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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:22

De l’utilité des réformes…

Réformer le pays est indispensable ! C’est du moins ce que l’on nous dit depuis plus de 20 ans, mais à y regarder de plus près la « réforme » qui sortira la pays de son problème majeur supposé - la dépense publique trop importante et le chômage de masse – se traduit dans les faits par de la régression sociale pour les citoyens alors que la finance et le CAC 40 se gobergent chaque jour davantage.

A quoi sert la réforme ?

Selon les analystes, les économistes, journalistes et syndicalistes chantres de « la réforme », son utilité repose avant tout sur notre « crédibilité » en Europe et au-delà. Dès lors, il est facile d’imaginer que le curseur doit être placé sur le moins disant en matière sociale. Oublié le programme du Conseil National de la Résistance à l’origine des droits sociaux que nous possédons et qui se délite peu à peu après chaque « réforme ».

Vous aurez noté par ailleurs que la « réforme » ne s’intéresse que très peu aux débordements de la finance et des entreprises puisque chaque année nous découvrons des affaires de paradis fiscaux dans lesquels trempent nos banques soit disant si vertueuses qui nous préparent la prochaine crise financière, ou bien encore « d’optimisation fiscale » (Google, AirBnB, etc…). Ajoutons à cela la fraude fiscale et sociale bien française de la part des entreprises qui coûte bon an mal an environ 60 Milliards d’euros au pays.

Ajoutons également que le nombre de millionnaires et de milliardaires continue d’augmenter dans notre beau pays

Créer des emplois…

Une des vertus supposées de la « réforme », c’est qu’elle devrait permettre de retrouver le chemin d’une économie porteuse d’avenir, créatrice d’emplois. Depuis plus de vingt ans, les réformes s’accumulent, toutes destinées à rogner les droits des salariés afin de diminuer les déficits sociaux créés par le chômage, sans que l’on constate d’effets majeurs sur la courbe du nombre de demandeurs d’emplois.

Dans le même temps, toujours dans la logique d’aide aux entreprises « submergées par les charges », on s’évertue à aligner les cotisations payées par les entreprises sur celles de nos voisins européens puisqu’il a été décrété que ce sont eux la référence alors qu’on aurait pu aligner ces voisins sur notre modèle.

Pour ce faire, le gouvernement précédent (dont l’ennemi était la finance…) a créé toute une série de mesures destinées à alléger les « charges » des entreprises (Pacte de responsabilité, CICE,…) qui devaient aboutir à « l’inversion de la courbe du chômage » que l’on attend désespérément. Plus de 40 Milliards ont été dépensés pour un résultat quasiment nul en termes d’emplois.

L’évaluation des politiques publiques

Régulièrement, la Cour des Comptes publie des rapports stigmatisant l’action de l’Etat et des collectivités en matière de gestion de l’argent public, rapports qui font la une de la presse pendant deux jours et qui finissent ensuite dans des armoires.

La Cour des Comptes émet des observations sur la gestion des finances ou sur l’opportunité de certaines dépenses au vu des résultats obtenus, ce dont nos gouvernements successifs se contrefichent puisque eux font de la politique, ce qui n’est pas la même chose, et autorise parfois de faire n’importe quoi au nom du dogme de l’économie mondialisée qui suppose que le futur est dans la régression sociale.

Un exemple ?

Revenons un instant sur les 40 Milliards du pacte de responsabilité et du CICE : Combien d’emplois créés ? 100 000 peut-être, mais guère plus. On est loin du million promis par M. Gattaz… On nous explique désormais que ces sommes colossales ont permis aux entreprises de récréer leurs marges d’avant, puis de faire des bénéfices et enfin, nous en sommes à un « frémissement de l’investissement ». A ce train-là, nous devrons attendre le siècle prochain pour avoir un « frémissement sur l’emploi ». Pendant ce temps, les dividendes, les salaires mirobolants des dirigeants et les stocks options distribuées, se portent bien et permettent à leurs bénéficiaires de très bien vivre.

Mettons maintenant en parallèle les quelque 500 000 emplois aidés crées par l’Etat, les Collectivités locales ou les associations pour un dépense publique de 3 ou 4 milliards, emplois dont on nous dit qu’ils sont inutiles, et qu’ils ne débouchent pas sur des emplois réels. Sauf que… les 500 000 emplois avec 4 Milliards comparés avec les 40 Milliards pour 100 000 emplois, nous démontrent que ce n’est pas en versant des milliards à fonds perdus aux entreprises que l’on résoudra le problème du chômage.

Le dogme des emplois publics inutiles et coûteux

Emplois inutiles ? Cette affirmation est à relativiser, même si on sait que l’accumulation des structures publiques est génératrice de doublons qui sont de la responsabilité des élus qui votent ces emplois garantissant leur propre survie électorale.

Emplois coûteux ? Là aussi, il suffit de se replonger il y a une trentaine d’année pour savoir que les emplois publics n’ont pas toujours été bien payés (et ne le sont pas toujours : cf infirmières…), mais que ce sont les rémunérations des emplois privés qui ont subi une érosion importante du fait de l’accroissement du chômage de masse et par conséquent de la position de force des recruteurs en matière de négociation des salaires.

Dans la logique actuelle, qui consiste à opposer les salariés du public à ceux du privé, les deux sont perdants et l’argent dégagé des dépenses publiques pour payer les fonctionnaires ou les emplois aidés continuera à alimenter le trou sans fond des subventions aux entreprises créatrices de profits et de dividendes pour quelques-uns mais pas d’emplois.

La réforme : une question de vocabulaire

Déjà le mot « réforme » est en lui-même une escroquerie intellectuelle puisqu’il induit que les efforts doivent être supportés par une seule catégorie sociale alors que d’autres catégories en seraient exemptées.

Le mythe de la « dépense publique », insupportable, bien sûr, doit être précisé afin que les contribuables et cotisants sachent bien ce qui se passera lorsque des pans entiers de notre système public aura vécu : open bar pour les assurances privées qui se substitueront au régime de protection sociale en vigueur (avec sans doute, un « léger surcoût » de cotisations pour les personnes à risque), place aux cliniques privées et aux honoraires libres du corps médical, augmentation des factures des particuliers aux prestataires remplaçant les services publics (transports, crèches,…), boom des écoles et universités privées avec des frais de scolarité  « à l’américaine », etc., etc…

« La réforme est urgente », bien sûr. Elle ne peut plus attendre, c’est du moins ce que l’on nous serine depuis plus de 20 ans, sans qu’un horizon clair soit tracé, et pour cause : la course aux profits ne cessera jamais.

Enfin, pour entrer dans la « réforme de l’emploi » qu’on nous propose, admirons l’urgence affichée à « faciliter les licenciements » pour « relancer les embauches » : une magnifique pépite linguistique réformiste !

Les petites mains de la réforme

Comme dans toute manipulation intellectuelle destinée à tromper les citoyens, il faut des « experts » et des élus qui donneront un vernis démocratique à la réforme qui montent en première ligne tandis que les véritables bénéficiaires resteront dans l’ombre à compter les bénéfices.

Parmi ces experts et ces élus, beaucoup ont un pied dedans et un pied dehors, c’est-à-dire qu’ils ont un passé dans la Banque (Macron) ou dans un grand groupe (Pénicaud) et sont donc bien au courant des enjeux pour leurs mandants et aussi pour eux-mêmes lorsqu’ils auront terminé leur carrière politique pour laquelle ils acceptent de perdre beaucoup de revenus (quelle abnégation ! mais suspecte, tout de même).

Il y a également les Inspecteurs des finances élevés à la mamelle de l’Etat qui savent si bien « pantoufler » grassement dans le privé, en n’ayant pas peur de créer des conflits d’intérêts en freinant la régulation du secteur privé, et qui sont toujours prêts à offrir leurs services

Il y a enfin les idiots utiles comme ces syndicats favorable à la réforme et qui n’ambitionnent rien d’autre que de devenir les leaders de la représentation syndicale, ou bien ces convertis à 1300 euros par mois qui crachent sur le secteur public sans savoir ce qui les attends (cf, plus haut) et qui se précipitent dans la boutique du PSG pour acheter le maillot de Neymar à 150 euros.

