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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 10:06

Vous pensiez que cette réforme était faite pour le citoyen ? Grave erreur !

Voilà ce qu’on peut toujours lire sur le site du gouvernement consacré à la réforme territoriale http://www.gouvernement.fr/action/la-reforme-territoriale

« Aujourd’hui, la France compte quatre échelons administratifs locaux qui se partagent des compétences : commune, intercommunalité, département et région. Cet empilement des échelons d’administration, les compétences partagées et les financements croisés sont souvent résumés par l'expression "millefeuille territorial". Cette organisation est souvent illisible pour le citoyen et nuit à l’efficacité de l’action publique des territoires.

Une importante réforme territoriale portée par le chef de l’État entend transformer pour plusieurs décennies l’architecture territoriale de la République. En jeu, la baisse des dépenses publiques et une meilleure prise en compte des besoins citoyens ».

Les textes concernant cette « importante réforme » ont été votés depuis 2014 et il est temps de vérifier si les objectifs de baisse de la dépense publique et de meilleure prise en compte des besoins des citoyens ont été tenus ou le seront et si l’organisation est devenue plus lisible.

Où en sommes-nous au moment où les textes s’appliquent ?

Le non choix, les tergiversations de Hollande (je supprime ou pas le Conseil Général ?), avec en prime les déclarations contradictoires des Ministres Lebranchu et Vallini caractérisent cette réforme qui n’en n’est pas une. On a juste fait bouger certaines lignes en prenant soin de ne pas heurter les élus locaux. Quant à la baisse des dépenses publiques, seul l’Etat, qui a décidé unilatéralement de diminuer les dotations versées aux collectivités locales, a fait quelques bénéfices mais pas le contribuable qui alimente indifféremment les budgets de l’Etat et des Collectivités territoriales, la fiscalité locale étant en augmentation constante.

Un jeu de bonneteau, rien d’autre !

Une meilleure lisibilité par le citoyen ?

Disons-le tout net, le citoyen lambda avait déjà beaucoup de mal à s’y retrouver dans le mille-feuille et pour trouver la fève il fallait être patient tant les intérêts des différentes collectivités imbriquées les unes dans les autres et les divergences politiques empêchaient une lecture simple. Quelles étaient les compétences des communes, des intercommunalités, des Départements et des Régions ?

Ces questions se posaient essentiellement au moment d’effectuer une démarche administrative (Permis de construire, transports scolaires, accès à l’aide sociale, inscription dans un collège ou dans un lycée, voirie, accès à la culture…) et faute de lisibilité, c’était avant tout la débrouille ou les réseaux, les plus débrouillards étant bien entendu avantagés.

Alors, aujourd’hui ? C’est la même chose…

 Le transfert de compétences d’une collectivité à l’autre complexifiera un peu plus la lecture de ceux qui avaient réussi à assimiler le système précédent. Les transports scolaires et interurbains passent du Département à la Région, la gestion de la voirie passe du Département aux Métropoles (là où il y en a) à l’intérieur de leur aire, le Département gardant la gestion du reste du territoire. Quelques compétences, notamment dans le social, la prévention ou bien la gestion des collèges sont susceptibles de passer également du Département aux Métropoles (mais cela peut varier d’une Métropole à une autre…) et le Département perd ses compétences économiques et en matière de gestion des déchets qui sont confiées également à la Région.

Ce sont désormais les Métropoles et les intercommunalités qui exerceront en lieu et place des communes qui les composent la gestion de la compétence urbanisme.

On l’aura compris, les communes perdront une partie de leur autonomie au profit des intercommunalités, mais le grand perdant de la réforme, c’est le Département qui sort laminé de cette réforme au point que la question de son utilité est fortement posée.

Petite sucette pour consoler le Département : l’élaboration d’un schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services publics (en coresponsabilité avec l’Etat, pour éviter les dérapages…). Cela nous promet de bien belles réunions.

Au final, toujours quatre échelons administratifs, toujours des compétences partagées et sans doute encore des financements croisés et une collectivité croupion (le Département) essentiellement axée sur le social.

Où sont les économies annoncées ?

Ne vous faites pas d’illusions, il n’y en aura pas et il faut prévoir plutôt des surcoûts qui viendront plomber un peu plus vos feuilles d’impôts locaux.

Des exemples ? 

Prenons les nouvelles Régions dans lesquelles les nouvelles dépenses seront nombreuses (Augmentation des indemnités d’élus et des fonctionnaires et des frais de déplacements, dépenses nouvelles de communication et de logistique et surtout des surcoûts immobiliers générés par la construction de nouveaux « palais régionaux »).

Prenons les intercommunalités dans lesquelles les regroupements ou les modifications des périmètres vont aboutir au regroupement des personnels des anciennes structures et parfois à la création de « plateforme techniques » éparpillées sur le territoire, pour la gestion desquelles on va recruter des personnels supplémentaires et investir dans de nouveaux équipements.

Pour les communes qui vont fusionner, c’est à peu près la même chose, c’est-à-dire qu’on garde tout le monde, sans regarder si des économies d’échelles sont réalisables (il est vrai que le maintien provisoire des dotations d’Etat pour ces communes nouvelles n’incitera pas aux économies).

Rappeleons-nous que lors de la création des intercommunalités dans la fin des années 90, les personnels territoriaux des communes qui auraient dû être transférés dans ces nouvelles structures ne l’ont pas été comme il aurait fallu et que de nombreux recrutements ont été opérés par les Présidents des intercos pour lesquels le prestige reposait également sur des troupes conséquentes. On n’a rien appris ou plutôt, on ne veut rien voir, pour éviter des problèmes sociaux. Les doublons existent déjà et on va vraisemblablement vers des « triplons ».

Enfin pour le Département qui perd pas mal de ses compétences au profit, soit de la Région, soit des Métropoles, les transferts de personnels se font à minima, ce qui induit des postes en surnombre qui seront conservés et d’autres qui seront créés dans les collectivités bénéficiaires des transferts de compétences.

Le foutage de gueule annoncé est là et bien là !

Si vous aviez quelque espoir d’une rationalisation des compétences au lieu d’un éparpillement, d’une diminution du mille-feuille et au final d’une meilleure lisibilité par le citoyen, comme annoncé sur le site gouvernemental, oubliez !   

Cette réforme n’a pas été faite pour vous, mais pour les élus et par les élus (on n’est jamais si bien servi que par soi-même).

Le but était de conserver les quatre échelons existants pour conserver autant que possible les mandats existants et les élus qui vont avec qui font aujourd’hui la force des partis politiques, à défaut d’adhérents.

