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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 11:15

C’est le vrai titre de mon bouquin et vous avez échappé au pire parce que le choix du titre a été l’occasion d’une franche poillade entre Brice et moi. On était parti sur « Tout pour ma gueule » mais les communicants qui sont nés le lendemain de l’humour n’ont pas apprécié et c’est eux qui ont proposé ce titre pompeux de « Tout pour la France » mais qui plaira aux mémères emperlousées du 16ème et aux électeurs du Front.

Avantage de ce titre, celui de marginaliser mes concurrents, du fourbe Copé en passant par le traite Fillon et le premier de la classe Le Maire sans oublier le néanderthalien du Bordelais. Les autres ? Quoi les autres ? Non, mais franchement, les yeux dans les yeux (mouvement d’épaule d’énervement), vous êtes sérieux ? Un poste par ci, quelques responsabilités par-là dans un des fromages de la République et le tour est joué. Je pense obtenir une place pour Nadine aux grandes gueules à la télé.

Et y’a pas que le titre ! Je m’engage à affronter cinq grands défis : la vérité, la compétitivité, l’identité, l’autorité et la liberté, ça a de la gueule, non ?

A quoi, ça m’engage ? A rien ! Vous avez déjà vu un homme politique tenir des promesses, vous ? Ce que mes compatriotes attendent, c’est le souffle, l’impulsion, le rêve, l’envie de voter pour moi, quoi, c’est pas difficile à comprendre ! Après, on s’en fout, l’objectif sera atteint, je serai casé et intouchable pour encore cinq ans et les juges qui me cherchent sur le trafic d’influence dans l’affaire Bettencourt ou dans l’affaire Bygmalion l’auront bien profond.

Et puis franchement, hein, franchement (nouveau mouvement d’épaule), à quoi ça sert un Président aujourd’hui ? Hein ? C’est un produit de consommation jetable. Ceux qui tiennent la boutique, c’est les banques et le Médef. La preuve, l’autre (Hollande, ndrl) s’est couché devant les premières (qu’est ce qu’il nous a fait rire avec sa tirade au Bourget : « Mon ennemi, c’est la finance ») et pour les entreprises, c’est open bar avec son pacte de je sais pas trop quoi et les milliards foutus en l’air.

D’ailleurs je compte bien mettre un frein à toutes ses dépenses inconsidérées et comme le dit le Président du Syndicat des Médecins de France qui vient de signer un accord sur la consultation à 25 € : « Une gauche aux abois nous donnera toujours plus que la droite ». Bien vu !

Et puis il faudra bien financer toutes les dépenses de sécurité et les recrutements dans la police que j’envisage. Quoi, j’ai supprimé des postes quand j’étais président ? Ben oui, y’avait pas de menace terroriste comme maintenant et je compte bien pendant la campagne mettre en avant les insuffisances du gouvernement actuel en matière de sécurité.

La laïcité ? J’ai déjà tout dit dans mon discours de Latran : je fais davantage confiance au curé qu’à l’instituteur et s’il faut faire des concessions avec les autres religions, c’est pas un problème.

Le mariage pour tous ? J’ai promis de revoir la loi, ou de l’abroger, ça dépend devant qui je m’exprime, mais les promesses, vous savez…

Et puis enfin, quoi ! (troisième mouvement d’épaules), les français, y veulent quoi ? Regarder la nouvelle star à la télé et aller dormir ou bien être dirigé par un homme à poigne qui les fera encore rêver en leur disant que les sacrifices qu’ils consentiront ne seront pas vains et que les entreprises du CAC 40 et les banques leur en seront éternellement reconnaissant.

Je vous parle de la FRANCE, je veux que la politique cesse d’incarner l’impuissance (et je suis bien placé pour en parler). Je veux qu’elle redevienne une espérance, surtout pour moi.

(Debout derrière son bureau, carrément emporté) Je suis l’homme providentiel que les Français attendent, le nouveau Bonaparte, le champion de vélo et de course à pied, le mari de Carla, l’ami de Mme Bettencourt, de Gattaz, des banquiers, du CAC 40. Je les aime tous. Ce sont eux qui vont m’aider à me mettre au chaud à l’Elysée pour 5 ans, à revoir Angela, l’Emir du Quatar, à foutre le bordel quelque part comme en Lybie pour asseoir ma stature internationale si la situation économique intérieure va mal, ce qui devrait encore être le cas, alors vos questions à la con et vos insinuations vous pouvez les mettre où je pense.

Les français sont des veaux. Non, les Français ne se rappellent de rien de ce qui s’est passé avant 2012, pas plus que mes déclarations après ma défaite qui devait valoir retraite définitive et même cure de désintoxication. Ils voteront pour moi, moi, moi ! J’ai une addiction au pouvoir, et j’en veux encore, encore, encore.

Fin de l’entretien. Une assistante, inquiète, passe la tête par la porte et dit : « C’est l’heure de votre quatrième séance de relaxation, Monsieur le Président ».

8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 11:16

Le jury de l’ENA se livre à une charge sur la « pauvreté des idées » et le « conformisme » des candidats à l’ENA, pour la plupart issus de Sciences Po Paris et des IEP, après avoir décortiqué leurs copies.

Morceaux choisis :

La majorité des copies pêchent par « excès de prudence plus encore que par manque d'imagination", et se satisfont de "pensées et de références stéréotypées".

Tendance au name-dropping, à l’usage de mots-valises ("impacter", "acteurs", "systèmes") pour camoufler l’absence de prise de position.

Sur les questions européennes, "Les candidats donnent le sentiment de présenter l’Union européenne comme un ordre établi qui ne pourrait être différent. La plupart d’entre eux témoigne d’une absence de sens critique et d’une incapacité ou d’une absence de volonté à imaginer d’autres modes de fonctionnement. De plus, nombreux sont ceux qui expriment des idées préconçues ne correspondant pas à l’Europe réelle."

"Consternation devant ceux dont la pauvreté des idées, la faiblesse de l’engagement et du jugement n’égalaient que la volonté de plaire".

"Trop souvent soucieux de ne froisser personne, d’être politiquement corrects, confondant consensus et résultat équilibré, mal à l’aise dès qu’il s’agit d’émettre un jugement, timide face à un quelconque engagement, le candidat moyen semble chercher à « passer partout ». De fait, le jury se montre très dubitatif sur leurs aptitudes à manager, à prendre des risques et des décisions.

(Source : site de l’Obs).