Avec de telles petites mains, la réforme a de beaux jours devant elle, en même temps que le naufrage du politique et l’arrogance et la vulgarité des riches.  

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:07

Retraités : la fin de l’âge d’or

Enfin, l’âge d’or, pas pour tout le monde. Peut-on en parler pour ceux qui touchent 1200 euros par mois après avoir travaillé toute leur vie, ou bien encore ceux qui touchent les minimas sociaux parce qu’ils n’ont pas cotisé en tant que conjoint d’artisans ou de commerçants ou ceux qui touchent une allocation de handicapé ?

Une espèce en voie de disparition

Dans la doxa libérale, un retraité est une charge pour la société, charge qui pénalise l’entreprise qui doit verser des cotisations pour leur entretien. Pas bon pour les profits et les dividendes, tout ça ! Et 1200 euros par mois, pour un retraité c’est encore trop et il faut faire quelque chose pour que les actionnaires et les milliardaires puissent conserver leur train de vie.

Le projet de réforme des régimes de retraites qui figure dans le programme de Macron consistera donc à revoir les pensions à la baisse. Il est inenvisageable en effet de s’aligner vers le haut, c’est-à-dire sur les pensions de retraites du secteur public. Les futurs retraités fonctionnaires et assimilés devront faire le deuil du train de vie de leurs prédécesseurs.

« Ce n’est que justice » diront les salariés du privé qui ne se rendent pas compte qu’ils feront tous partie des 80 % de français qui sont constamment alignés vers le bas au nom de l’équité pendant que les 20 % d’en haut bénéficieront d’allègements sur l’ISF ou sur la fiscalité de l’épargne.

En gros, il faut bien faire les poches des 80 % pour que les 20 % puissent continuer à amasser : c’est la logique du libéralisme et ce qu’on peut appeler également la mutualisation de la pauvreté.

Et comme la réforme des retraites prévoit un système à points basée sur une valeur du point, il suffira de bloquer cette valeur ou bien de la diminuer si on estime que les retraités se gobergent encore trop. Simple, non ?

Une paupérisation annoncée

La baisse des pensions est donc inéluctable, mais c’est déjà une réalité du fait du chômage de masse qui sévit et qui se traduit par des cotisations minimales pendant des périodes plus ou moins longues. Le montant de la pension lors de sa liquidation s’en ressent.

Bonjour le modèle Allemand qui possède les plus gros secteurs à bas salaires en Europe : 22 % des actifs gagnent moins de 10.5 € de l’heure (contre 8.8 % actuellement en France). Eh oui, le modèle Allemand qu’on met en exemple est aussi une trappe à travailleurs et retraités pauvres.

 Ce sera une réalité après la réforme du code du travail en France qui ne prévoit rien de bon pour l’avenir des contrats de travail et les rémunérations, mais qui va instituer une précarité encore plus grande.

Bonjour les mini jobs, les contrats à temps partiel et autres CDI de projets qui vont impacter lourdement les pensions si d’aventure le salarié soumis à ce régime se hasardait à demander à partir en retraite à 62 ans. Il faudra donc continuer à bosser à temps partiel et à pas cher si on veut pouvoir subvenir à ses besoins : une aubaine pour les entreprises et autres exploiteurs.

Pas besoin d’agiter le chiffon rouge du départ en retraite à 65 ans, cela se fera de manière naturelle.

Une espérance de vie qui va se dégrader

On sait déjà que les salariés exposés à la pénibilité des conditions de travail ont une espérance de vie moins grande que les cadres et dirigeants. Cela ne s’améliorera pas, d’autant que les facteurs environnementaux (pollution industrielle et agricole) se cumuleront avec des liquidations de pensions plus tardives et un temps passé au travail plus long. La régression du compte pénibilité fait partie de l’objectif global.

La solidarité des enfants, (du fait de la précarisation de leurs emplois et de la pression sur les salaires), en direction de leurs parents âgés, deviendra plus rare et peut-être leur faudra-t-il emprunter pour les placer en structure d’accueil s’ils vivent trop vieux.

Dans vingt-cinq ans les statistiques de l’INSEE (si on ne casse pas le thermomètre), nous montrerons cette baisse de l’espérance de vie dans les catégories les plus faibles (qu’on ne décryptera pas outre mesure) et « en même temps » la bonne santé retrouvée du système de retraite (grâce au « courage politique », bien évidemment). Parallèlement on constatera que la part des revenus salariaux et des pensions dans l’économie se sera encore dégradée contrairement aux profits des entreprises et des banques. 

La fin de « l’économie grise »

Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps, les économistes et les politiques qui les suivent aveuglement nous prédisaient de formidables opportunités dans le secteur de l’accompagnement des personnes âgées, de leurs loisirs, de leurs investissements, qui allaient créer des richesses et des emplois à la pelle.

Les investisseurs qui sont tombés dans le panneau vont devoir revoir leur business plan à la baisse. Fini le boom des camping-cars et des résidences services (qui seront réservées à l’élite).

Il faudra également réduire la toile sur l’aide intergénérationnelle (garde des petits-enfants et financement de leurs études, coup de pouce financier aux enfants touchés par le chômage,…) et sur l’investissement des seniors dans le bénévolat associatif.

L’âge d’or des retraités, si tant est qu’il ait existé, est bien fini. Macron et les forces libérales qui le poussent en ont décidé ainsi.

 

 

 

 

 

 

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 16:46

Trop d’élus, trop de dépenses ou les deux ?

En France 1 élu pour 100 habitants et 1 médecin pour 1100 habitants. A priori, pas de comparaison possible sauf que pour les médecins, on peine à en trouver dans des zones rurales alors que des élus, il y en a partout.

Pour les élus, il en va comme pour les médecins, il y a des spécialistes (parlementaires, conseillers intercommunaux, départementaux, régionaux) et des généralistes.

Maires et conseillers municipaux, en lien avec l’intercommunalité jouent ce rôle de généralistes sauf que la plupart du temps, ils ne gèrent pas grand-chose, faute de moyens financiers, humains et techniques pour remplir leur compétence prétendue générale. Les « spécialistes », eux, se trouvent au Conseil Départemental ou Régional ou bien à Paris ou à Bruxelles autant dire qu’on ne les voit le plus souvent sauf lors des campagnes électorales, et encore…

Trop d’élus ?

A cette question, on nous répond invariablement que les quelque 500 000 élus communaux ne coûtent quasiment rien et qu’ils sont sur le terrain tous les jours pour régler les problèmes du quotidien des administrés. On aimerait s’en persuader, mais la difficulté liée à l’émiettement des compétences entre les différents niveaux de gestion cités plus haut ne rend pas la vie facile aux élus municipaux qui répondent le plus souvent aux administrés : « Ce n’est pas de notre compétence, mais de celle de… (cochez le bon niveau). Pas simple pour les usagers !

Le nombre d’élus est trop important mais le diminuer ne résoudra jamais à lui seul la question de la dépense publique des collectivités locales.

A chaque niveau de collectivité, sa structure

Pas d’économies importantes à attendre de la diminution du nombre de communes si on ne touche pas à l’environnement politique, administratif et technique qui accompagne chaque assemblée délibérante en gros à tout ce réseau d’obligés et d’interdépendance.

 L’exemple de la création des communautés de communes ou des Métropoles est là pour nous dire que les économies d’échelles qu’on aurait pu imaginer se sont traduites au contraire par de nouvelles embauches, étant entendu qu’un élu sans troupes n’a pas l’impression d’exister, et donc par des doublons.

La réforme calamiteuse des Régions censée produire des économies s’est au contraire traduite par une augmentation des dépenses étant entendu qu’on a gardé l’ensemble des élus des anciennes régions, qu’il a fallu construire ou louer des locaux plus grands, que les régimes indemnitaires des personnels ont été alignés sur la région la mieux-disante et que tout cela créé des frais de fonctionnements supplémentaires.

