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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 10:52

Hollande laissera sans doute la trace d’un homme honnête dans la vie politique française et on ne pourra pas lui enlever l’envie de bien faire qui l’a animé, même si comme tous les hommes politiques il aura pris de larges libertés avec ses engagements de campagnes.

En réécoutant le bilan qu’il a dressé lors de son allocution télévisée on peut souscrire à quelques affirmations mais on reste perplexe sur d’autres.

La France plus juste et le modèle social conforté

Hollande nous a parlé des comptes assainis, de l’équilibre de la Sécurité Sociale et de la stabilisation de la dette… Fort bien ! Il faut reconnaître tout de même que tout cela repose sur un équilibre fragile et que la moindre remontée des taux se traduira par quelques milliards supplémentaires sur la dette et que l’équilibre de la Sécurité sociale doit beaucoup aux déremboursements au détriment des français les plus faibles et aux économies drastiques dans les hôpitaux.

Les départs en retraite anticipés et la complémentaire santé pour tous sont une réalité et seront mis à l’actif du bilan présidentiel

L’école

Mettre des moyens supplémentaires ne suffira pas à redresser le niveau des élèves français bon derniers en Europe sur les mathématiques et pas très bon en Français et en langue. Il aura manqué une révolution complète au Ministère de l’Education noyauté par le pédagogisme et peuplé de « sachants » au sabir déconnecté des réalités.

Les libertés

Oui, le mariage pour tous, l’égalité homme/femme ainsi que les luttes contre les discriminations ont connu des avancées notables pendant ce quinquennat et cela doit être mis à l’actif de Hollande et de son gouvernement.

On mettra tout de même au débit le calamiteux projet de déchéance de nationalité qui a provoqué le départ de Mme Taubira.

La modernisation de la démocratie

D’accord pour dire qu’il y a eu des avancées réelles en matière de non-cumul des mandats. Le hic, c’est que l’application de cette loi a été prévue en 2017, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune chance de voir le jour avec le retour de la droite au pouvoir.

La réforme des collectivités territoriale est un véritable échec : brouillonne en début de mandat (fin des conseillers territoriaux initiés par Sarkozy) elle a tourné ensuite à la cacophonie avec la disparition annoncée puis le maintien des départements pour aboutir à quelques transferts de compétences cosmétiques et le maintien de conseils départementaux inutiles.

La réforme des régions est incompréhensible et ne produira aucune des économies annoncées, mais plutôt des surcoûts.

En filigrane de cette réforme territoriale on perçoit le refus net des partis et le corporatisme des élus de voir diminuer le nombre de mandats, alors que le pays est suradministré et que cela coûte très cher aux contribuables.

Total manque de fermeté de Hollande sur le sujet et très mauvais bilan.

Le monde, l’Europe et la France

On reconnaîtra à François Hollande les initiatives prises pour combattre le terrorisme, hors et à l’intérieur de nos frontières. Cela s’est traduit matériellement par des recrutements dans l’armée, la police et la gendarmerie mises à mal pendant le précédent quinquennat et également par une posture adaptée à la situation intérieure.

Par contre, s’agissant de l’Europe, on ne retiendra que le suivisme vis-à-vis de l’Allemagne et à la doctrine libérale de la commission européenne. On regrettera également la posture vis-à-vis de la Grèce, totalement dévastée après les injonctions de la commission.

On regrettera surtout que la grande envolée du Bourget sur « la renégociation du traité européen » soit restée lettre morte alors même que l’Europe, s’apercevant aujourd’hui des méfaits de l’austérité, s’apprête à desserrer les cordons de la bourse. On aurait pu gagner 4 ans…

L’économie

C’est le gros point noir, celui qui par ses effets mortifères annule tous les acquis dans les autres domaines.

Comment parler de « modèle social conforté », « d’accroissement des libertés » de « modernisation de la démocratie » lorsque la première des libertés est celle de subvenir à ses besoins sans assistance, uniquement par le fruit d’un travail ?

Hollande a donc fait une « politique de l’offre », qui a consisté à déverser sans nuances et sans obligations des milliards aux entreprises au travers du pacte de responsabilité et du CICE en ponctionnant les ménages par une augmentation des impôts.

Echec cuisant, parce que ces milliards ne sont pas allés à l’emploi ou bien de manière marginale. On estime à 100 000 emplois les effets des mesures.

Les actionnaires des entreprises disent merci à François Hollande, car ils ont vu augmenter leurs dividendes de manière notable en 2015.

Hollande, par naïveté, par excès de confiance vis-à-vis du Médef ou simplement par soumission au monde économique aura totalement raté sa politique.

L’espoir de millions de chômeurs s’est fracassé sur cette erreur majeure du quinquennat.

 

Pour le reste, François Hollande fut un Président honnête, sans doute plus que ses prédécesseurs. Il n’aura cependant pas pu résister au corporatisme des grands corps en particulier celui de la fameuse promotion Voltaire de l’Ena, se coupant ainsi des forces vives du pays.  

 

 

1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 21:13

Au revoir, au revoir, Président…

Oui, je sais, mon titre ressemble à la petite chansonnette de la pub pour le loto, mais je suis sérieux : j’avais vraiment envie que vous ne vous représentiez pas à la prochaine présidentielle.

Il y a quelques jours, écoutant distraitement la télé, je vous ai entendu parler des « espoirs et des désillusions provoqués » j’ai alors tendu l’oreille croyant que vous parliez de votre quinquennat pour dire que vous alliez quitter la vie politique, alors qu’il ne s’agissait que d’une appréciation sur la révolution cubaine. Déçu, j’ai été déçu, persuadé que la raison allait l’emporter. C’est le cas ce soir.

Déçu, c’est bien le mot qui caractérise votre quinquennat

Ah, les belles envolées du discours du Bourget ! Une majorité de Français a feint d’y croire alors qu’il ne s’agissait finalement que de trouver un prétexte pour virer l’ancien locataire de l’Elysée. C’est cela la politique française aujourd’hui : on vote par défaut, pas par adhésion à des projets qui s’autodétruisent sitôt le nouveau Président élu, comme cela a été le cas depuis 2002 avec Chirac, qui n’a pas voulu utiliser sa légitimité obtenue en par un vote massif pour faire bouger les choses. Un quinquennat pour rien, comme celui de l’agité de Neuilly, son karcher et son « casses-toi pov’con ».

