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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 20:27

On peut se poser la question, car le vote par défaut, ou vote contre, prend de plus en plus la place du vote « pour », pour un véritable projet qui sera mis en oeuvre. C’est ainsi, car la crédibilité des hommes et femmes politiques s’effondre de jour en jour, incapables qu’ils sont de mettre en œuvre leurs promesses de campagnes ou qui le seront pour ceux qui ambitionnent de conquérir le pouvoir.

A quoi servent les programmes des candidats ?

A faire rêver, c’est leur fonction première, mais passer du rêve à la réalité, c’est-à-dire mettre en œuvre le programme, est beaucoup plus difficile.

Les français aiment rêver, mais ils sont de moins en moins dupes. Il faut dire qu’ils ont été largement échaudés lors des deux précédents quinquennats et on se souvient notamment de la tirade du Bourget « mon ennemi c’est la finance » et « je renégocierai les traités européens », deux totems intouchables, car s’attaquer de front au monde de la finance ou bien à Mme Merkel relève de la plus haute fantaisie.

Bon, il faut bien faire rêver, après on verra ce qu’on peut faire, et on a vu.

Ce ne sont plus les parlements ou les exécutifs qui dirigent les pays mais bien les nébuleuses économiques et financières qui disposent du vrai pouvoir, celui de faire de « l’optimisation fiscale » de retirer un fonds de pension en claquant des doigts ou bien de délocaliser une activité vers des cieux socialement plus cléments.

Les politiques ont beau s’agiter à chaque scrutin, à promettre monts et merveilles, rien n’y fera et le futur locataire de l’Elysée sera, comme ses prédécesseurs, condamné à colmater les fuites en rognant çà et là sur le modèle social français pour faire plaisir aux dirigeants occultes.

Il n’y a pas un, mais plusieurs programmes par candidat

C’est une évidence dans les partis dont la désignation se fait par une primaire. Pour être élu à la primaire, il ne faut pas vendre de l’eau tiède et se démarquer nettement des autres candidats. Juppé et Valls en ont fait les frais. Les électeurs des primaires ont voulu majoritairement rêver et voter pour un candidat aux fortes convictions en passant outre les éléments forts du programme. Ils voulaient un chef, ils l’ont eu.

Le second programme, c’est celui que les candidats désignés à la primaire sont en train de décliner et oh, surprise, les éléments forts se retrouvent comme par magie, édulcorés. C’est bien sûr le cas du programme « santé » de Fillon et du revenu universel de Hamon qui ont laissé la place à d’autres thèmes propres à « rassembler » et donc à déjà accepter les renoncements.

C’est la rançon du système des primaires dans lequel une fois élu, on doit rassembler et surtout ne pas marginaliser les perdants et s’assurer de leur soutien pendant la campagne. Il faut ratisser large pour pouvoir éventuellement aller au second tour de la présidentielle.

Le troisième programme, enfin, c’est celui que le Président élu mettra en place et là, on est certain de ne pas retrouver grand-chose des promesses de campagne. Les parlementaires qui soutiendront le Président élu seront passés par là ainsi que tous les lobbies qui s’agitent dans les couloirs des assemblées. Les lobbies ne sont pas élus, mais ils représentent les intérêts de leurs mandants, c’est-à-dire les intérêts économiques et financiers qui font la pluie et le beau temps et se moquent du vote des électeurs pourvu que leurs intérêts soient garantis.

C’est donc le troisième tour, qui n’a rien de démocratique et qui s’assoit sur le vote des français.

Que faut-il donc faire pour espérer exercer un semblant de pouvoir ?

Pour les candidats sortis de primaires, le processus est déjà bien décrit : promettre beaucoup et réaliser peu.

Pour les autres candidats soit autoproclamés, soit à la carrure de chef incontesté dans leur parti, on passe directement au second programme, avec moins de chemin à parcourir des promesses aux renoncements, une fois élu.

Pour gagner cette élection, Macron, a choisi de ne pas trop parler dans le détail de son programme, ce qui évite de trop parler du chiffrage et de faire une campagne de télévangéliste propre à attirer les électeurs en souffrance et en promettant des jours meilleurs. Il a également choisi le ralliement de Bayrou et de de Rugy : l’alliance du vide, du virtuel et du rien, en quelque sorte. Pas de quoi faire une politique. Pas sûr sûr que dans le secret de l’isoloir les groupies actuelles de Macron concrétisent leur enthousiasme en vote.

Mélenchon qui fait son dernier tour de piste a choisi la formule « du passé faisons table rase ». Pas sûr que s’il était élu, il puisse éviter un avenir à la Tsypras fait de renoncements et de tutelle financière.

Pour Le Pen, le fonds de commerce c’est « on est chez nous » qui se décline en fermeture des frontières, de rejet de l’autre, et de sortie de l’UE, une politique mise en œuvre partiellement dans les mairies détenues par le FN et qui ne donne pas de résultats faramineux. Le clash est assuré avec les entreprises françaises qui seront pénalisées à l’exportation.

Pourquoi voter ?

Y a-t-il un seul candidat qui pourrait tenir ce qu’il promet ? La réponse est non et élire un candidat qui ne promet rien serait pire.

Il y a également la tentation de voter pour des candidats aux mains pas toujours très propres. C’est le cas de Fillon avec sa « collaboratrice parlementaire » fantôme et sans doute celui de Le Pen avec son garde du corps et sa chef de cabinet payés par L’Union Européenne. Les groupies de ces deux camps qui mettent la conquête du pouvoir avant la morale ne devront pas s’offusquer d’avoir été trahis, ils l’auront bien cherché.

Alors, pourquoi voter ?      

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:52

La réponse est non, bien entendu, d’ailleurs, tous les efforts en ce sens sont désormais vains, compte tenu de l’effondrement du candidat dans les enquêtes d’opinion. On est désormais dans l’acharnement thérapeutique et son parti qui le soutien du bout des lèvres va devoir ouvrir les yeux rapidement et changer d’attelage rapidement.

La fuite en avant de Fillon

Sa défense sonne faux, ses propos sont creux et sa campagne est inaudible. On prête beaucoup de vertus aux Français et à leur capacité d’oubli, mais là, les turpitudes de sa petite entreprise familiale dévoilées dans le Canard Enchaîné ont provoqué une fracture d’autant plus grande qu’il se prévalait de valeurs éthiques et d’un certain courage politique.

Après une sidération de quelques jours, le candidat s’est donc attelé à la reconquête, mais d’une manière tellement maladroite que personne n’y a vraiment cru, y compris dans son parti.

Si la reconquête des citoyens a échoué (ils savent que l’aspect légal dont se prévaut Fillon pour se protéger n’est rien à côté du côté moral et sur ce dernier point il y a beaucoup à dire), la reconquête du parti a été plus facile.