Les Conseils départementaux dans leur souci d’être au plus près (de maintenir sous tutelle ?) des communes et intercommunalités ont créé des « Maisons du Département » coûteuses en fonctionnement et qui ont été l’occasion de recruter de nouveaux agents : quels résultats aujourd’hui ?

Les freins aux économies « consenties »

Le réseau des collectivités locales, plus dense en France que dans d’autres pays européens a une utilité mais qui ne concerne pas les administrés : elle sert au Sénat à maintenir son influence dans le paysage politique français. Selon la Constitution, le Sénat est le représentant des collectivités locales. Aucune raison, donc, qu’il se tire une balle dans le pied en acceptant la diminution de leur nombre et de leurs élus.

Le second frein au changement est que les collectivités locales sont une formidable pépinière pour les partis politiques et elles favorisent l’entre soi et la cooptation pour les futures échéances électorales. On ne connait pas le nombre exact de conseillers, chefs de cabinet, chargés de mission ou de communication et emplois politiques recrutés par les collectivités locales ( surtout dans les moyennes et les plus importantes), qui œuvrent moins pour le bien des administrés que pour celui de leur Maire ou Président et également pour le parti qu’ils représentent, le tout payé avec nos impôts locaux. Une forme de financement des partis politiques méconnue des citoyens… Par ailleurs, le cumul de mandats locaux est toujours d’actualité.

Le troisième frein, déjà évoqué, est qu’un élu dont les compétences sont confiées à une autre collectivité répugnera à voir ses effectifs de fonctionnaires diminuer et trouvera de nouvelles missions, pas toujours utiles, à leur faire assurer.

Voilà comment la dépense publique locale prospère… Et encore, on ne parle pas des contrats et marchés passés avec des entreprises pour leur assurer leurs fins de mois : la dépense publique à parfois du bon…

La contrainte, seule voie envisageable ?

Le précédent gouvernement avait déjà décidé de diminuer les dotations financières de l’Etat aux collectivités locales, les obligeant de fait à faire des économies sans trop avoir recours aux impôts locaux.

Cet épisode a permis de parvenir à des regroupements autoritaires d’intercommunalités ainsi qu’à des fusions de communes consenties. Les élus locaux semblent avoir découvert, à l’occasion de cette mesure de contrainte financière les vertus de la coopération avec les voisins, et c’est bien.

Le nouveau gouvernement, lui, va plus loin puisqu’il supprime la taxe d’habitation perçue par les communes et intercommunalités en affirmant compenser le manque de recettes occasionné : une belle hypocrisie à 10 Milliards.

L’Etat n’envisage pas un seul moment de compenser en totalité cette perte de recettes et le ferait-il que cela se résumerait à augmenter d’autres impôts qui annuleraient les quelques gains de pouvoir d’achat concédés aux plus modestes. L’augmentation du prix du diesel et du tabac procède d’ores et déjà de cette escroquerie. D’autre part, les communes et intercommunalités étant ainsi mis à la diète se hâteront d’augmenter les impôts fonciers et procèderont à des révisions à la hausse des tarifs des services publics locaux ou à leur suppression.

Au final, c’est bien le contribuable qui paiera la facture, pas le possédant.

D’autres solutions ?

Oui : supprimer un niveau de collectivité et à ce jeu-là le Conseil Départemental qui a perdu beaucoup de ses compétences au profit de la Région lors des derniers transferts de 2015, apparaît comme le maillon faible entre des Régions puissantes et des intercommunalités désormais bien assises.

Il tire sa légitimité de l’action en faveur des populations fragile (aides sociales) ce qui constitue désormais environ les deux tiers de son budget. Certains Présidents de conseils départementaux demandent que l’Etat, qui ne compense plus la totalité des dépenses de RSA reprenne cette compétence à son compte. Allons plus loin, et recentralisons toutes les dépenses sociales au niveau de l’Etat qui les fera assumer par les CAF, déjà sur ce créneau.

Il ne restera plus alors qu’à confier la gestion des collèges à la Région (qui s’occupe déjà des lycées et des transports des élèves) ainsi que la gestion du réseau routier et de quelques politiques résiduelles pour vider totalement le Conseil départemental de son utilité et donc de supprimer un peu plus de 4100 mandats d’élus ainsi qu’un nombre indéterminé (mais important) de petites mains politiques, faire valoir de leurs élus.

Au bas mot, il y a plus d’un milliard d’euros à économiser sans que le service public soit altéré.

Intéressant, non ?

Poussons le bouchon un peu plus loin et intégrons les communautés de communes dans les Pays en leur donnant le statut d’une collectivité locale. Quatre ou cinq Pays par département, travaillant avec la Région sur l’aménagement du territoire au lieu d’une quinzaine de communautés de communes, il y a également là de belles synergies à trouver et aussi sans doute des économies à réaliser.

Mais il y a un hic à tout cela : si on laisse faire les élus, on n’a aucune chance d’arriver à cette organisation économe et pourtant toute aussi efficace, voire plus.

La parole est donc aux citoyens.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 16:47

Les illusionnistes au pouvoir

Les mesures récentes du gouvernement en matière fiscale et de relance économique se démarquent totalement de la politique menée sous la précédente mandature.

Sous Hollande, c’est la politique de l’offre favorisant les entreprises qui prévalait. Elle avait été accompagnée d’un coup de massue fiscal initial pour les particuliers qui avait été gommé à la marge ensuite.

Sous Macron, c’est le « en même temps » qui prévaut et on annonce d’une part des baisses de cotisations sociales et des baisses d’impôts pour les particuliers et des baisses de charges pour les entreprises.

Résoudre cette équation financière afin de relancer l’économie et l’emploi semble inatteignable, mais il ne faut pas s’illusionner sur une politique « en même temps » de l’offre pour les entreprises et de la demande qui permettrait aux particuliers de consommer plus ou de boucler ses fins de mois.

On aurait tort de se réjouir et il faudra bien payer la facture d’une manière ou d’une autre. La méthode est surtout destinée à réformer en profondeur tout en maintenant le calme social.

Valoriser le travail

Macron veut favoriser les actifs (sauf les fonctionnaires) en leur redonnant du pouvoir d’achat et, c’est une grande première, ce ne sont pas les entreprises qui vont devoir augmenter les salaires, mais l’Etat qui décide de baisser certaines cotisations sociales salariales (maladie et chômage), qui revient éventuellement sur la défiscalisation des heures supplémentaires  et supprime la taxe d’habitation perçue par les collectivités locales pour 80% des contribuables.

C’est donc à une diminution des recettes pour les caisses d’assurance maladie et chômage, dont on pensait qu’elles étaient déficitaires et à une diminution des recettes des collectivités locales auxquelles nous assistons. Plusieurs milliards évaporés qui devront bien être récupérés autre part, à moins que…

Bien sûr il y a l’augmentation de la CSG, dont on se doute qu’elle ne suffira pas à réduire les déficits engendrés et les autres dépenses annoncées (50 Milliards pour l’investissement).

Les inactifs au régime sec

Par inactifs il faut entendre retraités déjà au régime sec depuis quatre ans en matière d’augmentation des pensions. Ils vont devoir payer sans espoir de compensation l’augmentation de 1.7 % de la CSG à partir de 1200 € de pension par mois. Les plus chanceux verront disparaître la Taxe d’habitation, ce qui ne sera pas le cas pour les retraités les plus aisés (au-dessus de 40 000 € de revenu fiscal annuel pour un couple).

Grande nouveauté également dans les mesures gouvernementales : l’opposition entre actifs et retraités considérés sans doute comme des nantis alors qu’ils commencé à travailler à 14 ou 16 ans pendant plus de 40 heures et avec moins de congés payés qu’actuellement.