Aujourd’hui, les Présidents et les élus de toutes tendances, une fois élus s’empressent de chausser les bottes de la finance des multinationales et du Médef, piétinant allègrement les promesses de campagne (pour les socialistes) et s’empressant de les mettre en œuvre (pour la droite).

Ah, vous nous avez bien fait rire avec votre tirade du Bourget sur la finance et la renégociation des traités européens écrite par votre « plume » de l’époque, Aquilino Morelle, tombé depuis en disgrâce depuis pour une sombre histoire de cirage de chaussures, alors même que c’était le cœur de son métier.

Ce qu’on n’avait pas demandé…

Par contre, il n’avait été question nulle part de la déchéance de nationalité (vous êtes assez lucide pour reconnaître que ce fut une erreur), ni de votre livre de confidences, ni celui de votre ex-compagne, faisant suite à vos escapades nocturnes rue du Cirque en scooter, en attendant celui de votre « plume » qui devrait sortir prochainement et qui sera sans doute une pelletée de terre supplémentaire sur votre quinquennat. Les petits marquis du socialisme vont maintenant régler leurs comptes lors de la primaire.

Nous n’avions pas demandé non plus d’augmentations massives d’impôts en début de quinquennat, qui auront servi à arroser copieusement des entreprises qui n’en demandaient pas tant et qui sont aujourd’hui heureuses de pouvoir augmenter les dividendes versés aux actionnaires. Oui, car c’est bien à cela qu’à servi le pacte de responsabilité et le CICE. Si cela avait baissé le chômage cela se saurait. On estime à 100 000 le nombre d’emplois créés, mais il est vrai qu’aujourd’hui on ne parle que d’emplois « préservés » et de plans de « sauvegarde de l’emploi » ou bien encore de « restauration des marges ». La langue de bois est toujours là, comme celle que vous utilisiez depuis quatre ans avec votre « inversion de la courbe du chômage ».

Enfin, nous n’avions pas demandé la loi travail, celle qui va faire le bonheur des entreprises peu scrupuleuses qui s’arrangeront pour organiser la baisse de leur chiffre d’affaires pour pouvoir licencier. Vous avez fait vôtre le dogme du Médef selon lequel « il faut pouvoir licencier plus facilement pour pouvoir favoriser l’embauche ». Si cela marchait, ça se saurait.

Echec sur toute la ligne, Monsieur le Président

La possibilité de faire deux quinquennats à suivre n’est pas un droit, c’est juste une limite et il faut savoir tirer l’échelle lorsqu’on court au désastre. C’est ce que vous avez fait hier soir dans un moment de lucidité ou plutôt parce que vous vouliez éviter l’affront des urnes.

Mitterand a tué le parti communiste. En ce qui vous concerne, vous avez déjà rédigé le faire part de décès du parti socialiste, il ne reste plus qu’à le poster.

Votre quinquennat aura été celui du glissement vers la droite, ce qui a amené vos adversaires des Républicains à droitiser leur discours et être dans la surenchère. Ils ont désormais un boulevard devant eux. L’état politique dans lequel vous laissez le pays après ces cinq années calamiteuses sera difficile à réparer et les français peuvent d’ores et déjà s’attendre à subir une politique de droite dure pendant 5 ans. Ils vous le devront en partie.

Au revoir, au revoir, Président !

  

27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:51

En route vers des lendemains qui chantent !

Fillon, candidat des sacristies représentera la droite tradi dure, Hollande espère toujours incarner le recours, à défaut d’incarner le rôle de Président et Marine Le Pen compte les morts après la fuite massive de son électorat vers Fillon. De bien belles présidentielles en perspectives !

Fillon, Président !

Donné quatrième, il y a moins de trois semaines, Fillon s’est retrouvé propulsé en tête de la primaire de la droite au premier tour avec 44 %, excusez du peu ! Les sondeurs qui ne verraient même pas une vache coincée dans un couloir se sont tous plantés dans les grandes largeurs, donnant tout au plus à Fillon le statut d’ex-aequo avec les deux autres favoris.

44 % ! Le seul rejet de Sarkozy ne peut expliquer à lui seul cet engouement soudain pour son ex-collaborateur pas plus que le vote de « gauche » destiné à éliminer l’ancien Président. Ce qui explique ce score, mais que personne ne veut retenir, tant cela bouscule les scénarios des partis et des médias (et des sondeurs), c’est le vote massif d’une vieille droite bourgeoise réac honteuse qui avait rejoint le Front National et qui a vu en Fillon le meilleur moyen de faire ce que Marine Le Pen ne sera jamais capable de faire, c’est-à-dire faire émerger leur conservatisme religieux, en évitant d’être assimilés au caractère sulfureux du Front National.

Fillon pourra certainement remercier le militantisme de « Sens Commun » bras politique de la « Manif pour tous » et fer de lance de la lutte contre la « déliquescence des mœurs » d’avoir favorisé le vote en sa faveur.

Marine le Pen hors-jeu

Rien n’y a fait, de la dédiabolisation du Front national par l’exclusion du patriarche, au gommage des aspérités racistes ou identitaires en passant par l’entreprise de normalisation et de l’escroquerie du Front « parti des ouvriers », rien n’y a fait : le Front National n’arrive à décrocher la timbale à aucune élection. Pire, les rares mairies gagnées par le FN cultivent leur originalité sur des thèmes douteux (affichages « délicats » à Béziers, exclusion du Secours populaire ailleurs,…) Bref le FN fait du FN, c’est-à-dire qu’il « clive » et pas grand-chose d’autre.

Elle y a pourtant mis du sien, Marine, pour faire oublier son patronyme, ce qui relève pour le moins de la psychanalyse, et pour faire oublier le FN, deux éléments totalement absents de ses affiches de campagne (avec une rose bleue dépourvue d’épines !).

Il ne manquait plus qu’un groupuscule (Sens Commun) trouve une oreille attentive auprès de Fillon pour qu’une partie non négligeable de son électorat parte avec armes et bagages vers une droite bien dure et traditionnelle mieux à même de répondre à ses aspirations sociétales.

Resteront au FN (ou chez « Marine » parce que le fonds de commerce aura disparu) uniquement la frange pure et dure catho couvée par la nièce Marion, qui a totalement raté son OPA sur une grande partie des cathos qui ont rejoint le bercail de la droite. Les repas de famille s’avèrent houleux dans les semaines qui viennent.

Il n’est plus du tout certain que le FN se retrouve qualifié pour le second tour de la présidentielle en 2017.

Et la gauche dans tout ça ?

