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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 16:42

Qu’est-ce qui vous a pris, M. Brissault, patron de la société Starterre de reverser 1,6 Million d’euros de vos bénéfices à vos salariés ? Le Medef et la CGPME en sont restés sans voix. Vous risquez quasiment l’excommunication avec vos lubies et d’être montré du doigt comme patron voyou par vos confrères qui ne manqueront pas de demander au gouvernement d’interdire de telles pratiques.

Toute une stratégie de victimisation mise à mal

Depuis des lustres, les syndicats de patrons s’évertuent à nous dire que tout va mal, que les entreprises croulent sous les charges, que le code du travail est trop rigide, les indemnités de licenciement trop élevées et que l’impôt sur les sociétés devrait être supprimé.

Les saillies verbales de M. Gattaz sur ce sujet ainsi que ses promesses jamais tenues de créations d’emplois malgré les 20 Milliards annuels du CICE font la une des journaux alors que vous, M. Brissault, votre geste n’a fait que 15 petite lignes en colonne en dernière page de mon quotidien régional.

C’est un fait, les déboires supposés des entreprises françaises avec leurs salariés qui coûtent cher sont largement relayés par les médias et il semble qu’il y ait une hérédité très prononcée chez les Gattaz, porteurs de mauvaises nouvelles, puisque le père de celui-ci officiait à la tête de l’ancêtre du Medef, le Conseil National du Patronat Français, autrement appelé « Conseil National des Pleurnichards Français » ce qui en disait déjà long sur l’action de ce mouvement.

Cela fait désormais partie de la légende urbaine et tout le monde s’accorde à penser, aidé en cela par le matraquage médiatique et les « économistes » aux ordres, que « les entreprises françaises vont mal » et qu’il « faut faire des sacrifices », chez les salariés, bien entendu, afin que les dirigeants d’entreprises maintiennent leur train de vie (achat d’un vignoble pour 11 Millions d’euros chez les Gattaz) versement de dividendes de plus en plus élevés chez les actionnaires (la France est la championne d’Europe) et distribution de stock-options pour les cadres dirigeants (qui proposeront des plans sociaux faisant remonter le cours de l’action) afin qu’ils aient l’impression de faire partie de la famille.

Et bien évidemment, les gouvernements successifs adhèrent à cette légende et mettent en œuvre les mesures de régression sociale demandées par nos patrons afin qu’ils puissent avoir le même train de vie que ceux qui officient dans des pays exotiques où les charges et les impôts n’existent pas et participent au concours de celui qui a la plus grosse fortune.

Le gouvernement actuel est tellement convaincu de la ligne du Medef qu’il n’hésite pas à supprimer des emplois aidés pourtant moins onéreux que les emplois attendus avec le CICE, afin de mettre un peu plus de tension sur le marché de l’emploi et obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi à n’importe quelle condition pour faire plaisir au Medef.

Et voilà qu’on se rend compte que des entreprises vont bien, qu’elles font des bénéfices et peuvent en distribuer à leurs salariés, mais bien évidemment ceux qui ne veulent pas voir ça nous diront que cela tient à la structure du capital de l’entreprise (familiale) et que cela ne peut pas se produire dans les entreprises dans lesquelles le capital est partagé entre de multiples investisseurs, tous plus pressés les uns que les autres d’empocher de juteux dividendes avant de penser à investir dans l’entreprise et à partager avec les salariés.

Cela pose des questions

Dès lors, on comprend mieux le refus patronal de faire siéger des représentants des salariés aux conseils d’administration des entreprises à l’instar de ce qui se passe en Allemagne, pays pourtant monté en exemple aux travailleurs français (sans les quelques millions de travailleurs pauvres sans protection sociale qu’on dissimule sous le tapis, comme la poussière). Ces représentants seraient capables de voir que le rendement financier a désormais remplacé la stratégie industrielle dans bon nombre d’entreprises et que le patriotisme économique est une notion qui fait bien rire les dirigeants et les actionnaires.

Par ailleurs, sans connaître ni le compte de résultats, ni le bilan de l’entreprise Starterre, on peut penser qu’elle est très bien gérée puisqu’elle se développe et qu’elle réalise de bons bénéfices dans un secteur (la vente d’automobile) souvent présenté en tension.

Cela pose donc la question de l’indépendance de certaines entreprises dont certaines sont de simples sous-traitantes d’entreprises plus importantes et dont les marges se restreignent comme peau de chagrin.

Il y a aussi la question du prix payé au producteur par les entreprises de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui confisquent les profits. Ce dernier exemple illustre parfaitement la part prise par la finance avide puisqu’on n’envisage désormais comme seule solution celle de l’augmentation du prix payé par le consommateur pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. « Touchez pas au grisbi », tel semble être le leitmotiv de ces rapaces. Pas de partage à l’ordre du jour. Circulez, il n’y a rien à voir.

Cela pose enfin la question de la formation des prix. On nous dit que c’est la loi de l’offre et de la demande qui fait le prix, ce qui veut dire, la vente à perte étant interdite, que dans certains secteurs ou pour certains produits, le prix peut n’avoir aucun rapport avec ses coûts de fabrication (l’exemple des téléphones portables est là pour illustrer ce propos).

Autrement dit, tant qu’il y aura des gogos pour s’endetter en achetant le dernier téléphone portable qui coûte un SMIC et fabriqué à bas coût dans des pays à la main d’œuvre abondante et peu revendicative, le décalage exorbitant entre le coût de production et le prix de vente a de beaux jours devant lui et les financiers seront contents.

La société Starterre évolue dans un secteur où les prix sont de fait alignés avec les concurrents (prix de vente constructeurs, Argus,…) et la réalisation de bénéfices est due au savoir-faire économique et technique de ses dirigeants et de ses salariés. Cela doit être salué.

M. Brissault aurait pu se contenter de faire comme M. Gattaz, c’est-à-dire s’acheter une danseuse dans le Lubéron pour 11 Millions d’euros. Au lieu de cela, M. Brissault a choisi de partager 1,6 Millions de bénéfices avec ses salariés et non pas en fonction des postes détenus mais de l’ancienneté des salariés dans son entreprise, ce qui est doublement iconoclaste pour un dirigeant du Médef normalement constitué.  

De là à ce que M. Brissault soit considéré par le Médef comme un patron voyou….

 

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 11:39

Il semble que cette alternative soit la seule valide actuellement, tant la pression qui s’exerce sur les citoyens pour qu’ils acceptent les nouvelles règles de la démocratie et de l’économie à la sauce Macron se fait présente.

La résignation, d’abord

Elle s’exerce par le fameux TINA (There Is No Alternative – il n’y a pas d’alternative) conceptualisé par Margareth Thatcher, et qui s’est traduit par la disparition de toute forme de contestation sociale en Grande Bretagne. Bien sûr, l’opposition de catégories sociales entre elles comme on le fait actuellement en France (les actifs contre les retraités par exemple) a été d’un grand secours, la fameuse « convergence des luttes » n’ayant pas été au rendez-vous et n’étant pas d’actualité chez nous.

Bien évidemment, le dispositif devant mener à la résignation, n’est pas exempt de brutalités. Les mineurs anglais en ont gardé quelques souvenirs cuisants. Pour l’instant, en France, la brutalité est seulement verbale et est le fait du Président élu qui ne se ménage pas en matière de phrases provocantes et stIgmatisantes. Fini la bonhommie de l’ancien Président et des « casses-toi pauvre con » de son prédécesseur. Aujourd’hui, c’est droit au but entre les fainéants, ceux qui ne sont rien, ceux qui foutent le bordel et ceux qui devraient travailler pour se payer un costume, mais la technique d’opposition entre catégorie est bien sous-jacente. Elle procède de l’idée du clivage entre ceux qui se reconnaissent dans ces propos, qui en sont légitimement outrés, et les autres qui considèrent qu’ils ne s’adressent pas à eux parce qu’ils s’estiment, pour quelques temps encore, comme des privilégiés.

Ces coups de boutoir qui représentent une grande nouveauté dans le paysage politique français provoquent tout de même quelques remous, et les conseillers du Prince s’évertuent à minimiser le propos en disant par exemple que ceux qui « foutent le bordel » sont deux syndicalistes, renforçant la conviction de la masse silencieuse du troupeau des suiveurs-marcheurs.

Pour le reste, on ne voit pas de trop plein d’indignation dans les médias, juste du factuel qui consiste à rapporter le dérapage et ensuite relayer le message de la cellule communication de l’Elysée, comme si tous les relais d’opinions, passant outre le fait que le Président et sa majorité avaient été mal élus, étaient convaincus du bien-fondé du programme politique mis en œuvre sous la houlette et la surveillance stricte de la finance et de l’économie.  