La future réforme des régimes de retraites devrait bientôt mettre fin à ces « privilèges » en nivelant par le bas les pensions versées et il faut bien habituer les actifs à cette nouvelle donne en réduisant dès maintenant le pouvoir d’achat des retraités

Les autres

Les autres, ce sont ceux qui ont de l’argent et qu’il faut cajoler au nom de la théorie du ruissellement qui veut que lorsque les riches s’enrichissent davantage, il y a toujours un peu de liquide qui se retrouve dans l’économie, qui sert à l’investissement et donc à l’emploi, sauf que cela ne marche pas ou bien à la marge. Souvenons-nous du pacte de compétitivité et du CICE et des milliards versés au entreprises dont certaines n’en demandaient pas tant mais qui en ont bien profité sans que la courbe du chômage diminue. Cela a juste aidé à « reconstituer les marges des entreprises » dont certaines avaient besoin et à verser des dividendes plus importants aux actionnaires pour les autres. Une politique générale non ciblée, produit toujours des effets pervers

La baisse des charges patronales en lieu et place du CICE actuel pérennisera le système et devrait donc « redonner confiance aux entreprises » selon M. Gattaz qui nous annoncera sans doute dans cinq ans que cette confiance se sera traduite par une augmentation de l’investissement dans les entreprises, pour les moderniser, c’est-à-dire sans emploi supplémentaire à la clé.

La théorie du ruissellement est donc une escroquerie, juste une pièce de monnaie déposée dans la main du pauvre qui quémande à la sortie de la messe.

Pour illustrer « les autres » citons le coup de gueule de M. Pinault, milliardaire, qui dénonce les frasques de son rival M. Arnault, également milliardaire, qui a fait financer par l’Etat 650 des 800 Millions d’euros qu’a coûté sa fondation Vuitton du bois de Boulogne au titre de la niche fiscale du mécénat culturel, alors que lui , Pinault, déclare la main sur le cœur qu’il se fera un devoir de financer son propre musée de 100 Millions d’euros sur ses propres deniers. Un vrai gauchiste ce Pinault !

On se demandait où était l’argent, maintenant on le sait. La diminution de l’ISF servira aux riches à s’enrichir un peu plus et de réaliser leurs folies immobilières, culturelles ou autres…

Face à ce spectacle honteux de l’argent qui dégouline à ne plus savoir qu’en faire, que dire au smicard dont les allègements de cotisations sociales va se traduire par un gain annuel de 250 € ?

Le smicard et les actifs en général auraient tort de se réjouir

Il faudra bien qu’ils payent d’une manière ou d’une autre ces largesses qu’on leur octroie. Prenons l’exemple des diminutions de dépenses dans les Ministères dont on pensait qu’ils étaient depuis longtemps « à l’os » en matière d’économies : moins de dépenses publiques (qui sont essentielles pour faire tourner l’économie) c’est moins de services publics gratuits actuellement qui deviendront payant lorsqu’on aura transféré au privé par le bais des délégations de service public ou de Partenariats Public Privé tout un tas de construction et de gestion d’infrastructures publiques (bâtiments administratifs, hôpitaux, routes,…) dont l’utilisation fera appel à des droits d’accès sonnants et trébuchants de la part des utilisateurs.

Finie la mutualisation de certains services publics par l’impôt payé par tous, et bonjour l’augmentation des tarifs payés aux exploitants privés pour les seuls usagers. En finance publique, on appelle cela le « choix entre le contribuable et l’utilisateur dans le financement des services publics ». Beau comme du Verlaine !

Localement, face à la suppression de la taxe d’habitation, cela pourrait se traduire par de la gestion de plus en plus privée pour les maisons de retraites ou les crèches et donc des tarifs plus élevés. Pareil pour les centres aérés.

Le smicard et les actifs ne voient pas non plus les effets des mesures qui sont prévues en matière de droit du travail, qui permettra plus de souplesse (ou d’agilité diraient certains) en matière de contrat de travail et donc de licenciement, de plafonnement des indemnités et de limitation des droits aux indemnités chômage (il faudra bien compenser la baisse de cotisation chômage dont on leur aura fait cadeau).

Tout cela va-t-il relancer l’économie ?

A la marge, et de manière infinitésimale, et uniquement par la restriction des droits des salariés et des retraités. Ce que l’on nous prépare, c’est la baisse artificielle des statistiques du chômage et l’avènement des travailleurs pauvres comme en Allemagne ou en Grande Bretagne qui devront faire appel à la solidarité familiale pour survivre (cohabitation intergénérationnelle comme en Italie ou en Espagne) ou à la solidarité associative.

Et puis, imaginez-vous un sel instant le plein emploi ? Un espoir pour les uns, une horreur pour les autres qui seraient obligés d’augmenter les salaires

Cela ne marchera pas tant qu’on ne prendra pas conscience que l’accumulation de richesse par quelques-uns, que l’optimisation fiscale et que les niches fiscales qui profitent aux plus riches sont en dehors de la boucle réformiste.

Une société qui fait l’impasse sur les détenteurs de la richesse dans sa politique pour se concentrer uniquement sur la restriction des droits des salariés et retraités va au-devant de cruelles désillusions.

Les élus « En marche » qui écrasent de leur poids l’Assemblée Nationale malgré une faible représentativité dans les urnes seraient bien inspirés de porter un regard critique sur cette situation et ne pas oublier qu’ils représentent le peuple avant de voter les mesures proposées par le gouvernement.  

 

 

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 20:44

L’ambitieuse feuille de route de M. Hulot

Nicolas Hulot vient de proposer au Premier Ministre une feuille de route « très offensive » en matière d’écologie, selon Ouest France  qui se fait écho d’une fuite du Monde.

Le Ministre de la transition écologique et solidaire déclare tout de go qu’il souhaite « une transformation du modèle agricole français ». On suppose que les téléphones ont dû chauffer entre la FNSEA et les différents ministères concernés par les propositions de Nicolas Hulot (Agriculture et Alimentation, Cohésion des territoires et Economie, sans oublier la Santé qui devrait être également au premier rang des ministères concernés)

Ça commence fort

M. Hulot souhaite parvenir à 50% de nourriture bio en restauration collective alors que l’ambition du Président de la République, alors candidat, dans son programme parlait de 50% de produits proposés bio, écologiques ou de circuits courts.

Bio, on sait ce que c’est, écologiques, ça fait bien mais cela ne veut pas dire grand-chose, quant à « circuits courts », il s’agit d’une véritable escroquerie puisque seule compte la notion de la distance parcourue par le produit qui par ailleurs peut être bourré de pesticides. Bref, le concept du circuit court pourrait même éliminer le bio en restauration collective qui se fournirait localement avec des produits non bio. Promesse facile à tenir donc pour le candidat Macron, alors que les propositions de son Ministre sont beaucoup plus ambitieuses et seront sans doute vivement combattue par le syndicat agricole majoritaire.

Même chose sans doute s’agissant du principe de précaution prôné par Hulot, concernant les plantes mutagènes qui ne font pas l’unanimité sauf chez les associations de producteurs et à la FNSEA… Cherchez l’erreur !

Ça continue bien, ou presque…

C’est dans le domaine de l’artificialisation des terres agricoles que Nicolas Hulot devrait trouver le consensus avec la profession agricole. En cause, l’urbanisation et les projets routiers dévoreurs de terres. Sur ce point, il bénéficiera d’alliés objectifs chez les élus locaux qui ont déjà signé des conventions ou des accords cadre avec les Chambres d’agriculture locales. Dans ces documents la principale obligation est supportée par les élus locaux qui s’engagent sur cette préservation en densifiant l’urbanisme (au détriment des habitants) alors que les efforts demandés aux agriculteurs locaux ne sont pas à la hauteur de l’enjeu écologique actuel.

Il est certain que ce sont les habitants concernés par ces dispositions déséquilibrées qui devront se mobiliser localement pour obtenir des aménagements à ces conventions.

Et puisque Nicolas Hulot s’engage aussi fortement sur la question de l’imperméabilisation des sols, on attend impatiemment que le gouvernement auquel il appartient enterre de manière définitive le projet d’aéroport de N. D. des Landes. Ce serait une belle preuve de son influence au sein de ce gouvernement.

Pour poursuivre

L’article d’Ouest France indique que « l’orientation générale voulue par N. Hulot pourrait amener à des frictions avec les tenants d’une agriculture française productiviste qui cherche à reconquérir ses parts de marchés à l’export » : Que c’est joliment exprimé !