Mission accomplie, pourrait-on dire puisque les quelques 550 000 mandats de parlementaires et de conseillers divers et variés des collectivités territoriales (et toutes les petites mains qui gravitent autour de ce beau monde) n’ont pas ou peu été touchés (à part les délégués communautaires qui seront moins nombreux – mais ils sont toujours élus dans leurs communes).

D’ailleurs, Mme Gâtel, Sénatrice d’Ille et Vilaine et Vice-Présidente de l’association des Maires de France, déplore le fait que « des communes vont perdre des élus communautaires en cours de mandat, ce qui est une aberration ».

Je ne partage pas ce point de vue qui consiste à plaindre les élus avant de s’occuper de la situation des citoyens et des territoires.

Une fois de plus le lobby des élus et des partis politiques a très bien fonctionné, au détriment de la démocratie locale.

Continuez de payer vos impôts locaux… Et surtout ne soyez pas étonnés s’ils augmentent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:33

Présidentielles 2017 : un coup pour rien

Quel que soit le résultat de ces élections, rien ou peu de choses sont susceptibles de changer en France, juste un asservissement supplémentaire aux lois du marché si la droite l’emporte ou quelques mesures cosmétiques si c’est la gauche. Encore faut-ils s’entendre sur le mot gauche, celle de Mélenchon ou bien celle de Valls en passant par le zeste de gauche consensuel d’un Macron qui plait tant aux bobos ?

Si la droite…

Quand on dit droite, on pense bien entendu à Fillon ou bien encore à Le Pen, encore que la frontière entre les deux soit devenue très perméable depuis la primaire des républicains. En effet, le candidat que l’on n’attendait pas a remporté le match grâce à l’électorat catho d’extrême droite du FN qui a vu en Fillon un espoir de voir leurs idées accéder au pouvoir, alors que Mme Le Pen continuera, comme d’habitude à jouer les outsiders.

C’est vrai qu’il peut rassurer, ce bon M. Fillon, avec ses airs de Conseiller Général de province, tout juste sorti du confessionnal et ses « convictions catholiques », mais rassurer seulement ceux qui partagent « ses valeurs ». Qu’importe si l’intéressé est porté aux nues par Bachar el Assad ou Poutine, deux grands démocrates, dont le premier s’évertue à tuer ses opposants avec l’aide du premier sous couvert de guerre contre Daesh, la fin justifie les moyens…

Avec Fillon, c’est le retour du confesseur rigoriste avec la mise aux bans de la société les « profiteurs » du système social ou les profiteurs de l’emploi stable. Il faut faire des sacrifices pour gagner le paradis sur terre, mais il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Pour ceux qui ne s’appellent pas Bettencourt, Arnault, Pinault ou autres milliardaires assis sur leur tas d’or, l’espérance d’une vie future meilleure dans l’au-delà est désormais la seule promesse électorale crédible.

Avec Fillon, le châtelain, c’est le retour de la France rurale, de « la terre qui ne ment pas », celle des comices agricoles, des inaugurations de ronds-points, des dépôts de gerbe, de la bise à la centenaire de la maison de retraite et du banquet des chasseurs avec photo en couleur dans la presse locale.

Tout le contraire de la France rurale qui se bouge, innove, invente pour ne pas crever et retisse des solidarités qui n’existent plus dans le paysage urbain. Tout le contraire de ce qui se passe autour de Carhaix dans le sillon du festival des Vieilles Charrues.

Avec Fillon, c’est le statut quo pendant cinq ans, l’attente que les choses bougent sans rien provoquer pour que cela se passe, le boulevard toujours grand ouvert au capitalisme qui tue l’emploi, et au bout des cinq ans, peut-être, sans doute, à l’instar du quinquennat inutile d’un Hollande, la promesse d’un avenir radieux avec le FN.

En fait, Fillon, c’est Trump sans la grossièreté, « convictions religieuses » obligent.  

Si la gauche…

Bon, disons le tout de suite pour la gauche ce sera un coup pour rien, juste un petit tour de piste destiné à savoir qui prendra les rênes du parti pendant la traversée du désert.

Si avec la droite on n’est jamais déçus, avec la gauche, le quinquennat qui vient de s’achever nous a fait prendre conscience de l’écart qui existait entre les promesses socialistes et l’application d’un programme libéral que n’imaginait pas le Medef dans ses rêves les plus fous : open bar pour les entreprises avec 40 Milliards distribués pour 150 000 emplois seulement, rabibochage avec « mon ennemi c’est la finance » et abandon de la renégociation du traité financier européen.

Ajoutons à cela la l’épisode pitoyable de la déchéance de nationalité avec sa majorité heureusement introuvable et le sentiment que l’intéressé était juste rentré à l’Elysée parce qu’il avait vu de la lumière.

Qui arrivera en tête des primaires de la « Belle Alliance » ? A vrai dire on s’en fiche un peu et les sondeurs qui ont fait preuve de leurs limites lors de la primaire de droite s’essayent mollement à pronostiquer la victoire d’un Valls qui est au socialisme ce que Cahuzac est à l’honnêteté.

Alors Montebourg, Hamon, qui se distinguent par quelques propositions dont on n’est absolument pas certains qu’elles verront un début de réalisation en l’absence de suivi citoyen, ou bien Sylvia Pinel, Bennamhias qui frisent le zéro pointé ou Jadot qui peut espérer quelques voix, quelle importance ?

Le plafond de verre pour les autres

Mélenchon qui a du mal à être crédible malgré une cote qui monte, Le Pen phagocytée par Fillon, en proie à ses oppositions internes et qui propose le repli sur soi, Macron le banquier, « ni de gauche ni de droite », c’est-à-dire de droite et les autres candidats exotiques, n’ont aucune chance de se faire une place au soleil. Ils sont juste présents comme témoins, témoins d’un système capitalistique qui verrouille tout, empêche tout avec son chantage à l’emploi, système dans lequel Bernard Arnault, une des plus grosses fortunes de France pose pour la photo avec Trump et où les médias sont quasiment tous aux mains du capital : tout est dit !

Rien ne se fera avec ce système perverti dans lequel les politiques mangent dans la main de ceux qui dirigent en fait le pays sans avoir jamais été élus.

Cela pourrait, à terme donner des idées citoyennes dépassant les clivages et refusant cette mainmise du capital et sa cohorte de courtisans qui entretiennent une carrière politique bien à l’abri des aléas économiques.

  

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 20:16

Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir (La Fontaine).