La domestication, ensuite

Une fois résigné, il ne reste plus au citoyen qu’à aborder l’étape ultime, celle de la domestication, c’est-à-dire accepter sa transformation durable au profit du système et en vue de répondre à ses besoins.

Le vieil adage «On ne mort pas la main de celui qui vous nourrit » prend alors tout son sens et la société entière, sauf ceux qui dirigent et manipulent, s’adapte aux exigences des maîtres et entretient une relation de soumission lui permettant d’avoir le minimum de confort et l’impression d’une reconnaissance très relative.

Ce mode relationnel dans lequel le citoyen ne l’est plus procède du fait qu’il est interchangeable dans l’instant et que le moindre faux pas ou coup de patte mal interprété peut le conduire à la SPA sans indemnités et mettre en difficultés sa meute.

La domestication est propice aux glissements de statuts puisque, de celui de demandeurs d’emploi, le citoyen pourra se retrouver dans celui de travailleur pauvre, payé à l’heure ou à la tâche, à pied ou à vélo pour livrer la bouffe formatée à ceux qui « n’ont plus le temps de déjeuner » et qui devront se contenter d’un bout de barbaque élevé aux hormones venu tout droit des USA.

La domestication, c’est aussi l’oubli, l’oubli de ce que qui s’est passé auparavant, favorisé par l’ingurgitation de programmes télévisés indigents et l’ultra présence de la publicité.

Avant, il y avait le plein emploi, la sécurité sociale, la retraite par répartition, moins de riches avides de se remplir un peu plus les poches et un système bancaire qui ne spéculait pas sur l’avenir d’un pays. Aujourd’hui lorsqu’on se hasarde à rappeler cette époque on se fait traiter au mieux de vieux con et au pire de celui qui a précipité le pays dans le marasme et la dette : le parfait bouc émissaire si utile pour ceux qui nous dirigent, et toujours la technique du clivage.

On attend avec hâte que cette génération disparaisse afin d’effacer des mémoires cette funeste époque, stade ultime de la domestication.

Le consentement, enfin

La domestication ne signifie cependant pas l’abandon de toute idée de révolte, et c’est pourquoi, il faut absolument convaincre le citoyen de la place qui est la sienne dans la société, c’est-à-dire un pion au service de l’enrichissement des quelques-uns.

 Il faut donc modifier les éléments de langage qui s’appliquent aux 10 % des français les plus riches qui possèdent la moitié du patrimoine, ne plus parler des 3520 ménages qui se partagent 400 milliards d’euros, sans compter les 300 (15 % de notre PIB) planqués par les riches de tous poils dans les paradis fiscaux qui font de notre pays l’un des plus dissimulateurs qui soient.

M. Gattaz (qui achète actuellement un domaine viticole pour la modique somme de 30 Millions d’euros) nous avait déjà habitués à parler des « créateurs de richesses » qui ont tout de même une furieuse tendance à oublier les créations d’emplois quand ils engrangent les 20 milliards annuels du CICE.

Aujourd’hui, il faut donc favoriser « les investisseurs » en ne taxant plus leurs lingots, leurs yachts et leurs véhicules de luxe. C’est sûr, avec tout cet argent économisé par les riches, ceux-ci vont investir, créer des emplois, redresser le pays…

Qui peut encore croire à une telle fable ? Et bien de plus en plus de personnes touchés par le syndrome du larbin, ceux qui étaient domestiqués avant qu’on le leur demande et qui pensent bénéficier de l’aumône des riches pour passer un week-end au parc d’attraction ou acheter à 150 euros le maillot de Neymar.

Et puis, il y a les idiots utiles ceux qui reprennent comme des mantras la fable du retraité plus aisé que le jeune en oubliant que cela est dû au nivellement des salaires par le bas ces trente dernières années, à cause du chômage (variable de contrainte très forte) et de l’exemption des cotisations sur les faibles salaires.

Il y a aussi ce brave retraité qui témoigne sur BFMTV, qui se dit privilégié avec ses 3000 euros de pension, qui se bas la coulpe en disant que lui et sa génération ont bien profité du système, qu’il a endetté le pays et qui se déclare prêt à partager (pour gagner son paradis ?). Les riches et les économistes bien en cours en rient encore et se tapent sur les cuisses. Un témoignage pareil, c’est du pain béni pour les riches.

Il y a ces éditorialistes qui reprochent à cette génération de vouloir le beurre et l’agent du beurre, ceux qui nous parlent des 56% de dépenses publiques en oubliant de dire que la diminution envisagée est avant tout celle des dépenses de santé ou de retraite (mais on mourra plus vite et c’est bon pour l’économie), ceux qui culpabilisent en nous parlant du modèle Allemand qui a retrouvé le plein emploi, sans nous parler des millions de travailleurs pauvres sans droits que la politique Schröder à engendrée ni nous dire que les femmes dans ce pays sont fortement incitées à rester à la maison pour élever les enfants.

Voilà, la machine à obtenir du consentement est en marche et écrase tout sur son passage. Mauvaise foi, oubli, statistiques tronquées, culpabilisation, injures, tout est bon pour que le bon peuple comprenne enfin que tout ce qui est fait actuellement c’est pour son bien et non pas pour que les plus riches continuent de s’enrichir, jusqu’à plus soif, jusqu’à l’indécence.

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 19:29

Il y a longtemps qu’ils ne s’étaient pas régalés comme ça, les riches. Pensez-donc, avec la baisse de la fiscalité du capital et la refonte de l’ISF et baisse de l’imposition sur les revenus du capital, c’est désormais open bar avec Macron.

On sait désormais ce qu’est un riche aujourd’hui

C’est celui qui dispose d’un capital immobilier de plus de 1,3 Million et d’un portefeuille financier. Fini le débat sous Hollande qui avait déclaré qu’à partir de 4000 euros par mois on était riche. Quand on parle de riche désormais, on s’adresse à une partie très faible des contribuables français qui accumulent les richesses  et qui font partie des toujours plus nombreux millionnaires. On estime par exemple qu’en France (qui arrive en 5ème position dans le monde), il y a 579 000 millionnaires (soit moins de 1 % de la population) qui disposent d’un patrimoine d’au moins 850 000 euros, hors résidence principale, objets d’art et de collection et de biens courants.

C’est sur ces 1% que repose la politique gouvernementale de relance, autant dire qu’il y a peu de chance que ça marche, parce que les riches, par définition, ne sont pas partageux et que, plutôt investir dans les entreprises françaises, ils préfèreront goûter le luxe et la volupté sur un yacht immatriculé sous pavillon de complaisance et dans une propriété dans un paradis fiscal.

Le riche, c’est fiscalement un citoyen du monde mais qui a bien entendu le cœur en France dès qu’il s’agit de monnayer son talent ou bien de venir se faire soigner dans les hôpitaux publics avec la carte vitale, un peu comme M. Pagny, par exemple, qui assume parfaitement de faire échapper un partie de ses revenus au fisc en allant résider au Portugal.

Le riche est donc solidaire, mais surtout avec lui et a du mal à se rappeler des systèmes éducatifs, de santé et les infrastructures, financés par les impôts des autres, dont il a profité étant jeune.

De là à dire que le riche est ingrat…

On parle donc désormais des personnes « plus aisées »

Une fois les riches devenus plus riches grâce à quelques cadeaux fiscaux, il faut bien trouver une catégorie de français pour payer les impôts et financer ces largesses. C’est pour cela que M. Macron a inventé la notion de français « plus aisés » ou de « moins pauvres que d’autres ».

C’est ainsi que les pauvres d’aujourd’hui sont moins les retraités que les jeunes, nous dit-il, ce qui nous conduits à constater que la segmentation des catégories (et leur opposition, bien évidemment) est désormais à l’ordre du jour, une fois les riches hors du jeu.

Autant dire que ces segmentations sont complètement ridicules : peut-on comparer un retraité avec 1200 euros de pension mensuelle avec les rejetons des PDG du CAC 40, un fonctionnaire de catégorie C avec un cadre du privé, bien les bénéficiaires des minimas sociaux avec les actifs ou bien l’artisan avec le PDG ? Mais en politique, tout est permis lorsqu’il s’agit de stigmatiser les « gens qui ne sont rien » et faire l’apologie des riches qui sauveront certainement le pays par leurs investissements massifs dans l’économie comme semble le croire M. Macron.

Nous sommes en pleine escroquerie intellectuelle.