Tout cela veut dire que Nicolas Hulot n’est absolument pas certain que sa feuille de route soit acceptée en l’état par le Premier Ministre. Cela veut dire également que la passe d’armes de la semaine dernière avec le Ministre de l’Agriculture au sujet des néonicotinoïdes n’est qu’un avant-goût de ce qui l’attend, d’autant que les compétences de M. Travers concernent aussi l’alimentation avec là aussi un lobby agro-alimentaire très influent.

Le Ministre de l’économie pourrait également mettre des bâtons dans les roues de N. Hulot étant entendu que l’exportation de nos produits agricoles et transformés pèsent dans la balance commerciale du pays et génère des emplois.

Seul point de convergence, le sujet du ralentissement de l’imperméabilisation des sols, en commun avec le Ministère de la cohésion des territoires et celui de l’agriculture au détriment de la qualité de vie des citoyens (densification de l’habitat, stabilisation en l’état des réseaux routiers, mobilité compromise, sauf en vélo…).

Enfin, le Ministère de la santé directement concerné par l’émergence des maladies liées au traitement des cultures ainsi que par les conséquences des canicules successives restera étrangement silencieux comme d’habitude et se contentera de rogner sur les dépenses classiques de santé pour rester dans les clous budgétaires.

On souhaite beaucoup de courage à M. Hulot et surtout qu’il se fasse entendre dans ce concert d’intérêts financiers et politiques divergents et surtout préjudiciables à l‘environnement et la santé des français.

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 11:42

Au-delà de la photo officielle du gouvernement…

Qu’elle est belle cette photo prise dans les jardins de l’Elysée et surtout, vous l’aurez remarqué, le Président n’est pas devant, comme d’habitude, mais entouré de ses Ministres.

Pas un média qui ne se soit arrêté sur ce « symbole » à défaut d’analyses plus poussées sur les nominations et surtout des choses sérieuses à dire sur la répartition des attributions entre Ministères et les mouvements intervenus entre Macron I et Macron II.

Arrêtons-nous sur deux Ministères : l’Agriculture et la Cohésion des Territoires

L’agriculture, tout le monde connaît, c’est le Ministère de la gestion des crises par excellence, celui dont on entend parler régulièrement quand la FNSEA n’est pas contente, et elle est rarement contente. C’est l’occupant en titre de ce Ministère qui débloque régulièrement les crédits, reporte les charges des agriculteurs, freine des quatre fers l’interdiction des pesticides et déplore (doucement) les exactions de quelques excités qui mettent le feu à des hôtels des impôts ou déversent leurs déchets devant les Préfectures. La profession « à bout » depuis plus de 30 ans, est toujours là !

Donc, le poste de Ministre de l’agriculture est essentiel et j’avais cru comprendre que Jacques Mézard nommé dans le premier gouvernement cochait toutes les cases et avait une très bonne connaissance du milieu rural. Un CV parfait, donc.

Pourquoi donc M. Mézard se trouve d’un coup propulsé à la cohésion des territoires et remplacé par M. Travers ? On ne peut pas penser un seul instant que ce transfert n’ait pas fait au moins l’objet d’une communication entre E. Philippe et la patronne de la FNSEA, tant le sujet est sensible. Et si ladite patronne n’a rien dit, c’est que le monde agricole n’y perdait pas, ce qui semble vrai.

La cohésion des territoires. On pourrait penser que ce Ministère va s’occuper des quartiers défavorisés, des territoires ruraux en déshérence, là où les médecins qui partent en retraite ne trouve pas de remplaçants et là où les services publics et les commerces ferment les uns après les autres. On pourrait penser qu’il va faire cohabiter de manière harmonieuse la ville et la campagne et faire en sorte que les zones délaissées depuis des décennies arrêtent de mal voter.

Tout cela est vrai, mais il n’agira pas de manière équilibrée entre tous ces territoires car ce Ministère bénéficie de compétences propres importantes qui concernent davantage les zones urbaines que les zones rurales. C’est ainsi qu’il tient les rênes en matière d’urbanisme, de logement et d’aménagement foncier, autrement dit, pour ce dernier point, de la préservation des terres agricoles dossier éminemment sensible autour des Métropoles et des grandes villes en développement. On comprend mieux pourquoi M. Mézard a été nommé à ce Ministère fourre-tout, mais très stratégique pour le monde agricole.

S’agissant de la ruralité le rôle (plus marginal) de ce Ministère consistera pour beaucoup à fédérer les actions des autres Ministères et valoriser les initiatives des collectivités territoriales (exemple du recrutement de médecins fonctionnaires en Saône et Loire par le Conseil Départemental), voire les subventionner un peu (ou promettre que les dotations de l’Etat ne seront pas diminuées pendant 3 ou 4 ans) et à emballer le tout dans un package de communication gouvernementale alors que l’essentiel du boulot aura été fait ailleurs.

Un enjeu majeur : la préservation des espaces agricoles

Les articles de presse sur « la ville qui dévore toujours plus la terre agricole » sont légion. Une variante alarmiste consiste à affirmer que le nombre d’exploitations agricoles ne cesse de baisser en France. C’est exact, mais on oublie généralement de dire que la tendance est au regroupement (GAEC) d’où la diminution, en nombre, du nombre de structures. Le « grignotage » de terres agricoles, réel est maîtrisé du fait des accords ou protocoles passés entre les Chambres d’agriculture et les autorités locales élues.

Le problème, c’est que la population française ne cesse de croître et que les besoins en matière de logement sont importants. Plus question du pavillon « Sam’suffit » pour tout le monde, l’heure est maintenant à la densification des milieux urbain et périurbain.

Un exemple : Une Métropole du grand ouest

Dans la ville centre, certains quartiers pavillonnaires anciens sont rasés (ce que l’on peut comprendre), et ils sont systématiquement remplacés par de l’habitat collectif, mais cela ne suffit pas à répondre à la demande. Les communes périurbaines sont donc mises à contribution et on voit arriver çà et là des propositions de Plans locaux d’Urbanisme quasi délirants (implantations d’immeubles R+4 ou 5 dans des zones pavillonnaires, fronts bâtis, entrées de villes encadrées par des immeubles, requalification des voiries, etc…). On nous parle de « renouvellement urbain » alors que l’expression adéquate serait « bourrage urbain ».

Il faut dire que cette métropole a signé une convention cadre pluriannuelle de partenariat avec la chambre d’agriculture dans laquelle l’axe principal de partenariat consiste à préserver le foncier agricole en réduisant l’étalement urbain.

Urbanisme/Agriculture : où se trouve le point d’équilibre ?

 La situation de l’agriculture fait régulièrement la une de l’info : endettement, chute des cours, poids des normes. Cette profession est en crise permanente et les agriculteurs en sont les premières victimes. Le burn-out ou les maladies professionnelles dues à l’utilisation de produits chimiques font désormais partie de leur quotidien.

Pas question de stigmatiser cette profession mais de demander des comptes à leurs représentants productivistes  et aux élus qui signent des conventions « hors sol » loin des problèmes du terrain des agriculteurs et des conséquences pour les habitants.

Ces conséquences sont au nombre de trois :

  • La densification de l’habitat posera à terme des problèmes sociaux.
  • La densification des communes périphériques (les villes à la campagne selon l’humoriste Alphonse Allais) entraînera des problèmes de mobilité avec les villes centre, que les transports en commun ne suffiront pas à absorber (trop cher !). Le risque est donc de voir apparaître de nouvelles banlieues
  • Ces communes périphériques sont entourées de terres agricoles copieusement arrosées de pesticides ce que commencent à découvrir les habitants de ces communes qui craignent pour leur santé.

Un dossier désormais bien verrouillé

Avec la mainmise sur les règles relatives à l’occupation des sols, la planification urbaine et l’urbanisme opérationnel, le Ministère de la cohésion du territoire ressemble davantage à une tête de pont du lobby agricole qu’à un Ministère à la recherche d’un véritable équilibre entre villes et campagnes.

En conclusion, le « hard » pour le Ministère de l’Agriculture, et le « soft » pour le Ministère de la cohésion des territoires. Le lobby agricole est bien protégé. Dormez en paix, M. Hulot.