La stratégie de Fillon devant le parti

Une dose de mea culpa devant les caciques LR, une dose de stratégie (de toutes les façons, il ne peut y avoir de plan B, compte tenu que les couteaux sont de sorties entre les différentes tendances) et une dose de chantage au recours si le Conseil National du Parti s’avisait de désigner un autre candidat, et hop, le tour est joué et tous les députés LR qui cherchent désormais à se faire réélire en juin à défaut d’obtenir une majorité à l’Assemblée se retrouvent tous avec le petit doigt sur la couture du pantalon.

Ce calcul de la part des députés LR est-il viable ? Non, c’est simplement de la réflexion à court terme, un réflexe moutonnier qui ne devrait pas durer longtemps, surtout si la cote de popularité de leur champion continue de baisser dans les jours à venir.

La pauvre défense de Fillon

Incapable apparemment d’apporter des justifications convaincantes aux enquêteurs s’agissant des emplois de sa femme et de ses enfants, Fillon a choisi la voie des arguments juridiques pour clore cet épisode, mais personne n’est dupe et les juristes ont coutume de dire que les arguments juridiques, les appels à répétition, les demandes de dessaisissement,… sont utilisés lorsque la cause est désespérée (cf Sarkozy qui fait actuellement appel de son renvoi en procès).

Ses avocats estiment que le député Fillon ne serait pas concerné par l’incrimination de détournement de fonds publics et que le Parquet National Financier ne serait pas compétent puisque le statut de député confèrerait à l’intéressé une quasi immunité. A cet effet, les avocats de Fillon invoquent que l’enquête va à l’encontre de la séparation des pouvoirs (judiciaires et législatif) et qu’elle constitue une grave ingérence. Par ailleurs ils évoquent le fait que la mise en cause doit être au préalable acceptée par le bureau de l’Assemblée. Enfin, ils évoquent la violation du secret de l’instruction.

On peut tout de même indiquer que l’enquête dont fait l’objet Fillon ne relève pas directement a priori de son rôle de législateur, mais de son statut d’employeur privé.

L’impasse

Il y a un point sur lequel les groupies (consentantes ou non) de Fillon feraient tout de même bien de réfléchir, à savoir que Pénélope Fillon est également concernée par l’infraction de détournement de fonds publics et qu’elle ne bénéficiera en aucun cas des arguments développés pour la défense de son mari.

Pourrait-on dire, en paraphrasant M. Fillon lui-même (peut-on imaginer le Général de Gaulle mis en examen), peut-on imaginer un Président de la République en exercice dont l’épouse serait mise en examen ?

A défaut d’être cocasse, cette situation serait fortement préjudiciable au pays et la France serait la risée de la terre entière.

M. Fillon et les députés LR sont donc dans une impasse qui fera voler en éclat le parti et ils cherchent juste à faire la part du feu, à savoir conserver leurs acquis en nombre de députés.

En voulant ressouder son camp (en exerçant un chantage interne), Fillon ne rend pas service à son parti et offre une voie royale à des candidats aux projets trop ou pas assez précis.

M. Fillon serait bien inspiré de renoncer maintenant de se retirer dans ses terres et de rechercher, plutôt que la cohésion de son parti et ses intérêts à court terme, la cohésion de sa famille, mise à mal au cours de cet épisode peu glorieux que nous venons de vivre.  

 

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 22:53

Sans rien apporter de bien nouveau sur le fond de l’affaire, François Fillon aura trouvé la martingale  justifiant son maintien comme candidat de la droite et du centre et donné l’orientation de sa défense.

C’est moi ou le chaos

Voilà la ligne retenue par le candidat et sur ce point on peut lui concéder le fait d’avoir tué les débats sur son éventuel remplacement en s’appuyant sur la légitimité du vote des électeurs à la primaire. Il nous joue donc la petite musique de la rencontre d’un homme et du peuple en se positionnant en dehors du parti.

Cela veut dire qu’il renvoie dans les cordes toute contestation venue de l’intérieur du parti et dit gentiment aux jeunes loups dont les dents rayent le parquet et qui se posaient déjà en recours que leur tour n’est pas encore venu.

La stratégie du Titanic

Pari possible ? On verra si cette posture martiale mâtinée de contrition aura des effets dans l’opinion publique. Sur les électeurs de droite, peut-être, sur ceux du centre, c’est moins sûr et la fuite vers des candidats comme Le Pen ou Macron est sans doute actée pour certains d’entre eux.

Ce qui est certain, c’est que la campagne de la droite et du centre a du plomb dans l’aile et que l’espoir d’être au second tour, puis en position de gagner l’élection présidentielle s’est singulièrement éloignée pour François Fillon.

Le capitaine pris dans la tourmente prend ses responsabilités dans la tempête mais n’empêchera sans doute pas le navire LR de sombrer.

L’organisation de son immunité

La pratique des emplois d’assistants parlementaires choisis parmi les membres de sa famille ainsi que la question de la légitimité du parquet national financier auront tenu pas mal de place dans cette conférence de presse bien verrouillée.

Sur le premier point on aura surtout entendu que « c’est légal », même si la question de la moralité de la pratique aura amené le candidat à un acte de contrition public, ce qui est bien le moins pour quelqu’un qui se revendique « Gaulliste et catholique ». Pas question pour autant de rembourser, puisque c’était légal. Sur la question des montants versés tant à son épouse qu’à ses enfants, F. Fillon aura surtout cherché à minimiser les montants en parlant de salaires nets en oubliant que les contribuables ont payés les salaires bruts, ce qui justifie le montant de 1 Million d’euros publié dans la presse.

Enfin, on s’étonnera tout de même du niveau des salaires attribués par M. Fillon, employeur, à des membres de sa famille quand on sait que le salaire des avocats débutants travaillant en cabinets dépasse rarement 1500 euros nets.

Second aspect, le parquet national financier ne serait pas compétent au nom de la séparation des pouvoirs, le judiciaire ne pouvant intervenir le législatif. C’est aller un peu vite en besogne dans la mesure où les faits incriminés n’ont rien à voir avec le député, celui qui élabore les lois et contrôle le gouvernement et l’employeur privé Fillon qui contractualise avec ses assistants parlementaires.

Il s’agit donc d’un coup de pression sur les magistrats et les enquêteurs pour leur dire que la défense allait se saisir de tous les prétextes pour ralentir l’enquête jusqu’à sans doute que le délai soit dépassé pour une mise en examen qui interférerait avec l’élection présidentielle. En clair, Fillon joue la montre.

Les tâches dévolues à ses « assistants »

On reste pantois quand on mesure l’écart existant entre les missions de représentation locale (réception et transmission des courriers ou des CV, représentation à des manifestations locales pour son épouse ou constitution de bases de données pour ses enfants) et les salaires versés.

On devient davantage perplexe lorsque l’on sait que le contrat passé avec le successeur de Fillon dans sa circonscription aboutissait à un salaire consommant la quasi intégralité de l’enveloppe attribuée au député.

Enfin c’est la circonspection qui prévaut lorsque l’on sait que le parlementaire Fillon a mis fin au contrat de son épouse un mois avant l’application de la loi sur la transparence obligeant à la publication du nom des assistants.

