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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:06

 

L’épisode neigeux que nous venons de connaître aura été une fois de plus l’occasion pour les médias, audiovisuels en particulier, de pratiquer la surenchère dans le commentaire.

Lorsque j’entends parler de naufragés, c’est le Titanic qui me vient à l’esprit et quand on me parle de réfugiés, je vois des cohortes de gens déplacés en raison d’une famine ou d’une guerre.

Dans notre confort occidental, les mots perdent leur sens et on n’hésite plus à parler de naufragés dès que des automobilistes, des routiers ou des utilisateurs de transports en commun sont bloqués temporairement par des intempéries dans leurs véhicules ou sur le quai d’une gare et empêchés de se déplacer librement. Ces naufragés passent à un statut de réfugiés dès lors qu’ils sont extraits de leur condition désagréable pour être conduits soit dans un gymnase communal ou bien dans un hôtel pour les plus chanceux.

Je ne sous-estime pas les désagréments endurés et je n’aimerai pas être moi-même dans une situation de ce type, mais je réprouve cette dramatisation médiatique alors même que la majorité des personnes bloquées accepte ces désagréments passagers et attends le déblocage des réseaux.

Néanmoins, afin de faire le « buzz », on tend complaisamment le micro aux plus énervés, aux plus pressés qui n’ont pas écouté les avertissements de météo France et qui s’empressent de pester contre les institutions, le service public, la DDE qu’on ne voit pas ou la SNCF qui n’informe pas ses clients…

…Et bien sûr d’en rajouter une couche en comparant la France aux pays nordiques ou le Canada, en oubliant de dire que tout ne va pas pour le mieux dans ces pays où ils ne sont peut-être jamais allés.

Le problème de nos sociétés, c’est qu’il faut « que ça tourne ». L’économie ne peut pas se payer le luxe ne serait-ce que d’un blocage d’une journée, alors on prend des risques et on engage des camions ou des véhicules particuliers sur des axes dont il est risqué d’aller en raison des conditions climatiques, et on programme des déplacements en transports collectifs, et ce, malgré les avertissements.

Le résultat est celui que nous avons connu avec ses « naufragés » et ses « réfugiés ».

Sommes-nous prêts à affronter des situations climatiques exceptionnelles ?

Il n’est pas interdit de se poser la question de savoir si nos services publics, les sociétés d’autoroutes, la SNCF ou EDF sont suffisamment armés pour répondre à ces situations exceptionnelles. La réponse est dans la question : dans certaines régions où les aléas climatiques sont l’exception, on ne va pas surinvestir dans des matériels spécifiques pour répondre à des phénomènes climatiques qui ne surviennent que tous les dix ans. Même chose pour les communes rurales qui ont déjà du mal à boucler leurs budgets et qui attendront le dégel, tout simplement en sachant que la solidarité entre voisins permettra d’amortir les désagréments.

S’agissant plus particulièrement des collectivités publiques concernées par ces évènements climatiques, à savoir l’Etat (les DRIRE) pour les réseaux nationaux, les Départements (les ex DDE) pour les routes départementales ou les communes pour les voies communales, il faut savoir que les moyens (c’est surtout vrai pour les services de l’Etat) on été mis au régime sévère du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite du temps de l’ancienne présidence et que cela doit forcément avoir un impact sur les capacités de traitement du réseau en cas d’intempéries. Les départements dirigés par les Conseils Généraux ont, quant à eux bien pris la mesure du « risque électoral » et ont sinon amélioré, du moins maintenu les effectifs transférés par l’Etat sans appliquer la règle du non remplacement de un sur deux. Les communes sont globalement réactives elles aussi, mais leurs interventions sont à la mesure de leurs moyens.

Tout cela pour dire que même en mettant des moyens humains et techniques démesurés par rapport aux situations climatiques normales, il y a de fortes chances pour que les situations exceptionnelles se renouvellent avec les désagréments qu’elles comportent, et il faudra apprendre à vivre avec.

Les grandes gueules

Hormis ceux à qui ont tend complaisamment le micro pour agonir les services publics (certains d’entre eux peuvent avoir par ailleurs avoir applaudi des deux mains la diminution du nombre de fonctionnaires), il existe une autre catégorie, toujours en recherche de polémiques et qui s’empresse de critiquer l’action du pouvoir en place.

Au palmarès des faux culs, on notera les interventions de Jean Louis Borloo et de Dominique Bussereau se plaignant du manque de réactivité du gouvernement faisant ainsi semblant de prendre fait et cause, pour des raisons bassement électoralistes, pour les naufragés gueulards, en oubliant de rappeler qu’ils sont à l’origine du démantèlement des services publics.   

 

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:13

 

Chaque jour ou presque nous amène son lot d’annonces de réformes, de taxations destinées à combler le trou budgétaire, celui des retraites ou de la sécu ou bien encore à « améliorer » la justice fiscale.

Ces derniers temps nous avons eu droit à différentes hypothèses concernant les retraites allant de l’augmentation des cotisations à l’allongement de leur durée, en passant par la fin de leur indexation,  la suppression de l’abattement de 10 % sur les revenus des retraités ou bien la fiscalisation de l’avantage consenti aux fonctionnaires qui ont élevé trois enfants.

S’agissant de la politique familiale, cela va de la fiscalisation des allocations en passant par la modification du quotient familial. Sur la fiscalité elle-même on parle de l’avancement de l’application de  l’augmentation de la TVA et également de l’indexation de la taxe d’habitation sur les revenus de l’occupant du logement.

Outre les éventualités concernant la TVA, on notera également le débat sur la fiscalité du diesel, fort opportunément initié par la cour des comptes qui parle de 7 Milliards de perte de recettes, alors que cette mesure a fait les beaux jours de notre industrie automobile, ce qui n’est plus le cas actuellement.