Après le jugement (très clément) de la Cour de Justice de la République Christine Lagarde ne pourra plus dire qu’elle était « aux responsabilités » comme le font les anciens Ministres quand ils parlent du bon vieux temps.

Par contre elle pourra toujours dire qu’elle était aux « Affaires » en entretenant la confusion entre les affaires publiques et les affaires louches, celles qui donnent lieu à des « arbitrages » douteux dans le secret des Ministères et de l’Elysée.

Question :

Sachant que le 13 mai 2016 dernier une personne sans domicile fixe de 18 ans, qui s'était introduite dans une maison de Figeac pour y voler du riz et des pâtes "par nécessité", a été condamnée à 2 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cahors, calculez la peine encourue par une ancienne Ministre pour une « négligence « ayant conduit à l’attribution de 403 000 000 d’euros de fonds publics à un homme « d’affaires » dont 45 Millions au titre du préjudice moral, suite à un arbitrage frauduleux.

Réponse : elle a été déclarée coupable, mais a été néanmoins dispensée de peine eu égard à « sa personnalité et sa réputation ».

Elle est pas belle la vie ?

Tout avait pourtant bien commencé lorsque la Présidente de la Cour avait fait une comparaison entre les 45 millions de « préjudice moral » versés aux époux Tapie et les 30 à 50 000 euros de préjudice versés en général pour la mort d’un enfant, mais la suite est moins glorieuse pour l’institution.

Vous aurez sans doute remarqué la grande différence entre la justice ordinaire dite de comparution immédiate qui enfile au quotidien les condamnations à de la prison ferme et la justice d’exception, celle qui prend son temps et pratique l’entre soi.

En effet comment qualifier cette cour de justice de la République ou se retrouvent trois magistrats professionnels et douze parlementaires (six de gauche et six de droite) ? Les loups ne se mangent pas entre eux et puis condamner ses pairs serait mal vu dans la corporation des élus ! Et puis, il y va du prestige de la France : condamner Christine Lagarde aurait pu conduire à sa destitution du FMI, rendez-vous compte !

C’est un peu comme les médecins « experts » juges et parties qui donnent un avis favorable à la mise sur le marché d’un médicament fabriqué par un labo qui les rémunère pour des « conseils » ou des « études » : cela finit en scandale (Médiator, Dépakine)

Et tout cela, c’est avec votre argent, celui des contribuables. C’est vrai que les caisses de l’Etat débordent de pognon et que 400 Millions de plus ou de moins…

Avec 400 Millions d’euros, t’as plus rien…

Juste 65 kilomètres d’autoroute, 800 ronds-points à 500 000 euros l’unité ou bien 4 000 000 de paires de basket d’une marque célèbre ou bien encore une prime de 210 euros par smicard ou bien enfin 19 mois d’augmentation du Smic décidée récemment pour les 1.9 millions de smicards.

Cela donne parfois le vertige de ramener de telles sommes à notre quotidien, mais il faut savoir que c’est monnaie courante, si j’ose dire, dans les hautes sphères, celles que nous ne connaîtrons jamais, qui « arbitrent » là où un recours judiciaire serait nécessaire, qui pratiquent l’optimisation fiscale ou bien qui rémunèrent leurs dirigeants à coups de millions tout en faisant des plans sociaux.

Mais, chut ! Ce ne sont pas vos affaires, circulez, il n’y a rien à voir comme pour la cellule dite « de dégrisement » de Bercy dans laquelle les exilés fiscaux s’achètent une virginité judiciaire à coup de millions de pénalités. Un bon arrangement vaut mieux qu’un mauvais procès, n’est-ce pas ? Sauf que pour le voleur de nouilles de Figeac, il n’y a pas d’arrangement possible et il faut bien faire la différence entre le vol ordinaire et la « négligence ». Tout est dans la nuance.

Nous sommes dans l’indécence

Tout cela sent mauvais et on se prend à penser que le fusible Lagarde a servi de caution à d’autres, celui qui par exemple dépense le double des sommes permises pour sa campagne présidentielle et certifie « sur l’honneur » la justesse des comptes de campagnes en disant que c’est pas lui, mais les autres. Bel exemple d’honnêteté et de responsabilité !

« Deux poids, deux mesures », c’est sans doute l’amendement qu’il faudrait introduire dans nos textes fondateurs que sont la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la constitution, cela aurait le mérite d’être clair.

D’ailleurs, Madame Lagarde ne s’y est pas trompée en ne venant pas assister au prononcé du jugement par la cour, retenue qu’elle était par ses fonctions à Washington. Tout est dit. Un bras d’honneur à cette justice qui avait eu l’audace de la convoquer.

Madame Lagarde a ajouté l’indécence à la négligence, mais il est vrai que l’indécence n’est pas punissable. 

  

 

 

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 11:16

Les gentils automobilistes français

Ils sont gentils les automobilistes ! On leur dit qu’ils polluent (et c’est vrai !) et ils acceptent d’emblée la circulation alternée. Par contre ils s’opposent à une taxation supplémentaire de deux centimes sur le carburant

La manipulation des esprits

Demander à tous les français s’ils sont d’accord ou non pour des mesures qui ne concernent qu’une partie de la population relève d’une première manipulation parce que toutes les  personnes interrogées (sondage Odoxa pour « Le Parisien) n’habitent pas dans les métropoles concernées par la circulation alternée (Paris, Lyon, Grenoble,…).

Finalement, tant qu’on peut trouver une mesure qui s’applique aux autres, ça ne mange pas de pain et de toutes les façons, on ne voit pas en quoi une taxation supplémentaire, qui serait par ailleurs discriminatoire, résoudrait la question de la pollution.

Un bon sondage ne serait rien sans un micro trottoir dans les médias et là, la palme de du commentaire indigent revient à cette cycliste casquée déclarant qu’ « il faudrait une pénurie d’essence pour que les automobilistes comprennent » oubliant sans doute que son magasin bio ne pourrait plus être livré de concombres bio en provenance d’Espagne.

Tout et n’importe quoi, donc…

Les médias se livrent goulument à ce genre de manipulation qui accrédite la thèse que les automobilistes seraient les seuls responsables de la pollution, ce qui est faux puisque la circulation automobile représente 28% du total !

Encore faudrait-il déduire de ces 28 % la pollution des camions, celle des autobus urbains, celle des cars interurbains, sans oublier celle des cars « Macron ».

Mais alors me direz-vous d’où proviennent les 72 % de pollution dont on parle peu ? On en parle peu parce qu’il ne faut pas froisser quelques lobbies bruyants, ou influents dans les médias, qui pourraient être vexés d’être montrés du doigt alors qu’ils œuvrent pour l’intérêt général et l’économie : je veux parler des industriels et des agriculteurs qui représentent environ les deux tiers des 72 % de cette pollution.

