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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 08:21

Tout d’abord un grand merci aux instituts de sondages qui nous ont offert le spectacle époustouflant de leur incompétence lors du premier tour : rien vu de la percée de Mélenchon, de la marginalisation de Pécresse et de Jadot obligés de faire la quête pour se refaire, sans compter les 3 % inespérés de Jean Lassalle. Mention spéciale pour Zemmour avec un vote tellement caché qu’on creuse encore pour le trouver. Il va leur falloir retravailler leurs méthodes de « redressement ».

Il y en a un (sondeur) qui a osé dire qu’ils avaient trouvé l’ordre  d’arrivée des candidats ! Pas la peine de dépenser tant de pognon pour avoir des sondages quotidiens pour finir avec une réédition du second tour de 2007 que personne ne souhaitait revoir.

La machine à fabriquer du consentement et de la fausse adhésion pour que rien ne change a fonctionné à plein, avec en plus le bruit de dernière minute laissant entendre que Le Pen serait en tête à l’issue du premier tour qui a provoqué du vote « utile » qui a rectifié le tir.

Et ça s’annonce de la même manière pour le second tour… Un bon coup de trouille, les entreprises qui vont fuir le pays, les milliardaires aussi, le chômage de masse, les chars russes sur les Champs Elysées (saison 2) ou bien encore la populace dans les rues (scénario envisageable).

Bon, soyons clair, le grand remplacement à l’Elysée n’est sans doute pas pour demain. Tout est fait pour que le sortant ne sorte pas. Tout au plus, sa concurrente devrait obtenir un score meilleur qu’en 2017 et sortirait du paysage politique « avec les honneurs » en attendant la reprise de son fonds de commerce.

Et pour cela faut-il encore que la victoire du favori des beaux quartiers et des milliardaires obtienne un score sans appel, d’où les ralliements divers et variés, voire avariés, lorsqu’il s’agit de caciques de partis dont l’acte de décès a été établi le 10 avril et qui cherchent à faire un dernier tour de piste (rémunérateur, si possible) en allant lécher les bottes de Macron et en abandonnant le peu d’honneur qui leur restait… Surtout depuis que le pouvoir politique s’est retranché sur le régalien après avoir cramé la caisse en dépensant de l’argent qu’il n’avait pas pour « favoriser l’économie et l’emploi ».

Ça se passe comme ça depuis plus de 20 ans, de Sarkozy qui a baissé la TVA de 20 à 5.5% pour les restaurateurs qui se sont goinfrés sans créer les emplois promis, ni baisser les tarifs, en passant par Hollande avec son fameux CICE aux entreprises dont on cherche toujours les  effets en terme d’emplois, pour arriver à la suppression de l’ISF par Macron ou bien encore sa « flat tax » censés faire « ruisseler » de l’argent dans l’économie…

Pour le duel Macron/Le Pen saison 2, on nous ressert la même soupe avec baisse de la TVA qui ne profitera pas aux consommateurs et ira directement dans les bénéfices des entreprises, assaisonnée par un remake du ruissellement par la baisse des impôts de production pour les entreprises avec en dessert la suppression de la redevance télé, avec des slogans inoubliables comme « le travail doit payer » ou bien « rendre l’argent aux français » et quelques petits chèques pour la route pour les nécessiteux…  

Mais tout danger n’est pas écarté et les communicants et les médias vont continuer à manipuler l’opinion en nous incitant à aller voter (sous-entendu pour le sortant), en culpabilisant les abstentionnistes inconscients, en nous disant qu’ils ne comprennent pas que l’on puisse s’abstenir quand « certains se sont battus » ou « sont même morts » pour avoir le droit de voter. Où ça, quand ? Tous les satrapes et les dictateurs du monde ont bien compris comment utiliser le vote à leur profit en cherchant le plébiscite, le mandat à vie quitte à enfermer des opposants trop prétentieux ou à leur barrer la route administrativement pour se présenter, ou les liquider, ou bien encore bourrer les urnes.

Nous n’en sommes pas là bien entendu, mais se pose un problème majeur dans notre pays comme dans d’autres pris dans l’étau de la mondialisation « heureuse », du néo libéralisme, de la finance volatile et de l’entreprise toute puissante : qui prend les décisions au final ? Pas les politiques cantonnés à la défense, la sécurité ou l’immigration…

Pour le reste, c’est Davos qui décide avec sa succursale du Médef en France qui a tordu le bras de Mme Pécresse avec sa proposition d’augmentation des salaires par les entreprises et qui a dû battre en retraite. C’est aussi le Médef qui a approuvé publiquement le programme du candidat sortant.

Donc, on sait déjà qui est le gagnant. Il n’aura jamais besoin de se présenter au suffrage des français. Et s’il fallait s’en convaincre, rappelons la promesse de revenus faite au PDG de Stellantis  (Peugeot Citroën,…), à hauteur de 66 millions d’euros sur une année : tout va bien, business as usual… Toute honte bue…

En conséquence, participer à un scrutin chargé de désigner un Président de la République dans ce cadre, en définitive très contraint, ne convient pas à l’image que je me fais de la démocratie, et dimanche prochain, je m’abstiendrai.

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 09:07

A quelques jours de l’élection présidentielle, les partis et les commentateurs politiques jouent à se faire peur, comme c’est l’usage afin de mobiliser les électeurs. Fait important, c’est bien la première fois que l’on parle autant des abstentionnistes estimés à presqu’un tiers du corps électoral : du jamais vu ! On anticipe également le second tour et on s’interroge sur les fameux « castors », autrement dit ceux qui traditionnellement font barrage en votant contre leurs propres convictions juste pour empêcher un des deux candidats de gagner. Cela fait vingt ans que ça dure et les « castors » ont tendance à devenir une espèce en voie de disparition.

Plus largement, il est permis de s’interroger sur le sens de ces retraits du « devoir citoyen » par rapport à une importance supposée du rôle réel des hommes et des femmes qui se présentent pour diriger le pays.

Quels sont les pouvoirs réels de l’Etat aujourd’hui ? Hormis le régalien (police, justice, armée,…) et encore, il faut considérer la part majeure du pouvoir détenu sans mandat par ceux qui dictent leurs exigences en matière de programmes. Je veux parler du monde économique et financier qui ne se gêne pas pour intervenir dans les campagnes. Il n’est que de constater la marche arrière, après avoir été tancée par le Medef, de Mme Pécresse concernant l’augmentation des salaires prévue dans son programme.

Fin programmée des régimes sociaux

Non, l’élection de nos représentants ne procède pas essentiellement du vote des français mais du rapport de force entretenu par le Médef et le CAC 40 pour ne parler que des plus visibles. Retraite, salaires, protection sociale, ne relèvent plus de la volonté des représentants élus mais sont soumis au contrôle a priori d’une caste non élue qui voit les choses à l’aune de ses propres intérêts.