Devant cette masse d’annonces, le citoyen lambda se trouve un peu dépassé et se demande à quelle sauce fiscale il va être mangé dans les prochains mois au nom de la rigueur budgétaire. Le plus averti prend sa calculette et chiffre, autant que faire se peut, chaque mesure et arrive selon sa situation à des totaux plus ou moins élevés, mais jamais neutres pour son budget, avec des scénarios catastrophe cumulant les effets de plusieurs mesures potentielles.

La réaction logique est de faire le gros dos, c'est-à-dire, pour ceux qui le peuvent, épargner un peu plus pour prévoir les mauvais jours, pour d’autres, différer leurs achats et donc leur consommation, et enfin pour les moins favorisés à se mettre un peu plus en mode survie en continuant à jongler avec les fins de mois, la réparation de la voiture et le paiement de la cantine des enfants.

Voilà pour les effets tangibles.

Vous n’avez rien compris !

Si cette masse de mauvaises nouvelles s’abat sur vous et vous incite à rentrer dans votre coquille, c’est que vous ne comprenez rien à la communication politique.

Il s’agit de la technique des ballons d’essais qui consiste pour un ministre, une institution (chambre des comptes) ou un corps intermédiaire (le Medef, par exemple), à lâcher une petite indiscrétion auprès de journalistes sur une mesure envisageable ou souhaitée afin d’en tester la faisabilité auprès du bon peuple et des lobbies. Il s’agit donc d’une arme à double détente, qui sera immédiatement suivie d’un sondage qui nous donnera des pourcentages favorables ou non qui permettront au gouvernement d’envisager ou non la mesure ou aux lobbies de passer à la vitesse supérieure.

Cette technique du ballon d’essai ne doit pas être confondue avec le couac qui est par exemple une intervention intempestive d’un ministre non labellisée « ballon d’essai » par le chef du gouvernement. On citera notamment la phrase de Montebourg sur Mittal (« La France ne veut plus de Mittal »).

Les gagnants et les perdants de la méthode

Certains ministres qui ont besoin d’exister dans leur diversité au sein du P.S. ont sans doute intérêt politiquement à faire fuiter telle ou telle information auprès de la presse qui s’empresse d’en faire ses choux gras.

Les seconds gagnants sont les instituts de sondages à qui le gouvernement ou les médias commandent des enquêtes sur tel ou tel bruit ou annonce et les livrent à ces mêmes médias qui les commentent pendant plusieurs jours. La presse et les instituts de sondages ne vont pas trop mal en ce moment et peuvent donc remercier le gouvernement pour sa manière de piloter son action.

Car c’est sans doute l’enseignement principal de ce que nous vivons actuellement : le gouvernement, face à la crise, cherche désespérément des solutions et les teste sans se douter de leur caractère anxiogène auprès des français et de leur impact négatif sur l’économie. Il ne s’agit pas de stigmatiser le gouvernement actuel, le précédent a fait et ferait sans doute la même chose. D’ailleurs, la technique du ballon d’essai semble être également la règle pour que l’on continue à parler du Président UMP battu en mai dernier.

Les perdants sont bien sûr les citoyens, qui outre leur état d’abattement face à l’avalanche des mesures évoquées, sont complètement exclus du débat qui est contenu au sein d’une nomenklatura politico-médiatique.   

 Redonner la parole au peuple ?

Un sondage est moins risqué pour nos dirigeants politiques qui cherchent avant tout à faire carrière et à cumuler les mandats ou les postes de prestiges.

Et puis, dès fois que cette parole irait au-delà de ce qui est supportable (pour les pouvoirs et les lobbies), comme l’ont fait les Suisses en matière de rémunérations de leurs dirigeants économiques…

…ou bien encore que le peuple élise, comme en Italie des représentants, au risque de bloquer la vie parlementaire…

Par ailleurs, redonner la parole au peuple nécessiterait pour ces dirigeants de revoir leurs modes de pensée, ceux qui leur ont été inculqués dans des écoles prestigieuses ou qui leur ont été glissés dans l’oreille par les experts en tout genre, incapable de prédire les crises, mais que l’on voit toujours pérorer au 20 heures en nous rappelant les sacrifices que nous devons accepter au nom de l’ordre mondial.

Alors…

 

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 10:21

 

A quelques jours de la sortie de la bio de Johnny Hallyday, la presse relaye la vision politique et sociale du chanteur.

 
"On a souvent dit que je m'étais barré (en Suisse) pour ne pas payer d'impôts. C'est en partie vrai, mais c'est aussi parce que c'est épuisant cette ambiance".

 

Cher Johnny, Il me semble que tu es un peu confus en ce moment (séquelles de ton coma ?). Tu nous dis que l’ambiance est épuisante en France et c’est ce qui t’a décidé à partir en Suisse, mais j’ai l’impression que ta notion du temps s’est singulièrement dégradée. En effet, en proclamant ton appartenance à la droite et en critiquant la gauche, tu oublies simplement que ton départ en Suisse est largement antérieur à l’arrivée de la gauche au pouvoir puisqu’il me semble que c’est sous Chirac que tu as décidé de fuir le pays pour des raisons fiscales et rien, ni personne, même ton ami Sarkozy avec son bouclier fiscal, n’a pu te faire revenir en France.

Il est toujours facile de refaire l’histoire, de se forger une conscience politique à la va vite, mais tu ne me feras pas croire que c’est une réflexion politique qui t’a amené à quitter la France, d’autant que tes multiples résidences à l’étranger te conduisent depuis longtemps à ne plus mettre les pieds chez nous que pour gagner l’argent que tu ne veux surtout pas partager. C’est surtout une réflexion de rentier, comme celles de Depardieu, Delon, ou Aznavour dont tu te sens très proche (et qui a été un précurseur en matière d’exil fiscal en Suisse) et qui fera de vous les plus riches du cimetière.