Voilà, tout est dit ! Ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions administratives puis politiques, voire à pantoufler ensuite dans l’industrie ou la banque ou les institutions internationales cherchent à être le plus transparent possible, à surtout ne pas émettre des critiques qui pourraient les disqualifier dans leur recherche d’un plan de carrière.

Génération spontanée, conformisme ou formatage ?

La peur du lendemain, la crainte de ne pas réussir sa carrière peut bien sûr expliquer l’absence de prise de risques. Cela voudrait dire que, malgré les enseignements dispensés dans ces formations de prestige, au final, le candidat torturé entre la volonté de se singulariser et la crainte qu’on le lui reproche ait choisit la seconde option. Cela laisserait un espoir de changement futur, bien mince, je le concède, mais l’espoir fait vivre…

Le formatage, comme une évidence…

La lecture d’un édito de Christian Lequesne, professeur à Sciences Po dans Ouest-France du 7 avril, aurait tendance à nous faire basculer dans la logique du formatage.

Après une définition sans nuance du populisme - le peuple contre les élites – sans jamais décrire ce qu’est « l’élite », l’auteur de l’édito brosse un portrait binaire du populiste (un homme plutôt qu’une femme, blanc, doté d’un niveau d’éducation élémentaire, qui occupe un emploi modeste ou est sans emploi et qui abhorre les élites), sans jamais s’intéresser aux déclassement subit par la classe populaire ou aux renoncements politiques qui font qu’elle fuit désormais les partis traditionnels pour se réfugier dans l’abstention ou le vote protestataire, sauf à dire que les capacités d’adaptation de la classe moyenne a permis à cette dernière de s’adapter.

La principale raison de la montée du populisme selon l’auteur serait la mondialisation économique avec ses effets positifs qui permet à chacun d’acheter des biens importés bon marché (« Produire des tee-shirts bon marché en France n’a plus de sens par rapport aux faibles coûts vietnamiens ou mexicains »). Aucune analyse, là non plus sur l’impact écologique de cette économie mondialisée, sur les conséquences sociales dans les pays fournisseurs ou bien encore sur la multiplication des marges des chaînes qui vendent ces produits et le corolaire de la concentration des richesses mondiales entre les mains de quelques-uns seulement ainsi que les dérives des paradis fiscaux.

C’est juste comme ça est ça doit le rester, et la seule voie de progression dans notre pays sera la production à haute valeur ajoutée et du numérique, selon l’auteur, et pour redonner espoir aux « perdants », « le traitement social ne sera pas suffisant », et « la solution de long terme est dans l’adaptation à des modes de production et à des emplois qui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier ».

Après avoir lu cet édito, on reste confondu devant l’absence de regard critique sur la situation de notre économie, la banalité des propos et le conformisme aux idées délivrées chaque jour dans les médias. On reste confondu devant ce discours sans nuances de ce professeur de Sciences Po (le perdant/populiste et les classes moyennes et supérieures qui savent s’adapter) et on ne s’étonne plus de la charge du jury de l’ENA sur la pauvreté des idées des candidats, leur manque d’imagination, leur excès de prudence et leur volonté de plaire.

Le populiste, c’est toujours l’autre, celui qui ne comprend rien

C’est le titre d’un édito de Joseph Macé-Scaron dans Marianne du 18 mars.

Il parle de formule creuse et paresseuse et à la mode tant on en use et on en abuse

Citons ce passage éclairant : « Vous manquez de temps pour analyser le contexte historique, l’environnement politique, l’idéal social que porte ce dernier ? Ne vous embarrassez pas, qualifiez le de populiste, si possible avec une légère moue de dégoût pour faire comprendre à votre interlocuteur qu’il vient de pénétrer dans l’antichambre du nazisme. Cela ne coûte rien et vous permettra d’avoir votre rond de serviette à « C dans l’air ».

Le journaliste de Marianne ajoute : « Mais, elle sert surtout (la notion de populiste) aux gouvernants, aux établis, à disqualifier un mouvement qui s’oppose à leur politique ou à leur mode de gouvernance ».

On aura compris que le formatage des idées dans nos grandes écoles (et je ne parle pas des écoles de commerce qui sont le complément indispensable des IEP et de Sciences Po) participe de la volonté des « élites » à discréditer toute ambition de remettre en cause le modèle qu’ils ont mis en place et qui leur convient si bien.

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:59

Cette phrase prononcée à plusieurs reprises par ceux qui nous gouvernent justifie à chaque fois la « réforme » nécessaire, indispensable, à laquelle s’opposent bien entendu, les tenants des « droits acquis », ceux qui ne comprennent pas que la réforme est nécessaire pour leur bien.

Le chœur des « sachants »

A chaque fois qu’on nous annonce une « réforme », on voit se mobiliser les experts, les économistes, les chroniqueurs de presse qui, tels les peluches manipulées par les ventriloques, chantent les louanges des modernes contre les anciens.

« On ne peut pas faire autrement », « c’est l’avenir », « les mesures proposées vont dans le bon sens », « il faut adapter notre économie aux exigences de la mondialisation, de l’Europe (rayez la mention inutile) ».

Il faut pouvoir licencier pour recruter ensuite : on attend de voir (mais c’est tout vu), comme on a longtemps attendu les créations d’emplois suite à l’abaissement de la TVA dans la restauration

Ce sont les mêmes qui nous ont chanté les louanges du traité européen en 2005 et qui sont prêts à tout pour vendre la salade libérale, celle qui conduit à avoir aujourd’hui 62 personnes qui possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Beau progrès !

Les mobiles et les immobiles

C’est tellement facile d’opposer les « mobiles » avec les « immobiles ». Cela signifie que le mouvement est l’apanage d’une seule catégorie, sans imaginer un seul instant que chercher du boulot est un travail à temps complet qui nécessite précisément de fortes capacités à être mobile. Un bon vieux clivage binaire : noir ou blanc, 0 ou 1. Aucune nuance, c’est ainsi, le camp des réformateurs a toujours raison et le gouvernement est là pour lui passer les plats. Essayons un moment de mesurer le chemin parcouru depuis le discours du Bourget, à l’envers, bien sûr ! Une image me vient à l’esprit, celle des Shadocks qui ont fait les beaux jours de la Télé publique : « Les Shadocks pompaient, pompaient, et plus ils pompaient, plus il ne se passait rien ». Nous en sommes là et toutes les mesures prises par ce gouvernement pour l’emploi « agile », ne sont rien qu’un gouffre financier que les contribuables payent sans voir un début d’amélioration de la courbe du chômage.