Ce qui se joue depuis 40 ans, c’est le combat de cette caste contre les régimes de protection sociale mis en place après-guerre. Ils considèrent que les « charges » sur les salaires, la TVA, l’impôt sur les sociétés ou bien encore les impôts de production sont illégitimes et que ce n’est pas à eux de supporter le coût de la protection sociale.

« Rendre l’argent aux français »

Le message a déjà été en partie intégré par ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire et qui parlent désormais de « rendre l’argent aux français » pour augmenter leur pouvoir d’achat : exit la responsabilité des entreprises en matière de pouvoir d’achat.

On baisse donc les cotisations salariales en oubliant de dire que cela se traduira par un déficit des régimes sociaux à terme. On supprime la taxe d’habitation sans se soucier de son utilité pour les collectivités locales. On parle de supprimer la redevance TV sans dire que cela se traduira immanquablement par la braderie du service public audiovisuel aux oligarques de la presse. L’Etat donne des chèques aux français pour boucler leurs fins de mois et donne l’idée que le travail ne paye plus, dégageant ainsi les entreprises de leurs responsabilités.

Laissons le champ libre à la fraude…

Et comme on recherche des économies on parle de supprimer des emplois de fonctionnaires, y compris dans les secteurs susceptibles de rapporter de l’argent à l’Etat (douanes, contrôleurs fiscaux ou bien encore dans les ARS), laissant le champ libre aux malversations de toutes sortes (cf le scandale ORPEA). Le libéralisme et la mondialisation utilisent leurs propres codes qui ne sont pas ceux de la puissance publique (toute relative).

Le dévoiement du mot « solidarité »

Pour éviter de voir la poussière sous le tapis, on clame haut et fort que les allocations coûtent « un pognon de dingue » et on est sans pitié contre les fraudeurs aux allocations en oubliant et en s’empêchant même (faute de moyens de contrôles) de tenir le même discours vis-à-vis des fraudes sociales et fiscales des entreprises, de l’évasion fiscale et autre magouilles de « prix de transfert ».

Pour autant, le mot « solidarité » n’a jamais autant été présent dans le discours politique. Prenez le Revenu de Solidarité Active dont on parle désormais de soumettre son versement à une activité obligatoire.

Prenez maintenant l’Impôt de Solidarité sur la Fortune supprimé en grande partie et qui n’a été conditionnée à aucune obligation pour les bénéficiaires autre que le « ruissellement » sur l’économie qui s’est tarie avant même d’avoir commencée.

Prenons maintenant le Crédit Impôt Compétitivité Emploi mis en place par celui dont « l’ennemi était la finance » désormais inclus dans les baisses de « charges » et essayons de compter le nombre d’emplois créés (à mettre en parallèle avec l’augmentation des dividendes… ).

L’Etat, passe plat pour les goinfres

L’Etat est devenu le mandataire judiciaire d’un pays soumis aux règles de la mondialisation et de la rente. Il accompagne la faillite du pays qui justifiera d’autres serrages de vis et la fin de l’Etat Providence, but ultime poursuivi.

Pour ce faire, il se doit d’avancer masqué. Il a de moins en moins recours à ses ressources internes (l’administration) pour prendre des décisions allant dans le sens du « moins d’Etat » dont raffolent nos élites et a recours à des cabinets conseils dont l’efficacité du travail laisse à désirer et qui pratiquent (scandale des scandales) l’évasion fiscale. Cette pratique est également répandue dans nombre de collectivités locales, voire même dans les entreprises privées alors même que les consultants et les consultés sortent des même écoles de commerces ou de la haute fonction publique d’Etat et pratiquent l’entre soi et les transferts pour le profit des entreprises de « consulting » (20 Milliards d’euros de chiffres d’affaires en France) et le malheur du citoyen et du consommateur.

Des élus hors sol et opportunistes

Nous sommes dirigés par une caste d’élus mercenaires sans convictions, qui se déplacent au gré des opportunités politiques, vendus à l’idéologie néolibérale ou qui ne demandent qu’à l’être et qui se contrefichent du reste : business as usual !

Dans ces conditions, il devient évident que voter n’est plus la solution et que ce phénomène risque de s’amplifier, faute d’un changement radical de l’équilibre des forces en présence et de réformes équilibrées.       

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 08:20

Premier point, fondamental, me semble-t-il, l’Ukraine est un pays souverain. Par conséquent, « l’opération militaire spéciale », autrement dit la guerre, décidée par Poutine, est totalement illégitime.

Le « narratif »

Examinons maintenant l’argumentaire (le narratif), de Poutine pour justifier cette entrée en guerre puisqu’après 26 jours d’offensive, il faut désormais appeler les choses par leur nom.

Au-delà de ses visées impérialistes, de sa lecture des équilibres géopolitiques en Europe et de son équation personnelle, il suffit de reprendre le début de son discours au peuple russe pour déceler qu’il pensait être accueilli en quasi libérateur, en faisant vibrer la fibre patriotique, amicale, familiale et religieuse :

« Je tiens à souligner une fois de plus que l’Ukraine n’est pas pour nous un simple pays voisin. Elle fait partie intégrante de notre propre histoire, de notre culture et de notre espace spirituel. Il s’agit de nos amis et de nos parents, ce qui inclut non seulement les collègues, les amis et les anciens combattants, mais aussi les parents et les personnes qui nous sont liées par le sang et les liens familiaux ».

Visiblement, cela n’a pas marché et les tanks russes n’ont pas été accueillis avec des fleurs, ni avec le pain et le sel par la population, et l’appel à l’armée ukrainienne à déposer les armes dès les premiers jours a été un fiasco.

De lourdes pertes ont été enregistrées par l’armée russe dont on avait dit qu’elle allait subvertir l’Ukraine en quelques jours. Le retour des cercueils au pays sera dramatique et le nombre de « disparus » sera important. Cette guerre ressemble de plus en plus à un long chemin de croix pour Poutine. Elle est révélatrice des faiblesses de son organisation, de son intendance et de ses services de renseignements.

Sur le terrain, les Ukrainiens contestent la présence des troupes russes ce qui contribue à saper un peu plus leur moral. Alors pour reprendre la main, Poutine, aux abois, fait appel à des supplétifs Tchétchènes, Syriens, et autres mercenaires, y compris la société Wagner, vraisemblablement pour colmater les brèches et fait ce qu’il a déjà fait à Grozny et à Alep, c’est-à-dire raser les villes par des bombardements intensifs, oubliant « ses amis, les anciens combattants, les parents, les collègues et les personnes qui nous sont liées par le sang (!) et les liens familiaux ».

