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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:33

La « destruction créatrice » désigne un processus économique permanent de suppressions d’activités qui permettrait la création simultanée d’activités économiques nouvelles.

C’est la doxa bien connue qui légitime tout et surtout l’augmentation du chômage et la concentration du capital financier.

La déconstruction de la démocratie se nourrit au jour le jour de cette règle inique en précipitant dans la précarité et les minimas sociaux de plus en plus d’individus.

Depuis quelques années, on voit apparaître un autre pouvoir à l’œuvre tout aussi dangereux que le capitalisme et qui fait son miel des errements de celui-ci et de la faiblesse du pouvoir politique : les religions.

Quel crédit donner à la parole publique ?

Les sondages et les scrutins se succèdent et donnent une réponse claire et précise : de plus en plus de citoyens se détournent des urnes ou bien sont attirés par le vote extrême qui, en l’absence de la confrontation à la réalité du pouvoir, peut toujours promettre des lendemains qui chantent.

L’alternance de 2012 a été provoquée par le rejet de l’ancien système et surtout le rejet d’une personnalité, ce qui démontre bien que le programme de 2007 n’avait que peu d’importance aux yeux de ceux qui ont donné les clés de l’Elysée au bateleur qui veut se représenter aujourd’hui. Le résultat de ce vote de rejet a été de changer de locataire de cette prestigieuse demeure pour y mettre une personnalité peu charismatique dont les promesses ont pu faire illusion quelques mois, sans plus.

Retour à la case départ, donc, où l’on constate que, quel que soit le Président et quelle que soit sa majorité, les marges de manœuvre face aux pouvoirs économique et financier sont faibles et le « pouvoir » politique n’est là que pour déconstruire, c’est-à-dire vendre les bijoux de familles, tuer le service public et financer, sans nuances le secteur économique, à fonds perdus.

Quel impact pour le CICE et le pacte de responsabilité en matière d’emploi ? Nul ou presque, en tous cas totalement ridicule par rapport aux sommes généreusement distribuées sans contreparties.

Le débat des primaires à droite nous a donné un aperçu de ce qui allait se passer en cas d’alternance : destructions massives d’emplois publics et pans entiers de l’activité publique bradée au secteur privé, charge à lui de se financer sur la bête, c’est-à-dire le citoyen.

La parole publique se délite et n’est que le portevoix d’intérêts privés : c’est dans l’air du temps depuis une trentaine d’années et à chaque fois on en remet une couche, pour notre bien, évidemment.

Aujourd’hui, la parole publique, n’existe plus. Elle n’est faite que de promesses jamais tenues, sauf celles qui ne sont jamais mises en avant dans les campagnes électorales et ne concernent qu’une partie infime du corps électoral, ceux qui se goinfrent et se régalent à chaque alternance.

Cette trahison permanente commence à se voir et afin de masquer le problème, on déploie des rideaux de fumée avec l’aide bienveillante des chaînes d’infos en continu, de la presse people ou de journalistes trop bien introduits dans les cénacles du pouvoir. Cela nous donne la bouillie médiatique actuelle ou les oppositions entre candidats ou bien les turpitudes d’un président sont montées en épingle au détriment du débat.

Ce qui se passe aux USA, est révélateur de ce système d’Entertainment, dans la mesure où les saillies d’un candidat tiennent davantage de place que le débat. Habitués à la téléréalité, les spectateurs/électeurs se vautrent dans ce système dont ils se font les complices mais dont ils ne sont que les victimes.

En France, sans être arrivé  ce niveau de bassesse, nous n’en sommes désormais plus éloignés et l’opposition entre les « votants » risque de mal se terminer, les perdants acceptant de moins en moins les règles démocratiques.

Et les religions dans tout cela ?

Un espace se libère face au délitement de la parole publique. Les religions seraient-elles désormais le dernier refuge pour des citoyens en manque de repères ?

La nature a horreur du vide et la prière et les règles de vie propres à chaque religion feraient-elles office de citoyenneté ?

Pour des citoyens français habitués à la rationalité, à la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat, cela pourrait sembler exotique a priori, mais cela serait ignorer les évolutions du monde qui nous entoure et de la volonté des religions d’imposer leur vision.

Le problème, c’est que les religions qui nous parlent d’œcuménisme (les rencontres d’Assise), de pardon (pour les victimes de prêtres pédophiles) ou nous parlent de paix et d’amour, sont loin d’être d’accord entre-elles. Les extrémismes religieux sont là pour nous le rappeler. Qu’ils soient chrétiens, musulmans, bouddhistes ou juifs, ils sont porteurs de massacres, d’anathèmes ou de ségrégation et l’histoire est peuplée de ces dérives. Il ne suffit pas d’une petite prière ou de reconnaitre ses torts deux ou trois siècles après ou bien de parader pour une belle photo de famille pour qu’on oublie le passif.

Le second problème, c’est que les religions s’appuient sur le prosélytisme pour gagner des « parts de marchés », un peu comme le système économique et financier pour le capital et délivrent leur message clivant ou contraignant.

Pire, elles s’immiscent dans la vie publique, souhaitant imposer leurs vues et leurs règles de vie à un pouvoir politique en faillite et qui ne doit sa survie qu’aux votes communautarismes. Cela passe de la bienveillance affichée par des élus locaux (qui cumulent parfois avec un mandat national) vis-à-vis de petits pouvoirs religieux subventionnés au nom de la paix sociales dans les quartiers, jusqu’à l’adoption de thèses de mouvements religieux bien marqués à droite dans les programmes politiques de candidats à la Présidentielle.

La presse catholique bienpensante n’hésite plus, au travers d’éditoriaux à l’eau bénite à critiquer la laïcité, demandant « la réintégration de valeurs religieuses dans la production de normes publiques » ou bien la création d’un « conseil des religions qui pourrait être un stimulant des régimes politiques ».

On croit rêver, ou plutôt, non on ne rêve pas, cette posture n’est ni plus ni moins que la remise en cause des états de droit en vue de favoriser l’émergence de pouvoirs religieux qui bien  évidemment ne manqueraient pas de nous mener à des guerres civiles ou à de nouvelles guerres de conquêtes.    

J’aime la laïcité. Je ne suis pas opposé aux religions et je souhaite seulement qu’elles fassent preuve de modestie et qu’elles ne profitent pas de la faiblesse du pouvoir politique pour avancer leurs pions, comme le font les pouvoirs économique et financier.        

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