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 17:54

Et le gagnant est…. L’abstention

Pas de quoi pavoiser au vu des résultats de la participation du second tour des législatives. Avec 57,36 % d’abstention on atteint des sommets, encore faudrait-il ajouter les bulletins blancs (2.96 %) et les nuls (1.25%) pour avoir un état des lieux précis des suffrages qui se sont portés sur les candidats, soit seulement 38.43 % des inscrits : une déroute démocratique !

Le plus surprenant, c’est que les commentateurs qui commentent et les partis, vainqueurs comme vaincus ne s’attardent que très peu sur ces résultats pour ne retenir en définitive que la victoire écrasante des uns ou la déculottée mémorable des autres.

Ah, ces abstentionnistes irresponsables !

On ne pourra pas dire que l’on n’avait pas été prévenus : tous les scrutins nationaux ou locaux depuis une vingtaine d’années ont vu peu ou prou croitre le nombre des abstentions. Pour les législatives, le phénomène a commencé à être marquant en 2002 (souvenez-vous, après le second tour de la présidentielles Chirac/Le Pen).

Déjà, à l’époque, on minimisait le phénomène en disant que c’était la présidentielle qui comptait et que les électeurs donnaient toujours une majorité au Président élu, ce qui était démobilisateur. Pour la séquence de 2017, nous avons eu droit aux mêmes commentaires, sauf que la victoire de Macron à la Présidentielle a été beaucoup moins nette que pour Chirac, bien qu’on nous a refait le coup du danger du Front National qui était aux portes de l’Assemblée Nationale.

Parmi les autres commentaires indigents, nous avons également eu le droit, comme d’habitude à « ces irresponsables d’abstentionnistes » que d’aucuns se hasardaient à comparer à ceux qui allait se réfugier aux Etats Unis devant l’avancée des Allemands en 1940 (tout dans la nuance).

Bien entendu, période de chaleur oblige, nous avons eu également droit également à cette explication facile pour expliquer la désertion des bureaux de vote, sans compter la « déferlante Macron » annoncée qui a été démobilisatrice sur l’électorat.

Enfin, explication plus plausible, la lassitude après dix mois de campagne électorale et l’écœurement devant les affaires et scandales de toutes sortes.

Et si tout bonnement les français avaient exprimé un rejet de la classe politique qui compose les partis dits « de gouvernement ?

Un grand merci pour l’ensemble de leur œuvre

De Chirac, l’immobile du second mandat, en passant par Sarkozy, l’agité, pour arriver à Hollande, spécialiste du reniement, rien ne nous aura été épargné ces quinze dernières années.

La maison brûlait, semble-t-il, sous Chirac, qui s’était soudainement piqué d’écologie en oubliant la fracture sociale et qui a fini devant les juges après son second mandat pour des casseroles qui n’étaient plus couvertes par l’immunité présidentielle.

Pour Sarkozy, on nous explique qu’il a dû faire face à « la crise » et qu’il n’a pas pu faire tout ce qu’il avait prévu. La séquence judiciaire est désormais ouverte pour lui, comme son prédécesseur.

Hollande, on ne pourra pas lui enlever cela, n’est pas, à priori, concerné par des affaires, mais figurera comme le Président qui aura fait exactement le contraire de ce qu’il avait promis. Souvenez-vous « mon ennemi, c’est la finance », « je renégocierai les traités européens » : on en rit (jaune) encore.

Le fil conducteur pour ces trois derniers Présidents de la République, c’est d’avoir divergé vers des sujets sur lesquels on ne les attendait pas (l’écologie pour Chirac, les débats fétides sur la nationalité pour Sarkozy, et la déchéance de nationalité et les largesses du pacte de responsabilité pour Hollande) à défaut de tenir leurs promesses en faisant ce pour quoi ils avaient été élus.    

Oublier tous les Ministres et parlementaires pris la main de le sac des affaires serait renvoyer toute la responsabilité sur les exécutifs, ce qui serait profondément injuste.

Cette œuvre gigantesque qui aboutit à des taux records d’abstention n’aurait pas été possible sans les Balkany, les Guéant, Thévenoud ou bien encore les Cahuzac et Le Roux (liste non exhaustive) avec une mention spéciale pour Fillon qui aura été « l’animateur » de cette campagne et le provocateur du suicide collectif de son parti programmé pour gagner tout en 2017.

Qu’on ne s’y trompe pas, il serait injuste de ne parler que des affaires des socialistes, des républicains ou du Front National. Chez les nouveaux venus « en marche », un doux parfum de scandales caresse nos narines. Normal, puisqu’ils sont l’émanation de cette ancienne politique venus relancer leur carrière chez Macron. Difficile de faire du neuf avec du vieux.

Le message de l’élection

Avec seulement 16.35 % des inscrits « La République en Marche » se retrouve avec une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale. Cela les oblige, car il est impossible de prévoir ce qui se passera lorsque Macron entrera dans « le dur » (droit du travail, CSG pour les retraités, taxe d’habitation pour certains et pas pour d’autres,…).

En fait, la politique de Macron consiste, comme celle de ses prédécesseurs à travailler dans un périmètre constant (salariés, retraités) en prenant aux uns pour donner aux autres. Dans ce périmètre ne sont pas inclus les activités bancaires et l’économie qui en fait dirigent le pays. Rien de nouveau sous le soleil, donc, sinon une aggravation de la situation des personnes concernées et des cajoleries et des friandises pour les autres, tout cela au nom de la fameuse et inefficace de la « théorie du ruissellement » qui consiste à dire que ceux qui s’enrichissent en font profiter d’une manière ou d’une autre le petit peuple. Juste une aumône, rien de plus.

En ce sens la politique de Macron continue, en les aggravant, les politiques menées sous les quinquennats précédents.

C’est pourquoi, il convient d’être très prudent sur le sens à donner à l’abstention massive : il ne s’agit plus de quelques j’menfoutistes comme on avait coutume de la dire mais vraisemblablement d’une abstention réfléchie qu’on aurait tort de prendre à la légère.    

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:16

Lendemains de fête

Voilà, le peuple a parlé. Il a mis au pouvoir un libéral bon teint et renvoyé à ses remontées de bile la candidate extrême experte en récupération.

Deux camps se sont affrontés sur le terrain des idées, enfin, si l’on peut dire car si l’heureux élu a su convaincre une majorité de votant en faisant montre d’une volonté sans faille, en surfant sur sa jeunesse et son intelligence et en restant flou sur le reste, la candidate évincée a elle-même savonné la planche en revenant aux fondamentaux des partis d’extrême droite à savoir l’invective et le refus du débat.

D’un côté, donc, des promesses de vendeur d’aspirateur, de l’autre la mise en lumière de l’incompétence à revêtir le costume.

La trouille a parlé

Une fois de plus, ces élections auront été marquées par la trouille, celle du FN, celle de la violence verbale, de l’exclusion de l’autre et de l’isolationnisme du Pays, bien que sur ce dernier point on puisse partager une part de diagnostic sur l’inefficacité des institutions européennes sans partager pour autant l’administration du remède de cheval préconisé.

D’un côté, donc, un bloc bien soudé, mais friable, autour de celle, le seule qui « aime la France » prêt à tout accepter, y compris les solutions extrêmes proposées par le chef, et de l’autre, un gentil garçon, ni de droite, ni de gauche qui nous fait l’éloge de la mondialisation, du rôle des élites économiques, sans nous dire comment il va s’y prendre pour éradiquer la « fracture sociale » qui divise le pays depuis 20 ans.

Comment qualifier cette élection ?

S’agit-il d’un vote d’adhésion ou de refus ? Nous sommes tellement habitués à voter contre depuis 15 ans que nous semblons ne plus savoir ce que c’est que d’adhérer à un projet, encore faudrait-il que les projets soient ensuite mis en œuvre, ce qui est rarement le cas. L’exemple du quinquennat calamiteux qui s’achève qui a conduit à qualifier de frondeurs des parlementaires qui voulaient simplement respecter les promesses de 2012 du Bourget démontre qu’on peut faire passer n’importe quoi avec la langue de bois et le rouleau compresseur de la communication politique.