Quelle gauche ? me direz-vous, tant le terme parait aujourd’hui usurpé par les « socialistes » qui sont aujourd’hui largement désavoués, en particulier Hollande qui est le seul à croire encore en ses chances. Il se fera virer au premier tour de la primaire, sauf s’il décide de passer outre cette étape en passant une alliance avec promesses de postes à la clé (avec Macron, par exemple ou bien Bayrou) et atomise la primaire de gauche.

Valls, qui se pose en sauveur, Montebourg, le chantre du made in France ? Même Ségolène et Taubira ont une meilleure cote que Hollande parmi les électeurs de gauche, c’est dire ! Sans parler de Mélenchon avec l’appui du PC, ou même Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve ou bien Le Drian qui bénéficient tous d’une meilleure cote que Hollande chez l’ensemble des français.

C’est dire que l’hypothèse d’un Hollande croyant sans doute en son destin présidentiel sent le roussi, alors même qu’une gauche rassemblé ayant fait ses preuves depuis 5 ans (ce qui est loin d’être le cas) aurait trouvé en Fillon le candidat idéal à battre tant le programme et les idées qu’il défend relèvent de la caricature.

Et après ?

La gauche aussi bête que la droite il y a quelques temps ? C’est ce qui se profile et ouvre une voie royale à l’avènement d’une droite dure en France, laquelle droite, s’empressera d’oublier ses promesses de campagne, à l’instar d’un Trump ou d’un Hollande pour ne pas froisser la « finance » et les multinationales qui voient les élections comme une petite péripétie destinée à masquer que ce sont eux les véritables dirigeants.

 

23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 09:38

Les bonimenteurs (de Trump à Juppé et Fillon en passant par Hollande)

Promettre pour être élu, semble être la devise en vogue des candidats aux élections quitte à se déjuger ensuite. Ce n’est pas grave, pensent-ils, les électeurs comprendront qu’il n’a pas été possible de tenir les promesses, compte tenu du contexte économique, d’une majorité introuvable ou du poids des lobbies, des multinationales ou de la finance (rayez la ou les mentions inutile), qui ont gentiment téléphoné au nouvel élu pour lui dire que la campagne était finie et qu’il était temps de revenir aux choses sérieuses.

C’est comme ça que ça se passe un peu partout

De Trump qui a su électriser les foules avec des promesses (construction d’un mur, expulsion de 11 d’étranger, en passant par l’inculpation de sa concurrente) en passant par Hollande, pour qui l’ennemi, c’était la finance et qui allait nous renégocier les traités européens vite fait bien fait, jusqu’au plus obscur des Maires aux convictions laïques bien affichées qui achète la paix sociale dans les quartiers à coup de subventions à des associations « culturelles », faux-nez d’obscurantistes religieux, tout le monde s’adonne à ce sport qui consiste à prendre les électeurs pour des cons.

La finalité du truc, c’est de conquérir le pouvoir et renvoyer l’ascenseur à ceux qui y ont contribué quitte à mettre en œuvre des mesures qui n’avaient pas été annoncées mais qui feront tellement plaisir à leurs « sponsors ».

Cela commence à se voir et ça explique les alternances rapides liées à la volatilité de l’électorat qui veut tout tester avant de se résoudre à la fatalité en allant à la pêche les jours de scrutins ou bien à descendre dans la rue.

Fillon et Juppé, nos champions français actuels

Le combat pour le second tour des primaires est rude et le challenger n’hésite pas à qualifier le programme de son concurrent d’irréaliste alors que le sien sent également un peu le moisi.

Ces deux bonimenteurs nous proposent des programmes bien dans la logique de la droite libérale avec une mention spéciale pour Fillon qui, bien qu’il soit discret sur le sujet, caresse dans le sens du poil les catholiques en mettant l’accent sur les plus traditionnalistes.

Sur le plan économique, rien de bien nouveau et c’est la fameuse « théorie du ruissellement » qui part du principe qu’il faut que les riches s’enrichissent davantage afin que les pauvres puissent profiter de quelques miettes. On sait déjà ce que ça donne : l’argent accumulé ne va que très peu dans l’économie mais sert à l’enrichissement personnel ou pire va dans des fonds de pension qui ruinent nos économies en fermant des usines ou en les délocalisant pour que leurs actionnaires se goinfrent un peu plus.

Un exemple : la réduction des déficits publics par la suppression de postes de fonctionnaires

Suppression de 500 000 ou de 300 000 postes : le concours de conneries est ouvert entre Fillon et Juppé et c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Il est facile, pour peu que l’on s’intéresse au sujet de savoir que le résultat obtenu ne sera jamais atteint mais que les effets indirects plairons tout de même à tous ceux pour qui le mot « fonctionnaire » est un gros mot mais pour qui le service public n’est jamais assez bon lorsqu’ils en ont besoin (sécurité, santé, services publics en milieu rural)

Le but essentiel de la manœuvre est de passer de 35 à 39 dans la fonction publique, point barre et de prendre exemple sur cette « réforme » pour appliquer la même chose aux employés du privé. Tout le monde sera cocu dans l’affaire, même ceux qui applaudiront bêtement au sort réservés aux fonctionnaires.

La question de la suppression de postes de fonctionnaires n’est qu’accessoire, elle vise seulement à diminuer la masse salariale par la suppression de postes publics et augmenter la productivité dans les entreprises privées au détriment bien entendu d’embauches privées et publiques.

Inutile de vous dire les effets en matière de suppression d’emplois. Il s’agira en fait du plus grand plan social que notre pays ait connu et il est inutile de rêver à une future, même minime « inversion de la courbe du chômage ».

Pourquoi cette promesse de suppressions d’emplois publics est-elle intenable ?

Parce que tout d’abord, la finalité première est de revenir sur les 35 heures et qu’aborder le sujet par le biais de la suppression de postes de fonctionnaires relève du populisme.

Parce qu’ensuite, un gouvernement peu légiférer, mais qu’il ne peut pas imposer que le retour aux 39 heures se traduise par des suppressions d’emplois dans les fonctions publiques hospitalière ou territoriale qui représentent plus de la moitié des effectifs de fonctionnaires en France.

Pour les hôpitaux, on voit bien ce qui va se passer : difficile de supprimer des postes tant le secteur est en tension. Il s’agira alors d’en terminer avec le cumul énorme des heures sur les comptes épargne temps. Une belle entourloupe.