Parce que bien sûr, l’immobilisme n’est jamais du côté des entrepreneurs…

Disons tout de suite que parmi les entrepreneurs les patrons de PME ou les artisans, il y a des gens qui ne sont pas dépressifs comme on nous le fait croire et qui se démènent pour trouver des marchés et créer des emplois. Il ne faudrait pas avoir le discours binaire que je dénonce plus haut.

Mais bon, il faut bien dire que cette image est largement corrompue par l’existence d’aigrefins qui passent leur temps à tendre la sébile uniquement pour améliorer les marges, la rémunération des dirigeants et les profits à deux chiffres des actionnaires, les parachutes dorés ou les retraites chapeau.

Des exemples ?

Déjà, il n’est que de voir le comportement des grandes sociétés vis-à-vis des sous-traitants pour le paiement des sommes qui leur sont dues. Des délais de paiement que même l’administration n’oserait même pas utiliser de crainte de se voir clouer au pilori par le Medef. Aux petits sous-traitants le risque, avec le tripatouillage sur les déclarations fiscales ou sociales pour d’en sortir, et aux donneurs d’ordres la bonne gestion de trésorerie et le casier judiciaire vierge. Ajoutons à cela les redressements fiscaux faramineux (14 milliard en 2015) relevant de la fraude des entreprises.

L’actualité récente sur les coûts exorbitants de traitements anti cancéreux est bien là pour nous montrer qu’il n’y a aucune morale dans le milieu du médicament. Pour justifier l’envol du coût de ces traitements, les représentants de l’industrie de cette industrie n’hésitent pas à dire que les nouveaux traitements réduisent le nombre d’hospitalisation, rendant ainsi possible des économies. Cela justifie bien évidemment le fait qu’ils s’en mettent plein les poches. Plus cynique, on a rarement vu ! Bientôt, ils nous expliquerons que proposer des traitements que certains ne peuvent plus se payer augmentera le taux de mortalité et améliorera l’équilibre des caisses de retraites. Ils en sont bien capables !

Enfin, un dernier exemple que j’aime beaucoup : les Partenariats Publics Privés signés entre l’Etat ou les collectivités territoriales et des grandes entreprises (construction du Ministère de la Défense à Balard par exemple), véritable machines à cash ou le moindre changement de prise de courant ou de sens de porte se facture très cher (5000 euros par exemple pour un œilleton à une porte….)

Les rois de l’immobilisme

Je ne voudrais pas terminer mon propos sans parler des élus et des partis politiques sortes de sculptures immobiles qui votent des lois (quand ils sont présents dans l’hémicycle…) mais ne veulent pas perdre leurs pouvoirs à l’instar du dernier des Gattaz. Ils réforment et réforment encore sur les collectivités territoriales par exemple mais ne tranchent jamais dans le vif des effectifs d’élus. Nous sommes le pays le mieux doté en ce domaine.

Des réformes pour les autres oui, mais pas pour eux, les immobiles, les inamovibles, les favorisés qui font carrière sur notre dos et mènent grand train.

Le cas de la réforme du travail est un bel exemple de duplicité de nos « élites » politiques et médiatiques : faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais !

7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 09:29

Combien de milliards dépensés en vain pour aider les entreprises à créer de l’emploi ?

Combien d’emplois créés ?

Où en sommes-nous du million d’emplois que nous a fait miroiter M. Gattaz avec son fameux pin’s ?

Un discours évolutif

Entre les promesses et la réalité, il y a un grand pas et nous sommes bien placés pour le savoir après le discours du Bourget, sauf qu’en matière d’emploi le gouvernement est allé bien au-delà de ses promesses électorales en faisant couler à flots de l’argent dans les caisses patronales, pas toujours les bonnes, d’ailleurs, en écoutant trop les promesses du Medef qui elles n’engagent que ceux qui les écoutent.

Pacte de responsabilité, CICE, exonérations de charges patronales, primes à l’embauche, baisse de l’impôt sur les sociétés,… tout y passe et on ne compte plus les dizaines de milliards dépensés par l’Etat, c’est-à-dire les contribuables, pour un résultat négatif en matière de création d’emplois.

Les « résultats obtenus » sont une pure merveille de langue de bois : entre « plan de préservation de l’emploi » ou « reconstitution des marges des entreprises » ou bien encore « frémissement en matière d’investissement », on hésite entre franche rigolade ou désespoir tant on est convaincu que le jeu mortifère entre gouvernement et syndicat patronal ne peut que conduire à la ruine ou au chaos.

« Monsieur plus »

En lévitation, loin de se rendre compte de la situation réelle du pays à l’instar des gouvernants, M. Gattaz, n’en continue pas moins son activisme, celui qui permettra aux actionnaires d’engranger des dividendes de plus en plus gros au détriment de l’emploi et de l’investissement. Il nous brosse un tableau à la Zola des patrons français : déprimés, étranglés, ayant peur d’investir ou d’embaucher et pour tout dire proches du suicide afin de préparer les salariés, et les chômeurs à d’autres sacrifices.

Il faut donc aller plus loin et assouplir le code du travail en rendant plus facile les licenciements. On croit rêver : après le pognon en espèces sonnantes et trébuchantes, M. Gattaz veut donc encore pouvoir supprimer des emplois pour augmenter le profit et en reportant la charge de travail sur les salariés précarisés restants, en n’oubliant pas de nous promettre – une fois de plus – des embauches rendues plus faciles par la disparition de la peur de licencier. Une arnaque de plus !

Et comme cela ne marchera pas, parce que rien n’est prouvé en ce domaine, on peut s’attendre à de nouvelles revendications dans les mois et années qui viennent sur la privatisation des systèmes de retraites ou de l’assurance chômage.

Jusqu’où ira M. Gattaz ?

