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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 17:54

Et le gagnant est…. L’abstention

Pas de quoi pavoiser au vu des résultats de la participation du second tour des législatives. Avec 57,36 % d’abstention on atteint des sommets, encore faudrait-il ajouter les bulletins blancs (2.96 %) et les nuls (1.25%) pour avoir un état des lieux précis des suffrages qui se sont portés sur les candidats, soit seulement 38.43 % des inscrits : une déroute démocratique !

Le plus surprenant, c’est que les commentateurs qui commentent et les partis, vainqueurs comme vaincus ne s’attardent que très peu sur ces résultats pour ne retenir en définitive que la victoire écrasante des uns ou la déculottée mémorable des autres.

Ah, ces abstentionnistes irresponsables !

On ne pourra pas dire que l’on n’avait pas été prévenus : tous les scrutins nationaux ou locaux depuis une vingtaine d’années ont vu peu ou prou croitre le nombre des abstentions. Pour les législatives, le phénomène a commencé à être marquant en 2002 (souvenez-vous, après le second tour de la présidentielles Chirac/Le Pen).

Déjà, à l’époque, on minimisait le phénomène en disant que c’était la présidentielle qui comptait et que les électeurs donnaient toujours une majorité au Président élu, ce qui était démobilisateur. Pour la séquence de 2017, nous avons eu droit aux mêmes commentaires, sauf que la victoire de Macron à la Présidentielle a été beaucoup moins nette que pour Chirac, bien qu’on nous a refait le coup du danger du Front National qui était aux portes de l’Assemblée Nationale.

Parmi les autres commentaires indigents, nous avons également eu le droit, comme d’habitude à « ces irresponsables d’abstentionnistes » que d’aucuns se hasardaient à comparer à ceux qui allait se réfugier aux Etats Unis devant l’avancée des Allemands en 1940 (tout dans la nuance).

Bien entendu, période de chaleur oblige, nous avons eu également droit également à cette explication facile pour expliquer la désertion des bureaux de vote, sans compter la « déferlante Macron » annoncée qui a été démobilisatrice sur l’électorat.

Enfin, explication plus plausible, la lassitude après dix mois de campagne électorale et l’écœurement devant les affaires et scandales de toutes sortes.

Et si tout bonnement les français avaient exprimé un rejet de la classe politique qui compose les partis dits « de gouvernement ?

Un grand merci pour l’ensemble de leur œuvre

De Chirac, l’immobile du second mandat, en passant par Sarkozy, l’agité, pour arriver à Hollande, spécialiste du reniement, rien ne nous aura été épargné ces quinze dernières années.

La maison brûlait, semble-t-il, sous Chirac, qui s’était soudainement piqué d’écologie en oubliant la fracture sociale et qui a fini devant les juges après son second mandat pour des casseroles qui n’étaient plus couvertes par l’immunité présidentielle.

Pour Sarkozy, on nous explique qu’il a dû faire face à « la crise » et qu’il n’a pas pu faire tout ce qu’il avait prévu. La séquence judiciaire est désormais ouverte pour lui, comme son prédécesseur.

Hollande, on ne pourra pas lui enlever cela, n’est pas, à priori, concerné par des affaires, mais figurera comme le Président qui aura fait exactement le contraire de ce qu’il avait promis. Souvenez-vous « mon ennemi, c’est la finance », « je renégocierai les traités européens » : on en rit (jaune) encore.

Le fil conducteur pour ces trois derniers Présidents de la République, c’est d’avoir divergé vers des sujets sur lesquels on ne les attendait pas (l’écologie pour Chirac, les débats fétides sur la nationalité pour Sarkozy, et la déchéance de nationalité et les largesses du pacte de responsabilité pour Hollande) à défaut de tenir leurs promesses en faisant ce pour quoi ils avaient été élus.    

Oublier tous les Ministres et parlementaires pris la main de le sac des affaires serait renvoyer toute la responsabilité sur les exécutifs, ce qui serait profondément injuste.

Cette œuvre gigantesque qui aboutit à des taux records d’abstention n’aurait pas été possible sans les Balkany, les Guéant, Thévenoud ou bien encore les Cahuzac et Le Roux (liste non exhaustive) avec une mention spéciale pour Fillon qui aura été « l’animateur » de cette campagne et le provocateur du suicide collectif de son parti programmé pour gagner tout en 2017.

Qu’on ne s’y trompe pas, il serait injuste de ne parler que des affaires des socialistes, des républicains ou du Front National. Chez les nouveaux venus « en marche », un doux parfum de scandales caresse nos narines. Normal, puisqu’ils sont l’émanation de cette ancienne politique venus relancer leur carrière chez Macron. Difficile de faire du neuf avec du vieux.

Le message de l’élection

Avec seulement 16.35 % des inscrits « La République en Marche » se retrouve avec une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale. Cela les oblige, car il est impossible de prévoir ce qui se passera lorsque Macron entrera dans « le dur » (droit du travail, CSG pour les retraités, taxe d’habitation pour certains et pas pour d’autres,…).

En fait, la politique de Macron consiste, comme celle de ses prédécesseurs à travailler dans un périmètre constant (salariés, retraités) en prenant aux uns pour donner aux autres. Dans ce périmètre ne sont pas inclus les activités bancaires et l’économie qui en fait dirigent le pays. Rien de nouveau sous le soleil, donc, sinon une aggravation de la situation des personnes concernées et des cajoleries et des friandises pour les autres, tout cela au nom de la fameuse et inefficace de la « théorie du ruissellement » qui consiste à dire que ceux qui s’enrichissent en font profiter d’une manière ou d’une autre le petit peuple. Juste une aumône, rien de plus.

En ce sens la politique de Macron continue, en les aggravant, les politiques menées sous les quinquennats précédents.

C’est pourquoi, il convient d’être très prudent sur le sens à donner à l’abstention massive : il ne s’agit plus de quelques j’menfoutistes comme on avait coutume de la dire mais vraisemblablement d’une abstention réfléchie qu’on aurait tort de prendre à la légère.    

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:16

Lendemains de fête

Voilà, le peuple a parlé. Il a mis au pouvoir un libéral bon teint et renvoyé à ses remontées de bile la candidate extrême experte en récupération.

Deux camps se sont affrontés sur le terrain des idées, enfin, si l’on peut dire car si l’heureux élu a su convaincre une majorité de votant en faisant montre d’une volonté sans faille, en surfant sur sa jeunesse et son intelligence et en restant flou sur le reste, la candidate évincée a elle-même savonné la planche en revenant aux fondamentaux des partis d’extrême droite à savoir l’invective et le refus du débat.

D’un côté, donc, des promesses de vendeur d’aspirateur, de l’autre la mise en lumière de l’incompétence à revêtir le costume.

La trouille a parlé

Une fois de plus, ces élections auront été marquées par la trouille, celle du FN, celle de la violence verbale, de l’exclusion de l’autre et de l’isolationnisme du Pays, bien que sur ce dernier point on puisse partager une part de diagnostic sur l’inefficacité des institutions européennes sans partager pour autant l’administration du remède de cheval préconisé.

D’un côté, donc, un bloc bien soudé, mais friable, autour de celle, le seule qui « aime la France » prêt à tout accepter, y compris les solutions extrêmes proposées par le chef, et de l’autre, un gentil garçon, ni de droite, ni de gauche qui nous fait l’éloge de la mondialisation, du rôle des élites économiques, sans nous dire comment il va s’y prendre pour éradiquer la « fracture sociale » qui divise le pays depuis 20 ans.