Pour les effectifs de la fonction publique d’Etat qui a déjà perdu 8% de ses effectifs en 14 ans à coups de RGPP et de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, on voit ce que cela a produit en matière de démantèlement des services de police et gendarmerie. La dernière pelletée de terre pourrait consister à modifier le statut des enseignants pour les gérer sous contrats privés, ce qui diminuerait facialement les effectifs mais pas la masse salariale. On voit bien qu’on est dans le dogmatique plutôt qu’autre chose.

Enfin, le meilleur pour la fin, la fonction publique territoriale. On pourrait être d’accord pour dire qu’il y a trop de fonctionnaires territoriaux en France, mais en s’interrogeant tout de même sur le point de savoir qui les a recrutés, à savoir les élus locaux eux-mêmes, qui, pour certains (Fillon et Juppé par exemple) ont construit des carrières politiques sur le clientélisme local et donc des embauches.

Les mêmes se sont évertués à protéger leurs mandats locaux (si pratiques pour se refaire une santé après un échec aux élections nationales) en refusant toute réforme logique des collectivités territoriales et ont même contribué à créer de nouvelles structures (intercommunalités) sans s’interroger sur les missions devenues obsolètes dans les communes.

Voilà pourquoi les bonimenteurs actuels et à venir ont encore de beaux jours devant eux.

    

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:02

Deux ou trois choses sur la primaire

Victoire importante de l’outsider, celui qu’on n’attendait pas et défaite douloureuse pour l’agité qui y croyait encore, avec en filigrane quelques recompositions que personne n’a vu venir, voilà en quelque sorte les enseignements de cette primaire.

La faillite des instituts de sondage

Quand le gagnant de la primaire se retrouve à plus de quarante pour cent alors qu’il était crédité au mieux d’un score voisin des autres candidats, voilà qui interroge sur les méthodes des sondeurs ou pour le moins sur leur capacité à saisir avec des algorithmes la pensée profonde de l’électorat.

Quand, en plus Sarkozy, positionné au même niveau que Fillon se retrouve loin derrière, les questions sur la fiabilité des méthodes des sondeurs se pose avec davantage d’acuité.

Il faut dire que ce sont les mêmes oracles qui n’ont pas vu venir ni le Brexit, ni la victoire de Trump !

Fillon, le candidat des évêques

Bien propre sur lui, famille nombreuse traditionnelle et marié avec la même épouse depuis longtemps, Fillon offre au départ un profil séduisant pour la droite traditionnelle catho. Ajoutons à cela, ses prises de position concernant la famille et son refus des évolutions en matière d’adoption et nous voici en marche vers une droite à la polonaise et les forts clivages qu’elle ne manquera pas de provoquer dans une société française qui évolue.

Cette propulsion au premier plan d’un candidat jugé jusqu’à présent de terne doit beaucoup au regain d’activité de la religion catholique dans notre pays. Si Daesh, n’est pas parvenu à provoquer un guerre civile en France, c’est sans doute grâce au regain de la religion catholique et de ses prises de positions relayées par une presse bien-pensante qui a vu là une opportunité de tailler des croupières à une laïcité toujours pas digérée depuis 1905.

Fillon a su capter ce climat et s’attirer les faveurs de groupuscules tels que « Sens commun » ou la « Manif pour tous ». Le vote « catho » tradi ou pas est par ailleurs une réalité dans des départements traditionnellement catholiques.

Sarkozy, la fin ?

Non qualifié pour le second tout, on pourrait penser qu’il va cette fois, enfin, quitter la vie politique, mais qu’on ne s’y trompe pas, son ralliement surprise pour Fillon indique qu’il souhaite intervenir, d’une manière ou d’une autre sans le débat.

Appeler à voter pour Fillon, il n’y a pas si longtemps qualifié de traîte (cf le déjeuner avec la Secrétaire Général de l’Elysée sur l’accélération des affaires concernant Sarkozy), indique bien la ligne droitière choisie par Sarkozy qui s’oppose à la ligne « centriste » incarnée par Juppé.

Bref, Sarkozy qui se plaçait sur une ligne très droitière, flirtant même avec les thèses frontistes, a été victime du vote utile en faveur de Fillon dont les électeurs se démarquent nettement du FN sur la question de l’identité, tout en validant les autres aspects du programme de Fillon fait de sacrifices.

Enfin, toujours dans cette même lecture, Sarkozy, dont la vie matrimoniale fut parfois heurtée, et dont la vie judiciaire est parsemée d’affaires qui sentent le souffre, provoque une aversion parmi l’électorat catholique de droite, ferme sur les valeurs.

Mauvaise nouvelle pour le Front National de Marine Le Pen

Le courant qui porte François Fillon est composé d’un électorat traditionnel de droite qui a pu se déporter autrefois vers le vote Front National et qui revient aujourd’hui au bercail. La chute de Sarkozy lors du scrutin d’hier indique ce mouvement engagé au sein de la droite classique, mais les 42 % obtenus par Fillon ne peuvent pas s’expliquer autrement que par un vote important d’électeurs du FN en sa faveur.   

La volonté de normalisation de M. Le Pen est en train de trouver ses limites dans l’ascension de Fillon qui est capable de ramener à lui les égarés de droite tentés par une trop grande rupture proposée par le FN.

Par ailleurs, le courant catho/tradi incarné par Marion Maréchal Le Pen devient compatible avec la ligne Fillon, et celle, sans doute jugée trop libérale de la tante Marine, prend tout à coup un grand coup derrière les oreilles.  

Et les socialistes, dans tout ça ?

L’hypothèse Juppé s’éloignant, Hollande va sans doute trouver dans ce résultat de la primaire de droite un encouragement à se présenter avec un programme sociétal plutôt qu’économique (bien évidemment).

Il peut désormais espérer le retour de l’électorat favorable aux réformes de sociétés, inquiets de la ligne Fillon et de ce que cela suppose comme connexions avec un électorat très droitier.

Pour autant, avec la pétaudière qui règne à gauche  et la candidature Macron qui sème le trouble (encore que l’hypothèse d’un ralliement de Macron à Hollande ne soit pas à écarter), donne une image confuse de la situation. Cela devrait prochainement s’éclairer par l’annonce de la candidature de Hollande au primaire et la désignation d’un candidat commun qualifié pour se battre contre Fillon et son programme droitier.       

16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 09:56

Une candidature qui tombe à pic !

L’annonce de la candidature de Macron à la présidentielle était-elle aussi urgente ?

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle provoque de multiples réactions à gauche comme à droite.

La droite qui s’affole

Pour la droite, le moins que l’on puisse dire c’est que cette annonce à quelques jours seulement de la primaire sème le doute dans l’Etat-major de Juppé et redonne de l’espoir parmi les proches de Sarkozy.