On n’oublie pourtant pas le menu fretin

La preuve, toutes ces diminutions de cotisations et autres suppression de la taxe d’habitation qui sont censées redonner du pouvoir d’achat aux plus modestes.

La communication gouvernementale fonctionne bien, mais avec une moitié de cerveau, l’autre moitié ayant oublié d’intégrer dans le petit livret mis à disposition du grand public (https://www.economie.gouv.fr/files/files/PLF2018/bro-pouvoir-achat-bat-web-10h.pdf) le total des exonérations pour les plus riches. C’eut été pourtant un bel exercice de transparence de pouvoir comparer les baisses entre chaque catégorie (salarié, retraité, bénéficiaire de minimas sociaux, salariés au smic, cadre dirigeant d’entreprise, assujetti à l’ISF,…) avec le nombre de français correspondant puisque la segmentation des catégories semble être à l’ordre du jour.

Mais bon, il ne faut tout de même pas rêver.

Qui pour relancer l’économie, alors ?

Lorsqu’on enlève les riches sur lesquels il ne faut pas compter pour relancer l’économie, on constate que le match pour la relance se joue entre les plus aisés des moins aisés et les chefs d’entreprises. Pour ces derniers on peut également segmenter entre les artisans et les PME d’une part et les artistes du patronat (tendance Gattaz) pour lesquels la situation n’est pas la même et qui savent si bien persuader le gouvernement d’allonger des aides pour créer – juré, craché – des emplois qui ne viendront jamais.

Le problème, c’est que cette catégorie de patrons a fortement tendance à se confondre avec la catégorie de riches et que la relance de l’économie par la création d’emplois cède le pas au montant de rémunération des actionnaires et des cadres dirigeants qui font désormais partie de la famille avec leur stock-options.

Fort avec les faibles et faible avec les forts

Telle semble être la devise de ce gouvernement qui se moque du monde dans les grandes largeurs en jetant une pièce dans la main de certains comme les bonnes âmes le font à la sortie de la messe et dépose un lingot dans le coffre des autres.

Cela commence à se voir, même dans la majorité « En Marche » qui nous concoctera quelques amendements à la loi de finances pour taxer quelques Yachts dont les propriétaires inconséquents ont oublié de défiscaliser aux Bermudes.

Juste pour le symbole, mais surtout sans rien toucher à l’équilibre de la loi de finances.

Ni de gauche, ni de droite, on vous disait. Juste du côté du portefeuille.

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 12:17

Depuis plusieurs semaines nous vivions d’annonces sur les gains supposés des uns et des autres à partir de 2018. Tout le monde allait bénéficier des largesses gouvernementales avec des augmentations des feuilles de paye et des diminutions d’impôts.

La publication du projet de budget 2018 permet de se faire une meilleure idée et surtout de constater qu’il repose sur une triple escroquerie intellectuelle.

Faire croire aux plus pauvres qu’ils vont gagner du pouvoir d’achat

Tout d’abord la veuve retraitée avec 1100 € de pension par mois qui est déjà exonérée de la taxe d’habitation ne va rien gagner (dommage pour elle !) alors que le célibataire retraité qui n’est pas exonéré va gagner 85 € par mois (le pactole !) et que le couple de salarié avec un enfant qui gagne 4000 euros par mois gagnera 1693 € par an (champagne !).

On parle peu des salariés aux hauts revenus qui vont bénéficier de la baisse des cotisations sociales en même temps que d’une diminution de l’ISF et d’une baisse de la taxation sur les revenus du capital.

En bref, quelques miettes aux pauvres pour leur faire croire qu’on ne les oublie pas et de grandes largesses pour les plus riches.

Derrière ces « cadeaux » faits aux plus pauvres se profile en fait une arnaque à venir : moins de cotisations versées par les salariés signifieront à plus ou moins long terme moins de droits en termes de santé ou de retraites.

Pour la santé, on sait déjà qu’un effort de 7 Milliards d’euros est demandé à la sécurité sociale, ce qui ne manquera pas d’impacter les remboursements aux usagers. Notons la sortie de La Ministre de la santé qui justifie l’augmentation du forfait hospitalier par un rattrapage de l’inflation depuis 2010. Les retraités dont les pensions sont ploquées depuis 4 ans aimeraient que l’argument de l’inflation joue également en leur faveur.

En matière de retraite, la réforme est déjà dans les tuyaux. Nul doute qu’elle se traduira par des diminutions de pensions drastiques, étant entendu que les retraités actuels, considérés comme des nantis, (à partir de 1300 € par mois !) sont priés de cotiser 1,7 % de CSG en plus sans compensation.

Pour compléter l’arnaque, ajoutons les recettes de poche, comme on dit pudiquement, sur le gazole et le tabac qui auront vite fait d’anéantir les quelques gains des plus pauvres, mais il est vrai qu’il s’agit là d’écologie et de santé publique. Nous ne sommes plus à une hypocrisie près !

Et encore, on ne parle pas des effets de la réforme du code du travail sur les salariés…

Au final, le gain des plus pauvres jusqu’à celui du couple de salariés avec un enfant gagnant 4000 euros par mois risque donc de se traduire par une perte à court ou moyen terme, d’autant que le suppression partielle de la taxe d’habitation qui ne sera sans doute pas intégralement compensée par l’Etat aux communes se traduira par une augmentation des tarifs des services publics communaux (cantines scolaires, ramassage des ordures, crèches, bibliothèques) ou d’une diminution des subventions aux associations.

Faire croire aux retraités qu’ils sont plus aisés que les étudiants

Nous sommes carrément dans l’ignoble s’il s’agit d’opposer le retraité avec 1300 euros de pension qui va perdre du pouvoir d’achat avec la CSG, avec l’étudiant dont les parents sont très aisés et qui peuvent se permettre de payer des frais élevés de scolarité dans des écoles prestigieuses.

Cette forme de communication gouvernementale très orientée, n’est là que pour justifier l’augmentation de la CSG pour tous les retraités.

On pourrait continuer dans la segmentation des catégories en appuyant davantage sur l’opposition fonctionnaires/salariés du privé ou encore stigmatiser les bénéficiaires des minimas sociaux ou des allocations chômage. Pour ces derniers, la réforme, avec baisse des droits est en cours et pour les autres, cela viendra, en son temps…

Tout se passe comme si le gouvernement Macron mettait en œuvre en douceur la politique libérale du programme de Fillon, sans les éléments de langage extrêmes d’un Wauquier ou d’un Ciotti.

Bref, tout cela permet de masquer habilement le vrai clivage qui traverse la société française entre riches et pauvres : il y a des retraités riches et des retraités pauvres comme il y a des étudiants qui ne pourront jamais réaliser leurs rêves de grandes écoles pour des raisons financières alors que d’autres, peut-être moins créatifs, mais qui sauront reproduire la logique de leur caste au service de leurs intérêts, y auront accès.

Derrière tout cela, il y a les idiots utiles tel ce retraité de 70 ans, intervenant en direct dans une émission de Bourdin avec une pension de 3000 euros mensuels qui se dit prêt à contribuer pour les plus jeunes, sous les yeux émerveillés et presque larmoyants d’Emmanuel Lechypre, économiste très libéral. Cela nous donne une idée très précise de la société segmentée dans laquelle nous allons évoluer et qui oubliera toujours de faire appel aux plus riches, soit disant « créateurs de richesses ».

Faire croire que les cadeaux fiscaux aux riches vont doper l’économie

Il s’agit de cette bonne vieille théorie « du ruissellement »  qui postule (sans preuves) que lorsque les riches s’enrichissent plus, il y a toujours des retombées sur l’économie et donc l’emploi, sauf que cette théorie n’a jamais été validée. C’est pourquoi Philippe Aghion, le conseiller économique de Macron, n’a pu que bredouiller une réponse minable au micro de Nicolas Demorand sur Inter qui lui demandait à propos de cette théorie « Vous nous le dites au doigt mouillé ou c’est prouvé scientifiquement » ?

Donc, l’argent va se déverser chez les riches avec des cadeaux sur l’ISF, la baisse des taxes sur les revenus du capital, comme cela est déjà le cas pour les entreprises avec les 24 Milliards annuels du CICE sans que cela ait eu des effets quelconque sur la baisse du chômage malgré les promesses de M. Gattaz.

On peut prévoir que les dividendes, déjà plus élevés dans notre pays qu’en Allemagne, augmenteront encore et que les achats de yachts déjà en plein boom vont encore augmenter. On sait également que le Medef qui réclame que la stabilisation du CICE dans les comptes des entreprises, demande désormais que l’augmentation des bénéfices qui va en résulter ne soit pas taxé à l’impôt sur les sociétés. Tout est dit : le CICE ira dans les bénéfices, pas dans l’augmentation de la masse salariale des entreprises.

