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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 11:58

Manger des légumes, une escalope, un yaourt… représentent  le stade ultime de l’intervention de multiples acteurs aux motivations parfois contradictoires et intéressées.

Du paysan à l’étal des supermarchés

Au début, il y a le paysan. Il aime son métier, mais les conditions dans lesquelles il l’exerce parfois (agriculture intensive, prix payé, poids du lobby agricole…), en font le maillon faible de la chaîne, celui qui subit, fait ce que la coopérative agricole lui demande, s’enferme dans des pensées négatives, l’œil rivé sur sa comptabilité, celui qui est tributaire pour son cheptel de fabricants d’aliments ou des pesticides pour ses cultures.

Certains s’en sortent mieux parce qu’ils ont adapté leurs modes de production vers le vertueux ou d’autres se sont reconvertis : 12 % des producteurs sont aujourd’hui dans le Bio. Les deux sont moins dépendants du système et privilégient souvent les circuits courts, dessinant ainsi les contours d’une nouvelle agriculture, moins productiviste, plus rémunératrice et indépendante du système bancaire, coopératif et de l’industrie agro-alimentaire.

L’industrie agro-alimentaire vise la régularité et la quantité pour faire tourner ses chaînes quitte à fermer les yeux sur les méthodes de production ou bien à importer des produits bruts avec comme objectif le prix final qui sera payé par la grande distribution, l’acteur incontournable, dont la tendance à fermer les yeux sur « l’amont » peut parfois interroger. C’est au niveau du « couple » agro-alimentaire/grande distribution que la tragédie des petits exploitants trouve son expression la plus éclatante : aucune indépendance pour le producteur.

Enfin, il y a les marques, toujours en recherche de concepts marketing, qui récupèrent le bio ou, en « entreprises responsables » nous parlent « d’agriculture régénératrice », bref tout ce qui peut augmenter les dividendes, assurer des positions prépondérantes sur le marché en rassurant le consommateur...

Un système bien verrouillé

Tout contribue à ce que celui qui travaille la terre, qui élève son cheptel, soit le moins bien considéré. On reproduit à l’intérieur de nos frontières le système qui consiste à faire produire par des petites mains sous payées en Asie ou ailleurs des produits manufacturés qui seront revendus avec une marge conséquente en France. Chapeau, les artistes !

Au passage, les conseillers des coopératives ou de la Chambre d’Agriculture viennent « aider » l’agriculteur en détresse : produire davantage grâce aux pesticides qui tuent les abeilles ou augmenter la taille des élevages et la pollution qui va avec ou bien se lancer dans la méthanisation pour avoir des revenus annexe. Les algues vertes se portent bien en Bretagne, merci, malgré l’argent mis par les communes pour l’enlevage et le traitement et grâce à la politique faux-cul des gouvernements successifs. Quant à la méthanisation, contestée et sujette à caution ou bien encore l’éolien, l’impression que cela donne c’est qu’on oriente peu à peu les agriculteurs vers ces nouvelles pistes de revenus uniquement pour préserver le système de distribution à bas prix de revient mais à forte marge dans La grande distribution.

Le système bien verrouillé est parfaitement décrit à l’échelon de la Bretagne dans la bande dessinée d’Ines Léraud et de Pierre Van Hove (« Algues vertes, l’histoire interdite »). Les interactions entre politiques, services de l’Etat industrie agroalimentaire, grande distribution, banques et lobbies divers et variés y est très bien décrit (y compris les intimidations). Tout est fait pour enterrer les problèmes, ou décourager les gêneurs.

La question ne concerne pas que les agriculteurs

L’agriculture, mais aussi toute la société, se trouve aussi au carrefour de nombreux défis.