Côté « ambiance », nous avons été gâtés, au point de pouvoir dire que les faits divers de campagne (emplois fictifs, costumes sur mesure, rumeurs sur les comptes offshore,…) abondamment relayés par les médias en continu auront contribué à transformer cette élection en épisode de télé réalité quotidien, une sorte de « plus belle la vie » en quelque sorte, destiné à faire oublier le reste, c’est-à-dire la vacuité des programmes et des promesses électorales.

On en arrive à penser qu’au lieu d’organiser un vote formel, il serait possible de taper sur la touche 1 pour garder un candidat, sur la touche 2 pour le faire sortir du loft Elyséen, et sur dièse pour ne pas se prononcer. On gagnerait du temps et de l’argent et au lieu de faire durer la campagne sur 8 mois comme cela a été le cas depuis les primaires, on pourrait simplement faire quelques émissions en prime time, avec l’espoir de gagner une cagnotte et un séjour à Disneyland pour quatre personnes pour inciter à une plus forte participation.

Au final, cette élection fut celle de la nausée, du clivage, des rancœurs, de la bile qui remonte et de la fausse promesse de lendemains qui chantent.

Quelle est la composition de l’électorat qui a mis le vainqueur au pouvoir ?

Ni de gauche, ni de droite, bien sûr, encore faut-il attendre les résultats des législatives pour voir de quel côté la balance va pencher en cas de cohabitation obligée et là nous verrons à nouveau à l’œuvre les subtilités du système politique français où pour un plat de lentilles (ou plutôt un bon poste ou le vote d’un amendement en faveur d’un lobby) le personnel politique est prêt à tout, surtout à oublier et à enfouir profondément ce qui fait sens pour l’électeur lambda. Il ne faudrait pas confondre démocratie représentative et mandat impératif, tout de même !

En fait l’électorat du gagnant se compose de quatre tiers (tout dépend de la grosseur des tiers comme disait Pagnol) : un premier du centre, parce que c’est par là que commence le mélange subtil des renoncements, le second de gauche, enfin celle qui se renie depuis 20 ans en glissant vers la droite et qui se fait absorber par le centre (les fameux socialistes du « réel »), le troisième de droite, celle qui aime par-dessus tout être aux affaires et qui n’a pas encore mis le pied gauche dans l’extrême droite et enfin le quatrième tiers, très transversal qui est allé au-devant de la victoire par trouille, convaincu qu’il a été par tous les bobards qu’on lui a fait avaler sur la possible arrivée de l’extrême droite aux affaires.

Vous agitez le tout et il y a des chances pour qu’un nombre très important de cocus se disent déçus à court terme en attendant les prochaines élections où on nous resservira le même plat avarié du danger du Front National pour aller veauter en masse pour n’importe qui.   

Ceux qui ne se sont pas prononcé

L’élément majeur, ce sont quand même les 25 %  d’abstentionnistes auxquels il faut ajouter les votes blancs ou nuls (10 % environ) sans parler des 6,5 Millions de Français non-inscrits sur les listes électorales. Même sans ces derniers, le nombre de suffrages exprimés par rapports aux inscrits s’établit à (67%), et le nouveau Président n’a par conséquent été élu que par (47 %) des électeurs inscrits : pas de quoi pavoiser.

Pour faire monter ce chiffre, rien ne nous aura été épargné dans le domaine de la culpabilisation : des tribunes « d’intellectuels » en passant par les médias relayant l’action de jeunes culpabilisant les abstentionnistes par des « si vous ne votez pas, vous n’aurez pas à vous plaindre de ce qui pourrait arriver ».

Le « ce qui pourrait arriver », il est bien là le problème de ce matraquage. Les sondeurs qui avaient fait du bon boulot au premier tour, on tous annoncés un 60/40 en faveur de l’élu pour le second tour en détaillant les reports prévus.

Alors pourquoi cette culpabilisation, cette peur agitée ? Tout simplement parce qu’un Président doit être bien élu, pas par seulement 47 % des électeurs inscrits comme c’est le cas. Plus le nombre de vote en sa faveur est élevé, moins il sera contesté et plus la probabilité d’obtenir une majorité parlementaire à sa main sera importante. C’est de la simple cuisine politique. Le FN était juste là pour aider à atteindre cet objectif.

Contrairement à l’idée répandue, l’abstention donne le droit de critiquer Macron, chose que pourront faire difficilement ceux qui ont voté pour lui et participé à cette formidable arnaque au vote quasi obligatoire pour leur poulain.

Tout ce battage ne fut qu’une grande manipulation des esprits avec la peur du FN au pouvoir. Ce ne sera pas pour cette fois, heureusement. Il faut être bien naïf pour croire aux vertus présumées purgatives d’un plébiscite pour laminer les extrêmes alors que c’est sur le terrain que cela doit se faire au quotidien. Sinon, il se pourrait bien que le fameux « front républicain » ne serve à rien la prochaine fois.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 15:27

On se perd en conjectures sur les raisons du pacte entre Dupont Aignan et le Front National. Coup médiatique de Le Pen ? Ralliement « financier » d’un « Gaulliste » aux abois ou bien tout simplement reniements politiques des deux, juste pour pouvoir exister après la défaite de la présidentielle ?

La surprise Dupont Aignan

Il n’a pas été avare dans le passé, jusqu’à il y a peu, de critiques féroces contre Marine Le Pen et le voilà qui trône sur une estrade avec son ancienne ennemie dans une salle digne des apparats du Kremlin pour dire tout le bien qu’il pense d’elle et de son programme.

Poignées de mains, grands sourires, accord conclu. De belles photos pour les médias et un coup médiatique réussi pour un « Gaulliste » qui s’allie avec l’extrême droite. De gaulle qui est habitué à se retourner dans sa tombe face aux errements de ses successeurs de LR doit actuellement hésiter à faire un tour supplémentaire devant tant de bassesse et d’imbécilité.

Du côté du parti « débout la France », ce passage à l’extrême droite commence déjà à se faire sentir et les défections dans l’équipe dirigeante ou les élus de terrains s’accumulent, ce qui laisse peu de doute sur l’avenir, compromis, de ce parti.

Quel avantage pour Le Pen ?

C’est la dédiabolisation qui continue selon les éditorialistes en oubliant de souligner qu’avec des amis comme Dupont, son futur premier ministre - ce qui a du faire grincer bien des dents au sein du FN - elle n’a pas besoin d’ennemis.

Que lui apporte Dupont, sinon quelques revirements de programmes sur l’euro ou l’Europe, auxquels nous sommes habitués depuis le début de la campagne au risque de transformer son programme présidentiel en programme municipal de Robert Ménard avec armement des polices municipales ?

On peut penser que les duettistes sont en train de jouer le coup d’après, c’est-à-dire les législatives, puisque les choses semblent être pliées pour la présidentielle. Il s’agit sans doute avant tout d’un accord pour pouvoir créer un futur groupe politique commun à l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas gagné non plus.

En fait, rien à glaner pour Le Pen, sauf créer un évènement fort opportun pour tenter de masquer les casseroles du FN entre saillies homophobes du père, révisionnisme de l’ex futur Président du parti censé remplacer la fille élue Présidente, la sous-estimation du patrimoine d’icelle, les emplois fictifs du Parlement européen ou bien encore le financement des précédentes campagnes par le micro parti Jeanne.

Dupont Aignan est donc l’écran de fumée dont rêvent tous les candidats qui trimbalent des casseroles. Mais attention, la prestation de NDA a un coût, sans doute un deal intéressant pour son parti « debout la France » qui n’a pas obtenu les 5 % de voix nécessaires pour être remboursé de ses frais de campagne. Marine au secours financier de la petite entreprise, c’est bien dans son programme ! Une promesse tenue, donc.

Et en terme électoraux ?   

