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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 08:14

C’est un fait, le système connait de graves ratés et on peut se poser la question de savoir pourquoi certains élus sont réticents à donner leur signature à des candidats à la présidentielle pour leur permettre de se présenter.

Un problème récent…

En effet, on peut dater ce problème à l’avènement de Macron à l’Elysée. Pendant toute la campagne de 2017, il n’a cessé de claironner son « ni gauche, ni droite » qui a causé tout de même quelques dégâts dans le paysage politique français jusque-là assis sur sa rente.

Mais il serait désolant de ne pas citer les « mérites » des anciens partis qui ont eux-mêmes renoncé à leurs principes respectifs pour entrer de plain-pied dans la doxa mondialiste. Mention spéciale pour Hollande avec l’argent déversé sur les entreprises, sans aucune contrepartie en matière d’emploi. Mention assez bien pour tous ceux qui se sont précipité dans le débat immigration/insécurité et ont provoqué l’affaiblissement de la réflexion collective sur des sujets peut-être plus importants comme l’emploi, les salaires et le coût de la vie, mais ces sujets avait déjà été largement escamotés depuis plusieurs années.

…Mais un processus assez rapide

Pendant tout le quinquennat on a constaté les effets délétères de ces changements notamment lors des élections locales intermédiaires. Le mouvement des gilets jaunes qui a ébranlé les fondements du pouvoir n’a pas été non plus étranger aux changements dans la vie politique locale.

Lorsqu’on votait auparavant à ces élections, il n’était pas rare de voir sur les professions de foi la mention ou le logo d’un parti politique national, du moins à partir d’une certaine taille de collectivité, les petites communes étant plus versées vers « l’apolitisme », par tradition, et aussi parce que le panachage était la règle.

On sait par ailleurs que les tentatives d’entrisme de LREM dans les assemblées locales se sont soldées par plusieurs échecs successifs. Cependant, la présence de certains de ses membres élus tout de même dans ces assemblées a consacré de fait le « ni droite ni gauche » dans le paysage local. Par conséquent des listes se sont mises à toutes se ressembler et mettant plutôt en avant un écologisme de bon aloi, plutôt que des opinions politiques claires, ainsi qu’un tropisme marqué pour la « sécurité », bien dans l’air du temps. Ces temples de la démocratie citoyenne que sont les communes sortent peu à peu du paysage démocratique et voient l’abstention croitre.

Aujourd’hui, à l’assemblée nationale et au Sénat des élus siègent sous des noms de groupes exotiques (Libertés et territoires, Agir Ensemble,…), qui jettent un peu plus le flou sur la décomposition en cours. Ils participent à l’incompréhension du système par les électeurs et font hésiter les éventuels parrains.

Et ce n’est pas le « mercato » pitoyable actuel où l’on voit des élus en fonction ou sur le retour (cf, le PS, mais pas que…) faire allégeance à de nouveaux maîtres pour quémander, un poste ou une investiture gagnable pour continuer à exister, qui va contribuer à relever le niveau

Le parrainage et ses limites

Tout cela à percolé pendant tout le mandat et les élus en capacité de parrainer un candidat à la présidentielle se retrouvent un peu gênés aux entournures pour faire des choix sans heurter des colistiers et se retrouver, s’ils passent outre, en minorité dans leur assemblée locale, et en prime se faire insulter par des électeurs mécontents de leur choix.

Ajoutons à ce tableau les petites mesquineries locales qui consistent par exemple, pour un Président d’intercommunalité, à faire un chantage à la subvention à un Maire désireux de construire une salle polyvalente s’il ne parraine pas le « bon » candidat.

Enfin, il faut bien le reconnaître, la violence envers les élus n’est pas une vue de l’esprit et on peut comprendre que certains élus locaux veuillent prendre leurs distances avec le piège des parrainages.

Aujourd’hui, tout le monde semble s’émouvoir de la situation, mais force est de constater que le système actuel a vécu et que les Maires semblent le rejeter ou feindre de l’ignorer, pour diverses raisons.

Et ce ne sont pas les gesticulations de partis ou d’individualités disant la main sur le cœur qu’ils sont près à parrainer un candidat avec lequel il ne sont pas d’accord qui changeront les choses.

Le système de parrainage a été mis à terre par le renoncement et les lâchetés politiques quand ce n’est pas par peur de faire fuir les éventuels investisseurs qui promettent monts et merveilles pour le territoire.

Il ne reste plus qu’à attendre le 4 mars pour voir si des candidats en vue seront obligés de renoncer, ce qui m’étonnerait car le système fera tout pour éviter des mécontentements populaires de nature à troubler la belle quiétude de la campagne électorale.

 

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