Comment qualifier cette élection ?

S’agit-il d’un vote d’adhésion ou de refus ? Nous sommes tellement habitués à voter contre depuis 15 ans que nous semblons ne plus savoir ce que c’est que d’adhérer à un projet, encore faudrait-il que les projets soient ensuite mis en œuvre, ce qui est rarement le cas. L’exemple du quinquennat calamiteux qui s’achève qui a conduit à qualifier de frondeurs des parlementaires qui voulaient simplement respecter les promesses de 2012 du Bourget démontre qu’on peut faire passer n’importe quoi avec la langue de bois et le rouleau compresseur de la communication politique.

Côté « ambiance », nous avons été gâtés, au point de pouvoir dire que les faits divers de campagne (emplois fictifs, costumes sur mesure, rumeurs sur les comptes offshore,…) abondamment relayés par les médias en continu auront contribué à transformer cette élection en épisode de télé réalité quotidien, une sorte de « plus belle la vie » en quelque sorte, destiné à faire oublier le reste, c’est-à-dire la vacuité des programmes et des promesses électorales.

On en arrive à penser qu’au lieu d’organiser un vote formel, il serait possible de taper sur la touche 1 pour garder un candidat, sur la touche 2 pour le faire sortir du loft Elyséen, et sur dièse pour ne pas se prononcer. On gagnerait du temps et de l’argent et au lieu de faire durer la campagne sur 8 mois comme cela a été le cas depuis les primaires, on pourrait simplement faire quelques émissions en prime time, avec l’espoir de gagner une cagnotte et un séjour à Disneyland pour quatre personnes pour inciter à une plus forte participation.

Au final, cette élection fut celle de la nausée, du clivage, des rancœurs, de la bile qui remonte et de la fausse promesse de lendemains qui chantent.

Quelle est la composition de l’électorat qui a mis le vainqueur au pouvoir ?

Ni de gauche, ni de droite, bien sûr, encore faut-il attendre les résultats des législatives pour voir de quel côté la balance va pencher en cas de cohabitation obligée et là nous verrons à nouveau à l’œuvre les subtilités du système politique français où pour un plat de lentilles (ou plutôt un bon poste ou le vote d’un amendement en faveur d’un lobby) le personnel politique est prêt à tout, surtout à oublier et à enfouir profondément ce qui fait sens pour l’électeur lambda. Il ne faudrait pas confondre démocratie représentative et mandat impératif, tout de même !

En fait l’électorat du gagnant se compose de quatre tiers (tout dépend de la grosseur des tiers comme disait Pagnol) : un premier du centre, parce que c’est par là que commence le mélange subtil des renoncements, le second de gauche, enfin celle qui se renie depuis 20 ans en glissant vers la droite et qui se fait absorber par le centre (les fameux socialistes du « réel »), le troisième de droite, celle qui aime par-dessus tout être aux affaires et qui n’a pas encore mis le pied gauche dans l’extrême droite et enfin le quatrième tiers, très transversal qui est allé au-devant de la victoire par trouille, convaincu qu’il a été par tous les bobards qu’on lui a fait avaler sur la possible arrivée de l’extrême droite aux affaires.

Vous agitez le tout et il y a des chances pour qu’un nombre très important de cocus se disent déçus à court terme en attendant les prochaines élections où on nous resservira le même plat avarié du danger du Front National pour aller veauter en masse pour n’importe qui.   

Ceux qui ne se sont pas prononcé

L’élément majeur, ce sont quand même les 25 %  d’abstentionnistes auxquels il faut ajouter les votes blancs ou nuls (10 % environ) sans parler des 6,5 Millions de Français non-inscrits sur les listes électorales. Même sans ces derniers, le nombre de suffrages exprimés par rapports aux inscrits s’établit à (67%), et le nouveau Président n’a par conséquent été élu que par (47 %) des électeurs inscrits : pas de quoi pavoiser.

Pour faire monter ce chiffre, rien ne nous aura été épargné dans le domaine de la culpabilisation : des tribunes « d’intellectuels » en passant par les médias relayant l’action de jeunes culpabilisant les abstentionnistes par des « si vous ne votez pas, vous n’aurez pas à vous plaindre de ce qui pourrait arriver ».

Le « ce qui pourrait arriver », il est bien là le problème de ce matraquage. Les sondeurs qui avaient fait du bon boulot au premier tour, on tous annoncés un 60/40 en faveur de l’élu pour le second tour en détaillant les reports prévus.

Alors pourquoi cette culpabilisation, cette peur agitée ? Tout simplement parce qu’un Président doit être bien élu, pas par seulement 47 % des électeurs inscrits comme c’est le cas. Plus le nombre de vote en sa faveur est élevé, moins il sera contesté et plus la probabilité d’obtenir une majorité parlementaire à sa main sera importante. C’est de la simple cuisine politique. Le FN était juste là pour aider à atteindre cet objectif.

Contrairement à l’idée répandue, l’abstention donne le droit de critiquer Macron, chose que pourront faire difficilement ceux qui ont voté pour lui et participé à cette formidable arnaque au vote quasi obligatoire pour leur poulain.

Tout ce battage ne fut qu’une grande manipulation des esprits avec la peur du FN au pouvoir. Ce ne sera pas pour cette fois, heureusement. Il faut être bien naïf pour croire aux vertus présumées purgatives d’un plébiscite pour laminer les extrêmes alors que c’est sur le terrain que cela doit se faire au quotidien. Sinon, il se pourrait bien que le fameux « front républicain » ne serve à rien la prochaine fois.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 15:27

On se perd en conjectures sur les raisons du pacte entre Dupont Aignan et le Front National. Coup médiatique de Le Pen ? Ralliement « financier » d’un « Gaulliste » aux abois ou bien tout simplement reniements politiques des deux, juste pour pouvoir exister après la défaite de la présidentielle ?

La surprise Dupont Aignan

Il n’a pas été avare dans le passé, jusqu’à il y a peu, de critiques féroces contre Marine Le Pen et le voilà qui trône sur une estrade avec son ancienne ennemie dans une salle digne des apparats du Kremlin pour dire tout le bien qu’il pense d’elle et de son programme.

Poignées de mains, grands sourires, accord conclu. De belles photos pour les médias et un coup médiatique réussi pour un « Gaulliste » qui s’allie avec l’extrême droite. De gaulle qui est habitué à se retourner dans sa tombe face aux errements de ses successeurs de LR doit actuellement hésiter à faire un tour supplémentaire devant tant de bassesse et d’imbécilité.

Du côté du parti « débout la France », ce passage à l’extrême droite commence déjà à se faire sentir et les défections dans l’équipe dirigeante ou les élus de terrains s’accumulent, ce qui laisse peu de doute sur l’avenir, compromis, de ce parti.

Quel avantage pour Le Pen ?

C’est la dédiabolisation qui continue selon les éditorialistes en oubliant de souligner qu’avec des amis comme Dupont, son futur premier ministre - ce qui a du faire grincer bien des dents au sein du FN - elle n’a pas besoin d’ennemis.

Que lui apporte Dupont, sinon quelques revirements de programmes sur l’euro ou l’Europe, auxquels nous sommes habitués depuis le début de la campagne au risque de transformer son programme présidentiel en programme municipal de Robert Ménard avec armement des polices municipales ?

On peut penser que les duettistes sont en train de jouer le coup d’après, c’est-à-dire les législatives, puisque les choses semblent être pliées pour la présidentielle. Il s’agit sans doute avant tout d’un accord pour pouvoir créer un futur groupe politique commun à l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas gagné non plus.