Ajoutons pour être complet que le derniers tiers des 72 % provient du chauffage (individuel et chaufferies collectives) et là également, sont montrés du doigt les seuls « pollueurs » qui se chauffent au bois avec une cheminée ouverte.

Donc, les automobilistes sont priés de se convertir aux « déplacements doux » et les adeptes du feu de cheminée d’acheter des inserts.

L’écran de fumée des politiques publiques

Il pollue l’espace démocratique aussi sûrement que la pollution aux particules fines le fait pour l’air que nous respirons. Déclinées, les politiques mises en œuvre pour limiter la pollution sont un mélange de laisser-faire (pour les industriels et les agriculteurs) de coercition pour les automobilistes et d’abandon des mesures alternatives au « tout voiture et au tout camion ».

Pour les automobilistes dont c’est souvent le seul moyen de déplacement, la sanction est évidente, d’autant que les politiques en faveur des transports collectifs semblent figées. On se souviendra à cet effet que l’écotaxe destinée à financer des projets de transports collectifs a été abandonnée sous la pression des lobbies cités plus haut. Ne restent donc que les mesures d’interdiction de la circulation, la fermeture d’axes, les plans de circulation, les limitations de vitesse, les obstacles sur les chaussées (ilots, ralentisseurs,…), dont on cherche encore les effets sur la pollution.

On peut parler également du cadeau « Royal » fait aux concessionnaires d’autoroutes qui se traduira par 500 millions d’euros supplémentaires collectés sur le dos des automobilistes pour le plus grand bien des actionnaires de ces sociétés dont les dividendes ont plus que doublé en 2015 pour atteindre 3.3 Milliards.

Localement, cela donne quelques effets cocasses

Lors des enquêtes publiques pour la mise en œuvre des Plans Locaux d’Urbanisme dans les grandes agglomérations, la langue de bois technocratique est de rigueur et pour densifier l’habitat (et donc la population) dans les communes périphériques, sans mesures nouvelles en matière de transports collectifs. On semble se satisfaire de l’accroissement de la circulation avec la ville centre et les bouchons qui vont avec. C’est ce qu’on appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau ». Dès lors, on mise sur la lassitude des automobilistes qui finiront bien par se convertir au vélo : un coup de peinture sur la chaussée, ça ne coûte pas cher !

Second effet en matière d’habitat : la densification et la construction en hauteur dans des zones pavillonnaires et le bourrage urbain : là également on mise sur la lassitude des habitants qui finiront bien par partir (ou mourir) pour continuer à densifier au risque d’avoir à terme une population « exfiltrée de la ville centre » assignée à résidence faute de moyens de transports.

Pourquoi, cette densification me direz-vous ? Et c’est là qu’on boucle avec la protection du lobby agricole puisque la préservation des terres agricoles dicte la politique d’urbanisme et est érigée en dogme « incontournable » par les élus. Ils ne soucient à aucun moment du fait que la pollution agricole est certainement aussi importante que la pollution des véhicules particuliers.

Enfin, pour être complet, soulignons l’hypocrisie d’élus locaux qui font tout pour limiter l’usage de la voiture individuelle avec les mesures évoquées plus haut, tout en donnant des subventions financières directes ou déguisées à un constructeur automobile situé dans leur aire géographique afin qu’il alimente les chaînes de production avec un nouveau véhicule. Le court-termisme électoral est ici à l’œuvre. Le chantage à l’emploi des industriels également.

Le message est clair

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne les utilisez pas !

Laissez l’agriculture productiviste pourrir les terres agricoles !

Continuez à manger du bio, même si votre concombre fait mille Kms en camion pour arriver dans votre assiette !

Acceptez d’habiter loin de votre lieu de travail et allez-y en vélo : de toutes façons, il n’y a plus d’argent pour les transports collectifs !

Continuez à croire ce que les médias vous disent !

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 10:52

Hollande laissera sans doute la trace d’un homme honnête dans la vie politique française et on ne pourra pas lui enlever l’envie de bien faire qui l’a animé, même si comme tous les hommes politiques il aura pris de larges libertés avec ses engagements de campagnes.

En réécoutant le bilan qu’il a dressé lors de son allocution télévisée on peut souscrire à quelques affirmations mais on reste perplexe sur d’autres.

La France plus juste et le modèle social conforté

Hollande nous a parlé des comptes assainis, de l’équilibre de la Sécurité Sociale et de la stabilisation de la dette… Fort bien ! Il faut reconnaître tout de même que tout cela repose sur un équilibre fragile et que la moindre remontée des taux se traduira par quelques milliards supplémentaires sur la dette et que l’équilibre de la Sécurité sociale doit beaucoup aux déremboursements au détriment des français les plus faibles et aux économies drastiques dans les hôpitaux.

Les départs en retraite anticipés et la complémentaire santé pour tous sont une réalité et seront mis à l’actif du bilan présidentiel

L’école

Mettre des moyens supplémentaires ne suffira pas à redresser le niveau des élèves français bon derniers en Europe sur les mathématiques et pas très bon en Français et en langue. Il aura manqué une révolution complète au Ministère de l’Education noyauté par le pédagogisme et peuplé de « sachants » au sabir déconnecté des réalités.

Les libertés

Oui, le mariage pour tous, l’égalité homme/femme ainsi que les luttes contre les discriminations ont connu des avancées notables pendant ce quinquennat et cela doit être mis à l’actif de Hollande et de son gouvernement.

On mettra tout de même au débit le calamiteux projet de déchéance de nationalité qui a provoqué le départ de Mme Taubira.

La modernisation de la démocratie

D’accord pour dire qu’il y a eu des avancées réelles en matière de non-cumul des mandats. Le hic, c’est que l’application de cette loi a été prévue en 2017, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune chance de voir le jour avec le retour de la droite au pouvoir.

La réforme des collectivités territoriale est un véritable échec : brouillonne en début de mandat (fin des conseillers territoriaux initiés par Sarkozy) elle a tourné ensuite à la cacophonie avec la disparition annoncée puis le maintien des départements pour aboutir à quelques transferts de compétences cosmétiques et le maintien de conseils départementaux inutiles.

La réforme des régions est incompréhensible et ne produira aucune des économies annoncées, mais plutôt des surcoûts.

En filigrane de cette réforme territoriale on perçoit le refus net des partis et le corporatisme des élus de voir diminuer le nombre de mandats, alors que le pays est suradministré et que cela coûte très cher aux contribuables.