La baisse des dépenses publiques

L’alpha et l’oméga de la politique macronienne, très bien relayée par les économistes libéraux consiste à dire que les dépenses publiques sont trop importantes par rapport à nos concurrents mondiaux, mais tout le monde, surtout ceux qui ont à perdre dans une baisse de ces dépenses doit comprendre ce que cela signifie, s’agissant en particulier des dépenses sociales puisque ces dernières font partie de la dépense publique, contrairement à d’autres pays, comme les USA, où se soigner pour un cancer est à la charge du malade qui paye une assurance privée qui pourra refuser de la prendre en charge.

Sommes-nous prêts, au-delà des discours consensuels sur la diminution de la dépense publique à accepter cela alors que dans le même temps, des transferts énormes au profit des plus riches et des entreprises sont effectués sans que cela ne produise aucun effet sur l’économie ?

A chacun sa part d’effort, donc, dans la maîtrise des dépenses publiques, sans oublier également les collectivités territoriales avec les cohortes d’élus devenus inutiles et les doublons d’emplois territoriaux.

Un modèle bien pratique, mais qui prend l’eau

C’est donc le modèle Allemand qui est en vogue dans le discours de nos économistes et de Macron. Tout doit être fait pour éviter de déplaire à l’inamovible Chancelière.

Pourtant, à y regarder de plus près, si ce modèle (qui doit beaucoup à sa faible démographie) séduit le patronat allemand ainsi que les organisations syndicales qui siègent aux C.A. des entreprises (contrairement à ce qui se passe en France), il produit également des inégalités criantes.

C’est ainsi que 7 Millions d’Allemands occupent des mini-jobs à 450 euros maximum par mois et sans cotisations sociales obligatoires pour le salarié et donc sans droit sociaux pour ceux qui les occupent.

Comme le souligne un article d’ « Alternatives Economiques » de septembre, « Ces emplois atypiques renforcent une vision patriarcale de la société, encore profondément ancrée outre Rhin, où les femmes doivent s’occuper des enfants pendant que les conjoints font bouillir la marmite ».

 Pas sûr que nous soyons prêts à un tel bouleversement des mentalités françaises et qui se traduirait par un changement de société majeur auquel les français n’adhèreront pas.

En attendant ce jour béni par les économistes et le Médef, on bricole en faisant croire qu’un retraité avec 1300 euros mensuels est un nanti.

 

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:46

 

« Les gens ont tort de déformer pour créer de fausses polémiques. Je n’ai jamais été dans l’invective ». (E. Macron, à propos de sa sortie sur les fainéants, les cyniques et les extrêmes)

Dont acte, mais dites-nous, M. Macron, c’était rudement bien imité. La prochaine fois souvenez-vous de l’adage populaire selon lequel il faut tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de parler.

La communication présidentielle

Votre communication, Monsieur le Président, semble s’adresser à un public restreint, sans doute celui qui vous a porté au pouvoir, c’est-à-dire ces classes aisées qui composent votre électorat qui ont été moins sensible que les autres à l’abstention ou au vote blanc ou nul, et cette armée « En Marche » qui vous représente à l’Assemblée Nationale, sans que les effets en soient actuellement perceptibles.

Bref, votre communication désastreuse ne concernerait que le cercle restreint de ceux qui marchent au pas derrière vous et qui vous font une confiance aveugle en comprenant ou en feignant de comprendre le second, troisième ou quatrième degré de vos propos. C’est ce qu’on appelle les courtisans et les profiteurs.

Pour le reste, et cela fait tout de même beaucoup de monde, (à part bien sûr des illettrés) nous en sommes réduits à une lecture simple en se disant que les mots ont un sens que votre pensée complexe vous empêche certainement d’appréhender de prime abord.

Pourquoi cette violence du propos ?

Devons-nous mettre tout cela sur Le compte des obstacles, de la contestation de votre politique, de vos résultats mitigés en matière de travailleurs étrangers ou de vos hésitations concernant la fiscalité et les cotisations des ménages français, qui commencent à faire des vagues, notamment chez les retraités ou bien encore des libéralités un peu voyantes vis-à-vis des entreprises et des assujettis à l’ISF ?

Ou bien s’agit-il de créer le buzz pour masquer l’essentiel : le choc fiscal et social que vous proposez n’aura aucun effet sur la croissance et l’emploi mais profitera pleinement à quelques-uns supposés distraire quelques milliards pour créer des emplois qui ne viendront pas.

L’enthousiasme très mesuré de M. Gattaz après la publication du contenu des ordonnances (c’est un bon début…) vous a sans doute fait prendre conscience que le chemin que vous tracez va être semé d’embûches dans les prochains mois.

Cette violence est nouvelle. Elle marque sans doute une volonté, la vôtre, de réformer, à marche forcée, en oubliant sans doute le sens de ce mot : les français ne sont pas rétifs aux réformes, mais lorsqu’elles vont uniquement dans un sens, ils deviennent méfiants. Le mot réforme (mot-valise) est tellement dévalué qu’il conviendrait peut-être de parler de « changement », mais il est vrai que ce mot nécessiterait une communication apaisée expliquant d’où on part et où on veut arriver, et vous n’en êtes pas encore là.

Vous êtes un homme de conviction

On peut difficilement vous comparer à votre prédécesseur qui avait déclaré pendant la campagne présidentielle que son ennemi était la finance et qu’il allait renégocier les traités européens et qui s’est empressé de de coucher, de taper au portefeuille des classes moyennes et de commencer à déverser des milliards sur les entreprises avec le pacte de responsabilité et le CICE, avec le succès que l’on sait.

Nous ne sommes qu’en début de mandat, et votre fébrilité inquiète, même s’il est vrai que vous aviez annoncé peu ou prou la couleur dans votre programme électoral.

En serez-vous réduit, vous aussi, à tenir la chronique de votre fin de mandat en confiant vos états d’âmes à des journalistes qui publierons un livre juste avant la prochaine campagne présidentielle et au final annoncer que vous ne vous représentez pas ?

Notre époque use beaucoup de Présidents dont on se souviendra davantage des anecdotes sur leur vie privée, leurs frasques matrimoniales ou leurs sorties médiatiques que de leur action politique. « En même temps », il faut bien reconnaître que la parcelle de pouvoir qui vous est conférée par la gouvernance mondiale des entreprises et des banques, les techniques toujours plus évoluées d’évasion fiscale, ainsi que votre trajectoire personnelle, ne laissent que peu de place à un changement en profondeur du pays allant dans le sens des plus modestes.

Le sentiment que l’on peut avoir aujourd’hui, et votre politique renforce ce sentiment, c’est que le pays est divisé en deux : d’un côté les investisseurs potentiels qui profitent des effets d’aubaine sans investir et de l’autre les salariés ou petites entreprises à qui l’on donne de la main gauche quelques miettes que l’on reprend de la main droite.

Notre pays est très généreux, mais pour certains seulement, qui oublient généralement de remercier.

Quel Président serez-vous en définitive ?

Pas un Hollande, cela nous l’avons bien compris, encore que, vous semblez chausser ses pantoufles en continuant sa politique économique en faveur de l’offre qui n’a produit aucun effet en matière d’emploi.

Un Sarkozy, peut-être, qui s’était illustré par le bouclier fiscal pour les riches et la défiscalisation des heures supplémentaires pour les pauvres et ses saillies verbales au salon de l’agriculture (« casses-toi pauvre con »). Vous semblez avoir adopté la même trajectoire économique. Nous sommes inquiets s’agissant de la trajectoire verbale…

Un Président à la Margaret Thatcher, peut-être, celle qui avait conceptualisé le fameux TINA (There is no alternative), autrement dit : il n’y a pas d’alternative et qui alliait elle aussi la conviction et la violence des propos ?

N’avez-vous pas peur de lasser les Français en ne leur proposant que des resucées de programmes libéraux dictés par M. Gattaz ?

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 18:36

L’invective et le mépris en marche

Qu’est-ce qui vous prend, Monsieur le Président, friseriez-vous le burnout ou bien l’autoritarisme et le mépris sont-ils chez-vous une seconde nature ?

On pourrait le penser

Encore Ministre sous Hollande, vous aviez déjà qualifié des salariés d’un abattoir breton d’illettrés, ce qui vous avait valu une volée de bois vert, mais c’était avant et vous vous étiez senti obligé de faire des excuses.