Pour le premier, en effet, le soutien affiché de Bayrou, faisait miroiter un vote centriste massif lors de la primaire, or il n’est pas exclu que le profil Macron, « ni de droite ni de gauche » séduise des électeurs centristes jusqu’à présent décidés à aller voter Juppé à la primaire et qui dès lors s’abstiendraient en décidant de soutenir le gendre idéal que les médias nous proposent désormais.

Pour Sarkozy, en panne dans les sondages pour la primaire de la droite et du centre, c’est une divine surprise et sa capacité de virer en tête au soir de la primaire n’est désormais plus exclue  

Voilà pour les effets à court terme, mais la question essentielle est la suivante : quel est le coup d’après ?

Macron, un candidat hors sol ?

A priori, un candidat comme Macron se présentant sans le soutien d’un parti n’a que peu de chances d’être en capacité de se présenter réellement. Le système des signatures et le chantage à l’investiture pour les prochaines législatives devraient avoir raison des quelques soutiens socialistes pour Macron, général sans troupe.

Si l’effet sur les primaires de la droite et du centre est celui décrit plus haut, la conséquence immédiate de cette candidature serait de remettre en selle l’ex Président Sarkozy et bien que les haines et les inimitiés soient nombreuses au sein du camp des Républicains, on peut faire confiance à l’appareil tout entier pour faire bloc et soutenir ce candidat surprise.

 Du côté de la gauche socialiste, on a toujours émis l’idée que le candidat idéal pour un Hollande (totalement aux fraises actuellement) serait Sarkozy et on se prépare sans doute à effectuer un remake de 2012 dans lequel on verrait s’opposer deux candidats ayant échoué : un cauchemar démocratique qui pourrait se solder par le retour de l’ex ayant récupéré des votes frontistes.

Voilà donc pour les effets possible de la candidature Macron, mais on est en droit d’envisager que cette candidature ne tombe pas comme ça, à un moment crucial pour la présidentielle.

La synthèse, selon Hollande

La proximité de Macron avec Hollande a toujours été évoquée et ce dernier n’a jamais prononcé de mots définitifs consacrant la rupture avec son jeune protégé. D’un autre côté, le piaffement de Valls décidé à en découdre en enterrant Hollande est sans doute mal vu en haut lieu et irrite et la présence de quelques caciques du PS (le sénateur maire de Lyon, Gérard Collomb, notamment) pourrait laisser supposer que le missile Macron, n’est là que pour épater la galerie et animer le débat, en écartant Juppé et en attendant que Hollande ramasse la mise le moment venu.

Cela pourrait nous donner, juste avant la primaire socialiste un beau discours de Macron constatant son impossibilité de réunir les 500 signatures et invitant ses soutiens à voter Hollande contre un poste de premier Ministre.

Nous aurons quelques indications dimanche soir sur cette hypothèse…

13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:37

 

 

A peine les résultats de l’élection américaine connus, M. Le Pen s’est fendue d’un tweet de félicitations au nouvel élu et au peuple américain « libre ! ».

Quel sens donner à cet empressement ?

C’est un message donné au corps électoral français qui valide en quelque sorte la thèse de la normalisation du Front National dans le paysage politique de notre pays. Puisqu’un grand pays démocratique (les USA) a pu porter au pouvoir un Donald Trump aux idées très proches de celle du Front National pourquoi ne pourrait-il pas en être de même en France ?

Protectionnisme économique, fermeture des frontières, exclusion, xénophobie, rejet du « système », déclassement des classes moyennes, voici quelques points communs aux discours de Trump et du FN.

Les idées à l’épreuve du pouvoir…

Donald Trump, quelques jours après son élection, surpris sans doute par son succès électoral et conscient qu’il doit donner des gages à sa majorité au Congrès (pas forcément ravie des excentricités du milliardaire), commence à modérer son discours en présentant un profil un peu moins sulfureux.

Ce qui étonne, c’est la rapidité du revirement.

En France, les élections se sont longtemps jouées sur les programmes mais le véritable pouvoir (économique et financier) a toujours mis tout son poids dans la balance pour éviter des mesures mauvaises pour le business quand bien même sur le plan des idées elles pouvaient s’avérer recevables pour une partie du corps électoral qui s’estime à chaque fois trahi.

C’est le cas avec Hollande, comme ce fut le cas avec Sarkozy et comme ça le sera avec un autre Président issu d’un « système » ou d’un autre.

La trahison des « élites »

Donald Trump, comme Mme Le Pen font leurs choux gras de ce thème, ce qui explique la faiblesse de leurs programmes économiques et qui se base principalement sur les questions identitaires.

Les élites, au sens large du terme, ce sont les partis qui ont proposé des programmes destinés à améliorer la situation du pays et l’emploi, et qui se sont empressés d’y renoncer.

Les élites, se sont également les économistes orthodoxes qui se trompent régulièrement de diagnostic et imposent des purges qui frappent toujours les plus modestes, au nom de la théorie du ruissellement qui conceptualise l’enrichissement de quelques-uns censé profiter à tout le monde.

Les élites, c’est aussi, la nomenklatura issue des grands corps et des grandes écoles qui truste les postes dans les grandes administrations avant d’aller pantoufler dans les entreprises et dont les membres érigent le principe du « pas de vagues » en règle de vie.

Voilà sur quoi se base la rhétorique du Front National dont le fonds de commerce est la population qui se sent déclassée, trompée et flouée.

Ajoutons à cela la morgue de quelques-uns qui à partir de saillies sur les sans dents, ou les illettrés des abattoirs ou à coup de « casse toi pauv’con », marquent bien la différence entre le petit peuple et les élites, et l’on aboutit au zapping électoral actuel.

Le pouvoir, pour quoi faire ?

C’est la bonne question. Il apparaît évident que les revirements actuels de Donald Trump, son ton miraculeusement adoucit, ne sont qu’une adaptation au contexte d’interdépendance des économies. Des messages qui lui sont vraisemblablement déjà parvenus de la part du monde économique et financier et de la part des puritains du parti républicain.

Pourquoi en serait-il autrement si le Front National accédait au pouvoir en France ? Il n’y a aucune raison que les choses soient différentes. On pourrait envisager que le FN, s’étant dissous lui aussi dans le « système », se le verrait reprocher par ses électeurs.