 

« Tu n’es pas pour que les gens pauvres le soient », écris-tu, ce qui est un lieu commun : personne n’est pour a priori. Il faut les aider, rajoutes-tu. Permets-moi de te rappeler qu’il faut éviter de donner des leçons de citoyenneté aux autres qui payent leurs impôts en France quant une grande partie de tes revenus (7 Millions d’euros en 2013 selon la presse) échappe au fisc français.

 

"Je me suis toujours demandé pourquoi aux Etats-Unis quand t'as une belle voiture, les mecs sourient et te disent formidable, et en France on te traite de voleur ».

 

Encore une fois, tu fais une erreur d’analyse. Il n’est que de voir le succès du salon de l’automobile, les ventes de la presse people qui vante à longueur de numéros les vertus de la réussite des stars et l’audience des émissions de téléréalité faisant miroiter la gloire, sans compter le succès grandissant du loto pour constater que tu te trompes lourdement au mieux ou que tu cherches à manipuler l’opinion contre cette gauche qui serait « anti riches », selon la formule consacrée par la droite.

 

Personne ne te reproche de gagner de l’argent et de le dépenser comme tu le veux en belles bagnoles, en champagne ou en voyages. Une chose est certaine : tu vis à l’étranger dans ta bulle avec l’argent que tu gagnes principalement en France étant donné que tu es un illustre inconnu ailleurs et aux Etats Unis dont tu vantes la tolérance (évite tout de même d’aller dans certains quartiers avec tes belles voitures et tes belles motos. Tu pourrais faire l’amère expérience d’un manque certain de tolérance que tu imputes seulement à la France).

 

Cher Johnny,

Il me semble que ce n’est pas très correct de cracher dans la soupe en publiant ce genre de propos qui ne sont là que pour faire le pitch de ton bouquin et manipuler l’opinion et tes fans en redorant ton blason qui a été singulièrement terni ces dernières années. Accessoirement, (mais n’est-ce pas là le principal objectif ?), la publication de ces déclarations à quelques jours de la sortie de ton livre, contribuera à augmenter tes revenus, à défaut de te forger une image de rebelle et d’analyste politique.

Le pire, c’est que des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois vont se précipiter chez Auchan ou à Carrefour pour acheter ton bouquin qu’ils mettront bien en évidence à côté de la Sainte Vierge, dans la salle à manger.

C’est con, parce sans être un fan, j’ai toujours apprécié l’artiste et le show man que tu étais, Aujourd’hui, face à l’exil des fuyards fiscaux, je regarde les chanteurs, les acteurs et les autres à l’aune de leur citoyenneté et de leur participation au redressement du pays. Quant à ceux qui s’exilent, je mets un point d’honneur à mettre particulièrement de côté ceux qui s’érigent en chevaliers blancs et en donneurs de leçons. Tu en fais désormais partie au même titre que Depardieu.

 

Pour faire la promo de ton bouquin tu mets en avant une pseudo réflexion politique qui constitue les « bonnes feuilles » lâchées aujourd’hui dans la presse. Comme toujours dans ces cas-là, je pense que le reste de ton bouquin sera dénué d’intérêt. Tes emmerdes de pauvre riche avec tes ex ou tes producteurs ne m’intéressent pas, mais ce n’est pas grave, tu seras bientôt en tête de ventes.

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:05

 

Comme beaucoup de personnes, je reçois de temps à autre sur ma messagerie électronique des messages s’élevant contre le droit de vote qui pourrait être donné aux étrangers.

En général, ces messages ne donnent pas dans la nuance et le raccourci entre étranger et islamiste sert de construction à un propos qui se veut ouvertement raciste. Tout y est, de l’islamisation rampante de notre société et du danger pour la laïcité en passant par les mosquées qui remplaceront bientôt nos églises et l’obligation des menus hallal dans les cantines scolaires.

Ces messages n’invitent pas à la réflexion mais au contraire s’inscrivent dans une démarche de propagation de craintes et de peurs irraisonnées : ils assènent une vérité mais évitent bien d’engager la réflexion sur la réalité des choses.

De quoi parle-t-on ?

Il n’est pas question de la prise de pouvoir par je ne sais quel mouvement religieux qui imposerait sa loi à tous. Nous ne sommes pas dans des contrées où règnent l’ignorance et dans lesquels des groupes autoproclamés dictent leur loi.

Nous sommes en France, patrie des droits de l’homme et de l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Cela devrait suffire à contenir toute velléité de prise de pouvoir par des officines obscurantistes, à condition que l’on n’oublie pas les fondements qui font de notre démocratie un modèle.

Parmi ces fondements, il y a celui de la participation des citoyens à la désignation de leurs représentants. Par citoyen, il faut bien sûr entendre l’individu qui dispose de la nationalité française et du droit de vote.  Ce même citoyen, s’il répond à des conditions d’éligibilité propres à chaque élection peut également prétendre à représenter une population dans une circonscription électorale donnée.

Le projet sur le droit de vote des étrangers contre lequel s’élèvent les propagateurs de messages, est celui du candidat socialiste aux dernières élections présidentielles. Il consiste à donner ce droit uniquement aux élections locales pour les étrangers qui résident légalement en France depuis cinq ans, mais pas le droit d’être élu, ce qui limite les risques potentiels énumérés dans les messages électroniques reçus.

On peut s’interroger bien sûr sur le fait que ces étrangers n’aient pas fait la demande d’acquisition de la nationalité française et pour répondre à cette question intime, il ne faut pas se cantonner à affirmer que les seuls étrangers concernés sont ceux issus des pays du bassin méditerranéen. De nombreuses nationalités sont concernées, des frontaliers suisses ou belges qui résident en France, aux nationaux des pays européens qui disposent d’un droit de circulation et d’installation en Europe, sans compter les représentants d’autres pays, qui à l’instar de français expatriés pour des raisons professionnelles, travaillent en France et souhaitent conserver leur nationalité.