Plus près de nous, sous votre nouveau magistère, et toujours en Bretagne, vous aviez parlé des gens qui ne sont rien, ce qui dénote une parole qui se libère, sans filtre, comme on dit et une vision particulière de notre société.

Il y a quelques semaines, en Roumanie, vous avez vitupéré contre la France qui ne serait pas un pays qui se réforme, alors qu’il n’attend que cela, sauf que, réforme n’a pas le même sens pour tout le monde et que celles que vous proposez ne plaisent pas forcément à l’ensemble des français.

Plus récemment, en Grèce, pays exsangue, devant un parterre de happy-fiew, vous avez déclaré ne rien vouloir céder, « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

Ces deux derniers exemples de votre fébrilité, sont d’autant plus remarquables que vous aviez déclaré que vous ne commenteriez pas la politique intérieure depuis un pays étranger.

Vous a-t-on dit que le fait de dénigrer la France et ses habitants, dont certains sont vos électeurs, pouvait porter préjudice à notre pays en matière de commerce international et que les investisseurs étrangers vont y regarder à deux fois avant de venir dans ce pays de fainéants, de cyniques et d’extrêmes.

Où sont les fainéants ?

Hormis les grosses blagues éculées sur les agents de la DDE et sur les fonctionnaires en général proférées par ceux qui ont raté les concours d’entrée dans la fonction publique, pourriez-vous m’indiquez où se trouvent les fainéants en France ?

Peut-être qualifiez-vous ainsi les demandeurs d’emplois qui « profitent du système » comme on le dit fréquemment à droite et qui se « vautrent dans l’assistanat » et que vous souhaiteriez sans doute voir enfourcher leurs vélos pour aller livrer de pizzas juste pour quelques euros sous statut précaire ?

Pensez-vous qu’il soit élégant de parler de fainéants alors que votre gouvernement supprime à tour de bras des contrats aidés, véritable respiration pour ceux qui en bénéficiaient et qui s’investissaient au quotidien dans les collectivités, les maisons de retraite et les associations.

Dans le même temps, la modification du code du travail va se traduire par de nouveaux licenciements qui viendront sans doute grossir ces cohortes de profiteurs, mais la réorganisation de l’assurance chômage que vous envisagez, mettra sans doute fin à tout cela, mais pas au chômage !

Je n’ose pas penser, par contre, que vous puissiez faire un amalgame entre rentiers et fainéants puisque c’est précisément sur eux que vous comptez pour relancer la croissance en leur faisant des cadeaux fiscaux, comme la réduction de l’ISF.

Ou sont les cyniques ?

On désigne comme cynique celui qui avoue avec insolence, et en la considérant comme naturelle, une conduite contraire aux conventions sociales, aux règles morales.

Là, je ne doute pas que votre grande culture philosophique nous permettrait de mieux comprendre votre pensée que l’on dit complexe, si vous daigniez nous dire à qui vous pensez en utilisant ce terme. Car enfin, les conduites contraires aux conventions sociales et aux règles morales sont légions dans notre pays, si l’on considère que chacun a sa propre vision des choses.

Moi, par exemple, j’ai tendance à penser que M. Gattaz, le digne représentant du patronat, fait preuve de cynisme quand il dit que vos ordonnances vont dans le bon sens, sans s’engager dans la voie de la création d’emplois, malgré les milliards d’euros déversés sur les entreprises.

Chacun sa vision du cynisme…

Où sont les extrêmes ?

Auriez-vous peur du débat politique ? Les extrêmes, comme vous dites, font partie du paysage politique depuis longtemps et pour l’instant, on n’entend parler ni de coup d’état, ni de barricades, ni d’atteintes aux biens publics, simplement de réactions à votre politique qui risque de grossir les rangs, non pas des extrêmes, mais de la contestation sociale.

Il va falloir vous y faire, comme vos prédécesseurs, il existe une opposition dans notre pays, et c’est tant mieux. Nous ne sommes ni en Turquie, ni dans des républiques bananières, dirigés par des potentats. Nous sommes en France.

Souvenez-vous également que l’abstention, les votes blancs ou nuls lors des élections présidentielles et législatives ont marqué une nette défiance vis-à-vis des politiques en général et de vous et de votre majorité en particulier.

Les contestataires, donc, pour éviter de parler d’extrêmes, ce sont peut-être ces retraités « aisés » qui touchent le pactole chaque mois (1200 euros) qui vont être ponctionnés de 1.7% de CSG supplémentaires.

Ce sont peut-être ces salariés qui, en apparence devrait gagner 2 ou 300 euros de plus par mois suite à votre tour de passe-passe CSG/cotisations sociales, mais qui perdront tout parce que les coupes claires dans les dotations aux collectivités locales se traduiront par des augmentations d’impôts et taxes ou des suppressions de services publics qu’il faudra désormais payer (un bel exemple de cynisme, au passage…).

Bon, les extrêmes ne sont ni chez les riches que vous cajolez, ni chez les chefs d’entreprises que vous représentez dignement, mais tout cela n’est qu’une question de point de vue : nous n’avons sans doute pas les mêmes valeurs.

Quel manque d’élégance…

Cela fait simplement 4 mois que vous avez été élu et déjà des doutes apparaissent quant à votre capacité à appréhender la tâche qui vous est dévolue, et surtout, vos difficultés à vous adresser au peuple français de manière simple et dépassionnée, en faisant de la pédagogie, semblent patentes.  

Parlons peut-être de conservatismes, voire de clientélisme pour parler des français et de votre action, mais évitons autant que faire se peut les mots qui fâchent : nous ne sommes ni fainéants, ni cyniques, ni extrêmes.

Redescendez sur terre, c’est-à-dire revenez en France ; Nous vous avons beaucoup vu avec les grands de ce monde, parcourir la planète. Certes, tout ne se joue pas à l’intérieur de nos frontières, mais les français aiment bien qu’on leur parle simplement, qu’on leur explique les choses, mais c’est sans doute parce que votre politique est difficile à expliquer aux français que vous avez choisi de vous exprimer à l’étranger, avec le succès que l’on connait…

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 07:53

Des milliards comme s’il en pleuvait

Ce début de quinquennat aura été marqué par des annonces plus folles les unes que les autres : et que je te supprime la taxe d’habitation, les cotisations sociales des salariés pour leur redonner du pouvoir d’achat.

A y regarder de plus près, ces mesures qui font saliver le petit peuple risquent d’avoir du mal à se mettre en place et ne représentent pas grand-chose à côté des milliards promis aux entreprises et aux plus riches, sans garantie de retour sur investissement et sur l’amélioration de l’emploi.

L’arbre qui cache la forêt

C’est vrai qu’elles sont populaires ces mesures visant les actifs, entre la diminution des cotisations salariales et la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des redevables, mais depuis quelques temps la vision précise de la mise en place de ces mesures dans les temps se fait plus trouble : pour les cotisations salariales, ce sera étalé en deux fois, comme la revalorisation du minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé. Il ne faudrait pas que les plus pauvres croient qu’ils seront exemptés d’efforts.

Par contre pour l’augmentation de la CSG, il n’y aura pas d’étalement, ce sera le 1er janvier 2018 et plein pot, y compris pour les retraités « favorisés » qui touchent plus de 1200 euros de pension et pour les fonctionnaires pour lesquels aucune compensation n’est prévue.

Pas d’étalement non plus pour la diminution des APL de 5 euros par moins : 5 euros, qu’est-ce que cela représente pour un fonctionnaire de Bercy, un Ministre ou un député en marche ? Rien, ils ne connaissent rien des fins de mois difficiles.

Voilà un bel exercice limité de solidarité Macronienne qui stigmatise les retraités sommés d’être solidaires des plus jeunes. « Les pauvres d’aujourd’hui sont moins les retraités que les jeunes » nous dit-il. La ligne de partage se fait donc sur un statut présumé plus favorable, excluant les riches qui l’étaient déjà hier et qui le seront encore plus demain par la transformation de l’ISF.  

Ce n’est pas fini

Comment boucler le prochain budget ? C’est l’exercice auquel est confronté le Premier Ministre et il est à la peine. Le concours Lépine de l’invention fiscale la plus bête (cf Canard Enchaîné) est ouvert dans les différents Ministères. C’est ainsi que le chiffrage du report de l’âge légal de la retraite de 62 à 63 ans (non prévu dans le programme Macron) a fait l’objet d’études savantes (4 milliards de gagnés en 2018, 6.3 en 2019 et 15.7 en 2019). Le calcul sur le gel des pensions en 2018 et 2019 a également été fait et pour ne rien oublier dans le sordide on a calculé ce que pourrait rapporter le versement des pensions à l’euro inférieur !