Total manque de fermeté de Hollande sur le sujet et très mauvais bilan.

Le monde, l’Europe et la France

On reconnaîtra à François Hollande les initiatives prises pour combattre le terrorisme, hors et à l’intérieur de nos frontières. Cela s’est traduit matériellement par des recrutements dans l’armée, la police et la gendarmerie mises à mal pendant le précédent quinquennat et également par une posture adaptée à la situation intérieure.

Par contre, s’agissant de l’Europe, on ne retiendra que le suivisme vis-à-vis de l’Allemagne et à la doctrine libérale de la commission européenne. On regrettera également la posture vis-à-vis de la Grèce, totalement dévastée après les injonctions de la commission.

On regrettera surtout que la grande envolée du Bourget sur « la renégociation du traité européen » soit restée lettre morte alors même que l’Europe, s’apercevant aujourd’hui des méfaits de l’austérité, s’apprête à desserrer les cordons de la bourse. On aurait pu gagner 4 ans…

L’économie

C’est le gros point noir, celui qui par ses effets mortifères annule tous les acquis dans les autres domaines.

Comment parler de « modèle social conforté », « d’accroissement des libertés » de « modernisation de la démocratie » lorsque la première des libertés est celle de subvenir à ses besoins sans assistance, uniquement par le fruit d’un travail ?

Hollande a donc fait une « politique de l’offre », qui a consisté à déverser sans nuances et sans obligations des milliards aux entreprises au travers du pacte de responsabilité et du CICE en ponctionnant les ménages par une augmentation des impôts.

Echec cuisant, parce que ces milliards ne sont pas allés à l’emploi ou bien de manière marginale. On estime à 100 000 emplois les effets des mesures.

Les actionnaires des entreprises disent merci à François Hollande, car ils ont vu augmenter leurs dividendes de manière notable en 2015.

Hollande, par naïveté, par excès de confiance vis-à-vis du Médef ou simplement par soumission au monde économique aura totalement raté sa politique.

L’espoir de millions de chômeurs s’est fracassé sur cette erreur majeure du quinquennat.

 

Pour le reste, François Hollande fut un Président honnête, sans doute plus que ses prédécesseurs. Il n’aura cependant pas pu résister au corporatisme des grands corps en particulier celui de la fameuse promotion Voltaire de l’Ena, se coupant ainsi des forces vives du pays.  

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 21:13

Au revoir, au revoir, Président…

Oui, je sais, mon titre ressemble à la petite chansonnette de la pub pour le loto, mais je suis sérieux : j’avais vraiment envie que vous ne vous représentiez pas à la prochaine présidentielle.

Il y a quelques jours, écoutant distraitement la télé, je vous ai entendu parler des « espoirs et des désillusions provoqués » j’ai alors tendu l’oreille croyant que vous parliez de votre quinquennat pour dire que vous alliez quitter la vie politique, alors qu’il ne s’agissait que d’une appréciation sur la révolution cubaine. Déçu, j’ai été déçu, persuadé que la raison allait l’emporter. C’est le cas ce soir.

Déçu, c’est bien le mot qui caractérise votre quinquennat

Ah, les belles envolées du discours du Bourget ! Une majorité de Français a feint d’y croire alors qu’il ne s’agissait finalement que de trouver un prétexte pour virer l’ancien locataire de l’Elysée. C’est cela la politique française aujourd’hui : on vote par défaut, pas par adhésion à des projets qui s’autodétruisent sitôt le nouveau Président élu, comme cela a été le cas depuis 2002 avec Chirac, qui n’a pas voulu utiliser sa légitimité obtenue en par un vote massif pour faire bouger les choses. Un quinquennat pour rien, comme celui de l’agité de Neuilly, son karcher et son « casses-toi pov’con ».

Aujourd’hui, les Présidents et les élus de toutes tendances, une fois élus s’empressent de chausser les bottes de la finance des multinationales et du Médef, piétinant allègrement les promesses de campagne (pour les socialistes) et s’empressant de les mettre en œuvre (pour la droite).

Ah, vous nous avez bien fait rire avec votre tirade du Bourget sur la finance et la renégociation des traités européens écrite par votre « plume » de l’époque, Aquilino Morelle, tombé depuis en disgrâce depuis pour une sombre histoire de cirage de chaussures, alors même que c’était le cœur de son métier.

Ce qu’on n’avait pas demandé…

Par contre, il n’avait été question nulle part de la déchéance de nationalité (vous êtes assez lucide pour reconnaître que ce fut une erreur), ni de votre livre de confidences, ni celui de votre ex-compagne, faisant suite à vos escapades nocturnes rue du Cirque en scooter, en attendant celui de votre « plume » qui devrait sortir prochainement et qui sera sans doute une pelletée de terre supplémentaire sur votre quinquennat. Les petits marquis du socialisme vont maintenant régler leurs comptes lors de la primaire.

Nous n’avions pas demandé non plus d’augmentations massives d’impôts en début de quinquennat, qui auront servi à arroser copieusement des entreprises qui n’en demandaient pas tant et qui sont aujourd’hui heureuses de pouvoir augmenter les dividendes versés aux actionnaires. Oui, car c’est bien à cela qu’à servi le pacte de responsabilité et le CICE. Si cela avait baissé le chômage cela se saurait. On estime à 100 000 le nombre d’emplois créés, mais il est vrai qu’aujourd’hui on ne parle que d’emplois « préservés » et de plans de « sauvegarde de l’emploi » ou bien encore de « restauration des marges ». La langue de bois est toujours là, comme celle que vous utilisiez depuis quatre ans avec votre « inversion de la courbe du chômage ».

Enfin, nous n’avions pas demandé la loi travail, celle qui va faire le bonheur des entreprises peu scrupuleuses qui s’arrangeront pour organiser la baisse de leur chiffre d’affaires pour pouvoir licencier. Vous avez fait vôtre le dogme du Médef selon lequel « il faut pouvoir licencier plus facilement pour pouvoir favoriser l’embauche ». Si cela marchait, ça se saurait.

Echec sur toute la ligne, Monsieur le Président

La possibilité de faire deux quinquennats à suivre n’est pas un droit, c’est juste une limite et il faut savoir tirer l’échelle lorsqu’on court au désastre. C’est ce que vous avez fait hier soir dans un moment de lucidité ou plutôt parce que vous vouliez éviter l’affront des urnes.

Mitterand a tué le parti communiste. En ce qui vous concerne, vous avez déjà rédigé le faire part de décès du parti socialiste, il ne reste plus qu’à le poster.