Toute vérité n’est pas bonne à dire

Ce narratif biaisé et l’absence d’informations en Russie sur ce qui se passe réellement en Ukraine sont donc destinés avant tout à la population russe qui est sommée d’adhérer au récit présenté par les médias officiels à la botte de Poutine et de manifester son enthousiasme.

Les reportages doivent être dument validés par le Ministère de la défense, mais comme cela ne suffit pas, un certain nombre de mesures concernant les libertés en Russie ont fait l’objet de modifications autoritaires dignes d’un régime dictatorial :

  • L’organisme de régulation des médias Roskomnzador a donné l’ordre de ne diffuser que « les informations de sources officielles russes ».
  • Le parlement a adopté une loi « contre les fausses informations » qui fait peser le risque de 15 ans de prison.
  • Le slogan « non à la guerre » est passible de 3 ans de prison selon le texte qui interdit de « discréditer les actions de l’armée russe ».

… sans oublier l’interdiction de médias et des réseaux sociaux et celle de manifester contre la guerre.

A côté de ce dispositif répressif Orwellien, il y la contestation de toutes les sources occidentales d’information qualifiées d’illégitimes et de mensongères, y compris sur ce site, par certains rédacteurs aux ordres. Sauf qu’en occident, nous avons accès à des images de la télé officielle russe qui nous donnent une idée du « traitement » de l’information, grossièrement mise en scène. De leur côté, les russes ne peuvent plus comparer les récits avec d’autres sources, interdites désormais, et se faire leur propre opinion.

 

Quelques éléments d’analyse complémentaire

Il s’agirait de combattre une « Junte », ce qui renvoie à un régime tenu par les militaires. Cette comparaison trouve toute sa saveur lorsqu’on sait que la compagnie Wagner proche du Kremlin protège actuellement le gouvernement des colonels au Mali dont les troupes sont soupçonnées d’exactions vis-à-vis de la population.

Bien évidemment les dirigeants ukrainiens sont « drogués » et il s’agit par ailleurs de protéger les russophones et les russophiles et de répondre sans doute  « à leur aspiration de retour à la mère patrie » (ce qui ne semble pas se confirmer sur le terrain, (les bombes ne faisant pas le tri)

Il s’agit de « dénazifier » le pays sans que l’on puisse obtenir des éléments tangibles sur ce point (qui, combien,…) sachant qu’il existe une frange de l’armée qui s’est égarée dans cette voie (dont le bataillon Azov), ce qui laisse craindre que ce qualificatif soit utilisé largement dans les purges et ne finisse en tueries organisées. Précisons tout de même que le Président Ukrainien et son premier ministre sont juifs, ce qui donne toute sa « dimension à l’argument de la « dénazification »

En résumant, ce serait comme si la France décidait d’attaquer la Belgique au nom de la francophilie et de la francophonie et décide de pousser un peu dans les Flandres pour y traquer les derniers nostalgiques du nazisme.

Enfin, on parle de « génocide » au Donbass et ce propos est repris par des « journalistes » qui cherchent à en convaincre la population en posant des questions biaisées.

Les mots ont un sens qu’on oublie. Il faut dire aussi que le terme « prise d’otage » est couramment utilisé aujourd’hui pour désigner les « victimes » d’une grève, et que le terme de génocide peut trouver à s’appliquer aussi aux victimes d’accidents de la route ou de la pollution. Alors, pourquoi ne pas faire référence à ces mots ou expressions banalisées quand on veut absolument faire la guerre… quitte à redonner à ces mots leur sens premier ?

Rappelons que les termes de génocide, comme ceux de crimes de guerre ou contre l’humanité ne relèvent pas de la simple affirmation d’un quidam mais qu’ils demandent à être documentés et prouvés après des enquêtes indépendantes avant d’éventuels procès et condamnations. Les deux parties, Russie et Ukraine, auraient-elles été prêtes à en accepter et en faciliter la tenue pour faire la lumière sur la responsabilité éventuelle de chaque partie et ainsi éviter la guerre ?

Il semble que cela n’ait pas été la préoccupation première de l’instigateur de cette guerre.

 

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 09:33

Depuis le Crash démocratique de 2002, les français semblaient se satisfaire de cette grande peur de l’extrême droite pour expliquer leur raison d’aller voter.

Les goinfres

Ils s’étaient habitués à l’absence de programmes et cela tombait bien puisque l’élection présidentielle (les élections en général) ne servait qu’à reconduire des oligarques de la politique, sans attaches idéologiques, navigant d’un bord à l’autre, bien sous tous rapports, adhérant globalement aux idées néolibérales convenant parfaitement au Medef et au CAC 40.

Les présidents successifs ont bien confirmé les espoirs mis en eux en dérégulant à tout va et surtout en n’ayant eu de cesse que de baisser les impôts, surtout pour le monde économique, sans exiger de contreparties en matière d’emplois.

Récemment, tout de même on s’est enquit en haut lieu (effet gilets jaunes sans doute) de l’opportunité de jeter une petite pièce dans l’escarcelle du petit peuple en supprimant la taxe d’habitation ou en baissant des cotisations salariales.

Cependant, si pour les entreprises l’effet s’est traduit par une hausse des bénéfices et des dividendes, pour les salariés, l’appauvrissement de l’Etat et des caisses sociales font envisager de nouvelles coupes dans les budgets que supporteront à terme les salariés.

Avec en sus, l’effet du quoi qu’il en coûte qui se retrouve dans la dette et sera prétexte à un nouveau tour de vis touchant les services publics que les citoyens devront payer.

Les résultats sont là !

On voit déjà ce que cela donne en matière d’EHPAD ou bien encore plus généralement du contrôle des lois et normes dans d’autres domaines avec les moyens indigents qui y sont consacrés, car dans notre système très libéral le principe est celui de la « confiance » qui permet tant de choses en matière de contournement des dispositifs.

Le système est donc pourri de l’intérieur et lorsque qu’un scandale éclate ou que survient un problème potentiellement à risque politique (comme le covid), on cherche à se préserver en faisant appel à des cabinets de consultants payés très chers pour dire comment éviter les retours de manivelles, au lieu de faire appel aux ressources internes à l’administration. Pas de vagues et ouverture du parapluie : l’irresponsabilité politique érigée en art ! Cette pratique, courante à tous les niveaux de collectivités coûte très cher aux contribuables, souvent pour des résultats très contestables (comment enterrer un projet afin d’éviter des vagues ? Ayez recours à un consultant…)

A ce stade, il est nécessaire de faire une petite synthèse :

1 – Un ordre très néolibéral qui dicte sa loi aux élus

2- Des profiteurs (CAC 40 et Medef) qui réclament toujours plus de cadeaux fiscaux mais qui continuent à délocaliser en douce et explosent les bénéfices et les dividendes.

