nous prémunir de tout risque de dérive de ce genre, mais on voit bien que ce principe est de plus en plus contesté, car presque tombé en déshérence à cause des renoncements successifs de ceux qui sont censé le faire vivre. On a progressivement mis en avant un autre concept, celui du vivre ensemble, qui n’est rien d’autre qu’une version édulcorée de la laïcité et on parle de « société française » pour éviter de parler de Nation française.

La laïcité est de plus en plus attaquée et l’installation de crèches de Noël dans des mairies au mépris de la neutralité religieuse dans les bâtiments publics est un symbole du rejet des autres et par conséquent de la négation de la laïcité.

Les extrémistes quelles que soient leurs religions, se font de plus en plus entendre en intervenant de manière parfois musclée dans les espaces public ou privé en voulant imposer leurs codes moraux ou culturels.

La laïcité est enfin caricaturée ou « interrogée » dans certains médias bien-pensants qui n’ont pas encore digéré la séparation de l’église et de l’Etat. On parle alors de « laïcards » ou du concept fumeux de « laïcité positive » destiné seulement à racoler les voix des fameuses « communautés ».

Peut-on faire confiance aux élus ?

Une petite journée annuelle de la laïcité accompagnée d’embauche de référents en milieu scolaire et de crédit destinés à promouvoir la laïcité seront-ils suffisants ? La réponse est non, bien entendu. L’unité nationale autour des évènements tragiques du début janvier commence à s’effilocher et s’efface devant l’impérieuse nécessité de reprendre ou conserver le pouvoir politique. Dans ce domaine, l’exemple des rapports (Aubin en 2004) enterrés parce que non politiquement corrects vis-à-vis des « communautés », ou des plans banlieues ruineux qui se succèdent avec les résultats que l’on connait, sont là pour jeter le doute sur la capacité des hommes politiques à se battre réellement pour imposer la laïcité, seul ferment de l’unité nationale, dans notre pays.

On pourra ajouter également le contorsionnisme juridique des élus désireux d’accorder des subventions à des associations qui s’avancent masquées mais dont le but est de promouvoir des valeurs religieuses en quémandant des fonds publics. Tout cela pour ne pas déplaire aux « communautés » et s’assurer de leur soutien lors des élections. Cela vaut pour toutes les religions, tous les niveaux de collectivités territoriales et les élus de tous bords.

La laïcité, comment ?

Ce n’est pas cela la laïcité. La Laïcité est un principe fondamental et toujours d’actualité de notre république destiné à séparer l’espace public de l’espace religieux tout en reconnaissant le droit à chacun de mener la vie spirituelle qui lui convient à condition qu’il ne cherche pas à l’imposer aux autres.

Tous, religieux ou non, individus et associations devront faire vivre ce principe, c’est-à-dire combattre et écarter de l’espace public les extrémismes et tous devront exiger des élus qu’ils ne soient pas les simples spectateurs de dérives communautaristes ou sectaires en refilant la patate chaude aux autres mais les véritables garants de la laïcité.

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