Tous ces étrangers résident et travaillent en France. Ils payent des cotisations sociales et leurs impôts locaux. Ils s’acquittent de la TVA lorsqu’ils vont faire leurs achats au supermarché du coin. Bref, n’était-ce une identité différente conservée pour des raisons personnelles, ils ne différent en rien du bon français titulaire d’une carte nationale d’identité.

Dès lors, le débat sur le droit de vote aux élections locales doit être mené et la représentation nationale doit prendre ses responsabilités comme l’ont fait d’autres pays européens.

Elargir ce projet de loi

La limitation aux élections locales n’est pas discutable, pas plus que les conditions requises pour être élu, mais je pense que l’on pourrait en profiter pour modifier le code électoral sur au moins un point : la suppression du droit de vote pour les exilés fiscaux. Les exemples actuels sont éloquents : si par le passé les évadés fiscaux se sont faits discrets, ce n’est plus le cas aujourd’hui et l’exemple de Depardieu qui crache publiquement dans la soupe fortune faite et déclarant son amour pour la Russie et son dirigeant « démocrate » est là pour nous convaincre de l’impérieuse nécessité d’une modification de nos règles concernant le droit de vote.

Il faut par conséquent retirer le droit de vote aux exilés fiscaux, c'est-à-dire à ceux qui ayant largement profité du système français se mettent d’eux-mêmes hors jeu. Cela touchera nos chanteurs, qui après leurs galas en France retournent mettre leurs cachets à l’abri en Suisse ou en Belgique, nos quelques comédiens qui savent si bien profiter du système de financement public du cinéma français, et de nos sportifs en particuliers les joueurs de tennis, tous résidents fiscaux en Suisse.

On pourrait profiter également d’élargir cette loi au non bénéfice du système de protection sociale français, autrement dit, retirer la carte vitale à ces « bons français » qui veulent le beurre et l’argent du beurre.

Enfin, et la dernière promotion de la légion d’honneur est là pour nous le rappeler, cette décoration devrait être exclusivement réservée aux résidents français qui ne cherchent pas à échapper à nos règles sociales et fiscales. La même loi devrait enfin prévoir la radiation de l’ordre de la légion d’honneur pour tous les exilés fiscaux. J’ai toujours du mal à voir tel chanteur plastronner avec sa rosette à la boutonnière à la télé.

 

En conclusion, j’estime que les étrangers qui participent au contrat social dans notre pays sont plus légitimes que les français qui deviennent étranger uniquement pour garder leur pognon au chaud.

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:28

 

C’est la crise, l’horreur, des cohortes de chômeurs s’agglutinent derrière les portes de Pôle emploi, les riches fuient le pays pour ne pas laisser un euro de plus au gouvernement socialo communiste, la patronne du Medef montre chaque jour sa tête de cocker triste dans les médias pour dire que les entrepreneurs n’ont plus le moral.

Tout va mal ! Tel est le message que véhiculent les économistes patentés dans les médias. L’opposition, qui n’a jamais accepté l’alternance en rajoute une couche chaque jour pour stigmatiser le gouvernement. La France est le premier pays consommateur de tranquillisants : à quand les suicides collectifs ?

Bon, il ne faudrait pas tout de même sombrer dans la déprime totale. Il y en a tout de même pour qui les choses vont bien.

Prenez par exemple ce bon M. Arnault qui est en train de choisir l’exil fiscal en Belgique pour ne pas avoir à payer des frais de successions dont le montant couvrirait à lui seul la moitié de l’effort budgétaire de l’Etat pour 2013.

Savourez en silence les 14 Millions d’euros versés à une « star » du football du PSG.

Pensez un moment à ces chanteurs et ces sportifs qui n’en peuvent plus de la fiscalité française et qui oublient ce qu’ils doivent à leur pays avant de se réfugier en Suisse pour compter tranquillement leurs sous.

Pensez au marché du luxe qui ne s’est jamais si bien porté.

Je vous sens déjà mieux, moins angoissés, prêts à relever tous les défis pour que le pays s’en sorte. Vous êtes désormais prêts à ne plus suivre les clameurs des quelques pigeons qui ont réussi à faire bêler des milliers de moutons.

Vous êtes prêts également à ne plus écouter les sorties front nationaliste de Copé sur les pains au chocolat et vous vous fermez la télé lorsqu’apparait Mme Kosciusko Morizet qui est devenue infréquentable depuis qu’elle est dans l’opposition.

Vous vous dites que vous êtes prêts à contribuer à l’effort demandé, à condition toutefois qu’il soit partagé et que les exilés fiscaux passent également à la caisse. Vous êtes disposés vous-mêmes à investir dans votre logement pour réaliser des travaux d’économies d’énergie plutôt que de thésauriser inutilement et c’est là que ça se gâte et que vous réalisez que le sens du collectif, si nécessaire en période de crise, fait défaut.

Vous allez sur Internet pour chercher des entreprises qui œuvrent dans ce domaine et vous en sollicitez cinq pour avoir un devis.

L’une vous répond à peine et vous n’aurez pas d’autre contact qu’un mail de réponse impersonnel.

La seconde (spécialiste de l’isolation)  vient vous voir rapidement et vous promet sous huitaine un devis que vous attendez encore deux mois après.

La troisième (une PME importante) qui vient d’installer une agence sur votre commune est également sollicitée (un premier chantier sur la commune peut être intéressant) et n’a toujours pas pris contact pour un rendez-vous un mois après.

La quatrième s’est déplacée, a fait un métré sérieux et a envoyé un devis trois semaine après.