En fait, rien à glaner pour Le Pen, sauf créer un évènement fort opportun pour tenter de masquer les casseroles du FN entre saillies homophobes du père, révisionnisme de l’ex futur Président du parti censé remplacer la fille élue Présidente, la sous-estimation du patrimoine d’icelle, les emplois fictifs du Parlement européen ou bien encore le financement des précédentes campagnes par le micro parti Jeanne.

Dupont Aignan est donc l’écran de fumée dont rêvent tous les candidats qui trimbalent des casseroles. Mais attention, la prestation de NDA a un coût, sans doute un deal intéressant pour son parti « debout la France » qui n’a pas obtenu les 5 % de voix nécessaires pour être remboursé de ses frais de campagne. Marine au secours financier de la petite entreprise, c’est bien dans son programme ! Une promesse tenue, donc.

Et en terme électoraux ?   

Deux mots sur les sondages avant de développer quelques éléments d’une enquête du Cevipof réalisée en partenariat avec Le Monde et IPSOS les 16 et 17 avril : il était de bon ton pendant la campagne du premier tour de critiquer les instituts de sondages et leurs méthodes. Depuis le 23 avril au soir, on s’est aperçu que les résultats étaient très proches de ce que leurs enquêtes avaient indiqué. Terminées donc, les élucubrations sur le vote caché de Fillon, les presque 30 % du Front National ou bien encore les illuminés qui se voyaient au second tour et qui n’ont fait que 1 %.

Que dit l’enquête citée plus haut ? Qu’en cas de second tour Macron/Le Pen, les électeurs des battus du premier tour savent globalement (sauf évènement de campagne particulier) pour qui ils voteront au second tour dans des proportions situées entre 60 et 70 %, à l’exception de l’électorat du Dupont Aignan qui se répartit déjà à 34 % pour Macron et à 46 % pour le Pen. Reste donc seulement 20% d’indécis dans ce parti, soit 330 000 électeurs dont on ne sait pas pour qui ils voteront s’ils ne s’abstiennent pas, ce qui n’est pas susceptible de faire pencher la balance en faveur de Le Pen. Et encore, on ne connait pas l’impact négatif que le ralliement de NDA pourrait avoir sur cette partie de l’électorat.

Les indécis sont 27 % chez Fillon (1,90 Millions d’électeurs), 37 % chez Mélenchon (2.54 Millions) et 27 % chez Hamon (0.6 Million). Quand bien même l’alliance Le Pen/NDA séduirait une partie des indécis de chez Fillon, l’effet inverse provoqué en faveur de Macron chez les partisans de Mélenchon et Hamon, effacerait vraisemblablement le gain pour Le Pen.

A quoi sert le deal Le Pen/NDA ?

Pas à grand-chose à court terme sur un éventuel bénéfice électoral pour Le Pen, mais en terme d’animation de campagne, nous allons être servis. Les médias vont nous tenir en haleine pendant les derniers jours de la campagne et tous les politiques et bien-pensants de gauche et de droite qui n’ont rien fait pendant 30 ans pour juguler le poids de l’extrême droite vont venir nous agiter son spectre sous le nez en culpabilisant bien fort ceux qui ne veulent pas répondre à l’injonction du vote Macron, devenu quasi obligatoire.

Ils vont se succéder dans les médias, ceux qui comme Hollande, digne successeur de Mitterrand qui a su si bien jouer avec l’extrême droite pour contrecarrer la droite républicaine et garder le pouvoir à gauche jusqu’au fiasco de 2002, n’auront rien fait pour répondre à des questions essentielles sur les populations et territoires déclassés, ou bien auront laissé pourrir le débat sur la laïcité, quand ce n’est pas proposer la déchéance de nationalité.

Oui, tous ceux, comme Hollande (encore) qui aura fait finalement ami-ami avec la finance et oublié de renégocier les traités européens, ou comme Sarkozy, qui n’aura pas fait mieux et au contraire avec sa ligne Buisson n’aura pas cessé de draguer l’électorat du FN avec des propositions et des débats démagogiques ou enfin (mais la liste n’est pas close) Fillon qui s’est perdu du côté de l’électorat catho tradi prêt à oublier l’emploi de Pénélope pourvu que les homosexuels ne puissent plus avoir le droit de se marier.

Le degré zéro de la citoyenneté

Voilà le niveau de débat auquel nous sommes parvenus. Le Pen nous propose d’aller encore plus loin en nous proposant son attelage improbable avec Dupont Aignan.

Les autres, beaucoup d’autres, relayent ce débat hystérisé en nous demandant d’aller voter en masse pour Macron, un vote contre Le Pen, un vote par défaut, pas une adhésion, dont se glorifiera le vainqueur et qui le rendra légitime pour mettre en œuvre son programme libéral, avec surtout une chambre des députés à sa botte.   

Ils sont peu nombreux ceux qui nous proposent d’autres voies. Ils mériteraient cependant qu’on leur donne la parole plus souvent. Cela nous ferait des vacances.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 07:48

Ne réfléchissez pas, votez Macron !

Pour marcher au pas, pas besoin de cerveau, la moelle épinière suffit (Einstein). Tout ce qu’on vous demande, c’est d’aller voter Macron massivement, en rangs serrés, et en chantant si possible d’ici le 7 mai, les louanges de ce candidat pour lequel vous n’avez pas voté au premier tour, simplement pour faire barrage au Front National.

Pourquoi cette injonction hystérique ?

Macron, c’est le dernier rempart anti FN, la digue contre tous les maux attribués à ce parti, le dernier bastion contre la dictature, contre les affres d’une sortie de l’euro et du retour au franc. En poussant un peu, Macron va guérir les plaies et les écrouelles, et ceux qui persistent à ne pas vouloir se désister pour lui sont quasiment soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi alors qu’ils combattaient fermement le FN en 2002.

Macron, l’homme qui fait l’unanimité dans les rédactions, pas forcément par adhésion à son programme, mais parce qu’il serait ce dernier rempart bien pratique contre le FN.

L’intérêt supérieur du pays est en cause

Personne ne croit un instant que Marine Le Pen puisse être élue, sauf à penser que Macron s’effondre à cause d’une campagne de second tour calamiteuse ou d’un évènement particulier en cette fin de campagne.

L’intérêt supérieur du pays, c’est avant tout d’avoir un président bien élu pour être crédible dans et hors nos frontières et la barre est très haute depuis les 80 % de Chirac en 2002.

Imaginons un Macron en dessous de 60 % à l’issue du second tour avec un record d’abstentions. Sa légitimité ne manquerait pas d’être contestée et il aurait les pires difficultés à constituer une majorité parlementaire autour de lui.

C’est donc autour de la participation au scrutin et du ralliement contraint que tout se joue avec l’injonction du « vote républicain » qui consiste à voter contre ses convictions pour « sauver le pays ».

 « En Marche » : l’auberge espagnole

C’est ainsi que le rassemblement de Macron a été qualifié au fil de la campagne au gré des ralliements de droite et de gauche et des soutiens divers et variés de ceux qui volent toujours au secours de la victoire, pas toujours pour des raisons désintéressées. Robert Hue, Alain Minc, Cohn Bendit, Bayrou, Attali, Arthuis, Orsenna, de Rugy, Delanoë, Colomb, et tant d’autres, ni de gauche, ni de droite bien entendu, sauf Kouchner qui a déjà testé les deux.