 

Tout cela, ajouté à la théorie du complot à la critique violente des médias, fait que François Fillon est aujourd’hui un candidat plombé, mais indispensable, face au vide sidéral laissé par la primaire de droite. Il représente également cette gérontocratie politique qui fait la pluie et le beau temps parlementaire depuis plus de 30 ans et qui s’étonne qu’on puisse lui reprocher de se goinfrer au frais des contribuables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 07:08

Ce que nous apprend l’affaire Fillon

Tout est légal récitent en chœur les parlementaires et les partis ! Une enveloppe financière destinée à payer les collaborateurs des députés et sénateurs est mis à la disposition de ceux-ci charge à eux de donner les noms de ces collaborateurs afin qu’ils soient payés par les services des assemblées.

Pour le reste, la nature du travail, les conditions et le lieu d’exercice des missions confiées relèvent de la discrétion du parlementaire qui signe le contrat de travail.

Tout va pour le mieux, donc

Jusque-là tout va bien effectivement sauf que l’on découvre que le système permet la création de véritables petites entreprise familiales, ce qui n’est pas interdit, mais qui sur le plan moral pose tout de même problème.

On découvre également dans l’affaire Fillon un très gros soupçon de travail fictif puisque l’intéressé elle-même (son épouse) déclare qu’elle n’a jamais été l’assistante de son député de mari (autrement dit nous serions dans un cas de détournement de fonds publics).

Juridiquement, c’est permis, encore faut-il préciser que ce sont en l’occurrence les parlementaires eux-mêmes qui votent les lois et les règlements qui leur permettent, au travers des mandats qu’ils détiennent du suffrage universel, de se livrer à ces acrobaties qu’ils sont les premiers à dénoncer lorsqu’ils parlent des pseudos errements des bénéficiaires de l’aide sociale publique et pour des sommes et des durées bien moindres.

Et ces bonnes âmes de brandir l’argument de la séparation des pouvoirs pour refuser toute intervention du pouvoir judiciaire dans ces montages que dans le privé l’on qualifierait sans doute d’abus de bien social : c’est légal, enfoncez-vous bien ça dans le crâne et circulez, il n’y a rien à voir.

On baigne dans la légalité

Parlons également du régime de retraite très spécial des parlementaires qui leur permet de toucher l’équivalent d’un SMIC après un seul mandat de six ans. Les smicards apprécieront.

Parlons aussi de l’indemnité représentative de frais qui s’ajoute à l’indemnité de parlementaire et de l’enveloppe pour les collaborateurs et qui a pu servir (ou sert encore) à rembourser les emprunts contractés par le parlementaire pour l’achat d’une permanence dans la circonscription et permet donc à terme la constitution d’un patrimoine privé avec de l’argent du contribuable.

Citons également une pratique bien répandue par le passé, (et qui touche à sa fin par la mise en place du non cumul de certains mandats) qui consistait à faire rémunérer par les impôts locaux des postes d’assistants ou collaborateurs qui géraient de fait le lien entre le conseil général ou la Mairie et le Parlement et qui s’ajoutaient aux collaborateurs parlementaires. On comprend pourquoi les réformes visant à supprimer une ou plusieurs couches du mille-feuille territorial n’a pas beaucoup d’écho auprès des députés et sénateurs.

Légal également, la mise en place d’un homme de paille à la Mairie de Nice destiné à contourner les textes concernant le non-cumul des mandats de M. Estrosi entre la ville et la présidence de la Région.

Légale enfin l’immunité parlementaire (qui ne peut être levée que par les bureaux des assemblées) et qui permet à certains parlementaires de continuer à siéger des années (et de se faire réélire) bien qu’ils soient mis en examen. Sur ce point on peut tout de même reconnaître qu’un mis en examen est présumé innocent mais pour le moins le parlementaire dans ce cas devrait céder son poste à son suppléant jusqu’au jugement définitif. Cela permettrait sans doute de limiter les procédures destinées à freiner la justice et éviterait les cas Balkany ou encore Dassault, ce dernier venant d’être lourdement condamné en première instance.

Saluons tout de même la mise en place du parquet financier qui a permis de juger rapidement l’affaire Cahuzac du non de ce ministre des finances, fraudeur fiscal (un comble) et citons la fameuse « phobie administrative » de M. Thévenoud, député socialiste.

Les dérives du système

Tout est légal, donc, mais on se rend compte que le statut particulier des élus pose tout de même question par rapport au droit commun applicable aux citoyens.

Ce statut, très avantageux, emporte le non renouvellement de la classe politique puisque le nombre des mandats de parlementaires n’est pas limité dans le temps. Ainsi, voit-on des élus qui n’ont aucune connaissance de la vie vécue par leurs concitoyens et qui trouvent logique leur statut privilégié.

Comment voter des lois qui s’appliquent aux autres lorsque soi-même on est à part ?

La durée de vie politique qui ne s’arrête pas à l’âge de 62 ans emporte également une très grande perméabilité aux souhaits et parfois exigences des lobbies qui assiègent les assemblées, contre l’intérêt général. Il n’est pas rare que des amendements préparés par le Medef, les institutions bancaires, les fabricants de cigarettes, les alcooliers, les chasseurs ou les professions médicales soient lus in extenso dans les hémicycles et dénaturent au final l’esprit des projets de lois.

Il est donc clair que la non limitation des mandats dans le temps a un impact certain sur la production parlementaire. Un plus grand renouvellement des assemblées limiterait de fait cette mainmise des lobbies sur le contenu des lois votées.

S’agissant de la vie démocratique, la non limitation du nombre de mandats a également des effets néfastes puisqu’elle se traduit par des promesses de campagne démagogiques destinées simplement à se faire élire. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

L’affaire Fillon est révélatrice mais c’est également une catastrophe pour le système

Même les candidats « hors système » s’insèreront un jour ou l’autre dans ce système et ses dérives. La pratique des « assistants parlementaires » payés par une institution mais n’effectuant pas leur missions au sein des assemblées qui les rémunèrent (par exemple les assistants du FN payés par le Parlement européen) montre bien qu’il est difficile de ne pas mettre les doigts dans le pot de confiture.

Aujourd’hui, on commence, dans le parti de M. Fillon, à parler d’accident industriel, d’élimination dès le premier tour. Les électeurs sont sidérés par cet homme réputé droit, gaulliste et catholique, comme il l’affirme lui-même, sombrer en s’abritant derrière des arguments de défense « légaux » alors que les électeurs ne parlent que de morale bafouée.

L’accident industriel, ce sont également les députés LR qui se voyaient déjà emportés jusqu’à l’Assemblée par une vague de droite et qui commencent à s’inquiéter pour leur rente.

Enfin, à qui profite l’affaire ? Sur ce point nous sommes déjà certains que le FN qui surfe sur le « tous pourris » engrangera des dividendes et que le petit nouveau Macron, ni de gauche ni de droite, si beau, si jeune, au charisme certain dans les meetings mais au programme vide attirera également des déçus de Fillon.