Votre quinquennat aura été celui du glissement vers la droite, ce qui a amené vos adversaires des Républicains à droitiser leur discours et être dans la surenchère. Ils ont désormais un boulevard devant eux. L’état politique dans lequel vous laissez le pays après ces cinq années calamiteuses sera difficile à réparer et les français peuvent d’ores et déjà s’attendre à subir une politique de droite dure pendant 5 ans. Ils vous le devront en partie.

Au revoir, au revoir, Président !

  

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:51

En route vers des lendemains qui chantent !

Fillon, candidat des sacristies représentera la droite tradi dure, Hollande espère toujours incarner le recours, à défaut d’incarner le rôle de Président et Marine Le Pen compte les morts après la fuite massive de son électorat vers Fillon. De bien belles présidentielles en perspectives !

Fillon, Président !

Donné quatrième, il y a moins de trois semaines, Fillon s’est retrouvé propulsé en tête de la primaire de la droite au premier tour avec 44 %, excusez du peu ! Les sondeurs qui ne verraient même pas une vache coincée dans un couloir se sont tous plantés dans les grandes largeurs, donnant tout au plus à Fillon le statut d’ex-aequo avec les deux autres favoris.

44 % ! Le seul rejet de Sarkozy ne peut expliquer à lui seul cet engouement soudain pour son ex-collaborateur pas plus que le vote de « gauche » destiné à éliminer l’ancien Président. Ce qui explique ce score, mais que personne ne veut retenir, tant cela bouscule les scénarios des partis et des médias (et des sondeurs), c’est le vote massif d’une vieille droite bourgeoise réac honteuse qui avait rejoint le Front National et qui a vu en Fillon le meilleur moyen de faire ce que Marine Le Pen ne sera jamais capable de faire, c’est-à-dire faire émerger leur conservatisme religieux, en évitant d’être assimilés au caractère sulfureux du Front National.

Fillon pourra certainement remercier le militantisme de « Sens Commun » bras politique de la « Manif pour tous » et fer de lance de la lutte contre la « déliquescence des mœurs » d’avoir favorisé le vote en sa faveur.

Marine le Pen hors-jeu

Rien n’y a fait, de la dédiabolisation du Front national par l’exclusion du patriarche, au gommage des aspérités racistes ou identitaires en passant par l’entreprise de normalisation et de l’escroquerie du Front « parti des ouvriers », rien n’y a fait : le Front National n’arrive à décrocher la timbale à aucune élection. Pire, les rares mairies gagnées par le FN cultivent leur originalité sur des thèmes douteux (affichages « délicats » à Béziers, exclusion du Secours populaire ailleurs,…) Bref le FN fait du FN, c’est-à-dire qu’il « clive » et pas grand-chose d’autre.

Elle y a pourtant mis du sien, Marine, pour faire oublier son patronyme, ce qui relève pour le moins de la psychanalyse, et pour faire oublier le FN, deux éléments totalement absents de ses affiches de campagne (avec une rose bleue dépourvue d’épines !).

Il ne manquait plus qu’un groupuscule (Sens Commun) trouve une oreille attentive auprès de Fillon pour qu’une partie non négligeable de son électorat parte avec armes et bagages vers une droite bien dure et traditionnelle mieux à même de répondre à ses aspirations sociétales.

Resteront au FN (ou chez « Marine » parce que le fonds de commerce aura disparu) uniquement la frange pure et dure catho couvée par la nièce Marion, qui a totalement raté son OPA sur une grande partie des cathos qui ont rejoint le bercail de la droite. Les repas de famille s’avèrent houleux dans les semaines qui viennent.

Il n’est plus du tout certain que le FN se retrouve qualifié pour le second tour de la présidentielle en 2017.

Et la gauche dans tout ça ?

Quelle gauche ? me direz-vous, tant le terme parait aujourd’hui usurpé par les « socialistes » qui sont aujourd’hui largement désavoués, en particulier Hollande qui est le seul à croire encore en ses chances. Il se fera virer au premier tour de la primaire, sauf s’il décide de passer outre cette étape en passant une alliance avec promesses de postes à la clé (avec Macron, par exemple ou bien Bayrou) et atomise la primaire de gauche.

Valls, qui se pose en sauveur, Montebourg, le chantre du made in France ? Même Ségolène et Taubira ont une meilleure cote que Hollande parmi les électeurs de gauche, c’est dire ! Sans parler de Mélenchon avec l’appui du PC, ou même Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve ou bien Le Drian qui bénéficient tous d’une meilleure cote que Hollande chez l’ensemble des français.

C’est dire que l’hypothèse d’un Hollande croyant sans doute en son destin présidentiel sent le roussi, alors même qu’une gauche rassemblé ayant fait ses preuves depuis 5 ans (ce qui est loin d’être le cas) aurait trouvé en Fillon le candidat idéal à battre tant le programme et les idées qu’il défend relèvent de la caricature.

Et après ?

La gauche aussi bête que la droite il y a quelques temps ? C’est ce qui se profile et ouvre une voie royale à l’avènement d’une droite dure en France, laquelle droite, s’empressera d’oublier ses promesses de campagne, à l’instar d’un Trump ou d’un Hollande pour ne pas froisser la « finance » et les multinationales qui voient les élections comme une petite péripétie destinée à masquer que ce sont eux les véritables dirigeants.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 09:38

Les bonimenteurs (de Trump à Juppé et Fillon en passant par Hollande)

Promettre pour être élu, semble être la devise en vogue des candidats aux élections quitte à se déjuger ensuite. Ce n’est pas grave, pensent-ils, les électeurs comprendront qu’il n’a pas été possible de tenir les promesses, compte tenu du contexte économique, d’une majorité introuvable ou du poids des lobbies, des multinationales ou de la finance (rayez la ou les mentions inutile), qui ont gentiment téléphoné au nouvel élu pour lui dire que la campagne était finie et qu’il était temps de revenir aux choses sérieuses.

C’est comme ça que ça se passe un peu partout

De Trump qui a su électriser les foules avec des promesses (construction d’un mur, expulsion de 11 d’étranger, en passant par l’inculpation de sa concurrente) en passant par Hollande, pour qui l’ennemi, c’était la finance et qui allait nous renégocier les traités européens vite fait bien fait, jusqu’au plus obscur des Maires aux convictions laïques bien affichées qui achète la paix sociale dans les quartiers à coup de subventions à des associations « culturelles », faux-nez d’obscurantistes religieux, tout le monde s’adonne à ce sport qui consiste à prendre les électeurs pour des cons.