Jusqu’à ce qu’on arrête son délire dépressif de nanti. Jusqu’à ce que des « économistes » qui ont leur rond de serviette dans tous les médias cessent de nous ressasser les mêmes âneries comme la théorie du ruissellement qui veut que « les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie », sauf qu’il y a de la perte en ligne, que les tuyaux qui servent au ruissellement sont crevés et comme dirait l’autre « il y a des jours où ça s’évapore ». L’impression qu’on peut avoir aujourd’hui, c’est que le but ultime de M. Gattaz et des tenants de l’ultra libéralisme de notre pays c’est de parvenir à intégrer le club des quelques dizaines de personnes qui possèdent autant que la moitié de la population mondiale et qui pour certains créent une fondation pour aider leurs pauvres afin de se donner bonne conscience à l’instar des bourgeois qui faisaient l’aumône aux pauvres à la sortie de la messe au 19ème siècle : le ruissellement, oui, à condition que l’on puisse choisir nos pauvres…

M. Gattaz est au Médef ce que Xavier Beulin est à la FNSEA, c’est-à-dire le protecteur de quelques-uns et le fossoyeur de la petite entreprise.

Rendez l’argent !

Tout l’argent versé par le contribuable s’est égaré en route. Il n’est pas allé vers ceux qui en avaient besoin, par exemple les PME ou les véritables créateurs d’activités abandonnées par les banques. Il est allé vers la rente, l’actionnaire goulu, parfois vers l’incompétence ou carrément l’arnaque, c’est-à-dire qu’il a pu servir à mieux étudier des rationalisations destructrices d’emplois ou à créer de nouvelles martingales bancaires qui serviront à la spéculation sur le marché des capitaux.

Rendez l’argent et surtout n’oubliez pas de payer vos impôts en arrêtant de frauder : sur 21 Milliards d’euros de redressement notifiés en 2015, plus de 14 Milliards concernaient les entreprises (et encore ce n’est que la partie immergée de l’iceberg !).

N’ajouter pas l’ignominie à l’indécence.

Devenez citoyen de ce pays.

28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 18:48

« On veut bien assumer des compétences à conditions que l’Etat les finance » : voilà en résumé le discours de Présidents de conseils départementaux (ex-conseils généraux) fort bien relayé par leur lobby, l’Assemblée des Départements de France.

C’est ce même lobby qui est avec succès monté au créneau pour défendre le pré carré départemental, dont l’existence a failli être menacée par la réforme sur les collectivités territoriales en 2015.

Le brûlot du RSA

L’objet de leur colère ? Les dépenses du RSA qui augmentent en flèche, crise oblige, alors que les compensations de l’Etat ne suivent pas.

Le résultat est le suivant : depuis 2010 les dotations de l’Etat décrochent et les départements doivent faire face à trou de 3 milliards d’euros sur un total de 8.57 milliards, trou qu’ils doivent financer soit en faisant des économies sur d’autres politiques soit en augmentant les impôts locaux, ce qui est toujours impopulaire quand on est élu local.

Les signaux envoyés

Puisque ça coûte trop cher et qu’on ne veut pas en assumer les conséquences, autant demander à l’Etat de compenser financièrement. Après tout, il s’agit d’une politique nationale sur laquelle les élus locaux n’ont aucune prise, les prestations étant décidées au niveau national et devant être versée aux bénéficiaires qui remplissent les conditions.

Mais pour faire bonne mesure et surtout pour faire un peu de chantage politique, certains exécutifs départementaux se sont mis en tête de conditionner le versement du RSA à une activité d’intérêt général des bénéficiaires selon l’adage bien connu : « fort avec les faibles et faible avec les forts ». On voit bien les difficultés que cela pouvait poser au Gouvernement, les bénéficiaires du RSA, dans ce système à la carte (politique) n’étant pas égaux selon le Département de résidence.

Message reçu !

Le gouvernement a donc proposé aux départements une prise en charge par l’Etat du financement du RSA. Seul ce financement relèvera de l’Etat, l’accompagnement et l’insertion des allocataires restant de la responsabilité des départements.

Rappelons que l’insertion et l’accompagnement des allocataires représente pour la France entière 760 Millions d’euros sur un total de 9.330 Milliards (prestations et insertion).

Rappelons également que les prestations sont directement versées par les CAF, les départements n’assurant pas la gestion directe du dispositif.

Allons un peu plus loin…

Voilà les conseils départementaux débarrassés du financement du RSA. Reste à voir quelles ont les compétences résiduelles de ces assemblées, étant entendu que la réforme de 2015 les privera bientôt des transports (transférés à la Région), que la compétence générale (qui leur permettait d’intervenir sur tout et parfois n’importe quoi) leur a été supprimée.

Il reste les routes départementales (qui pourraient facilement être transférées aux Régions), les collèges dont la gestion avec celle des lycées à la Région peut facilement être envisagée et l’aide sociale à l’enfance, les personnes âgées et handicapées et autres interventions sociales, facilement transférables également soit aux intercommunalités ou bien aux CAF.

Oui, mais voilà…

Les transferts envisagés ci-dessus condamneraient définitivement les conseils départementaux et surtout supprimerait plus de 4000 mandats auxquels les élus et partis politiques tiennent, et ça, ils ne peuvent pas l’envisager, accrochés qu’ils sont à leurs avantages et leurs petits cumuls et à voir leur photo dans le journal.

Il faudrait sans doute créer une cellule de désintoxication pour accompagner ce changement qui en serait un pour eux mais pas pour les citoyens qui verraient les compétences aussi bien gérées avec les personnels territoriaux compétents transférés dans d’autres structures et surtout pour beaucoup moins cher : moins d’élus, c’est moins d’indemnités, moins de frais de communication, moins de véhicules avec chauffeurs, moins « d’assistants » de chefs de cabinets,…etc…

Bref, de l’argent économisé, qui ne serait pas loin de compenser le trou de 3 milliards du RSA, c’est tout le paradoxe !

La décentralisation a eu ceci de bien aux origines, c’est qu’elle permettait de bien gérer en proximité avec les citoyens, les élus assumant leurs responsabilités. Aujourd’hui que ce contrat est rompu, on ne voit pas pourquoi le système qui profite davantage aux élus qu’aux administrés devrait rester pérenne.

C’est pourquoi un bon coup de balai s’impose parmi ces roitelets locaux.

17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 10:29

Début des années 80, je travaillais à la Préfecture. Comme à chaque manifestation prévue, les cars de CRS étaient stationnés sur le parking intérieur. Les fenêtres de mon atelier étaient ouvertes et la discussion s’engagea avec un CRS :

  • « On attend qui, aujourd’hui ? »
  • « Les agriculteurs légumiers du nord du Département qui vont venir foutre le bordel »

Et sans que je lui demande quoi que ce soit, ce policier me déballa tout le bien qu’il pensait de ce genre de manifestation et des méthodes de « maintien de l’ordre » auxquelles il était astreint, lui et ses collègues.