Pas sûr que la démocratie sorte grandie de cet épisode putride. Un jour, sans doute, nous nous reprocherons à nous même d’avoir laissé faire, d’avoir fait trop confiance à une classe politique hors sol et d’avoir confondu politique et téléréalité.

 

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 17:01

A peine les urnes de la primaire de « la belle alliance » rangées, le mercato d’hiver a commencé au PS et au PRG. C’est à qui fera la courbette la plus prononcée devant le nouveau gourou de la politique : je veux parler de M. Macron.

Pourquoi cet engouement soudain ?

Ce n’est pourtant pas le projet de l’ex ministre de l’économie qui peut attirer, il n’existe pas, tout juste de grandes envolées lyriques sur des estrades avec un enfilage de lieux communs en enjoignant à ses adeptes en transes de se mettre « en marche ». Presque un message biblique, destiné à masquer le vide du propos.

L’ex Ministre qualifié de traître il y a quelques mois se trouve désormais assailli de propositions de transfuges prêts à vendre leur honneur pour un plat de lentilles, à savoir une investiture pour les prochaines législatives.

C’est vrai que l’extrême pragmatisme dont se réclament certains « socialistes » ressemble plus aux rats quittant le navire qu’à une décision construite. Oubliées les utopies, place au pragmatisme, celui qui fait regarder la société avec les lunettes fournies par le Medef.

Le « droit de retrait » socialiste

Un groupe de capitulards s’est même formé au Parlement qui veut se prévaloir du « droit de retrait » dont on ne savait pas qu’il puisse s’appliquer aux élus de la République

Ce sont en effet les salariés qui disposent d'un droit d'alerte et de retrait dans toute situation de travail où il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

L’utilisation de ce droit par des élus de la République est une honte, de la part d’individus qui ne connaissent pas ou peu le monde du travail, qui l’ignorent et le méprisent, mais il est vrai qu’ils sont nés le lendemain de la honte comme on dit chez moi.

Il est où le danger grave et imminent ?

Quand il utilise son droit de retrait, le salarié doit alerter sans délai son employeur du danger, c’est-à-dire qu’en toute logique, les électeurs qui sont les employeurs des élus, devraient être mis au courant de cette situation de pré catastrophe qui menace le pays.

A priori, c’est donc la victoire de Benoit Hamon qui provoque ce phénomène de fuite vers des horizons plus cléments, c’est-à-dire dans le pays des bisounours proposé par Macron où il ne se passe rien et où on est assuré que l’ennemi ce ne sera toujours pas la finance.

Ce mouvement de renoncement permanent auquel nous étions déjà habitués depuis le début du quinquennat de Hollande serait donc l’alpha et l’oméga de toute politique française dont l’axe tendrait à se déplacer régulièrement vers la droite, tant et si bien que celle-ci drague désormais sur les terres du FN pour se démarquer.

Elle est où l’idée de parti politique ?

A droite où les traîtres et les coups de poignard dans le dos sont légions, on fait contre mauvaise fortune bon cœur et on se rallie comme un seul homme au vainqueur dès le soir de la primaire, ce qui donne parfois des photos et des propos cocasses, mais c’est la règle.

A gauche, on excipe d’un « droit de retrait » à défaut de se prévaloir d’une clause de confiance ce qui aurait eu davantage de panache et on s’apprête à rejoindre le traître d’hier devenu le nouveau messie, pas par conviction, non, mais pour pouvoir poursuivre sans difficultés une carrière politique bien entamée ou très prometteuse riche d’indemnités et de frais de représentation et d’enveloppes financières pour les collaborateurs d’élus.

Les convictions s’émoussent et les compromis avec le monde de la finance et celui du CAC 40 deviennent petit à petit des compromissions.

Les électeurs pris pour des imbéciles

Nous pensions benoitement que la règle qui prévalait dans les partis politiques était celle de la majorité. On ne peut pas dire que le résultat de la primaire, à presque 60/40 était serré et la légitimité de Hamon avec une progression du nombre de votants au second tour n’est pas discutable.

En acceptant ces primaires les signataires de la « belle alliance » s’étaient engagés à respecter les résultats (surtout sans doute si c’était Valls le gagnant). Ne pas reconnaître la légitimité de Hamon, c’est comme cracher à la figure des électeurs. Où sont-ils les chantres du suffrage universel, de la consultation citoyenne, du participatif et j’en passe et des meilleures ? Oubliés les grands principes. Les électeurs se sont trompés et ils ne sont pas dignes d’être représentés par nous les élus « responsables ».

Courrez-vite chez Macron !

Précipitez-vous donc bonnes gens élus ! Habillez-vous d’une chemise de nuit et de sandales. Portez une corde au cou et les clés du socialisme ancien dont les serrures sont définitivement grippées et allez-vous prosterner et faire pénitence devant votre nouveau maître Big Macron qui consentira peut être à épargner certains d’entre vous de la retraite définitive de la vie politique avec le sentiment de n’être plus rien, mais il est vrai que vous possédez déjà une réelle expérience en ce domaine avec vos traitrises et renoncements récurrents.

Et surtout, ne venez pas vous plaindre lorsque vos anciens électeurs vous cracheront à la figure dans la rue.  

 

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 09:25

Qu’est ce qui lui a passé par la tête au petit Benoit dont tout le monde parlait jusqu’à présent avec mépris et qui se voit propulsé en tête des primaires de la « belle alliance » ?

Relativisons, le danger est tout de même relatif, même s’il gagne les primaires de la gauche, il fera au mieux 4ème ou 5ème au premier tour de la présidentielle. L’enjeu est ailleurs, c’est-à-dire la prise de contrôle du PS afin de le rougir un peu jusqu’à la prochaine alternance, laquelle sera suivie du renoncement habituel pour raison de « pragmatisme ». On a vu ce que cela donnait avec Hollande…

Le microcosme éructe

Depuis le succès (tout à fait relatif) de Benoit Hamon dimanche soir, ses adversaires et le microcosme médiatique et financier éructent et, à défaut d’avoir un analyse construite sur le sujet, se bornent au mieux à parler avec condescendance d’utopie, de l’avènement de la société de la paresse et de la ruine des finances publiques.

Manuel Valls, « le candidat du travail » a ouvert le feu contre cette mesure dont il perçoit désormais l’importance et ne propose rien d’autre que d’assurer un « revenu décent », autrement dit l’assistanat actuel tellement décrié par la droite, pour les exclus du monde du travail et ceux qui sont condamnés aux petits boulots payés à coups de lance pierres.  

L’utopie

Hamon, lui, il serait plutôt dans l’utopie, mais pourquoi pas ? On ne demande pas à nos gouvernants d’être les gestionnaires des désastres du capitalisme, mais de les corriger, voire les combattre. Quant à savoir si une telle mesure serait susceptible de faire ce boulot, il est un peu tôt pour le dire, la mesure n’ayant été déclinée que partiellement par le candidat.