La cinquième est venue rapidement et a envoyé non moins rapidement un devis 35% plus cher que le précédent, pour les mêmes prestations.

C’est la crise, on licencie à tour de bras mais vous avez l’impression qu’on se fout quand même de votre gueule, que certaines entreprises ne courent pas après les commandes, que d’autres se moquent ouvertement des clients potentiels ou bien essayent de vous arnaquer en gonflant les devis.

Bref, vous avez l’impression, même si la situation est difficile pour certaines, que des entreprises sont dans une logique bizarre, faite de prudence et d’attentisme sans doute, mais aussi de chacun pour soi, bref rien qui ne corresponde au monde idéal de « l’entrepreneuriat » et des PME glorifié par les économistes et par le Medef et qui est censé sortir le pays de la crise.

Au final, vous vous demandez si vous devez engager des travaux ou bien laisser votre Codevi en l’état, sachant par ailleurs qu’une autorisation de travaux est nécessaire et que le service instructeur, pointilleux, va sans doute couper les cheveux en quatre comme il l’a fait la fois précédente en rallongeant arbitrairement d’un mois le délai d’instruction du dossier.

Allez, vous reprendrez bien un petit lexomil ?   

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:07

 

Ils y ont cru ou, ou feint d’aimer y croire parce que ça les arrangeait, au mythe du coureur cycliste qui a gagné sept tours de France en montant parfois des cols à la vitesse d’un vélomoteur.

Ils l’ont aimé, adulé, encouragé ce surhomme guéri d’un cancer et qui caracolait en tête du peloton et empêchait toute velléité d’échappée de concurrents dangereux.

Ils l’ont aimé sans doute plus à ses débuts qu’au bout du 5 ou 6ème tour gagné et l’ont voyait poindre çà et là sur la route des commentaires peu amènes sur les soupçons de dopage ou bien on commençait à entendre des insultes lancées au passage de  ce « sportif » qui écrasait tout de son « talent » en ne laissant que quelques miettes aux autres.

Et puis voilà, ce « sportif » soupçonné de dopage, cerné par les procédures depuis plusieurs années a jeté l’éponge pleine d’EPO en annonçant qu’il renonçait désormais à se battre contre l’USADA, l’agence américaine qui lutte contre le dopage. Une sortie de route peu glorieuse, puisque qu’elle serait motivée selon les commentateurs, par le risque encouru par le « champion » de sanctions pénales par la justice américaine qui n’aime pas trop le parjure.

Voilà pour les faits.

Quel sera l’impact de cette affaire sur le sport cycliste ? On reste dubitatif à l’écoute des premiers commentaires, ceux tout d’abord des compagnons de peloton du tricheur qui sont d’une prudence extrême, à tel point que ce sont plutôt ceux qui confirment les malversations qui seraient  considérés comme des renégats.

Les commentateurs sportifs ne sont pas en reste et certains n’hésitent pas à affirmer que cette affaire pourrait ne pas être défavorable au cyclisme qui « poursuit sa révolution, sa mutation,…. On aimerait y croire, mais on a du mal lorsqu’on regarde les intérêts économiques et financiers qui écrasent toute volonté de faire le ménage. Nous ne sommes même pas certains que l’Union Cycliste Internationale s’alignera sur les conclusions de l’USADA. Quant à la société organisatrice du tour de France par exemple, elle se contentera de renvoyer la patate chaude vers la fédération et les pouvoirs publics pour continuer à faire son petit commerce très rentable tout en continuant à se pincer le nez.

Qu’est donc devenue cette épreuve sportive populaire ? Un documentaire télévisé chiant devant lequel on s’endort tellement il ne se passe rien, où l’on voit entre deux ou trois coureurs échappés pour faire plaisir au sponsor mais qui seront invariablement repris à trois kilomètres de l’arrivée, et quelques châteaux ou manoirs décrits de manière monotone par Jean Paul Ollivier. Il faut bien intéresser les téléspectateurs par autre chose puisqu’il ne se passe quasiment rien sur la route.

Le summum des retransmissions, ce sont les étapes de montagne, dans lesquels les évènements de course ne sont que rarement les échappés mais les lâchés dont on filme complaisamment la détresse et la horde de supporters beuglants déguisés ou parfois en slip et qui agitent frénétiquement des étendards ou des pancartes aux libellés indigents confectionnées à la hâte après l’apéro au cul du camping car.

Je m’emmerde devant le tour de France retransmis à la télé, mais je dors bien et c’est déjà cela.

Ce défilé commercial, cette fête à neuneu et cette course aux tricheurs que l’on absout trop rapidement et qu’on ne dépiste que mollement, qu’est devenu le Tour de France, ne doit pas faire oublier qu’il y a chaque année des amateurs qui exercent le sport cycliste de manière saine et participent aux courses locales aux enjeux exclusivement sportifs et qui participent au lien social local. C’est là que se trouve l’âme sportive, pas dans les shows médiatiques formatés, pipés et destinés à endormir le spectateur.

C’est la même chose pour beaucoup d’autres sports. La tricherie, les comportements décalés de gamins trop rapidement enrichis, l’esquive fiscale existent aussi dans le foot, le tennis ou les sports mécaniques pour ne prendre que ces exemples.

L’image du sport s’en trouve dégradée et c’est bien dommage : les cocus sont nombreux et ils ne sont pas toujours conscients de leur infortune.

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 10:32

 

Claude GUEANT, ancien Ministre de l’Intérieur, battu aux dernières élections législatives, évoque sa nouvelle vie devant la presse :

« Vivre comme un citoyen ordinaire, ça fait du bien aussi. Maintenant je passe mes coups de téléphone moi-même. C’est intéressant d’ailleurs, car ça montre aussi ce qu’est la vie des Français ».

Il ajoute :

« Je dois faire quelques contrôles médicaux, eh bien je vois ce que c’est d’obtenir un rendez-vous, ce n’est pas si simple que ça ».