  • « On sait par où ils arrivent et ce qu’ils vont faire. Les renseignements généraux les suivent et nous informent de leur avancée, de leur dispositif et de leurs intentions. Ils ont monté leurs fourches sur leurs tracteurs et leurs remorques sont pleines de légumes qui baignent dans le lisier et ils vont en foutre partout, en attendant de s’en prendre aux bâtiments publics. On aura l’ordre de ne pas bouger jusqu’à ce soir et puis on nous demandera de charger pour dégager les accès et vous permettre de sortir. Voilà, c’est toujours comme ça que ça se passe avec les agriculteurs, alors qu’on pourrait facilement les arrêter en rase campagne. On n’a qu’à nous laisser faire un peu et croyez-moi, quelques phares ou rétroviseurs de tracteurs pêtés avec nos matraques, ça leur ferait réfléchir à deux fois avant de revenir ».

Il parlait cash notre CRS et les choses se sont passées globalement comme il le disait et même en pire.

Une fois arrivés, les agriculteurs ont commencé à vider leurs bennes sur la quatre voies qui jouxtait la Préfecture en écrasant et étalant bien les légumes souillés et ont commencé à labourer le terre-plein central dont le gazon commençait juste à pousser et ont arraché les arbres qui agrémentaient ce terre-plein.

Après le casse-croûte, vint l’heure de la réunion avec le Préfet, rituel incontournable, duquel dépendait la suite des évènements et là il faut croire que les instructions données à ce fonctionnaire ne correspondaient pas aux attentes des manifestants puisque quelques instants plus tard, une cohorte de tracteurs entoura la Préfecture et commença à s’attaquer aux grilles avec leurs fourches.

A notre grande stupéfaction, les grilles de cette Préfecture inaugurée l’année précédente qui n’avaient visiblement pas été conçues pour résister à un tracteur normal s’effondrèrent les unes après les autres provoquant la stupéfaction du personnel et l’agitation soudaine des forces de polices qui jusque-là étaient restées l’arme au pied.

Commença alors la riposte qui dura assez longtemps, les forces de l’ordre n’étant pas assez nombreuses. Leur faible équipement en grenades lacrymogènes nécessita même l’appel à un hélicoptère de la gendarmerie qui put atterrir sur la piste du parc de la Préfecture pour les ravitailler.

La charge finale fut violente et ponctuée de jets de grenades offensives au bruit caractéristique et lorsque nous pûmes sortir de l’enceinte de la Préfecture, un spectacle de désolation s’offrit à notre vue et une réflexion nous vînt immédiatement à l’esprit : « Comment avait-on pu laisser faire ? »

Aujourd’hui, rien n’a changé. Des recettes de impôts et des sièges de la MSA brûlent, des dégradations affectent les voiries, des tonnes de matériaux (plastiques, palettes, plaques d’amiantes, bidons,…) sont déversés dans les rues. Tout cela aux frais des contribuables.

Trente-cinq ans après les faits que je relate, les agriculteurs, enfin ceux qui croient encore au modèle proposé par la FNSEA et les banques qui repose sur l’endettement et le productivisme (la France est en tête des utilisateurs de pesticides), continuent à chaque crise des cours à casser et à détruire le patrimoine commun et à pénaliser le citoyen lambda avec l’assentiment de fait des pouvoirs publics.

Trente-cinq ans que les élus et les gouvernements successifs s’accusent mutuellement de n’avoir rien fait lorsqu’ils étaient au pouvoir, qui accusent « Bruxelles » ou qui somment aujourd’hui leurs concurrents politiques d’agir vite (point de vue de P. Méhaignerie dans Ouest France du 17/02) alors qu’ils ont toujours caressé dans le sens du poil cet électorat qui vote de moins en moins pour eux et part désormais en bataillons serrés vers le FN.

Trente-cinq ans qu’on présente cette image d’Epinal d’une agriculture respectueuse et qui préserve la nature, immédiatement démentie pas les exactions de ceux qui, empêtrés dans le système syndical et bancaire, ne savent plus comment s’en sortir.

Trente-cinq ans d’élevage intensif hors sol qui favorise la propagation des maladies et l’abattage de troupeaux l’appauvrissement des terres, la pollution de l’eau et la propagation des algues vertes.

Trente-cinq ans de faillite politique. Lorsqu’on est confronté à une crise industrielle, on parle (un peu) accompagnement, reconversion, indemnisation et si des salariés, d’aventure, se montrent un peu violent ou retiennent un dirigeant d’entreprise pendant 24 heures, le bras armé du maintien de l’ordre et de la justice s’abat sur eux sans trembler : il n’est pas question de laisser faire, alors que pour les exactions de syndicalistes agricoles égarés, on fait preuve d’une grande tolérance pour ne pas dire de laxisme.

Trente-cinq ans que ça dure. J’aimerais bien que chacun prenne enfin ses responsabilités, en particulier la FNSEA, qui sous couvert de protection des agriculteurs, les mène inexorablement à leur perte.

8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 07:08

Depuis de années, on s’époumone à dire qu’il y trop de collectivités locales en France et donc trop d’élus

Depuis des décennies on a incité les communes à se regrouper entre elles avec (paradoxe) la création d’intercommunalités, censées remplacer à terme les communes, mais qui sont devenues en fait une nouvelle couche dans le mille-feuille.

Tous les systèmes, toutes les incitations ont échoué, souvent au prétexte de la fameuse proximité élu/citoyens instrumentalisée par les élus eux-mêmes qui ne veulent surtout pas perdre leurs sièges et les partis politiques soucieux de leur influence qui finit par nous coûter très cher sans rien apporter de neuf à la démocratie locale.

Aujourd’hui, c’est plus simple, en apparence seulement, car les calculs politiques sont toujours bien présents et se font sur le dos des citoyens priés de croire que les élus agissent pour leur bien.

La contrainte financière, seul moyen de faire bouger les choses, les fait bouger effectivement, mais de manière différenciée, en préservant « l’élite ».

La piétaille municipale

Certes, 36300 communes, c’est trop. C’est sur ces collectivités que s’abat en premier la foudre budgétaire : moins de dotations de l’Etat et donc nécessité de travailler ou de fusionner avec d’autre communes si on veut éviter d’augmenter les impôts locaux.