Le revenu universel, donc…

Il part de l’idée que la « destruction créatrice » des emplois n’est pas vérifiée et que les nouvelles technologies se traduiront par de plus en plus de chômage dans les années à venir et que par conséquent le plein emploi devient un rêve.

Bien sûr, cette analyse est combattue par le système actuel qui clame que les beaux jours reviendront, sauf que les statistiques du chômage disent le contraire et encore, on parle très peu des travailleurs ou auto entrepreneurs précaires qui survivent tout juste et dont la variable d’ajustement s’appelle « Resto du cœur, Secours catholique ou populaire ».

750 euros par mois pour les bénéficiaires des minimas sociaux et pour les jeunes de 18 à 25 ans : voici donc la première proposition du candidat, financée notamment par le redéploiement des aides sociales ainsi que les 45 milliards d’euros, donnés aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité, avec le succès que l’on sait en matière de création d’emplois…

Evaporés ces 45 Milliards, au mieux auront-ils servis à rétablir la trésorerie de certaines entreprises, par l’augmentation de leurs marges, au pire auront-ils été utilisés à verser de bons dividendes aux actionnaires (l’an passé fut une année à exceptionnelle à cet égard, puisque ce sont 56 Milliards qui ont été distribuées).

La théorie dite du « ruissellement » trouve ses limites dans cette goinfrerie financière qui profite aux plus riches qui s’enrichissent encore davantage laissant sur le carreau de plus en plus d’exclus (en France, 21 Milliardaires possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population française…)

La levée de bouclier

Les médias dont la majorité sont aux mains de milliardaires donnent le ton : pas de ça chez nous ! Pas la peine de débattre du sujet, sur ce qui le motiverait et sur ses effets au quotidien pour les exclus du marché du travail ou sur le pressurage libéral.

Ce qui gêne dans cette mesure pour ses adversaires, c’est l’idée même que le revenu universel serait à même de permettre par exemple à des agriculteurs de pouvoir vivre décemment en subissant moins la loi des industriels du lait ou de la viande ou des vendeurs de pesticide.

Ce qui gêne également, c’est la disparition d’une certaine « flexibilité » du marché du travail induit par une moindre demande de la part de jeunes qui pourraient ainsi se consacrer à plein temps à leur études au lieu de cumuler les petits boulots pour payer leur loyer.

Ce qui gêne, c’est aussi que les autoentrepreneurs « ubérisés » puissent choisir de ne plus travailler 12 heures par jour pour s’assurer des revenus décents.

Bien évidemment, on se garde bien de mesurer l’impact d’une telle mesure sur l’économie (les bénéficiaires sont aussi de consommateurs et ont également des projets) et sur la citoyenneté (les « assistés » ne seraient plus regardés comme des loosers et seraient davantage enclins à participer à la vie de la collectivité et à faire du bénévolat) et sur le coûteux mille-feuille public et privé qui accompagne les personnes en précarité.

Ce qui gêne enfin, c’est que le système actuel puisse être réformé : trop d’intérêts en jeu, trop de pouvoirs qui en résultent. Lorsqu’on parle de réforme c’est toujours pour faire un pas en arrière, pour limiter les droits des salariés ou de précaires. On ne touche jamais au vrai scandale de la précarité, des jeunes qui « choisissent » des études courtes (ou pas d’études du tout) parce qu’ils n’auront jamais les moyens d’en faire des longues (on réserve cela aux élites ou à ceux qui peuvent s’endetter).

Le progrès ou le recul

Soyons clair, je n’ai pas voté aux primaires de gauche ni à celles de droite. J’attends seulement que les choses se décantent avant de savoir si j’irai voter ou non aux présidentielles. Une chose est certaine, j’en ai assez de voter contre et, placé devant une situation à la 2002, je m’abstiendrai.

On a coutume de dire que la France importe avec dix ans de retard ce qui se fait de pire aux Etats Unis.

Aujourd’hui, Trump, un milliardaire, est au pouvoir. Les américains vont s’apercevoir rapidement que lui et ses secrétaires d’Etat milliardaires n’ont pas été élus pour partager mais pour promouvoir l’idée de la fermeture au monde et la limitation des droits qui ne peut se traduire que par un recul pour les plus pauvres et les minorités.

Gardons-nous de ce genre d’aventure, même si parfois l’impression qui prévaut est de mener un combat d’arrière-garde tant le Trumpisme à la française semble avoir le vent en poupe.

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 10:06

Vous pensiez que cette réforme était faite pour le citoyen ? Grave erreur !

Voilà ce qu’on peut toujours lire sur le site du gouvernement consacré à la réforme territoriale http://www.gouvernement.fr/action/la-reforme-territoriale

« Aujourd’hui, la France compte quatre échelons administratifs locaux qui se partagent des compétences : commune, intercommunalité, département et région. Cet empilement des échelons d’administration, les compétences partagées et les financements croisés sont souvent résumés par l'expression "millefeuille territorial". Cette organisation est souvent illisible pour le citoyen et nuit à l’efficacité de l’action publique des territoires.

Une importante réforme territoriale portée par le chef de l’État entend transformer pour plusieurs décennies l’architecture territoriale de la République. En jeu, la baisse des dépenses publiques et une meilleure prise en compte des besoins citoyens ».

Les textes concernant cette « importante réforme » ont été votés depuis 2014 et il est temps de vérifier si les objectifs de baisse de la dépense publique et de meilleure prise en compte des besoins des citoyens ont été tenus ou le seront et si l’organisation est devenue plus lisible.

Où en sommes-nous au moment où les textes s’appliquent ?

Le non choix, les tergiversations de Hollande (je supprime ou pas le Conseil Général ?), avec en prime les déclarations contradictoires des Ministres Lebranchu et Vallini caractérisent cette réforme qui n’en n’est pas une. On a juste fait bouger certaines lignes en prenant soin de ne pas heurter les élus locaux. Quant à la baisse des dépenses publiques, seul l’Etat, qui a décidé unilatéralement de diminuer les dotations versées aux collectivités locales, a fait quelques bénéfices mais pas le contribuable qui alimente indifféremment les budgets de l’Etat et des Collectivités territoriales, la fiscalité locale étant en augmentation constante.

Un jeu de bonneteau, rien d’autre !

Une meilleure lisibilité par le citoyen ?

Disons-le tout net, le citoyen lambda avait déjà beaucoup de mal à s’y retrouver dans le mille-feuille et pour trouver la fève il fallait être patient tant les intérêts des différentes collectivités imbriquées les unes dans les autres et les divergences politiques empêchaient une lecture simple. Quelles étaient les compétences des communes, des intercommunalités, des Départements et des Régions ?

Ces questions se posaient essentiellement au moment d’effectuer une démarche administrative (Permis de construire, transports scolaires, accès à l’aide sociale, inscription dans un collège ou dans un lycée, voirie, accès à la culture…) et faute de lisibilité, c’était avant tout la débrouille ou les réseaux, les plus débrouillards étant bien entendu avantagés.