Du côté des aides aux logements, il ne faudrait pas croire que les 5 euros de gagnés sur les APL seront suffisant et nos brillants technocrates ont envisagé de prendre en compte les prestations sociales dans le calcul dans le calcul des ressources des allocataires ce qui pourrait produire une perte de 100 euros par mois pour les allocataires du RSA et de 60 euros pour ceux qui touchent la prime d’activité.

Le partage des miettes des pauvres est en route !

L’effort de l’Etat et des collectivités

On a beaucoup parlé du gel de crédits dans différents Ministères, ce qui pose tout de même quelques problèmes au quotidien. C’est le cas des armées dont le matériel n’est plus de toute première jeunesse. C’est aussi le cas dans la police avec les biens belles images des commissariats vétustes, des cafards qui y grouillent et des véhicules qui ne passeraient pas le contrôle technique. Parlons enfin de la grande misère de la justice et des services pénitenciers.

A part les sempiternelles annonces d’augmentation des budgets ou du déblocage de crédits gelés, les militaires et fonctionnaires ne voient rien venir, comme d’habitude.

La palme de la mesure nulle revient à M. Colomb, Ministre de l’Intérieur qui a annoncé la sous-traitance des contrôles de vitesse par des sociétés privées (sans doute des autoentrepreneurs…) afin de remettre des fonctionnaires sur le terrain et au passage augmenter les recettes issues des contraventions. Belle hypocrisie !

Le service public de l’Etat part en quenouille et il va entraîner avec lui celui offert par les collectivités locales qui vont voir leurs dotations amputées de 3 Milliards.

Ces collectivités (qui ont bien profité du système et recruté à tour de bras) vont devoir faire preuve d’ingéniosité afin de boucler leurs budgets et nul doute que des services publics locaux, donc les administrés, vont en faire les frais.

Moins de services publics ou services publics en déliquescence signifient plus de dépenses à la charge des usagers ou d’augmentation de la fiscalité locale.

Prochaine étape, la suppression de la taxe d’habitation. On verra quand et comment la compensation s’opérera entre l’Etat et les collectivités. Les 10 ou 11 Milliards attendus ne seront sans doute pas au rendez-vous. Et surtout comment justifier que les 20 % les plus aisés continueront de payer cette taxe jugée inéquitable.

Notons enfin l’économie possible de 3 ou 4 milliards par la suppression des emplois aidés soudainement devenus inefficaces et considérés par M. Macron comme une perversion de la politique de l’emploi. Comment qualifier alors les milliards du pacte de responsabilité et du CICE qui n’ont quasiment pas créé d’emplois : un scandale !

Comment faire rentrer plus d’argent ?

Les recettes sont connues. On évalue entre 60 à 80 Milliards la fraude fiscale et sociale de la part des entreprises. Cela fait des années que le phénomène est connu mais on ne voit pas arriver de mesures qui permettraient de passer à la vitesse supérieure. Les contrôles sont faits avec parcimonie et avec des effectifs restreints, ce qui correspond à une volonté réelle de ne pas froisser les entreprises « créatrices de richesses » surtout pour leurs dirigeants et actionnaires.

On permettra de rappeler (ce qu’a fait le Canard enchaîné de cette semaine) les pratiques d’entreprises ou de certains secteurs d’activités en matière de concertation, échange de prix, abus de position dominante ou de répartition des marchés par zones géographiques en vue de maintenir des prix élevés sur le dos des consommateurs. Le champ des investigations est connu depuis des décennies mais l’action de l’Autorité de la Concurrence n’est pas adaptée à l’immensité de la tâche.

Plus facile d’en distribuer… à quelques-uns

L’Etat est généreux, mais pas avec tout le monde. Si le simple citoyen a toutes les raisons de penser qu’il sera grugé en fin de course, M. Gattaz et ses mandants ont toutes les raisons d’être satisfaits, même si les ordonnances ne concernent que peu ou pas les entreprises du Medef. Ce sont en effet les PME qui sont les plus satisfaites par les mesures.

M. Gattaz cache sa joie. Il est « prêt à jouer le jeu » (lequel ?). Il a « retrouvé le sourire ». Il a été entendu lorsqu’il a « appelé à changer de modèle ».

Mais surtout M. Gattaz est très content de voir pérennisé le pacte de responsabilité et le CICE, ce qui se traduira par une baisse de 7% (ou plus ?) des charges patronales : environ 25 Milliards par an de consolidés. Ajoutons la baisse prévue de l’Impôt sur les Sociétés (11 milliards) ainsi que la transformation de l’ISF en impôt immobilier (3 milliards de recettes en moins pour l’Etat) et le taux d’imposition unique à 30 % des revenus du capital (1 milliard de recettes en moins).

La politique de l’offre…

On aura compris que les quelques sucreries accordées aux salariés seront payées par eux-mêmes et par les retraités « aisés ». La CSG ainsi que le rabot sur les services publics s’en chargeront.

Par contre, les dizaines de milliards d’allègements offerts aux entreprises et aux riches profiteront ils à l’économie ? Il est permis d’en douter. Comme d’habitude, M. Gattaz et les autres nous diront que c’était nécessaire, qu’il s’agit d’un nouveau point positif mais pas suffisant.

Dans leur avidité, leur constance à vouloir se constituer des matelas d’argent et si possible à pouvoir les faire sortir de l’emprise du fisc, ils vont sans vergogne finir par scier la branche sur laquelle ils sont assis ou bien délocaliser leur activité pour faire encore plus de profits. Pendant ce temps les PME non délocalisables auront toutes les facilités pour licencier et flexibiliser ou externaliser avec des autoentrepreneurs.

Bienvenue dans le monde des travailleurs pauvres, des salariés invités à se prononcer par référendum sur l’augmentation des cadences et du temps de travail et des retraités dont on rognera les pensions par solidarité avec les jeunes.

Le monde de M. Gattaz est en marche et l’intendant Macron est à la manœuvre.

 

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 09:29

A ceux qui ne comprennent rien

Difficile de gouverner un pays qui ne serait pas réformable, mais lui, Emmanuel Macron va s’y employer et va nous expliquer le pourquoi du comment qu’il est absolument nécessaire d’accepter les réformes pour que le pays aille mieux.

La méthode

M. Macron s’en va donc expliquer au retraité qui touche 1200 euros de pension par mois et aux fonctionnaires qu’ils doivent payer la CSG afin que les salariés du privé puissent percevoir une petite gratte à la fin du mois du fait de la baisse des cotisations salariales.

C’est une grande première. Jusqu’à présent, pour augmenter les salaires, c’était l’entreprise qui s’y collait. M. Macron, reprenant les recettes éculées de ses prédécesseurs invente un nouveau concept : la mutualisation des revenus entre les salariés actifs et les retraités. Dès qu’il s’agira désormais de favoriser l’une de ces deux catégories, c’est l’autre qui paiera. Simple, non ?

Derrière tout cela, il y a bien sûr le totem de la pauvre petite (ou grosse) entreprise qui croule sous les « charges » et à laquelle on ne peut décemment plus demander d’effort, et qu’il faut maintenir sous perfusion financière en permanence afin qu’elle daigne créer des emplois ou au moins en « sauver ». Le cynisme est de règle au Medef qui veut nous faire croire que toutes les entreprises se ressemblent et sont au fond du gouffre.

On sanctuarise l’entreprise et on essore encore un peu plus le salarié ou le retraité en espérant que l’emploi repartira et que le chômage baissera par la création d’auto entreprises , type Uber ou Déliveroo : on sait ce que cela donne : des travailleurs pauvres !

Nul doute que M. Macron sera aidé dans son entreprise de pédagogie par les médias et les économistes acquis au dogme.

Un bras d’honneur à 42 Milliards d’euros

C’est le chèque que Hollande, l’ancien patron de Macron, converti au libéralisme économique a donné aux entreprises au titre du pacte de responsabilité, du CICE,… persuadé que M. Gattaz, dans sa grande mansuétude aurait créé le million d’emplois promis sur le pin’s qu’il portait au revers de son veston, il y a cinq ans.

M. Macron qui était conseiller du Président quand le coup est parti a décidé de s’asseoir sur ce scandale et mieux encore de pérenniser le CICE en le transformant en baisse définitive de 6 % des « charges » salariales patronales.

Mais pour ces « créateurs de richesses », cela ne suffit pas puisque le CICE s’élève actuellement à 7% de la masse salariale et ils estiment « perdre » entre 5 et 7 Milliards. Nul doute que pour calmer ces indigents, on leur fera une petite fleur supplémentaire, comme par exemple baisser avant 2025 l’impôt sur les sociétés à 25 % ou adoucir le prélèvement provisoire sur les grandes entreprises.