3- Des baisses d’impôts et de cotisations pour le petit peuple à valoir sur leur retraites futures et d’autres impôts locaux qui compenseront les pertes de recettes.

4 – Une dette qui se creuse ce qui justifiera de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques et des milliers de suppression d’emplois

5 – Une absence de prise de risques politiques à tous les niveaux qui ne font plus confiance à leurs administrations et dépensent un « pognon de dingue » avec des cabinets conseil.

Une campagne pleine de belles promesses…

Voilà donc comment nous abordons cette nouvelle séquence électorale marqués par l’indigence des débats proposés (immigration, sécurité, suppression de postes de fonctionnaires, baisses des « charges » des entreprises,…) avec un paysage très clivé, d’un côté les entreprises qui sont au-dessus du lot et de l’autre le reste du pays qui se soumet à leurs lois avec la bienveillance complicité des politiques de tous bords.

Tout cela ronronne bien depuis plus de 20 ans et la campagne présidentielle n’a pas échappé à cette règle. Chacun occupe le terrain avec ses marottes ou ses délires depuis 6 mois avec la bienveillante complicité des chaînes d’infos françaises, qui dissertent sur des sondages, même si leurs résultats sont pipés par des méthodes douteuses, qui formatent l’opinion.

Le fameux « effet drapeau »

C’est le moment choisi par Poutine pour nous faire sa petite « opération militaire spéciale » chargée de ramener dans le rang les « pays frères » souffrant d’un tropisme européen ou Otanesque.

…Et les médias de nous agiter leur nouveau grimoire « l’effet drapeau » qui veut qu’en période de crise il ne faudrait surtout pas changer de cheval politique.

Fin du débat, la trouille comme programme, comme en 2002 avec le petit prurit FN, mais cette fois à puissance 10 avec augmentation des budgets militaires (et quelques ventes d’armements par notre représentant de commerce du Ministère des affaires étranges à nos voisins nouvellement convertis…).

Oubliez le vide sidéral des débats et des programmes, mais n’oubliez tout de même pas de saquer les candidats poutinolâtres. Votez sans vous poser de questions pour « l’homme de la situation » celui qui a endossé le costume de dompteur de dictateur mais qui y laissera un bras au final.

Et après ?

On verra… Une fois le monde sauvé (ou englouti, c’est selon…) il restera l’essentiel, c’est à dire la poursuite de la « réforme » ou la reconstruction qui deviendront une ardente obligation propice à toutes les régressions sociales, sauf pour les plus riches, pour lesquels on devra se saigner un peu plus au nom des « dommages de guerres » (qu’elle soit économique ou nucléaire).

Juste un problème cependant qui risque de coincer le système : le Président pourrait être très mal élu du fait du désintérêt provoqué par « l’effet drapeau » et la sanction des poutinolâtres. L’abstention pourrait donc atteindre des sommets, les électeurs pouvant considérés que les dés sont déjà jetés et parce que les ralliements de droite et de gauche autour de Macron font mauvais effets et font perdre l’espoir en un changement doux.

Il ne manquerait plus pour enfoncer le dernier clou sur le cercueil de notre vie démocratique en soins palliatifs, qu’il soit réélu dès le premier tour, et cerise sur le gâteau que le scrutin présidentiel soit suivi d’une dissolution de l’Assemblée national avec élections anticipées pour « gagner un temps précieux pour réformer le pays ».

Après, on verra (bis) : peut-être que les Français auront envie d’autre chose que le gloubiboulga qu’on leur propose et qu’ils chercheront à reprendre en mains leurs propres destinées plutôt que de les confier à des syndics de faillites. Sous quelles formes ? Violentes, ou pas…

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 10:02

Depuis 2020, la croix gammée est redevenue tendance dans nos défilés et c’est un produit qui s’exporte très bien. Chacun s’approprie le symbole sans trop réfléchir à sa charge historique pour en affubler d’autres, qui pensent différemment.

Et comme les nazis sont des génocidaires, la boucle est vite bouclée par des tenants de la synthèse hasardeuse. Chez nous, les « nazis » vaccinent  aidés par les « collabos » soignants et préparent une élimination de masse d’une population soumise à l’aide d’un vaccin et de la puce 5G qu’il contient. Comme de bien entendu, il s’agit d’une atteinte aux droits fondamentaux de ceux qui s’y opposent et dénoncent un complot mondial.

Plus à l’est, il faut « dénazifier », et il n’est donc pas surprenant que ceux qui accusent nos dirigeants de mettre en œuvre la solution finale, soient intéressés par ce qui s’y passe, étant entendu qu’il s’agit également de mettre fin à un « génocide » mis en œuvre par une « junte » composée de « drogués » (voire de déviants), par une « opération militaire spéciale », sans doute animée des meilleures intentions, pour le bonheur du peuple.

Certes, il est facile de se focaliser sur ces régimes autoritaires qui déclarent la guerre comme on déclare son amour au sein d’un couple ou la communauté de vie est remplacée progressivement par une haine fabriquée et une histoire revisitée. Mais à l’heure des applications de rencontres furtives sans lendemain, les envies d’ailleurs, ce serait ignorer une autre partie de la planète qui mondialise à tout va et nous propose une autre forme d’autoritarisme basé sur l’injonction à consommer et à produire, quitte à commercer avec le diable.

Bienvenue donc, dans ce monde pacifié où le bruit des guerres est assourdi par un environnement cotonneux de publicités, de stars, d’influenceurs et de dirigeants tous plus beaux les uns que les autres, dont la vie merveilleuse s’affiche dans la presse people et fait saliver le bon peuple. Tout est lisse, chacun a droit à développer sa personnalité, et de dire qu’il est discriminé, chacun donne son point de vue, qui est souvent le copier-coller, sans recul, d’un avis déjà majoritaire et qui n’apporte rien de nouveau au débat. Les bruits de bottes sont soigneusement atténués, comme partout, par des « éléments de langage », de la « communication institutionnelle » qui remplace la propagande, ou la sous-traitance des basses œuvres : Blackwater d’un côté, Wagner de l’autre…

La notion de bonheur des peuples repose sur d’énormes mensonges fabriqués par ceux qui en profitent, d’un côté les milliardaires occidentaux qui façonnent notre monde à leur intérêt, affaiblissant les pouvoirs représentatifs et de l’autre les oligarques, milliardaires également, à la botte, cette fois, de dirigeants qui leur sous-traitent l’économie moyennant quelques retours sur investissements.