La finalité du truc, c’est de conquérir le pouvoir et renvoyer l’ascenseur à ceux qui y ont contribué quitte à mettre en œuvre des mesures qui n’avaient pas été annoncées mais qui feront tellement plaisir à leurs « sponsors ».

Cela commence à se voir et ça explique les alternances rapides liées à la volatilité de l’électorat qui veut tout tester avant de se résoudre à la fatalité en allant à la pêche les jours de scrutins ou bien à descendre dans la rue.

Fillon et Juppé, nos champions français actuels

Le combat pour le second tour des primaires est rude et le challenger n’hésite pas à qualifier le programme de son concurrent d’irréaliste alors que le sien sent également un peu le moisi.

Ces deux bonimenteurs nous proposent des programmes bien dans la logique de la droite libérale avec une mention spéciale pour Fillon qui, bien qu’il soit discret sur le sujet, caresse dans le sens du poil les catholiques en mettant l’accent sur les plus traditionnalistes.

Sur le plan économique, rien de bien nouveau et c’est la fameuse « théorie du ruissellement » qui part du principe qu’il faut que les riches s’enrichissent davantage afin que les pauvres puissent profiter de quelques miettes. On sait déjà ce que ça donne : l’argent accumulé ne va que très peu dans l’économie mais sert à l’enrichissement personnel ou pire va dans des fonds de pension qui ruinent nos économies en fermant des usines ou en les délocalisant pour que leurs actionnaires se goinfrent un peu plus.

Un exemple : la réduction des déficits publics par la suppression de postes de fonctionnaires

Suppression de 500 000 ou de 300 000 postes : le concours de conneries est ouvert entre Fillon et Juppé et c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Il est facile, pour peu que l’on s’intéresse au sujet de savoir que le résultat obtenu ne sera jamais atteint mais que les effets indirects plairons tout de même à tous ceux pour qui le mot « fonctionnaire » est un gros mot mais pour qui le service public n’est jamais assez bon lorsqu’ils en ont besoin (sécurité, santé, services publics en milieu rural)

Le but essentiel de la manœuvre est de passer de 35 à 39 dans la fonction publique, point barre et de prendre exemple sur cette « réforme » pour appliquer la même chose aux employés du privé. Tout le monde sera cocu dans l’affaire, même ceux qui applaudiront bêtement au sort réservés aux fonctionnaires.

La question de la suppression de postes de fonctionnaires n’est qu’accessoire, elle vise seulement à diminuer la masse salariale par la suppression de postes publics et augmenter la productivité dans les entreprises privées au détriment bien entendu d’embauches privées et publiques.

Inutile de vous dire les effets en matière de suppression d’emplois. Il s’agira en fait du plus grand plan social que notre pays ait connu et il est inutile de rêver à une future, même minime « inversion de la courbe du chômage ».

Pourquoi cette promesse de suppressions d’emplois publics est-elle intenable ?

Parce que tout d’abord, la finalité première est de revenir sur les 35 heures et qu’aborder le sujet par le biais de la suppression de postes de fonctionnaires relève du populisme.

Parce qu’ensuite, un gouvernement peu légiférer, mais qu’il ne peut pas imposer que le retour aux 39 heures se traduise par des suppressions d’emplois dans les fonctions publiques hospitalière ou territoriale qui représentent plus de la moitié des effectifs de fonctionnaires en France.

Pour les hôpitaux, on voit bien ce qui va se passer : difficile de supprimer des postes tant le secteur est en tension. Il s’agira alors d’en terminer avec le cumul énorme des heures sur les comptes épargne temps. Une belle entourloupe.

Pour les effectifs de la fonction publique d’Etat qui a déjà perdu 8% de ses effectifs en 14 ans à coups de RGPP et de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, on voit ce que cela a produit en matière de démantèlement des services de police et gendarmerie. La dernière pelletée de terre pourrait consister à modifier le statut des enseignants pour les gérer sous contrats privés, ce qui diminuerait facialement les effectifs mais pas la masse salariale. On voit bien qu’on est dans le dogmatique plutôt qu’autre chose.

Enfin, le meilleur pour la fin, la fonction publique territoriale. On pourrait être d’accord pour dire qu’il y a trop de fonctionnaires territoriaux en France, mais en s’interrogeant tout de même sur le point de savoir qui les a recrutés, à savoir les élus locaux eux-mêmes, qui, pour certains (Fillon et Juppé par exemple) ont construit des carrières politiques sur le clientélisme local et donc des embauches.

Les mêmes se sont évertués à protéger leurs mandats locaux (si pratiques pour se refaire une santé après un échec aux élections nationales) en refusant toute réforme logique des collectivités territoriales et ont même contribué à créer de nouvelles structures (intercommunalités) sans s’interroger sur les missions devenues obsolètes dans les communes.

Voilà pourquoi les bonimenteurs actuels et à venir ont encore de beaux jours devant eux.

    

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:02

Deux ou trois choses sur la primaire

Victoire importante de l’outsider, celui qu’on n’attendait pas et défaite douloureuse pour l’agité qui y croyait encore, avec en filigrane quelques recompositions que personne n’a vu venir, voilà en quelque sorte les enseignements de cette primaire.

La faillite des instituts de sondage

Quand le gagnant de la primaire se retrouve à plus de quarante pour cent alors qu’il était crédité au mieux d’un score voisin des autres candidats, voilà qui interroge sur les méthodes des sondeurs ou pour le moins sur leur capacité à saisir avec des algorithmes la pensée profonde de l’électorat.

Quand, en plus Sarkozy, positionné au même niveau que Fillon se retrouve loin derrière, les questions sur la fiabilité des méthodes des sondeurs se pose avec davantage d’acuité.

Il faut dire que ce sont les mêmes oracles qui n’ont pas vu venir ni le Brexit, ni la victoire de Trump !

Fillon, le candidat des évêques

Bien propre sur lui, famille nombreuse traditionnelle et marié avec la même épouse depuis longtemps, Fillon offre au départ un profil séduisant pour la droite traditionnelle catho. Ajoutons à cela, ses prises de position concernant la famille et son refus des évolutions en matière d’adoption et nous voici en marche vers une droite à la polonaise et les forts clivages qu’elle ne manquera pas de provoquer dans une société française qui évolue.

Cette propulsion au premier plan d’un candidat jugé jusqu’à présent de terne doit beaucoup au regain d’activité de la religion catholique dans notre pays. Si Daesh, n’est pas parvenu à provoquer un guerre civile en France, c’est sans doute grâce au regain de la religion catholique et de ses prises de positions relayées par une presse bien-pensante qui a vu là une opportunité de tailler des croupières à une laïcité toujours pas digérée depuis 1905.