Ce serait une erreur d’analyse puisque que le vote FN, comme celui en faveur de Trump sont motivés par la peur du déclassement et le rejet des élites. Il suffit donc de caresser l’électorat dans le sens du poil en mettant en œuvre des mesures symboliques comme on peut les constater dans des Mairies dirigées par le FN pour satisfaire l’électorat (création de milices populaires, communication bien grasse sur les immigrés, exclusion des associations « ennemies »,…).

Agir sur ce qui reste et s’inventer de nouvelles croisades lorsqu’on ne maîtrise ni l’économique ni le financier, voilà en quelque sorte le contenu des programmes populistes, en France mais aussi à l’étranger. Ajoutons à cela la culture du chef, indispensable tribun, qui n’hésitera jamais, comme l’a fait Trump à user et abuser d’un discours clivant et on aura l’idée de cette future gouvernance.

Quel scénario pour  2017 ?

Les bases sont posées, le rejet des politiques actuelles consommé, tout est en place pour favoriser le vote FN à la présidentielle.

Au-delà des électeurs traditionnels du FN, se dessine un mouvement que Marine Le Pen a su capter en félicitant Trump pour son succès : le déclassement

A part le tweet à Trump, les prises de position du FN sont très rares en ce moment. Le FN laisse les autres partis se déchirer pour mieux user et abuser du discours « tous pourris » à défaut de présenter un programme cohérent.

La droite actuelle, rebaptisée « Les Républicains » (comme le parti de Trump…) continue de proposer des programmes bien dans la ligne du libéralisme économique et financier qui échoueront comme les autres. Un seul candidat potentiellement éligible, Nicolas Sarkozy, se démarque des deux autres candidats à la primaire en surfant sur des thèses proches du FN (du Buisson, sans Buisson).

Des électeurs de gauche, toujours prompts à faire barrage à défaut d’avoir des idées pour sortir leur parti atomisé du marasme, s’apprêtent à aller voter aux primaires contre Sarkozy. Une fois éliminé, une partie non négligeable des voix de ses partisans se retrouveront au FN lors de la présidentielle et contribueront potentiellement à faire élire Marine Le Pen.

Reste que pour gouverner, il faut une majorité parlementaire, et là nous verrons nos idiots utiles de gauche à la primaire des républicains manifester et pétitionner en appelant à faire barrage au FN dont ils auront contribué à favoriser l’accession au pouvoir en éliminant l’ex.

Nous verrons également s’opérer des ralliements de parlementaires de droite (et pourquoi pas de gauche ou du centre) qui nous expliqueront qu’ils ont obtenu des « garanties », et qu’ils ne visent que le bien-être des Français, alors même qu’ils ne seront simplement préoccupés que par la poursuite de leur carrière politique et des avantages qui vont avec.

Tout cela serait intéressant à observer, si ce n’était pas tragique,  si les fondements de la démocratie n’étaient pas bafoués par ces bateleurs d’estrades qui possèdent moins de pouvoir qu’un conseiller général minoritaire.       

8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:33

La « destruction créatrice » désigne un processus économique permanent de suppressions d’activités qui permettrait la création simultanée d’activités économiques nouvelles.

C’est la doxa bien connue qui légitime tout et surtout l’augmentation du chômage et la concentration du capital financier.

La déconstruction de la démocratie se nourrit au jour le jour de cette règle inique en précipitant dans la précarité et les minimas sociaux de plus en plus d’individus.

Depuis quelques années, on voit apparaître un autre pouvoir à l’œuvre tout aussi dangereux que le capitalisme et qui fait son miel des errements de celui-ci et de la faiblesse du pouvoir politique : les religions.

Quel crédit donner à la parole publique ?

Les sondages et les scrutins se succèdent et donnent une réponse claire et précise : de plus en plus de citoyens se détournent des urnes ou bien sont attirés par le vote extrême qui, en l’absence de la confrontation à la réalité du pouvoir, peut toujours promettre des lendemains qui chantent.

L’alternance de 2012 a été provoquée par le rejet de l’ancien système et surtout le rejet d’une personnalité, ce qui démontre bien que le programme de 2007 n’avait que peu d’importance aux yeux de ceux qui ont donné les clés de l’Elysée au bateleur qui veut se représenter aujourd’hui. Le résultat de ce vote de rejet a été de changer de locataire de cette prestigieuse demeure pour y mettre une personnalité peu charismatique dont les promesses ont pu faire illusion quelques mois, sans plus.

Retour à la case départ, donc, où l’on constate que, quel que soit le Président et quelle que soit sa majorité, les marges de manœuvre face aux pouvoirs économique et financier sont faibles et le « pouvoir » politique n’est là que pour déconstruire, c’est-à-dire vendre les bijoux de familles, tuer le service public et financer, sans nuances le secteur économique, à fonds perdus.

Quel impact pour le CICE et le pacte de responsabilité en matière d’emploi ? Nul ou presque, en tous cas totalement ridicule par rapport aux sommes généreusement distribuées sans contreparties.

Le débat des primaires à droite nous a donné un aperçu de ce qui allait se passer en cas d’alternance : destructions massives d’emplois publics et pans entiers de l’activité publique bradée au secteur privé, charge à lui de se financer sur la bête, c’est-à-dire le citoyen.

La parole publique se délite et n’est que le portevoix d’intérêts privés : c’est dans l’air du temps depuis une trentaine d’années et à chaque fois on en remet une couche, pour notre bien, évidemment.

Aujourd’hui, la parole publique, n’existe plus. Elle n’est faite que de promesses jamais tenues, sauf celles qui ne sont jamais mises en avant dans les campagnes électorales et ne concernent qu’une partie infime du corps électoral, ceux qui se goinfrent et se régalent à chaque alternance.

Cette trahison permanente commence à se voir et afin de masquer le problème, on déploie des rideaux de fumée avec l’aide bienveillante des chaînes d’infos en continu, de la presse people ou de journalistes trop bien introduits dans les cénacles du pouvoir. Cela nous donne la bouillie médiatique actuelle ou les oppositions entre candidats ou bien les turpitudes d’un président sont montées en épingle au détriment du débat.

Ce qui se passe aux USA, est révélateur de ce système d’Entertainment, dans la mesure où les saillies d’un candidat tiennent davantage de place que le débat. Habitués à la téléréalité, les spectateurs/électeurs se vautrent dans ce système dont ils se font les complices mais dont ils ne sont que les victimes.

En France, sans être arrivé  ce niveau de bassesse, nous n’en sommes désormais plus éloignés et l’opposition entre les « votants » risque de mal se terminer, les perdants acceptant de moins en moins les règles démocratiques.