Bienvenu dans le monde réel M. GUEANT, à vous ainsi qu’à tous les anciens hauts fonctionnaires, Ministres, députés, sénateurs, autres élus et héritiers, qui ont fait carrière dans leur bulle, ont émargé à de juteuses indemnités et ont bénéficié d’avantages divers leur permettant de bien vivre sans se soucier du lendemain.

Bienvenu parmi les citoyens, ceux qui se lèvent tôt pour toucher des salaires minables et sans espoir d’un point de chute si leur boite ferme.

Bienvenu dans un monde où les handicapés doivent se battre tous les jours pour faire reconnaître leurs droits et où les malades se soignent de moins en moins parce que cela coûte cher.

Bienvenu à vous et vos semblables qui étiez censés défendre les droits des citoyens, tout en ignorant superbement leur mode de vie, leurs difficultés à se faire soigner, à trouver un boulot pour manger et à se loger.

J’aurais aimé que vous vous rendiez compte de tout cela lorsque vous étiez ministre, cela vous aurait sans doute permis de vous concentrer sur d’autres sujets que ceux, très polémiques, dont vous nous avez parlé pendant votre carrière ministérielle.

Par delà cette révélation soudaine que vous exprimez avec une grande naïveté, c’est non seulement toute une partie de la classe politique et de la sphère de la haute fonction publique qui doit se sentir concernée par vos propos, mais aussi le monde de la haute finance et du CAC 40 qui ignore superbement la vie réelle et se goinfre aux avantages matériels divers et variés et aux rémunérations outrancières.

J’ai cru déceler un début de mea culpa dans vos propos, alors, M. GUEANT, puisque vous avez désormais du temps libre, je vous propose d’aller militer dans des associations caritatives, d’aller discuter aux sorties d’usines, d’interroger les travailleurs sociaux, de passer une journée dans un service d’urgence à l’hôpital…

Je vous propose également de faire du lobbying auprès de vos ex-futurs collègues pour les inciter à ne pas cumuler les mandats électifs et à faire une pause obligatoire entre deux mandats avec retour au travail réel, pour leur faire prendre conscience qu’il y a des lois plus urgente que d’autres à voter.

Chiche !

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 20:59

"La police vous parle tous les soirs à 20 heures"

Ce slogan de mai 1968 agrémentait un dessin où l’on voyait un policier en uniforme devant le micro de l’ORTF était destiné à mettre en lumière l’emprise du pouvoir politique sur les médias de l’époque. Le gouvernement faisait alors pression sur les patrons de presse (écrite et audio visuelle) pour minimiser les « évènements » et distiller au bon peuple une information aseptisée.

Plus de ça aujourd’hui ! La presse est libre, officiellement au moins.

Les choses se passent de manière plus feutrée : en haut de l’édifice, il y a le pouvoir qui nomme désormais les présidents de chaînes publiques et pour les chaînes privées ou pour la presse écrite, il n’y a pas trop de problème surtout lorsque l’on constate que beaucoup de titres sont  entre les mains d’amis politiques ou tout du moins de patrons de presse bienveillants cherchant davantage à vendre leurs journaux qu’à s’opposer ouvertement.

Lorsque l’on décline les choses au niveau des rédactions, force est de constater que les trublions, les enquêteurs maladroits (ceux qui mettent en cause le pouvoir), ou tout simplement ceux qui souhaitent exercer leur métier dans le respect de règles déontologiques doivent se conformer aux lignes éditoriales s’ils veulent conserver leur gagne pain. La clause de conscience n’est ainsi que peu utilisée.

La télévision est en première ligne de ce système de soumission et de prudence et les journaux télévisés de 13 ou 20 heures, obligés qu’ils sont tout de même de faire des sujets sur la crise, sont toutefois très friands d’informations ou d’évènements relevant du fait divers, qui ne manquent pas.

Crimes, délinquance, agressions de toutes sortes tiennent une place importante dans les journaux télévisés et obéissent à un scénario bien rodé :

1 – L’exposé des faits par le présentateur du journal avec la gravité qui convient

2 – L’envoyé spécial sur le terrain qui rappelle les faits, ne sait pas grand-chose et  brode (sur fond d’images pas toujours en rapport avec l’évènement et de gyrophares).

3 – L’interview d’un voisin ou d’une voisine qui n’a pas vu, ou entendu grand chose, mais qui avec une émotion palpable et compréhensible, ajoute souvent à la dramaturgie.

4 - L’interview d’une « autorité » (procureur, officier de sapeur pompier, capitaine de police ou de gendarmerie) qui rappelle les mêmes faits en langage administratif et technique froid.

5 – Souvent, désormais, nous avons également droit à une intervention d’un représentant d’un syndicat de policiers qui donne sa version protectrice (lorsque des représentants de l’ordre sont mis en cause) ou revendicative, à chaud, et pas toujours objective. On se demande pourquoi les journalistes continuent à les interviewer.

6 – Enfin, pour les évènements les plus dramatiques, nous avons droit (surtout en période pré électorale) à la visite sur place, du Ministre de l’Intérieur, voire du Président de la République en personne, qui  annonce  généralement le renforcement du dispositif répressif par le vote prochain d’une nouvelle loi en omettant de parler de celles qui existent déjà et qui ne sont pas appliquées faute de moyens ou de décrets signés.

C’est ainsi, les journaux télévisés se contentent de renouveler paresseusement à chaque fois ce type de scénario. Comment refuser une belle image à un ministre de l’intérieur qui se déplace spécialement sur le terrain ? On ne donnerait pas cher de la peau d’un rédacteur en chef qui refuserait de mettre à l’antenne l’intervention dudit Ministre.