Fillon a su capter ce climat et s’attirer les faveurs de groupuscules tels que « Sens commun » ou la « Manif pour tous ». Le vote « catho » tradi ou pas est par ailleurs une réalité dans des départements traditionnellement catholiques.

Sarkozy, la fin ?

Non qualifié pour le second tout, on pourrait penser qu’il va cette fois, enfin, quitter la vie politique, mais qu’on ne s’y trompe pas, son ralliement surprise pour Fillon indique qu’il souhaite intervenir, d’une manière ou d’une autre sans le débat.

Appeler à voter pour Fillon, il n’y a pas si longtemps qualifié de traîte (cf le déjeuner avec la Secrétaire Général de l’Elysée sur l’accélération des affaires concernant Sarkozy), indique bien la ligne droitière choisie par Sarkozy qui s’oppose à la ligne « centriste » incarnée par Juppé.

Bref, Sarkozy qui se plaçait sur une ligne très droitière, flirtant même avec les thèses frontistes, a été victime du vote utile en faveur de Fillon dont les électeurs se démarquent nettement du FN sur la question de l’identité, tout en validant les autres aspects du programme de Fillon fait de sacrifices.

Enfin, toujours dans cette même lecture, Sarkozy, dont la vie matrimoniale fut parfois heurtée, et dont la vie judiciaire est parsemée d’affaires qui sentent le souffre, provoque une aversion parmi l’électorat catholique de droite, ferme sur les valeurs.

Mauvaise nouvelle pour le Front National de Marine Le Pen

Le courant qui porte François Fillon est composé d’un électorat traditionnel de droite qui a pu se déporter autrefois vers le vote Front National et qui revient aujourd’hui au bercail. La chute de Sarkozy lors du scrutin d’hier indique ce mouvement engagé au sein de la droite classique, mais les 42 % obtenus par Fillon ne peuvent pas s’expliquer autrement que par un vote important d’électeurs du FN en sa faveur.   

La volonté de normalisation de M. Le Pen est en train de trouver ses limites dans l’ascension de Fillon qui est capable de ramener à lui les égarés de droite tentés par une trop grande rupture proposée par le FN.

Par ailleurs, le courant catho/tradi incarné par Marion Maréchal Le Pen devient compatible avec la ligne Fillon, et celle, sans doute jugée trop libérale de la tante Marine, prend tout à coup un grand coup derrière les oreilles.  

Et les socialistes, dans tout ça ?

L’hypothèse Juppé s’éloignant, Hollande va sans doute trouver dans ce résultat de la primaire de droite un encouragement à se présenter avec un programme sociétal plutôt qu’économique (bien évidemment).

Il peut désormais espérer le retour de l’électorat favorable aux réformes de sociétés, inquiets de la ligne Fillon et de ce que cela suppose comme connexions avec un électorat très droitier.

Pour autant, avec la pétaudière qui règne à gauche  et la candidature Macron qui sème le trouble (encore que l’hypothèse d’un ralliement de Macron à Hollande ne soit pas à écarter), donne une image confuse de la situation. Cela devrait prochainement s’éclairer par l’annonce de la candidature de Hollande au primaire et la désignation d’un candidat commun qualifié pour se battre contre Fillon et son programme droitier.       

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 09:56

Une candidature qui tombe à pic !

L’annonce de la candidature de Macron à la présidentielle était-elle aussi urgente ?

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle provoque de multiples réactions à gauche comme à droite.

La droite qui s’affole

Pour la droite, le moins que l’on puisse dire c’est que cette annonce à quelques jours seulement de la primaire sème le doute dans l’Etat-major de Juppé et redonne de l’espoir parmi les proches de Sarkozy.

Pour le premier, en effet, le soutien affiché de Bayrou, faisait miroiter un vote centriste massif lors de la primaire, or il n’est pas exclu que le profil Macron, « ni de droite ni de gauche » séduise des électeurs centristes jusqu’à présent décidés à aller voter Juppé à la primaire et qui dès lors s’abstiendraient en décidant de soutenir le gendre idéal que les médias nous proposent désormais.

Pour Sarkozy, en panne dans les sondages pour la primaire de la droite et du centre, c’est une divine surprise et sa capacité de virer en tête au soir de la primaire n’est désormais plus exclue  

Voilà pour les effets à court terme, mais la question essentielle est la suivante : quel est le coup d’après ?

Macron, un candidat hors sol ?

A priori, un candidat comme Macron se présentant sans le soutien d’un parti n’a que peu de chances d’être en capacité de se présenter réellement. Le système des signatures et le chantage à l’investiture pour les prochaines législatives devraient avoir raison des quelques soutiens socialistes pour Macron, général sans troupe.

Si l’effet sur les primaires de la droite et du centre est celui décrit plus haut, la conséquence immédiate de cette candidature serait de remettre en selle l’ex Président Sarkozy et bien que les haines et les inimitiés soient nombreuses au sein du camp des Républicains, on peut faire confiance à l’appareil tout entier pour faire bloc et soutenir ce candidat surprise.

 Du côté de la gauche socialiste, on a toujours émis l’idée que le candidat idéal pour un Hollande (totalement aux fraises actuellement) serait Sarkozy et on se prépare sans doute à effectuer un remake de 2012 dans lequel on verrait s’opposer deux candidats ayant échoué : un cauchemar démocratique qui pourrait se solder par le retour de l’ex ayant récupéré des votes frontistes.

Voilà donc pour les effets possible de la candidature Macron, mais on est en droit d’envisager que cette candidature ne tombe pas comme ça, à un moment crucial pour la présidentielle.

La synthèse, selon Hollande

La proximité de Macron avec Hollande a toujours été évoquée et ce dernier n’a jamais prononcé de mots définitifs consacrant la rupture avec son jeune protégé. D’un autre côté, le piaffement de Valls décidé à en découdre en enterrant Hollande est sans doute mal vu en haut lieu et irrite et la présence de quelques caciques du PS (le sénateur maire de Lyon, Gérard Collomb, notamment) pourrait laisser supposer que le missile Macron, n’est là que pour épater la galerie et animer le débat, en écartant Juppé et en attendant que Hollande ramasse la mise le moment venu.

Cela pourrait nous donner, juste avant la primaire socialiste un beau discours de Macron constatant son impossibilité de réunir les 500 signatures et invitant ses soutiens à voter Hollande contre un poste de premier Ministre.

Nous aurons quelques indications dimanche soir sur cette hypothèse…

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