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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 09:07

A quelques jours de l’élection présidentielle, les partis et les commentateurs politiques jouent à se faire peur, comme c’est l’usage afin de mobiliser les électeurs. Fait important, c’est bien la première fois que l’on parle autant des abstentionnistes estimés à presqu’un tiers du corps électoral : du jamais vu ! On anticipe également le second tour et on s’interroge sur les fameux « castors », autrement dit ceux qui traditionnellement font barrage en votant contre leurs propres convictions juste pour empêcher un des deux candidats de gagner. Cela fait vingt ans que ça dure et les « castors » ont tendance à devenir une espèce en voie de disparition.

Plus largement, il est permis de s’interroger sur le sens de ces retraits du « devoir citoyen » par rapport à une importance supposée du rôle réel des hommes et des femmes qui se présentent pour diriger le pays.

Quels sont les pouvoirs réels de l’Etat aujourd’hui ? Hormis le régalien (police, justice, armée,…) et encore, il faut considérer la part majeure du pouvoir détenu sans mandat par ceux qui dictent leurs exigences en matière de programmes. Je veux parler du monde économique et financier qui ne se gêne pas pour intervenir dans les campagnes. Il n’est que de constater la marche arrière, après avoir été tancée par le Medef, de Mme Pécresse concernant l’augmentation des salaires prévue dans son programme.

Fin programmée des régimes sociaux

Non, l’élection de nos représentants ne procède pas essentiellement du vote des français mais du rapport de force entretenu par le Médef et le CAC 40 pour ne parler que des plus visibles. Retraite, salaires, protection sociale, ne relèvent plus de la volonté des représentants élus mais sont soumis au contrôle a priori d’une caste non élue qui voit les choses à l’aune de ses propres intérêts.

Ce qui se joue depuis 40 ans, c’est le combat de cette caste contre les régimes de protection sociale mis en place après-guerre. Ils considèrent que les « charges » sur les salaires, la TVA, l’impôt sur les sociétés ou bien encore les impôts de production sont illégitimes et que ce n’est pas à eux de supporter le coût de la protection sociale.

« Rendre l’argent aux français »

Le message a déjà été en partie intégré par ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire et qui parlent désormais de « rendre l’argent aux français » pour augmenter leur pouvoir d’achat : exit la responsabilité des entreprises en matière de pouvoir d’achat.

On baisse donc les cotisations salariales en oubliant de dire que cela se traduira par un déficit des régimes sociaux à terme. On supprime la taxe d’habitation sans se soucier de son utilité pour les collectivités locales. On parle de supprimer la redevance TV sans dire que cela se traduira immanquablement par la braderie du service public audiovisuel aux oligarques de la presse. L’Etat donne des chèques aux français pour boucler leurs fins de mois et donne l’idée que le travail ne paye plus, dégageant ainsi les entreprises de leurs responsabilités.

Laissons le champ libre à la fraude…

Et comme on recherche des économies on parle de supprimer des emplois de fonctionnaires, y compris dans les secteurs susceptibles de rapporter de l’argent à l’Etat (douanes, contrôleurs fiscaux ou bien encore dans les ARS), laissant le champ libre aux malversations de toutes sortes (cf le scandale ORPEA). Le libéralisme et la mondialisation utilisent leurs propres codes qui ne sont pas ceux de la puissance publique (toute relative).

Le dévoiement du mot « solidarité »

Pour éviter de voir la poussière sous le tapis, on clame haut et fort que les allocations coûtent « un pognon de dingue » et on est sans pitié contre les fraudeurs aux allocations en oubliant et en s’empêchant même (faute de moyens de contrôles) de tenir le même discours vis-à-vis des fraudes sociales et fiscales des entreprises, de l’évasion fiscale et autre magouilles de « prix de transfert ».

Pour autant, le mot « solidarité » n’a jamais autant été présent dans le discours politique. Prenez le Revenu de Solidarité Active dont on parle désormais de soumettre son versement à une activité obligatoire.

Prenez maintenant l’Impôt de Solidarité sur la Fortune supprimé en grande partie et qui n’a été conditionnée à aucune obligation pour les bénéficiaires autre que le « ruissellement » sur l’économie qui s’est tarie avant même d’avoir commencée.

Prenons maintenant le Crédit Impôt Compétitivité Emploi mis en place par celui dont « l’ennemi était la finance » désormais inclus dans les baisses de « charges » et essayons de compter le nombre d’emplois créés (à mettre en parallèle avec l’augmentation des dividendes… ).

L’Etat, passe plat pour les goinfres

L’Etat est devenu le mandataire judiciaire d’un pays soumis aux règles de la mondialisation et de la rente. Il accompagne la faillite du pays qui justifiera d’autres serrages de vis et la fin de l’Etat Providence, but ultime poursuivi.

Pour ce faire, il se doit d’avancer masqué. Il a de moins en moins recours à ses ressources internes (l’administration) pour prendre des décisions allant dans le sens du « moins d’Etat » dont raffolent nos élites et a recours à des cabinets conseils dont l’efficacité du travail laisse à désirer et qui pratiquent (scandale des scandales) l’évasion fiscale. Cette pratique est également répandue dans nombre de collectivités locales, voire même dans les entreprises privées alors même que les consultants et les consultés sortent des même écoles de commerces ou de la haute fonction publique d’Etat et pratiquent l’entre soi et les transferts pour le profit des entreprises de « consulting » (20 Milliards d’euros de chiffres d’affaires en France) et le malheur du citoyen et du consommateur.

Des élus hors sol et opportunistes

Nous sommes dirigés par une caste d’élus mercenaires sans convictions, qui se déplacent au gré des opportunités politiques, vendus à l’idéologie néolibérale ou qui ne demandent qu’à l’être et qui se contrefichent du reste : business as usual !

Dans ces conditions, il devient évident que voter n’est plus la solution et que ce phénomène risque de s’amplifier, faute d’un changement radical de l’équilibre des forces en présence et de réformes équilibrées.       

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