Un processus de fusions de communes est en cours et connaît un succès sans précédent puisque plus de 1000 communes ont décidé de se regrouper pour ne plus en faire qu’environ 300 à terme. La France va donc se retrouver sous la barre des 36000 communes. C’est bien, générateur d’économies de gestion à terme, mais largement insuffisant car ce sont toujours les mêmes égoïsmes qui se manifestent pour refuser la fusion avec le voisin : là, la personnalité ou la couleur politique d’un élu qui ne se voit pas, à terme, ne pas être réélu, ou bien le refus de partager les excédents budgétaires récurrents avec les voisins.

Même si ce mouvement de fusion ente communes est mineur toujours est-il qu’il faut saluer le désintéressement des élus qui s’engagent dans ce processus en sachant que lors des prochaines élections municipales, beaucoup d’entre eux ne pourront pas se représenter.

Les petits barons départementaux

Le Conseil départemental, voilà un bel exemple de collectivité territoriale dont on aurait pu faire l’économie, tant ses compétences auraient pu facilement être transférées à d’autres collectivités ou organismes sociaux, mais ce serait ignorer le poids de ces petits baronnets.

Comme pour les communes, des fusions sont envisageables entre conseils départementaux voisins, mais là où la loi est bien faite pour les élus de ces collectivités, c’est que le nombre de conseillers élus selon une parité homme/femme dans des cantons redessinés récemment restera le même à terme. Les assemblées départementales continueront donc à coûter toujours aussi cher en fonctionnement (indemnités des élus, frais de communication, véhicules avec chauffeurs et autres petites mains chargées de faire fonctionner ces assemblées).

C’est ce qui va se passer prochainement avec la fusion des Yvelines avec les Hauts de Seine dont le Président, Patrick Devedjian, promet monts et merveilles en matière d’économies budgétaires liées à cette fusion, mais sans les chiffrer, bien entendu, car cette fusion répond surtout à un positionnement politique de ces deux assemblées face à la Région Ile de France au « Grand Paris » et aussi à l’Etat.

Donc, pas d’économies, pas d’élus en moins, juste des petites magouilles électorales et politiques que le bon peuple est prié d’accepter sans réfléchir et surtout sans être appelé à donner son avis, juste parce que les politiques qui dirigent ces assemblées ont un plan de carrière qui les fera finir éventuellement au Parlement, alors que les élus municipaux cités ci-dessus retourneront à leur travail sans rien dire.

La « montée en gamme » des élus régionaux

Les dernières élections régionales ont été l’occasion d’enjeux politiques nationaux très forts, alors mêmes que ces nouvelles régions taillées à la hache, sans grande cohérence par le pouvoir central, et uniquement dans le but pour lui de réaliser des économies sur les services déconcentrés de l’Etat, sont des naines financièrement parlant et également en terme de compétences.

La stabilisation du nombre d’élus régionaux a, comme pour les conseils départementaux, été gravée dans le marbre, puisque les nouvelles régions reprennent l’intégralité des élus des autres régions avec bien sûr les coûts de fonctionnement antérieurs de ces assemblées.

Aucune économie à prévoir, mais des surcoûts (bâtiments et salles de réunion pour loger tout ce petit monde, frais de déplacements en augmentation et alignement, vers le haut, des régimes indemnitaires des personnels).

Une réforme en trompe l’œil et politiquement désastreuse

En trompe l’œil, parce que derrière les bonnes intentions, on imagine bien que le coût global final sera plus élevé que les petites économies réalisées par l’Etat en baissant ses dotations aux collectivités et que les contribuables locaux seront appelés à ouvrir leur porte-monnaie.

Politiquement désastreuse, car cette réforme, plutôt cette réformette, préserve les intérêts des barons locaux et des hommes politiques qui « comptent » dans le débat national au détriment de la gouvernance locale, obligée sous la contrainte de réaliser des économies.

Cela donne le triste sentiment pour nos concitoyens des zones rurales ou périphériques d’abandon de la part d’une élite davantage préoccupée par ses intérêts personnels, la politique politicienne, que par la démocratie locale.

4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 09:07

C’est le montant des dégâts causés par les agriculteurs en Bretagne lors des récentes manifestations. Il a été communiqué par le Préfet de Région : réfection de chaussées, remise en place de glissières de sécurité, enlèvement des ordures déversées. C’est ce montant que le contribuable est prié de payer.

Cette somme vient s’ajouter aux dizaines de millions débloqués pour maintenir en vie un système de production animale et laitier et céréalière moribond.

Ne soyons pas naïfs : cette information vient à point alors que les agriculteurs et éleveurs s’apprêtent à « donner l’assaut » à des équipements de la grande distribution et est destinée à jeter l’opprobre sur une corporation habituée à tous les débordements pour faire entendre sa voix.

Une corporation turbulente pour ne pas dire violente

Cela fait des décennies que les syndicats agricoles nous ont habitués à un scénario bien rodé. A chaque crise de surproduction, ou de manque de débouché de leurs produits, on entend le même mot d’ordre : « l’Etat - c’est-à-dire le contribuable - doit nous aider ». C’est plus facile que de se poser la question de la structuration de la profession ou bien celle du rôle des industriels de la transformation et de la distribution, ou des attentes des consommateurs.

Et pour bien « motiver » les politiques, on casse, on jette les déchets des exploitations sur les routes ou devant les préfectures quand on ne met pas le feu aux centres des impôts. Pour ceux qui se sont souvent présentés comme incontournables pour l’entretien des paysages, cela fait un peu désordre.

Ajoutons à ce tableau un syndicalisme très politisé à droite à l’origine mais qui voit peu à peu ses troupes s’éloigner et rejoindre progressivement l’extrême droite et qui se contente de compter les points.

Produire

C’est le leitmotiv de la profession, même si cela implique l’utilisation d’antibiotiques pour que les élevages concentrationnaires évitent les épidémies qui conduisent aux abattages massifs de bêtes, et même si cela se traduit par la destruction des sols gavés d’engrais et de pesticides et même si cela conduit à la pollution de nos rivières par les nitrates. Rappelons à ce sujet que la France est le premier consommateur en Europe de pesticides qui font la fortune des actionnaires de multinationales chimistes qui invitent complaisamment nos parlementaires à débattre autour d’un bon repas (bio, sans doute).

On ne parle plus de ferme, mais d’exploitation, c’est tout dire ! Les exploitants ont l’œil rivé sur le compte d’exploitation, sur les cours des « produits ». Ils sont prisonniers d’un système économique qu’on leur a présenté comme libéral et qui n’est rien d’autre que de la dépendance vis à vis des banques.