  • Comment préserver les terres agricoles en maîtrisant l’étalement urbain et se loger décemment, sans obérer la qualité de vie des habitants ? Dans les territoires à proximité des métropoles notamment (mais pas que…) on assiste à une politique de densification de l’habitat et de maîtrise de l’accès aux véhicules destinée en partie à maintenir les espaces cultivés en périphérie. Les réponses ne sont pas toujours à la hauteur s’agissant de la qualité de vie, des alternatives aux déplacements par des moyens collectifs en sites propres. Enfin, la question est de savoir s’il faut absolument préserver des terres agricoles polluées aux pesticides (avec les répercussions sur le vivant et la qualité de l’eau) sachant que les espaces cultivés en bio représentent moins de 10 % des terres concernées.
  • Comment freiner l’utilisation des terres pour des infrastructures commerciales ou des routes qui ne feront qu’accroitre les émissions de CO2 ? Autrement dit, comment éviter de construire des centres commerciaux en périphérie ou des entrepôts Amazon (parce que c’est bon pour l’emploi…), les routes et les ronds-points qui vont avec (parce que c’est de l’investissement pour les entreprises…) ?  Les variables d’ajustement sont connues : fermetures des commerces de centre-ville et construction de quartiers périphérique sans âme avec problèmes sociaux inévitables. L’Etat, véritable serpent qui se mord la queue, donne de l’argent à ces bons élus locaux pour les aider à revivifier leurs centres villes après les avoir vidés avec ce système…
  • Comment préserver l’environnement et la biodiversité, indissociables de la santé, en continuant à utiliser des pesticides ? Le glyphosate dont l’utilisation semblait décroitre a connu une hausse de ses ventes de 42% entre 2019 et 2020. Tout est dit !
  • Comment raisonner autrement que par le concept techno de « chaînes de valeur » et de profits lorsque la planète et ceux qui travaillent sur le vivant ne sont pas considérés ? Les producteurs bio ou ceux qui font le choix de la production locale pour les cantines ou les particuliers au sein d’AMAP par exemple offrent une alternative pour sortir du système verrouillé, mais ils sont encore trop peu nombreux pour déstabiliser l’organisation actuelle et ont du pain sur la planche pour combattre les acquis de certains adeptes de cette fameuse mondialisation heureuse qui ne raisonne que par les profits.

Se nourrir et surtout bien se nourrir et répondre à ces questions sur le bien vivre relève de notre responsabilité collective et nécessite un débat ouvert en dehors de toute influence de la part de ceux qui privilégient le court terme.       