Pour ceux qui n’auraient pas envie de s’endormir immédiatement et qui voudraient voir et revoir de belles images de la police, de gyrophares, de descentes musclées dans les banlieues ou de poursuites de délinquants sur les autoroutes, il y a aussi des chaînes privées de télé qui se sont fait une spécialité de la diffusion et de la rediffusion à 20 h 30 de ces belles images, généralement tournées la nuit, et où il n’est pas possible de distinguer grand-chose à cause du floutage (des policiers, des délinquants présumés, des plaques d’immatriculation et des façades d’habitation, des témoins,…) . Qu’importe, dans ces cas là un bon commentaire vaut toutes les images et cela conforte le citoyen dans l’idée qu’il est bien protégé, même si, RGPP oblige, les moyens attribuées à la police et à la gendarmerie diminuent chaque année.

Cette situation est-elle nouvelle, et le pouvoir en place est-il le premier à vouloir utiliser le système médiatique et policier à son profit ?

Certes non, et ce serait manquer d’objectivité que de dire que cela n’existait pas auparavant. Un exemple célèbre d’autocensure  médiatique et d’utilisation de moyens policiers pour son profit privé (masquer sa double vie) nous a été donné sous le règne de F. Mitterand.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 16:35

Sous la pression des « marchés », l’Europe s’apprête à adopter un nouveau traité renforçant les règles d’équilibre des budgets nationaux, autrement dit la mise en place de politiques de rigueur. Les agences de notation, devenues le bras armé des marchés pour contraindre les états à plus de rigueur budgétaire maintiennent une pression quotidienne sur les politiques, d’autant plus effarés que se profilent des échéances électorales, en France et en Allemagne, notamment. Les dirigeants de ces deux pays mais aussi les opposants qui se situent dans une logique libérale font profil bas et nous annoncent quasiment chaque semaine une « réunion de la dernière chance » censée résoudre les problèmes structurels des états, c'est-à-dire l’endettement chronique, la faiblesse du secteur financier et l’absence de perspectives de croissance.

La perte de crédibilité des politiques en place

Les choses sont désormais bien établies : le politique ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre et la différence entre droite et gauche classique se résume à quelques « marqueurs » qui ne remettront pas en cause le régime sec auquel les citoyens seront soumis.

Alors, faut-il aller voter, continuer à croire que les choses peuvent encore changer, se choisir un nouveau Prince qui nous racontera de belles histoires pendant cinq ans pour nous dire au terme de son mandat qu’il n’a pas pu mettre en œuvre ses promesses de campagne à cause de la « crise »? La question mérite d’être posée d’autant que sept pays européen on voté ou se sont dotés de gouvernements d’opposition suite à des élections ou à la démission des exécutifs en place (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, Grande Bretagne, Slovaquie). Ce que l’on remarque, c’est que ce sont les partis traditionnels d’opposition qui ont remporté la mise ou bien ce sont des gouvernements « d’union nationale » allant de la gauche à l’extrême droite qui ont été mis en place. Autant dire que la réponse citoyenne n’a pas été à la hauteur des enjeux.

Pour l’instant, donc, l’électeur se comporte comme le lapin pris dans les phares d’une automobile, c'est-à-dire qu’attiré par la lumière, il ne sait plus où aller et finira par se jeter sous les roues des marchés en croyant se sauver.

La vraie gouvernance n’est plus décidée démocratiquement et la pression sur le politique s’exerce avant tout de la part de nébuleuses, de think tank et d’organismes divers qui dictent désormais aux gouvernements les politiques à mener.

Après l’Etat, les collectivités locales ?

Soyons donc prêts dans les mois qui viennent à subir la rigueur, de gauche ou de droite, rigueur qui touchera tout le monde et un peu moins les plus aisés si la droite conserve le pouvoir et surtout pas les exilés fiscaux qui continueront à se dorer la pilule à nos frais . A nous donc les augmentations de taxes de toutes sortes (TIPP, TVA,) les privatisations des services publics qui restent encore debout contre vents et marées et la RGPP qui les prive des moyens nécessaires à l’exécution de leurs missions (éducation, justice, police, concurrence et consommation, etc…).

Prochaine étape, la RGPP dans les collectivités locales, choisie par les exécutifs qui adhèrent aux thèses libérales ou subies par les autres qui verront leurs dotations d’Etat fondre comme neige au soleil et seront bien obligés de réduire leurs dépenses de fonctionnement ou se résoudre à accepter les fusions de collectivités, ce qu’ils refusent obstinément (et bêtement, selon moi) jusqu’à présent.

C’est le souhait émis par l’O.F.C.E. (Organisation de Coopération et de Développement Economique) qui déclare que le regroupement des petites communes et la suppression de l’échelon départemental pourraient engendrer des économies d’échelle substantielles : toujours cette idée fixe d’économies budgétaires, mais rien comme d’habitude sur la qualité du service public et les attentes du citoyen.

Alors, le citoyen, il est où ? Mis sous tutelle par les politiques, méprisé, ignoré par ceux qui décident pour lui sans avoir reçu un quelconque mandat, il semble arrivé au bout de la réflexion, mais tétanisé, il hésite encore à employer des moyens expéditifs : jusqu’à quand ?

 

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 22:09

Cette expression qui associe deux mots a priori contraires est largement utilisée dans les commentaires de la presse écrite et audiovisuelle.

 

Dernière utilisation en date, il y a quelques jours sur France Inter à propos du désaccord entre les Verts et le Socialistes sur le nucléaire : Eva Joly a été recadrée par les « professionnels de la politique ».

Il est curieux de constater que le citoyen accepte que son quotidien et son avenir soit entre les mains, non pas d’élus censés les représenter et les défendre dans les instances démocratiques, mais dans celles de salariés de la république en Contrat à Durée Indéterminée avec une forme de contrat de travail très avantageux. Ils sont la face visible de ces professionnels de la politique dont on parle, la face cachée étant ceux qui peuplent les allées des partis politiques.