Depuis le résultat du premier tour, d’autres soutiens se sont manifesté pour dire qu’ils voteraient Macron au second tour, Hollande, bien sûr, puisque Macron est sa créature, mais aussi Sarkozy, ce qui est plus surprenant quand on se souvient de sa drague effrénée des électeurs du FN en 2012 sur la ligne Buisson.

Que signifient tous ces ralliements à Macron ?

La recomposition politique est « en marche » et chacun veut être invité au festin ou à défaut peser dans le débat. Rien de naïf dans tout cela.

Les deux partis dits de gouvernement sortent étrillés de ce premier tour, les « républicains » qui se sont laissé entraîner dans les dérives de leur candidat miné par les affaires et les « socialistes » parce qu’ils ont torpillé la candidature de celui qui avait été désigné par la primaire.

Désormais, ce n’est plus le résultat du second tour de la présidentielle qui est important pour les appareils, mais les résultats des législatives de juin. Nous sommes déjà dans le coup d’après. L’enjeu, c’est de voir avec quel apport (« socialiste » ou « républicains ») pourra se constituer une majorité présidentielle autour d’un noyau de députés élus sous l’étiquette « en marche », le tout déterminant le tropisme qui sera retenu avec les inflexions politiques qui iront avec.

N’oublions pas par ailleurs que le FN et les Insoumis devraient également élargir leur présence à l’Assemblée Nationale et entraîner des cohabitations opportunistes droite LR/gauche socialiste auxquelles nous n’étions pas habitués jusqu’à présent.

 

Tout changer pour que rien ne change, voilà comment on peut qualifier ce qui se passe. Un pas de plus vers le libéralisme qui rassurera les marchés et l’Europe que les élus ne veulent pas changer parce que ça les arrange de se défausser sur Bruxelles.

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 23:13

Cela fait quinze ans que nous avons inauguré ce front républicain et voté massivement pour Chirac face à Le Pen, avec le succès que l’on sait : le mandat de Chirac, pourtant plébiscité, fut calamiteux.

A chaque élection c’est désormais la même ritournelle : il faut faire barrage au FN, et à chaque élection, le Front National gagne des voix.

Le front républicain, la connivence au pouvoir

Aucun enseignement n’a été tiré et il est probable que la prochaine fois, devant l’incurie des politiques qui se partagent le pouvoir de manière alternative, le Front National arrivera à ses fins, c’est-à-dire aux affaires.

Les places sont bonnes et chacun veut sa part du pouvoir : entre les 36000 communes les 2000 intercommunalités, les 101 départements, les 13 régions, le Palais Bourbon et celui du Luxembourg avec leurs fauteuils confortables pour les députés et les sénateurs, elles sont nombreuses les opportunités de faire carrière, à condition simplement de ne pas vouloir renverser la table, de ne pas être pris la main dans le sac de la fraude fiscale ou bien dans celui des emplois d’assistants parlementaires pour sa femme ou ses enfants et de simplement faire allégeance au bon moment.

Pas de bruit, donc, garder les mains propres, au prix de concessions morales ou politiques. Voyez donc avec quel empressement tout ce beau monde s’empresse actuellement de rallier le quasi vainqueur de cette présidentielle afin de garder quelques miettes de pouvoir. Ils ne sont plus de gauche ni de droite, ils sont désormais les deux à la fois, nos Fregolis multicartes de la politique.

Ils n’oublient surtout pas de justifier leur ralliement au nom du combat contre le Front National, argument tellement plus beau que celui qui consiste à dire qu’ils veulent surtout encore pouvoir profiter des privilèges divers et variés liés à la fonction élective.

Le front républicain, une posture de fainéants

Que s’est-il passé depuis 2002 ? Qu’ont fait les partis dits de gouvernement pour endiguer la montée du Front National, à part, pour certains d’entre eux leur piquer leur idées extrêmes racistes et xénophobes ? Rien, ou pas grand-chose. Mous du genou sur la laïcité pour certains afin de préserver les votes communautaires dans leurs circonscriptions, politique du chiffre pour d’autres et comble du cynisme, proposition d’une loi sur la déchéance de nationalité. Avec ça, le FN est tranquille et il prospère.

Qu’ont-ils fait pour la France périphérique, celle qui voit chaque jour un peu plus partir ses services publics au nom d’une illusoire modernité liée au numérique. Qu’ont-ils fait pour les banlieues ghettos tellement pratiques pour éviter la mixité sociale dont ne veulent surtout pas leurs électeurs : rien ou pas grand-chose, juste le strict nécessaire en cas de tensions trop forte, c’est à dire envoyer les pandores pour remettre de l’ordre et un obscur sous-préfet pour promettre le déblocage d’une enveloppe. Le Front National prospère sur cette fainéantise politique, sur cette politique qui consiste à se boucher le nez ou bien à détourner le regard.  

Le front républicain, avatar de la politique libérale

Pas d’états d’âmes chez « les républicains », le libéralisme, c’est leur thématique préférée. Ce qui les freine un peu, ce sont les acquis du Conseil National de la Résistance, avec sa protection sociale ruineuse, maintenant que la bourse et les banques fixent les taux de rentabilité à atteindre, incompatibles avec cette politique de protection sociale.

Chez les socialistes, ça commence toujours bien : « mon ennemi, c’est la finance », ou bien « je renégocierai les traités européens » et ça se termine par des attaques contre le code du travail et l’allongement de la durée de cotisation pour prendre sa retraite ou bien encore par des dizaines de milliards donnés à fonds perdu aux patrons, qui n’ont jamais créé d’emplois, juste préservé quelques-uns. Et les quelques frondeurs qui se sont avisés d’être seulement fidèles à leurs engagements de 2012, l’ont payé chèrement.

Il faut juste se rappeler que le gouvernement ne gouverne plus, il enregistre simplement les désidératas des milieux financiers et économiques. Une fois que l’on a compris cela, on ne s’illusionne plus sur les avantages supposés de tel ou tel candidat ou parti pour diriger le pays.

Macron est le chaînon manquant de cette évolution

Ni de gauche, ni de droite, un programme qui préserve l’art de vivre de la FNSEA et de son agriculture intensive, une enveloppe de 50 Milliards d’euros pour relancer l’investissement, c’est-à-dire faire plaisir aux grands groupes de BTP, chouchouter les métropoles, fer de lance de l’économie (pour les zones rurales, il faudra attendre le ruissellement…)

Autre mesure phare, la suppression de la taxe d’habitation qui fait un tabac, mais qui devra être compensée par une hausse générale de la CSG : à tous les coups on perd, avec au passage une mise sous tutelle des communes qui verront disparaître la seule ressource fiscale sur laquelle ils avaient encore la main.

Du recyclage au sein d’un périmètre d’intervention constant, c’est-à-dire qui exclut les détenteurs du capital, les rentiers, les multinationales qui, d’un claquement de doigt décident de délocaliser leur production ou leurs profits, voilà ce que propose Macron et ce que Hollande a rêvé de faire : redistribuer les cartes entre les salariés, les commerçants et les PME en évitant de mécontenter le niveau au-dessus : le Médef veille mais il n’a plus rien à craindre avec Macron.

Les limites du front républicain

Le hic, c’est que dans cinq ans, on n’aura réglé ni le problème de l’emploi, ni celui de la pauvreté ni celui du communautarisme avec comme corollaire la poursuite de la montée du racisme et de la xénophobie.