Et les religions dans tout cela ?

Un espace se libère face au délitement de la parole publique. Les religions seraient-elles désormais le dernier refuge pour des citoyens en manque de repères ?

La nature a horreur du vide et la prière et les règles de vie propres à chaque religion feraient-elles office de citoyenneté ?

Pour des citoyens français habitués à la rationalité, à la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat, cela pourrait sembler exotique a priori, mais cela serait ignorer les évolutions du monde qui nous entoure et de la volonté des religions d’imposer leur vision.

Le problème, c’est que les religions qui nous parlent d’œcuménisme (les rencontres d’Assise), de pardon (pour les victimes de prêtres pédophiles) ou nous parlent de paix et d’amour, sont loin d’être d’accord entre-elles. Les extrémismes religieux sont là pour nous le rappeler. Qu’ils soient chrétiens, musulmans, bouddhistes ou juifs, ils sont porteurs de massacres, d’anathèmes ou de ségrégation et l’histoire est peuplée de ces dérives. Il ne suffit pas d’une petite prière ou de reconnaitre ses torts deux ou trois siècles après ou bien de parader pour une belle photo de famille pour qu’on oublie le passif.

Le second problème, c’est que les religions s’appuient sur le prosélytisme pour gagner des « parts de marchés », un peu comme le système économique et financier pour le capital et délivrent leur message clivant ou contraignant.

Pire, elles s’immiscent dans la vie publique, souhaitant imposer leurs vues et leurs règles de vie à un pouvoir politique en faillite et qui ne doit sa survie qu’aux votes communautarismes. Cela passe de la bienveillance affichée par des élus locaux (qui cumulent parfois avec un mandat national) vis-à-vis de petits pouvoirs religieux subventionnés au nom de la paix sociales dans les quartiers, jusqu’à l’adoption de thèses de mouvements religieux bien marqués à droite dans les programmes politiques de candidats à la Présidentielle.

La presse catholique bienpensante n’hésite plus, au travers d’éditoriaux à l’eau bénite à critiquer la laïcité, demandant « la réintégration de valeurs religieuses dans la production de normes publiques » ou bien la création d’un « conseil des religions qui pourrait être un stimulant des régimes politiques ».

On croit rêver, ou plutôt, non on ne rêve pas, cette posture n’est ni plus ni moins que la remise en cause des états de droit en vue de favoriser l’émergence de pouvoirs religieux qui bien  évidemment ne manqueraient pas de nous mener à des guerres civiles ou à de nouvelles guerres de conquêtes.    

J’aime la laïcité. Je ne suis pas opposé aux religions et je souhaite seulement qu’elles fassent preuve de modestie et qu’elles ne profitent pas de la faiblesse du pouvoir politique pour avancer leurs pions, comme le font les pouvoirs économique et financier.        

29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:39

Voilà décrite en quelques mots la lente déliquescence de la vie démocratique en France, décomposée, laminée et moribonde, écrasée par les coups successifs d’une gérontocratie politique minée par le cumul de mandats et d’un jeunisme qui n’aspire qu’à prendre la place sans rien changer.

L’adhésion

Adhérer à un projet, à un programme, à des valeurs, voilà qui fait vibrer la corde sensible de ceux qui croient encore au système politique actuel. Nous aimerions bien être tous dans cette logique et aller voter en glissant un bulletin dans l’urne en ayant le sentiment d’être acteurs.

Oui, mais voilà, le système n’intègre que très peu cette logique. Il dérive, il diverge, il s’égare et se transforme au profit exclusif de quelques marionnettes politiques instrumentalisées en dehors de toute règle démocratique par des pouvoirs qui ne tirent aucune légitimité d’un vote, mais dont le pouvoir de nuisance économique et la rapacité financière est sans limite.

Alors les élus s’adaptent pour faire carrière, en renonçant systématiquement au projet sur lequel ils ont été élus et en piétinant les valeurs des électeurs.

François Hollande est l’incarnation de ce qui précède.

Le vote contre

Puisqu’on ne peut pas voter pour, faute de projet ou de certitude quant à une réalisation, même partielle, on vote contre, pour éliminer et non plus pour choisir. On ne prend pas le meilleur mais on élabore une stratégie d’élimination parce qu’on pense qu’il y a des candidats ou des partis plus mauvais que d’autres.

Le symbole du vote contre, c’est 2002, avec un second tour Chirac Le Pen et un score de république bananière pour le premier qui nous avait donné un mandat inutile, creux, où aucune initiative politique n’avait été prise malgré le boulevard offert à son titulaire.

Aujourd’hui, le système se sophistique avec le système des primaires auxquelles peuvent être tentés de participer les électeurs de l’autre camp afin d’éliminer un candidat sur le retour sans s’inquiéter de la politique que mettra en œuvre le bénéficiaire de cette manœuvre.

Certains s’apprêtent donc à voter Juppé contre Sarkozy aux primaires des Républicains même si cette famille politique n’est pas la leur.

Autant dire que la notion de projet n’existe pas. Quant aux valeurs…

Tout cela pour éviter qu’un candidat qui a déjà fait preuve de son incompétence et cherche sans doute à se bricoler vite fait une immunité pour dire merde aux juges, soit en position de gagner la prochaine présidentielle !

Le vote contre est dans l’air du temps…

L’abstention

Auparavant, l’abstention était le reflet d’un désintérêt marqué pour la chose publique ou d’une forme d’égoïsme ou de j’menfoutisme.

Aujourd’hui, ce mode de non expression tend à en devenir un qui malheureusement n’est pas assez étudié ni pris en compte. L’impression qui domine aujourd’hui de la part des politiques et des accros du vote à tout prix, même celui du renoncement à ses idées ou à ses valeurs, est que « c’est pas grave » puisque les gagnants des scrutins le sont toujours par une majorité supérieure à 50 % des suffrages exprimés.

Rarement, on fait le calcul des suffrages obtenus par rapport au corps électoral, ce qui donnerait souvent des scores autour de 15 à 20 % et donc la pleine mesure du problème, en pleine croissance notamment aux élections locales auxquelles les citoyens ne comprennent plus rien.

L’abstention n’est plus aujourd’hui synonyme de désintérêt mais celui d’une prise de conscience qu’on ne peut plus voter par adhésion à des projets qui n’existent plus ou s’autodétruisent immédiatement après le scrutin ou bien « contre ».