Le peuple souverain ne l’est donc pas tant que cela. Il faut dire que c’est un peu de sa faute au peuple souverain puisque c’est tout de même lui qui envoie par son vote les mêmes élus depuis bien longtemps et qui leur permet de cumuler allègrement des mandats.

C’est juste un article dans mon quotidien régional paru le 23 novembre qui m’a fait prendre conscience réellement de ce problème qui mine notre démocratie.

Les cumulards/professionnels de la politique

Deux élus de l’Ille-et-Vilaine répondent à mon sens à cette appellation de « professionnels de la politique ».

L’un (Pierre Méhaignerie) est entré en politique en 1973 comme député et l’est toujours. Dans les intervalles de son mandat de parlementaire, il a été Ministre (garde des sceaux, Equipement, Agriculture). Il est en outre Maire de sa commune depuis 1977 sans interruption, a été conseiller général (et Président pendant une longue période de cette collectivité) de 1976 à 2001, sans parler de la Présidence d’une communauté de communes depuis 2002 et pendant deux ans conseiller régional.

Le second, (un socialiste pour équilibrer) a un palmarès un peu moins fourni, mais présente lui aussi la caractéristique d’être élu (depuis 30 ans), sans discontinuer à l’assemblée nationale et d’y avoir des responsabilités dans le secteur de la défense nationale. Il a été conseiller général de 1976 à 1994 et conseiller municipal depuis 1977. Il s’agit de Jean Michel Boucheron, plus jeune que son collègue Méhaignerie, ce qui lui laisse sans doute l’espoir de pouvoir durer encore dans la carrière politique. C’est sans doute le sens de son combat local actuel puisqu’il est en concurrence avec un autre socialiste pour l’investiture dans une circonscription nouvellement créée.

Au-delà de ce constat, peu glorieux pour la démocratie, pour la parité hommes femmes et le renouvellement du personnel politique, force est de constater que ces élus, « professionnels de la politique », dont on se demande comment ils peuvent assumer tous leurs mandats, sont totalement coupés de la société qu’ils sont censés représenter dans sa globalité.

Ils vous diront, ou pas…

Ils vous diront que le mandat local leur permet d’être en prise avec la population et leur permet bien entendu d’être plus performants au Parlement en oubliant de vous parler de l’absentéisme chronique qui mine les assemblées.

Ils ne vous diront pas par contre que leur « carrière » dans des mandats locaux et nationaux les obligent à composer avec les lobbies de toutes sortes qui œuvrent dans les couloirs des différentes assemblées en leur faisant savoir qu’en ne votant pas les dispositions souhaitées ou en n’ayant pas localement une politique hardie d’investissements (par exemple en matière de routes et de ronds points), ce serait très mauvais pour l’emploi (sous entendu que les élus porteraient la responsabilité de licenciements ou de délocalisation d’activités).

Ils ne vous diront pas non plus que leur survol de dossiers, lié au papillonnage d’une assemblée à l’autre, est compensé par des assistants, personnels de cabinet  et experts de toutes sortes liés aux partis et payés aussi par la collectivité publique qui sauront leur dire en quel sens voter sur des dossiers qu’ils n’auront pas eu le temps d’étudier. On voit là une autre limite à la démocratie représentative qui est la notre.

La réserve parlementaire

Voilà donc décrites quelques recettes pour durer. Il y en a d’autres, comme cette fameuse réserve parlementaire, autrement dit une somme de 150 Millions d’euros répartie entre Députés et Sénateurs et qui leur permet de donner des « coups de pouce » à des projets locaux ou à des associations selon des critères obscurs dont la finalité ne doit pas toujours  être loin du « coup de pouce » en retour lors des élections suivantes.  

S’agissant du Département d’Ille et Vilaine on saluera la transparence affichée par tous les parlementaires sur le montant de la réserve attribuée et son utilisation (dans les grandes lignes), tous sauf un (Pierre Méhaignerie) qui a refusé de communiquer sur le sujet. On peut le comprendre lorsqu’on remarque que les parlementaires de droite disposent d’enveloppes trois à quatre fois plus importantes que leurs collègues de gauche et que sa position de Président d’une commission parlementaire lui permet sans doute d’émarger à un montant bien supérieur et ainsi s’attirer les bonnes grâces des relais locaux pour les prochaines élections.

Saluons l’honnêteté de J. M. Boucheron qui parle de « système électoraliste peu transparent » et qui n’utilise plus la réserve qui lui est attribuée.

La déconnection du réel

Enfin, ils n’avoueront pas que, n’ayant plus aucune vie professionnelle, ils ne sont sans doute pas les mieux à même d’appréhender ce qui se passe au quotidien dans les entreprises, les usines et les administrations, que leur statut de « professionnels de la politique »et les avantages qui vont avec les font vivre sur une autre planète, et que leurs votes sont parfois déconnectés de la réalité.

Un exemple : pour financer la remise en cause du 4ème jour de carence dans le privé (200 millions), il n’est pas venu à l’idée de M. Méhaignerie de proposer la suppression de la fameuse réserve parlementaire. Cela aurait pourtant eu un certain panache !

Réformer le système

Pour mettre fin à ce genre de « mandat à vie », il faut bien entendu modifier les règles, en interdisant le cumul de mandats aux parlementaires et en interdisant plus de deux mandats successifs au Parlement. Cela permettrait aux intéressés de renouer épisodiquement avec une vie professionnelle et de rentrer dans le droit commun des rémunérations et des pensions de retraites, de goûter aux joies des journées de carence en cas de maladie, d’être exposés aux aléas de la vie des entreprises avec les plans sociaux qui vont avec, bref, de tester au réel les lois votées et de revenir dans la communauté des citoyens « normaux ».

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