On n’aura rien réglé des problèmes qui font que le FN continue de monter. On a juste trouvé un mec jeune, super sympa qui s’occupe juste de refaire la déco de la vitrine sans toucher au fonds de commerce vieillissant. Juste un sparadrap…

Il est de bon ton de vilipender Mélenchon qui a osé s’en remettre aux militants de son parti pour dire ce qu’ils devaient faire pour le second tour. C’est peut-être le seul homme politique digne de ce nom qui subsiste dans notre pays, le seul qui n’ait pas renié ses convictions pour un plat de lentilles.    

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:22

Présidentielles : procédons par élimination

Vous connaissez l’adage : au premier tour on choisit, au second, on élimine.

Et si on faisait l’inverse, c’est-à-dire éliminer dès le premier tour ?

Nous avons en effet suffisamment d’éléments afin de dépasser notre attirance profonde pour tel ou tel programme et juger principalement sur l’honnêteté de ceux qui les portent.

Finis le doux rêve socialiste, la fermeture des frontières ou bien encore la suppression massive de fonctionnaires, ne pensez plus programme mais morale : pourquoi des candidats corrompus, traînant des casseroles ou attendus de pied ferme par les juges seraient-ils dignes de vous représenter ?

Pourquoi penser ne serait-ce qu’un seul instant que ce ramassis de profiteurs pourrait tout à coup oublier ses propres intérêts pour enfin s’occuper de ceux du pays ?

Le mis en examen

Celui qui avait dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen, et qui ne le fait pas, mérite t’il vos suffrages ? Assurément non !

Chaque jour amène son lot de révélation : de costumes de luxe payés par des « amis » en rémunération de femme et enfants sur des crédits publics pour des emplois pas encore avérés, en passant par des soupçons de faux et usage de faux et de rémunérations pour son entremise auprès de Poutine, rien ne nous aura été épargné du feuilleton dont on ne sait pas s’il est encore terminé.

Fillon s’inscrit ainsi dans la tradition du parti de droite (je ne dis pas Gaulliste – imagine-t-on le Général de gaulle mis en examen ?) connu pour avoir abrité de nombreux délinquants et protéger encore de nos jours les turpitudes des Dassault et autres Balkany.

Imagine-t-on Fillon Président de la République et de ce fait bénéficier d’une immunité pour au moins cinq ans ? La réponse est non !

Tout cela met en lumière les pratiques d’une caste politique pour laquelle la seule réponse valable aux questions légitimement posées sur son comportement est : « et alors ? »

La presque mise en examen

Le suspense est intolérable : Mme Le Pen est-elle une justiciable comme les autres ? Contrairement à Fillon, elle a choisi de jeter un voile pudique sur les affaires qui la concernent en étant dans le déni et en refusant d’obtempérer aux convocations de la puissance publique.

C’est bien évidemment le complot qui justifie tout. On lui en veut, on veut priver le peuple de sa victoire (un peu comme Fillon qui clame que le peuple est le seul juge). Un peu léger quand même quand on se veut la représentante et la garante des institutions du pays comme la police et la justice.

Mme Le Pen qui se bat bec et ongles contre les travailleurs étrangers a mis elle-même en place un système de travailleurs détachés (des collaborateurs payés par Bruxelles et travaillant au siège du FN). Un peu contradictoire, non ?

On lui reproche également de salarier un bon pote aux idées sulfureuses et extrêmes, qui est soupçonné entre autres d’avoir monté un dispositif de vente de kits de campagnes (très chers) aux candidats FN aux élections locales, remboursés par l’Etat et d’avoir sous-estimé son patrimoine immobilier.

Des broutilles tout cela pour ses partisans, qui seraient bien avisés tout de même de savoir pour qui ils vont voter et de se renseigner également sur les causes de la débandade des élus frontistes en Paca.

Les honnêtes, mais pas trop…

Je veux parler des socialistes, enfin ce qu’il en reste, qui cumulent les affaires depuis quelques années : Cahuzac, Thévenoud et, cerise sur le gâteau, Bruno Le Roux, le Thénardier moderne qui faisait bosser (?) ses filles aux frais du contribuable. Voilà pour la question de l’honnêteté de certains individus, ce qui ne devrait pas remettre en cause le parti lui-même si malheureusement il ne s’était pas assis sur ses promesses de campagne (comme beaucoup de partis, toutefois).

Oubliées les promesses du discours du Bourget, les belles envolées sur l’ennemi (la finance) et l’impérieuse nécessité de renégocier les traités européens.

Au lieu du programme annoncé, nous avons eu du Macron avant l’heure, avec en prime un débat indigne sur la déchéance de nationalité que n’aurait pas renié Mme Le Pen.

Le PS applique aujourd’hui la théorie des « faits alternatifs » chère à Trump qui consiste à nier les faits et à en proposer d’autres érigés en réalité nouvelle indiscutable.

C’est ainsi que les frondeurs (dont Hamon) sont présentés comme des parasites qui ont bloqué l’action gouvernementale pendant le quinquennat alors même qu’ils voulaient appliquer la ligne de 2012, les promesses sur lesquelles ils avaient été élus.

Comment faire confiance à ces hommes et ces femmes qui, sentant l’odeur de la gamelle, se rallient sans vergogne à Macron en se fichant allègrement de leurs électeurs ?

La bande des trois

Fillon, Le Pen, Macron, oui Macron l’hologramme de Hollande qui va continuer à appliquer la politique du mandat qui s’achève en plus libéral encore, et qui est en train de réussir son OPA sur le PS, ces trois-là sont à éviter, à éliminer dès le premier tour.

Que reste-t-il ?

Ne nous faisons pas d’illusions, les noyaux durs des tribus des « et alors » et des « On est chez nous » résisteront en s’assoyant sur la morale ainsi que les transfuges du PS qui se jettent dans les bras de Macron oubliant les « promesses de leur baptême » juste pour faire un autre mandat en attendant la prochaine trahison.

Il y a bien sûr les candidatures dites « de témoignages », celles dont on est certain qu’elles auront du mal à passer le premier tour et les 5 %, l’extrême gauche, par exemple, qui ne veut surtout pas du pouvoir mais veut promouvoir la lutte sociale ou bien encore les candidats du « c’était mieux avant » On peut donc se faire plaisir à peu de frais.

Bon, il y a aussi deux candidats de la « bande des cinq » dont je n’ai pas encore parlé : Hamon et Mélenchon.

Le premier est quasiment grillé par le discours de ses anciens camarades qui font tout pour lui savonner la planche, Valls le premier. Cela commence à se sentir dans les sondages qu’il n’a aucune chance et qu’il est même en train de se faire déborder sur sa gauche par Mélenchon qui cultive son indépendance et qui, lui, ne trimbale a priori aucune casserole.

Voilà, le choix est là pour les électeurs qui font de la morale en politique un principe incontournable : éliminer les corrompus et ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses, se faire plaisir à peu de frais en votant pour un petit candidat, s’interroger sur un choix entre Hamon et Mélenchon ou bien s’abstenir.

Il est à craindre que le parti des abstentionnistes soit le gagnant du premier tour et que la malhonnêteté de certains candidats ou partis ne fassent pas le poids face à des convictions bien ancrées.

 

 

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:20

Depuis des semaines nous assistons à une quasi absence de débats sur les propositions des uns et des autres. Tout cela est occulté par les affaires de costumes, d’emplois fictifs (pardon, supposés fictifs), de détournements de fonfs et de sondages presque fiables mais qui seront sans doute contredits le soir du premier tour.

Rêvons un peu

Pas question de se livrer à une analyse exhaustive, ce serait trop long et puis comme tous les programmes, ils ont vocation à ne pas être respectés. Ils sont fait pour s’illusionner sur l’inaccessible monde meilleur et chacun trouvera une mesure qui lui conviendra dans chaque programme (ou presque), ce qui lui évitera de lire le reste.