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commentaires

M
Bonjour Pierre
Merci pour tes commentaires, très riches et qui « obligent » à la réflexion…
Si on revient en arrière (années 50/60) l’habitat collectif a eu pour fonction d’apporter le confort aux familles qui vivaient dans des habitats insalubres. A partir de cette époque, on a donc coupé le lien entre l’habitat et le potager sauf pour ceux qui pouvaient bénéficier de jardins familiaux. Ce lien s’est d’autant plus distendu que cet accès à des habitats décents s’est accompagné d’une offre de consommation formatée avec les grands centres commerciaux.
Un peu plus tard, avec la voiture pour tous, on a commencé à construire dans les périphéries, parfois lointaines, l’accès à ces pavillons avec terrain a constitué un « must » pour beaucoup qui pouvaient investir et s’adonner aux plaisirs du jardinage. Les agriculteurs de l’époque ont su tirer profit financièrement de de mouvement… Aujourd’hui, les pavillons construits surtout dans les secondes couronnes des villes ne représentent plus un idéal, et ce pour différentes raisons : coût des transports, charges d’emprunts, accidents de la vie, accès aux services, équipements sportifs ou culturels…
Les conditions d’origines ne sont plus remplies et on constate plusieurs choses : densification urbaine, disparition de terres agricoles (encore que, les terres polluées chimiquement méritent-elles cette appellation ?…) en périphérie des villes, particulièrement en première couronne où on densifie les constructions sous couvert de PLUI, saturation des déplacements dans les villes, avec contraintes d’accès pour les habitants de l’extérieur, pollution…, sans que les alternatives en transports collectifs soient satisfaisantes. Le recours au vélo ou à la trottinette ne sont pas pour moi des réponses satisfaisantes.
Alors, pour répondre à la question que tu poses : « entre l’appartement et le pavillon, faut ’il choisir ? », je te répondrai que le choix a déjà été fait pour les communes comme les nôtres dans le cadre de l’intercommunalité et les immeubles comme celui qui est à côté de chez toi, va devenir la règle.
J’ai bien lu le PLUI adopté il y a environ cinq ans. J’ai regardé les zonages et j’ai pu constater qu’on cherchait surtout à nous vendre du rêve en nous parlant de verdissement, d’entrées de ville et autre discours technos, alors qu’ils s’agissait avant tout de densifier et de faire disparaître les dents creuses vertes pour construire du « R+4 ou 5 avec Attique » en se souciant peu de détériorer les conditions de vie des habitants actuels et présents dans la commune depuis plusieurs décennies.
Alors que reste-t-il de cette idée consistant à vouloir favoriser l’épanouissement des habitants par l’émergence des activités vernaculaires ? Pas grand-chose, je le crains. Ce sont avant tout des activités non marchandes et par conséquent peu intéressantes pour l’économie. Aujourd’hui, le « bien-être » se résume à consommer des biens et des services dont nous on pourrait se passer. Aujourd’hui, on livre même à domicile des repas pour des jeunes « débordés » qui n’ont pas le temps de cuisiner…
Bien sûr, on voit ça et là apparaitre de nouveaux modes de consommation, mais qui sont le plus souvent le fait de néo-ruraux ou de militants… On voit aussi des jardins familiaux qui ne sont pas toujours exploités par des jardiniers dont le besoin premier est de se nourrir sainement, ou bien des jardins partagés… Nous sommes plus proches de phénomènes de mode que d’un réel mouvement et d’une réelle incitation des pouvoirs publics qui voient dans ses expériences une manière de se valoriser.
Une expérience tout de même qui tend à favoriser l’implantation de couches populaires dans les centres ville : le Bail Réel Solidaire qui permet l’achat d’un logement sans supporter le coût du foncier (Rennes Métropole avec les bailleurs sociaux proposent des logements sous ce régime).
Autre expérience qui s’étend un peu partout en France, des propriétaires rénovent leur maisons, et les divisent afin d’accueillir des locataires ou créer des commerces, une sorte de densification intelligente, alternative peut être aux immeubles sans âme et préservant des parcelles dont l’usage se démultiplierait…
En conclusion, le développement humain ne semble pas une option pour le monde économique et financier qui dicte ses lois plus efficacement que nos élus, à coup de progression de PIB, de confiscation des richesses pour construire des fusées qui iront saloper d’autres planètes lorsque la nôtre ne sera plus vivable.