Alors, aujourd’hui ? C’est la même chose…

 Le transfert de compétences d’une collectivité à l’autre complexifiera un peu plus la lecture de ceux qui avaient réussi à assimiler le système précédent. Les transports scolaires et interurbains passent du Département à la Région, la gestion de la voirie passe du Département aux Métropoles (là où il y en a) à l’intérieur de leur aire, le Département gardant la gestion du reste du territoire. Quelques compétences, notamment dans le social, la prévention ou bien la gestion des collèges sont susceptibles de passer également du Département aux Métropoles (mais cela peut varier d’une Métropole à une autre…) et le Département perd ses compétences économiques et en matière de gestion des déchets qui sont confiées également à la Région.

Ce sont désormais les Métropoles et les intercommunalités qui exerceront en lieu et place des communes qui les composent la gestion de la compétence urbanisme.

On l’aura compris, les communes perdront une partie de leur autonomie au profit des intercommunalités, mais le grand perdant de la réforme, c’est le Département qui sort laminé de cette réforme au point que la question de son utilité est fortement posée.

Petite sucette pour consoler le Département : l’élaboration d’un schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services publics (en coresponsabilité avec l’Etat, pour éviter les dérapages…). Cela nous promet de bien belles réunions.

Au final, toujours quatre échelons administratifs, toujours des compétences partagées et sans doute encore des financements croisés et une collectivité croupion (le Département) essentiellement axée sur le social.

Où sont les économies annoncées ?

Ne vous faites pas d’illusions, il n’y en aura pas et il faut prévoir plutôt des surcoûts qui viendront plomber un peu plus vos feuilles d’impôts locaux.

Des exemples ? 

Prenons les nouvelles Régions dans lesquelles les nouvelles dépenses seront nombreuses (Augmentation des indemnités d’élus et des fonctionnaires et des frais de déplacements, dépenses nouvelles de communication et de logistique et surtout des surcoûts immobiliers générés par la construction de nouveaux « palais régionaux »).

Prenons les intercommunalités dans lesquelles les regroupements ou les modifications des périmètres vont aboutir au regroupement des personnels des anciennes structures et parfois à la création de « plateforme techniques » éparpillées sur le territoire, pour la gestion desquelles on va recruter des personnels supplémentaires et investir dans de nouveaux équipements.

Pour les communes qui vont fusionner, c’est à peu près la même chose, c’est-à-dire qu’on garde tout le monde, sans regarder si des économies d’échelles sont réalisables (il est vrai que le maintien provisoire des dotations d’Etat pour ces communes nouvelles n’incitera pas aux économies).

Rappeleons-nous que lors de la création des intercommunalités dans la fin des années 90, les personnels territoriaux des communes qui auraient dû être transférés dans ces nouvelles structures ne l’ont pas été comme il aurait fallu et que de nombreux recrutements ont été opérés par les Présidents des intercos pour lesquels le prestige reposait également sur des troupes conséquentes. On n’a rien appris ou plutôt, on ne veut rien voir, pour éviter des problèmes sociaux. Les doublons existent déjà et on va vraisemblablement vers des « triplons ».

Enfin pour le Département qui perd pas mal de ses compétences au profit, soit de la Région, soit des Métropoles, les transferts de personnels se font à minima, ce qui induit des postes en surnombre qui seront conservés et d’autres qui seront créés dans les collectivités bénéficiaires des transferts de compétences.

Le foutage de gueule annoncé est là et bien là !

Si vous aviez quelque espoir d’une rationalisation des compétences au lieu d’un éparpillement, d’une diminution du mille-feuille et au final d’une meilleure lisibilité par le citoyen, comme annoncé sur le site gouvernemental, oubliez !   

Cette réforme n’a pas été faite pour vous, mais pour les élus et par les élus (on n’est jamais si bien servi que par soi-même).

Le but était de conserver les quatre échelons existants pour conserver autant que possible les mandats existants et les élus qui vont avec qui font aujourd’hui la force des partis politiques, à défaut d’adhérents.

Mission accomplie, pourrait-on dire puisque les quelques 550 000 mandats de parlementaires et de conseillers divers et variés des collectivités territoriales (et toutes les petites mains qui gravitent autour de ce beau monde) n’ont pas ou peu été touchés (à part les délégués communautaires qui seront moins nombreux – mais ils sont toujours élus dans leurs communes).

D’ailleurs, Mme Gâtel, Sénatrice d’Ille et Vilaine et Vice-Présidente de l’association des Maires de France, déplore le fait que « des communes vont perdre des élus communautaires en cours de mandat, ce qui est une aberration ».

Je ne partage pas ce point de vue qui consiste à plaindre les élus avant de s’occuper de la situation des citoyens et des territoires.

Une fois de plus le lobby des élus et des partis politiques a très bien fonctionné, au détriment de la démocratie locale.

Continuez de payer vos impôts locaux… Et surtout ne soyez pas étonnés s’ils augmentent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:33

Présidentielles 2017 : un coup pour rien

Quel que soit le résultat de ces élections, rien ou peu de choses sont susceptibles de changer en France, juste un asservissement supplémentaire aux lois du marché si la droite l’emporte ou quelques mesures cosmétiques si c’est la gauche. Encore faut-ils s’entendre sur le mot gauche, celle de Mélenchon ou bien celle de Valls en passant par le zeste de gauche consensuel d’un Macron qui plait tant aux bobos ?

Si la droite…

Quand on dit droite, on pense bien entendu à Fillon ou bien encore à Le Pen, encore que la frontière entre les deux soit devenue très perméable depuis la primaire des républicains. En effet, le candidat que l’on n’attendait pas a remporté le match grâce à l’électorat catho d’extrême droite du FN qui a vu en Fillon un espoir de voir leurs idées accéder au pouvoir, alors que Mme Le Pen continuera, comme d’habitude à jouer les outsiders.

C’est vrai qu’il peut rassurer, ce bon M. Fillon, avec ses airs de Conseiller Général de province, tout juste sorti du confessionnal et ses « convictions catholiques », mais rassurer seulement ceux qui partagent « ses valeurs ». Qu’importe si l’intéressé est porté aux nues par Bachar el Assad ou Poutine, deux grands démocrates, dont le premier s’évertue à tuer ses opposants avec l’aide du premier sous couvert de guerre contre Daesh, la fin justifie les moyens…

Avec Fillon, c’est le retour du confesseur rigoriste avec la mise aux bans de la société les « profiteurs » du système social ou les profiteurs de l’emploi stable. Il faut faire des sacrifices pour gagner le paradis sur terre, mais il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Pour ceux qui ne s’appellent pas Bettencourt, Arnault, Pinault ou autres milliardaires assis sur leur tas d’or, l’espérance d’une vie future meilleure dans l’au-delà est désormais la seule promesse électorale crédible.

Avec Fillon, le châtelain, c’est le retour de la France rurale, de « la terre qui ne ment pas », celle des comices agricoles, des inaugurations de ronds-points, des dépôts de gerbe, de la bise à la centenaire de la maison de retraite et du banquet des chasseurs avec photo en couleur dans la presse locale.