Chacun pourra rêver, le temps d’une campagne, juste ce temps-là, avant de sombrer dans la désillusion, comme celles qui ont présidé aux deux derniers quinquennats. Les grandes envolées lyriques du Trocadéro ou du Bourget retentissent encore dans nos têtes, juste pour nous rappeler que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et que le véritable pouvoir n’est ni à l’Elysée, ni au Parlement.

Mais soyez lucides tout de même

Le bon programme, c’est celui du CAC 40, des banques et des multinationales, avec leur PDG grassement rémunérés, tout étonnés qu’on puisse leur demander des comptes et qui soutiendront en coulisse le plus propre sur lui, celui qui ne touchera pas à leurs « avantages acquis » et qui au contraire leur donnera encore un peu plus d’espace pour la fameuse « théorie du ruissellement » sensée être le remède aux maux de l’époque.

Pour qu’une campagne électorale fonctionne bien, il faut beaucoup de candidats avec des « offres » plus clivantes les unes que les autres et par conséquent facilement qualifiables d’irréalistes et susceptibles de conduire le pays au chaos. Vous n’avez qu’à lire, regarder ou écouter les médias, ils vous diront lesquels sont les bons ou sont les mauvais. C’est d’autant plus facile qu’ils sont aux mains de propriétaires peu soupçonnables de gauchisme ou d’anarchisme.

Faites un effort : soyez réalistes…

Imaginez un instant qu’on vous laisse élire un candidat dont le programme consisterait à quitter l’Europe, à revenir aux sesterces comme monnaie et à refuser toute immigration, mais ce serait la fin du monde pour nous, les invisibles, qui tirons les ficelles économiques en coulisses. Impensable également de voir arriver au pouvoir une candidate qui dénonce les travailleurs détachés, mais qui utilise des salariés européens pour faire tourner sa petite entreprise en France.  

Imaginer (non là c’est pour rire) qu’on vous laisse élire des candidats qui interdiraient les licenciements, ou d’autres qui taxeraient nos dividendes, nos bénéfices et qui supprimeraient les aides, vous savez les 45 Milliards du pacte et du CICE qui n’ont créé que 100 000 emplois (on en rigole encore). Impensable !

Imaginez qu’on laisse mettre en place un revenu universel. Où irions-nous ? Plus de possibilité pour nous de maintenir la menace de licenciement pour la caissière ou le serveur de restaurant à temps partiel. Vous rendez vous compte : moins de pression sur le marché du travail, la hantise pour nous de voir baisser le chômage, la crainte de devoir payer plus cher nos esclaves pour qu’ils restent, qu’ils demandent des droits supplémentaires. Vous imaginez l’horreur ?

Une fois qu’on a dit ça, qui reste-t-il ?  

Il y a quelques candidats qui sont juste là pour « témoigner » et se gargariser de leur succès constant qui les fera arriver au pouvoir dans deux siècles. Ils ne sont là que pour légitimer à vos yeux la démocratie dans laquelle vous pensez encore vivre, juste pour vous faire croire que vous avez le choix.

Il y avait bien le candidat de la droite classique, mais il commence à sentir un peu le gaz depuis ses affaires d’emplois dans sa petite entreprise familiale payés par les contribuables et ses affaires de costards de luxe. Finalement, on s’est aperçu qu’il avait pris un peu trop de nos habitudes et que ses soutiens trop marqués à la droite de la droite, notamment dans les milieux cathos extrémistes auraient vite fait de faire ressembler la France à la Pologne

En marche !

A que voilà un beau programme, qui correspond exactement à ce que nous voulons : juste un peu transgressif. De la nouveauté enfin, une belle gueule et surtout un couple tellement atypique ! Ni de gauche, ni de droite, comme son mentor qui a été tellement transgressif avec son électorat de 2012, qu’il lui a été impossible de se représenter. Grillé, carbonisé, juste bon à soutenir en sous-main sa chose et en organisant les transferts de fin de saison vers la « nouveauté politique » de cette élection.

Il est des nôtres, un parcours impeccable qui lui aurait ouvert toutes les portes de nos petites entreprises, mais il a cédé à nos appels et accepté de prendre en mains le destin de notre beau pays, de ses belles banques et de nos entreprises merveilleuses. Belle abnégation, qui lui vaudra notre éternelle reconnaissance et une place assurée dans nos conseils d’administration une fois qu’il aura redressé le pays comme on lui demande.

On applaudit

On n’a pas tout lu de son programme, on lui fait confiance, on a juste relevé quelques perles, comme « alourdir les sanctions contre la fraude fiscale », ça ne mange pas de pain, surtout si on n’a pas les moyens de les appliquer parce qu’on aura supprimé des emplois publics.

Par contre, nous applaudissons à deux mains sa volonté d’amplifier la lutte contre la fraude aux prestations sociales : il ne faudrait pas sombrer dans l’assistanat, tout de même !

Ses couplets sur la démocratie rénovée et sa volonté de donner la parole au peuple sont juste là pour occuper le terrain : il ne faudrait tout de même pas abuser des bonnes choses !

Un plan d’investissement de 50 Milliards, c’est vrai qu’on aurait préféré le double, mais bon, il faut bien faire des concessions, surtout si on parle de stabiliser les déficits.

Open bar pour l’exonération de cotisations sociales sur les heures sup, scandaleusement supprimée, pour les agriculteurs qui empocheront 5 Milliards, sans contrepartie en matière de pollution, et pour le bâtiment avec la rénovation des logements mal isolés, la rénovation urbaine, la construction de 80000 logements pour les jeunes et la baisse de l’impôt sur les sociétés, le tout enveloppé dans de belles envolées semi christiques

Et, cerise sur le gâteau, la mesure phare du programme, celle qui fera voter Macron, en oubliant tout le reste : l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages.

Tout va bien dans le meilleur des mondes

Sauf que notre candidat, on le trouve un peu optimiste, et pour ne pas dire plus, béat, quant à sa capacité de réaliser son programme, Il y a bien quelques oublis, par exemple sur sa capacité à mobiliser les collectivités territoriales pour doper les transports collectifs, à leur faire avaler la pilule de la suppression des départements là où il existe des métropoles et à faire accepter que les communes dont la ressource principale est la taxe d’habitation retournent sous la tutelle financière de l’Etat, le tout en supprimant 75000 postes dans la fonction publique territoriale.

Pour lui, l’avenir de la France se joue autour d’une quinzaine de Métropoles, pour le reste du territoire, il faudra attendre le ruissellement.

Et l’augmentation de la CSG pour tout le monde, y compris les retraités, dont les régimes seront alignés (à la baisse cela va s’en dire)… mais ça, ils ne s’en apercevront qu’après, une fois qu’ils auront réalisé qu’une belle gueule ne suffit pas en politique.

Mais ce n’est pas très grave, ce sera toujours cinq ans de gagnés pour nous, ses fidèles soutiens et les électeurs feront comme d’habitude, ils s’estimeront trahis, mais dans cinq ans, nous aurons trouvés un autre hologramme et un nouveau repoussoir, les actuels étant carbonisés pour le futur.

Business as usual !

Votez bien ! On compte sur vous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cyclerie Macron.

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:19

Présidentielles : la valse à trois temps

Les parrainages arrivent et le paysage s’éclaircit avec toutefois quelques surprises

Première surprise : le nombre de candidats souverainistes

Tous n’ont pas encore leur 500 signatures mais il n’est pas exclu que l’on retrouve 4 candidats prônant le retrait de l’Europe. Dans l’ordre, Il y a bien sûr Dupont Aignan, puis Le Pen et Asselineau, la surprise du chef pour cette présidentielle, et enfin Cheminade.