Deux blocs, deux systèmes porteurs d’une idéologie contrastée mais qui ont en commun le mensonge qui consiste à promettre le bonheur des peuples de leur zone d’influence qu’ils veulent conserver et étendre, quitte, dans une dernière pulsion folle, à les faire disparaitre sous un amas de bombes nucléaires pour leur prouver une dernière fois leur amour indéfectible.

Deux faces d’une même pièce, avec d’un côté Nixon, Trump ou Biden et de l’autre Staline, Kroutchev, ou Poutine avec sur la tranche, en équilibre instable, nos dirigeants européens et les pays théâtres de manœuvres économiques ou guerrières.

D’un côté comme de l’autre, des médias ne sont pas neutres : des plumes trempées dans le vitriol, des formules ciselées qui terrasseront plus sûrement l’opposant que n’importe quelle arme létale, des photos, des « reportages » avec des liens qui « prouvent » et empêchent de penser par soi-même.

Après avoir constaté l’émergence d’une génération spontanée de scientifiques et d’épidémiologistes autoproclamés lors de la pandémie du Covid, nous voici devant des bataillons de stratèges et de journalistes en treillis dans leur canapé, qui ont souvent en commun l’utilisation abusive de qualificatifs outranciers et dont l’équilibre dans le propos n’est pas la première vertu.

Pendant ce temps, la non-élection présidentielle en France va se terminer par un plébiscite à la Loukachenko sur fond de spectre nucléaire. La peur, il n’y a que ça de vrai pour faire taire ceux qui auraient des velléités démocratiques.

Les candidats déclarés en seront réduits à faire de la figuration pendant que le pays reconduira son sauveur en oubliant de dire que les saillies gouvernementales sur la psychologie de Poutine et le rappel de « l’alliance nucléaire » par un Ministre des affaires étrangères qui manie la provocation auront contribué à la radicalisation d’un dictateur qui n’en attendait pas moins. 

 

*Rudyard Kipling

 

 

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 08:14

C’est un fait, le système connait de graves ratés et on peut se poser la question de savoir pourquoi certains élus sont réticents à donner leur signature à des candidats à la présidentielle pour leur permettre de se présenter.

Un problème récent…

En effet, on peut dater ce problème à l’avènement de Macron à l’Elysée. Pendant toute la campagne de 2017, il n’a cessé de claironner son « ni gauche, ni droite » qui a causé tout de même quelques dégâts dans le paysage politique français jusque-là assis sur sa rente.

Mais il serait désolant de ne pas citer les « mérites » des anciens partis qui ont eux-mêmes renoncé à leurs principes respectifs pour entrer de plain-pied dans la doxa mondialiste. Mention spéciale pour Hollande avec l’argent déversé sur les entreprises, sans aucune contrepartie en matière d’emploi. Mention assez bien pour tous ceux qui se sont précipité dans le débat immigration/insécurité et ont provoqué l’affaiblissement de la réflexion collective sur des sujets peut-être plus importants comme l’emploi, les salaires et le coût de la vie, mais ces sujets avait déjà été largement escamotés depuis plusieurs années.

…Mais un processus assez rapide

Pendant tout le quinquennat on a constaté les effets délétères de ces changements notamment lors des élections locales intermédiaires. Le mouvement des gilets jaunes qui a ébranlé les fondements du pouvoir n’a pas été non plus étranger aux changements dans la vie politique locale.

Lorsqu’on votait auparavant à ces élections, il n’était pas rare de voir sur les professions de foi la mention ou le logo d’un parti politique national, du moins à partir d’une certaine taille de collectivité, les petites communes étant plus versées vers « l’apolitisme », par tradition, et aussi parce que le panachage était la règle.

On sait par ailleurs que les tentatives d’entrisme de LREM dans les assemblées locales se sont soldées par plusieurs échecs successifs. Cependant, la présence de certains de ses membres élus tout de même dans ces assemblées a consacré de fait le « ni droite ni gauche » dans le paysage local. Par conséquent des listes se sont mises à toutes se ressembler et mettant plutôt en avant un écologisme de bon aloi, plutôt que des opinions politiques claires, ainsi qu’un tropisme marqué pour la « sécurité », bien dans l’air du temps. Ces temples de la démocratie citoyenne que sont les communes sortent peu à peu du paysage démocratique et voient l’abstention croitre.

Aujourd’hui, à l’assemblée nationale et au Sénat des élus siègent sous des noms de groupes exotiques (Libertés et territoires, Agir Ensemble,…), qui jettent un peu plus le flou sur la décomposition en cours. Ils participent à l’incompréhension du système par les électeurs et font hésiter les éventuels parrains.

Et ce n’est pas le « mercato » pitoyable actuel où l’on voit des élus en fonction ou sur le retour (cf, le PS, mais pas que…) faire allégeance à de nouveaux maîtres pour quémander, un poste ou une investiture gagnable pour continuer à exister, qui va contribuer à relever le niveau

Le parrainage et ses limites

Tout cela à percolé pendant tout le mandat et les élus en capacité de parrainer un candidat à la présidentielle se retrouvent un peu gênés aux entournures pour faire des choix sans heurter des colistiers et se retrouver, s’ils passent outre, en minorité dans leur assemblée locale, et en prime se faire insulter par des électeurs mécontents de leur choix.

Ajoutons à ce tableau les petites mesquineries locales qui consistent par exemple, pour un Président d’intercommunalité, à faire un chantage à la subvention à un Maire désireux de construire une salle polyvalente s’il ne parraine pas le « bon » candidat.

Enfin, il faut bien le reconnaître, la violence envers les élus n’est pas une vue de l’esprit et on peut comprendre que certains élus locaux veuillent prendre leurs distances avec le piège des parrainages.

Aujourd’hui, tout le monde semble s’émouvoir de la situation, mais force est de constater que le système actuel a vécu et que les Maires semblent le rejeter ou feindre de l’ignorer, pour diverses raisons.

Et ce ne sont pas les gesticulations de partis ou d’individualités disant la main sur le cœur qu’ils sont près à parrainer un candidat avec lequel il ne sont pas d’accord qui changeront les choses.

Le système de parrainage a été mis à terre par le renoncement et les lâchetés politiques quand ce n’est pas par peur de faire fuir les éventuels investisseurs qui promettent monts et merveilles pour le territoire.

Il ne reste plus qu’à attendre le 4 mars pour voir si des candidats en vue seront obligés de renoncer, ce qui m’étonnerait car le système fera tout pour éviter des mécontentements populaires de nature à troubler la belle quiétude de la campagne électorale.

 

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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 10:37

J’hésite à parler de campagne électorale parce que le favori n’est pas encore candidat, et parce que le triste spectacle offert par ceux qui veulent devenir calife à la place du calife, me désole.