Et pour reprendre la citation dans ton courrier des lecteurs : « l’humanité qui devrait avoir 6500 ans de sagesse, retombe en enfance à chaque génération ».
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L
Pour un autre mode de vie (Eloge de la terre)
Peut-on étudier les aménagemnts urbains et l’architecture de l’habitat sans évoquer le mode
de vie des habitants, ses activités quotidiennes dans sa maison ? Et cette maison se limite-t-elle
aux murs, à la surface au sol... C’est pour moi un lieu de vie à partir duquel on peut observer
l’extérieur.
J’ai une marotte, sans doute d’origine atavique, je pense qu’on peut difficilement se passer d’un lien
avec la terre, le jardin est le lieu le plus adapté. Il devrait coller au lieu de vie.
Il y a des objections qui ne peuvent tenir à l’analyse : grignotage des terres agricoles, densifications
de l’habitat.... Oui mais que fait-on des personnes ? Seraient-elles les boucs émissaires ?
Il y a aussi, ce que Ivan Illich qualifie de vernaculaire. Le travail fantôme. Dans un appartement on
peut avoir des activités vernaculaires. Plus importantes si on crée un potager par exemple.
Cela a toujours existé, il y a 17 millions de jardiniers. A Rennes 45 hectares sont utilisés pour des
potagers.
La société est incapable de fournir du travail conventionnel à tout le monde. La crise actuelle ne
promet rien de bon. Le monde marchand ne pourra pas garantir une vie digne à tous. Il est clair que
nous avons « mangé notre pain blanc ». Sans compter que tout le monde ne bénéficie pas du
« ruissellement ». L’état des lieux est fait. Le monde politique doit s’en mêler.
J’aurais souhaité que l’on associe ces deux besoins contraints que l’on peut difficilement séparer.
L’habitat, le logement.
Je vis dans une maison, sur un terrain de 2000m2, il y a un potager et des arbres. Tout cela n’est pas
tombé du ciel. J’y vis depuis 50 ans. Je n’ai pas construit la maison mais je m’étais réservé des
aménagements. J’ai un CAP de menuisier acquis en 1952. Il fallait que cela serve Le potager s’est
développé peu à peu, les arbres, arbustes ont été plantés par nous.
Nous avons façonné notre environnement et sans être complètement satisfaisant, nous nous y
sentons bien. Cela n’est pas donné à tout le monde.
A 200 mètres un immeuble de 50 logements est en cours d’achèvement sur un terrain guère plus
grand que le notre Avec une telle densité il est évident que les espaces verts sont inexistants sans
compter les parkings inévitables. Et surtout pas de jardin ni privé ni collectif. Comment ne pas se
sentir privilégié dans un tel environnement.
Il y a pire avec les tours et les barres à proximité des grandes agglomérations.
Entre l’appartement et le pavillon faut-il choisir ?
C’est, à mon avis, l’enjeu essentiel du logement et de l’habitat.
Faut-il vivre confiné dans un immeuble ou exercer des activités multiples et diverses dans un
environnement que l’on peut gérer en toute autonomie ? On peut choisir mais le choix est loin
d’être possible. Dans la situation actuelle où le marché est dominant ce n’est pas envisageable.
Ce mode d’habitat est-il voulu, par qui ? Ou n’est-il pas orienté vers le mise à disposition de main
d’oeuvre pour les entreprises ? Ou pour les grandes surfaces de distribution alimentaire ?
Il y a de la paresse à imaginer d’autres solutions.
La période actuelle est propice aux grands changements, mais on a laissé se développer des
constructions sur lesquelles on ne peut intervenir ou alors à grands frais, ce qui dissuade de faire
des rénovations. Est-ce irréversible ?
Le constat est vite fait. Il faudrait repartir sur d’autres bases. une perspective humaniste et
progressiste on ne peut pas se dispenser de suggérer de recentrer le débat sur les conditions
d’épanouissement des petites communautés telles que les familles et qui ont besoin de se se nourrir
et se loger.
Il ne faut pas dissocier ces deux fonctions : se nourrir et se loger (se protéger). Ces deux contraintesintemporelles, incontournables sont liées. La société libérale à l’opposé de toute logique les a
séparées pour en tirer profit. L’enracinement est une des conditions permettant aux personnes de
s’identifier.
Il n’y a pas que le statut de salarié pour cela. D’autant plus qu’il n’est pas général. Le chomage
vraisemblablement sera croissant et laissera des « bras désoccupés » comme disait déjà
Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe) ce qui montre que ce problème existait au début du XVIII
ème siècle créé par l’expansion industrielle. Et ce n’est pas fini.
Ce système laisse au bord du chemin un nombre de plus en plus grand de personnes qui n’arrivent à
s’en sortir dans cette économie marchande. Peut-être que le revenu universel serait le bienvenu
temporairement. Mais on sera encore loin d’une situation satisfaisante.
Ivan Illich en écrivant « Le travail fantôme a peut-être » suggéré la bonne direction avec son
analyse du vernaculaire. Fantôme car non rémunéré. Presque clandestin, non identifié dans le PIB.
Mais absolument général, ce travail est vécu par toute personne même tenue, par la force des choses
à l’écart de l’économie de marché. Qui d’ailleurs ne pourrait pas marcher sans le travail nécessaire
pour consommer les biens mis en rayons. A condition d’avoir de l’argent.
Le vernaculaire, C’est quoi ? C’est tout ce que l’on peut faire chez soi ou dans son environnement,
Le ménage, l’entretien de la maison, le travail du jardinier, l’aménagement de sa maison, le
bricolage, les réparations, la culture ...etc activités non rémunérées mais faites par soi-même .Et là
nous touchons du doigt le noyau dur de la situation : la propriété est nécessaire au moins
temporairement, sur laquelle nous vivons. Proudhon avait dit que la propriété est le vol. Mais il est
revenu là dessus.
La propriété a son article dans la déclaration des droits de l’homme de 1789. L’article 17 dit: « La
propriété est un droit inaliénable nul ne peut en être privé. »
Le statut du foncier est étroitement lié à l’habitat. Et pas seulement au foncier bâti. « Nul ne peut en
être privé » mais comment l’obtenir ? Par son travail bien sûr. Mais ce que l’on produit soi-même
nous appartient. Le travail vernaculaire est la première propriété. Il faut que ce soit possible, pour
cela il faut de l’espace.
Le savoir-faire
Le savoir-faire se trnsmettait oralement ,par l’exemple et la pratique de manière non formelle.
Par la famille, l’environnement fréquenté, la participation à des travaux domestiques gratuits, les
échanges. Eventuellement un début de formation à un métier.
Les humains devenus adultes disposent donc certaines capacités « naturelles » qu’ils peuvent mettre
à l’œuvre à l’occasion. Cela n’avait pas échappé à Taylor au début du XXème siècle quand il
s’avisa que l’on pouvait décomposer les gestes des ouvriers en gestes élémentaires et établir sur la
base des données ainsi récoltées des « règles, lois et formules » c’est à dire une organisation
scientifique du travail (OST) qui en retour leur était imposée. En quelque sorte ils étaient
dépossédés de leur savoir-faire. Et exploités dans des usines où tous les ouvriers devaient se plier
aux normes dont ils étaient à l’origine !
Le monde économique dans lequel nous vivons a amplifié ce phénomène d’appropriation des
savoir-faire non seulement dans le monde du travail, mais aussi dans nos activités quotidiennes. »
Dépossédés de ces pouvoirs on a perdu conscience que cela nous empêche de maîtriser nos vies.
Pour les moindres besoins des intervenants se substituent à nous alors que nous pourrions satisfaire
à ces besoins nous mêmes. Ce n’est pas que notre volonté soit inexistante. Des solutions collectives
existent et aussi des machines auxquelles sont confiés des « savoir-faire » standardisés excluant
toute variation originale, personnelle. Les comportements à l’égard de la consommation en sont
affectés et bloquent toute volonté d’en sortir. L’inventaire des désirs et fantasmes a été fait et ouvre
des perspectives à qui voudrait se lancer dans ce monde matériel sans limite et sans soucis pour
ceux qui ne suivent pas. Mais les ressources terrestres seront vite épuisées à ce rythme.Que faut-il, alors, faire ? Modérer sérieusement notre demande de biens matériels.
Ce monde d’opulence est aussi inaccessible pour une bonne partie de la population. Et pourtant les
exclus de ce monde ne sont pas sans savoir-faire. Ils sont « désoccupés » et ne peuvent agir.
C’est le rôle des institutions et des politiques de mettre en œuvre les moyens d’exploiter ces savoir-
faire sinon la société est fautive de laisser en friches des compétences invisibles.
D’autant plus qu’elles seraient les bienvenues dans un domaine de base, primordial : se nourrir et aménager
son lieu de vie. En dehors de la logique marchande.
Un jardin pour soi et pour tous voilà qui serait une bonne politique (Paul Bedel,