Tout le contraire de la France rurale qui se bouge, innove, invente pour ne pas crever et retisse des solidarités qui n’existent plus dans le paysage urbain. Tout le contraire de ce qui se passe autour de Carhaix dans le sillon du festival des Vieilles Charrues.

Avec Fillon, c’est le statut quo pendant cinq ans, l’attente que les choses bougent sans rien provoquer pour que cela se passe, le boulevard toujours grand ouvert au capitalisme qui tue l’emploi, et au bout des cinq ans, peut-être, sans doute, à l’instar du quinquennat inutile d’un Hollande, la promesse d’un avenir radieux avec le FN.

En fait, Fillon, c’est Trump sans la grossièreté, « convictions religieuses » obligent.  

Si la gauche…

Bon, disons le tout de suite pour la gauche ce sera un coup pour rien, juste un petit tour de piste destiné à savoir qui prendra les rênes du parti pendant la traversée du désert.

Si avec la droite on n’est jamais déçus, avec la gauche, le quinquennat qui vient de s’achever nous a fait prendre conscience de l’écart qui existait entre les promesses socialistes et l’application d’un programme libéral que n’imaginait pas le Medef dans ses rêves les plus fous : open bar pour les entreprises avec 40 Milliards distribués pour 150 000 emplois seulement, rabibochage avec « mon ennemi c’est la finance » et abandon de la renégociation du traité financier européen.

Ajoutons à cela la l’épisode pitoyable de la déchéance de nationalité avec sa majorité heureusement introuvable et le sentiment que l’intéressé était juste rentré à l’Elysée parce qu’il avait vu de la lumière.

Qui arrivera en tête des primaires de la « Belle Alliance » ? A vrai dire on s’en fiche un peu et les sondeurs qui ont fait preuve de leurs limites lors de la primaire de droite s’essayent mollement à pronostiquer la victoire d’un Valls qui est au socialisme ce que Cahuzac est à l’honnêteté.

Alors Montebourg, Hamon, qui se distinguent par quelques propositions dont on n’est absolument pas certains qu’elles verront un début de réalisation en l’absence de suivi citoyen, ou bien Sylvia Pinel, Bennamhias qui frisent le zéro pointé ou Jadot qui peut espérer quelques voix, quelle importance ?

Le plafond de verre pour les autres

Mélenchon qui a du mal à être crédible malgré une cote qui monte, Le Pen phagocytée par Fillon, en proie à ses oppositions internes et qui propose le repli sur soi, Macron le banquier, « ni de gauche ni de droite », c’est-à-dire de droite et les autres candidats exotiques, n’ont aucune chance de se faire une place au soleil. Ils sont juste présents comme témoins, témoins d’un système capitalistique qui verrouille tout, empêche tout avec son chantage à l’emploi, système dans lequel Bernard Arnault, une des plus grosses fortunes de France pose pour la photo avec Trump et où les médias sont quasiment tous aux mains du capital : tout est dit !

Rien ne se fera avec ce système perverti dans lequel les politiques mangent dans la main de ceux qui dirigent en fait le pays sans avoir jamais été élus.

Cela pourrait, à terme donner des idées citoyennes dépassant les clivages et refusant cette mainmise du capital et sa cohorte de courtisans qui entretiennent une carrière politique bien à l’abri des aléas économiques.

  

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 20:16

Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir (La Fontaine).

Après le jugement (très clément) de la Cour de Justice de la République Christine Lagarde ne pourra plus dire qu’elle était « aux responsabilités » comme le font les anciens Ministres quand ils parlent du bon vieux temps.

Par contre elle pourra toujours dire qu’elle était aux « Affaires » en entretenant la confusion entre les affaires publiques et les affaires louches, celles qui donnent lieu à des « arbitrages » douteux dans le secret des Ministères et de l’Elysée.

Question :

Sachant que le 13 mai 2016 dernier une personne sans domicile fixe de 18 ans, qui s'était introduite dans une maison de Figeac pour y voler du riz et des pâtes "par nécessité", a été condamnée à 2 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cahors, calculez la peine encourue par une ancienne Ministre pour une « négligence « ayant conduit à l’attribution de 403 000 000 d’euros de fonds publics à un homme « d’affaires » dont 45 Millions au titre du préjudice moral, suite à un arbitrage frauduleux.

Réponse : elle a été déclarée coupable, mais a été néanmoins dispensée de peine eu égard à « sa personnalité et sa réputation ».

Elle est pas belle la vie ?

Tout avait pourtant bien commencé lorsque la Présidente de la Cour avait fait une comparaison entre les 45 millions de « préjudice moral » versés aux époux Tapie et les 30 à 50 000 euros de préjudice versés en général pour la mort d’un enfant, mais la suite est moins glorieuse pour l’institution.

Vous aurez sans doute remarqué la grande différence entre la justice ordinaire dite de comparution immédiate qui enfile au quotidien les condamnations à de la prison ferme et la justice d’exception, celle qui prend son temps et pratique l’entre soi.

En effet comment qualifier cette cour de justice de la République ou se retrouvent trois magistrats professionnels et douze parlementaires (six de gauche et six de droite) ? Les loups ne se mangent pas entre eux et puis condamner ses pairs serait mal vu dans la corporation des élus ! Et puis, il y va du prestige de la France : condamner Christine Lagarde aurait pu conduire à sa destitution du FMI, rendez-vous compte !

C’est un peu comme les médecins « experts » juges et parties qui donnent un avis favorable à la mise sur le marché d’un médicament fabriqué par un labo qui les rémunère pour des « conseils » ou des « études » : cela finit en scandale (Médiator, Dépakine)

Et tout cela, c’est avec votre argent, celui des contribuables. C’est vrai que les caisses de l’Etat débordent de pognon et que 400 Millions de plus ou de moins…

Avec 400 Millions d’euros, t’as plus rien…

Juste 65 kilomètres d’autoroute, 800 ronds-points à 500 000 euros l’unité ou bien 4 000 000 de paires de basket d’une marque célèbre ou bien encore une prime de 210 euros par smicard ou bien enfin 19 mois d’augmentation du Smic décidée récemment pour les 1.9 millions de smicards.

Cela donne parfois le vertige de ramener de telles sommes à notre quotidien, mais il faut savoir que c’est monnaie courante, si j’ose dire, dans les hautes sphères, celles que nous ne connaîtrons jamais, qui « arbitrent » là où un recours judiciaire serait nécessaire, qui pratiquent l’optimisation fiscale ou bien qui rémunèrent leurs dirigeants à coups de millions tout en faisant des plans sociaux.

Mais, chut ! Ce ne sont pas vos affaires, circulez, il n’y a rien à voir comme pour la cellule dite « de dégrisement » de Bercy dans laquelle les exilés fiscaux s’achètent une virginité judiciaire à coup de millions de pénalités. Un bon arrangement vaut mieux qu’un mauvais procès, n’est-ce pas ? Sauf que pour le voleur de nouilles de Figeac, il n’y a pas d’arrangement possible et il faut bien faire la différence entre le vol ordinaire et la « négligence ». Tout est dans la nuance.