La politique ressemble de plus en plus à la bouffe formatée des fastfoods, prête à consommer sans se poser de question, juste se remplir le ventre et se vider le cerveau en même temps. Un bon mot, une saillie, la couleur d’une veste ou d’un cravate, « évènements » repris en boucle par las chaînes d’infos font office d’exutoires et de programmes.

Perte de repères

Les partis politiques n’ont pas survécu à la perte de références liée à la libéralisation et à la mondialisation. Fini les cadres idéologiques, le socialisme, le communisme, le centrisme, la droite, la gauche ou les extrêmes (encore que l’autoritarisme ait de beaux jours devant lui…), tout le monde se plie désormais à la gouvernance mondiale et se réfugie dans des micros partis qui, à l’instar des entreprises ou des start-up ont vocation à s’agglomérer et à se faire absorber par ceux qui pissent le plus loin.

Les partis et ceux qui les composent sont incapables de produire de la réflexion et des idées (on le voit bien avec le PS, désormais en soins palliatifs et LR qui cherche à se démarquer de Macron tout en le singeant). La règle en vigueur consiste à passer les plats aux lobbies économiques et financiers et à colmater les brèches ou les débuts de mouvements sociaux avec des chèques ou des primes. Tout cela a fort bien été illustré par les mandats Sarkozy, Hollande et Macron.

C’est donc la mobilité (l’agilité, disent certains) qui prévaut, pour les salariés bien sûr, mais également pour les élites politiques, avec leurs vestes retournables en un instant et leur capacité à cirer des pompes qu’ils écrasaient quelques semaines auparavant.    

Les amis de trente ans…

Nous ne sommes pas en campagne présidentielle, peut-être dans une émission de télé réalité au dénouement prévisible dans lequel les sondeurs et les instances dirigeantes d’une multinationale ont déjà désigné le vainqueur. Les déjà battus font donc campagne pour les législatives, seul moyen de continuer à exister pour les cinq ans à venir, avoir des députés et grappiller le plus de financements possibles voire un strapontin gouvernemental au prix éventuel d’un ralliement contre nature. Pas ou peu d’idéologie dans tout cela, juste de l’opportunisme et surtout un gros crachat à la figure de l’électeur qui a cru aux promesses d’un monde meilleur, qui finit par ne plus croire à rien, au mieux ne vote plus et au pire se radicalise.

Souvenez-vous en 1995, la campagne présidentielle avec Balladur archi favori qui s’effondre dans la dernière ligne droite au profit de Chirac, abondement trahi par les siens partis courir après la promesse sondagière de victoire et prendre la lumière auprès de l’ancien Ministre des finances. On a l’impression que l’histoire se répète en 2022. Dans les médias, on parle cependant moins de trahison que de « ralliements », histoire de ne pas hystériser davantage la relation entre le peuple et ses élites, déjà bien entamée.

Le mercato

A y regarder de plus près, la politique ressemble de plus en plus aux achats et ventes de footballeurs, financés par des fonds étrangers, loués pour leurs talents et la possibilité de faire gagner leur équipe et qui ne sont rien d’autre que des mercenaires attirés par l’appât du gain pour faire carrière sur le dos des supporters qui payent très cher un goût immodéré pour ce spectacle affligeant où le pognon fait office de talent.

En politique, on cherche aussi à attirer les vedettes en argumentant sur leurs qualités supposées pour montrer que le « collectif » est cohérent, sauf que ça ne marche pas beaucoup à voir les transferts actuels qui ne passionnent que le microcosme médiatique.

Woerth nous dit que Macron est le mieux placé pour diriger le Pays, après avoir dit le contraire. La Maire de Calais, Natacha Bouchard, nous dit que la politique migratoire de Macron est exemplaire. Claude Bartolone et François Rebsamen, voire Manuel Valls, déclarent déjà leur flamme au futur Président, lassés du purgatoire dans lequel ils vivotent depuis cinq ans. Gilbert Collard a des envies de Reconquête, comme Philippe de Villers ou Guillaume Peltier, en attendant Marion Maréchal, pendant que d’autres édiles, attendent encore un peu, l’arme au pied, le moment de voler vers la victoire et de retrouver leur place dans le puzzle.

Dans le paysage politique déstructuré et en perte de sens, ces ralliements, ces reniements, ces déclarations d’amour insincères sont légion. Leurs justifications minables tentent de dédouaner la petitesse de ceux qui les pratiquent, sans y arriver.

En l’occurrence, après avoir vécu dans le monde politique et participé à sa déliquescence, ces mercenaires sont avant tout attiré par la prime de transfert qui prendra la forme soit d’une investiture aux législatives, d’un poste dans le conseil d’administration d’une grande entreprise, d’un strapontin ministériel, ou d’une nomination de prestige dans un fromage de la République.

Mal barrés !

Je me disais, en voyant ces prestations indigentes que le problème dans notre pays, ce n’est pas l’immigré qui fuit la misère ou qui travaille et participe à la vie économique, ce n’est pas non plus le fonctionnaire qui coûterait cher, le chômeur qui touche des indemnités, la famille qui perçoit des allocations, ce n’est pas la religion du voisin ou sa couleur de peau, mais bien un système politique qui nous offre ce triste spectacle de l’abandon du peuple et qui nous enferme dans ces débats minables sans jamais se poser la question du propre coût de ses turpitudes.

Le système politique national vit en vase clos. Il n’écoute plus ce qui se passe sur le terrain. Tout se décide dans les conseils d’administration du CAC 40. La décentralisation n’est qu’un leurre aux contours et aux financements mouvants  décidé par l’Etat central, sans concertation, ni évaluation. De temps en temps, on fait un grand débat dont rien ne sort.

Le système politique est devenu un métier. On se répartit les rôles et les postes et on fait carrière au prix parfois de compromissions et de trahisons, voire de scandales et c’est cela qui coûte le plus cher financièrement et démocratiquement parlant. Tout faire pour obtenir une place pour ne pas sombrer dans l’oubli… Les courtisans et l’argent roi.

Devant ce triste spectacle, le spectre de l’abstention se profile, au risque d’encombrer les berges des cours d’eau les jours de scrutin, en attendant des réactions moins bucoliques…

 

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 08:23

Présidentielles : la grande manipulation

Entre le CAC 40, la FNSEA, le Médef, la CGPME, la grande distribution et les Syndicats de police…, la marge de manœuvre des politiques est quasi inexistante et se réduit souvent à faire des promesses intenables au citoyen de base tout en continuant à satisfaire les appétits financiers ou idéologiques de ces solliciteurs. Cela nous donne une campagne présidentielles hors sujet et d’une médiocrité rarement vue.

Comment fonctionne le système ?