La possible qualification d’Asselineau surprend. Pour ses fans, elle est à mettre sur le compte d’une campagne très active des militants de l’UPR. D’autres observateurs font remarquer que le même candidat en 2012 n’avait recueilli que 17 parrainages et se posent des questions sur l’arrivée dans le paysage politique de ce candidat controversé.

Il est de notoriété publique que les grands partis pèsent fortement et exercent même un chantage sur les communes pour donner ou non leur signature. Sans aller plus loin dans cette hypothèse, on remarquera la forte proportion de Maires-délégués (17 %), aux pouvoirs limités, dans la liste des signataires du candidat Asselineau.

Cet émiettement de candidatures souverainistes aura certainement le même effet que la diversité des candidatures de gauche en 2002 qui avait vu Jospin éliminé dès le premier tour, avec cette fois ci une possible élimination dès le premier tour de Marine Le Pen dans une configuration de gauche qui n’est pas celle d’aujourd’hui.

Cerise sur le gâteau : le maintien de Fillon

Contre toute attente, Fillon a réussi son coup d’Etat à droite. Les portes ont claqué à LR et à l’UDI, mais mollement surtout chez les centristes qui, comme d’habitude, pour préserver leur petit fonds de commerce sont rentrés quasiment tous au bercail.

Fillon, le gagnant surprise de la primaire a tout verrouillé et les inimitiés entre les différents courants LR ont fait le reste. J’y suis, j’y reste, même mis en examen.

Il faut se rappeler, et cela n’a pas été suffisamment souligné par les commentateurs que l’électorat de la primaire pour Fillon était constitué entre-autres d’un fort contingent d’opposants au mariage pour tous, transfuges pour certains de l’extrême droite, qui se sont retrouvés au Trocadéro pour soutenir Fillon.

Prêts à tout, y compris à s’asseoir sur la morale (ce qui surprend), ils constituent une partie du noyau dur des soutiens au candidat LR, mais ils n’empêcheront pas une hémorragie d’électeurs habituels pour qui la morale est essentielle lorsqu’on veut représenter le peuple.

Résultat de cette recomposition, le candidat Fillon ne perce pas et sera selon toute vraisemblance, absent du second tour. Second effet, les ultra droitiers de « Sens commun » feront défaut à M. Le Pen. C’est pour cela (et aussi en raison des affaires) qu’elle n’est plus placée en tête des sondages au premier tour.

Et la gauche dans tout cela ?

Si les deux premiers temps de la valse sont désormais établis, le troisième reste inconnu.

En effet, comme pour les candidats souverainistes, il y a un émiettement, peut-être cependant plus limité puisque Poutou, le candidat NPA n’est pas certain d’arriver à se qualifier.

Il reste donc deux candidats, Hamon et Mélenchon, aux programmes très voisins qui vont se neutraliser et favoriser l’émiettement des voix de gauche (la clarification étant en route pour l’aile droite du PS qui rejoint jour après jour, Macron).

 

Voilà le paysage actuel, qui pourrait cependant nous valoir encore quelque surprises, par exemple en cas de ralliement trop importants de « socialistes » à Macron, un désistement de Hamon, se considérant de fait empêché et trahi par son parti, en faveur de Mélenchon.

L’hypothèse d’un duel Macron/Mélenchon, autrement dit droite/gauche, ne serait plus exclu, Le Pen et Fillon, n’étant pas qualifié pour le second tour.

A suivre…

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:53

 

C’est vrai qu’il n’a jamais été élu et ça commence à se voir qu’il n’y connait pas grand-chose en collectivités territoriales. Il est juste capable de nous parler comme un technocrate, ce qu’il est, sans connaître la réalité du terrain, ou bien alors juste pour enfumer l’électeur.

Les petites phrases de Macron

Il y a peu, il s’est lancé sur deux terrains glissants : la colonisation et le mariage pour tous. Aucune sincérité dans tout cela, juste l’envie de ratisser des voix un peu partout. Résultat : un tollé général dans les rangs des pieds noirs et une remise au point bienvenue de la part de Christiane Taubira. N’est pas politique qui veut et Macron a encore beaucoup de chose à apprendre. La stratégie choisie par le jeune homme politique entouré par une équipe de politiciens et de conseillers hors d’âge a consisté jusqu’à présent à ne pas dire grand-chose sur son futur programme et à draguer catégories après catégories d’électeurs avec plus ou moins de bonheur, mais il est vrai que le paysage politique français ressemble tellement à un désert que seule la pseudo-nouveauté peut aujourd’hui faire office de programme : la télé réalité s’invite dans les débats…

Les collectivités locales sur la sellette

Une fois de plus, Macron se laisse entraîner sur un terrain glissant : faire plaisir aux contribuables locaux en proposant de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des contribuables et en proposant la suppression de 70 000 emplois dans la fonction publique territoriale.

C’est bien, c’est dans l’air du temps, « on paye trop d’impôts et il y a trop de fonctionnaires ». Macron nous propose donc du sous-Fillon, avec le dogme de la diminution de la dépense publique qui devrait se traduire mécaniquement par une baisse de la pression fiscale.

Sauf que, cela ne marche pas tout à fait comme ça et l’exemple de la LGV Tours Bordeaux dont l’exploitation a été concédée au privé (Vinci), se traduira dans les faits par le versement d’une redevance d’exploitation versée par la SNCF qui augmentera le prix du billet. Le passager du train sera le cocu de l’affaire.

En effet, la suppression des services publics, sensée diminuer la charge publique est toujours payée par le consommateur final qui engraissera au passage les actionnaires des groupes privés.

Les petites manipulations de Macron

La moindre des choses lorsqu’on prétend à devenir Président de la République, c’est de bosser un peu les principes qui régissent l’organisation des collectivités territoriales en France, sauf si l’on veut sciemment laisser l’électeur dans l’ignorance.

Depuis 1982, les collectivités locales s’administrent librement et l’Etat n’exerce plus de tutelle sur elles.

Cela signifie qu’elles peuvent recruter du personnel pour les besoins des administrations et services publics locaux sans avoir à demander à l’Etat, à partir du moment où les dépenses de ce personnel sont inscrites au budget local.

La libre administration trouve toutefois ses limites en matière financière puisque que c’est le Parlement qui décide de la fiscalité et qui verse par ailleurs des dotations aux collectivités locales qui sans cela n’auraient pas les moyens de vivre : une forme subtile de tutelle, donc. « Vous êtes libres, mais, moi, Etat, je tiens les cordons de la bourse ».

Mais comme la majorité des français n’y comprennent rien dans le mille-feuille territorial, la tentation sera forte de plébisciter cette promesse électorale.

La fonction de la promesse électorale est de faire rêver, de faire oublier une bourde précédente, ou des affaires judiciaires dans lesquelles sont impliqués des candidats, pas d’être mise en œuvre….

Concrètement, ces promesses sont-elles tenables ?

C’est non pour les 70 000 postes de fonctionnaires territoriaux dont le recrutement ou le remplacement relèvent du pouvoir du Maire ou du Président de la collectivité. On voit mal un élu être réélu après avoir supprimé massivement des emplois dans sa collectivité.