…Sans compter la réforme à la hussarde du code du travail qui permettra de « fluidifier l’emploi », c’est-à-dire de le rendre plus précaire et plus flexible et de favoriser les licenciements à moindre coût.

…En attendant la réforme des retraites qui verra diminuer les pensions.

Aucune raison objective que l’emploi s’améliore en France avec ce type de rapport Etat/entreprises.

C’est donc cela, mais avec d’autres arguments, on s’en doute, que M. Macron nous expliquera que les réformes exigée par le Medef, sont incontournables.

Et l’emploi dans tout cela ?

Il va mal, merci. En 5 ans (de 2012 à 2017), il n’a pas évolué et il n’y a pas de raison que cela s’améliore puisque les milliards versés aux entreprises n’ont, selon les économistes les plus optimistes, crées que 100 000 emplois.

…Et puis le plein emploi serait une vrai calamité pour le Medef : les entreprises seraient obligées d’augmenter les salaires !

Où sont passés les milliards ? Soit disant, dans un premier temps à reconstituer les marges des entreprises et dans un second temps à faire des bénéfices pour enfin permettre, peut-être, le cas échéant, d’investir. L’argent a donc été recyclé en interne et a servi à verser des dividendes aux actionnaires (en France, on verse davantage de dividendes qu’en Allemagne, cherchez l’erreur…) et à donner des stock-options aux cadres dirigeants qui mettent tout leur entrain dans la conduite de plans sociaux (Mme La Ministre Pénicaud lorsqu’elle était DRH chez Danone…).

Cela n’empêche pas les chiffres du chômage de toujours être aussi mauvais (cf Juillet).

Ou passe donc l’argent ? Un indice : M. Gattaz, le patron des patrons vient de signer une promesse d’achat pour un domaine viticole dans le Lubéron pour la somme modique de 11 Millions (source : Canard Enchaîné). Mais ce serait sans doute faire un mauvais procès au seul M. Gattaz, quand on sait que le nombre de Milliardaires et de Millionnaires augmente en France, alors que la situation sur le front de l’emploi continue de se dégrader.

Il faut encore faire des efforts !

C’est ce que M. Macron va nous expliquer pour essayer de nous faire accepter « les réformes » en cours, c’est-à-dire celle qui se traduisent par une dégradation de l’emploi, des salaires, des conditions d’emploi, des futures retraites mais qui conviennent si bien au patronat français rétrograde plus enclin à s’assoir sur sa cassette et à claquer son fric dans des dépenses de prestige qu’à faire marcher l’économie.

Avant d’accepter les yeux fermés la purge des bons Docteur Macron et Gattaz, rappelons-nous que les mesures de ces dernières années censées améliorer les choses et dont les effets se sont faits ressentir uniquement chez les actifs et les retraités (loi El Khomry ou bien fiscalisation de la majoration de pension pour les fonctionnaires ayant élevé trois enfants, par exemple), que les mesures prévues (suppression de la Taxe d’habitation ou des cotisations sociales des salariés) se traduirons immanquablement par des dégradations sur la protection sociale et sur les services publics locaux qu’il faudra désormais payer plus cher (cantines, crèches,…) et sur la vie associative locale (qui se verra privée par ailleurs de contrats aidés que M. Macron veut diminuer voire supprimer).

Avant d’intégrer le CICE de manière pérenne dans la baisse des charges des entreprises exigeons que les 40 Milliards déjà versés à ce titre se traduisent contractuellement par des résultats en matière d’embauche.

On ne peut plus continuer à donner des milliards sans contreparties écrites.

 

 

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:22

De l’utilité des réformes…

Réformer le pays est indispensable ! C’est du moins ce que l’on nous dit depuis plus de 20 ans, mais à y regarder de plus près la « réforme » qui sortira la pays de son problème majeur supposé - la dépense publique trop importante et le chômage de masse – se traduit dans les faits par de la régression sociale pour les citoyens alors que la finance et le CAC 40 se gobergent chaque jour davantage.

A quoi sert la réforme ?

Selon les analystes, les économistes, journalistes et syndicalistes chantres de « la réforme », son utilité repose avant tout sur notre « crédibilité » en Europe et au-delà. Dès lors, il est facile d’imaginer que le curseur doit être placé sur le moins disant en matière sociale. Oublié le programme du Conseil National de la Résistance à l’origine des droits sociaux que nous possédons et qui se délite peu à peu après chaque « réforme ».

Vous aurez noté par ailleurs que la « réforme » ne s’intéresse que très peu aux débordements de la finance et des entreprises puisque chaque année nous découvrons des affaires de paradis fiscaux dans lesquels trempent nos banques soit disant si vertueuses qui nous préparent la prochaine crise financière, ou bien encore « d’optimisation fiscale » (Google, AirBnB, etc…). Ajoutons à cela la fraude fiscale et sociale bien française de la part des entreprises qui coûte bon an mal an environ 60 Milliards d’euros au pays.

Ajoutons également que le nombre de millionnaires et de milliardaires continue d’augmenter dans notre beau pays

Créer des emplois…

Une des vertus supposées de la « réforme », c’est qu’elle devrait permettre de retrouver le chemin d’une économie porteuse d’avenir, créatrice d’emplois. Depuis plus de vingt ans, les réformes s’accumulent, toutes destinées à rogner les droits des salariés afin de diminuer les déficits sociaux créés par le chômage, sans que l’on constate d’effets majeurs sur la courbe du nombre de demandeurs d’emplois.

Dans le même temps, toujours dans la logique d’aide aux entreprises « submergées par les charges », on s’évertue à aligner les cotisations payées par les entreprises sur celles de nos voisins européens puisqu’il a été décrété que ce sont eux la référence alors qu’on aurait pu aligner ces voisins sur notre modèle.

Pour ce faire, le gouvernement précédent (dont l’ennemi était la finance…) a créé toute une série de mesures destinées à alléger les « charges » des entreprises (Pacte de responsabilité, CICE,…) qui devaient aboutir à « l’inversion de la courbe du chômage » que l’on attend désespérément. Plus de 40 Milliards ont été dépensés pour un résultat quasiment nul en termes d’emplois.

L’évaluation des politiques publiques

Régulièrement, la Cour des Comptes publie des rapports stigmatisant l’action de l’Etat et des collectivités en matière de gestion de l’argent public, rapports qui font la une de la presse pendant deux jours et qui finissent ensuite dans des armoires.

La Cour des Comptes émet des observations sur la gestion des finances ou sur l’opportunité de certaines dépenses au vu des résultats obtenus, ce dont nos gouvernements successifs se contrefichent puisque eux font de la politique, ce qui n’est pas la même chose, et autorise parfois de faire n’importe quoi au nom du dogme de l’économie mondialisée qui suppose que le futur est dans la régression sociale.

Un exemple ?

Revenons un instant sur les 40 Milliards du pacte de responsabilité et du CICE : Combien d’emplois créés ? 100 000 peut-être, mais guère plus. On est loin du million promis par M. Gattaz… On nous explique désormais que ces sommes colossales ont permis aux entreprises de récréer leurs marges d’avant, puis de faire des bénéfices et enfin, nous en sommes à un « frémissement de l’investissement ». A ce train-là, nous devrons attendre le siècle prochain pour avoir un « frémissement sur l’emploi ». Pendant ce temps, les dividendes, les salaires mirobolants des dirigeants et les stocks options distribuées, se portent bien et permettent à leurs bénéficiaires de très bien vivre.

Mettons maintenant en parallèle les quelque 500 000 emplois aidés crées par l’Etat, les Collectivités locales ou les associations pour un dépense publique de 3 ou 4 milliards, emplois dont on nous dit qu’ils sont inutiles, et qu’ils ne débouchent pas sur des emplois réels. Sauf que… les 500 000 emplois avec 4 Milliards comparés avec les 40 Milliards pour 100 000 emplois, nous démontrent que ce n’est pas en versant des milliards à fonds perdus aux entreprises que l’on résoudra le problème du chômage.

Le dogme des emplois publics inutiles et coûteux

Emplois inutiles ? Cette affirmation est à relativiser, même si on sait que l’accumulation des structures publiques est génératrice de doublons qui sont de la responsabilité des élus qui votent ces emplois garantissant leur propre survie électorale.

Emplois coûteux ? Là aussi, il suffit de se replonger il y a une trentaine d’année pour savoir que les emplois publics n’ont pas toujours été bien payés (et ne le sont pas toujours : cf infirmières…), mais que ce sont les rémunérations des emplois privés qui ont subi une érosion importante du fait de l’accroissement du chômage de masse et par conséquent de la position de force des recruteurs en matière de négociation des salaires.