La décentralisation (autrement dit le saucissonnage des compétences) a une vertu essentielle, celle de diluer la responsabilité, notamment en cas de coup dur, mais ce n’est pas la seule. Par exemple, dans l’affaire des maisons de retraite Orpéa où l’on s’aperçoit que la maltraitance trouve sa source dans une course aux profits et dans la satisfaction des actionnaires. Qui est concerné et qui gère quoi en matière de personnes âgées ? L’Etat via les ARS, Les Conseils départementaux, et la Sécurité Sociale, qui ne contrôlent rien ou si peu, juste quelques indicateurs financiers bidonnés et rarement le confort des résidents, ou alors en prévenant du contrôle, ce qui laisse pantois.

Alors on feint l’indignation à tous les niveaux, en se renvoyant bien entendu la patate chaude et on promet, la main sur le cœur que « plus jamais ça », alors même que la canicule de 2003 avait déjà mis le doigt sur la maltraitance des personnes âgées, sans que rien ne change...

On nous annonce une enquête de l’IGAS et de l’Inspection des Finances dont on connait déjà les conclusions avec une demande de renforcement des contrôles dont on reparlera dans dix ans, sachant qu’il n’y a pas de volonté politique en matière de contrôle préventifs et inopinés : c’est mauvais pour le business…

L’irresponsabilité organisée

Difficile de savoir qui fait quoi dans notre pays faussement décentralisé, où se situent les limites des interventions de chacun, les chevauchements de compétences, les modifications de frontières administratives, comment et par quels processus compliqués de cofinancements, d’accointances politiques, d’interventions des lobbies et de dépendance technique et financière sont dépensées les ressources financières des différentes strates. L’Etat intervient aussi dans le jeu pour « inciter » les collectivités territoriales à suppléer ses propres carences comme c’est le cas en matière de sécurité (polices municipales) et imputer au contribuable local des dépenses régaliennes. 

Et comme ni l’Etat, ni les collectivités locales ne peuvent rien faire ou presque les uns sans les autres, cela nécessite du personnel en doublons ou triplons qui font le même travail que leurs collègues d’une autre collectivité et tout cela demande du temps pour faire aboutir les projets, signer les conventions et répartir les coûts.

Parfois même, lorsque la décision est électoralement « sensible » (et c’est souvent le cas) on fera appel à un cabinet conseil ou à des « experts » sur lesquels les élus pourront se décharger de leur responsabilités en cas de bug, alors même que les fonctionnaires possèdent souvent les compétences pour aider à la décision.

Tout cela créé d’énormes coûts supplémentaires supporté par les contribuables (l’Etat a fait appel à des « stratèges » pour gérer la crise du Covid, par exemple).

Réformer le système, alors ?

Surtout pas ! Si le système est coûteux ce n’est pas « parce qu’il y a trop de fonctionnaires » comme le proclame la bonne Madame Pécresse (et elle n’est pas la seule).

Trop d’élus, trop de structures, alors ? La question ne sera jamais posée parce qu’elle arrange tous les partis politiques qui voient en cette dispersion en petites succursales locales l’opportunité de disposer d’un vivier d’élus et d’emplois et le clientélisme qui en découle.

C’est bien là que réside la seconde « vertu » essentielle de cette fausse décentralisation pour le système politique.

On crie donc haro sur les fonctionnaires (c’est pratique) sans se pencher sur les coûts engendrés par tout ce système, non seulement en indemnités mais aussi en terme de fonctionnement des assemblées avec le cortège inévitable de chargés de mission, de chef de cabinets ou encore de services de communication (chargés surtout de valoriser l’image des élus)…, sans parler des coûts parfois faramineux de projets délirants, et des coûts de fonctionnement futurs et des dossiers avortés pour lesquels on a payé des études.

 

Voici pourquoi nous assistons à cette campagne présidentielle indigente où l’on parle de tout, comme au café du commerce, sauf des préoccupations quotidiennes des français que l’on règle avec des chèques sans traiter le problème de fond. L’essentiel n’est pas qui sera le futur Président mais qui sera le prochain parti politique dominant dans le paysage national, celui qui dépensera le plus et fera vivre sa petite boutique. Là est le véritable enjeu de ces entreprises politiques qui nous mangent la laine sur le dos et font les beaux jours du système économique et financier. Le futur Président n’est rien d’autre qu’un produit d’appel.

Existe-t-il une différence entre M. Macron et Mme Pécresse, par exemple ? A part la couleur des vestes de la candidate LR, je ne vois pas, les deux programmes étant Médef-compatibles.

   

 

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 08:39

Les mesures qui se succèdent pour maintenir le pouvoir d’achat donnent le tournis. On pourrait croire (mais ce serait une erreur) que le ruissellement théorisé par les économistes à la petite semaine est en train de produire des effets, sauf que l’argent sort des poches percées de l’Etat, les vôtres, donc, et non de celles des bénéficiaires des cadeaux fiscaux de début de mandat (ISF, flat tax,…).

Nous sommes à trois mois des élections présidentielles, c’est tout !

Y’en aura pour tout le monde

Entre une prime inflation, une prime pour les travailleurs de première ligne, un chèque énergie, le blocage des tarifs du gaz et de l’électricité, la majoration des déductions fiscales pour les contribuables aux frais réels, on serait tenté de donner un chèque en blanc à ce gouvernement qui se préoccupe à ce point du sort des travailleurs et des personnes en difficultés. On parle de 25 Milliards, ce qui n’est pas rien. Rappelons que le conflit des gilets jaunes s’était terminé par 14 Milliards de dépenses supplémentaires (mais il n’y avait pas d’élections en vue)

Et ce n’est pas tout ! Il y a eu aussi la suppression de la Taxe d’habitation destinée à favoriser les plus modestes et qui s’est terminée par une exonération des 20 % les plus aisés pour une bête histoire d’égalité des citoyens devant l’impôt.

N’oublions pas non plus la baisse des cotisations sociales des salariés destinée à leur « redonner du pouvoir d’achat » pour conclure que jamais un gouvernement se sera autant démené pour distribuer autant d’argent, de manière parfois aléatoire, y compris à ceux qui ne sont pas dans le besoin, et qui se sont contentés de s’enrichir au lieu de ruisseler sur l’économie.

Enfin, un petit mot sur le « quoi qu’il en coûte » qui coûtera quand même cher aux finances publiques parce des escrocs ont profité de l’aubaine pour créer des sociétés fictives et encaisser des aides et que d’ores et déjà des entreprises ont annoncé qu’elles ne pourraient pas rembourser les prêts garantis par l’Etat pendant que d’autres en ont profité pour se faire de la trésorerie à bon compte. Mais tout est permis dans le pays où la fraude fiscale est un sport de riches…

Tout cela serait très bien, à deux ou trois détails près

Tout d’abord le budget de l’Etat est en déficit chronique depuis plus de 30 ans, par conséquent tout cela a été financé à crédit par de la dette supplémentaire. Je n’oublie pas le budget de la sécurité sociale qui a fait les frais des baisses de cotisations sociales successives et sur lequel seront imputées beaucoup de dépenses dues à la pandémie. Par conséquent toutes ces mesures prises à la va-vite pour éviter tout mouvement social, ne sont rien d’autre que des chèques en bois émis par un Etat en faillite qui vous fera payer la note sans broncher, après les élections.