Vendre

Une fois produites ces viandes bodybuildées, ces céréales dont le rendement est tributaire des pesticides, il faut les vendre et «équilibrer les comptes et se sortir un revenu » et là, notre « agriculture », première exportatrice il y a quelques années, se trouve confrontée à la concurrence internationale, au blocus décidé à l’encontre de la Russie, à la crise économique en France, aux habitudes de consommation qui se modifient et à la rapacité de la grande consommation.

Achetez Français, nous disent-ils, en oubliant parfois qu’eux-mêmes privilégient pour leurs investissements des produits fabriqués à l’étranger.

Une équation difficile à résoudre

Lorsqu’une entreprise ne vend plus ses produits parce que ceux qu’elle propose sont obsolescents ou ne sont plus conformes aux normes de sécurité, elle est condamnée à fermer ses portes avec la cohorte de licenciements et de drames individuels que cela provoque, à moins qu’elle ne s’adapte…

Une partie de la profession agricole fait aujourd’hui le pari d’une agriculture propre et des circuits courts et cela s’avère souvent gagnant. Cela passe par l’éducation du consommateur qui commence par celle des enfants dans les cantines scolaires et donc par un investissement politique des élus locaux. Cela passe également par une responsabilisation de la grande consommation, et là tout reste à faire. Enfin, la transformation, grande utilisatrice de viande importée par camions polluants entiers, d’Allemagne ou du Danemark, devra se poser également la question de savoir ce qu’elle produit et des marges qu’elle génère et là aussi la marche est haute.

Comme d’habitude, l’espoir viendra sans doute des consommateurs eux-mêmes et cela prendra du temps.

En conclusion, la profession agricole et ses syndicats doivent se poser les bonnes questions quitte à devoir abandonner le modèle actuel, polluant, ruineux et destructeur pour ceux qui vivent au quotidien les affres du « marché » de l’agriculture.

Les consommateurs seront sans doute très intéressés par des propositions qui pourraient être faites par des agriculteurs éclairés. Ils ne comprendraient pas par contre de devoir payer les réparations des exactions commises lors des manifestations et la quasi impunité de leurs auteurs contrairement aux syndicalistes ouvriers récemment condamnés à de la prison ferme.

28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 09:03

Raphaël Liogier est sociologue spécialiste des religions. Il a étudié l’apparition dans les années 2000 d’un nouveau fondamentalisme musulman à travers la question du voile intégral.

Il indique (Ouest France 26/01/2016) que les jeunes femmes qui le portaient avait selon lui un discours proche du new age : « Le voile et l’Islam sont bons pour la santé ; la prière me fait du bien ; je veux être dans le rapport à l’autre… ».

Arrêtons-nous un instant sur cette dernière affirmation : comment être dans le rapport à l’autre lorsque que l’on masque son visage ? A moins que ce principe ne s’applique uniquement que par soumission à un code édicté par des prescripteurs davantage préoccupé par leur propre souhait de domination que par l’observance d’un code religieux par ailleurs très flou, s’agissant du voile, intégral ou pas.

Une seconde hypothèse, mais qui rejoint la précédente, consiste à penser que la religion musulmane a décidé d’être visible et pour qu’elle le soit, préconise que la moitié de ses membres doit renoncer à la liberté de s’habiller comme elle le veut et donc de vivre en marge du code des femmes du pays où elles résident.

La question du « rapport à l’autre » semble d’autant plus sujette à caution que dans ce cas elle répond davantage à un prosélytisme qui impose ses codes qu’à un véritable art de vivre tenant du new age. Rappelons-nous que cette revendication du voile est relativement récente et que notre pays y est confronté depuis un peu plus d’une vingtaine d’année. Or, que je sache, notre pays n’a pas été « envahi » récemment par une immigration incontrôlée, et c’est bien à un tournant qui se prévaut de la religion mais qui sous-tend un comportement patriarcal que nous devons cette mode.

Pas sûr, donc, que toutes les femmes musulmanes acceptent de gaîté de cœur de s’habiller comme le veulent les mâles qui leur imposent leur manière de voir les choses, mais sous la pression du voisinage, du quartier, d’un prêcheur, de la famille (mais pas toujours) ou tout autre, certaines se résignent sous la pression sociale exercée.

Emportés par leur élan, certains prêcheurs devisent allégrement sur les feux de l’enfer qui guettent la femme qui sort non voilée et sur sa capacité ou non à refuser d’accomplir le devoir conjugal sous « l’injonction » de son mari.

Nous regardons ce qui se passe ailleurs, notamment dans ces pays prescripteurs de ces règles de vie qui nous sont étrangères, mais que nous regardions de loin tant que nous n’étions pas interpellés. Aujourd’hui, notre perception des choses a changé et nous ne sommes plus indifférents à ce qui se passe dans ces pays patriarcaux où la femme est considéré comme un être de seconde zone, qui peut être répudiée, violée sans que les violeurs soient inquiétés outre mesure, vitriolée ou lapidée.

Nous considérons donc cela comme un sous-statut qui nous choque parce que conduisant, selon nos critères, à la marginalisation de certaines de nos compatriotes, à leur quasi assignation à résidence, toutes choses impensables en France où l’égalité des sexes ne semble plus faire débat.

L’égalité des sexes est un acquis dans nos sociétés et nous devons combattre pour qu’il le reste et qu’il s’applique à tous, mais sommes-nous bien certains que le mouvement de libération de la femme dans les années 70 n’a pas pris un coup de vieux ?

Face à la crise économique, la pression sociale trouve toujours à s’exercer et le discours de la femme au foyer pour élever ses enfants est toujours présent. Le discours paternaliste, mais aussi religieux est toujours là avec comme arrière-plan la femme soumise. Les choses se sont encore aggravées par l’augmentation du nombre de divorces qui laissent immanquablement la femme, passé 45/50 ans, sur le carreau, sans ressources et sans statut social.