Nous sommes dans l’indécence

Tout cela sent mauvais et on se prend à penser que le fusible Lagarde a servi de caution à d’autres, celui qui par exemple dépense le double des sommes permises pour sa campagne présidentielle et certifie « sur l’honneur » la justesse des comptes de campagnes en disant que c’est pas lui, mais les autres. Bel exemple d’honnêteté et de responsabilité !

« Deux poids, deux mesures », c’est sans doute l’amendement qu’il faudrait introduire dans nos textes fondateurs que sont la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la constitution, cela aurait le mérite d’être clair.

D’ailleurs, Madame Lagarde ne s’y est pas trompée en ne venant pas assister au prononcé du jugement par la cour, retenue qu’elle était par ses fonctions à Washington. Tout est dit. Un bras d’honneur à cette justice qui avait eu l’audace de la convoquer.

Madame Lagarde a ajouté l’indécence à la négligence, mais il est vrai que l’indécence n’est pas punissable. 

  

 

 

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 11:16

Les gentils automobilistes français

Ils sont gentils les automobilistes ! On leur dit qu’ils polluent (et c’est vrai !) et ils acceptent d’emblée la circulation alternée. Par contre ils s’opposent à une taxation supplémentaire de deux centimes sur le carburant

La manipulation des esprits

Demander à tous les français s’ils sont d’accord ou non pour des mesures qui ne concernent qu’une partie de la population relève d’une première manipulation parce que toutes les  personnes interrogées (sondage Odoxa pour « Le Parisien) n’habitent pas dans les métropoles concernées par la circulation alternée (Paris, Lyon, Grenoble,…).

Finalement, tant qu’on peut trouver une mesure qui s’applique aux autres, ça ne mange pas de pain et de toutes les façons, on ne voit pas en quoi une taxation supplémentaire, qui serait par ailleurs discriminatoire, résoudrait la question de la pollution.

Un bon sondage ne serait rien sans un micro trottoir dans les médias et là, la palme de du commentaire indigent revient à cette cycliste casquée déclarant qu’ « il faudrait une pénurie d’essence pour que les automobilistes comprennent » oubliant sans doute que son magasin bio ne pourrait plus être livré de concombres bio en provenance d’Espagne.

Tout et n’importe quoi, donc…

Les médias se livrent goulument à ce genre de manipulation qui accrédite la thèse que les automobilistes seraient les seuls responsables de la pollution, ce qui est faux puisque la circulation automobile représente 28% du total !

Encore faudrait-il déduire de ces 28 % la pollution des camions, celle des autobus urbains, celle des cars interurbains, sans oublier celle des cars « Macron ».

Mais alors me direz-vous d’où proviennent les 72 % de pollution dont on parle peu ? On en parle peu parce qu’il ne faut pas froisser quelques lobbies bruyants, ou influents dans les médias, qui pourraient être vexés d’être montrés du doigt alors qu’ils œuvrent pour l’intérêt général et l’économie : je veux parler des industriels et des agriculteurs qui représentent environ les deux tiers des 72 % de cette pollution.

Ajoutons pour être complet que le derniers tiers des 72 % provient du chauffage (individuel et chaufferies collectives) et là également, sont montrés du doigt les seuls « pollueurs » qui se chauffent au bois avec une cheminée ouverte.

Donc, les automobilistes sont priés de se convertir aux « déplacements doux » et les adeptes du feu de cheminée d’acheter des inserts.

L’écran de fumée des politiques publiques

Il pollue l’espace démocratique aussi sûrement que la pollution aux particules fines le fait pour l’air que nous respirons. Déclinées, les politiques mises en œuvre pour limiter la pollution sont un mélange de laisser-faire (pour les industriels et les agriculteurs) de coercition pour les automobilistes et d’abandon des mesures alternatives au « tout voiture et au tout camion ».

Pour les automobilistes dont c’est souvent le seul moyen de déplacement, la sanction est évidente, d’autant que les politiques en faveur des transports collectifs semblent figées. On se souviendra à cet effet que l’écotaxe destinée à financer des projets de transports collectifs a été abandonnée sous la pression des lobbies cités plus haut. Ne restent donc que les mesures d’interdiction de la circulation, la fermeture d’axes, les plans de circulation, les limitations de vitesse, les obstacles sur les chaussées (ilots, ralentisseurs,…), dont on cherche encore les effets sur la pollution.

On peut parler également du cadeau « Royal » fait aux concessionnaires d’autoroutes qui se traduira par 500 millions d’euros supplémentaires collectés sur le dos des automobilistes pour le plus grand bien des actionnaires de ces sociétés dont les dividendes ont plus que doublé en 2015 pour atteindre 3.3 Milliards.

Localement, cela donne quelques effets cocasses

Lors des enquêtes publiques pour la mise en œuvre des Plans Locaux d’Urbanisme dans les grandes agglomérations, la langue de bois technocratique est de rigueur et pour densifier l’habitat (et donc la population) dans les communes périphériques, sans mesures nouvelles en matière de transports collectifs. On semble se satisfaire de l’accroissement de la circulation avec la ville centre et les bouchons qui vont avec. C’est ce qu’on appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau ». Dès lors, on mise sur la lassitude des automobilistes qui finiront bien par se convertir au vélo : un coup de peinture sur la chaussée, ça ne coûte pas cher !

Second effet en matière d’habitat : la densification et la construction en hauteur dans des zones pavillonnaires et le bourrage urbain : là également on mise sur la lassitude des habitants qui finiront bien par partir (ou mourir) pour continuer à densifier au risque d’avoir à terme une population « exfiltrée de la ville centre » assignée à résidence faute de moyens de transports.

Pourquoi, cette densification me direz-vous ? Et c’est là qu’on boucle avec la protection du lobby agricole puisque la préservation des terres agricoles dicte la politique d’urbanisme et est érigée en dogme « incontournable » par les élus. Ils ne soucient à aucun moment du fait que la pollution agricole est certainement aussi importante que la pollution des véhicules particuliers.

Enfin, pour être complet, soulignons l’hypocrisie d’élus locaux qui font tout pour limiter l’usage de la voiture individuelle avec les mesures évoquées plus haut, tout en donnant des subventions financières directes ou déguisées à un constructeur automobile situé dans leur aire géographique afin qu’il alimente les chaînes de production avec un nouveau véhicule. Le court-termisme électoral est ici à l’œuvre. Le chantage à l’emploi des industriels également.

Le message est clair

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne les utilisez pas !

Laissez l’agriculture productiviste pourrir les terres agricoles !

Continuez à manger du bio, même si votre concombre fait mille Kms en camion pour arriver dans votre assiette !

Acceptez d’habiter loin de votre lieu de travail et allez-y en vélo : de toutes façons, il n’y a plus d’argent pour les transports collectifs !

Continuez à croire ce que les médias vous disent !

 

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