Les économistes complaisants vous diront qu’on emprunte depuis quelques temps à taux zéro, voire moins, ce qui permet de s’endetter à bon compte, sauf que cela ne durera pas aussi longtemps que les contributions comme on dit, et que la charge de la dette risque fort d’exploser si cette cavalerie financière continue dans les années à venir.

Ensuite, on est à la recherche de la cohérence de ces mesures qui s’empilent et se chevauchent. Serait-ce pour éviter des mesures générales de baisses d’impôts et de taxes (énergie, essence, par exemple), ou pour de bêtes raisons électoralistes ? Dans cette hypothèse, il convient d’analyser les bénéficiaires divers et variés des aides, primes et autres chèques pour constater qu’on a surtout chercher à ratisser large pour satisfaire un maximum  de gens, avec effet attendu dans les urnes…

Autre hypothèse, l’existence d’un agenda caché de réformes à venir…

Macron et la réforme soft en marche

Dans cette cavalerie financière on retrouve plusieurs ingrédients l’ultralibéralisme mondialisé (privatisation des profits et mutualisation des pertes) qui laisse peu de place à des orientations politiques différentes (ça tombe bien, le gouvernement actuel est bien dans le moule). On ne dit plus aujourd’hui « le travail doit payer » puisque c’est l’Etat qui pourvoit désormais au maintien du revenu des actifs avec ces primes, exonérations et autres chèques. Les augmentations actuelles de salaires dans la restauration ne sont que du différé de la baisse de TVA décidée sous Sarkozy

Sauf que ce que vous aurez touché en « primes » diverses et variées, ne sera pas pris en compte pour vos prestations au titre de la maladie, du chômage ou bien des retraites : prévoyez dès aujourd’hui la couverture premium pour vos assurances et vos pensions. Votre retraite s’annonce mal.

Prévoyez aussi l’endettement pour les études de vos gosses pour cause de privatisation rampante des facs,  quelques autres privatisations avec services devenant payant, ainsi que la fin des 35 heures…

Le vieux rêve du Medef de « baisse des charges » est donc en train de prendre forme, à bas bruit, sans manifestations, avec en sus la diminution des impôts de production. Bientôt la formule « le travail doit payer » sera remplacée par « l’Etat doit payer pour le travail », et l’Etat c’est vous et moi.

Elle est pas belle, la vie ?

 

 

 

 

 

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 07:40

Cela fait cinq ans que ça dure et je me sens libéré d’une addiction mortifère aux fortes conséquences sur ma santé mentale.

Après avoir cessé complètement de fumer en 2007, c’est 10 ans après que je me suis sorti de cette seconde dépendance. De temps en temps, je regarde avec émotion la date de ma dernière prise, le 23 avril 2017, qui figure sur ma carte d’électeur.

Depuis, malgré les sollicitations diverses et variées, voire les insultes, je suis fier de ne pas avoir replongé. Ce n’est pas  le vote en lui-même qui me rebute (j’adorerais pouvoir revoter), mais la charge toxique que contient ce passage quasi-obligé par l’isoloir précédé de faux débats, suivi de promesses jamais tenues et la fausse concurrence entre les candidats qui nous resservent depuis plus de vingt ans les mêmes programmes, la même came en quelque sorte, m’en empêche. Avec au final, l’injonction frustrante de voter pour faire barrage….

C’est vrai que la concurrence est rude entre réseaux et le climat ne cesse de se détériorer. Dès qu’un réseau disparaît, que son chef est mis sous bracelet électronique après avoir fait appel, ou incarcéré à la Santé, un autre reprend sa place. Alors, chacun cherche à se singulariser, en mettant en place une nouvelle stratégie marketing et en créant, bien entendu, des « polémiques » qui feront le bonheur de médias peu scrupuleux et peu regardants sur la toxicité et l’origine de la marchandise.

Faute d’avoir des idées originales, les vieux arguments sont recyclés ou enrobés de nouvelles propositions stupéfiantes, sans parler de leur financement. On ressort les vieux nettoyeurs à haute pression ou bien la blouse des écoliers dans l’espoir de faire parler de soi, on invective des médias (et on se fait condamner), on s’en prend aux non vaccinés avec des propos indignes ou bien on relaye leur « combat » qui s’apparente à celui contre la mort dans les services de réanimation.

Comment en est-on arrivé à ce niveau ? Avant, il y a une trentaine d’année, voire plus, les réseaux de vente de ces paradis artificiel étaient bien identifiées entre gauche, droite et centre avec quelques extrêmes aux deux bords et les clients étaient satisfaits. On était capable de reconnaître rien qu’en y goûtant les spécificités du produit vendu : « lutte des classes », « capital », « méli-mélo » « révolution » « immigration » (déjà). Ces réseaux étaient stables. Ils se partageaient des quartiers taillés sur mesure avec la décentralisation employant des apparatchiks revendeurs et des Choufs chargés de faire en sorte que ça dure en protégeant la firme.  

Après moult coupages, la mondialisation est passée par là, les ex-réseaux français ont été avalés et sont désormais devenus des filiales de cartels internationaux, basés sur la logique exclusive du profit. Ils vous disent quoi acheter et où, à grands renforts de communication avec vente en ligne et livraison gratuite (sans garantie). Même la politique étrangère s’efface devant les exigences du marché : on vit bien ensemble, en apparence, dès lors qu’on achète ou on vend des armes, par exemple, ou des logiciels de surveillance. Finies les grandes envolées sur les droits de l’homme, on ira tous main dans la main aux J.O. de Pékin et au mondial de foot au Quatar. Nous ne sommes plus identifiés par nos choix politiques, mais intégrés dans le monde idéal de la globalisation et des addictions qui vont avec.

Nous sommes passés de la religion à la mondialisation, nouvel opium du peuple. Il faut consommer, bouffer leurs merdes, jusqu’à ce que la planète tire sa révérence et nous avec.

Alors, quand vous entendrez les revendeurs locaux toquer à votre porte pour vous proposer cette drogue de synthèse frelatée élaborée dans des laboratoires de Davos et de Wall street, fermez leur la porte au nez, préparez une sortie à la campagne (tant que c’est encore gratuit) et laissez votre carte d’électeur là où elle se trouve, en attendant des jours meilleurs.   

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