Pour la taxe d’habitation, sa suppression pour 80 % des contribuables locaux serait compensée par l’Etat, ce qui augmenterait de fait sa tutelle financière sur les communes et les intercommunalités bénéficiaires de cet impôt et donnerait un sérieux coup de canif à la décentralisation et à la libre administration de collectivités locales. Au passage, il faudrait bien financer cette perte de fiscalité locale et ce qui ne relèverait plus de l’impôt serait sans doute récupéré par le biais de la CSG : encore des cocus en perspective.

Les élus locaux sont bien évidemment vent debout contre cette réforme.

Macron, un réformateur ?

Les propositions de Macron relèvent de la même veine que celles promises par Hollande : beaucoup de vent pendant la campagne, mais une ardeur réformatrice sommes toutes très limitée et surtout le dogme complètement éculé,  mais toujours très présent, que plus on donnera de l’argent au privé, mieux cela marchera. Avec 6 Millions de chômeurs, on cherche en vain la réussite du modèle.

Sur les collectivités territoriales, Macron ne touchera rien, comme ses prédécesseurs : s’il est élu, il aura trop besoin des élus locaux et des parlementaires, dont la réélection repose sur ce subtil maillage local et le cumul de mandats.

Donc, l’histoire de la taxe d’habitation et de la diminution du nombre de fonctionnaires locaux, c’est du vent, juste pour exister pendant la campagne, comme Fillon avec ses propositions sécuritaires et ses envolées outrées sur la quasi guerre civile en France.

Macron et les autres : les mêmes discours !

Tant qu’on n’aura pas réformé sérieusement les collectivités locales, en supprimant un niveau (le Conseil Départemental, par exemple), on s’exposera à ce genre de débats foireux qui polluent les campagnes électorales.

A quand de vrais débats, dans lesquels les citoyens seront conviés pour parler de leur avenir local et du niveau de service public qu’ils souhaitent ?

Ces débats sont confisqués actuellement par les politicards de tous bords, y compris Macron, qui vivent bien sur le système, racontent n’importe quoi, et surtout gouvernent comme l’ancien temps en considérant le citoyen comme quantité négligeable.    

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 20:27

On peut se poser la question, car le vote par défaut, ou vote contre, prend de plus en plus la place du vote « pour », pour un véritable projet qui sera mis en oeuvre. C’est ainsi, car la crédibilité des hommes et femmes politiques s’effondre de jour en jour, incapables qu’ils sont de mettre en œuvre leurs promesses de campagnes ou qui le seront pour ceux qui ambitionnent de conquérir le pouvoir.

A quoi servent les programmes des candidats ?

A faire rêver, c’est leur fonction première, mais passer du rêve à la réalité, c’est-à-dire mettre en œuvre le programme, est beaucoup plus difficile.

Les français aiment rêver, mais ils sont de moins en moins dupes. Il faut dire qu’ils ont été largement échaudés lors des deux précédents quinquennats et on se souvient notamment de la tirade du Bourget « mon ennemi c’est la finance » et « je renégocierai les traités européens », deux totems intouchables, car s’attaquer de front au monde de la finance ou bien à Mme Merkel relève de la plus haute fantaisie.

Bon, il faut bien faire rêver, après on verra ce qu’on peut faire, et on a vu.

Ce ne sont plus les parlements ou les exécutifs qui dirigent les pays mais bien les nébuleuses économiques et financières qui disposent du vrai pouvoir, celui de faire de « l’optimisation fiscale » de retirer un fonds de pension en claquant des doigts ou bien de délocaliser une activité vers des cieux socialement plus cléments.

Les politiques ont beau s’agiter à chaque scrutin, à promettre monts et merveilles, rien n’y fera et le futur locataire de l’Elysée sera, comme ses prédécesseurs, condamné à colmater les fuites en rognant çà et là sur le modèle social français pour faire plaisir aux dirigeants occultes.

Il n’y a pas un, mais plusieurs programmes par candidat

C’est une évidence dans les partis dont la désignation se fait par une primaire. Pour être élu à la primaire, il ne faut pas vendre de l’eau tiède et se démarquer nettement des autres candidats. Juppé et Valls en ont fait les frais. Les électeurs des primaires ont voulu majoritairement rêver et voter pour un candidat aux fortes convictions en passant outre les éléments forts du programme. Ils voulaient un chef, ils l’ont eu.

Le second programme, c’est celui que les candidats désignés à la primaire sont en train de décliner et oh, surprise, les éléments forts se retrouvent comme par magie, édulcorés. C’est bien sûr le cas du programme « santé » de Fillon et du revenu universel de Hamon qui ont laissé la place à d’autres thèmes propres à « rassembler » et donc à déjà accepter les renoncements.

C’est la rançon du système des primaires dans lequel une fois élu, on doit rassembler et surtout ne pas marginaliser les perdants et s’assurer de leur soutien pendant la campagne. Il faut ratisser large pour pouvoir éventuellement aller au second tour de la présidentielle.

Le troisième programme, enfin, c’est celui que le Président élu mettra en place et là, on est certain de ne pas retrouver grand-chose des promesses de campagne. Les parlementaires qui soutiendront le Président élu seront passés par là ainsi que tous les lobbies qui s’agitent dans les couloirs des assemblées. Les lobbies ne sont pas élus, mais ils représentent les intérêts de leurs mandants, c’est-à-dire les intérêts économiques et financiers qui font la pluie et le beau temps et se moquent du vote des électeurs pourvu que leurs intérêts soient garantis.

C’est donc le troisième tour, qui n’a rien de démocratique et qui s’assoit sur le vote des français.

Que faut-il donc faire pour espérer exercer un semblant de pouvoir ?

Pour les candidats sortis de primaires, le processus est déjà bien décrit : promettre beaucoup et réaliser peu.

Pour les autres candidats soit autoproclamés, soit à la carrure de chef incontesté dans leur parti, on passe directement au second programme, avec moins de chemin à parcourir des promesses aux renoncements, une fois élu.

Pour gagner cette élection, Macron, a choisi de ne pas trop parler dans le détail de son programme, ce qui évite de trop parler du chiffrage et de faire une campagne de télévangéliste propre à attirer les électeurs en souffrance et en promettant des jours meilleurs. Il a également choisi le ralliement de Bayrou et de de Rugy : l’alliance du vide, du virtuel et du rien, en quelque sorte. Pas de quoi faire une politique. Pas sûr sûr que dans le secret de l’isoloir les groupies actuelles de Macron concrétisent leur enthousiasme en vote.

Mélenchon qui fait son dernier tour de piste a choisi la formule « du passé faisons table rase ». Pas sûr que s’il était élu, il puisse éviter un avenir à la Tsypras fait de renoncements et de tutelle financière.

Pour Le Pen, le fonds de commerce c’est « on est chez nous » qui se décline en fermeture des frontières, de rejet de l’autre, et de sortie de l’UE, une politique mise en œuvre partiellement dans les mairies détenues par le FN et qui ne donne pas de résultats faramineux. Le clash est assuré avec les entreprises françaises qui seront pénalisées à l’exportation.

Pourquoi voter ?

Y a-t-il un seul candidat qui pourrait tenir ce qu’il promet ? La réponse est non et élire un candidat qui ne promet rien serait pire.

Il y a également la tentation de voter pour des candidats aux mains pas toujours très propres. C’est le cas de Fillon avec sa « collaboratrice parlementaire » fantôme et sans doute celui de Le Pen avec son garde du corps et sa chef de cabinet payés par L’Union Européenne. Les groupies de ces deux camps qui mettent la conquête du pouvoir avant la morale ne devront pas s’offusquer d’avoir été trahis, ils l’auront bien cherché.

Alors, pourquoi voter ?      

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