Ouest-France, feuilleton)
Je vois que dans certains programmes de candidats la question de propriété foncière fait l’objet de
propositions.
Une proposition consiste à dissocier le foncier (le fond) de la propriété. Il s’agirait de propriétés
immobiliaires. Cette mesure viserait à éviter la spéculation sur les terrains à bâtir. Peut-on aller
contre l’article 17 des déclaration et charte des droits de l’homme qui indiquent que la propriété
privée est à protéger ? Le désir d’être propriétaire est ancré dans la mentalité mais est difficilement
compatible avec la démographie. Et il n’y a pas de limite à l’appropriation de terres si la seule façon
d’acquérir est de disposer d’assez d’argent. Et de faire jouer la concurrence que la logique
marchande autorise.
Comment alors mettre un peu de justice là dedans ?
Dissocier le fond de la propriété permettrait déjà d’éviter la spéculation sur le foncier qui pourrait
constituer une réserve communale et qui resterait communale en cas de départ des locataires
bénéficiant de terrains.
Outre la propriété bâtie on pourrait appliquer cette disposition aux parcelles destinées à la culture
telles que les jardins dont les potagers qui ont un rôle important dans la vie des gens. Ce qu’ils
produiraient ou construiraient (avec des conditions) leur appartiendraient moyennant une location
modique. Le bail fixerait les conditions d’utilisation, la possibilité d’hériter, l’obligation
de domicialisation, les conditions de « congéments ».....dont les droits réparatoires dans ce cas...
A la révolution des biens nationaux ont été constitués. On ne refait pas l’histoire Mais ces biens ont
été vendus à des particulers.
Il aurait été préférable de les constituer en réserves foncières.
Mais la distinction entre le fond et les « superfices et édifices » qui existait en Basse-Bretagne
n’était pas si contraignante que cela.
Si congément il y avait, on procédait au « prisage et mesurage » des améliorations apportées par le
domanier afin d’evaluer les droits réparatoires ou dédommagements, préservant ainsi la liberté
d’exercer ses compétences comme il l’entend.
Ces fonds représentent des « communs » inaliénables qu’il faudrait préserver sur le territoire des
communes. Les communes disposent de droits de préemption mais cela peut aussi se faire plus
simplement par le PLU...... Une mise en place progressive de telles mesures est à sa portée.
Des jardins ou des parcelles ainsi attribuées permettraient aux gens de se réapproprier ce qui leur
échappe alors qu’ils devraient en disposer naturellement pour y exercer des capacités personnelles
mises en friches actuellement.
Une idée : revoir le code civil pour être en accord avec l’article 17 des droits de l’homme.
« La propriété étant un droit inviolable, nul ne peut en être privé...... »
A commencer par la propriété des sols, qui doit être un bien public. (Les communs)
Ce n’est donc pas un droit acquis comme il semblerait mais aussi à conquérir pour que les savoir-
faire puissent s’exprimer. Ce que ce savoir-faire permet d’accomplir est la propriété de son auteur
Produire, par exemple ses légumes sur une parcelle de terre.Encore faut-il qu’il en ait les moyens. Pour ce faire, la société a la devoir d’y répondre. Et de mettre
à sa disposition des structures adaptées. Qui devront, bien entendu, remettre en cause des situations
établies. C’est le moment de se lancer dans ce chantier pour échapper aux incertitudes de l’avenir.
Je vois bien les objections. Comment se procurer un tel espace de vie ? Est-ce la bonne formule ?
Je pense que la prise en compte des activités fantômes conduirait à redéfinir le droit civil pour le
soustraire en grande partie au monde marchand et permettre une vie plus digne et reconnue.
L’industrie ne pourra absorber toute la main-d’œuvre disponible et en faire des salariés. Les
solutions qui paraissent actuellement marginales seraient intégrées. L’apparent repli sur des
solutions individuelles pourrait devenir un objectif majeur de politique solidaire et pas seulement
palliative. Et là les communes seraient le bon échelon pour cela. Et permettrait à la politique de
renouer avec sa mission pour organiser la vie de la cité. La gestion du foncier directement est déjà
possible et assez souple pour convenir en tous lieux et sous toutes formes.
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L
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L
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