L’abstention a de beaux jours devant elle, tant que le vote sera inutile comme il l’est aujourd’hui, puisque nié, transformé et dernier instrument de la soumission par des pouvoirs qui tous ne sont pas élus.

 

 

 

14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 09:41

 

A partir de 2017, en principe, le cumul des mandats sera limité. En principe, car comme toute loi concernant les élus et les collectivités, les mesures votées ne s’appliquent pas aux mandats en cours et 2017 étant l’année probable d’une alternance politique, certains candidats républicains ont déjà annoncé qu’ils reviendraient sur cette loi.

En attendant, les parlementaires républicains ont déjà déposé en catimini un texte à l’Assemblée Nationale et au Sénat visant à repousser cette loi de trois ans pourtant vivement souhaitée par les électeurs.

Si certains arguments en faveur du cumul semblent convenus et n’apportent rien au débat, il faut saluer tout de même la « créativité » de certains élus pour défendre leur fromage.

Les effets du cumul

Ce qui est reproché c’est non seulement le cumul de mandat (parlementaire et de président d’un exécutif local, par exemple) auquel s’adonnent 80 % de députés et 77% de Sénateurs, mais également le nombre de mandats successifs qui permet aux mêmes de faire carrière et d’amortir la perte d’un mandat en conservant un autre.

Autant dire que ce système de professionnalisation qui évite un retour à la vie professionnelle normale n’est pas un gage de compétences lors du vote de mesures concernant les salariés ou les entreprises. Beaucoup d’élus ont ainsi eu des carrières professionnelles très courtes mais continuent néanmoins de donner des leçons magistrales à ceux qui font marcher l’économie.

Le cumul produit également des effets désastreux sur la démocratie. Hormis les séances de questions d’actualités au Gouvernement où les parlementaires se pressent et se massent autour de celui qui pose la question, pour être dans le champ des caméras, l’absentéisme dans les hémicycles est toujours de mise et c’est très souvent devant des travées quasiment vides que se votent les lois de la République. Une exception tout de même, la visite de Paméla Anderson qui avait quasiment fait le plein !  

Soyons objectifs tout de même, le cumul créé des emplois : collaborateurs d’élus, chefs de cabinet,  attachés de presse, chargés de missions peuplent en nombre les couloirs des assemblées locales et sont aux petits soins de leur élus auxquels ils doivent tout et qu’ils cornaquent et entourent lors de la visite de l’homme providentiel qui vient assister au repas de l’association de chasse ou lors de la bise à la centenaire de la maison de retraite.

Deux ombres au tableau cependant, tout ce petit monde est payé par vos impôts et parfois le rideau de fumée produit par cette cour aurait tendance à escamoter la réalité du terrain aux yeux de l’élu.

Que disent les partisans du cumul ?

Ils nous parlent habituellement d’ancrage local et de la nécessité de détenir un mandat national pour mieux pouvoir plaider la cause d’un territoire dans les Ministères. En d’autres termes, cette fonction de rat de couloir de Ministère est juste utile pour favoriser un territoire - au détriment d’un autre ou de l’intérêt général - de préférence de la même couleur politique que l’élu, qui complète son action par une distribution très ciblée de la réserve parlementaire mise à sa disposition pour arroser le local, investissant ainsi sur sa future réélection.

Les « explications » de Michel Piron député UDI du Maine et Loire

Dans un point de vue publié récemment dans le quotidien « Ouest France », l’intéressé pointe d’abord du doigt la différence existante entre la France et les autres pays européens dont l’organisation territoriale et institutionnelle n’est pas la même pour expliquer la nécessité du cumul.

Notre système serait en cause selon M. Piron, car « il continue de privilégier une centralisation inavouée face à une décentralisation inachevée ».  « On ne peut donc pas séparer la réflexion sur le cumul de celle de la décentralisation, sur la gouvernance en général et sur les rapports entre les collectivités locales et l’Etat ». Conséquence : «  Un élu local n’a pas d’autre possibilité, s’il veut modifier les règles du jeu, que d’être également élu au niveau national ». CQFD !

M. Piron se moque du monde

Rappelons que le parti auquel M. Piron appartient (l’UDI) était contre la décentralisation Deferre en 1982 mais que les partis politiques de droite à l’époque se sont très vite aperçus des avantages que cela pouvait procurer en jouant sur les deux tableaux, le local et le national lorsqu’on était dans l’opposition (ça fonctionne également pour la gauche). C’est ainsi qu’en jouant sur les deux, on peut se permettre de voter (ou d’aller pisser pour éviter de le faire) une disposition au Parlement au nom de l’intérêt général et de défiler plus tard avec les élus locaux pour s’y opposer.  

M. Piron semble ne pas connaître les attributions d’un parlementaire

Il sert à faire la loi et lui et les autres députés des formations de droite ont eu la majorité au Parlement qui leur aurait permis de revoir le système centralisation/décentralisation qui explique selon l’intéressé la nécessité de cumuler les mandats.

Au lieu de cela M. Piron et ses collègues se sont bien gardé de revoir ce système et se sont même opposés à toute réforme d’ampleur des collectivités territoriales qui aurait permis d’y voir plus clair dans ce fatras de couche politiques et administratives.

A sa décharge, disons que les élus de gauche ne déploient pas non plus une grande activité dans ce domaine et la récente loi « Notre » (Nouvelle Organisation du Territoire de la République) votée par la majorité actuelle relève de l’imposture. Le fromage est également bon à gauche.

Pour conclure M. Piron n’hésite pas à dire que « la suppression du cumul aurait eu du sens si la majorité actuelle avait assumé la décentralisation », alors même que les partis de droite n’ont pas proposé grand-chose en ce domaine depuis plus de trente ans et qu’ils se sont systématiquement opposés à toute réforme visant à supprimer telle ou telle couche de collectivité.

M. Piron nous prend pour des cons !

Prenons le cumul pour ce qu’il est réellement…

La possibilité de faire carrière sans subir les aléas du marché du travail et de toucher une bonne retraite.

Avoir une position de repli si l’on perd un mandat

Une opportunité formidable pour les partis politiques qui disposent d’un vivier local important de petites mains financé par les impôts locaux.

Une déresponsabilisation des élus qui jouent entre le Local et le National et construisent leur carrière sur ce système au mépris de la démocratie

Un système filtrant ne retenant pas toujours les meilleurs et interdisant aux candidats ne se reconnaissant pas dans un parti de se faire entendre.

Un système basé sur les droits acquis et qui laisse peu de place à la mixité.

et combattons-le

 

 

 

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