Deux mots sur les sondages avant de développer quelques éléments d’une enquête du Cevipof réalisée en partenariat avec Le Monde et IPSOS les 16 et 17 avril : il était de bon ton pendant la campagne du premier tour de critiquer les instituts de sondages et leurs méthodes. Depuis le 23 avril au soir, on s’est aperçu que les résultats étaient très proches de ce que leurs enquêtes avaient indiqué. Terminées donc, les élucubrations sur le vote caché de Fillon, les presque 30 % du Front National ou bien encore les illuminés qui se voyaient au second tour et qui n’ont fait que 1 %.

Que dit l’enquête citée plus haut ? Qu’en cas de second tour Macron/Le Pen, les électeurs des battus du premier tour savent globalement (sauf évènement de campagne particulier) pour qui ils voteront au second tour dans des proportions situées entre 60 et 70 %, à l’exception de l’électorat du Dupont Aignan qui se répartit déjà à 34 % pour Macron et à 46 % pour le Pen. Reste donc seulement 20% d’indécis dans ce parti, soit 330 000 électeurs dont on ne sait pas pour qui ils voteront s’ils ne s’abstiennent pas, ce qui n’est pas susceptible de faire pencher la balance en faveur de Le Pen. Et encore, on ne connait pas l’impact négatif que le ralliement de NDA pourrait avoir sur cette partie de l’électorat.

Les indécis sont 27 % chez Fillon (1,90 Millions d’électeurs), 37 % chez Mélenchon (2.54 Millions) et 27 % chez Hamon (0.6 Million). Quand bien même l’alliance Le Pen/NDA séduirait une partie des indécis de chez Fillon, l’effet inverse provoqué en faveur de Macron chez les partisans de Mélenchon et Hamon, effacerait vraisemblablement le gain pour Le Pen.

A quoi sert le deal Le Pen/NDA ?

Pas à grand-chose à court terme sur un éventuel bénéfice électoral pour Le Pen, mais en terme d’animation de campagne, nous allons être servis. Les médias vont nous tenir en haleine pendant les derniers jours de la campagne et tous les politiques et bien-pensants de gauche et de droite qui n’ont rien fait pendant 30 ans pour juguler le poids de l’extrême droite vont venir nous agiter son spectre sous le nez en culpabilisant bien fort ceux qui ne veulent pas répondre à l’injonction du vote Macron, devenu quasi obligatoire.

Ils vont se succéder dans les médias, ceux qui comme Hollande, digne successeur de Mitterrand qui a su si bien jouer avec l’extrême droite pour contrecarrer la droite républicaine et garder le pouvoir à gauche jusqu’au fiasco de 2002, n’auront rien fait pour répondre à des questions essentielles sur les populations et territoires déclassés, ou bien auront laissé pourrir le débat sur la laïcité, quand ce n’est pas proposer la déchéance de nationalité.

Oui, tous ceux, comme Hollande (encore) qui aura fait finalement ami-ami avec la finance et oublié de renégocier les traités européens, ou comme Sarkozy, qui n’aura pas fait mieux et au contraire avec sa ligne Buisson n’aura pas cessé de draguer l’électorat du FN avec des propositions et des débats démagogiques ou enfin (mais la liste n’est pas close) Fillon qui s’est perdu du côté de l’électorat catho tradi prêt à oublier l’emploi de Pénélope pourvu que les homosexuels ne puissent plus avoir le droit de se marier.

Le degré zéro de la citoyenneté

Voilà le niveau de débat auquel nous sommes parvenus. Le Pen nous propose d’aller encore plus loin en nous proposant son attelage improbable avec Dupont Aignan.

Les autres, beaucoup d’autres, relayent ce débat hystérisé en nous demandant d’aller voter en masse pour Macron, un vote contre Le Pen, un vote par défaut, pas une adhésion, dont se glorifiera le vainqueur et qui le rendra légitime pour mettre en œuvre son programme libéral, avec surtout une chambre des députés à sa botte.   

Ils sont peu nombreux ceux qui nous proposent d’autres voies. Ils mériteraient cependant qu’on leur donne la parole plus souvent. Cela nous ferait des vacances.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 07:48

Ne réfléchissez pas, votez Macron !

Pour marcher au pas, pas besoin de cerveau, la moelle épinière suffit (Einstein). Tout ce qu’on vous demande, c’est d’aller voter Macron massivement, en rangs serrés, et en chantant si possible d’ici le 7 mai, les louanges de ce candidat pour lequel vous n’avez pas voté au premier tour, simplement pour faire barrage au Front National.

Pourquoi cette injonction hystérique ?

Macron, c’est le dernier rempart anti FN, la digue contre tous les maux attribués à ce parti, le dernier bastion contre la dictature, contre les affres d’une sortie de l’euro et du retour au franc. En poussant un peu, Macron va guérir les plaies et les écrouelles, et ceux qui persistent à ne pas vouloir se désister pour lui sont quasiment soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi alors qu’ils combattaient fermement le FN en 2002.

Macron, l’homme qui fait l’unanimité dans les rédactions, pas forcément par adhésion à son programme, mais parce qu’il serait ce dernier rempart bien pratique contre le FN.

L’intérêt supérieur du pays est en cause

Personne ne croit un instant que Marine Le Pen puisse être élue, sauf à penser que Macron s’effondre à cause d’une campagne de second tour calamiteuse ou d’un évènement particulier en cette fin de campagne.

L’intérêt supérieur du pays, c’est avant tout d’avoir un président bien élu pour être crédible dans et hors nos frontières et la barre est très haute depuis les 80 % de Chirac en 2002.

Imaginons un Macron en dessous de 60 % à l’issue du second tour avec un record d’abstentions. Sa légitimité ne manquerait pas d’être contestée et il aurait les pires difficultés à constituer une majorité parlementaire autour de lui.

C’est donc autour de la participation au scrutin et du ralliement contraint que tout se joue avec l’injonction du « vote républicain » qui consiste à voter contre ses convictions pour « sauver le pays ».

 « En Marche » : l’auberge espagnole

C’est ainsi que le rassemblement de Macron a été qualifié au fil de la campagne au gré des ralliements de droite et de gauche et des soutiens divers et variés de ceux qui volent toujours au secours de la victoire, pas toujours pour des raisons désintéressées. Robert Hue, Alain Minc, Cohn Bendit, Bayrou, Attali, Arthuis, Orsenna, de Rugy, Delanoë, Colomb, et tant d’autres, ni de gauche, ni de droite bien entendu, sauf Kouchner qui a déjà testé les deux.

Depuis le résultat du premier tour, d’autres soutiens se sont manifesté pour dire qu’ils voteraient Macron au second tour, Hollande, bien sûr, puisque Macron est sa créature, mais aussi Sarkozy, ce qui est plus surprenant quand on se souvient de sa drague effrénée des électeurs du FN en 2012 sur la ligne Buisson.

Que signifient tous ces ralliements à Macron ?

La recomposition politique est « en marche » et chacun veut être invité au festin ou à défaut peser dans le débat. Rien de naïf dans tout cela.

Les deux partis dits de gouvernement sortent étrillés de ce premier tour, les « républicains » qui se sont laissé entraîner dans les dérives de leur candidat miné par les affaires et les « socialistes » parce qu’ils ont torpillé la candidature de celui qui avait été désigné par la primaire.

Désormais, ce n’est plus le résultat du second tour de la présidentielle qui est important pour les appareils, mais les résultats des législatives de juin. Nous sommes déjà dans le coup d’après. L’enjeu, c’est de voir avec quel apport (« socialiste » ou « républicains ») pourra se constituer une majorité présidentielle autour d’un noyau de députés élus sous l’étiquette « en marche », le tout déterminant le tropisme qui sera retenu avec les inflexions politiques qui iront avec.

N’oublions pas par ailleurs que le FN et les Insoumis devraient également élargir leur présence à l’Assemblée Nationale et entraîner des cohabitations opportunistes droite LR/gauche socialiste auxquelles nous n’étions pas habitués jusqu’à présent.

 

Tout changer pour que rien ne change, voilà comment on peut qualifier ce qui se passe. Un pas de plus vers le libéralisme qui rassurera les marchés et l’Europe que les élus ne veulent pas changer parce que ça les arrange de se défausser sur Bruxelles.

 

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