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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 09:33

Depuis le Crash démocratique de 2002, les français semblaient se satisfaire de cette grande peur de l’extrême droite pour expliquer leur raison d’aller voter.

Les goinfres

Ils s’étaient habitués à l’absence de programmes et cela tombait bien puisque l’élection présidentielle (les élections en général) ne servait qu’à reconduire des oligarques de la politique, sans attaches idéologiques, navigant d’un bord à l’autre, bien sous tous rapports, adhérant globalement aux idées néolibérales convenant parfaitement au Medef et au CAC 40.

Les présidents successifs ont bien confirmé les espoirs mis en eux en dérégulant à tout va et surtout en n’ayant eu de cesse que de baisser les impôts, surtout pour le monde économique, sans exiger de contreparties en matière d’emplois.

Récemment, tout de même on s’est enquit en haut lieu (effet gilets jaunes sans doute) de l’opportunité de jeter une petite pièce dans l’escarcelle du petit peuple en supprimant la taxe d’habitation ou en baissant des cotisations salariales.

Cependant, si pour les entreprises l’effet s’est traduit par une hausse des bénéfices et des dividendes, pour les salariés, l’appauvrissement de l’Etat et des caisses sociales font envisager de nouvelles coupes dans les budgets que supporteront à terme les salariés.

Avec en sus, l’effet du quoi qu’il en coûte qui se retrouve dans la dette et sera prétexte à un nouveau tour de vis touchant les services publics que les citoyens devront payer.

Les résultats sont là !

On voit déjà ce que cela donne en matière d’EHPAD ou bien encore plus généralement du contrôle des lois et normes dans d’autres domaines avec les moyens indigents qui y sont consacrés, car dans notre système très libéral le principe est celui de la « confiance » qui permet tant de choses en matière de contournement des dispositifs.

Le système est donc pourri de l’intérieur et lorsque qu’un scandale éclate ou que survient un problème potentiellement à risque politique (comme le covid), on cherche à se préserver en faisant appel à des cabinets de consultants payés très chers pour dire comment éviter les retours de manivelles, au lieu de faire appel aux ressources internes à l’administration. Pas de vagues et ouverture du parapluie : l’irresponsabilité politique érigée en art ! Cette pratique, courante à tous les niveaux de collectivités coûte très cher aux contribuables, souvent pour des résultats très contestables (comment enterrer un projet afin d’éviter des vagues ? Ayez recours à un consultant…)

A ce stade, il est nécessaire de faire une petite synthèse :

1 – Un ordre très néolibéral qui dicte sa loi aux élus

2- Des profiteurs (CAC 40 et Medef) qui réclament toujours plus de cadeaux fiscaux mais qui continuent à délocaliser en douce et explosent les bénéfices et les dividendes.

3- Des baisses d’impôts et de cotisations pour le petit peuple à valoir sur leur retraites futures et d’autres impôts locaux qui compenseront les pertes de recettes.

4 – Une dette qui se creuse ce qui justifiera de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques et des milliers de suppression d’emplois

5 – Une absence de prise de risques politiques à tous les niveaux qui ne font plus confiance à leurs administrations et dépensent un « pognon de dingue » avec des cabinets conseil.

Une campagne pleine de belles promesses…

Voilà donc comment nous abordons cette nouvelle séquence électorale marqués par l’indigence des débats proposés (immigration, sécurité, suppression de postes de fonctionnaires, baisses des « charges » des entreprises,…) avec un paysage très clivé, d’un côté les entreprises qui sont au-dessus du lot et de l’autre le reste du pays qui se soumet à leurs lois avec la bienveillance complicité des politiques de tous bords.

Tout cela ronronne bien depuis plus de 20 ans et la campagne présidentielle n’a pas échappé à cette règle. Chacun occupe le terrain avec ses marottes ou ses délires depuis 6 mois avec la bienveillante complicité des chaînes d’infos françaises, qui dissertent sur des sondages, même si leurs résultats sont pipés par des méthodes douteuses, qui formatent l’opinion.

Le fameux « effet drapeau »

C’est le moment choisi par Poutine pour nous faire sa petite « opération militaire spéciale » chargée de ramener dans le rang les « pays frères » souffrant d’un tropisme européen ou Otanesque.

…Et les médias de nous agiter leur nouveau grimoire « l’effet drapeau » qui veut qu’en période de crise il ne faudrait surtout pas changer de cheval politique.

Fin du débat, la trouille comme programme, comme en 2002 avec le petit prurit FN, mais cette fois à puissance 10 avec augmentation des budgets militaires (et quelques ventes d’armements par notre représentant de commerce du Ministère des affaires étranges à nos voisins nouvellement convertis…).

Oubliez le vide sidéral des débats et des programmes, mais n’oubliez tout de même pas de saquer les candidats poutinolâtres. Votez sans vous poser de questions pour « l’homme de la situation » celui qui a endossé le costume de dompteur de dictateur mais qui y laissera un bras au final.

Et après ?

On verra… Une fois le monde sauvé (ou englouti, c’est selon…) il restera l’essentiel, c’est à dire la poursuite de la « réforme » ou la reconstruction qui deviendront une ardente obligation propice à toutes les régressions sociales, sauf pour les plus riches, pour lesquels on devra se saigner un peu plus au nom des « dommages de guerres » (qu’elle soit économique ou nucléaire).

Juste un problème cependant qui risque de coincer le système : le Président pourrait être très mal élu du fait du désintérêt provoqué par « l’effet drapeau » et la sanction des poutinolâtres. L’abstention pourrait donc atteindre des sommets, les électeurs pouvant considérés que les dés sont déjà jetés et parce que les ralliements de droite et de gauche autour de Macron font mauvais effets et font perdre l’espoir en un changement doux.

Il ne manquerait plus pour enfoncer le dernier clou sur le cercueil de notre vie démocratique en soins palliatifs, qu’il soit réélu dès le premier tour, et cerise sur le gâteau que le scrutin présidentiel soit suivi d’une dissolution de l’Assemblée national avec élections anticipées pour « gagner un temps précieux pour réformer le pays ».

Après, on verra (bis) : peut-être que les Français auront envie d’autre chose que le gloubiboulga qu’on leur propose et qu’ils chercheront à reprendre en mains leurs propres destinées plutôt que de les confier à des syndics de faillites. Sous quelles formes ? Violentes, ou pas…

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