La pub et de nombreux reportages nous incitent également à considérer la femme comme seule dépositaire de l’obligation des tâches ménagères, de l’éducation des enfants, pendant que l’homme forcément très occupé ou fatigué par son travail ne participera à ces tâches que ponctuellement. C’est toujours une femme qui fait une double journée travail/maison que l’on met en scène pour vendre des produits tout préparés pour le dîner du soir qui lui faciliteront la vie pendant que les hommes s’égosilleront devant le match de foot à la télé, une bière à la main…

Tant pis pour elle, donc, si elle a choisi de travailler… Elle doit assumer, y compris quand elle est confrontée au harcèlement de rue ou aux « frotteurs » dans les transports en commun quand elle se déplace

Le machisme rampant est toujours là. Il s’exprime différemment, par les différences salariales hommes/femmes en entreprise, la difficulté qu’ont les femmes à rentrer dans les comités de direction, ou bien dans des initiatives tendant à offrir aux femmes des formations pour leur apprendre à concilier leur vie professionnelle et leur vie privée (à Europe 1). Des formations destinées à gérer le stress, mais pas les causes qui peuvent relever de la sphère privée ou du management de l’entreprise.

On disserte doctement de la place de telle ou telle religion dans notre pays, on imagine des mesures cosmétiques destinées à mieux les intégrer dans le paysage. Les musulmans sont aujourd’hui accusés de toutes les turpitudes alors qu’ils n’aspirent pour la plupart qu’à avoir les mêmes droits que les autres religions. Nous ne devons pas être choqués par ces aspirations, mais le problème n’est pas religieux et il faut que nos gouvernants arrêtent de se précipiter dans les lieux de cultes dès qu’un acte barbare ou un fait divers se produit. Il leur revient d’observer une stricte neutralité et de rappeler les règles qui s’appliquent dans notre pays, à savoir la laïcité, qu’ils ne défendent que mollement actuellement, réaffirmer fermement l’égalité entre les sexes, et appliquer le droit en vigueur pour rappeler qu’il n’existe aucune sous-catégorie de Français et aucune autre communauté que nationale.

20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:50

Tel est le titre d’un édito d’un grand quotidien régional daté du 20 janvier.

Les départements ne peuvent plus faire face à leurs obligations et les Régions sont vouées à la même asphyxie programmée et l’investissement est en chute de 30% dans les communes !

La faute à qui ? Celle de l’Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales et qui les prive de 28 milliards de dotations sur trois ans !

Voilà pour la présentation : le drapeau noir flotte sur les collectivités territoriales qui vont être « obligées » d’augmenter les impôts locaux, de la faute bien sûr de l’Etat : un bel exemple de défausse et une belle histoire que les citoyens contribuables sont priés d’avaler sans broncher.

540 000 élus !

540 000 élus ce sont autant d’occasions de dépenser de l’argent public. Passons rapidement sur les indemnités en tous genres dont bénéficient principalement les élus de la République, les conseillers généraux et départementaux et les maires et adjoints des communes, en précisant que la majorité des conseillers municipaux exercent leurs fonctions bénévolement (sauf indemnités dans les syndicats intercommunaux) pour s’intéresser à leur action au quotidien.

540 000 élus, c’est avant tout une formidable machine à dépenser en fonctionnement, à investir, à verser des subventions, à verser des intérêts aux banques et à créer des emplois d’assistants, de cabinet ou de chargés de missions.

Tout cela serait bien si la rigueur était au rendez-vous, mais on voit bien que ces élus regroupés dans des partis ou des associations cultivent l’entre soi et surtout sont les fidèles toutous du monde économique auquel ils n’ont rien à refuser : il n’est que de voir le cœur des pleureuses du Medef et des différentes fédérations du BTP ou leurs menaces à peine voilées de licenciement lorsque les collectivités publiques ont l’audace de baisser leurs dépenses d’investissement.

Les entreprises défendent leurs « droits acquis » plus sûrement que les syndicats de fonctionnaires, mais on n’en parle jamais.

La question de l’efficacité des dépenses n’est jamais posée

Ces investissements (ronds-points, aménagements urbains, déviations, partenariats publics privés,…) et ces politiques de subvention sont-ils toujours utiles ou bien sommes-nous dans un système perpétuel de financement uniquement pour faire vivre des activités obsolètes au détriment des investissements d’avenir ?

La réponse est dans la question, d’autant qu’un élu, pour être réélu doit se conformer à deux règles : pas de vagues et faire du visible (bâtiment, route ou bien subvention) en flattant le plus possible les électeurs de sa circonscription.

La question des coûts facturés n’est pas posée

Retranchés derrière la sacro-sainte règle des appels d’offres, les élus détournent leur regard des ententes entre entreprises qui faussent la concurrence (combien de marchés avec une seule offre ou avec des offres bidon ?) quand ils n’organisent pas eux-mêmes le système pour favoriser les entreprises amies ou locales.

Pareil pour le subventionnement des associations qui exercent des missions de service public pour le compte des collectivités locales (dans le domaine du social en majorité) et dont les interventions sont parfois plus élevées que celles de fonctionnaires territoriaux.

Aucun recul sur ces anomalies, sur les lobbies à l’œuvre, les marges exagérées ou le train de vie d’équipes dirigeantes de pseudo associations, qui plombent les comptes des collectivités locales et de l’Etat et vident les porte monnaies des contribuables.

Tout cela grâce à 540 000 élus pris dans le système de la réélection et du cumul de mandats.

Un système à deux vitesses

D’un côté des élus qui veulent continuer à être élus et qui exercent leurs mandats dans les conditions décrites ci-dessus, c’est-à-dire de façon non satisfaisante. Sans parler d’élus corrompus, on peut dire qu’ils n’exercent pas leurs mandats de façon optimale pour le citoyen contribuable, uniquement pour faire carrière et en croyant être des acteurs de la relance économique alors qu’ils ne consacrent que son immobilisme. Le corporatisme patronal fait le reste et tend la sébile en permanence en oubliant de créer des emplois promis.

De l’autre côté, le citoyen contribuable prié de croire ce que les élus et les médias leurs disent en reportant leur vindicte sur l’autre (l’Etat qui serre la vis, mais ce sont les mêmes élus …) ou bien les fonctionnaires, qui, loin d’être le problème sont souvent la solution.

Le piège est refermé

Malgré la volonté initiale du gouvernement qui a été défait en rase campagne par le lobby des élus locaux, la réforme des collectivités territoriales a été enterrée et à part quelques modifications cosmétiques (l’intercommunalité) on a gardé toutes les strates du mille-feuille territorial avec ses 540 000 élus et donc autant de raison de dépenser notre argent parfois de manière inutile et le plus souvent sans contrôle.

La bonne question que devraient se poser les électeurs est la suivante : avec moins d’élus et moins de cumul de mandats serions-nous moins bien administrés. Là également, la réponse est dans la question.

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