Dans la logique actuelle, qui consiste à opposer les salariés du public à ceux du privé, les deux sont perdants et l’argent dégagé des dépenses publiques pour payer les fonctionnaires ou les emplois aidés continuera à alimenter le trou sans fond des subventions aux entreprises créatrices de profits et de dividendes pour quelques-uns mais pas d’emplois.

La réforme : une question de vocabulaire

Déjà le mot « réforme » est en lui-même une escroquerie intellectuelle puisqu’il induit que les efforts doivent être supportés par une seule catégorie sociale alors que d’autres catégories en seraient exemptées.

Le mythe de la « dépense publique », insupportable, bien sûr, doit être précisé afin que les contribuables et cotisants sachent bien ce qui se passera lorsque des pans entiers de notre système public aura vécu : open bar pour les assurances privées qui se substitueront au régime de protection sociale en vigueur (avec sans doute, un « léger surcoût » de cotisations pour les personnes à risque), place aux cliniques privées et aux honoraires libres du corps médical, augmentation des factures des particuliers aux prestataires remplaçant les services publics (transports, crèches,…), boom des écoles et universités privées avec des frais de scolarité  « à l’américaine », etc., etc…

« La réforme est urgente », bien sûr. Elle ne peut plus attendre, c’est du moins ce que l’on nous serine depuis plus de 20 ans, sans qu’un horizon clair soit tracé, et pour cause : la course aux profits ne cessera jamais.

Enfin, pour entrer dans la « réforme de l’emploi » qu’on nous propose, admirons l’urgence affichée à « faciliter les licenciements » pour « relancer les embauches » : une magnifique pépite linguistique réformiste !

Les petites mains de la réforme

Comme dans toute manipulation intellectuelle destinée à tromper les citoyens, il faut des « experts » et des élus qui donneront un vernis démocratique à la réforme qui montent en première ligne tandis que les véritables bénéficiaires resteront dans l’ombre à compter les bénéfices.

Parmi ces experts et ces élus, beaucoup ont un pied dedans et un pied dehors, c’est-à-dire qu’ils ont un passé dans la Banque (Macron) ou dans un grand groupe (Pénicaud) et sont donc bien au courant des enjeux pour leurs mandants et aussi pour eux-mêmes lorsqu’ils auront terminé leur carrière politique pour laquelle ils acceptent de perdre beaucoup de revenus (quelle abnégation ! mais suspecte, tout de même).

Il y a également les Inspecteurs des finances élevés à la mamelle de l’Etat qui savent si bien « pantoufler » grassement dans le privé, en n’ayant pas peur de créer des conflits d’intérêts en freinant la régulation du secteur privé, et qui sont toujours prêts à offrir leurs services

Il y a enfin les idiots utiles comme ces syndicats favorable à la réforme et qui n’ambitionnent rien d’autre que de devenir les leaders de la représentation syndicale, ou bien ces convertis à 1300 euros par mois qui crachent sur le secteur public sans savoir ce qui les attends (cf, plus haut) et qui se précipitent dans la boutique du PSG pour acheter le maillot de Neymar à 150 euros.

Avec de telles petites mains, la réforme a de beaux jours devant elle, en même temps que le naufrage du politique et l’arrogance et la vulgarité des riches.  

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:07

Retraités : la fin de l’âge d’or

Enfin, l’âge d’or, pas pour tout le monde. Peut-on en parler pour ceux qui touchent 1200 euros par mois après avoir travaillé toute leur vie, ou bien encore ceux qui touchent les minimas sociaux parce qu’ils n’ont pas cotisé en tant que conjoint d’artisans ou de commerçants ou ceux qui touchent une allocation de handicapé ?

Une espèce en voie de disparition

Dans la doxa libérale, un retraité est une charge pour la société, charge qui pénalise l’entreprise qui doit verser des cotisations pour leur entretien. Pas bon pour les profits et les dividendes, tout ça ! Et 1200 euros par mois, pour un retraité c’est encore trop et il faut faire quelque chose pour que les actionnaires et les milliardaires puissent conserver leur train de vie.

Le projet de réforme des régimes de retraites qui figure dans le programme de Macron consistera donc à revoir les pensions à la baisse. Il est inenvisageable en effet de s’aligner vers le haut, c’est-à-dire sur les pensions de retraites du secteur public. Les futurs retraités fonctionnaires et assimilés devront faire le deuil du train de vie de leurs prédécesseurs.

« Ce n’est que justice » diront les salariés du privé qui ne se rendent pas compte qu’ils feront tous partie des 80 % de français qui sont constamment alignés vers le bas au nom de l’équité pendant que les 20 % d’en haut bénéficieront d’allègements sur l’ISF ou sur la fiscalité de l’épargne.

En gros, il faut bien faire les poches des 80 % pour que les 20 % puissent continuer à amasser : c’est la logique du libéralisme et ce qu’on peut appeler également la mutualisation de la pauvreté.

Et comme la réforme des retraites prévoit un système à points basée sur une valeur du point, il suffira de bloquer cette valeur ou bien de la diminuer si on estime que les retraités se gobergent encore trop. Simple, non ?

Une paupérisation annoncée

La baisse des pensions est donc inéluctable, mais c’est déjà une réalité du fait du chômage de masse qui sévit et qui se traduit par des cotisations minimales pendant des périodes plus ou moins longues. Le montant de la pension lors de sa liquidation s’en ressent.

Bonjour le modèle Allemand qui possède les plus gros secteurs à bas salaires en Europe : 22 % des actifs gagnent moins de 10.5 € de l’heure (contre 8.8 % actuellement en France). Eh oui, le modèle Allemand qu’on met en exemple est aussi une trappe à travailleurs et retraités pauvres.

 Ce sera une réalité après la réforme du code du travail en France qui ne prévoit rien de bon pour l’avenir des contrats de travail et les rémunérations, mais qui va instituer une précarité encore plus grande.

Bonjour les mini jobs, les contrats à temps partiel et autres CDI de projets qui vont impacter lourdement les pensions si d’aventure le salarié soumis à ce régime se hasardait à demander à partir en retraite à 62 ans. Il faudra donc continuer à bosser à temps partiel et à pas cher si on veut pouvoir subvenir à ses besoins : une aubaine pour les entreprises et autres exploiteurs.

Pas besoin d’agiter le chiffon rouge du départ en retraite à 65 ans, cela se fera de manière naturelle.

Une espérance de vie qui va se dégrader

On sait déjà que les salariés exposés à la pénibilité des conditions de travail ont une espérance de vie moins grande que les cadres et dirigeants. Cela ne s’améliorera pas, d’autant que les facteurs environnementaux (pollution industrielle et agricole) se cumuleront avec des liquidations de pensions plus tardives et un temps passé au travail plus long. La régression du compte pénibilité fait partie de l’objectif global.

La solidarité des enfants, (du fait de la précarisation de leurs emplois et de la pression sur les salaires), en direction de leurs parents âgés, deviendra plus rare et peut-être leur faudra-t-il emprunter pour les placer en structure d’accueil s’ils vivent trop vieux.

Dans vingt-cinq ans les statistiques de l’INSEE (si on ne casse pas le thermomètre), nous montrerons cette baisse de l’espérance de vie dans les catégories les plus faibles (qu’on ne décryptera pas outre mesure) et « en même temps » la bonne santé retrouvée du système de retraite (grâce au « courage politique », bien évidemment). Parallèlement on constatera que la part des revenus salariaux et des pensions dans l’économie se sera encore dégradée contrairement aux profits des entreprises et des banques. 

La fin de « l’économie grise »

Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps, les économistes et les politiques qui les suivent aveuglement nous prédisaient de formidables opportunités dans le secteur de l’accompagnement des personnes âgées, de leurs loisirs, de leurs investissements, qui allaient créer des richesses et des emplois à la pelle.

Les investisseurs qui sont tombés dans le panneau vont devoir revoir leur business plan à la baisse. Fini le boom des camping-cars et des résidences services (qui seront réservées à l’élite).

Il faudra également réduire la toile sur l’aide intergénérationnelle (garde des petits-enfants et financement de leurs études, coup de pouce financier aux enfants touchés par le chômage,…) et sur l’investissement des seniors dans le bénévolat associatif.

L’âge d’or des retraités, si tant est qu’il ait existé, est bien fini. Macron et les forces libérales qui le poussent en ont décidé ainsi.

 

 

 

 

 

 

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